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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 12:19

«Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.» Ecclésiaste 1

« Ceux qui sont contre nous… il faut prendre une hache et lui couper la tête »

Avigdor Lieberman à propos des Arabes

Ce qui était prévisible est arrivé pour la quatrième fois: Benyamin Netanyahu va présider aux destinées d'Israël en s'alliant aux parties extrémistes, notamment celui d'Israël Beitanou ((Israël notre maison) d'Avigdor Lieberman Lithuanien de naissance et qui a déclaré récemment qu'il faut éliminer les Arabes israéliens reprenant la rhétorique de Daesh. Les Palestiniens plus atomisés que jamais avec un leader totalement dépassé et qui s'accroche encore aux velléités de traduire Israël devant la Cour pénale internationale sont au désespoir. De l'autre côté à Ghaza, plus que jamais asphyxiée, le Hamas prend en otage les Ghazaouis qui attendent toujours l'argent promis pour la reconstruction. Même les salaires ont été bloqués par Israël qui les distille au compte-gouttes.


Deux Israël face à face

La veille du scrutin, Netanyahu abat sa dernière carte, s'il est réélu il promet qu'il n'y aura pas d'Etat palestinien. Le message politique de Netanyahu se résume en deux phrases, c'est moi ou le néant. Les différents acteurs sont toujours les mêmes, une droite et une gauche réunies dans le même mépris des Palestiniens. On dit que la coalition:-l'Union sioniste- Tsipi Livni et Ytzhak Herzog, récemment mis, en oeuvre aurait le vent en poupe. Qu'en est il exactement?
«Ce sont, écrit Aude Marcovitch, deux Israël qui sont face à face.(...)Dimanche soir, ce sont lesdits religieux qui ont rempli à leur tour la place, à l'appel de la droite. Une majorité de familles, beaucoup de jeunes adolescents, kippa au vent, venus par cars entiers depuis les colonies soutenir le leader du Likoud. (...) Au micro, le Premier ministre a agité une fois encore le chiffon de la peur si d'aventure la gauche arrivait au pouvoir (...) Le ministre de l'Industrie, Naftali Bennett (Foyer juif, ultranationaliste religieux), a déployé son charisme pour faire vibrer la foule, évoqué son credo, «le peuple d'Israël, la terre d'Israël, la Torah d'Israël» pour marteler qu'aucune terre ne serait rendue aux Arabes - «on ne peut pas coloniser sa propre terre». (1)

«Pour la première fois depuis longtemps, ces législatives s'accompagnent d'une grande inconnue sur le score final. Mené aux voix dans les sondages par l'Union sioniste (centre gauche), le Likoud et son leader Benyamin Nétanyahou sentent souffler le vent du boulet. A l'inverse, l'Union sioniste a fait du remplacement de Bibi, le centre de sa campagne. Récemment, plusieurs personnalités israéliennes ont annoncé leur volonté de voter pour le changement incarné par l'Union sioniste: l'ex-président Shimon Pérès, l'ancien chef du Shin Beth (le renseignement intérieur) Yuval Diskin et celui du Mossad Meïr Dagan.» (1)
«Une défaite de la droite, veulent croire les partisans de la paix avec les Palestiniens, offrirait enfin un filet d'espoir pour relancer les négociations. Au total, 5 881 696 électeurs sont invités à désigner leurs futurs 120 députés à la Knesset.

Tout est parti de la dissolution de la 19e Knesset le 8 décembre 2014. Nethanyahu voulant une majorité plus confortable a convoqué des élections législatives anticipées. «L'absence de cohésion idéologique serait devenue ingérable. Elle est apparue au grand jour en novembre 2014 lors des débats sur un projet de loi controversé, définissant Israël comme un Etat juif. (...)» «Benyamin Nétanyahou poursuit Aude Marcovitch, n'a formulé aucune proposition, aucune idée nouvelle pendant la campagne, se contentant de prétendre au titre de garant unique de la sécurité nationale. (...) Comme à son habitude, le chef du gouvernement a utilisé l'instrument de la peur pour dissuader les électeurs de voter pour l'opposition. Cet extrait d'un post publié le 13 mars sur sa page Facebook donne une idée de la tonalité de ses discours. «Ces organisations étrangères comprennent que la seule chose empêchant un retrait aux frontières de 1967, la division de Jérusalem, l'établissement d'un ´´Hamastan B´´ sur les collines au-dessus de Tel-Aviv, de l'aéroport Ben-Gourion et de l'ensemble d'Israël, et l'acception d'un Iran nucléaire, c'est un gouvernement Likoud.» Mais ce chantage à la sécurité nationale ne semble plus fonctionner auprès d'une majorité d'électeurs(1).

«Quant à Meretz, il est victime à la fois de la quasi-disparition du «camp de la paix», provoquée par la lassitude de négociations stériles avec les Palestiniens, et du réalisme de nombreux électeurs. Mus par le rejet de Nétanyahou, ils cherchent l'efficacité en votant, sans enthousiasme, pour le duo Herzog-Livni, à la tête de l'Union sioniste. (...) Les petites formations ultra-orthodoxes et le Foyer juif de Naftali Bennett espèrent attirer son aile radicale. Au contraire, les déçus plus modérés du Likoud pourraient être séduits par une nouvelle formation, Koulanou, lancée par un ancien ministre de M.Nétanyahou, Moshe Kahlon. (...)» (2)

Il faudra réunir 61 sièges sur 120. L'affaire est extrêmement complexe, en raison de l'affaiblissement continu depuis trente ans des deux piliers historiques de la politique israélienne, les travaillistes et le Likoud. (;..) Le président Reuven Rivlin a d'ailleurs fait appel à la mise en place d'un gouvernement de coalition ce dont ne veut pas Benyamin Netanyahou qui a annoncé sur sa page Facebook sa victoire et qui a commencé ses consutlations avec les parties d'extrême droite Moshe Kahlon, le président de Koulanou, apparaît comme «le faiseur de rois «de ces élections (avec 9 ou 10 sièges). Zehava Gal-On, la chef du parti Meretz, à la gauche des travaillistes, appelle Moshe Kahlon à se rallier au centre gauche pour la formation d'une coalition. Il refuse si le parti arabe en fait partie.



Que pèsent les Arabes israéliens?

L'autre force qui devrait peser est la Liste unie des partis arabes. Pour la première fois, les quatre petits partis arabes ont pu se féderer et présenter une liste unique «Pour la première fois de l'histoire, ces formations ont surmonté leurs ambitions et leurs divergences idéologiques. C'est la peur de ne pas franchir la nouvelle barre de 3,25%, indispensable pour entrer à la Knesset, qui les a motivés. En cas de forte mobilisation chez les Arabes israéliens (20% de la population), ils pourraient atteindre jusqu'à 14 sièges, selon les sondages. (...)
Justement, les dernières estimations leur donnent 13 sièges. en troisème position.

Quelles sont leurs revendications? Il faut bien en convenir, le sort des Palestiniens de Cis-jordanie et de Ghaza ne les intéresse pas outre mesure, c'est surtout leur situation sociale et la réalité de leur place dans une société israélienne d'apartheid où le taux de chomage, les emplois bas de gamme, sont leur lot. Les disciminations sont importantes aussi pour les falashas pourtant juifs... On le voit, le drame des autres Palestiniens n'est pas une préoccupation majeure pour ces Arabes israéliens qui rentrent dans le moule d'une société qui ne leur fait pas de classe. Une sorte de colonisation in situ.

Ce qu’il y a de sûr c’est qu’une bonne partie des Israéliens les considère comme des infa-humains. Le racisme style celui d’Avigdor Lieberman cet Israélien né dans les pays baltes leur promet de leur couper la tête. Rien que cela et comme l’écrit Gédeon Levy , Dans les pays européens une déclaration pareille amènerait la démission


Benyamin Netanyahu, enfermé dans ses certitudes

Tout le message politique de Netanyahu conforté par son voyage aux Etats-Unis où- invité par le Sénat sans l'accord de la Maison-Blanche; pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, un chef d'Etat étranger vient aux Etats-Unis et ne rencontre pas le président,- il s'est permis de faire la leçon au président en tentant par tous les moyens de torpiller l'éventuel accord sur le nucléaire iranien.

«En fait, son acharnement écrit Piotr Smolar résume bien l'offre limitée qu'il propose aux électeurs pour obtenir un quatrième mandat: c'est moi ou le néant, comprendre la gauche. La gauche qui abandonnera vos enfants, vendra vos meubles et détruira les fondations de la maison Israël. La gauche, meilleur ennemi de «Bibi» depuis vingt-deux ans et sa prise de contrôle du Likoud. En décidant de saborder son gouvernement en décembre 2014,. (...) Malgré son expérience, son opportunisme et la domination idéologique de la droite, il n'est plus capable de surprendre. Ses atouts sont devenus ses travers. Lui qui avait dynamité les codes de la communication politique pour obtenir son premier mandat, en 1996, puis avait reconquis le pouvoir en 2009, ressemble à un homme cerné. Arrive un âge - il a 65 ans - où l'on ne peut plus se réinventer; tout juste se caricaturer. «Nétanyahou est comme un avion volant vers nulle part, un avion chic, avec lit double et excellent vin, expliquait, il y a quelques semaines, le secrétaire général du Parti travailliste, Hilik Bar. Les citoyens ne sont pas conviés à bord, mais le pilote les avertit que l'avion pourrait s'écraser, alors ils mettent de côté leurs problèmes de vie quotidienne. C'est la plus grande fraude de l'histoire.» (3)

«Isaac Herzog, le travailliste à l'allure d'enfant sage, Tzipi Livni, la centriste réputée pour sa fermeté, forment une drôle d'alliance. Une alliance qui porte le nom d''union sioniste', revendique le patriotisme, un Etat juif et démocratique', et veut incarner l'alternance politique. (..;) Isaac Herzog est au coude-à-coude avec le poids lourd de la politique que représente Benjamin Netanyahu. Pourtant, Isaac Herzog n'a que peu d'expérience comparé au Premier ministre sortant et encore moins son charisme. Mais il mise sur le tout sauf Netanyahu'': (...) (...) Tsipi Livni est un peu la dame de fer israélienne. Egalement diplômée en droit, c'est comme agent secret qu'elle débute sa carrière, au sein du Mossad. Elue députée en 1999, (...) » (3)

« En 2006, poursuit Piotr Smolar, elle entre au gouvernement Olmert sous les couleurs de Kadima. Elle est à nouveau ministre des Affaires étrangères et vice-Premier-ministre. Tantôt colombe tantôt faucon, Livni soutient l'opération Plomb Durci' à Gaza en 2008, estimant qu'il n'y a pas d'autre option que l'option militaire. Pour autant, la même année, elle propose à Mahmoud Abbas un plan de paix fondé sur la création d'un Etat palestinien. (..)Ministre de la Justice dans le gouvernement de Netanyahu, elle est limogée en décembre dernier. Le binôme Herzog/Livni, a axé son programme sur la justice sociale, proposant la baisse du coût de la vie et du prix des logements, sans pour autant négliger la question sécuritaire. Par ailleurs, ils ont fait campagne en faveur de la reprise du processus de paix israélo-palestinien.» (3)

«Les tonnerres d'applaudissements recueillis au Congrès américain le 3 mars à Washington, lors de son réquisitoire contre un accord avec l'Iran sur le nucléaire, ont été un délicieux répit dans une campagne éprouvante. M.Nétanyahou connaît mieux que quiconque les arcanes du Congrès. (...) «Aux Etats-Unis, les gens disent que s'il était né en Amérique, il aurait pu facilement devenir président, assurait sa femme Sara, dans une conversation privée enregistrée à son insu durant l'été 2014 et dévoilée récemment par le quotidien Maariv. Le monde entier l'admire.» Tirade lunaire, alors qu'Israël n'a jamais paru aussi isolé sur la scène internationale.» (3)

Piotr Smolar analyse la psychologie de Benyamin Netanyahu: «(...)Ce tropisme américain de M.Nétanyahou écrit-il, ne doit pas cacher l'essentiel: son empreinte idéologique forte, mélange de nationalisme vindicatif et de conservatisme. (...) Son père, l'historien Bension Nétanyahou, mort à 102 ans en 2012, fut son phare idéologique. Figure intellectuelle de la droite dure, il cultiva un profond pessimisme sur le destin des juifs et considérait les fondateurs socialistes d'Israël comme de dangereux rêveurs. Il n'admit jamais la moindre concession aux Palestiniens. A la fin des années 1950, il choisit d'émigrer en famille aux Etats-Unis. Le professeur enrageait de ne pas trouver sa place dans le milieu universitaire, à cause de la domination de la gauche israélienne. L'idée de revanche contre ces élites a souvent été soulignée par les biographes de «Bibi». Il en est persuadé.» (3)

«A ses yeux, cette gauche ne serait pas légitime pour défendre le pays contre les menaces extérieures: Hezbollah au nord, Hamas dans la bande de Gaza, et l'Iran partout, pieuvre voulant la destruction d'Israël, dans ce Proche-Orient en éruption. (...) L'émergence de l'organisation Etat islamique a renforcé M.Nétanyahou dans ses convictions. Depuis toujours, la peur est l'encre de ses discours. Elle permet d'évacuer au second plan la justice sociale, les droits individuels ou les colonies illégales en Cisjordanie. Il aime trop Israël pour aimer les Israéliens.» (...) Bibi juge que Tzipi Livni et Isaac Herzog, les leaders de l'opposition, sont «indignes» de diriger le pays. Ils «ne tiendraient pas une journée sous la pression», a-t-il confié au grand quotidien gratuit Israel Hayom, «Nétanyahou a lavé le cerveau de la population en faisant croire que l'Etat d'Israël était dans la même situation que celle des juifs d'Europe avant l'Holocauste», a expliqué récemment Mme Livni à la télévision, elle qui fut sa ministre de la Justice jusqu'en décembre 2014. (3)

«L'Iran: son obsession, sa croisade, sa «mission», selon son propre mot. (...) Les rares conseillers qui le côtoient deviennent mutiques à la moindre question relative à sa psychologie. (...) Nétanyahou est prudent avec les gens, car il a tiré les leçons d'expériences passées.» (...) Benyamin Nétanyahou apparaît aujourd'hui comme un homme sur la défensive, replié dans un bunker(...) De nombreux cadres du Likoud, susceptibles de lui faire de l'ombre, ont quitté la formation. Tel Dan Meridor, figure historique et modérée du parti, horrifié par sa pente nationaliste et le culte de la conquête territoriale, au détriment de la paix. Mais pourquoi prendre le risque de la paix? Elle serait grosse d'un autre danger: celui de se priver d'ennemis.(3)

Depuis quelque temps, les dirigeants israéliens multiplient les pressions et déclarations visant à faire d'Israël la patrie du peuple juif. Ce vocable d'Etat du peuple juif- lourd de signification et de danger pour les Palestiniens- commence à faire son chemin dans l'imaginaire occidental qui n'a pas de réticence à l'admettre au nom de la dette éternelle à la fois pécuniaire et morale. Les groupes sionistes dont l'idéologie est raciste prennent comme bouclier le Judaïsme et, afin de «protéger» l'Etat d'Israël et de masquer ses violations du droit international, traitent d'antisémites tous ceux qui ne sont pas d'accord avec la politique de cet Etat dont les gouvernants pratiquent manifestement l'apartheid envers la population palestinienne. Shlomo Sand s'étonne pourtant qu'aujourd'hui, les mythes fondateurs juifs continuent à être considérés comme absolument véridiques.

Nous ne pouvons qu'être sincèrement admiratifs devant la démocratie israélienne pour les Israéliens juifs mais blancs de peau. Tout y est la transparence, le respect de l'alternance. S'agissant des autres Israéliens de seconde zone, c'est une autre affaire.

Comme l’écrit si bien Gédéon Levy dans le Journal israélien de gauche « Haaretz » Les sommets atteints par l’expression de la haine contre les Arabes sont choquants, tout comme leur acceptation par le public israélien. (…) Le fléau du racisme s’étend bien au-delà de l’extrême droite : notez ce qui a été dit (et non dit) par la gauche et par le centre. Il faut commencer, bien sûr, par ce grand pollueur du langage, Avigdor Lieberman. Son hébreu est sommaire, son anglais une plaisanterie, ses expressions répugnantes dans quelque langue que ce soit. Et même pire que ses diarrhées verbales, qui ont touché le fond du fond, est l’apathie israélienne face à elles ».(4)

« (…)Seuls des dictateurs africains dépassés parlent de haches et de décapitation – et les leader de l’État islamique bien sûr. Mais tel est l’univers intellectuel, culturel et moral du ministre israélien des affaires étrangères, une brute qui a eu une condamnation pour avoir attaqué un enfant. Le monde ne peut pas comprendre comment la remarque de Lieberman a été acceptée avec une telle sérénité en Israël, où certains commentateurs très suivis continuent à croire que ce politicien cynique et écoeurant est un homme d’État raisonnable. Son attaque n’a pas été moins répugnante, lors d’un débat télévisé, contre Iman Odeh, tête de la « Liste conjointe », qu’il a traité de « cinquième colonne » et auquel il a dit « On ne te veut pas ici », « va à Gaza ». Aucun des autres chefs de partis présents, y compris ceux des listes de gauche et du centre, qui avaient l’avantage dans le débat, ne s’est manifesté pour arrêter la tirade de Lieberman. (Zehava Galon du Meretz, l’a dénoncé après coup). Le silence vaut aveu de culpabilité. Nous sommes tous Lieberman ».(4)

Gédéon Levy avance – à notre sens- que le racisme est consubstantiel des sentiments des dirigeants israéliens. Il poursuit : « Le racisme de la période électorale a été planté bien au-delà des jardins pourris et puants de Lieberman, Naftali Bennett, Eli Yishai et Baruch Marzel. Il est presque partout. Nos villes ont récemment été souillées par des affiches dont les messages diaboliques sont à peu près égaux aux slogans tels que « Kahane avait raison » « Mort aux Arabes ». « Avec Bibi Bennett, nous serons à jamais coincés avec les Palestiniens » menacent les affiches collées sur chaque pont et palissade, par l’Association pour la Paix et la Sécurité des experts de la sécurité nationale. Il est impossible de savoir quel est le niveau de leur expertise en matière de paix et de sécurité, mais ils sont clairement experts en incitation. Le message et ses signataires sont considérés centre-gauche, mais eux aussi sèment la haine et le racisme ».(4)

Parlant des Arabes israéliens il ajoute : « « On sera coincés à jamais avec les Palestiniens » ? Oui. Les Palestiniens n’iront nulle part. Même si un État palestinien est établi, certains d’entre eux resteront en Israël. Que sont supposés ressentir les Arabes du pays quand des annonces aussi haineuses leur sont adressées ? Et qu’y a-t-il de si terrible à être « coincés » avec eux ? Sont-ils infectés par une maladie ? Etre coincé avec Lieberman est bien pire. (…) Même le cher Amos Oz que j’aime, qui dans Haaretz (« Les rêves qu’Israël devrait abandonner – vite », 13 mars) a appelé à un divorce juste avec les Palestiniens (…) Et quid des citoyens arabes d’Israël ? Que peuvent-ils ressentir quand un des plus importants intellectuels du camp de la paix en Israël dit qu’il veut le divorce ? Vont-ils rester parmi nous comme des lépreux ? » (4)

On dit que la Maison Blanche a accueilli froidement la nouvelle de la réelection de Netanyahu. En fait ce dernier n’a plus à écouter Obama, puisque sa position est claire concernant la naissance d’un Etat Palestinien. Ses interlocuteurs aux Etats Unis sont le lobby de l’Aipac et le Sénat.

