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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 13:19

«Dieu ne joue pas aux dés.»

Albert Einstein

Une émission sur RMC, la semaine dernière, a tenté de donner une explication scientifique à un fait décrit dans la Bible comme étant une conséquence de la colère divine contre le peule de Loth coupable d'être inhospitalier et aussi d'avoir des moeurs dépravés. Sodome est une ville mentionnée dans la Genèse. «Son récit, lit- on sur Wikipédia, fait partie de la Genèse: Dieu, alerté par «le cri contre Sodome», dont le «péché est énorme», est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants (Genèse 18:20-21). Il envoie alors deux anges vérifier si le «péché» est avéré. Ces anges arrivent à Sodome et Loth, le neveu d'Abraham, les invite à loger chez lui. Tous les hommes de la ville entourent la maison de Loth en demandant qu'il leur livre les deux étrangers pour qu'ils les «connaissent» (Genèse 19:5). Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Loth: «Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit? Amène-les nous pour que nous les connaissions.» Loth propose ses deux filles vierges en échange mais les habitants refusent. Convaincu de leur crime, Dieu détruit la ville par «le soufre et le feu» en même temps que la cité voisine de Gomorrhe: «Le soleil se levait sur la terre quand Lot entra dans le Tsoar. Alors l'Éternel fit tomber sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu; ce fut l'Éternel lui-même qui envoya du ciel ce fléau. Il détruisit ces villes et toute la plaine et tous les habitants de ces villes. La femme de Loth regarda en arrière et elle devint une statue de sel. Abraham se leva de bon matin et se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence de l'Éternel. De là, il tourna ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe et vers toute l'étendue de la plaine; et il vit monter de la terre une fumée, semblable à la fumée d'une fournaise.» (1)



Le travail scientifique pour vérifier l'hypothèse


«L'objet initial du texte est de condamner la transgression des traditions de l'hospitalité, qui était une valeur fondamentale des civilisations antiques L'idée de la punition de toute une ville par un déluge est un thème de la mythologie antique attesté. Dans la tradition juive, l'accent est davantage mis sur le caractère «égoïste» des Sodomites, et leur rejet de l'hospitalité.
Dans la tradition chrétienne, ces passages bibliques sont invoqués comme fondements de la condamnation de la sodomie et de l'homosexualité. L'interprétation chrétienne est utilisée par les traités d'éthique chrétienne qui fondent sur cette lecture particulière du passage Genèse 19 et inspire la plupart des traités de droit criminel condamnant l'homosexualité jusqu'au xviiie siècle avec une rigueur inouïe» (1)

«Le Coran ne mentionne pas Sodome - pas plus que Gomorrhe - mais y fait allusion dans les récits présentant le personnage de Lût (Loth) dans une histoire dont le déroulement est assez proche dans ses indications factuelles de ce qui figure dans la Genèse. Dans le récit coranique (...) dans un prélude, Ibrahim reçoit la visite de «messagers» d'Allah qui lui annoncent la naissance de son fils Isaac et la destruction de la «cité de Lût» dont ce dernier et sa famille seront épargnés, à l'exception de son épouse dont un verset explique qu'elle a «trahi» son époux. Ensuite, le récit présente une scène d'émeute provoquée par le fait que Lot a accueilli des «hommes» chez lui alors que l'hospitalité est proscrite dans la ville. Les habitants massés autour de la maison le somment alors de leur livrer ses hôtes tandis que Lût tente de les raisonner allant jusqu'à leur proposer, en vain ses propres filles. C'est alors que les messagers révèlent à Lot, en plein désarroi leur vraie identité et la nature de leur mission, recommandant à celui-ci de fuir avec sa famille car la ville sera détruite à l'aube. C'est ainsi qu'aux premières lueurs du jour, le peuple de Lot est détruit, la cité est «renversée» et victime d'une série de phénomènes atmosphériques qui participent à l'anéantissement de la ville: une «pluie» de «pierres d'argile» - préalablement «entassées» et «gravées» -, un «nuage chargé de cailloux» et enfin un «cri» habituellement assimilé au claquement de la foudre, dans une richesse de vocabulaire qui tranche avec l'aspect plutôt sobre du récit, même si la scène de châtiment n'est pas très descriptive. (1)


S'il est avéré que Sodome ait été effectivement anéantie, diverses hypothèses ont été avancées pour expliquer sa destruction. Selon l'une des hypothèses énoncées, elle serait située sur les rivages de l'ancien lac salé entourant l'un des volcans submergé par la montée brutale de la mer Noire lors de l'effondrement du barrage du Bosphore il y a environ 9000 ans, en donnant naissance aux récits repris dans la fameuse épopée de Gilgamesh, ayant elle-même inspiré le récit de Noé dans la Bible hébraïque.

