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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 18:48

«J'ai parcouru le long chemin vers la liberté. J'ai essayé de ne pas faiblir, j'ai fait de faux pas durant ce chemin. Mais j'ai découvert le secret: après avoir gravi une haute colline, on découvre qu'il ya beaucoup d'autres collines à gravir. J'ai pris un moment ici pour me reposer, pour avoir une vue sur le panorama magnifique qui m'entoure, pour regarder en arrière la distance d'où je suis venu. Mais je ne peux me reposer qu'un instant, après la liberté viennent les responsabilités, et je n'ose pas m'attarder, ma longue marche n'est pas encore terminée.»

Nelson Mandela Long Walk To Freedom

Mandela est mort! Un évènement planétaire! Le Monde entier le pleure comme un être cher. Dans cette contribution, nous avons essayé d'imaginer une interview post mortem pour demander à Madiba quel regard il porte sur la Comédie humaine maintenant qu'il est de «l'autre côté» en train de contempler la foule que Tocqueville décrivait ainsi: «Je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux, qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs dont ils emplissent leur âme. Au-dessus de ceux-là, s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. (...)» Avec son caractère bien trempé mais tout de même avenant, Madiba s’est prêté de bonnes grâces à cette interview sans tabou


Monsieur le président, racontez-vous en quelques lignes

Je pense que ma biographie est assez connue. On parle beaucoup des 27 ans que j'ai passés en prison, des 10.000 jours de résignation de démoralisation de se sentir seul au monde abandonné de tous On a de ce fait, été assez discret sur ma souffrance au quotidien. Imaginez-vous des journées rythmées par le même rituel, lever très tôt, isolement, travaux dans une carrière jusqu'à épuisement et retour dans la cellule. J'ai eu tout le temps de faire mon introspection et de revenir sur le sens de ma vie, de mon combat et sur la haine des hommes qui condamne un homme pour avoir seulement crié qu'il voulait être libre, qu'il voulait vivre dans une société avec les mêmes chances pour tout le monde.

Dans le combat contre moi-même et contre mon tortionnaire je me rappelais souvent Rudyard Kipling «Si tu veux voir en un jour perdre le gain de cent parties et sans un mot te mettre à rebâtir...Tu seras un homme mon fils» et celui du Court poème de l'écrivain William Ernest Henley, très repris dans la culture populaire: «Dans la nuit qui m'environne, Dans les ténèbres qui m'enserrent, Je loue les Dieux qui me donnent Une âme, à la fois noble et fière. Prisonnier de ma situation, Je ne veux pas me rebeller. Meurtri par les tribulations, Je suis debout bien que blessé. En ce lieu d'opprobres et de pleurs, Je ne vois qu'horreur et ombres Les années s'annoncent sombres Mais je ne connaîtrai pas la peur. Aussi étroit soit le chemin, Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme Je suis le maître de mon destin, Le capitaine de mon âme.» Gandhi, puis Martin Luther King furent pour moi des sources d'inspiration qui m'ont aidé à ne pas m'effondrer.




La Comédie humaine vous a toujours scandalisé, que pensez-vous de l'hommage qui vous a été rendu par l'Occident?

En un mot comme en mille, je ne suis pas dupe! La cérémonie dite grandiose pour célébrer mes funérailles m'a laissé un goût de cendre dans la bouche. Je suis plus heureux de voir le plus humble des hommes dire sincèrement qu'il a de l'affection pour moi, en dansant que de voir les grands de ce monde faire assaut de phrases creuses et sonores louant ma personne au point de me déifier.. moi, qui ne suis qu'un mortel. Savez-vous que jusqu'en 2008, j'étais encore inscrit comme terroriste sur les listes américaines? Les Occidentaux pleurent ma mort avec plus de tristesse que n'en manifestent les Africains. Ce deuil et ces larmes de crocodile sont de mon point de vue, une manière de solder l'idéologie coloniale et les crimes qui furent commis en son nom.

Dans la situation difficile où nous étions, nos vrais amis se comptaient sur les doigts, d'une seule main l'Occident dans son ensemble était contre notre cause et je suis rêveur quand je les entend maintenant parler des droits de l'homme, d'humanité d'habéas corpus eux, qui n'ont jamais cessé de fouler aux pieds les principes élémentaires de dignité et de liberté des peuples;

Le «démocrate» Bill Clinton, qui est venu en Afrique du Sud me pleurer en tant que «un vrai ami», avait essayé de toutes les manières, quand il était président, de m'empêcher en tant que président d'Afrique du Sud en 1994 de me rendre en 1997 en Libye, alors sous embargo. Je me souviens lui avoir répondu ainsi: «Aucun pays ne peut prétendre être le policier du monde et aucun Etat ne peut dicter à un autre ce qu'il doit faire. Ceux qui hier, étaient les amis de nos ennemis ont aujourd'hui l'impudence de me dire de ne pas aller rendre visite à mon frère Khadafi», ils veulent «nous faire tourner le dos à la Libye qui nous a aidés à obtenir la démocratie». Le président démocrate Barack Obama, a répété à la tribune «je ne peux pas imaginer ma vie, sans l'exemple donné par Mandela».