Rien de nouveau sous le soleil pour les Palestiniens. Pis encore, Netanyahu aura les coudées franches pour faire aboutir justement son obsession d'un Etat juif aseptisé de toutes ses scories de l'histoire. On l'aura compris, les Arabes israéliens seront les futures variables d'ajustement, et à terme, ils auront vocation à quitter Israël, n'étant pas juifs. Une deuxième Nekba se profile à l'horizon. Qui s'en soucie?



1. Aude Marcovitch http://www.liberation.fr/monde/2015/03/16/un-pays-aux-deux-visages-et-des-elections-a-plusieurs-inconnues_1222002?xtor=EPR-450206&utmsource= news letter&utm_medium=email&utm_campaign=quot


2. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/16/bibi-ou-bouji-les-electeurs-israeliens-appeles-aux-urnes_4594499_3218.html#D5Oi4TCi6c4ofXih.99


3. Piotr Smolar http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/14/benyamin-netanyahou-enferme-dans-ses-certitudes_4593598_3218.html#DU1KaIXHDcWiXiqs.99

4. Gideon Lévy: To see how racist Israel has become, look to the left http://www.haaretz.com/ opinion/.premium-1.646914 15 mars 2015

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/212822-le-mepris-souverain-de-netanyahu-pour-les-palestiniens.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 12:45

«Pour toi, Oh! Ville des prières Je prie. Pour toi, Oh! Belle des cités, Oh! Rose des villes.Oh! Qods. Oh! Qods, Oh! Qods Nos yeux, vers toi émigrent chaque jour. Visitent les galeries des lieux de culte. Enlacent les anciennes cathédrales et lavent la tristesse des mosquées. La malédiction foudroyante arrivera. Je marcherai sur les chagrins. Devant le visage de l'Eternel la porte de notre ville ne sera pas fermée. Et toi, fleuve de Jordanie tu déborderas de tes eaux bénites Pour effacer, Les traces des pas de la barbarie,. El Qods est à nous. Et avec nos mains Nous lui rendrons sa beauté. Avec nos mains, la paix à El Qods, La paix à El Qods., La paix à El Qods».

Fairouz, Li adjlika ya madinat essallam

Cette belle chanson de Fairouz nous commande de nous indigner contre le sort de Jérusalem. Encore une fois l'actualité nous rappelle sans trop insister la plaie béante de la Palestine à travers deux informations non commentées volontairement par les médias occidentaux. Il s'agit de la judaïsation rampante de Jérusalem qui a atteint un point dangereux et l'annonce par le gouvernement Netanyahu de l'Etat des juifs... Nous avons dans une contribution précédente à laquelle je renvoie le lecteur expliquer la dimension hautement symbolique pour les trois religions Al Quds, Jérusalem, Yerushaláyim est une ville du Proche-Orient qui tient une place prépondérante dans les religions juive, chrétienne et musulmane. Pour les juifs, Jérusalem est considérée à la fois comme un lieu important, c'est la capitale du roi David. Pour les chrétiens, depuis le Ier siècle et les récits de la vie de Jésus de Nazareth telle que décrite dans les Évangiles, depuis sa montée au Temple de Jérusalem jusqu'à sa crucifixion et sa résurrection. Et enfin pour les musulmans, la tradition fait de Jérusalem le lieu d'où le Prophète de l'Islam Mahomet (Qsssl) aurait effectué son voyage nocturne, sourate XVII du Coran. (al Mi`raj: l'ascension) (1).

Pendant deux mille ans, exception faite des croisades, cette ville qui a connu la paix et l'administration ottomane n'a jamais remis en cause le statu quo. A titre d'exemple une famille palestinienne musulmane est chargée depuis plus de huit siècles de garder les clés du Saint Sépulcre pour éviter les dissensions entre les différents cultes chrétiens.



Le commencement des malheurs de la ville

Depuis 1967, les gouvernements israéliens successifs, quel que soit le parti au pouvoir, s'évertuent à transformer la physionomie de Jérusalem. L'ambition consiste à encercler les quartiers arabes par une politique d'expropriation des terrains entourant les limites municipales de 1967. Jérusalem-Est faisait 38 km² en 1967. La résolution 476 et la résolution 478 du Conseil de sécurité de l'ONU sont relatives à cette décision. Elles réaffirment que «l'acquisition de territoire par la force est inadmissible», qu'il doit être mis fin à l'occupation de Jérusalem et que «les dispositions législatives et administratives prises par Israël...n'ont aucune validité en droit et constituent une violation flagrante de la convention de Genève...» Le 8 décembre 2009, l'Union européenne appelle Israël à partager Jérusalem comme capitale conjointe de deux États hébreu et palestinien. Israël sait tout cela depuis plus de 60 ans, il n'en tient pas compte. Des Israéliens lucides aspirent à la paix et qui combattent pour l'avènement d'un Etat palestinien viable. En son temps, Isaac Rabin ne faisait pas de la fixation sur Jérusalem, pour lui la «Bible n'est pas un cadastre» (1)


Les stratégies fécondes pour la judaïsation

Aujourd'hui, Al Qods est une ville occupée par Israël. Une panoplie de résolutions onusiennes pour la préservation de la ville sainte ont vu le jour à savoir *252 de 1968:* 242 de 1967:*338 de 1973:*267 de 1969:*271 de 1969:*453 de 1979:*465 et 476 et 478 de 1980:*1073 de 1996. Les résolutions de 1979 et 1980. Les moyens utilisés par l'autorité occupante pour la judaïsation, nous dit Mohamed Benallal, sont bien connus: Une colonisation à outrance. La confiscation de milliers d'ha de terre sur lesquelles les colonies ont été bâties. La menace réelle d'élimination d'agglomération de population palestinienne. L'expulsion des Palestiniens. L'isolement de la ville Al Qods de sa banlieue et de son tissu palestinien que ce soit au sud ou bien au nord d'Al Qods. D'autres effets négatifs tels la peur, les agressions et les diverses injustices. Sont aussi mises en oeuvre. Par ailleurs, les sionistes cherchent également à changer les aspects et l'identité et même l'histoire culturelle de la Palestine, la baptisation des quartiers, des rues et boulevards de la ville, les travaux d'excavation du dessous de la mosquée d'Al Aqsa portent un grand préjudice pouvant mener des dégâts considérables au patrimoine de la ville sainte (2).

D'autre part, en mai 2014 Israël a entamé l'exécution du plan de judaïsation d'Al-Qods Acharif et de la mosquée d'Al Aqsa à travers la construction de 100 synagogues et bâtiments, outre le lancement d'opérations de fouilles, le plan compte la construction de deux synagogues dont le dôme de l'une d'elles couvre une partie de la mosquée d'Al-Aqsa ainsi que des restaurants «dans le but de diviser la mosquée comme ont fait les sionistes avec la mosquée d'Ibrahim en confisquant 70% de sa superficie.» (3)



La judaïsation d'El Qods avec la complicité des Palestiniens

Une autre technique d'accaparement de l'espace consiste à acheter au prix fort des maisons de Palestiniens avec la complicité indirecte de Palestiniens -tentés par l'appât du gain- de cette stratégie de changement du caractère multiculturel et multicultuel de Jérusalem: «Au-delà des coups de poing ou des pierres, Israéliens et Palestiniens se livrent à d'Al Qods-Est un combat moins visible mais aussi acharné, à renfort d'actes officiels brandis par les colons pour s'approprier des maisons et judaïser la partie annexée de la Ville sainte. L'un des champs de bataille les plus farouches est le quartier de Silwan, où environ 500 colons vivent retranchés au milieu de 45.000 Palestiniens. Les heurts sont fréquents. Deux fois au cours du mois écoulé, les Palestiniens de Silwan ont été réveillés avant l'aurore par l'installation de nouveaux voisins, sous la protection des policiers. Les colons ont pris possession de 35 appartements, certains par la force disent les Palestiniens, d'autres en toute légalité, dont ceux de la famille Rajabi. Les Rajabi cherchaient à vendre leur immeuble de trois étages et le terrain attenant à Silwan, quartier voisin de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam également vénéré par les juifs. Ils tenaient à vendre à un Palestinien.» (4)

«Un jour, un Palestinien s'est présenté. ´´Il disait vouloir acheter pour son cousin installé à Dubaï et sa famille est connue pour son attachement à la cause palestinienne´´, raconte Zouheir al-Rajabi à l'AFP. Alors, ils ont vendu, pour l'équivalent de 500.000 euros. (...) Les colons utilisent soit des hommes de paille palestiniens, soit la loi relative aux biens des absents, détaille Khalil Toufakji, cartographe à Al Qods.La loi adoptée en 1950 place sous la tutelle de l'Etat israélien tous les biens dont les propriétaires ont fui lors du conflit en 1948. Les agents au service des colons ´´sont de plus en plus nombreux à Al Qods et sur la Ligne verte´´, l'historique ligne de démarcation avec Al-Qods-Est, affirme Ahmed al-Roueidi, chargé de la question d'Al Qods au sein de l'Autorité palestinienne. Les hommes de paille seraient payés des fortunes pour les risques qu'ils prennent. D'autres transactions se font via des sociétés dénoncées par les Palestiniens comme des prête-noms. Avec ces achats, accuse M.Toufakji, Israël veut modifier la réalité démographique en vue de négociations sur le statut d'Al Qods et en particulier sur une éventuelle division de la ville. Quelques centaines en 1967, les juifs sont désormais environ 195.000 sur une population de 450.000 à Al Qods-Est.(4)

Même les Palestiniens chrétiens; écrivait Laurent Zecchini du journal Le Monde il y a quatre ans, s'inquiètent: «Jérusalem est-elle en train de perdre lentement son caractère multiconfessionnel? Les Palestiniens musulmans et chrétiens, qui dénoncent la ´´judaïsation´´ croissante de la Ville sainte, l'affirment. (...) «Les Israéliens remettent en cause une tradition de liberté religieuse qui est en vigueur depuis neuf cents ans, dénonce Youssef Daher, du Conseil oecuménique des Eglises (JIC), et ils bafouent le Statu Quo de 1852» qui régit les rapports par ailleurs tendus entre les confessions orthodoxe, latine et arménienne au sein du Saint-Sépulcre. Dimanche 28 mars, alors qu'un millier de catholiques participaient à la traditionnelle procession des Rameaux, le patriarche latin a souligné que Jésus était entré dans Jérusalem «sans escorte, sans soldats, sans mur de séparation et sans check-point» (5).



La judaïsation de Jérusalem a atteint une étape dangereuse

Comme l'écrit Roqayah Chemseddine journaliste libano-américaine, la judaïsation de Jérusalem-Est une composante de l'occupation de la Palestine entière, et un simple examen superficiel révèle combien l'institution sioniste a politisé en profondeur la vie quotidienne des citoyens non juifs et des habitants de la Palestine occupée. L'hyperpuissance de la société coloniale israélienne a créé des politiques discriminatoires qui visent directement les Arabes; et la raison de cette politique discriminatoire est de favoriser la population juive, en rendant la vie des Palestiniens de plus en plus difficile. La Résolution 181 de l'Assemblée générale des Nations unies avait proposé en novembre 1947 l'établissement d'un «corpus separatum», suggérant que Jérusalem devienne un district sous supervision internationale administré par les Nations unies. (...) En 2013, une campagne menée par le conseil municipal sous le slogan «Judaïser Jérusalem», orchestrée par Aryeh King, un colon d'extrême-droite qui, d'après un document de David Sheen pour The Electronic Intifada, «a lancé un appel à peine voilé à mutiler et à assassiner des Palestiniens», quelques heures avant que le petit Palestinien Mohammed Abou Khudair ne soit brûlé vif. Cette judaïsation de Jérusalem procède non seulement d'un appétit insatiable d'Israël pour davantage de terres palestiniennes mais aussi de l'effacement de l'identité palestinienne: et pour que Jérusalem perde son caractère palestinien il ne faut plus qu'il y ait de Palestiniens.» (6)

Pour rappel, la résolution 194 proposait déjà en 1948 de placer la Ville sainte sous «un régime international permanent pour la région de Jérusalem assurant à chacun des groupes distincts le maximum d'autonomie locale compatible avec le statut international spécial de la région de Jérusalem».

Israël Etat du peuple juif?

Fort de son impunité et de la mauvaise conscience des Occidentaux à l'endroit du massacre de masse des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, Israël poursuit son grand dessein: Annoncer un Etat du peuple juif. C'est-à-dire qu'à terme les Arabes d'Israël ont vocation à être évacués d'Israël. Nous avons rapporté dans plusieurs de nos écrits, les travaux de chercheurs israéliens qui montrent qu'il n'y a pas de peuple juif mais une religion juive qu'une partie des Cananéens ont embrassée, pendant que les autres ont opté par la suite pour le christianisme et plus tard en partie pour l'islam.

On apprend que le gouvernement israélien a voté dimanche en faveur d'un projet de loi controversé visant à renforcer le caractère juif de l'État d'Israël. La Knesset l'examine. Ce projet controversé qui définirait l'État hébreu non comme «juif et démocratique» mais comme «l'État national du peuple juif». Au grand dam des Arabes israéliens, l'État hébreu ne serait plus défini dans la Constitution comme «juif et démocratique» mais comme «l'État national du peuple juif».

Même si la version définitive du texte devrait être édulcorée à la Knesset, certains dénoncent une forme de racisme. Les Arabes-israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre après la création d'Israël en 1948, dénoncent eux une «inscription du racisme, déjà présent dans la rue, dans la Loi et au coeur du système politique», selon les mots de Majd Kayyal, d'Adalah, le Centre juridique de défense des droits de la minorité arabe. «La démocratie garantit que tous les citoyens ont les mêmes droits et sont égaux face à l'Etat, mais cette modification raciste introduit une distinction sur la base de la religion», poursuit-il. Les Arabes-israéliens représentent un Israélien sur cinq et affirment être traités en «citoyens de seconde zone» après que les autorités israéliennes ont saisi la quasi-totalité des terres des municipalités arabes pour y installer des immigrants juifs.

Il ne faut pas croire que cette initiative est improvisée. Elle fait partie d'une stratégie qui a toujours prévalu dès la naissance de l'Etat d'Israël/ Créer un Etat aseptisé avec le moins d'Arabes possibles, qu'il faut ghettoïser. Israël est aidé en cela par ses lobbys qui veillent au grain dans les pays occidentaux. Ainsi Alain Gresh rapporte le rétropédalage d'Alain Juppé en 2011. Il écrit: «Lors d'une réunion à Bruxelles le 18 juillet [2011 ndR], Alain Juppé déclarait: «Je pense en particulier que la mention d'un ´´Etat juif´´ peut poser problème; que je sache, aujourd'hui en Israël, il y a des juifs mais il y a aussi des Arabes. Par ailleurs, pour la France et pour beaucoup d'Européens, nous avons une vision laïque des Etats qui ne se réfère pas à l'appartenance à une religion.» (7).

Cette déclaration, poursuit Alain Gresh du Monde, déclencha une levée de boucliers des cercles pro-israéliens, notamment du Crif, qui, dans un communiqué, s'étonnait des propos du ministre. Deux jours plus tard, à Madrid, durant une conférence de presse, le ministre rectifiait le tir: «La France a une position très claire qui rejoint évidemment celle de l'Espagne et de l'ensemble de nos partenaires européens: c'est qu'il n'y aura pas de solution au conflit du Proche-Orient sans reconnaissance de deux Etats-nations pour deux peuples. L'Etat-nation d'Israël pour le peuple juif, l'Etat-nation de Palestine pour le peuple palestinien. Il n'y a pas à sortir de là. A partir de là, que fera-t-on au mois de septembre à l'Assemblée générale des Nations unies: cela dépendra d'abord de la résolution, du texte que l'on aura discuté.»(7)

Quelle différence y a-t-il monsieur Juppé entre l'Etat Nation du peuple juif et l'Etat du peuple juif? Aucune! Ce qui arrive aux Palestiniens est une tragédie. Il est hors de doute que si les Palestiniens sont confortés dans un Etat dans les frontières de 1967 sur ce qui reste des 22% de la Palestine originelle, avec aussi Jérusalem-Est comme capitale, la tension diminuerait considérablement dans le monde. Mieux encore, si Israël opte pour un Etat binational où seul l'aspect démocratique et laïc prévalait, ce sera la solution idéale... Il ne tient qu'aux grands de ce monde de rendre la justice



1. http://www.palestine-solidarite.org/analyses. Chems-Eddine_Chitour.290310.htm

2.M. Benallal http://lequotidienalgerie.org/ 2014/08/23/yerusalem-et-al-qods-sont-en-guerre/

3. http://www.aps.dz/fr/monde/6591-une-centaine-de-synagogues-pour-la-juda%C3% AFsation-d-al-qods-et-de-la-mosqu%C3%A9e-d-al-aqsa-diplomate-palestinien

4. http://www.huffpostmaghreb.com/2014/10/22/silwan-jusaisation-al-qod_n_6026988.html


5.Laurent Zecchini: Les Palestiniens chrétiens s'inquiètent de la ´´judaïsation´´ croissante de Jérusalem Le Monde 02.04.2010


6.Roqayah Chamseddine: http://www.info-palestine.net/spip.php?article15029 6 11 2014

7. Alain Gresh http://blog.mondediplo.net/ 2011-08-01-Israel-Etat-juif-Doutes-francais

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/206223-la-defaite-du-droit-international.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 10:54

«Inscris! Que je suis Arabe Que tu as raflé les vignes de mes pères Et la terre que je cultivais Moi et mes enfants ensemble Tu nous as tout pris hormis (...)Que je n'ai pas de haine pour les hommes Que je n'assaille personne mais que Si j'ai faim Je mange la chair de mon Usurpateur»

Mahmoud Darwich, immense poète palestinien

Un coup de tonnerre diplomatique: la Suède reconnaît l'Etat de Palestine! Au-delà de l'enterrement de première classe organisé par les médias mainstream pour ce scoop, il faut bien reconnaître que cette reconnaissance est plus symbolique que décisive. Vendredi 31 octobre 2014: la Suède prenait une décision historique en devenant le premier pays membre de l'Union européenne à reconnaître la Palestine :

«Le gouvernement considère que les critères de droit international pour une reconnaissance de l'État de Palestine sont remplis: il y a un territoire, une population et un gouvernement», a déclaré la chef de la diplomatie suédoise Margot Wallström lors d'une conférence de presse. «Le président Abbas salue la décision de la Suède» qu'il juge «courageuse et historique», a déclaré son porte-parole Nabil Abou Roudeina. «M. Abbas demande à tous les États dans le monde qui hésitent encore à reconnaître notre droit à un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 et ayant Jérusalem-Est comme capitale à suivre l'exemple de la Suède.» (1)
«C'est un geste tout à fait fondamental qui dénote avec la violence des événements de l'été», souligne Jean-Paul Chagnollaud. professeur de sciences politiques à l'université de Cergy-Pontoise, et spécialiste de la question palestinienne. «Jusqu'à maintenant, tous les États du monde avaient reconnu la Palestine à l'exception des puissances occidentales. Cela dit, la reconnaissance suédoise démontre l'importance du droit international, qui semble être la seule voie pour débloquer la situation de ce conflit.»(2)

La réponse méprisante d'Avigdor Lieberman «Le gouvernement suédois doit comprendre que les relations au Moyen-Orient sont plus compliquées que le montage des meubles Ikea, et qu'il faut agir en ce domaine avec responsabilité et sensibilité». «Je serais heureuse d'envoyer un meuble Ikea empaqueté à Avigdor Lieberman pour qu'il l'assemble. Il découvrira qu'il faut un partenaire, de la coopération et un bon manuel», a répondu Mme Wallström»(3)

Jérusalem, capitale de l'apartheid, attend l'insurrection

Pour rappel, quelque 135 pays dans le monde ont reconnu la Palestine, dont, outre la Suède, sept autres membres de l'Union européenne. En Suède, la reconnaissance de la Palestine a soulevé la question de la reconnaissance par le gouvernement d'autres territoires, notamment le Sahara occidental, «Nous allons nous pencher sur le cas du Sahara occidental après un examen approfondi de la situation actuelle», a indiqué Mme Wallström.(3)

Justement, l'Union européenne n'a toujours pas reconnu l'Etat de Palestine, malgré le prix de consolation de l'admission de la Palestine à l'Unesco. Dans le courant du mois d'octobre, le projet de reconnaissance de l'État palestinien a été symboliquement débattu par la Grande-Bretagne et envisagé «le moment venu» par la France.