Un autre récit plus cohérent parce que basé sur une démonstration scientifique s'appuie sur une découverte. En effet, une tablette d'argile assyrienne fait référence à l'astéroïde de «Sodome et Gomorrhe»: «Cette tablette sumérienne défiait les tentatives d'interprétation depuis plus de 150 ans. Elle décrit un impact d'astéroïde qui a frappé Koefels (Autriche) en 3123 BC, laissant sur son passage une traînée de destruction, qui pourrait expliquer l'histoire biblique de Sodome et Gomorrhe. La tablette «Planisphère» (écrite aux environs de 700 BC) fut déterrée par Henry Layard dans les restes d'une bibliothèque du palais royal assyrien de Nineveh (Ninive) proche de la ville actuelle de Mosul (Irak). C'est la copie des notes nocturnes d'un astronome sumérien contenant des dessins de constellations et les «noms connus des constellations», mais ce n'est que grâce au recours a un ordinateur moderne que l'on a pu révéler sa signification exacte.» (2)

«Alan Bond, directeur de «Reaction Engines Ltd» et Mark Hempsell, conférencier senior en aéronautique à l'université de Bristol, ont soumis la tablette a un programme qui «peut simuler des trajectoires et reconstituer l'état du ciel des milliers d'années en arrière». Ils ont découvert qu'elle décrivait «des événements célestes avant le crépuscule du 29 Juin 3123 BC», dont plus de la moitié constituait «des positions de planètes et des couvertures nuageuses semblables à toute autre nuit». Cependant, l'autre moitié décrit un objet «suffisamment grand pour noter sa forme bien qu'étant toujours dans le ciel» et enregistre sa trajectoire par rapport aux étoiles, laquelle, «avec une marge d'erreur meilleure qu'un degré est cohérente avec un impact à Koefels». (2)


La destruction des deux villes confrontée à la science

«On suspectait depuis longtemps qu'un objet de grandes dimensions avait touché Koefels, à cause d'un éboulement gigantesque de 500 m d'épaisseur et 5 km de diamètre. Le site ne possédait pas de cratère d'impact pour appuyer cette théorie, mais les chercheurs croient maintenant détenir une explication plausible. Le compte rendu de l'université de Bristol explique: «L'observation suggère que l'astéroïde est de plus d'un kilomètre de diamètre et que son orbite originelle autour du soleil était de type «Aten». Cette trajectoire explique pourquoi il n'y a pas de cratère à Koefels. L'angle d'incidence était très faible (6 degrés) et a fait que l'astéroïde ait rasé une montagne appelée Gamskogel au-dessus de la ville de Laegenfeld, à 11 km de Koefels et c'est ce qui a provoqué l'explosion de l'astéroïde avant qu'il n'atteigne son point d'impact final.» «Alors qu'il progressait dans la vallée il s'est transformé en boule de feu d'environ 5 km de diamètre (la taille de l'éboulement). Lorsqu'il a touché Koefels il s'est créé une pression énorme qui a pulvérisé la roche et créé l'éboulement mais, comme ce n'était plus un objet solide, il n'y a pas eu de cratère d'impact classique.» (2)

«Mark Hempsell, évoquant le possible destin de Sodome et Gomorrhe, ajoute: «Une autre conclusion peut être tirée de la trajectoire. La partie arrière de l'explosion (le champignon) se serait courbée sur la Méditerranée, pénétrant à nouveau l'atmosphère vers le Levant, le Sinaï et l'Égypte du Nord. La chaleur au sol, bien que de très courte durée, aurait été suffisante pour enflammer toute matière combustible, humains et vêtements inclus. Il est probable que plus de personnes sont mortes du nuage que de l'impact même dans les Alpes.» Alors que le destin biblique des légendaires «repaires du vice» correspond bien avec l'hypothèse d'astéroïdes, il n'avait jamais été catégoriquement prouvé qu'ils existèrent dans cette contrée proche de la mer Morte. Les légendes d'ardentes destructions pleuvant du ciel ne sont pas, cependant, l'apanage de la Bible.» (3)