Le président qui a prononcé un beau discours, en hommage à ma vie de combattant est le même qui permet Guantanamo, qui asphyxie Cuba, qui a démoli la Libye celle qui m'avait aidé dans les heures les plus noires quand les nations occidentales aidaient le régime de l'apartheid.


George Bush qui ne tarit pas d'éloges à mon égard, est le même qui a détruit l'Irak, en 2003. Pourtant, pour moi c'est un président qui ne sait pas réfléchir et je condamne le lancement de l'attaque en Irak.

Justement, on dit que le langage occidental était ambivalent des droits de l'homme et intérêts du grand capital

Pour l'essentiel, j'ai été considéré comme un homme dangereux par le monde occidental, L'histoire est pourtant cruelle. L'ensemble du monde occidental a été du côté du pouvoir blanc sud-africain pendant plusieurs décennies La condamnation morale de l'apartheid, et même l'exclusion de l'Afrique du Sud du Commonwealth après le massacre de Sharpeville en 1960, ne furent que des leurres, il a fallu attendre la fin des années 1980 pour que le mur de l'aide se fissure.

Malgré l'engagement des Nations unies dans la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud à partir de 1963, par deux actes. la France va tout simplement s'opposer à l'ONU pour soutenir les racistes. Les bases du deal faisaient partie des choix essentiels de de Gaulle et des suivants. Tout est bon pour assurer la maîtrise du nucléaire. Le deal gaulliste était simple: la France ignore l'embargo sur les livraisons d'armes à l'Afrique du Sud, et en contrepartie, l'Afrique du Sud fournit à la France l'uranium à usage civil et militaire. Elle a vendu à l'Afrique du Sud sa première centrale nucléaire dans les années 1970, au risque de contribuer à la prolifération militaire.

En 1987, Thatcher, la néo­li­bé­rale, m'avait qualifié moi Mandela de terroriste. Quelques années plus tard, le «terroriste» que j'étais prenait le thé avec la reine Elizabeth à Buckingham. Les pays occidentaux n'ont pas toujours, loin de là, soutenu mes combats. Plusieurs fois, je me suis démarqué du consensus ambiant du politiquement correct, pour être dans les bonnes grâces de l'impérialisme.


Que représente pour vous la réconciliation? Est-ce un complexe vis-à-vis des blancs ou une nécessité?

J'ai toujours dit que «Le pardon libère l'âme, il fait disparaître la peur. C'est pourquoi le pardon est une arme si puissante». Je n'ai pas à assumer un rôle divin. Mes actes, n'ont pas à être magnifiés. Je me reconnais dans Térence l'auteur africain et amazigh qui disait propos «je ne suis qu'un humain et rien de ce qui est humain ne m'est étranger», Homo sum, et humani nihil a me alienum puto » . Cette belle maxime s'applique à l'humanité entière.. Magnifié par de semblables hommages, on finit par créer autour de moi une sorte de culte que je n'ai jamais souhaité.

« Je savais parfaitement que l'oppresseur doit être libéré tout comme l'opprimé. Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de sa haine, il est enfermé derrière les barreaux de ses préjugés. Quand j'ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission: libérer à la fois l'opprimé et l'oppresseur.»

Ni brisé, ni amer, c'est en homme libre que j'ai accepté sereinement de négocier pied à pied avec le régime à bout de souffle, l'organisation d'élections enfin universelles et démocratiques. J'ai prôné la réconciliation entre les races. Au cours de ma vie, je me suis consacré à cette lutte des peuples africains. J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire. J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique, dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. J'avais déclaré aussi que c'est un idéal pour lequel j'espère vivre et que j'espère accomplir. Mais si nécessaire, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.»

Le 13 février 1990 je me suis adressé à la foule en disant:«Je suis ici devant vous non pas comme un prophète, mais comme votre humble serviteur. C'est grâce à vos sacrifices inlassables et héroïques, que je suis ici aujourd'hui. Je mets donc les dernières années de ma vie entre vos mains. (...) Aujourd'hui, la majorité des Sud-Africains, noirs comme blancs, reconnaissent que l'apartheid n'a aucun avenir. Que chacune de nos aspirations prouve que Martin Luther King avait raison, quand il disait que l'humanité ne peut plus être tragiquement liée à la nuit sans étoiles, du racisme et de la guerre. Que les efforts de tous prouvent qu'il n'était pas un simple rêveur, quand il parlait de la beauté, de la véritable fraternité et de la paix, plus précieuse que les diamants en argent ou en or.» J'ai ajouté que «le temps est venu de panser nos blessures. Le moment est venu de réduire les abîmes qui nous séparent. Le soleil ne se couchera jamais sur une réussite humaine si glorieuse.» C'est cela mon testament.


Quelle est pour vous la place des spiritualités dans la vie de tous les jours?