L'initiative suédoise «a un effet diplomatique qui peut éventuellement faire boule de neige», considère pour sa part le professeur de droit international Ove Bring, interrogé par l'agence suédoise. Federica Mogherini, la haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité a confié au Monde et à cinq quotidiens européens sa première interview et son projet. A la question: la Suède a reconnu récemment l'Etat palestinien, d'autres pays en débattent. L'Union pourrait-elle parler d'une seule voix à ce propos? Elle déclare: je veux forger une stratégie, une vision et une politique commune mais je connais les limites de l'exercice: la question de la reconnaissance d'un Etat est une compétence des Etats membres... ma première visite sera pour Israël et la Palestine. L'action européenne peut y être déterminante à ce moment clé, sans doute le plus difficile que la région ait connu. Nous aurons une discussion au sein du Conseil sur notre stratégie pour la région - ce qui inclut aussi le Monde arabe, le Liban la Jordanie, l'Irak, la Libye etc. Nous pouvons faire partager à ces différents acteurs la perception d'une menace commune, d'un intérêt commun et d'une urgence. Le moment me semble venu de favoriser une approche concertée, incluant la question de la Palestine et des relations entre le Monde arabe et Israël. En réalité, l'important pour moi n'est pas que d'autres Etats, européens ou non, reconnaissent la Palestine. Je serais heureuse si, au terme de mon mandat, l'Etat palestinien existait.» (4)

Cette reconnaissance et nous le pensons, a valeur de symbole, elle a été annoncée dix ans après la mort de Arafat dans des conditions étranges. Ce que nous dit le PIR: «Le 11 novembre 2004, il y a dix ans, s'éteignait à Clamart, à l'hôpital militaire Percy, le leader palestinien Yasser Arafat. Une perte immense pour le mouvement national palestinien Traversant l'histoire pendant près d'un demi-siècle, défiant une incroyable coalition d'ennemis acharnés à sa perte, Abou Amar avait permis et incarné la renaissance d'un peuple promis à la disparition par l'impérialisme et le sionisme. Or, aujourd'hui, les circonstances du décès pour le moins troubles de celui qui, de Beyrouth au désert libyen, mille fois avait échappé à la mort, conduisent plus d'un observateur politique à évoquer sérieusement la piste d'un assassinat diligenté par Ariel Sharon lui-même. A ce propos, non seulement les explications fournies à ce jour par le gouvernement français ne sont pas convaincantes (...) un laboratoire suisse sollicité évoque, lui, explicitement un empoisonnement au polonium.»(5)

Vers une troisième intifada?

C'est par ses mots que Gedeon Levy journaliste et écrivain israélien, membre de la direction du quotidien Haaretz, identifié avec la gauche, écrit Haaretz, le 23 octobre tire la sonnette d'alarme: «L'attaque terroriste de mercredi soir à Jérusalem écrit-il, n'aurait dû surprendre personne. Après tout, deux nations vivent dans le Pretoria de l'État d'Israël. Mais Jérusalem sombre dans les mensonges. Elle est devenue la capitale israélienne de l'apartheid. L'insurrection est en route. Quand la prochaine vague de terreur émergera des ruelles de Jérusalem Est, les Israéliens prétendront être surpris et furieux. Mais il faut dire la vérité: en dépit de l'incident choquant de mercredi, les Palestiniens se révèlent être une des nations les plus tolérantes de l'histoire. Arrestations massives, colons violents, privations, expulsions, manque de soins, dépossessions - et ils demeurent silencieux, excepté la récente manifestation des pierres. (...)» (6)

«Un résident palestinien de Jérusalem poursuit Gedeon Levy, est maintenant en bien plus grand danger d'être lynché qu'un juif à Paris. Mais ici, il n'y a personne pour réveiller Caïn. A la différence du juif parisien, le Palestinien peut être expulsé de Jérusalem. Il peut aussi être arrêté terriblement facilement. Après que le jeune Mohammed Abu Khdeir de 16 ans ait été brûlé à mort, provoquant une vague de protestations, Israël a arrêté 760 Palestiniens dans la ville, dont 260 enfants. Combien de temps encore verront-ils leurs enfants craindre de quitter leur maison de peur d'être attaqués dans la rue par des hooligans? Combien de temps verront-ils leurs enfants arrêtés à chaque jet de pierre? Combien de temps observeront-ils l'abandon de leurs quartiers? Combien de temps consentiront-ils à leur expulsion tacite de la ville? Entre 1967 et 2013, Israël a retiré le statut de résident à 14 309 Palestiniens de Jérusalem, avec d'étranges prétentions qui ne s'appliquent à aucun de ses résidents juifs. N'est-ce pas de l'apartheid?» (6)

Le spectre d'une troisième intifada plane. Depuis quelque temps la fréquence des heurts a augmenté d'une façon significative du fait des provocations à la fois des extrémistes qui veulent annexer le dôme du Rocher mais aussi du gouvernement israélien qui n'arrête pas d'exproprier et de construire de nouvelles habitations à Jérusalem Est Des heurts ont éclaté mercredi matin sur le site sensible de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam à Jérusalem-Est où les policiers israéliens sont entrés pour disperser des manifestants masqués, a indiqué la police. Les incidents se sont étendus à l'extérieur de l'esplanade des Mosquées, dans la Vieille ville de Jérusalem qui jouxte le lieu saint.

Pourquoi la communauté internationale reconnaît maintenant l'Etat de Palestine?

Les raisons de ce nouvel accès de fièvre n'étaient pas clairement établies. Mais des extrémistes juifs avaient appelé à se rendre massivement mercredi matin sur l'esplanade des Mosquées pour signifier leur soutien à Yehuda Glick. Cette figure de la droite ultranationaliste juive qui milite pour le droit des juifs à prier sur l'esplanade des Mosquées a été grièvement blessée par balles le 29 octobre à Jérusalem. Son agresseur présumé, un Palestinien, a été tué le lendemain par les policiers israéliens. Dans un climat de tensions exacerbées, la visite annoncée d'activistes juifs sur l'esplanade des Mosquées ne pouvait être perçue par les musulmans que comme une provocation supplémentaire. (7)

Norman Finkelstein dont les parents sont morts en déportation et auteur d'un ouvrage de référence: «L'industrie de l'holocauste», où il dénonçait l'instrumentalisation des massacres de masse du IIIe Reich à l'endroit des juifs a donné son point de vue dans un débat avec le journaliste Amir Oran, du quotidien israélien Haaretz Daily, sur la reconnaissance d'un État palestinien. Nous donnons ci-après quelques extraits de ses réponses: «Sur 193 Etats qui composent les Nations unies, 134 ont déjà reconnu formellement l'Etat palestinien. Dans cette intervention, Norman Finkelstein rappelle qu'Israël n'a jamais accepté de conclure la paix avec les Palestiniens, même aux termes les plus favorables, ayant toujours privilégié l'expansion au détriment de la sécurité. Selon lui, si de plus en plus de pays reconnaissent unilatéralement l'Etat palestinien, c'est parce que la communauté internationale a compris qu'Israël ne reconnaîtra jamais la Palestine et s'opposera toujours à ce qu'un Etat palestinien viable voie le jour.» (8)

A la question pourquoi la reconnaissance de la Palestine par la Suède maintenant, Norma Finkelstein déclare: «Je pense qu'il y a deux raisons principales à cela. La première est le dernier massacre israélien à Ghaza. Les Européens, en particulier, sont maintenant las de ces massacres qui se produisent régulièrement: l'un en 2008-2009, l'Opération «Plomb durci», l'autre en 2012, l'Opération «Pilier de défense», et maintenant cette dernière explosion de furie israélienne, l'Opération «Bordure protectrice». Ils en ont également assez car tandis qu'Israël détruit, ravage et saccage, c'est l'Europe qui est censée prendre en charge les factures et payer la note régulièrement. Israël a cette étrange conception selon laquelle les seules personnes au monde qui méritent des réparations pour les crimes qu'ils ont subi sont les Israéliens ou les juifs, alors que pour les crimes qu'ils infligent régulièrement aux Palestiniens, ceux de Ghaza en particulier, les factures doivent être payées par d'autres pays, notamment les Européens». La seconde raison est l'effondrement de l'initiative de paix de Kerry. Bien que Kerry ait offert à Israël tout ce qu'ils souhaitaient officiellement, à savoir l'annexion des principaux blocs de colonies, et la liquidation de la question des réfugiés palestiniens, Israël refusa l'offre dont les termes lui étaient si favorables.»(8)

«Vous demandez inerroge Norman Finkelstein pourquoi est-ce que la communauté internationale réagit maintenant. Eh bien l'une des raisons, si vous avez suivi le débat de la Chambre des Communes (britannique) - et (...) Les faits qui importent, ce qu'il faut retenir est très simple: les Palestiniens, leurs dirigeants, durant les 20 dernières années déjà - en réalité plus de 20 ans -, ont exprimé leur accord aux termes du droit international pour la résolution du conflit. Israël, sous TOUS les gouvernements, Israël n'a jamais accepté un Etat palestinien dans toute la Cisjordanie incluant Jérusalem-Est et Ghaza, ce que le droit international détermine comme le territoire réservé à l'autodétermination des Palestiniens. Aucun des gouvernements israéliens n'a accepté de solution juste à la question des réfugiés palestiniens conforme au droit international, qui a également reconnu cela.» (8).

«Un politologue israélien, Avner Yaniv, avait trouvé une belle expression: il parlait des «offensives de paix» palestiniennes. Ce fut la volonté de paix palestinienne, qui s'exprimait déjà au début des années 1980, ce fut la volonté de paix palestinienne qui poussa Israël à attaquer l'OLP en 1982, tuant entre 15 et 20.000 Palestiniens et Libanais, dont une écrasante majorité de civils. C'est lorsque le Hamas honora un cessez-le-feu qui fut négocié en Juin 2008, c'est lorsque le Hamas honora le cessez-le-feu qu'Israël l'attaqua, espérant provoquer une réaction qui puisse justifier une attaque contre Ghaza. C'est après que le Hamas ait rejoint le gouvernement de réconciliation, en avril 2014, il y a quelques mois de cela, et que [Mahmoud] Abbas ait accepté les termes de résolution du conflit, c'est à ce moment que Netanyahu s'est déchaîné, espérant provoquer une réaction violente de la part du Hamas.(8)

Comment Norman Finkelstein voit-il la solution: «Je pense dit-il que ce qu'il faut faire est évident. Premièrement, il doit y avoir une reconnaissance du droit des Palestiniens à l'autodétermination et à avoir un Etat. Deuxièmement, l'Occupation des Territoires palestiniens doit être déclarée illégale selon le droit international. Israël doit être mis en demeure du fait que s'il continue à violer le droit international, des sanctions vont être imposées contre Israël.»(8) Israël a créé 250 colonies, occupées par 520 000 colons, depuis la guerre des Six-Jours en 1967. Le rapport du Conseil des droits de l'homme du 31 janvier 2013 soigneusement étouffé par les médias occidentaux stipule «Un nombre important de droits de l'homme des Palestiniens sont violés de manières et de façons diverses en raison de l'existence de ces colonies de peuplement», stipule le rapport. «Conformément à l'article 49 de la quatrième Convention de Genève, Israël doit cesser toute activité de peuplement dans les colonies, et ce sans conditions préalables, soutient le rapport. Il doit immédiatement commencer un processus de retrait de tous les colons des territoires occupés». (9)

Où est le droit? Où est le Conseil de sécurité chargé de la paix du monde? Quand on pense que le lynchage d'El Gueddafi a commencé avec une fausse résolution, on est plus que jamais convaincu que les faibles ont toujours tort. La Palestine a été reconnue par 134 Etats et non des moindres ; Cependant qu’on le veuille ou non tout est lié à la position américaine et ce n’est pas demain la veille que l’on verra ce pays dicter le droit. Zbigniew Brzeziński l’ancien conseiller d pour la sécurité du président Carter, l’a bien dit : « Ou bien je définis la politique étrangère américaine ou bien c’est l’Aipac qui le fait ». Nous le confortons. C’est l’Aipac qui la fait. Dans trois ans, les Palestiniens boucleront un siècle de calvaire après que Lord Balfour ait promis à l’instar de Dieu , une Terre qui ne lui appartient pas à un peuple lui-même cananéen comme les Palestiniens, sauf qu’il est du bon côté de l’histoire . Il est fort à parier que nous fêterons une énième intifada et une énième invasion de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.


1.http://www.lorientlejour.com/article/893871/-le-souvenir-de-lassassinat-du-comte-bernadotte-nest-peut-etre-pas-tout-a-fait-etranger-a-cette-decision-.html 31/10/2014

2.http://www.lorientlejour.com/article/894239/quand-la-suede-brise-la-frontiere-qui-separe-loccident-du-reste-du-monde.html 03/11/2014

3.http://www.lorientlejour.com/article/893925/reconnaissance-de-la-palestine-stockholm-sattendait-a-une-reaction-israelienne.html31/10/2014

4.Federica Mogherini: «Je serais heureuse si l'Etat palestinien existait au terme de mon mandat» Le Monde 04.11.2014

5.http://indigenes-republique.fr/10-ans-apres-sa-mort-rendons-hommage-a-yasser-arafat-et-exigeons-la-verite/4 novembre 2014

6.Gideon Levy http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.622206

7.http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/ 20141105.AFP9983/jerusalem-est-heurts-sur-l-esplanade-des-mosquees.html

8.Norman Finkelstein http://www.mondialisation.ca/pourquoi-la-communaute-internationale-reconnait-elle-maintenant-letat-de-palestine/541088330 octobre 2014

9.http://www.mleray.info/article-palestine-114943789.htm

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/205034-le-geste-est-fort-et-apres.html

Professeur Chems Eddine Chitour

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 14:21

«Gaza se meurt ! Un missile israélien toutes les trois minutes sur Gaza ! C'est terrible! Devant le silence complice de cette communauté internationale officielle impuissante Et devant l'absence des médias qui se disent objectifs Gaza résiste, persiste et existe! Notre population est déterminée! Gaza la vie, défie les avions de l'occupation! Nous, nous ne lâchons rien! Nous ne désespérons pas! Nous tenons bon! Gaza la blessée, Mais Gaza la dignité, Gaza la résistante, Gaza la vie et Gaza l'espoir!».

Ziad Medoukh (poète ghazaoui)

Tout a commencé en juin avec la mort de six Palestiniens. L'escalade a vu ensuite le meurtre de trois jeunes Israéliens, mais dans le même temps le déploiement de la terreur pour trouver les Palestiniens responsables en vain. Au passage, des centaines de maisons furent fouillés, des dizaines de Palestiniens furent arrêtés et huit morts. Il y eut ensuite le meurtre par des colons terroristes d'un jeune Palestinien de la façon la plus abjecte. Faire boire de l'essence au jeune et y mettre le feu. Protestation des jeunes Palestiniens avec des pierres, mais aussi dans l'opinion israélienne ce qui a amené le gouvernement israélien à arrêter les criminels. On pensait que c'était fini.

Il n'en fut rien. Israël veut punir le Hamas Nous sommes au quatrième jour de l'offensive aérienne d'Israël contre le Hamas dans la bande de Gaza, et rien ne semble indiquer qu'un camp ou l'autre soit prêt au moindre compromis. La plupart de ces tirs sont été interceptés par le dispositif anti-missiles «Dôme de fer», 800 cibles près de 100 morts, 500 blessés et des centaines de personnes traumatisées à vie, Du côté israélien, les sirènes dues aux missiles et trois blessés. Israël dit-on envisage d'envahir Gaza. C'est la troisième punition des Palestiniens de Gaza depuis décembre 2009 et novembre 2012. Pour l'Histoire, il n'y a jamais eu volonté de résoudre ce problème de décolonisation depuis 47 ans. Une quarantaine de résolutions des Nations unies pour rien.

Même le rapport Goldstone - pour l'opération Plomb Durci qui a volé la vie de 1400 Palestiniens dont 400 enfants- que l'on pensait être un tournant dans le fait qu'il fallait faire entendre raison à Israêl a eu - Mahamoud Abbas aidant- un enterrement de première. Rappelons l'échec d'Oslo sur l'autonomie palestinienne à partir de 1994. L'échec du processus d'Annapolis en 2008. L'échec de la mission Kerry, il y a deux mois. Les unes après les autres, les médiations américaines ont été incapables de rassembler Israéliens et Palestiniens autour de la création d'un État «viable» de Palestine, aux côtés d'un État hébreu vivant dans des frontières «sûres et reconnues».

Et pendant ce temps, la nature ayant horreur du vide, le nombre de colons israéliens installés en Cisjordanie et à Jérusalem-Est a été multiplié par cinq (près de 600.000 colons). Que font les pays arabes tétanisés plus que jamais et incapables de prendre une initiative? Pour eux et comme décidé par l'Occident, Hamas est une organisation terroriste ce que l'on disait des Algériens pendant la révolution et qui se battaient pour la dignité. C'est un silence assourdissant de l'Océan au Golfe. Amine Maâlouf raconte dans l'un de ses ouvrages, une scène qui s'est passée durant les croisades. Un imam connu vint en ville et d'une façon ostentatoire, il rompt le jeûne en plein midi. Menacé d'être lynché par une foule bigote, il les admonesta en leur expliquant que la vraie piété est d'aller aider les Musulmans taillés en pièces par les Roums dans les villes voisines. Mutatis mutandis les Palestiniens se font tailler en pièces et Mahmoud Abbas pontifie, et les Arabes s'empiffrent à qui mieux mieux.


Les appels hypocrites et l'alignement sans état d'âme

Personne n'ose rappeler à Israël les conventions internationales. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a «dénoncé» les tirs de roquettes et a appelé les deux camps à la «retenue». Nous remarquons l'hypocrisie de Ban Ki-moon incapable de dire le Droit, et de nomme l'agresseur depuis 47 ans et l'agressé, en les mettant sur le même pied. La Maison-Blanche a condamné «fermement» les tirs de roquettes de Gaza tout en se disant inquiète pour les civils israéliens comme palestiniens.

De son côté, la Ligue arabe a appelé à une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU. On voit que la position est claire. Côté américain, on a exprimé son «soutien au droit d'Israël à se défendre contre ces violentes attaques». «Aucun pays ne peut accepter que des roquettes soient tirées contre des civils», a dit Josh Earnest, porte-parole de la présidence des États-Unis. Angela Merkel dont on connaît l'affection pour les Arabes, a condamné «fermement» et «sans réserve» les attaques de roquettes contre Israël.


La position alignée de la France sur la défense d’Israël

François Hollande a eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Selon un communiqué de l'Elysée, «il lui a exprimé la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza» et «rappelé que la France condamne fermement ces agressions». «Il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces». Un communiqué de l'Elysée provoque des critiques à gauche jusqu'au sein du PS, la diplomatie française de défend de toute inflexion sur les positions de la France. Cette position ne nous étonne pas, il n'est que de se souvenir du chemin de Damas subi par Hollande lors de sa visite en novembre en Israël. «Faut-il voir dans le communiqué de mercredi de l'Elysée une inflexion de la diplomatie française en faveur d'Israël? Dans un communiqué, Europe-Ecologie-Les-Verts (Eelv) estime que François Hollande apporte «son soutien à la politique de représailles menée par Israël, laquelle frappe aveuglément les populations civiles palestiniennes».(...) (...) A la fois vice-président du groupe d'amitié parlementaire France-Israël et du Gevi France-Palestine, le député (FDG) François Asensi estime quant à lui qu'il «est scandaleux que l'Elysée suive unilatéralement la position d'Israël». «Netanyahu est un faucon, comment peut-il le suivre?» Selon lui, il s'agit bel et bien d'une «rupture totale» avec la position française traditionnelle. (1)

D'où viennent les armes qui peuvent frapper le coeur d'Israël?