La théorie des terrains bitumineux couplés à des séismes


Cette hypothèse n'est pas la seule. Une autre qui tient compte de la nature pétrolière et gazière de la région donne des arguments de vraisemblance. L'auteur rejette toutes les autres explications mais comme celles-là il prend ses distances avec le récit biblique qui y voit une punition divine. Nous la restituons: «Mais alors que s'est-il passé? Dom Calmet nous met sur la voie, avec ses «exhalaisons sulfureuses enflammées» tombant sur un terrain bitumineux. Diodore de Sicile, Strabon, Pline et Tacite sont d'accord pour affirmer que le lac produisait du bitume. Diodore et Strabon mentionnent des éruptions de gaz fétide ternissant les métaux. Tacite parle d'une odeur pestilentielle. Tout cela est symptomatique d'éruptions périodiques d'hydrogène sulfuré. Ces éruptions semblent s'être calmées aujourd'hui et le bitume ne remonte plus que par petits morceaux, mais il est probable que dans la haute antiquité, elles étaient plus violentes que du temps de Diodore et Strabon. L'archéologie et la géologie viennent encore nous livrer des pièces du puzzle, en révélant l'existence de séismes dans la région, deux millénaires avant notre ère.» Une partie du puzzle se met alors en place: un séisme aurait ouvert des failles et fait jaillir d'importantes quantités d'asphalte et d'hydrogène sulfuré. Il ne suffit plus alors que d'un coup de foudre pour provoquer un embrasement général, d'où les traces de villes dévastées et de terrains brulées. Finalement, c'est à peu près l'hypothèse de Dom Calmet, en remplaçant Dieu par un séisme.» (4)



Localisation des villes de Sodome et Gomorrhe

La tradition biblique la situe au sud de la mer Morte, dans l'actuelle Jordanie, en face de la forteresse de Massada. Pas de trace archéologique même si le texte biblique situe les deux villes à proximité d'une plaine ou d'une mer de sel - qui suggère évidemment la mer Morte - dans une région alors florissante. Plusieurs sites ont été proposés pour situer la ville mais rien ne permet actuellement d'arrêter une localisation définitive. Les archéologues s'accordent pour dire qu'il semble y avoir eu un phénomène de régression de la civilisation urbaine en Palestine vers le milieu du troisième millénaire avant notre ère, les villes étant abandonnées et leurs habitants se tournant alors vers un mode de vie pastoral, nomade ou villageois. On a notamment proposé la localisation de Sodome sur le site archéologique de Bab edh-Dhra (en), en Jordanie, découvert dans les années 1920 dans la péninsule d'El Lisan et qui laisse apparaître dans la région les vestiges d'une cité forteresse très ancienne, habitée de 3200 à 1900 avant notre ère. (1)

Cela résout-il le problème de la destruction de Sodome et Gomorrhe? Pas vraiment, car il faudrait encore savoir où se trouvaient ces villes. Or si les récits des voyageurs parlent de zones brûlées à l'ouest, les fouilles archéologiques situent la pentapole à l'est, au niveau de la péninsule de Lisan. En effet, des tablettes cunéiformes découvertes à Ebla, mentionnent un itinéraire où figurent Adma et Sodome, deux villes de la pentapole biblique. Des fouilles archéologiques à Bab ed-Dhra, au niveau de la péninsule de Lisan, pourraient bien avoir retrouvé la mythique Sodome, qui se trouverait alors à bien plus de quatre lieues de Ségor/Zoar. Et par conséquent, les villes brûlées pourraient n'avoir rien à voir avec Sodome, qui de son côté aurait pu être détruite par le séisme. (3)


Les Livres religieux sont-ils en contradiction avec la science?