J'ai toujours été discret, en public, sur mes liens avec le christianisme. S'il m'est arrivé d'exprimer ma fidélité au christianisme, ma spiritualité s'est graduellement modifiée au cours de mon existence. C'est devenu pour moi une sagesse universelle: je ne suis pas particulièrement religieux ou spirituel. Disons que je m'intéresse à toutes les tentatives qui sont faites pour découvrir le sens de la vie. La religion relève de cet exercice.

Tout au long de mon existence, je me suis méfié du caractère dévastateur que je voyais en puissance dans la religion, cependant la religion, et notamment la croyance en l'existence d'un Être suprême, a toujours été pour moi un sujet de controverse qui déchire les nations, et même les familles. Il vaut toujours mieux considérer la relation entre un individu et son Dieu comme une affaire strictement personnelle, une question de foi et non de logique. Nul n'a le droit de prescrire aux autres ce qu'ils doivent croire ou non, Cette réserve ne m'a pas empêché d'assigner un rôle aux religions dans la société: en particulier sur le plan de la justice et de la morale. Nous avons besoin que les institutions religieuses continuent d'être la conscience de la société, le gardien de la morale et des intérêts des faibles et des opprimés. Nous avons besoin que les organisations religieuses participent à la société civile mobilisée pour la justice et la protection des droits de l'homme.

Je me souviens de cette citation du président Abraham Lincoln: «Si tu cherches le mal dans le coeur des gens, tu le trouveras. Il vaut mieux chercher le bien.» C'est aussi l'Emir Abdelkader, un autre homme de coeur et de dignité humaine qui a marqué selon les historiens le XIXe siècle et qui à bien des égards, eut un parcours à la fois guerrier et spirituel. Sa citation d'Ibn Arabi le mystique cordouan : «Mon coeur est devenu capable. D'accueillir toute forme. Il est pâturage pour gazelles. Et abbaye pour moines! Il est un temple pour idoles. Et la Ka'ba pour qui en fait le tour, Il est les tables de la Thora. Et aussi les feuillets du Coran! La religion que je professe. Est celle de l'Amour. Partout où ses montures se tournent. L'amour est ma religion et ma foi» , est de mon point de vue la position la plus oeucuménique que l’on devrait avoir vis-à-vis des spiritualités

«L'Algérie a fait de moi un homme» avez-vous déclaré lors de votre visite à Alger, en mai 1990. Deux mois seulement après votre sortie de la prison Robben Island.

C'est vrai! La révolution algérienne a représenté une inspiration particulière pour moi, j'en ai parlé dans mes mémoires «Le long chemin vers la liberté», elle était le modèle le plus proche du nôtre, parce que (les moudjahidine algériens) affrontaient une importante communauté de colons blancs qui régnait sur la majorité indigène». Tous les dirigeants de l'ANC fréquentaient Alger, qualifiée.

A ma libération, le 11 février 1990, après 27 années d'incarcération, j'ai tenu à me rendre à Alger en reconnaissance au soutien apporté par l'Algérie à la lutte du peuple sud-africain contre l'apartheid. Les maquis de l'Armée de Libération nationale (ALN) étaient tout indiqués pour accueillir les activistes de l'ANC. Pendant mon séjour avec les combattants de l'ALN, j'ai appris le maniement des armes de guerre. C'est là que j'ai tiré pour la première fois une balle. En quittant l'Algérie, abreuvé à la matrice révolutionnaire algérienne, j'ai regagné l'Afrique du Sud où je me suis fait arrêter.

Commence alors pour moi la longue nuit carcérale dans le sinistre bagne de Robben Island, l'île-prison. Bien plus tard, je suis redevable aussi à l'Algérie de Boumediene de n'avoir pas ménagé ses efforts à l'Assemblée générale des Nations unies de 1974, pour faire exclure la délégation de l'Afrique du Sud des travaux de l'Assemblée générale. Qu'est devenue cette Algérie mythique? Qu'a-t-elle fait de son capital symbolique représenté par l'aura de la Révolution? J'espère qu'elle s'en sortira elle qui n'a su préparer la relève.


Comment vous est venue la démarche que vous avez adoptée et qui suscite encore de nos jours discussion?

Dans le secret de mon coeur, cette décision s'est faite au fil des années, j'ai appris à connaître mon adversaire et j'ai compris que la violence qu'il affichait, était en fait une manifestation de sa peur. J'ai opté envers mes oppresseurs une attitude caractérisée par «le respect des ennemis». On dit que j'ai agi par pragmatisme, c'est la manifestation la plus visible.
On peut en discuter, mais sa magnanimité et son insistance pour nous amener à nous voir dans et à travers les yeux de nos ennemis, sont devenues une part essentielle de son héritage.

Il m'a fallu de la résilience pour résister à l'instinct de vengeance et aux ambitions personnelles, J'ai suggéré l'idée d'une réconciliation nationale comme pierre angulaire de la transformation sociale: faute de pouvoir faire table rase du passé, il allait falloir trouver un moyen d'intégrer le passé dans le présent, afin de garantir un avenir plus stable et plus juste. La volonté d'humaniser l'adversaire et tous ceux qui s'opposaient encore à l'égalité raciale et à la démocratie a changé la nature du discours politique à tout jamais. J'ai toujours dit que la réussite de la nation arc-en-ciel, est intervenue après de longs et puissants combats à tous les niveaux, menés par des centaines de milliers de gens ordinaires au fil des siècles...