Avec une fausse objectivité, Marie Le Douaran journaliste à L'Express s'interroge. Nous l'écoutons: «En trois jours d'escalade entre Israël et Gaza, le Hamas et le djihad islamique ont surpris en lançant des roquettes en profondeur sur le territoire. Haïfa, une ville à 160 kilomètres au nord de l'enclave, était ciblée. (....) Les services de renseignements israéliens évaluent à 10.000 le nombre de roquettes et d'obus disponibles dans la bande de Gaza. La technologie a évolué, si bien que certains missiles dernier cri, les M-302 (iraniens mais fabriqués en Syrie), peuvent frapper à 150 voire 200 kilomètres. Le djihad islamique est aussi en possession de roquettes iraniennes Fajr 3 et 5 (45-70 km), de roquettes de fabrication chinoise WS-1 E (40 km) ou encore de missiles R-160 (160 km). Le Hamas possède des missiles Grad (20 km) et fabrique ses propres roquettes, les M-75 (75-100 km). L'arsenal considérable des mouvements palestiniens est cependant loin d'égaler la force de frappe de son adversaire. L'Etat hébreu est doté d'une armée soutenue et financée en partie par les Etats-Unis: troupes au sol -augmentées de 40.000 réservistes-, véhicules de combat, sous-marins, avions... En outre, depuis 2011 Israël défend son territoire avec le «dôme de fer».(2)

On le voit, les arbalètes du Hamas sont capables de rivaliser avec les drones prédator et reaper avec les chasseurs, et les hélicoptères Apache avec les chars de dernière génération et avec le Dôme de fer. Ce qui explique le droit d'Israël à massacrer surtout des enfants.

La résignation et la détermination

Hélène Prudhon explique comment les Gazaouis vivent la guerre avec fatalisme et détermination: «(...) Assise sur les ruines de sa maison éventrée de Khan Younès,, Rihab se repasse péniblement le fil des événements. Mardi 8 juillet, en début d'après-midi, sa belle-fille Sawsan reçoit un appel sec, lapidaire, de l'armée israélienne: «Vous avez cinq minutes pour fuir. Prenez les enfants.» Avec fracas, une fusée éclairante s'abat d'abord sur le toit, tirée depuis un drone israélien, en guise de sommation. Le missile d'un F16 achève l'édifice. La maison des Al-Kaware est éventrée. Cette frappe de représailles est la plus meurtrière depuis le début de l'opération israélienne. Durant la journée de mardi et dans la nuit qui a suivi, le ciel a grondé plus de 160 fois, mais la panique n'a pas envahi les rues de Gaza, où les hommes occupent le temps du jeûne, assis sur des chaises posées sur les trottoirs, indifférents aux échos des bombardements: «Les gens ne sursautent même plus lorsqu'il y a des frappes. Tout cela est si familier», soupire Moussa Assanah, artisan dans le centre de Gaza-ville». «Devant sa boutique, rue El-Wehda, il nettoie les dégâts de l'attaque qui s'est déroulée, sous ses yeux, une demi-heure plus tôt. (...) Des restes de chairs carbonisées mêlés à des morceaux de carrosserie ont été catapultés dans le magasin, faisant exploser la vitrine. A l'intérieur, Ramis, 27 ans, semble presque faire abstraction de la scène qu'il vient de vivre: «Des morceaux de cadavre, nous avons l'habitude d'en voir ici. Ce n'est pas notre première guerre. J'aurais aimé être dans cette voiture, car je serai fier de mourir en martyr.» (3)



Un climat de haine raciale

Chemi Shalev, journaliste au journal H'aAretz nous décrit le climat de haine raciale contre les Arabes qui a vriasemblament rendu possible le meurtre babare du jeune palestinien de 16 ans. Nous l'écoutons: «(...) Des appels au meurtre, voire au génocide, sur les réseaux sociaux sont alimentés par des déclarations incendiaires d'hommes politiques citant la Bible. (...) Aussi, lorsque j'ai vu les vidéos et les photos de divers gangs de juifs d'extrême droite parcourant les rues de Jérusalem, hurlant «Mort aux Arabes!» et pourchassant au hasard et en plein jour des passants ayant le malheur de ne pas avoir la bonne tête ou le bon accent, les poursuivant la bave aux lèvres comme des bêtes sauvages pour les tabasser avant l'arrivée de la police, l'association d'idées a été automatique. (...) Mais qu'on ne s'y trompe pas: le spectacle de ces bandes criminelles pourchassant des Arabes n'a rien d'exceptionnel. Il ne s'agissait pas d'un simple accès de rage incontrôlable à la suite de la découverte des corps des trois jeunes Israéliens enlevés. Cette explosion de haine n'est pas un phénomène isolé: elle est présente en permanence, elle grandit de jour en jour et elle se diffuse dans la société(...) Au cours des dernières vingt-quatre heures, une page Facebook appelant à «venger» les trois jeunes adolescents kidnappés a suscité des dizaines de milliers de mentions «J'aime», ainsi que des centaines d'appel explicites à tuer des Arabes où qu'ils se trouvent.» (4)

Qui, pour aider les Palestiniens?

Qui pour aider les Palestiniens s'interroge Akram Belkaïd du Quotidien d'Oran en analysant les positions des différents acteurs de ce drame?: «Il y a quelques temps, écrit-il, circulait l'hypothèse selon laquelle Barack Obama prenait ses distances avec Tel-Aviv et que cela inaugurait d'un nouveau rapport de forces au Proche-Orient. Non, l'Amérique ne bougera pas. Par faiblesse, par calcul politique aussi. On sait ce que pèse le lobby pro-israélien dans les campagnes électorales. A la télévision, à la radio, dans la presse écrite, les congressmen et tous ceux qui composent le monde politico-médiatique de Washington s'empressent de clamer leur soutien à l'Etat hébreu. Aux Etats-Unis, les Palestiniens ont aussi un ennemi puissant. Il s'agit de Hollywood et de son industrie cinématographique. Qui peut citer un film produit au cours des vingt dernières années où les Arabes auraient le beau rôle. Où un personnage palestinien serait simplement décrit dans son humanité» (5)

«Quant aux Américains d'origine arabe, poursuit Akram Belkaid, il faut juste rappeler que les attentats du 11 septembre 2001 et les événements qui ont suivi les ont tétanisés. Ce sont des communautés désormais sur la défensive, obligées de démontrer qu'elles sont intégrées et, même si elles n'en pensent pas moins, la question palestinienne n'est pas le genre de sujet pour lequel elles peuvent se mobiliser notamment sur le plan électoral. L'Europe n'est même plus dans la situation où, pour se donner bonne conscience, elle se contentait d'allonger les euros pour financer ce que l'aviation israélienne allait détruire. (...) Mais, dans les faits, Israël avance jour après jour ses pions au sein des instances et institutions communautaires. Qui peut aider les Palestiniens? Certainement pas les pays arabes et leurs dirigeants corrompus, efficaces quand il s'agit de cogner contre leurs propres peuples mais n'ayant aucun poids pour peser sur l'échiquier géopolitique moyen-oriental.» (5)

On pourrait aussi ajouter de parler le courage des élites arabes planquées dans les pays européens qui font preuve d'un silence assourdissant. Ce n'est pas demain que l'on verra les intellectuels arabes protester auprès des médias pour le sort funeste réservé aux Palestiniens pour ce recul en barbarie. C'est vrai, ils ne veulent pas prendre le risque de ne plus avoir de visibilité comme étant les musulmans comme on les aime.



Barbarie et silence de «la communauté internationale»

Pour notre part, nous préférons la position courageuse de l'UFJP (l'Union juive française pour la paix). Lisons: «La logique criminelle et illégale de la vengeance israélienne s'étend à toute la Palestine et à Gaza une nouvelle tuerie de masse est en marche. Depuis le début du blocus de Gaza, si l'on enlève les 1400 morts de «Plomb Durci» (2008-2009) et les 160 morts de «Piliers de la défense» (novembre 2012), près de 700 civils palestiniens ont été exécutés par des tirs aériens à Gaza. Les principaux dirigeants français, européens ou américains ont manifesté leur émotion à la suite du kidnapping et de l'exécution des trois jeunes colons. Pas de condoléances pour le massacre d'un jeune Palestinien de 16 ans, Mohammad Abou Khdeir. L'occupant a longtemps fait croire qu'il s'agissait d'un règlement de comptes inter-palestinien avant que les coupables, des colons pogromistes, ne soient découverts. Que signifie cette offensive générale, cette «punition collective» formellement interdite par le droit international? Pourquoi ces bombardements massifs, ces arrestations de plusieurs centaines de personnes, dont des élus et des prisonniers récemment libérés, ce bouclage de toute la Palestine? Il n'y a aucune symétrie possible entre l'occupant et l'occupé, entre un régime colonial et un peuple qui a le droit de résister. Avec la mobilisation des réservistes en Israël, un nouveau crime de grande ampleur est en marche. (...) Nous devons empêcher le massacre annoncé. Nous devons forcer nos dirigeants complices à exiger d'Israël l'arrêt immédiat de l'agression, des bombardements, des arrestations et des exécutions sommaires(...).(6)

Pendant ce temps, les pays occidentaux s'occupent cette semaine, de l'Iran à Genève, une autre façon de consolider Israël en «neutralisant» le programme nucléaire iranien...

1. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/ proche-moyen-orient/raids-sur-gaza-hollande-soutient-il-trop-netanyahu_1558628.html #ovWsPdW6ZMDSxzQ8.99

2. Marie Le Douaran: D'où viennent les armes? L'Express 11/07/2014

3. H. Prudhon A Gaza, «les gens ne sursautent même plus...» Le Monde 09.07.2014

4. Chemi Shalev Ha'Aretz http://www.courrierinternational.com/article/2014/07/04/un-climat-de-haine-raciale
5. Akram Belkaïd:http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5200456

6. http://www.oulala.info/2014/07/barbarie-ils-tuent-en-palestine-grace-au-silence-de-la-communaute-internationale/

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/198310-gaza-la-martyre.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 13:49

«Ce serait offenser les principes élémentaires que d'empêcher les victimes du conflit de retourner à leur foyer (chez eux), alors que les immigrants juifs affluent de partout menaçant de remplacer les réfugiés palestiniens enracinés dans leur terre depuis des siècles.»

Comte Bernadotte, Haut représentant des Nations unies

L'actualité palestinienne connaît quelques frémissements. On apprend que près d'une centaine de prisonniers palestiniens ont mis fin à la grève de la faim qu'ils avaient entamée fin avril pour protester contre leur internement administratif en Israël. Un accord est intervenu dans la nuit de mardi à mercredi entre les détenus palestiniens grévistes de la faim et l'administration pénitentiaire israélienne, selon des sources palestiniennes confirmées par les autorités israéliennes. Les Palestiniens avaient refusé de s'alimenter il y a 63 jours pour protester contre leur maintien en détention administrative sans procédure judiciaire. Nous remarquerons au passage qu'il n'y une couverture médiatique des médias européens et américains.

Par contre, la Terre s'est arrêtée de tourner quand trois jeunes religieux israéliens ont disparu et que l'armée israélienne ait déployé les grands moyens pour les chercher quitte à saccager ce qui reste de la Cisjordanie et le de la partie arabe de Jérusalem. «Avec le slogan «Bring Back Our Boys» («Rendez-nous nos enfants») écrit, Maxime Blanchard; référence à la campagne de soutien aux adolescentes nigérianes enlevées par le groupe islamiste Boko Haram, une campagne virale s'est développée dans le monde entier, notamment sur Facebook et sur Twitter, en soutien aux trois adolescents israéliens. En réponse à cette mobilisation, le Hamas aurait diffusé une vidéo, relayée par le site Internet du quotidien israélien Maariv et des photographies montrant des enfants avec trois doigts levés et l'inscription «Trois Shalit», en référence au soldat israélien kidnappé par le Hamas en 2006 et relâché cinq ans plus tard. Certaines publications vont jusqu'à réclamer la libération de plus de trois mille prisonniers palestiniens détenus par Israël.(...) M.Netanyahu a accusé le Hamas d'être à l'origine du rapt et a ordonné une vaste campagne de ratissage à travers la Cisjordanie pour retrouver les trois étudiants. Les opérations de recherche ont engendré des heurts entre l'armée et la population, notamment à Hébron où un jeune Palestinien a été tué. En réaction, Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a dénoncé des «mesures de châtiment collectif imposées par Israël», après avoir condamné l'enlèvement». (1)


Coopération du Fatah avec Israël contre le Hamas

L'enlèvement de trois jeunes Israéliens, a pour conséquence de susciter une tension - peut-être annonciatrice d'une nouvelle division, espère Israël -, entre le Fatah, principal parti de l'Autorité palestinienne, et le Hamas, qui ont officiellement scellé leur réconciliation le 2 juin, avec la formation d'un gouvernement d'union nationale. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a exhorté le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à condamner sans équivoque les auteurs de ce triple enlèvement, tout en désignant le Hamas comme responsable. M.Abbas est allé dans son sens, mercredi 18 juin: «Celui qui a enlevé les trois jeunes Israéliens cherche à détruire [l'unité palestinienne], et on va lui demander des comptes», a-t-il assuré. Lundi 16 juin» (2)

Dans tout conflit, il y a des souffrances des deux côtés, ça ne signifie pas pour autant que tout conflit est symétrique, l'occupant israélien sert l'intérêt (personnel et clanique) d'Abbas et celui-ci sert les intérêts de l'occupant. L'opération de recherche fait une nouvelle victime. Un adolescent a été abattu près de Hébron. Il s'agit du deuxième Palestinien tué depuis le début de cette intervention. Mohammed se tenait là. Il ne leur faisait courir aucun danger. Ils lui ont tiré dessus à trois reprises. Il a été touché à la poitrine. Il est mort sur le coup, explique un témoin.

Cette liberté du renard dans le poulailler est de facto un blanc seing à Israël pour l'encourager à continuer à broyer toutes les espérances des Palestiniens. Souvenons-nous, en septembre dernier, une diplomate française a été jetée à terre et humiliée par des soldats israéliens. Elle faisait partie d'une délégation qui voulait proposer quelques vivres à des bédouins démunis de tout et dont les maisons avaient été détruites par l'armée israélienne plus tôt dans la semaine. «La diplomate française Marion Fesneau-Castaing, en poste au consulat général de France à Jérusalem, s'est dite malmenée, vendredi 20 septembre, par l'armée israélienne en Cisjordanie, rapporte Reuters. Elle se trouvait à bord d'un camion transportant des vivres et des tentes destinés à une centaine de Palestiniens «Ils m'ont éjectée du camion et forcée à rester au sol, sans considération pour mon immunité diplomatique», a expliqué Marion Fesneau-Castaing à Reuters. «Voilà comment le droit international est respecté ici», a-t-elle ajouté». (3)


Impunité immorale et tétanisation des nations occidentales

«L'armée israélienne avait démoli une cinquantaine de structures à Makhoul, dont une dizaine d'habitations, sur décision de la Cour suprême israélienne statuant qu'elles avaient été construites sans permis, «Par conséquent, dix familles comprenant 48 personnes, dont 16 enfants, ont été déplacées», a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) dans son dernier rapport hebdomadaire. Le coordinateur humanitaire de l'ONU pour les Territoires palestiniens James Rawley a exprimé «sa profonde inquiétude» après les incidents de vendredi. «J'appelle les autorités israéliennes à respecter leurs obligations de puissance occupante en protégeant les communautés sous leur responsabilité, et notamment en cessant les démolitions de maisons et de propriétés palestiniennes», Les militaires israéliens avaient déjà empêché mardi le Comité international de la Croix-Rouge (Cicr) d'installer des tentes pour les habitants désormais sans abri, selon ces derniers. Israël a détruit depuis le début de l'année 524 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie ou à Jérusalem-Est, provoquant le déplacement de 862 personnes, selon les statistiques de l'Ocha.(3)


«Entre le respect du droit international et la préservation de ses bonnes relations avec Israël, la France a tranché. Et c'est à une diplomate française d'en faire les frais. (...) En tant que puissance «occupante», l'État hébreu est censé, en vertu du droit international humanitaire, assurer les besoins fondamentaux des «occupés», c'est-à-dire des 150 000 civils palestiniens. Israël, qui s'est approprié 70% de l'espace pour ses besoins militaires, favorise dans les 30% de territoire restant le développement des colonies juives. 300.000 colons y vivent aujourd'hui au mépris du droit international. Quant aux Palestiniens, ils se voient refuser 90% de leurs demandes de permis de construire dans la zone. Refusant d'être expulsés, les locaux ont recours aux constructions illégales. (...) Paris et Tel-Aviv se saisissent discrètement du cas de l'attachée humanitaire. (...) Les deux alliés ont tranché. Marion Fesneau-Castaing ne sera pas expulsée, mais devra quitter le pays d'ici la fin de l'année, soit deux ans avant la date prévue. Il s'agit avant tout de ne pas compromettre la future visite du président Hollande en Israël et dans les Territoires palestiniens, prévue pour les 18 et 19 novembre prochain.» (4)


« L'un des paradoxes, nous dit Marc Cher-Leparrain, est le statut «spécifique» des ressortissants qui font leur service militaire en Israël. Nous l'écoutons: «Une douzaine de pays dans le monde ouvrent les portes de leur armée aux ressortissants étrangers. Un seul le fait sur l'unique critère ethno-religieux, il s'agit d'Israël. Au-delà de la raison d'être idéologique, cela pose la question du respect du droit international par des États qui laissent leurs ressortissants rejoindre, même temporairement, une armée d'occupation. Cas unique, Israël offre à tout non-Israélien la possibilité de servir dans ses unités combattantes dès lors qu'il est juif, ou que l'un de ses parents ou grands-parents est juif. En Israël, différents programmes permettent à tout juif non israélien de porter l'uniforme de l'armée sans pour autant en faire des citoyens israéliens. (...) Le programme d'accueil des juifs étrangers dans les unités combattantes a gardé le nom de Mahal. Il incorpore les volontaires pour dix-huit mois, y compris pour des missions dans les territoires occupés palestiniens.(...) »(5)

« D'autres possibilités de séjour dans l'armée existent pour les juifs non israéliens(...) Contrairement à la plupart des autres pays, la motivation des volontaires n'est pas d'obtenir la nationalité par ce biais. La loi dite «du Retour» en vigueur depuis 1950 accorde en effet de droit la nationalité juive à tout juif migrant en Israël. La raison d'être de cet accueil dans l'armée est de «permettre à de jeunes juifs de partout dans le monde de renforcer leur relation avec Israël et avec le peuple juif en se portant volontaire pour l'armée israélienne. Les effectifs de volontaires pour Mahal semblent cependant relativement faibles. Selon un article de 2007 du Jerusalem Post, un peu plus de mille juifs non israéliens seulement se sont portés volontaires de 1988 à 2007» (5)


La binationalité guerrière

«Cette situation poursuit Marc Cher-Leparrain alimente cependant un paradoxe: d'un côté un engouement pour Israël des juifs de l'extérieur, qui se manifeste entre autres en Europe par l'augmentation du flux migratoire juif et en particulier français vers Israël: 49% de plus pour les neufs premiers mois de 2013 par rapport à la même période de l'année 2012 (1907), et de l'autre la proportion croissante d'Israéliens qui quittent Israël, essentiellement vers l'Amérique du Nord et l'Europe, en quête d'une vie socioéconomique meilleure et las de l'état de guerre permanent. À tel point que l'immigration nette israélienne est en train de décliner: en 2012, les Israéliens quittant Israël étaient aussi nombreux que les nouveaux immigrants (16.000). » (5)

« (…) Ce qui différencie également le Français engagé dans l'armée américaine de son compatriote volontaire pour l'armée israélienne, c'est que l'un subit, afin de vivre définitivement aux États-Unis, son éventuelle participation à des opérations militaires «hors» droit international, comme en Irak en 2003, alors que l'autre va intentionnellement participer à l'occupation de territoires, en violation du droit international. Alors qu'un Français non israélien, au nom de son appartenance à la communauté juive, trouve légitime de défendre une occupation illégale de territoires, un Français non palestinien, au nom de ses racines arabes, ne peut-il pas trouver tout aussi légitime d'aller défendre sur le terrain les Palestiniens contre l'extension illégale des colonies sur leurs territoires? Il est fait grand bruit par ailleurs des Français musulmans qui vont combattre en Syrie aux côtés de la rébellion soutenue par la France, mais qui ont le tort de rejoindre des groupes djihadistes répertoriés comme terroristes. Mais personne ne parle de ces Français qui, depuis des années, vont participer sous uniforme israélien à une occupation officiellement dénoncée par l'ONU et par l'État français.» (5).