Il est admis que les livres religieux et la science présentent deux approches de la réalité en apparente contradiction. La science permettrait de comprendre le monde naturel à l'aide de la raison, sur la base d'observations objectives. Les Livres sacrés sont à accepter par la foi, sans justification logique. En fait,les interférences sont nombreuses. Souvenons -nous de l'affolement de l'Eglise quand Galilée annonce que c'est la Terre qui tourne autour du soleil et non l'inverse. Le mythe géocentrique de la Terre venait de s'écrouler et du même coup le récit de Gabaon demandant à Dieu de laisser le jour durer pour qu'il puisse terminer d'occire ses ennemis, tombait définitivement Galilée et son télescope ont triomphé sur l'Église catholique qui persistait dans l'affirmation que la terre ne bouge pas. De même la théorie du Big-bang a relégué l'idée d'une création en six jours au rang des mythes primitifs.

Qu'en est-il?: «Dans la pratique, il existe écrit Jonathan Vaughan, très peu de passages bibliques qui touchent à des domaines scientifiques -contrairement au Coran ndr-. (...) Une interprétation est donc nécessaire des deux côtés et puisque les êtres humains ne sont pas infaillibles, il y aura toujours un risque d'erreur. La science peut se tromper quant à l'interprétation des phénomènes de la nature, et les lecteurs de la Bible peuvent se méprendre sur son sens. (...) Pour les passages où le sens n'est pas évident, il existe des principes d'interprétation qui peuvent servir de guides. Prenons pour exemple le conflit entre la théorie du Big-bang et une interprétation littérale des premiers chapitres de la Bible. La première donne à l'univers un âge d'environ 13 milliards d'années, la seconde voit une création de l'univers dans son état actuel en six jours de vingt-quatre heures. Quelle démarche devons-nous adopter? On aurait tort de supposer d'office que l'interprétation scientifique est juste et que la Bible ne dit pas vrai. De même, on aurait tort de dire que les données scientifiques sont nécessairement fausses, parce que la Bible est la Parole de Dieu et donc sans erreur. (...) Cependant, la plupart s'accordent pour dire que l'univers date de plusieurs milliards d'années. La lecture littérale du début de la Bible, d'autre part, est loin d'être la seule proposée par les théologiens. Un bon nombre d'entre eux pensent que le récit de la Création en six jours est une présentation «littéraire», une sorte de poème ordonné, sans prétention chronologique.» (5)

On l'aura compris, il ne faut pas parler de concordisme, car la science évolue. Les anomalies ne peuvent être expliquées que par l'interprétation et là, la foi est déterminante dans le jugement. Ce qui est en jeu, c'est en fait la nécessité ou non, pour le croyant, d'un accordeur transcendant et la nécessité d'un ordre, d'une mélodie secrète qui exclut le hasard. La boutade d’Einstein traduit la condition du scientifique qui fut dérouté quand d’autres scientifiques comme Niels Bohr et Heisenberg parlent de la création du monde en terme de probabilité….



1.Sodome et Gomorrhe: Encyclopédie Wikipédia


2.http://www.elishean.fr/?p=8521

3. http://www.elishean.fr/?p=8521, http://wikistrike.over-blog.co


4. http://oncle-dom.fr/paranormal/ovni/catalogue/prod-1913.htm


5. http://www.publicroire.com/croire-et-lire/bible/article/la-bible-est-elle-en-contradiction-avec-la-science

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/214041-la-science-en-face-de-la-foi.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 12:14

«Ce qui a été renaît» (palin ginetaï)

Pythagore (mathématicien et philosophe grec)

Un film vu à la chaîne NRJ 12 raconte comment un scientifique, le docteur Jeykill a ramené à la vie des dinosaures disparus il y a 60 millions d'années. Dans son plaidoyer le scientifique fait l'apologie de la science qui peut tout faire, notamment dans la «réparation de l'homme». D'une façon spectaculaire, la caméra nous le montre d'abord paraplégique et ensuite, reprenant l'usage de ses jambes. Le scénario débouche sur une perte de contrôle de la renaissance des dinosaures qui envahissent la ville semant la terreur et la mort. L'immortalité est une utopie, un Graal qui a bercé l'espoir de générations d'humains et notamment de scientifiques. Comment en effet, redonner la vie à un être inanimé?