On dit que vous avez servi indirectement le grand capital qui vous pleure aujourd'hui.

Ce n'est pas tout à fait vrai! S'il est indécent de voir mes tortionnaires célébrer aujourd'hui dans l'hypocrisie la plus totale, mes louanges, il faut vous souvenir de la situation que j'ai trouvée en prenant mes fonctions. Je devais à la fois me battre sur le plan social et le plan économique. Ce fut une gigantesque remise en cause d'un système inégalitaire enraciné pendant près d'un siècle, par une oligarchie aidée par l'impérialisme occidental.

Ce n'est pas en cinq ans que je pouvais inverser la tendance. Il est indéniable que la discrimination positive a été une bonne chose, que le choix de la réconciliation après la vérité a permis de garder une cohésion relative au pays. Ce qui ne fut pas le cas de l'indépendance de la plupart des pays nouvellement indépendants et le mot de Césaire, résonne à mes oreilles: «La lutte pour l'indépendance fut l'épopée, l'indépendance acquise, ce fut la tragédie.» Où en est l'aura de la Révolution algérienne qui éclairait le monde par son magistere? Où en est Alger qui était la Mecque des révolutionnaires?


Qu'ont fait vos suivants à la présidence de l’Afrique du Sud ?

Il est vrai que les inégalités demeurent et que mes suivants n'ont pas su ou pas pu faire face avec toute l'attention voulue aux défis importants. J'ai remarqué aussi des années après mon départ, que l'usure du pouvoir a au fil des ans, démonétisé l'ANC provoquant la répulsion des classes défavorisées. On dit que L'Afrique du Sud est aujourd'hui le pays le plus inégalitaire de la planète.

J'ai malheureusement servi de façade à l'ANC qui s'est servi de mon image Mandela et même au sein de ma famille, l'appât du gain a été le plus fort. Ma seule criante est que les démons de la division réapparaissent et remettent en cause cette Nation arc-en-ciel qui, avec la commission «Vérité et réconciliation», pourrait être un modèle à suivre.


Ma relation spéciale à la Palestine:

J'ai été un soutien constant de l'Organisation pour la Libération de la Palestine, en 1999 j'avais déclaré qu' «Israël devrait se retirer de toutes les zones qu'il a conquises aux dépens des Arabes en 1967, et en particulier, Israël devrait se retirer complètement du plateau du Golan, du Sud Liban et de la Cisjordanie». À l'occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, le 4 décembre 1997, j'ai exprimé une fois de plus notre solidarité avec le peuple de Palestine. Je me souviens avoir déclaré que L'ONU a adopté une position forte contre l'apartheid, et qu'avec les années, un consensus international s'est constitué et a contribué à mettre fin à ce système injuste. J'avais conclu en disant: «Nous savons bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens.»

J'ai été touché par la lettre de Marwan Berghouti qui croupit dans la geôle israélienne de Hadarim depuis 13 ans, il me disait: «Durant toutes les longues années de mon combat, j'ai eu l'occasion à maintes reprises de penser à vous, cher Nelson Mandela. Je songe à un homme qui a passé 27 ans dans une cellule, en s'efforçant de démontrer que la liberté était en lui, avant qu'elle ne devienne une réalité dont son peuple allait s'emparer. Je songe à sa capacité à défier l'oppression et l'apartheid, mais aussi à rejeter la haine et à placer la justice au-dessus de la vengeance. Votre pays est devenu un phare et nous, les Palestiniens, nous hissons les voiles pour atteindre ses rivages.» L'apartheid n'a pas survécu en Afrique du Sud et l'apartheid ne survivra pas en Palestine. Reposez en paix et Dieu bénisse votre âme insoumise. Il m'a rappelé ce que j'avais écrit. Vous disiez: «Nous savons trop bien que notre liberté n'est pas complète car il lui manque la liberté des Palestiniens.»

Durant mon voyage à Gaza en octobre 1999, «j'ai invoqué à plusieurs reprises la similitude entre la lutte des Palestiniens et des Non-Blancs en Afrique du Sud. Pour moi, «Israël devrait se retirer des zones qu'il a prises aux Arabes: le plateau [syrien] du Golan, le Sud-Liban et la Cisjordanie». C'est pour moi, le préalable à la reconnaissance par les États arabes «du droit de l'État d'Israël à exister, à l'intérieur de frontières sûres». J'avais conclu que tout discours sur la paix restera creux, tant qu'Israël continuera à occuper un territoire arabe.

Expliquez-nous votre position vis-à-vis de la Libye et de Cuba?