Comment Paris favorise le départ des juifs français vers Israël?

Comment alors ne pas admettre que mettant le doigt dans l'engrenage de la compromission qui est une dérive de compromis successifs, la France ne peut plus rien refuser même au détriment de ses intérêts.

Décrivant cette inexorable absorption de la vbolonté française s’agissant de l’obligation de toujours accepter les désidératas israéliens, Alain Gresh écrit: «Afin de développer son activité, de mieux profiter des synergies existantes et de faciliter l'intégration professionnelle et sociale des Français en Israël, la gestion de l'Antenne Emploi-Formation a été confiée en 2008 à l'association AMI dans le cadre d'une convention annuelle passée avec le consulat général de France à Tel-Aviv.» Qu'est-ce que donc que cette AMI, avec laquelle le gouvernement français a signé une convention, c'est-à-dire que Paris a payé avec les deniers publics? L'association «Alya et meilleure intégration». Pour ceux qui ne le savent pas, Alya («la montée») désigne le départ des juifs vers Israël. (...) Ce site - dont un des partenaires est le ministère des Affaires étrangères français! - propose d'aider à l'installation des arrivants dans différentes villes, dont, par exemple, Har Homa, une colonie israélienne située en territoire palestinien occupé. Rappelons que, toutes les semaines, ce même ministère condamne la colonisation - qui est, selon les statuts de la Cour pénale internationale (CPI), un crime de guerre.» (6)


Mais il y a loin de la parole aux actes et la France est devenue un allié stratégique d'Israël, comme en a témoigné la visite de François Hollande en novembre 2013. Comme en témoigne aussi le fait que, au moment où Paris dénonce les djihadistes partant se battre en Syrie, il ne prend aucune mesure contre les milliers de Français qui servent dans l'armée israélienne, notamment dans les territoires occupés, et violent ainsi le droit international ainsi que la politique officielle de la France.» (6)

« Plus encore écrit Alain Gresh, l'ambassadeur de France en Israël, Patrick Maisonnave, reçoit des soldats israéliens français d'origine. «Patrick Maisonnave s'est félicité de «l'engagement courageux» de ces soldats dans une armée d'occupation dont les crimes sont documentés tous les jours par les organisations de défense des droits humains.» On se souvient du scandale qu'avaient provoqué en 2004 les appels du Premier ministre israélien de l'époque, Ariel Sharon, enjoignant aux juifs de France d'émigrer en Israël On ignorait que le gouvernement français participait à cette entreprise.» (6)

La vie des juifs pas plus que celui des musulmans ne doit faire l'objet d'aucun marchandage.

Cependant, les Palestiniens qu'ils soient musulmans ou chrétiens, ont droit à une égale dignité. Leur aspiration à une terre relève plus de l'éthique que de la force. Cependant, les rodomontades des combattants du Hamas- pas leur chef- qui se battent avec l'énergie du désespoir avec des lance-pierres d'un côté et le Iron dôme de l'autre sont autrement plus respectables que les compromissions et les collaborations du Fatah. Des Juifs vivent normalement dans les pays du Maghreb .. Ils ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres citoyens de ces pays ou sujets dans le cas du Maroc. Aujourd'hui, des Juifs vivent toujours en Iran et ne sont pas persécutés par le pouvoir. Ils sont reconnus comme une minorité et ont des places réservées au Parlement. Pour l'histoire, le tombeau de la reine Esther, lieu de pèlerinage des juifs s'y trouve toujours...

L'État français est depuis trente ans sous l'influence croissante des groupes d'intérêts sionistes. Nombre de personnalités proches des milieux d'affaires israéliens et du gouvernement israélien. L'enlèvement doit être dénoncé comme la manifestation de la colonisation en terre palestinienne. Ces adolescents sont d'abord victimes de la politique de colonisation à outrance des gouvernements successifs d'Israël. Ils doivent être relâchés comme doivent l'être aussi les milliers de Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes, sans jugement. Les Israéliens se sentent en situation d'impunité totale.



1.Maxime Blanchard Israël: campagne de soutien pour les trois adolescents enlevés, le Hamas réplique Le Monde.fr 21.06.2014


2. Laurent Zecchini: Le rapt de trois jeunes Israéliens divise Fatah et Hamas Le Monde 19.06.2014

3. Cisjordanie: une diplomate française se plaint d'avoir été malmenée par des soldats israéliens Le HuffPost/AFP 20/09/2013


4. http://www.lepoint.fr/monde/israel-la-france-sacrifie-une-diplomate-30-09-2013-1736870_24.php

5. Marc Cher-Leparrain http://orientxxi.info/magazine/ces-francais-volontaires-dans-l,0546

6. A.Gresh http://blog.mondediplo.net/2014-06-16-Comment-Paris-favorise-le-depart-des-juifs

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 19:45

«En ce lieu [de Bethléem], où est né le Prince de la paix, j'offre ma maison, au Vatican, pour accueillir cette rencontre de prière. Tous, nous désirons la paix. Beaucoup de personnes la construisent chaque jour par de petits gestes. (..) Tous les hommes et toutes les femmes de cette terre et du monde entier nous demandent de porter devant Dieu leur aspiration ardente à la paix.»

Pape François

ça y est, la rencontre tant attendue a lieu! Dans un tweet samedi, le pape a exprimé son voeu: «La prière peut tout. Utilisons-là pour porter la paix au Moyen-Orient et dans le monde entier.» Le Vatican a défini la rencontre comme une «invocation pour la paix». On ne prie pas ensemble, on se retrouve pour prier», a insisté le père franciscain Pierbattista Pizzaballa, (...) les présidents Shimon Peres et Mahmoud Abbas se rendront ensemble jusqu'à une pelouse triangulaire près des Musées. Dans un ordre respectant la chronologie, les représentants juifs, chrétiens, puis musulmans auront un temps pour prier tour à tour et chacun sur trois thèmes choisis: celui de la «création» qui les rend tous frères, celui de la «demande de pardon», et enfin celui de «l'invocation pour la paix». Les prières en hébreu, anglais, italien, arabe seront accompagnées d'intermèdes musicaux.(...). Puis le pape et les deux présidents feront chacun leur propre «invocation pour la paix». Les trois devraient se donner la main et planter un olivier. Après une rencontre à huis clos à la Casina Pie IV, un pavillon tout proche, les deux présidents quitteront le Vatican. Le Saint-Siège entend proposer «une pause dans la politique». «Personne n'a l'illusion que dès lundi, la paix s'imposera.» (1)

Souvenons-nous du mesage: «La rencontre de prière pour la paix, à laquelle le saint-père a invité les présidents d'Israël, Shimon Pérès, et de la Palestine, Mahmoud Abbas, aura lieu le dimanche 8 juin, au cours de l'après-midi, au Vatican. Cette date a été acceptée par les deux parties.» Les deux présidents s'étaient rapidement déclarés disponibles pour aller au Vatican. M.Peres, dont le mandat s'achève dans quelques semaines, avait tardé cependant à donner une date.

Petit rappel: le pape François en Terre sainte

«Trop court, écrit Stéphanie Le Bars et, pour beaucoup, source de frustrations, le voyage du pape François en Jordanie, Israël et dans les territoires palestiniens, du 24 au 26 mai, relève d'un inconfortable numéro d'équilibrisme diplomatique. Contraint par l'emploi du temps serré qu'il s'est choisi, le pape a aussi fait l'impasse sur la Galilée, berceau du christianisme, suscitant la déception des Arabes israéliens de culture chrétienne qui y vivent. Quant aux Palestiniens, ils recevront le pape à Bethléem pour l'une des trois grandes messes du voyage et un déjeuner avec plusieurs familles. (...) Même le souci affiché du pape pour le dialogue interreligieux, illustré par la seule présence à ses côtés de deux amis argentins, le rabbin Abraham Skorka et le professeur musulman Omar Abboud, président de l'Institut du dialogue interreligieux dans la capitale argentine, a suscité le scepticisme des personnalités religieuses sur place.» (2)


Le voyage de Paul VI précurseur des visites papales

Il y a cinquante ans, le pape Paul VI devenait le premier pape à se rendre en Terre sainte, et le premier depuis bien longtemps à quitter Rome. Alors que le pape François s'apprête à marcher dans ses traces du 24 au 26 mai, retour sur cet événement historique. Vingt siècles. C'est la durée du chapitre qu'a refermé Paul VI en se rendant en Terre sainte, du 4 au 6 janvier 1964. Avant lui, jamais pape ne s'était rendu là où le Christ a vécu. C'était également la première fois depuis bien longtemps que le pape quittait Rome - à l'exception des exils forcés de Pie VI et Pie VII au XVIIIe siècle. Et avec la rencontre entre Paul VI et le patriarche de Constantinople, Athénagoras, ce voyage devait également marquer la reprise du dialogue entre les Églises catholique et orthodoxe, après plus de mille ans de schisme. »(3)

« Et effectivement, «le voyage de Paul VI fut bref, mais dense», raconte Yves Chiron. «Il a parcouru tous les hauts lieux de la vie du Christ: la grotte de la Nativité à Bethléem, Nazareth, Cana, les bords du lac de Tibériade, Gethsémani, le Calvaire, le Saint-Sépulcre.» C'est le patriarche de Constantinople qui est à l'origine de la rencontre avec Paul VI. La rencontre a été préparée par le P. Duprey envoyé par le pape à Constantinople.» (...) La réunion des responsables des deux Églises, qui n'avait plus eu lieu depuis 525 ans, fut un moment émouvant (...) Peu après cette rencontre, les Églises d'Orient et d'Occident levaient leurs excommunications respectives, des sentences prononcées en 1054.(3)


Ce qui restera du voyage du pape François

Il y a beaucoup de murs à Jérusalem. Des murs d'interdits et des murs de prières. Ils sont incomparables: le mur sacré et le mur de sécurité n'ont strictement rien à voir. Mais lundi matin, François entame son dernier jour de visite en Terre sainte en se recueillant devant le mur occidental, dit mur des Lamentations, symbole absolu du judaïsme dimanche matin, François a fait stopper sa «papamobile» pour aller prier devant un autre mur, le mur de séparation érigé à partir de 2002 à l'initiative d'Ariel Sharon pour lutter contre les attentats. Pour Faadi Jadiou, restaurateur: «Comme Jean-Paul II avant lui, François a affirmé que ce ne sont pas les murs, mais les ponts qui permettent de construire la paix. Palestiniens et Israéliens sont différents, mais ils n'ont d'autre choix que d'apprendre à vivre ensemble.» (4)

Pourquoi cette énième rencontre?

Encore une fois, les négociations israélo-palestiniennes s4e sont achevées sans aucun résultat. Alain Gresh nous rapporte que: «Les émissaires américains eux-mêmes ont été surpris par l'intransigeance de M. Benyamin Netanyahu; pour autant, cela ne remettra pas en cause le soutien de Washington à Tel-Aviv. Impopulaire, le président Mahmoud Abbas s'est résigné à se tourner vers le Hamas pour tenter de reconstruire l'unité palestinienne.
«Les négociations auraient dû commencer par une décision de geler la construction des colonies. Mais nous avons pensé que nous ne pouvions l'obtenir à cause de la composition du gouvernement israélien, donc nous avons laissé tomber.» Interrogé par le célèbre journaliste Nahum Barnea, du quotidien israélien Yediot Aharonot, dans le cadre d'une enquête sur l'échec des négociations israélo-palestiniennes, ce responsable américain resté anonyme poursuit: «Nous n'avions pas réalisé que [le Premier ministre Benyamin] Netanyahu utilisait les appels d'offres de construction dans les colonies pour assurer la survie de son propre gouvernement. Nous n'avions pas non plus réalisé que la poursuite de ces constructions permettait à des ministres de saboter de manière très efficace le succès des négociations. (...) »(5)

« Ce n'est que maintenant, après l'échec des pourparlers, que nous avons appris que ces constructions [de quatorze mille logements] signifiaient l'expropriation de terres à grande échelle. (...) Bien que les sources de Barnea soient anonymes, on sait que l'auteur a eu accès à tous les responsables américains, notamment à M.Martin Indyk, chargé par le président Barack Obama de superviser les négociations israélo-palestiniennes relancées en juillet 2013 et censées s'achever au bout de neuf mois, le 29 avril 2014. L'argument principal tient en quatre mots: «Nous (les Américains) ne savions pas.» Nous ne savions pas ce que la colonisation signifiait; nous ne savions pas.» (5)

Comment amener Israël à la raison: L’argument économique ?

Les diplomates américains font mine de découvrir la politique du fait accompli menée par Tel-Aviv et les effets destructeurs de la colonisation. « Pour en finir avec l'impunité d'Israël et faire respecter le droit international, écrit Julien Salingue, une myriade d'acteurs économiques, culturels ou politiques ont désormais recours à d'autres méthodes. Le 4 mars 2013, le Premier ministre israélien s'exprimait, comme chaque année, lors de la convention de l'American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le principal lobby pro-israélien aux Etats-Unis. Les sujets abordés par M.Benyamin Netanyahu n'ont guère surpris les observateurs: défense de la sécurité d'Israël, Syrie, nucléaire iranien, exigences vis-à-vis des négociateurs palestiniens, etc. Mais, ce jour-là, un sujet nouveau a occupé un quart du temps de parole de l'intervenant: la campagne internationale Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) menées contre la politique d'Israël » (6)

« Le sigle fut cité à dix-huit reprises»... «Lancée en juillet 2005 par cent soixante-douze organisations palestiniennes, cette campagne préconise des «mesures de sanction non violentes (...) jusqu'à ce qu'Israël honore son obligation de reconnaître le droit inaliénable des Palestiniens à l'autodétermination et respecte entièrement les préceptes du droit international». Les mesures recommandées sont de trois types: boycott de l'économie et des institutions israéliennes, retrait des investissements étrangers, sanctions contre l'Etat et ses dirigeants. Lors de la conférence de l'Aipac, M.Netanyahu a accusé les promoteurs de BDS de «faire reculer la paix», de «durcir les positions palestiniennes» et de «rendre improbables les concessions mutuelles». Le paradoxe manifeste entre l'attention consacrée à BDS et l'affirmation de son inefficacité ne serait qu'apparent. Les diplomates américains font mine de découvrir la politique du fait accompli menée par Tel-Aviv et les effets destructeurs de la colonisation. Pour en finir avec l'impunité d'Israël et faire respecter le droit international, une myriade d'acteurs économiques, culturels ou politiques ont désormais recours à d'autres méthodes.(6)


Les réponses inexorables d'Israël: l'irréversibilité de la colonisation

Chaque fois qu'un prétexte est trouvé, il est exploité sans état d'âme. Ainsi «le ministre israélien du Logement, Uri Ariel, a publié le 5 juin - trois jours avant la rencontre inutile sous l'égide du pape au Vatican-, un appel d'offres pour la construction de 1 100 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie occupée et de 400 logements à Jérusalem-Est annexée et occupée. Cette annonce vient, disent les Israéliens, en réaction à la formation du nouveau gouvernement palestinien. «Je salue la décision d'apporter une réponse appropriée et sioniste au gouvernement palestinien terroriste. Israël a le droit et le devoir de construire à travers tout le pays», a réagi le ministre, du parti nationaliste religieux pro-colonisation Foyer juif, cité par le site du journal Haaretz. Le nouveau gouvernement palestinien de «consensus national», composé de personnalités indépendantes et soutenu par le Hamas, a prêté serment lundi et a été favorablement accueilli par les Etats-Unis, l'ONU, l'Union européenne et la Russie. (.;) «Avec cette décision, Nétanyahu veut pousser les Palestiniens à la confrontation ou à l'internationalisation du conflit», a déclaré Nimr Hammad, conseiller du président Mahmoud Abbas.»(7)

Politique du fait accompli: une Palestine en peau de chagrin

«Pendant que le monde célébrait, écrit Mohammed Larbi, le soixante-dixième anniversaire du débarquement allié qui allait signer la victoire en 1945 sur l'Allemagne nazie, Israël annonçait la poursuite de son programme de colonisation des territoires palestiniens. Ce que certaines réactions rapportent très mal, car c'est une déclaration de guerre, et rien d'autre. Au total, ce sont des milliers à être bâtis depuis le début de cette année, alors même qu'une telle politique devait au moins être gelée en raison des pourparlers de paix sous l'égide des Etats-Unis ».(8)

« Des mesures de confiance, c'est ainsi qu'on les appelle. Sauf qu'Israël a approuvé la construction de pas moins de 13.851 logements dans les colonies implantées dans les territoires palestiniens durant les neuf mois impartis aux négociations avec les Palestiniens arrivées à échéance mardi 29 avril, avec l'échec que l'on connaît. Soit encore une moyenne de 50 logements approuvés par jour, (...) l'Europe, par exemple, qui dit à peine sa déception, a les siennes. les plus récentes d'entre elles, dénonçant, le 29 mars dernier, «l'accélération sans précédent» de la colonisation intervenue en plein processus de paix. (...) C'est aussi un déni de droit s'agissant de l'application des résolutions de l'ONU, reconnaissant au peuple palestinien de disposer d'un Etat dans des frontières clairement définies. Après dix navettes, le secrétaire d'Etat américain a accusé, le 8 avril dernier, Israël d'avoir entravé le processus de paix avec les Palestiniens jugeant que l'annonce de plus de 700 nouveaux logements à El Qods-Est et le refus de libérer des prisonniers palestiniens avaient précipité le processus de paix dans une impasse.» Tout est dit! Pas une virgule de plus! » (8)


La reddition de Abbas concernant le «crime odieux» de la Shoah

Mahmoud Abbas a beau reconnaitre d’une façon explicite la Shoah, il n’est pas pour autant pris au sérieux : « La clarification apportée par le président palestinien intervient alors que le processus de paix avec Israël est à l'arrêt. «Le plus odieux des crimes commis contre l'humanité à l'époque moderne.» À la veille de la journée consacrée au souvenir de la Shoah, le président Mahmoud Abbas a condamné dimanche l'extermination des juifs avec une fermeté inédite pour un responsable palestinien, avant d'exprimer sa «sympathie» aux familles des victimes. Selon le professeur Mohammed Dajani, qui enseigne à l'université al-Qods de Jérusalem et cherche à promouvoir l'étude de l'Holocauste dans les Territoires palestiniens, «il s'agit probablement de la position la plus claire jamais exprimée à ce sujet par un dirigeant arabe». Une initiative d'autant plus remarquable que le chef de l'OLP (Organisation de libération palestinienne) a souvent été taxé de négationnisme. La clarification livrée par le président palestinien a, sans surprise, été fraîchement accueillie en Israël. Sept ans après leur divorce sanglant dans les rues de Ghaza, le Hamas et l'OLP ont signé mercredi un «accord de réconciliation» Mahmoud Abbas a promis que ce cabinet obéirait à sa politique, précisant: «Je reconnais l'État d'Israël, je rejette la violence et le terrorisme et je respecte les engagements internationaux.» Une nouvelle fois, il a, en revanche exclu de reconnaître le caractère juif de l'État d'Israël.» (9)

Peine perdue ! Même cette rencontre n'aboutira à rien de tangible, d'ailleurs, le président Peres est sur le départ. La colonisation continue et cerise sur le gâteau Israël félicite le président Al Sissi pour sa brillante réélection… L’utopie d’un Etat palestinien s’éloigne de plus en plus.