L'Encyclopédie Wikipédia donne une définition: «L'immortalité désigne le fait pour un être vivant d'échapper à la mort et de rester vivant pour une période de temps indéfinie, voire éternelle. Selon les points de vue, l'immortalité peut concerner l'âme, le corps ou encore les deux. Les hommes de Cro-magnon et même de Néandertal enterraient leurs morts avec des fleurs ou des outils1 et la présence d'ocre dans leurs sépultures a été constatée. Même si cette thèse a été exposée, rien ne permet de déterminer si ces objets étaient placés là en pensant à un éventuel au-delà ou bien s'il s'agissait plus simplement de marques posthumes d'affection au même titre que nous fleurissons les tombes de nos morts.» (1)

«Une des plus anciennes mentions de l'immortalité (amrita) (entre 5000 et 1500 av. J.C.) se trouve dans le 10e mandala du Rig Veda. L'Égypte des pharaons avait pour sa part son Osiris, pesant le bien et le mal de la vie du mort pour déterminer où l'orienter. Les briques ayant servi à construire la tour de Babel aux vie siècle av. J.-C. portent l'inscription suivante, qui était gravée dans leur moule: «J'ai, Nabuchodonosor, fils de Nabopolassar, fait ériger cette tour en hommage au dieu Mardouk. Seigneur Mardouk, accorde-nous la vie éternelle.» Dans le même ordre, l'Épopée de Gilgamesh décrit la quête d'un héros recherchant l'immortalité suite à la mort de son ami Enkidu. Il ne l'obtiendra pas, seuls les dieux étant immortels, et sera condamné à mourir lui aussi, et à se coucher dans le sommeil de la mort.» (1)


Immortalité de l'âme et traditions religieuses

D'après le philologue Ernest Renan, la majorité du peuple hébreu adore le Dieu de ses pères sans espérer la moindre récompense dans l'au-delà, ni même l'existence d'un au-delà. S'il n'est certes pas pour autant interdit d'y croire, non plus qu'à une résurrection physique (vision de Daniel Chapitre 12), la religion elle-même ne s'engage pas à ce sujet. L'Ecclésiaste, par exemple, déclare que les morts ne voient rien et ne sentent rien. Les Pharisiens croient cependant plus tard à l'immortalité de l'âme, selon l'historien Flavius Josèphe. Le Moyen Âge européen et byzantin s'aligne sur le symbole de Nicée (premier Credo, établi par le concile de Nicée en 325 - modifié par la suite) qui mentionne «Je crois à la résurrection de la chair». Au moins depuis l'Égypte des pharaons, de nombreuses religions envisagent une vie post-mortem dont les conditions dépendraient d'un jugement divin, et qui compenserait les injustices commises ou subies pendant la vie terrestre. (...) Le bouddhisme envisage un cycle de naissance, de mort et de renaissance agissant en fonction des actions d'un individu. Ce cycle (samsara) étant jugé pénible, lassant et ne menant à rien, le sage vise à s'en extraire pour rejoindre le nirvana, qui est l'état de non-besoin.» (1)

«Le christianisme introduit un concept de vie post-mortem différent: la résurrection des corps, en harmonie d'ailleurs avec la vision d'Ezéchiel d'hommes se reconstituant à partir de leurs ossements. La séquence post-mortem est complexe: jugement particulier, jugement dernier, paradis, enfer, purgatoire introduit par la suite en considération des fautes vénielles ne méritant pas un châtiment éternel, mais devant néanmoins être punies, limbes pour les enfants morts sans baptême.» (1) Le paradis musulman est décrit comme un lieu agréable (3.15). «Pour les pieux, il y a auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement»; 29.58. «Ceux qui croient et accomplissent de bonnes oeuvres, Nous les installerons certes à l´étage dans le Paradis sous lequel coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement.» 47.15. L'enfer est décrit comme un lieu de torture» (1)

Le pape Benoît XVI supprimera le purgatoire dans les années 2000, ainsi une croyance qui a duré près de 17 siècles après le Concile de Nicée n'a plus d'assise, Dans l'au-delà c'est ou bien l'enfer ou bien le paradis, il n'y a plus de probation. Qu'en est-il d'une immortalité différente: la résurrection? Elle est considérée comme une preuve d'immortalité. Mieux dans certaines religions asiatiques, l'âme migre d'une enveloppe à une autre (transmigration des âmes) qui peut même être une métempsycose, c'est-à-dire le déplacement de l'âme, le transvasement d'une âme dans un autre corps, qu'elle va animer. La transmigration des âmes peut intervenir non seulement dans l'humain (réincarnation) mais encore dans les bêtes ou les plantes.