Avant l'invasion de l'Irak, J'avais critiqué durement les actions des États-Unis, en déclarant que la principale motivation de l'ex-président George W. Bush n'était autre que le pétrole, ajoutant que Bush était en train de «torpiller» les Nations unies. «S'il y a un pays qui a commis des atrocités indicibles dans le monde, ce sont bien les États-Unis d'Amérique. Ils n'ont rien à faire des êtres humains.» A Newsweek j'avais déclaré: «Si l'on étudie ces choses, on arrive à la conclusion que le comportement des États-Unis d'Amérique est une menace pour la paix dans le monde.»

J'ai rencontré Fidel Castro en 1991. Pour moi, Cuba occupe une «place toute spéciale» dans le coeur des Africains, sa révolution, et tout le chemin parcouru par ce lointain pays. Depuis les premiers jours, la Révolution cubaine a également été pour nous une source d'inspiration pour toutes les personnes éprises de liberté. J'ai admiré les sacrifices du peuple cubain pour maintenir sa propre indépendance et sa souveraineté face à la sinistre campagne impérialiste orchestrée dans le but de détruire les avancées impressionnantes réalisées au cours de la révolution cubaine... Longue vie au camarade Fidel Castro.»

J'ai été scandalisé s'agissant de la Libye, comment le leader Maamar Kadhafi a été lynché sur ordre des hordes occidentales. A l'époque, j'avais demandé en vain officiellement à mettre fin aux dures sanctions imposées par l'ONU à la Libye en 1997, et j'ai toujours réitéré mon soutien au leader libyen qui m'a soutenu dans les heures difficiles.


Que pensez vous du Prix Nobel qui vous a été décerné il y a justement vingt ans ?

Je ne peux pas dire honnêtement que j’étais indofférent. L’Occident qui m’a traité de terroriste découvre, que je suis un faiseur de paix et pourtant je suis toujours le même homme ! Dans la vie j’ai appris à connaitre l’humanité. Des hommes comme le Mahatma Gandhi à juste titre appelée la « grande âme », m’ont marqué. Je me suis souvent demandé comment cet Occident qui dicte la norme, distribue souvent les Prix Nobel en fonction de l’air du temps, de ses intérêts biens compris, n’a pas eu l’élégance de proposer à Gandhi géant spirituel de bien vouloir accepter le Prix Nobel. Ce fut pour moi une énigme qui ne peut s’expliquer que par un véto de l’ancienne puissance britannique. Ce même Occident qui a failli proposé le Prix Nobel à Hitler… « Vanitas vanitatum dixit Ecclesiastes vanitas vanitatum omnia vanitas » Vanité et vanité. Tout est vanité lit on dans l’Ecclésiaste.

Ma dernière satisfaction conclut Mandela, fut de voir une communion humaine l'espace d'un hommage, se souder dans une convivialité malheureusement éphémère. Ce n'est pas tous les jours que l'on peut voir l'homme le plus puissant serrer la main de l'homme le plus courageux, et qui lui a tenu tête 55 ans durant. Ce n'est pas aussi tous les jours que la communauté humaine a pu prendre conscience en même temps qu'elle pouvait éprouver de l'affection pour le mortel que je suis.

L'un des problèmes qui m'inquiétaient profondément en prison concernait la fausse image que j'avais sans le vouloir projetée dans le monde: on me considérait comme un saint. «La mort est inévitable. Quand un homme a accompli ce qu'il considère comme son devoir envers les siens et son pays, il peut reposer en paix. Je pense que j'ai fait cet effort et c'est pourquoi je vais donc pouvoir reposer pour l'éternité.»

Merci Monsieur le président, merci de nous avoir montré ce qu'il y a avait de bon dans la nature humaine. Madiba sourit longuement et s'enfonça dans la nuit.

Conclusion ?

Peut on vraiment conclure un dialogue intemporel avec Mandela ? J'ai pour ma part, rarement vu lors de cet hommage un deuil joyeux. Les Sud-Africains étaient contents que Madiba repose en paix après avoir montré au monde que la dignité humaine, les droits de l'homme sont des slogans creux dans la bouche des Occidentaux Nous avons plus de considération envers le plus humble des hommes s’il a appelé à l’empathie et à la solidarité, deux valeurs qui n’ont plus cours dans ce siècle anomique de la guerre de tous contre tous.

A bien des égards, Mandela aura marqué le XXe siècle. Dans mille ans on parlera encore de lui. Ce ne sera pas le cas de l'immense majorité des grands de ce monde qui finiront comme des scories dans l'histoire de l'humanité.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 23:33


«Il ne faut plus changer de pansement mais penser le changement»

Nöel Mamère Député français

Ça y est ! L'Iran a signé un accord sur le nucléaire avec les 5 du Conseil de sécurité +1. Selon le côté d'où l'on observe cet accord, c'est soit une victoire qui a réussi à faire mettre un genou à terre en lui faisant abandonner toute velléité d'accès au nucléaire militaire, soit une victoire si l'on accorde au triomphalisme des Iraniens, qui disent avoir préservé leur capacité d'enrichissement, bien qu'accord n'en parle pas explicitement, soit tout le monde s'est trompé: Israël a raison, c'est un mauvais accord qui laisserait intacte la capacité de nuisance des Iraniens.