1. http://www.lesechos.fr/monde/afrique-moyen-orient/0203550725405-proche-orient-rencontre-historique-de-priere-au-vatican-avec-abbas-et-peres 1010656.php?kIG0 3zdSAms WF7Td.99


2. Stéphanie Le Bars Le pape François en Terre sainte Le Monde 24.05.2014


3. 1964: Paul VI en Terre sainte, un pèlerinage fondateur la Croix 23/5/14


4. http://www.lefigaro.fr/international/2014/05/25/01003-20140525ARTFIG00141-proche-orientinvitation-historique-du-pape.php r Cyrille Louis, Jean-Marie Guénois


5. Alain Gresh: Ce qui est à moi est à moi. Ce qui est à toi est négociable Le Monde diplomatique juin 2014


6. Julien Salingue: Boycott, désinvestissement et sanctions Le Monde Diplomatique juin 2014


7. Israël va construire 1 500 nouveaux logements dans les colonies Le Monde.fr avec AFP 05.06.2014


8. http://www.elwatan.com/edito/triste-record-07-06-2014-260246_171.php


9. http://www.lefigaro.fr/international/2014/04/27/01003-20140427ARTFIG00155-abbas-condamne-le-crime-odieux-de-la-shoah.php

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 15:27

« La thèse d’un danger d’un génocide qui nous menaçait en juin 67 et qu’Israêl se battait pour son existence physique était seulement du bluff, créé et développé après la guerre ».

Général Matityaha Pelet, Ha’aretz, 19 mars 1972.

Nous y sommes ! Les négociations de la dernière chance ont abouti à un fiasco et chacun rejette la faute sur l’autre Pour les Israéliens la faute incombe à l’autorité palestinienne qui a conclus un accord avec le Hamas formation honnie par Israël et ceci à une semaine de la fin des négociations de plusieurs sans u début d’espoir. Ce temps passé ne fut pas perdu pour Israël qui ne s’est pas arrêté de rendre irréversible la restitution des terres de Cis Jordanie en colonisant et construisant à tour de bras.

Dans une dépêche de l’AFP faisant le bilan de ces –non négociations , nous lisons : « Le président Barack Obama a jugé vendredi nécessaire de faire une "pause" dans les discussions, prenant acte de l'impuissance de l'administration américaine à combler le fossé entre les deux camps sur les questions cruciales: la sécurité, les frontières, la colonisation et Jérusalem. « Un haut responsable israélien a réagi en exigeant de nouveau que M. Abbas renonce à l'accord de réconciliation conclu le 23 avril entre son Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Hamas, qui ne reconnaît pas Israël. Le négociateur palestinien Saëb Erakat a reproché à M. Netanyahu d'avoir utilisé cet accord comme "prétexte", exhortant la communauté internationale à "montrer à Israël que choisir les colonies et l'apartheid au lieu de la paix a un prix politique, juridique et économique". M. Erakat a accusé Israël d'utiliser les négociations comme "un écran de fumée derrière lequel il peut continuer ses violations des droits de l'Homme, poursuivre son entreprise de colonisation et rendre une solution à deux Etats de plus en plus impossible". L'organisation israélienne anti-colonisation La Paix Maintenant a révélé qu'Israël avait approuvé la construction de 13.851 logements dans les colonies de Cisjordanie et Jérusalem-Est durant les neuf mois impartis aux négociations, soit une moyenne de 50 par jour, un rythme "sans précédent". (AFP)

L’Occident et Israël avait pensé faire une bonne affaire, en imposant Abbas à Arafat comme premier ministre Depuis la mort de Arafat, Abbas a accepté toutes les conditions d’Israël en vain. Mieux encore il accepte que Gaza soit une prison à ciel ouvert sans broncher Lors de sa première mission à Gaza, le nouveau Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), Pierre Krähenbühl, a souligné « la nécessité de lever le blocus israélien et de mettre fin à la « punition collective illégale » de la population de cette région de la Palestine. « Rien ne peut vous préparer à voir la réalité à Gaza, ni rapports humanitaires, ni articles de presse, ni enquêtes des droits de l’homme. a expliqué M. Krähenbühl dans un communiqué de presse, en affirmant qu’il s’engage à travailler pour mettre fin au blocus en place depuis 2007. « La première chose que l’on remarque en allant à Gaza est la clôture, qui est un rappel du blocus. Le blocus est une punition collective illégale et je me joins au dirigeants du monde en appelant à sa fin », a indiqué »

Les rares inquiétudes d’Israël : La compagne BDS

On dit qu’Israël s’inquiète en revanche de l’essor que prend le mouvement international de boycott et de désinvestissement qui frappe son économie. « Pour bien des Palestiniens lit-on sur Médiapart, ce boycott constitue l'ultime carte, quand toutes les autres options ont échoué. Un accord est intervenu dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 avril lors d'une réunion à Gaza entre une délégation de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et des dirigeants du Hamas « pour former un gouvernement d'union nationale d'ici cinq semaines », a déclaré un membre de la mission de l'OLP. (…) Sur le dossier israélo-palestinien en revanche, aucun progrès en vue. Dernier épisode de ce tragique feuilleton : mardi 22 avril, Israël a rejeté les demandes du président palestinien Mahmoud Abbas pour une prolongation des négociations de paix, à une semaine de la fin programmée des pourparlers « Processus de paix », « gel partiel », « menaces de représailles »... Rien de neuf dans ce vocabulaire. (…) Ce qui a changé en ce début d’année 2014, c’est la nature et la portée de la menace à laquelle Israël doit désormais faire face. Début janvier, alors qu'entrent en vigueur les nouvelles directives de l'Union européenne interdisant toute subvention de l'UE à une entreprise ou association israélienne implantée dans les Territoires palestiniens occupés, plusieurs responsables politiques israéliens le clament haut et fort : le boycott constitue désormais une menace à prendre très au sérieux ». (2)

« À l’initiative de ce mouvement international de boycott des produits israéliens, « BDS » est désormais sous les feux de la rampe Signé par 170 associations et organisations de Gaza, de Cisjordanie, d’Israël, et des camps de réfugiés, cet appel est lancé un an jour pour jour après l’avis de la Cour internationale de justice (CIJ) demandant la destruction du mur construit par Israël le long de la ligne verte pour séparer la Cisjordanie de son territoire. L’appel BDS affirme ainsi en substance : « Nous avons la légalité internationale avec nous, comme le stipule l’avis de la CIJ. Mais les institutions internationales ne prennent pas leurs responsabilités, nous appelons donc les populations et les mouvements de solidarité à prendre les leurs, et à sanctionner Israël en boycottant ses produits. » (2)

« En Israël, aucun parti politique ne soutient BDS. Les partis de gauche Meretz et Khadash soutiennent cependant le boycott des produits des colonies. (…) En attendant, une loi votée à la Knesset condamne tout Israélien qui soutiendrait le boycott, (…) Assimilé à de l'incitation à la haine raciale et à la discrimination, l’appel au boycott est alors considéré en France comme une infraction pénale, avec des amendes pouvant aller jusqu’à 45 000 euros et un an d’emprisonnement, conformément à l'article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse. À l’origine de la plupart des poursuites contre les militants BDS, la « circulaire Alliot-Marie » (du nom de la ministre de la justice alors en poste) diffusée le 12 février 2010, et par laquelle le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression « ferme et cohérente » des actions de boycott, la chancellerie considérant tout appel au boycott des produits d’un pays comme une « provocation publique à la discrimination envers une nation ». (…) Quel type d’isolement pourrait, au bout du compte, pousser les Israéliens eux-mêmes à faire pression sur leur gouvernement pour un changement de politique à l’égard des Palestiniens ? (2)

La France contre les défenseurs du droit international ?

Justement cette loi Alliot Marie a été dénoncée par Rony Brauman (Médecin, ancien Président de Médecins Sans Frontière) , François Dubuisson Professeur de droit International à l’université libre de Bruxelles (Ulb) , Ghislain Poissonnier Magistrat et Pierre Osseland Avocat. Dans une lettre ouverte, ils écrivent : « Depuis l’adoption de la circulaire, des poursuites pénales ont été engagées contre plus d’une quarantaine de militants de la campagne BDS La situation est d’autant plus choquante que les militants de la campagne alertent le public et l’administration sur une violation du droit français et européen par les autorités israéliennes. En effet, il est de notoriété publique qu’Israël délivre des certificats de manière indifférenciée à des produits fabriqués dans les colonies israéliennes de Cisjordanie ou sur le territoire israélien, tant et si bien que le consommateur n’est pas informé de l’origine des produits qu’il achète ». (3)

« La circulaire Alliot-Marie est profondément choquante pour au moins trois raisons. Tout d’abord, l’appel au boycott fait partie du débat politique républicain. (…)Ensuite, l’appel au boycott n’est pas interdit en droit français, tant qu’il ne tombe pas dans le champ d’application des deux textes du code pénal qui interdisent la discrimination (article 225-1) et l’entrave à l’exercice d’une activité économique (article 225-2). La circulaire Alliot-Marie affirme, sans le démontrer, que l’article 24 alinéa 8 de la loi de 1881 sur la presse permettrait de réprimer les appels lancés par des citoyens au boycott de produits issus d’un Etat dont la politique est contestée. En réalité, cet article est destiné uniquement à réprimer les appels discriminatoires contre des personnes physiques. Or, la circulaire l’interprète de manière extensive, en contradiction avec la règle de l’interprétation stricte des lois pénales. Cette interprétation est d’autant plus malvenue que la campagne BDS condamne toute forme de racisme et d’antisémitisme et n’utilise que des moyens pacifiques pour convaincre les consommateurs. Enfin, le droit européen interdit une telle pénalisation. (…) Une abrogation immédiate de la circulaire Alliot-Marie s’impose. Il est indispensable de lutter contre les discriminations, le racisme et l’antisémitisme ». (3)

La réalité du « miracle » de l’eau basé sur le pillage et le mensonge

Nous apprenons que la propagande d’un Israël qui fait refleurir le désert est un mythe que déconstruit dans la contribution suivante par la journaliste Charlotte Silver . Nous lisons : « Israël écrit aurait fait fleurir le désert grâce à ces usines de dessalement et système d’irrigation goutte-à-goutte – image iconique sur l’image d’une Palestine aride (…) En décembre 2011, Ben Ehrenreich a rapporté le coût d’une telle opulence dans le domaine agricole : il a fallu la moitié de l’eau d’Israël tout en augmentant seulement de 3% le PIB du pays. (…) En fait, les Palestiniens n’ont dans leur histoire jamais manqué d’eau. Mais caractériser la Palestine comme une terre désespérément aride, comme l’a écrit Clemens Messerschmidt en 2011, « attribue des causes naturelles » à la crise de l’eau que les Palestiniens endurent tous les jours. Gaza, qui subsiste aujourd’hui avec une eau à 95% non-potable, a longtemps rempli la fonction d’oasis pour les voyageurs qui circulaient entre Le Caire et Damas . (…) »(4)

« Charlotte Silver poursuit : « L’armée israélienne régit toutes les ressources d’eau en Cisjordanie et à Gaza depuis 1967 et 1974. Un bref examen de la domination de l’État sioniste sur les ressources en eau montre que Israël détourne le Jourdain vers le lac de Tibériade, comme le font la Jordanie, la Syrie et le Liban vers leurs territoires respectifs, laissant la mer Morte avec un niveau en baisse constante. Bafouant les lois internationales contre le pillage des territoires occupés, Israël contrôle et exploite toutes les ressources aquifères de montagne – dont 80 % se trouvent sous la Cisjordanie – pour l’agriculture et les piscines et prairies verdoyantes des colons. En 2009, les ressources aquifères de montagne fournissaient 40 % des besoins agricoles d’Israël et 50 p% de l’eau potable de sa population. (…) Avec toutes ces ressources en eau, ce n’est vraiment pas miraculeux que les Israéliens puissent confortablement consommer environ cinq fois plus d’eau que les Palestiniens ».(4)

La pompe à finance en action

Qui peut alors, faire entendre raison à Israël au sujet de la quarantaine de résolutions qui ont toutes finis par un veto américain ? Par contre, Les lobbys israélien après avoir traqué des individus , traquent maintenant des Etats qui d’une façon ou d’une autre passent à la caisse. Impuissants ,tétanisés il acceptent de payer pour des actions d’il y a 72 ans . Ainsi on apprend que : « Deux élus new-yorkais ont annoncé à New York leur intention de déposer mardi 29 avril devant le conseil municipal une résolution demandant réparation aux entreprises ayant profité, selon eux, de la Shoah, parmi lesquelles la SNCF. Leur résolution, qui a reçu le soutien de la représentante de New York Carolyn Maloney, demande à la ville d'interdire les contrats publics avec les entreprises et filiales qui ont profité de l'Holocauste et n'ont pas versé de compensations aux survivants et à leurs familles vivant dans la région de New York ».(5)

« Mark Levine, 44 ans, conseiller municipal démocrate, a également expliqué vouloir obtenir « justice » pour ces survivants et proches, estimés, selon lui, à environ 50 000 dans la région de New York, « en obtenant, pour partie, des réparations de la part de leurs bourreaux – qu'il s'agisse de gouvernements étrangers ou d'individus – et des entreprises ». Ben Kallos, conseiller municipal démocrate âgé de 33 ans, a cité notamment la SNCF, qui avait transporté plus de 75 000 personnes dans les camps de concentration durant la deuxième guerre mondiale. « J'appelle mes collègues au gouvernement à dire à ces sociétés que nous n'oublierons jamais, et à arrêter de faire des affaires avec ces corporations jusqu'à ce qu'elles se souviennent », a-t-il déclaré, selon un communiqué où sont également cités IBM, Bayer et Siemens. (…) Paris et Washington ont entamé en février des négociations sur d'éventuelles indemnisations des familles des victimes américaines de l'Holocauste transportées par la SNCF entre 1942 et 1944 ». (5)

Ce rackett immoral, l’immense majorité des détenus est décédée concerne même les grandes banques et il serait bon de faire un inventaire des compensations et de la marchandisation de la douleur. Plus tragique encore, les argents extorqués ne sont pas remis aux survivants de la shoah et qui souffrent encore dans l’Israêl actuel

Les réactions suite à la phrase Israël risque d’être un Etat d’apartheid

Fin avril , il fallait faire un bilan après les neuf mois impartis aux négociations qui ont échoué lamentablement. Dans une dépêche de l’AFP, le secrétaire d’état John Kerry, sans doute excédé par toutes les manœuvres des dirigeants israéliens, a prononcé des mots durs. Nous lisons : « Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a averti qu'Israël courait le risque de devenir un Etat d'"apartheid" s'il ne faisait pas la paix rapidement avec les Palestiniens, a rapporté dans la nuit de dimanche à lundi un média américain. D'après ce site The Daily Beast, qui dit détenir un enregistrement de ces propos, John Kerry a fait cette remarque lors d'une réunion à huis clos d'un centre de réflexion à Washington. Parrain des négociations de paix qu'il a relancées le 29 juillet 2013 pour neuf mois, John Kerry a par ailleurs réaffirmé que le processus de paix israélo-palestinien n'était pas mort. "A long terme, un état binational unique ne peut pas être l'état juif démocratique qu'Israël mérite ou l'état prospère de plein droit que le peuple palestinien mérite. C'est ce que j'ai dit, et c'est aussi ce que le premier ministre Netanyahou a dit," a-t-il ajouté ».(6)

Toutes les foudres du ciel se sont abattues sur John Kerry !. A-t-il tort ? Selon le dirigeant de la Paix Maintenant, Yariv Oppenheimer, "Les chiffres de la colonisation montrent mieux que tout que le gouvernement Netanyahu n'a pas été sérieux durant ces négociations et a tout fait sur le terrain pour rendre impossible une solution de deux Etats". Les négociations ont échoué mais la colonisation continue à tour de bras et ceci dans l’attente d’un nouveau Oslo, d’un autre Whye River, un autre Annapolis, bref des mises en scène pour perpétuer en définitif une injustice , celle de reconnaitre qu’il y a un peuple qui aspire à vivre coincé entre des dirigeants incompétents et une puissance colonisatrice sûre d’elle, dominatrice qui ne veut rien entendre et qui s’accroche d’une façon compulsive à un mythe : Celui d’un Etat des Juifs au XXIe siècle au lieu et place d’un Etat israélien de tous ses citoyens quelques soient leurs confessions, à côté d’un autre Etat Palestinien lui aussi de tous les citoyens quelques soient leurs confessions. Le chemin est long pour y parvenir. Pendant ce temps la colonisation accélère à marche forcée pour rendre irréversible l’accaparement de ce qui reste des terres des palestiniens qui n’en finissent pas d’accepter ce qui va bientôt devenir un ensemble vide. Ainsi va le Monde

1.Agence média Palestine : Le nouveau chef de l’UNRWA appelle Israël à lever le blocus illégal de Gaza 22 avril 2014

2. « http://www.mediapart.fr/article/offert/9e2b931c42d8edd8bdd94c39bc6a69a1?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=Palestine_:_le_nouveau_chef_de_l%E2%80%99UNRWA_appelle_Isra%C3%ABl_%C3%A0_lever_le_blocus_ill%C3%A9gal_de_Gaza

3R. Brauman :La France contre les défenseurs du droit international liberation.fr/ 2014-04-17

4.Charlotte Silver http://www.aljazeera.com/indepth/opinion/2014/03/israel-water-miracle-palestine-20143247252981587.html

5.http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/04/29/shoah-deux-elus-new-yorkais-veulent-des-compensations_4408774_3222.html

6.Israël risque de devenir un Etat d'"apartheid", selon Kerry AFP 28 avril 2014

Professeur Chems Eddine Chitour


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18 avril 2014 5 18 /04 /avril /2014 19:46


«Quand vous serez prêts à faire la paix, appelez-nous»

James Baker exaspéré par les résistances israéliennes. (1990).

Une évidence: le dernier feuilleton produit par les Américains nous avait promis que les Palestiniens et les Israéliens avaient un an pour arriver à une solution au règlement de la cause palestinienne d'une façon mutuellement acceptable. C'était il y a un an. Aux dernières nouvelles, Martin Indyck - dont les sympathies pro-israéliennes sont connues - un nouveau «facilitateur» a été nommé par le département d'Etat pour faire durer le plaisir ou le calvaire selon que l'on soit d'un côté ou de l'autre. A moins d'un miracle, la date du 29 avril va consacrer la mort de ce processus.