L'immortalité par l'ingénierie biologique

Les arbres les plus vieux du monde peuvent espérer vivre durant cinq millénaires individuellement. L'animal le plus âgé dépasse les 400 années. L'être humain a officiellement dépassé les 120 ans. Une méduse Turritopsis nutricula échapperait au vieillissement des cellules. On dit même que le homard ne peut mourir que par prédation.

Pour vaincre la mort et être immortel, il faut être en bonne santé. Cette lapalissade, n'en n'est pas une car le destin (le mektoub en arabe) est inscrit dans nos cellules qui sont programmées pour une durée de vie moyenne. Cependant, les formes biologiques ont des limites que l'homme rêve de dépasser par des interventions médicales, ou d'ingénierie, ou encore un rajeunissement cellulaire ou reprogrammation cellulaire. Il existe en effet des êtres vivants dont la structure biologique très simple et le mode de reproduction particulier, permettent de les considérer comme immortels. Du plus simple au plus complexe incluant les bactéries, certains types de levures, l'Hydre et certaines méduses très primitives comme Turritopsis nutricula ou Turritopsis dohrnii qui est actuellement le seul être pluricellulaire connu ayant un cycle de vie réversible ».(2)

Arrêter le vieillissement: l'immortalité en vue?

Les résultats d'une étude du professeur David Sinclair, généticien à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud, et des chercheurs de Harvard relancent les fantasmes d'immortalité. Ils ont réussi à inverser le processus de vieillissement de souris. En effet, ils ont augmenté la dose d'une molécule, le nicotinamide adénine dinucléotide (NAD), permettant de rajeunir les muscles des cobayes. Pour Christophe de Jaeger, le NAD est un coenzyme qui, lorsqu'il diminue en concentration dans la mitochondrie (centrale énergétique des cellules permettant de fabriquer de l'ATP, ou adénosine triphosphate), provoque comme un manque d'oxygène chez la cellule. Le mécanisme énergétique s'altérant, la mitochondrie mime le vieillissement. En rajoutant du NAD, vous allez lui redonner sa capacité de reproduire l'énergie nécessaire. Cela équivaut à décrasser le carburateur. (...) Ce mécanisme est très similaire chez l'humain, avec tout de même des différences ».(2)

Les gens à qui l'on donne du NAD voient leur performance musculaire s'améliorer, de même que, et surtout, leur capacité à récupérer. (...) Dans les 25-30 ans à venir on va peut-être pouvoir agir directement sur le génome et fermer cet interrupteur qui fait démarrer le vieillissement autour de 18-20 ans. Et à ce moment-là on aura une auto-réparation de notre corps. On aura atteint le stade du longévisme.» (2)

Pour le professeur David Gems, professeur qui enseigne la biologie du vieillissement à l'University College London (UCL): «La grande question est: qu'est-ce que le vieillissement? Il s'agit d'un mystère scientifique parmi les plus difficiles à élucider, et qui génère énormément de controverse.» Joel de Rosnay pense que «le processus de vieillissement reste inéluctable. Sur notre planète, la mort est nécessaire à la vie. Les atomes, les molécules, tout est recyclé. Si les vieux organismes ne mouraient pas, les nouveaux ne pourraient se développer». Pour sa part, analysant les causes de la mort, David Gems, ecrit que: «Chez l'homme, la mort peut trouver son origine dans une blessure, une infection ou un bus dans la figure. Lorsque l'on meurt de vieillesse, c'est à cause de l'une des maladies liées au processus. Le vieillissement est une maladie en soi: si vous êtes touché par un AVC, qui laisse des séquelles sur votre cerveau, vous garderez un certain nombre de tissus morts: vous êtes donc un mélange de matière vivante et de matière morte. Comment la cohabitation se fait-elle? Que se passe-t-il si les cellules mortes causent la mort des autres cellules?»(3)

Comment freiner le vieillissement?