C'est à se demander si les prétentions d'Ahmadinejad étaient toutes autres? La bombe? Ou simplement un gigantesque malentendu que le doigté de Rohani a dissipé. Et pourtant, malgré toutes les privations qu'il a subies l'Iran a continué sa quête du savoir et de la technologie. Les «stratèges du FMI» qui sont allés scanner sans complaisance l'économie iranienne, il y a deux ans, n'ont pas dans leur rapport tari d'éloges sur la gouvernance iranienne.

La dernière prouesse iranienne c'est la fabrication d'un drone avec un long rayon d'action, c'est peut-être un copier-coller du fameux drone américain espion intercepté, neutralisé et l'Iran, autrefois connue sous le nom de Perse, a donné naissance il y a 2500 ans au premier, ramené intact sur une base iranienne. Summum de la bataille technologique, malgré la cyberattaque par le suxnet virus américano-israélien pour freiner le programme d'enrichissement, on apprend que l'Iran a créé l'équivalent de Google, utilise ses satellites et toutes institutions sensibles sont connectées à l'intranet. Il y a donc matière à réétalonner les rapports avec ce pays.


L'Iran dans l'Histoire

Peu de personnes, surtout en Occident ont une perception réelle de la dimension historique de cet empire. Comme lu sur le site «Hérodote»: «L'Iran est un empire à vocation universelle. Depuis lors, les plateaux iraniens ont abrité des civilisations du plus extrême raffinement, qui n'ont rien à envier à l'Occident comme à l'Orient. À la différence de leurs voisins, les Iraniens ne souffrent d'aucune frustration à l'égard de l'Occident. Ils n'ont de «revanche» à prendre sur personne, sinon sur les trublions cupides qui ont tenté depuis la Seconde Guerre mondiale de s'approprier leurs réserves pétrolières..... Vaste comme trois fois la France (1,6 million de km2), l'Iran compte un peu plus d'habitants qu'elle (70 millions). Aujourd'hui comme au temps de Cyrus, le pays témoigne d'une très grande diversité de populations et de langues ».(1)

Dans l'Antiquité domine le mazdéisme (de Mazda, Dieu, dans la langue perse), aussi appelé zoroastrisme VIIe siècle avant J.-C. Il prospère sous les Achéménides (les héritiers de Cyrus) et va survivre jusqu'à l'approche de l'an 1000 avant de s'effacer presque complètement face à la poussée de l'Islam. Le judaïsme est présent en Iran dès l'époque des Achéménides, Cyrus le Grand lui-même ayant accueilli des Hébreux après leur exil de Babylone! Le christianisme arrive en Iran dès les premiers siècles de notre ère. Aujourd'hui, victime de persécutions, il n'est plus guère représenté en Iran. L'Islam arrive quant à lui avec la conquête arabe, en 651, mais ne s'impose pas d'emblée. (...) le chiisme duodécimain. Le chiisme devient religion d'État sous la dynastie nationale des Safavides, au XVIe siècle. Depuis que Cyrus le Grand a rassemblé tous les peuples des plateaux iraniens sous son autorité et les a entraînés à la conquête de l'Orient, de la mer Égée à l'Indus, l'Iran n'a plus cessé de rayonner sur le monde environnant».(1) Voilà pour l'histoire.


Les détails de l'accord sur le nucléaire iranien

L'accord signé entre les sept pays négociateurs (Iran, Etats-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne et Royaume-Uni) prévoit que la République islamique accepte de limiter son programme nucléaire, soupçonnée par Washington et ses alliés d'avoir des visées militaires, en échange d'un allègement des sanctions économiques. L'accord obtenu n'est que préliminaire et devra déboucher dans six mois sur un accord définitif. L'Iran s'est engagé à une profonde révision de son programme nucléaire et se soumettra à des inspections internationales plus poussées pendant six mois: cesser tout enrichissement d'uranium «à plus de 5% et de démanteler les processus techniques nécessaires pour enrichir à plus de 5%» ; neutraliser «son stock d'uranium enrichi à près de 20% en le diluant», arrêter la construction de toute nouvelle centrifugeuse à uranium. (2)

« Le pays a cependant le droit de remplacer les centrifugeuses déjà existantes, interrompre les travaux menant à la mise en marche d'un réacteur dans l'usine d'Arak ainsi que la production de combustible à destination de cette centrale, deux points particulièrement défendus par la France, renoncer à construire une «usine capable (...) d'extraire du plutonium à partir du combustible usagé», permettre un «accès quotidien de ses sites de Natanz et Fordow à des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)» ainsi qu'à ses usines de fabrication de centrifugeuses et aux mines d'uranium. En contrepartie, les pays négociateurs vont consentir à un allègement des sanctions «limité, temporaire, ciblé et qui pourra être annulé», équivalant à environ sept milliards de dollars, ce qui ne représente qu'une fraction des sanctions pour l'Iran ». (2)


Y a-t-il eu une vraie chance pour la paix?