La dernière accélération est venue comme une riposte à la décision israélienne. Selon l'entente conclue en juillet 2013, Tel-Aviv s'était engagé à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant 1993. En contrepartie, la direction palestinienne avait consenti à suspendre jusqu'à la fin des pourparlers toute démarche d'adhésion aux organisations internationales, y compris les instances judiciaires à compétence mondiale susceptibles de poursuivre Israël. Les dirigeants israéliens réclament désormais une prolongation des négociations de paix au-delà du 29 avril. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a riposté en signant le 1er avril les demandes d'adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux,

Les erreurs américaines dans les négociations

A sa façon, Benjamin Barthe, dans un réquisitoire sans concession, fait le procès des erreurs de John Kerry ayant amené à l'échec annoncé de ce dernier round de négociations qui dure depuis plus d'un an: «En renvoyant dos à dos Israéliens et Palestiniens, plongés dans une nouvelle crise qui pourrait être fatale aux négociations relancées en juillet, John Kerry a rendu un mauvais service à la cause de la paix au Proche-Orient. En 2013, le nombre de logements mis en chantier dans les colonies de Cisjordanie a progressé de 123% par rapport à 2012, alors qu'à l'intérieur d'Israël, sur la même période, la hausse n'a pas dépassé... 4%! M.Kerry n'a pas su arrêter ni même freiner le rouleau compresseur de la colonisation. Ce laisser-faire a deux conséquences dramatiques: il sabote de facto la solution à deux Etats, sur les lignes de 1967, qui est la formule de règlement du conflit la plus réaliste et il perpétue l'impunité dont se nourrit le système d'occupation israélien. Depuis juillet, 56 Palestiniens ont été tués par les forces de sécurité israéliennes, 146 maisons détruites et 550 attaques de colons ont été recensées. Durant la même période, cinq Israéliens ont été tués».(1)

Benjamin Barthe nous dit que les Européens sont absents: «Les Européens hors jeu. Faute d'être prêt à corriger l'asymétrie inhérente à toute négociation entre un occupant et un occupé, M.Kerry aurait pu confier la tâche aux Européens. L'annonce par Bruxelles, lors de la reprise des pourparlers, de nouvelles directives excluant les colonies juives des programmes de coopération communautaires, augurait d'une répartition des rôles: le bâton aux Européens, la carotte aux Américains. Mais M.Kerry a vite cédé à la fâcheuse manie de Washington de gérer le processus de paix en tête-à-tête avec Israël.»(1)

Benjamin Barthe nous raconte aussi le cycle des représailles disproportionnées. «La décision israélienne de ne pas libérer une quatrième vague de prisonniers palestiniens le 29 mars continue de provoquer des remous en Cisjordanie De fait, les Palestiniens ont, en quelque sorte, répondu au refus israélien en demandant l'adhésion de la Palestine à 15 conventions et traités internationaux. Bref, les deux parties s'accusent mutuellement d'avoir violé leurs engagements et la poursuite des négociations de paix au-delà du 29 avril est de plus en plus compromise. Même le secrétaire dÉtat américain John Kerry a laissé entendre que la patience de Washington avait des limites (...). Du côté d'Israël, la crise actuelle doit faire l'objet d'un débat au Parlement, symbole de cette régression: le retour comme envoyé spécial pour le Proche-Orient de Martin Indyk, un ancien du lobby pro-Likoud Aipac, déjà en poste durant le calamiteux processus d'Oslo. Les chancelleries européennes auraient pu faire preuve d'initiative en accélérant par exemple la réflexion sur l'étiquetage des produits des colonies. Mais les 28 répugnent à brusquer Israël.(1)

Benjamin Barthes nous apprend que les Palestiniens s'accrochent au droit international, en vain: «Dans un environnement aussi peu favorable, les Palestiniens se raccrochent au droit international. S'ils ont accepté que les négociations portent, non pas sur un plan de paix intégral, jugé prématuré par Israël, mais sur un simple accord-cadre, c'était dans l'espoir que celui-ci inclurait les termes de références historiques du processus de paix, notamment les frontières de 1967, consacrées par la résolution 242 des Nations unies. (...). M.Kerry s'est laissé enfermer par M.Nétanyahou dans une discussion stérile, sur deux points inacceptables pour les Palestiniens: la reconnaissance d'Israël comme un Etat juif et le maintien de troupes israéliennes dans la vallée du Jourdain.» (1)

Benjamin Barthes conclut par quelques recommandations: «(...) M.Kerry aurait pu tenter de contourner les manoeuvres dilatoires de «Bibi», en refusant toute prolongation du processus et en prévenant que la partie responsable du blocage s'exposerait à des contrecoups. Il aurait pu faire savoir qu'en cas d'obstruction israélienne, les Etats-Unis ne s'opposeraient plus à ce que l'Autorité palestinienne adhère aux agences des Nations unies, dans la continuité de sa reconnaissance comme Etat non membre de l'ONU, en 2012. M.Kerry a donc reproduit une à une toutes les erreurs de ses prédécesseurs. Comme si la diplomatie américaine était incapable de dépasser le paradigme d'Oslo, pourtant vicié de l'intérieur.»(1)



Les conséquences des négociations: coup d'accélérateur à la colonisation

On aurait pu penser que la réaction palestinienne amènerait les Israéliens à négocier; il n'en fut rien. On apprend que le ministre israélien de la Défense, «Moshe Ya'alon, annonce un projet majeur d'agrandissement de la colonie de Goush Etzion», titre le journal palestinien.
Al-Hayat Al-Jadida «Israël a pris possession d'une centaine d'hectares de terrains en Cisjordanie occupée. Cette saisie, la plus importante depuis des années, selon la presse israélienne, semble préfigurer une relance importante de la colonisation au sud de Jérusalem.» (2)

Pendant ce temps, le président Obama demande à son homologue palestinien Mahmoud Abbas, reçu à la Maison-Blanche le 17 mars, de «prendre des décisions difficiles» afin de permettre la poursuite des négociations avec Israël. A en croire la presse de Cisjordanie, le président palestinien serait resté intransigeant: «Mahmoud Abbas reste ferme sur les fondamentaux du nationalisme palestinien.» (3)

On nage en plein délire. Que peut encore donner Mahmoud qu'il n'a pas encore bradé, pour une hypothétique reconnaissance d'une Palestine sur moins de 18% de la Palestine originelle. En fait, Israël jouit d'une impunité savamment entretenue par ses lobbys. Admonester un ministre américain n'est pas donné à tout le monde.

C'est ce qu'à fait le 14 janvier, le ministre de la Défense israélien, Moshe Ya'alon, qui a accusé John Kerry d'être : «animé par une obsession incompréhensible et une sorte de messianisme», ajoutant qu'il ne pouvait «rien lui apprendre sur le conflit avec les Palestiniens». Washington a immédiatement exigé du Premier ministre israélien une condamnation de ces propos. Ha'Aretz fustige «l'esprit de dénigrement» de la droite israélienne, «qui considère que la 'relation spéciale'' [avec les Etats-Unis] est quelque chose d'acquis». (4)

Pourtant, l'idée d'une Jérusalem comme le siège de deux capitales fait son chemin dans l'imaginaire de certains israéliens «En déclarant que les accords de paix d'Oslo [signés entre Israéliens et Palestiniens en 1993] signifieraient une capitale palestinienne à Jérusalem-Est, Ofer Shelah [ancien journaliste, élu député en 2013] a mis les adversaires de ces accords en fureur. De nombreux Israéliens présument qu'une capitale palestinienne à Jérusalem-Est revient à diviser de nouveau la ville. «Nous voulons une ville ouverte et partagée, non une ville divisée», dit une source palestinienne de haut niveau. «Nous demandons notre propre administration, mais il faudra une coordination entre les deux municipalités. Nous n'envisageons pas de mur au milieu.»(5)



Conséquences tangibles de l'échec des négociations: les sanctions

Par mesure de rétorsion après la récente demande d'adhésion des Palestiniens à une quinzaine de traités internationaux, Israël a annoncé des sanctions financières contre les autorités de Ramallah. Les taxes douanières et la TVA prélevées sur les marchandises transitant par Israël qui les rétrocède à l'Autorité palestinienne, s'élèvent à quelque 80 millions d'euros par mois. Un montant qui représente plus des deux tiers des recettes budgétaires propres de Ramallah et contribue au paiement de plus de 150.000 fonctionnaires et aux coûts de fonctionnement des ministères. Parmi les autres sanctions d'ordre économique, Israël a, dans le même temps, suspendu sa participation au développement d'un champ gazier au large de la bande de Ghaza adjacent à un champ israélien. (6)

«Israël est responsable de la crise actuelle des négociations entre Autorité palestinienne et Etat hébreu. C'est en substance le message envoyé hier du Caire par les pays de la Ligue arabe. Pour Ryad al-Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères: «Israël a refusé de libérer le quatrième groupe de prisonniers palestiniens et annoncé la construction de 708 nouveaux logements dans la zone de Jérusalem Est, c'est ça qui est l'origine de la crise actuelle.» L'ONU a annoncé jeudi dernier avoir jugé conformes aux procédures internationales les demandes palestiniennes d'adhésion à 13 traités ou conventions internationales dont les Nations unies sont dépositaires. La Palestine a, par ailleurs demandé à la Suisse d'adhérer à la IVe Convention de Genève d'août 1949 sur la protection des civils en territoire occupé et aux Pays-Bas, l'adhésion à la Convention de La Haye d'octobre 1907 sur les lois et coutumes de la guerre sur terre. Selon des responsables palestiniens, la Palestine est officiellement devenue jeudi dernier une «haute partie contractante» de la IVe Convention de Genève qui interdit à la puissance occupante de transférer sa population en territoire occupé. Un texte considéré par les organisations de défense des droits de l'homme comme une interdiction de la colonisation israélienne.»(6)

Les punitions: le sport palestinien dans la ligne de mire israélienne

Les Palestiniens paient le prix fot, des vélléités timides de visibilité à l’échelle internationale, notamment dans les Organisations dépendant de l’ONU . Parmi ces sanctions celles qui ciblent les forces vives des Palestiniens. Nous lisons dans la contribution suvante : « Courroucée par la hardiesse de cette démarche, l'entité sioniste a annoncé récemment des sanctions financières contre les autorités de Ramallah. Le reversement des taxes collectées par les Palestiniens est gelé jusqu'à nouvel ordre. Parmi les autres sanctions d'ordre économique, Israël a suspendu sa participation au développement d'un champ gazier au large de Ghaza et va dans le même temps plafonner les dépôts bancaires palestiniens dans ses établissements financiers.» (7)

« Le 11 avril se déroulait le marathon de Palestine, dont le départ était donné de l'église de la Nativité à Bethléem. Le parcours longeait le mur de sinistre mémoire et passait notamment par les camps de réfugiés d'Al Ayda et de Dheisheh. C'était sans compter sur les autorités israéliennes qui, comme l'an dernier, ont empêché les athlètes ghazaouis de participer à la fête. Pour se dédouaner, la juge Daphné Barek-Erez a simplement avancé que «le pouvoir judiciaire n'avait pas à intervenir dans les décisions prises par le ministère de la défense»(7).

« Parmi les athlètes, victimes du blocus, figure Nader al-Masri. Ce n'est pas un inconnu dans le milieu des sports d'endurance. Il a participé à plus de 40 compétitions internationales parmi lesquelles les Jeux olympiques de Pékin, en 2008. (...) Comme des milliers d'autres Palestiniens, l'athlète a été touché de plein fouet par les décisions arbitraires des autorités d'occupation. Aux restrictions imposées par Israël s'ajoutent également celles qu'a prises l'Égypte à l'encontre de la population de Ghaza. La carrière sportive de Jawhar Nasser (19 ans) et d'Adam Habaliya (17 ans) est, en revanche, déjà arrêtée. Les deux petites perles du football palestinien ont été tirées comme des lapins à un check-point par des soldats israéliens. Jawhar a reçu en tout, 11 projectiles: sept dans le pied gauche, trois dans le pied droit et un dans la main. Halabiya a été touché par deux balles: une dans chaque pied. Ils ne pourront plus jamais jouer au football en compétition.»(7)

Pour rappel: avant la création de l'Etat d'Israël, les populations chrétiennes, musulmanes et catholiques vivaient en paix dans cette région du monde. Israël veut l'anéantissement total de la Palestine avant la proclamation d'un Etat «juif». L'immigration sioniste n'était pas une banale immigration. Elle s'inscrivait dans le projet sionisme visant à s'approprier un territoire contre la population locale. Il a été rendu possible par l'occupant britannique. Vouloir un Etat juif n' a rien d'ethnique puisque les juifs comme les Palestiniens seraient des Cananéens! Et qu'il n'y a pas de peuple juif. Vouloir un Etat théocratique veut dire que les Arabes palestiniens, qu'ils soient chrétiens ou musulmans, n'ont pas vocation à rester dans un Etat de juifs purs ou supposés tels. De ce fait, cela serait une deuxième Nekba pour les plus de deux millions d'Arabes israéliens qui devront s'entasser dans ce qui reste de la Cisjordanie, du même coup le retour des réfugiés de 1948 sera ainsi oublié.


En fait, il n'y a pas de négociations. C'est un jeu de dupes maintenu par Israël et Washington. Israël continue de coloniser avec la bénédiction de l'Occident et l'objectif est tout simplement de supprimer toute possibilité d'Etat palestinien viable. Politiciens et médias occidentaux ont pour dogme de ne jamais agir contre l'Etat d'Israël quand bien même celui-ci occuperait et coloniserait des territoires déjà habités. La faute commise par l'un des leurs devient une faute ad vitam aeternam et ce sont les Palestiniens qui expient pour une faute qu'ils n'ont pas commise. Ainsi va l'ordre impérial.



1. Israël-Palestine: les quatre erreurs de John Kerry Le Monde 08.04.2014 Benjamin Barthe

2. http://www.courrier international.com Al-Hayat Al-Jadida 14 avril 2014

3. Al-Ayyam 18 mars 2014 http://www.courrierinternational.com/breve/2014/03/18/obama-demande-a-abbas-des-decisions-difficiles

4.http://www.courrierinternational.com/breve/2014/01/15/moshe-ya-alon-declenche-une-tempete-diplomatique-avec-washingtonHa'Aretz 15 janvier 2014

5. Ilene Prusher http://www.courrierinternational.com/article/2013/09/04/jerusalem-comment-partager-sans-diviser Ha'Aretz

6. Israël impose des sanctions financières aux Palestiniens Le Monde.fr AFP 10.04.2014

7. http://www.resistance-politique.fr/article-le-sport-palestinien-dans-la-ligne-de-mire-israelienne-123330766.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechynique enp-edu.dz

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 14:26

C'est la gauche antiraciste qui a fait de la Shoah la religion suprême de la République...»

Diana Johnston

On connaît tous le terme «génocide» inventé par Raphaël Lemkin un ancien juif déporté, à propos des massacres de masse à l'endroit des juifs. Au cours de ces vingt dernières années, le mot génocide est devenu une marque déposée qui ne peut être utilisée que pour désigner la tragédie des Juifs sous le troisième Reich Pendant près de trente ans, l'instrumentalisation de la douleur des déportés était limitée et les compensations faites par l'Allemagne et d'autres pays n'avaient pas atteint les proportions actuelles d'autant que les survivants des camps de la mort n'en profitent pas directement ce qui a fait écrire à Norman Finkielstein: «L'industrie de l'holocauste». Dans cette contribution nous voulons insister justement sur cette pompe à finances qu'est devenue la douleur des juifs déportés et rescapés; mais aussi sur la fausse singularité de la Shoah qui est devenue un horizon indépassable, une religion planétaire plus crainte- dans les pays occidentaux- que réellement respectée voire suivie.

La pompe à finances de l'exploitation de l'holocauste

Est-ce que les Allemands sont «toujours et à jamais redevables» pour les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale? En fait, depuis l'Accord du Luxembourg de 1952, l'Allemagne a été le créancier attitré de cet état-voyou d'Israël, puis son soutien diplomatique n°2 après les USA. Au début des années 1950, des négociations sur les réparations d'après-guerre ont lieu entre le Premier ministre d'Israël, David Ben Gourion, le secrétaire général du Congrès juif mondial, Nahum Goldmann, et le chancelier de l'Allemagne de l'Ouest, Konrad Adenauer. En raison de la sensibilité du dossier, cette décision a été intensément débattue à la Knesset israélienne. En 1952, des accords de réparations sont signés. Dans l'ensemble, à partir de 2007, l'Allemagne avait versé 25 milliards d'euros en réparation à Israël et aux survivants de l'holocauste nazi.(1)

Dans le même ordre on apprend que les méthodes pour faire payer les Allemands sont multiples et l'imagination des demandeurs est débordante. Sur le site de langue anglaise du «Spiegel Online International», un article de David Gordon Smith à Berlin signale que, d'après Ingeburg Grüning, porte-parole du ministère des Finances allemand le gouvernement allemand, qui a déjà versé un total d'environ 64 milliards d'euros aux survivants de l'Holocauste, n'a pas l'intention de payer ces frais de traitements psychologiques. L'auteur de l'article, réaliste, ajoute que l'Allemagne pourra bien finir par être obligée de payer encore des millions pour ces traitements psychologiques. Les sommes en question ne seraient pas énormes, prétend Baruch Mazor, directeur général du Fonds Fischer: juste 10 à 20 millions de dollars par an...La technique est rodée. En cas de refus, la menace est là: «Si les négociations que nous menons en ce moment ne portent pas leurs fruits, alors il faudra s'attendre à des revendications soutenues à 100% par le public.» (2)

Les autres pays concernés par les indemnisations

A des degrés divers , tous les pays ont du à un moment ou un autre indemniser, les victimes de l'holocauste. Nous verrons plus loin avec Norman Finkielstein, que ce ne sont pas ,nécessairement les ayant droit qui en profitent. On apprend que Paris et Washington ont entamé des négociations sur d'éventuelles indemnisations des familles des victimes américaines de l'holocauste transportées par la Sncf entre 1942 et 1944, dossier sensible qui menace de priver le groupe ferroviaire français de contrats aux Etats-Unis. (... En 2011, le groupe avait reconnu avoir été un «rouage de la machine nazie d'extermination»). Dans le Maryland, deux élus ont présenté une proposition de loi restreignant l'accès de la Sncf aux marchés publics tant qu'elle n¹aura pas versé d¹indemnités pour son rôle dans la déportation des juifs. Après plusieurs rencontres informelles en 2013, des diplomates des deux pays ont entamé ces négociations, le 6 février 2014, à Paris, ont indiqué, le 21 février 2014, à l'AFP l'avocat des familles des victimes, Stuart Eizenstat et l'ambassade de France à Washington confirmant le Washington Post.

Par ailleurs, selon des révélations du Spiegel, Berlin a effectivement livré à l'État hébreu des sous-marins pouvant être dotés d'une capacité nucléaire. Au sein de l'opposition, les sociaux-démocrates et les écologistes multiplient les critiques contre le gouvernement d'Angela Merkel. Israël, qui n'a pas signé le traité de non-prolifération nucléaire (TNP), n'a jamais confirmé ni démenti ses capacités nucléaires. L'État hébreu est cependant largement considéré comme étant la seule puissance nucléaire de la région. Israël maintient une politique d'ambiguïté sur son programme atomique et refuse de signer le traité de non-prolifération nucléaire et de soumettre sa centrale de Dimona à un contrôle international.» (3)

Le Spiegel a révélé qu'Israël est en train d'équiper les sous-marins fournis par l'Allemagne de missiles de croisière à têtes nucléaires. Les sous-marins allemands deviennent ainsi une pièce maîtresse dans la dissuasion face au régime iranien, Berlin a constamment nié que ces sous-marins puissent faire partie de l'arsenal nucléaire israélien. L'Allemagne a livré trois de ces sous-marins et trois autres seront livrés d'ici à 2017. Selon des experts militaires étrangers, Israël dispose d'un arsenal nucléaire de plus de 200 ogives.» (3).