Joel de Rosnay explique comment les chercheurs pensaient avoir trouvé le moyen d'arrêter le vieillissement: «Au début des années 1960, deux scientifiques américains ont suivi l'évolution des cellules qui, depuis le tout premier stade embryonnaire, se divisent et se spécialisent en cellules de peau. Elles se reproduisent une fois, deux fois, trois fois... S'agencent en tissus, puis au bout de cinquante divisions en moyenne, elles ne se multiplient plus. Elles semblent programmées pour s'arrêter, comme des bougies qui s'éteignent une fois leur mèche consumée. La métaphore est pertinente: à la fin des années 1980, on a trouvé cette «mèche» biologique. Ce sont des morceaux d'ADN (appelés «télomères»), situés en bout du filament du chromosome de la cellule. Chaque fois que la cellule se divise, un morceau de cette mèche est coupé par une enzyme. Quand il n'en reste plus, le processus s'arrête: la cellule ne se divise plus. Le tissu garde alors les mêmes cellules, il ne se régénère plus, il vieillit.» (3)

Justement le projet Sens (Strategies for Engineered Negligible Senescence (2002)) a pour but justement l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Le projet novateur Wilt prévoit d'étudier la réparation des télomères en interdisant la synthèse de télomérase. Pour David Gems, le vieillissement n'est pas la même chose que la mort. Le premier est un processus dont nous faisons l'expérience graduelle au fil de notre existence. Comment pourrait-on arrêter la machine du vieillissement? Joel de Rosnay cite le cas du chercheur anglais Aubrey de Grey de l'Université de Cambridge. Pour lui, un des droits inaliénables de l'homme est sa liberté de choisir de vivre aussi longtemps qu'il le souhaite. Étape par étape, la vie humaine pourrait être selon lui prolongée pratiquement indéfiniment. Il propose par exemple de régénérer les cellules qui ne se renouvellent pas grâce à des cellules embryonnaires régulièrement transfusées, d'éliminer les cellules indésirables (cellules de graisse ou cellules vieillissantes), de protéger les quinze gènes de l'ADN des mitochondries en les plaçant dans le noyau des cellules..» (3)

Dans un livre intitulé : « La Mort de la mort », le docteur Laurent Alexandre, attire l'attention sur l'effondrement du coût du séquençage génétique chez l'homme Selon lui, «la perspective d'une espérance de vie de 200 ans à la fin de ce siècle est peut-être une hypothèse conservatrice», voire «le premier homme qui vivra 1000 ans est peut-être déjà né!», ce qui rapproche sa position de celle d'Aubrey de Grey. S'il ne s'agit pas encore à proprement parler d'immortalité, les progrès prévisibles de la médecine pendant de telles périodes peuvent la laisser espérer, en tout cas techniquement. (...) Le biologiste Jean Rostand déclarait que «nous ne savons pas si l'homme est une fleur ou une chaise» et s'explique: la chaise est potentiellement éternelle dès lors qu'elle est traitée avec soin et réparée régulièrement. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction.»(3)

Dans l'immédiat, Gordon Bell estime que l'on doit pouvoir stocker une très grande partie du vécu d'une personne sur un ou plusieurs téraoctets, et y avoir accès de façon directe par le procédé d'hyperliens imaginé par Vannevar Bush. (..) Le résultat de cette expérience est relaté dans le livre de Jim Gemmel et Gordon Bell intitulé Total Recall publié en janvier 2011. Sur cette base, les transhumanistes envisagent le téléchargement de la personnalité d'un individu sur un support numérique non biologique grâce au «mind up-loading»(1)


2045: l'Homme sera immortel !!!