Au-delà des communiqués triomphalistes de part et d'autre et de l'apocalypse annoncée par Israël, François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran pense que c'est un bon accord. Ecoutons-le: «C'est un bon accord, Il est solide, détaillé, équilibré. Il offre aux deux parties des satisfactions. (...) Israël voit le verre à moitié vide, mais force est de constater que cet accord préliminaire ne facilite pas l'avancée de l'Iran vers la bombe pendant la durée des négociations. L'accord permet une levée limitée, mais réelle de ces sanctions qui pénalisent lourdement l'économie iranienne: la capacité d'exportation de pétrole de l'Iran, a été réduite de moitié et les sanctions étaient conçues pour les réduire à zéro. (...) Une des clauses de l'accord pourrait s'avérer importante pour l'industrie française: la levée des sanctions américaines sur l'automobile. Cela pourrait permettre à Peugeot et Renault de revenir en Iran. Les deux groupes qui étaient très présents dans le pays ont été lourdement pénalisés par ces sanctions. L'accord dit clairement que l'Iran bénéficie de tous les droits et devoirs accordés par le traité de non-prolifération nucléaire Il n'est pas écrit en toutes lettres que l'Iran peut continuer à enrichir son uranium, mais de fait le texte établit implicitement cette possibilité. La formulation est habile, elle permet à chacun de garder la tête haute.» (3)


La réalité des choses

Il semble tout d'abord que l'accord est en gestation depuis plusieurs mois bien avant la prise de fonction de Rohani. Est-ce à dire que s'agissant de cela, Ahmadinejad, ne pouvait pas ne pas savoir ce qui se passait et qu'en fait tout se joue avec les Etats-Unis. Selon l'Associated Press, du 24 novembre, citant des responsables américains, de hauts responsables américains et iraniens ont mené pendant plusieurs mois des discussions bilatérales secrètes qui ont joué un rôle important dans l'accord préliminaire sur le nucléaire iranien conclu dans la nuit de samedi à dimanche. Ce n'est qu'après le coup de fil historique entre le président iranien nouvellement élu et Barack Obama, fin septembre, que les Etats-Unis ont informé leurs alliés, les autres membres du P5+1 et Israël, de l'existence de réunions secrètes tenues pendant l'été, raconte l'agence.


Le «deux poids, deux mesures» dénoncé par le député Noël Mamère

Pour Noël Mamère: «Qui ne peut se réjouir de l'accord passé entre l'Iran et la communauté internationale sur le nucléaire militaire? Pour une fois qu'une bonne nouvelle arrive de cette région du monde, ne boudons pas notre plaisir Le bilan est impressionnant. L'Iran s'engage... En contrepartie, les pays négociateurs allègent les sanctions et n'en n'imposeront pas de nouvelles pendant six mois (...) Israël ne peut continuer à utiliser le danger du nucléaire iranien pour faire diversion. Pour une fois, la diplomatie a primé sur la logique de guerre et a fait bouger les choses dans un sens positif. Bien sûr, la réaction d'Israël est négative. Mais pour de mauvaises raisons. Faut-il rappeler que le seul Etat de la région à posséder l'arme nucléaire est précisément Israël? Il ne pourra pas cacher plus longtemps son immobilisme sur le dossier palestinien, sa volonté implacable de continuer encore et encore la colonisation, en faisant diversion avec le nucléaire iranien. (...) L'accord signé dimanche est aussi un pas en avant important pour la paix en Syrie.(...)»

Noël Mamère va plus loin, il parle de désarment global: «Mais cet accord ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt, à savoir, le désarmement nucléaire multilatéral. L'Iran n'a fait ni plus ni moins que ce qu'a fait avant elle l'ensemble des pays dotés de l'arme nucléaire: lancer des programmes nucléaires militaires dans le plus grand secret et mettre la communauté internationale devant le fait accompli (...)... Le fait est que, depuis quarante ans que le Traité est entré en vigueur, les Etats nucléaires continuent à moderniser leurs armes sans s'être jamais engagés dans une négociation en vue d'un désarmement complet ».(4)

Noël Mamère en appelle à un désarment du Moyen-Orient: «La dynamique de Genève doit permettre de pousser l'avantage. L'objectif doit être de faire du Moyen-Orient une «zone exempte d'armes nucléaires». Elle est toujours bloquée par les Etats-Unis et Israël (...) On ne peut vouloir interdire l'accès au nucléaire de l'Iran, signataire du TNP, et laisser d'autres Etats, comme Israël, continuer à s'équiper sans aucun contrôle de la communauté internationale. Il ne saurait y avoir deux poids, deux mesures. (...) Cette observation est également valable pour la France qui, malgré la crise, persiste à conserver et à renforcer son potentiel nucléaire.»(4)



Les réactions dans le monde occidental et en Israël

Lors d'une intervention solennelle depuis la Maison-Blanche, le président américain Barack Obama a assuré que cet accord obtenu à l'arraché «barre le chemin le plus évident» de la République islamique vers une bombe atomique. Même satisfaction intéressée des pays européens qui attendent des miettes du marché prometteur de 70 ùmillions d’Iraniens consommateurs des champs de gaz de South Pars, une fois que l’Empire se sera servi..