Telle est la promesse des trans-humanistes ! Pour Ray Kurzweil conseiller chez Google: si un neurone est remplacé par son équivalent fonctionnel, le comportement de l'individu va être en tous points semblable. En les remplaçant tous un par un, le résultat serait un individu complet, identique fonctionnellement au précédent, sous forme électronique. Pour Kurzweil, telle est la voie par laquelle l'homme a le plus de chances d'atteindre, sinon à l'immortalité, du moins à une espérance de prolongation de sa vie consciente d'un facteur 10, voire 100... (3)

« Dans une approche totalement opposée aux transplantations d'organes, la médecine régénérative cherche, en effet, à utiliser des cellules souches pour régénérer des organes in situ idéalement dans un parfait état de fraîcheur. Des progrès en ce sens ont été récompensés par un prix Nobel de médecine à Shinya Yamanaka et John Gurdon en 2012. Voilà, c'est dit, dans trente ans, l'Homme sera numériquement immortel. Reste juste à savoir à quoi cela servira, les risques que cela engendrera et surtout, à qui cela s'adressera... Télécharger la totalité de son esprit vers un ordinateur, ce sera possible d'ici 2045 d'après Ray Kurzweil, Google Engineering Director. C'est du moins ce qu'il a annoncé en juin dernier lors du Global Furures 2045 International Congress à New York. Manifestation organisée par un milliardaire Russe (Dimitry Itskov) et qui avait pour but de présenter le monde de 2045 » (4).

« Durant ce congrès, il a été indiqué que l'Humanité connaîtrait dans les années à venir, une croissance technologique totalement nouvelle et largement supérieure à celle que l'on connaît aujourd'hui plus connue sous le nom de «Singularité Technologique». Ce concept tend à l'immortalité digitale, en conservant l'intelligence et le cerveau de l'Homme pour l'éternité. L'Homme a rendu indispensable les nouvelles technologies à sa vie. Kurzweil explique que «nous allons devenir de plus en plus «non-biologiques», au point où les parties non-biologiques domineront et que les parties biologiques ne seront plus importantes. En fait, la partie machine, sera si puissante, qu'elle pourra totalement modeler et comprendre la partie biologique. Du coup, même si cette partie biologique était retirée, cela ne ferait aucune différence. (...) Nous aurons également des corps non biologiques - nous pouvons créer des corps virtuels et une réalité virtuelle aussi réaliste que la réalité réelle. Nous serons donc capables de changer de façon routinière de corps, mais aussi d'environnement, très rapidement. (4)

Bienvenue dans le monde post-humain! Charles de Gaulle avait coutume de dire que la « vieillesse est un naufrage ». Comment alors sauver l’homme pour qu’il s’éteigne « en beauté » Avons-nous alors besoin et toujours des religions ? c’est même religions qui ont abdiqué leur responsabilité face à une science conquérante et dont les barrières éthiques ont sauté ; Si oui, il nous faudra redéfinir le fait religieux absolu quelque soit la spiritualité réinstaller des barrières acceptées par tous et par toutes qui respecteront le sacré de la dignité humaine et devront en définitive de l’accompagner durant son parcours sur terre en lui permettant la sérénité au seuil du déclin. Il manque toujours du temps à ceux qui en ont de moins en moins avec l’âge. On prête à Alexandre Le Grand , le grand conquérant mort à l’âge de 37 ans cette tirade concernant l’inanité de l’acharnement thérapeutique, de la position sociale, plus ou moins aisée devant l’inéluctabilité du sablier :

« Je veux, dit-il, que les médecins les plus éminents transportent eux-mêmes mon cercueil pour démontrer ainsi que face à la mort, ils n’ont pas le pouvoir de guérir...Je veux que le sol soit recouvert de mes trésors pour que tous puissent voir que les biens matériels ici acquis, restent ici-bas... - Je veux que mes mains se balancent au vent, pour que les gens puissent voir que les mains vides nous arrivons dans ce monde et les mains vides nous en repartons quand s’épuise pour nous le trésor le plus précieux de tous: le temps.»



1. L'immortalité Encyclopédie Wikipédia


2.http://www.atlantico.fr/decryptage/vieillissement-arrete-souris-pas-plus-vers-immortalite-christophe-jaeger-935691.html26 décembre 2013


3.http://www.atlantico.fr/decryptage/immortalite-en-vue-comment-interpreter-dernieres-decouvertes-maniere-dont-mort-empare-progressivement-corps-david-gems-joel-rosn-802152.html 31 juillet 2013


(4)http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2045-l-homme-sera-immortel-147343

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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