La réaction de l'Etat hébreu ne s'est pas fait attendre: le bureau du Premier ministre Banjamin Netanyahu a dénoncé un «mauvais accord qui offre exactement ce que l'Iran voulait: la levée significative des sanctions et le maintien d'une partie significative de son programme nucléaire.» De son côté, le ministre de l'Economies Naftali: «L'accord laisse intacte la machine nucléaire iranienne et pourrait permettre à l'Iran de produire une bombe dans une période de six à sept semaines. Israël est prêt à toute éventualité», a déclaré le ministre israélien à la radio militaire ». (5)

« Pour Simon Peres, «un accord a été signé entre le P5 +1 et l'Iran. C'est un accord intérimaire. Le succès ou l'échec de l'accord sera jugé par des résultats et non par des mots. Je voudrais dire au peuple iranien: «Vous n'êtes pas notre ennemi et nous ne sommes pas le vôtre. Il est possible de résoudre ce problème par la voie diplomatique. Cela est entre vos mains. Rejetez le terrorisme. Arrêtez le programme nucléaire. Arrêtez le développement de missiles à longue portée». Pour sa part, la ministre de la Justice, Tzipi Livni a recommandé de «regarder vers l'avenir: Israël doit agir en étroite coopération avec les Etats-Unis pour renforcer cette alliance stratégique et créer un front politique avec d'autres pays, comme les pays arabes, qui considèrent un Iran nucléarisé comme une menace.» (5)

Curieusement, au moment où la vraie communauté internationale celle des «laissés pour compte» inaudible, pousse un ouf de soulagement, on dit que les Saoudiens ne sont pas d'accord avec l'accord! Pour le journal britannique Sunday Times se référant à des sources diplomatiques, ils seraient prêts à s'allier avec Israël pour démolir l'Iran! Le service de renseignement israélien Mossad et les autorités saoudiennes coopèrent pour mettre au point un plan d'attaque contre l'Iran. L'Arabie Saoudite envisage également de fournir à l'Etat hébreu des drones, des hélicoptères de sauvetage et des avions de transport. C'est dire si les dirigeants saoudiens ont perdu toute crédibilité.


La guerre invisible en Cisjordanie

Pourtant, le vrai scandale, c'est celui de la condition palestinienne sous la colonisation qui continue et les constructions qui ont connu un essor sans précédent. C'est à se demander si un jour ces négociations aboutiront pour mettre un terme au martyr d'un peuple, maintenant qu'Israël ne peut plus brandir la menace d'un Iran nucléaire à ses portes. Il semble que non! Dans le film Voyage dans une guerre invisible réalisé par Paul Moreira. Benjamin Barthes du journal Le Monde rapporte le traitement de la population palestinienne par les autorités israéliennes.: «(...) Nous sommes en 2001, en pleine seconde Intifada. Ne se sachant pas filmé, l'ex-chef de file du Likoud, la droite nationaliste, raconte, avec un cynisme et une roublardise à toute épreuve comment il a réussi à vider les accords de paix d'Oslo de leur substance. Devant l'un de ses hôtes, qui s'inquiète d'éventuelles pressions internationales, il lâche, plein de dédain: «Qu'ils parlent, qu'ils parlent, laisse-les parler.»(6)


«Dans la séquence. On y voit des jeunes juifs, le visage masqué, mettre le feu à des oliveraies, sous le regard passif des soldats; un vieux berger à dos de mulet empêché d'emmener son troupeau paître, par des conscrits trois fois plus jeunes que lui; la population entière d'une ville (Hébron), privée de marché, pour que la poignée de fanatiques juifs enkystés dans son centre puisse célébrer une fête du calendrier juif. D'une précision scrupuleuse, il donne la parole à des colons en désaccord avec ces pratiques, tout en pointant la complaisance éhontée des autorités à l'égard de ces extrémistes en kippa».(6) Tout est dit.

A qui profite en définitive, la «normalisation» de l'Iran? Sans l'ombre d'un doute, aux Américains, les vassaux auront des miettes du marché iranien. Ensuite à Israël qui malgré les protestations, sort grand vainqueur. Le perdant est connu, c'est toujours le Monde arabe installé confortablement dans les temps morts avec des potentats adoubés par l'Occident qui sont là depuis la nuit des temps sans perspective aucune pour les peuples arabes harassés par tant de malheur.



1. http://www.herodote.net/2500_ans_d_ Histoire-synthese-218.php


2. Les détails de l'accord sur le nucléaire iranien Le Monde.fr avec AFP | 25.11.2013


3. Nucléaire iranien: «L'accord de Genève permet à chacun de garder la tête haute» Propos recueillis par Catherine Gouëset, 24/11/2013

4. http://blogs.rue89.com/chez-noel-mamere/2013/11/25/interdire-le-nucleaire-militaire-liran-et-pas-israel-231775

5 http://www.tribunejuive.info/israel/israel-decu-inquiet-determine

6.Benjamin Barthe http://www.lemonde.fr/ culture/article/2013/11/25/voyage-dans-une-guerre-invisible_3518819_3246.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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