Les chevaux de Troie

Mon attention a été attirée aussi par une information anodine. Jugez-en plutôt: les ambassades allemandes seront au service des citoyens israéliens dans les pays hostiles. A priori cela n'a rien d'exceptionnel. Beaucoup de pays qui n'ont pas de relations diplomatiques avec d'autres pays ont la possibilité d'être représentés par d'autres pays qui se chargent de transmettre ou de recevoir les doléances de part et d'autre. Cependant, là où c'est singulier, il s'agit de trois acteurs dont deux sont en théorie adversaires (Israël et les pays musulmans) et d'un autre partenaire l'Allemagne. Lisons la dépêche: «Un nouvel accord sera signé en début de semaine à Jérusalem, par la chancelière allemande Angela Merkel. L'Allemagne assurera aux Israéliens des services consulaires dans des pays comme l'Indonésie, la Malaisie, l'Arabie Saoudite, etc. où Israël n'a pas de représentation diplomatique. Selon l'ambassadeur israélien en Allemagne, Yaakov Hadas-Handelsman, cette proposition allemande révèle l'importance des relations qui lient Berlin à Tel-Aviv.

Dans un extrait du site web lemondejuif.info nous lisons : «Sur le fond de leur histoire très douloureuse, Allemands et Israéliens ont accompli un miracle dans la construction de leur amitié. Nous voulons élargir et approfondir cette amitié, même en ce qui concerne les questions concrètes de la vie quotidienne» indique l'ambassadeur de l'Allemagne en Israël, Andreas Michaelis. (4)

Les ambassades d'Allemagne deviendront ainsi en quelque sorte des chevaux de Troie en 'instaurant du fait de ce futur accord'' officiellement la représentation diplomatique d'une 'ambassade bis de l'état d'Israël''. L'Allemagne deviendra en signant cet accord avec Israël complice et cautionnaire de la politique d'occupation sioniste. Dans le même ordre et dans le cadre d'une visite de trois jours en Israël, François Fillon déclare en substance: «J'ai toujours été passionné par le destin d'Israël (..) Je me souviens de la guerre des Six-Jours. J'avais 13 ans. L'oreille collée à la radio, je suivais les événements où l'on parlait d'un chef militaire à l'oeil bandé - Moshé Dayan - et je sentais que l'Histoire était là-bas brûlante. (...) Pendant la guerre du Kippour, j'ai tremblé pour Israël. Le souvenir de la Shoah fait partie de votre âme, mais elle fait aussi partie de notre conscience européenne, et même universelle. Ce qui vous touche nous touche, ce qui vous tourmente nous tourmente, car il existe entre Israël et la France, entre Israël et l'Europe, un lien moral et historique.»(5)

La Shoah: religion d'Etat? Le blasphème en France laïque

C'est par ces mots que Diana Johnston s'interroge sur l'instrumentalisation par le sionisme du malheur des juifs. La campagne du gouvernement français, des grands médias et des organisations influentes pour faire taire l'humoriste Dieudonné M'Bala M'Bala ne cesse de révéler une coupure radicale dans la perception que les Français ont du comédien mais aussi sur d'autres questions. (...) Exprimant son commentaire sur l'affaire le 10 janvier sur RTL, Eric Zemmour a tancé Valls pour avoir oublié la liberté d'expression tout en se présentant comme un homme de gauche. «C'est la gauche qui nous a appris depuis mai 68 qu'il est interdit d'interdire, c'est la gauche artistique qui nous a enseigné qu'il fallait choquer le bourgeois. C'est la gauche antiraciste qui a fait de la Shoah la religion suprême de la République...» Produit de la gauche, Dieudonné provoque, d'après Zemmour, la «bourgeoisie bien-pensante de gauche» Rappeler la Shoah sert indirectement à justifier le rapprochement toujours plus fort entre la France et Israël en ce qui concerne la politique au Moyen-Orient. (...) Comme s'ils voulaient confirmer cette impression, le parquet de Paris et le Mémorial de la Shoah ont conclu une convention le 9 janvier selon laquelle tout auteur d'une infraction antisémite âgé d'au moins 13 ans pourra désormais être condamné à effectuer un stage de sensibilisation à l'histoire de l'extermination des juifs. L'étude des génocides est censée inculquer «les valeurs républicaines de tolérance et de respect pour autrui».(4)

«Et si c'était le contraire de ce qu'il faudrait faire? Le procureur de Paris ignore peut-être les jeunes qui prétendent avoir subi trop, au lieu de pas assez, d'éducation sur la Shoah? Exceptionnellement, un article du Monde du 8 janvier a cité des opinions qu'on peut facilement entendre de la part de jeunes, si l'on veut bien les écouter. Ils font remonter la «sacralisation» de la Shoah à leurs cours d'histoire à l'école, dont ils gardent un souvenir pesant. (..)Guillaume, également âgé de 20 ans, se plaint: «La Shoah, on en a mangé jusqu'à la terminale. Je respecte ce moment de l'histoire, mais pas plus que d'autres.»(4)

« Récemment, la France a accueilli à bras ouverts le groupe ukrainien des «Femen», Le 20 décembre dernier elles ont envahi l'Eglise de la Madeleine en plein Paris pour y mimer «l'avortement de Jésus» avant d'uriner sur l'autel. On n'entendit pas de cri d'indignation des ministres du gouvernement. L'Eglise Catholique se plaint, mais l'écho en est faible.» (4)

Pas étonnant que dans le même ordre on va jusqu’à nier les autres génocides. Le dernier exemple a été donné par l’avocat Maitre Jacubowicz dans l’émission courageuse de Frédéric Taddeï. Maitres Jacubowicz en fin d’émission a signifié a Frédéric Taddei qu’il n’entendait pas qu’on relègue l’antisémitisme au rang d’un crime parmi d’autres, mais qu’il fallait l’élever au rang de crime numéro 1, une nouvelle religion en somme. Que fait-on des génocides Arméniens alors ? le genocide Rwandais ? On mesure la portée d’un génocide en fonction du nombre de mort ? Etre gazé et brulé est-il pire que d’être découpé vivant à la machette a cause de son origine ? Nous n’aurons pas la réponse.

Pourquoi la Shoah est devenue sacrée?

C'est un fait que la saturation est atteinte.. « Trop d'impôt , tue l'impôt » disait Jacques Chirac. Mutatis mutandis , « trop de Shoah , tue la Shoah » L'auteur de la contribution poursuit: «Le rappel constant de la Shoah, dans les articles, les films, les discours, ainsi qu'à l'école, loin d'empêcher quoi que ce soit, crée une sorte de fascination morbide pour les «identités». Il encourage la «compétition victimaire». (...) Cette commémoration sert en tout cas Israël, qui entame actuellement un programme de trois ans pour encourager un nombre croissant des quelques 600 000 juifs de France à partir pour Israël. L'année dernière, plus de 3000 Juifs ont fait leur Aliyah, une tendance attribuée par l'European Jewish Press à «la mentalité de plus en plus sioniste de la communauté juive française, surtout parmi les jeunes, et une manifestation des efforts de l'Agence juive, du gouvernement israélien et des ONG, pour cultiver l'identité juive en France.» Une façon d'encourager l'Aliyah est d'effrayer les juifs en brandissant la menace de l'antisémitisme, en prétendant que les nombreux admirateurs de Dieudonné sont tous des nazis en herbe.» (6)

«Les déclarations de «singularité» de l'holocauste judéo-nazi (HJN) écrit James Petras, se basent sur quelques arguments fragiles. Ils basent leurs arguments sur la quantité de victimes:

6 millions de juifs]. C'est exactement dans le même temps que les nazis et leurs alliés ont exterminé 20 millions de civils soviétiques, en majorité russes. De la même façon, les Japonais ont exterminé 10 millions de Chinois, disparus entre 1937 et 1942. Environ 11 millions de personnes furent tuées: handicapés, témoins de Jéhovah et autres. Heinrich Himmler dit: «Tout le peuple polonais disparaîtra du monde [...]» Il ne parle pas de juifs en tant que tels. 2 millions de Tziganes furent tués. Par ailleurs, dans l'histoire, il y eut plusieurs génocides que certains appellent d'ailleurs holocaustes ainsi parlant des méfaits de la colonisation belge sous Léopold II, Hochschild écrit:«De 1880 à 1920, le Congo est le théâtre d'un des plus grands holocaustes de l'histoire: la moitié d'un peuple de vingt millions de personnes est exterminée.» (7) Qui s'en souvient?

Dans un ouvrage aussi courageux que percutant, Norman Finkelstein dont la famille mourut en déportation , dénonce à la fois l'instrumentalisation politique et l'exploitation financière de la souffrance des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Finkelstein distingue l'holocauste nazi, événement historique au cours duquel des millions de Juifs furent exterminés, et l'Holocauste avec un H majuscule, son exploitation idéologique. «L'industrie de l'Holocauste, explique-t-il, transforme la mémoire d'Auschwitz en caution idéologique et en marchandise rentable. Il consacre tout un développement aux méthodes utilisées, qui relèvent du chantage aux bons sentiments, appuyé par l'artillerie lourde des pressions économiques américaines. L'autre volet de cette double extorsion est que l'argent ainsi obtenu, au lieu d'aller aux véritables victimes survivantes - ou à leurs héritiers - part dans les caisses des organisations juives liées aux Etats-Unis ou à Israël.» (8)

Israël se fait de plus en plus d'ennemis dans le monde à cause de sa politique de colonisation et d'expulsion, transgressant toutes les dispositions de l'Onu. Rappelons que sur proposition de l'Arabie Saoudite,( l'initiative de Ryad en 2002) les pays arabes étaient prêts à développer des relations normales avec Israël pour peu que le problème palestinien puisse trouver une issue honorable qui préserve la dignité des Palestiniens qui, faut-il le rappeler, acceptent de vivre en paix sur moins de 20%de la Palestine originelle. La paix du monde est à ce prix.

1.histoire des relations germano-israélienne Encyclopédie Wikipédia

2. David Gordon Smith :Children Holocaust survivors sue Germany 13 july 2007

3. http://www.lefigaro.fr/international/2012/ 06/05/01003-20120605ARTFIG00694-ces-sous-marins-livres-a-israel-qui-genent-berlin.php

4 http://www.lemondejuif.info/lallemagne-propose-ses-services-aux-ressortissants-israeliens-dans-les-pays-hostiles/

5.http://www.blog-fillon.com/article-la-france-face-aux-defis-du-proche-et-moyen-orient-122322639.html

6 Diana Johnstone http://www.mondialisation.ca/la-shoah-religion-detat/5366671

7. James Petras: L'holocauste: Traduit par Maria Poumier Samedi 26 Août 2006 Alter Info

8. Norman Finkelstein: L'industrie de l'holocauste 2001

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 11:33

«Dhrabni ou bka, sbakni ou chka» Il m'a frappé et a pleuré, il m'a devancé et s'est plaint de moi».

Ce proverbe du terroir maghrébin illustre plus que mille discours, la «sortie» du Royaume du Maroc qui a rappelé «en consultation» son ambassadeur pour des faits qui, a postériori, sont de sa responsabilité. S'il est vrai que s'attaquer à un attribut de souveraineté tel que le drapeau est monnaie courante par les temps qui courent, il n'est que de voir le sort périodique du drapeau américain victime des colères arabes et plus largement musulmanes. Il n'en demeure pas moins que c'est un précédent qui ne nous garantit nullement de la récidive. Tout est parti de l'actualité de cette semaine qui a été marquée par deux événements importants. D'abord la conférence d'Abudja concernant la cause sahraouie et ses conséquences indirectes sur les relations de l'Algérie avec le Maroc, ensuite, le feuilleton des négociations israélo-palestiniennes jalonnées par la construction de milliers de logements de colonisation sur les territoires occupés depuis 1967.

Les symboles de l'Etat algérien profanés au Maroc

En moins d'une semaine les symboles de l'Etat algérien au Royaume du Maroc ont été bafoués. Le deuxième incident eut lieu la veille du 1er Novembre La double agression contre l'ambassade à Rabat et le consulat à Casablanca est un élément inacceptable car lourd de conséquences. Dans le même ordre on ne peut que s'interroger sur le manque de réaction des autorités consulaires qui n'ont pas bougé le petit doigt quand l'intrus est rentré posément en escaladant la barrière, a grimpé par la gouttière,a pris son temps devant un drapeau qui rechignait à se laisser faire. Quand quelqu'un rentre chez vous, la moindre des choses est de le sortir par tous les moyens... Les Algériens considèrent que l'atteinte à notre drapeau national, surtout un 1er Novembre, n'est pas un acte isolé. Il est très possible que les événements aient été programmés.

Pour rappel et comme l'écrit Tayeb Belghiche du journal El Watan, dans un discours prononcé le 11 octobre dernier devant les deux Chambres réunies, le roi Mohammed VI a clairement donné le feu vert au passage à l'action: «Au lieu d'attendre les attaques de nos adversaires pour riposter, il faut plutôt les acculer à la défensive en prenant les devants, en anticipant les événements et en y répondant de manière positive», ajoutant plus loin: «Par conséquent je vous exhorte tous, encore une fois, à une forte mobilisation, une vigilance de tous les instants et des initiatives efficaces aux niveaux interne et externe pour contrecarrer les ennemis de la nation où qu'ils se trouvent et pour déjouer les stratagèmes illégitimes auxquels ils ont recours.» (1)

Tayeb Belghiche s'interroge sur l'expansionnisme marocain qui dit-il, «a pris en otage le Grand Maghreb,. Jusqu'à quand? L'alternative est claire et tous les Maghrébins de bonne foi et de bonne volonté ne peuvent que la comprendre, sinon la soutenir: faisons le Maghreb avec ceux qui sont prêts. (...) L'Algérie ne peut pas continuer à faire preuve de retenue quand l'arrogance du gouvernement marocain n'a pas de limite. Il ne s'agit pas seulement d'un incident diplomatique en contrôlant ses dommages collatéraux, ajoute encore notre source, car il s'agit de l'avenir de tous les peuples maghrébins». (1)

Dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères il a été rappelé à l'ambassadeur du Royaume du Maroc la «demande pressante» formulée, vendredi dernier, auprès du chargé d'affaires de son ambassade pour obtenir le «plus rapidement possible» des explications circonstanciées sur «la violation inacceptable des locaux consulaires algériens à Casablanca et la profanation impardonnable de l'emblème national, le jour même de la célébration du déclenchement de la glorieuse Révolution du 1er Novembre». (...) Hamid Enaânaâ, l'homme par qui le scandale est arrivé, a agi seul et qu'il est aux arrêts en attendant d'être présenté, le 20 novembre, devant le procureur. Suffisant pour éteindre le feu de la colère en Algérie? Pas sûr. (...), le MAE a demandé officiellement à l'ambassadeur marocain que les autorités algériennes soient associées, «selon une forme appropriée et conformément à la pratique internationale», à l'enquête pour déterminer les faits et s'assurer que les suites appropriées ont été engagées après cet incident «particulièrement grave». Il a été rappelé à l'ambassadeur que l'Algérie n'accorde pas de crédit à la thèse de l'«incident isolé» et encore moins au «fait divers»». (2)

Justement à Abudja, la Conférence africaine de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui a ponctué la fin de ses travaux par une déclaration plutôt «hard» à l'égard du Maroc mais aussi de... l'Union africaine. Ayant pris acte de l'incapacité de l'UA à faire entendre raison au Maroc, qui continue d'occuper le Sahara occidental et de réprimer son peuple, syndicats, ONG et sociétés civiles ont décidé d'aller aux avant-postes. Ainsi, il a été décidé de mettre en place un mouvement de solidarité pour l'indépendance du Sahara (Asmows) qui se chargera de mener le combat multiforme pour la décolonisation de ce territoire. Ce mouvement africain de solidarité se propose aussi de collaborer avec ses homologues d'Europe, d'Amérique latine et d'Australie pour la promotion de la cause sahraouie. La Conférence a par ailleurs apporté son soutien aux positions des gouvernements d'Afrique du Sud, d'Algérie et du Nigeria par rapport à la cause sahraouie, et a exprimé sa volonté de faire en sorte que ces positions aillent dans le sens d'une «isolation» du Maroc, comme cela avait été fait auparavant pour le système de l'apartheid.» (3)

Cependant, une prise de conscience se fait jour en Europe et même aux Etats-Unis. On sait que le lobby marocain aidé par le lobby sioniste est arrivé jusqu'à présent à bloquer les prérogatives de la Minurso quant à sa mission de surveillance des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés. D'autre part, on apprend que le président de la Coordination des comités et des associations européennes de soutien au peuple du Sahara occidental (Eucoco), Pierre Galand, a affirmé que le rapport Charles Tannock adopté récemment par le Parlement européen (PE) est «très clair» sur la violation des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés et sur la spoliation des richesses naturelles du Sahara occidental soulignant que ce rapport «est aussi clair dans sa partie réservée à la spoliation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental». Tout en rappelant les décisions adoptées par le PE en relation avec la suspension des accords dans le secteur de la pêche avec le Maroc au regard des violations des droits des Sahraouis dans les territoires occupés, il s'est dit «choqué» de constater que «l'Espagne a signé un préaccord sur la pêche avec Rabat». «C'est choquant d'autant plus que ce préaccord est survenu au moment où l'opinion internationale vient d'apprendre la découverte d'un charnier de victimes sahraouies et que Madrid était au courant de ce drame, a souligné M.Galand.» (4)

Le feuilleton du drame palestinien

L'analogie entre Sahraouis et Palestiniens est troublante. On a tout dit du drame palestinien qui perdure depuis près d'un siècle. Voilà une cause pour la dignité d'un peuple qui accepte de vivre sur le cinquième de sa terre originelle et qui voit chaque jour les perspectives d'un Etat palestinien s'éloigner. Un nouveau round de négociations sans lendemain se déroule sous nos yeux. Israël construit sur les terres palestiniennes tout en déclarant négocier. (5)

Selon une dépêche de l'AFP on apprend qu'Israël a proposé que le tracé de la barrière de séparation serve de base pour les discussions de paix, et non les lignes d'avant 1967, comme le réclament les Palestiniens, Les négociateurs israéliens ont proposé à leurs homologues palestiniens que cette barrière, dont le tracé se trouve à 85% en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, Jérusalem-Est compris (chiffres ONU), serve de point de départ aux discussions, selon le quotidien Yediot Aharonot et la radio publique israélienne.
En outre, Israël veut conserver certaines colonies juives isolées de Cisjordanie - Beit El, Psagot et Nokdim, selon les mêmes sources. Interrogé, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a pas confirmé ces informations, indiquant qu'il ne commentait pas les négociations en cours, sur lesquelles le secrétaire d'Etat américain John Kerry a imposé aux deux parties un black-out médiatique. La question du statut de Jérusalem a également été abordée, Interrogé sur ce point, un haut responsable israélien a indiqué sous couvert de l'anonymat qu'Israël avait ´´dit clairement aux Palestiniens que Jérusalem resterait unifiée sous souveraineté israélienne´´.(6)

La construction de nouvelles unités d'habitation dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris dans la ville sainte d'El Qods, se poursuit sans relâche. L'Etat hébreu a lancé dimanche de nouveaux appels d'offres pour la construction d'environ 2000 nouveaux logements dans les Territoires palestiniens occupés en 1967, selon «La Paix maintenant», une organisation non gouvernementale israélienne, opposée à la construction de colonies en Palestine occupée, ces appels d'offres concernent 1859 unités d'habitation en Cisjordanie dont 828 à Jérusalem-Est, El Qods, occupée, mais aussi annexée par Israël en 1967. La Paix maintenant critique les pratiques du gouvernement israélien. «Chaque fois que Netanyahu fait un petit pas vers la paix, il en fait deux grands pour faire en sorte qu'il soit plus difficile de parvenir à la paix, a déploré l'ONG.» (7)

Que fait Abou Mazen? Il va protester pour la millième fois. Lors d'une réunion du comité exécutif de l'OLP, jeudi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, une réaction ferme à la poursuite de la colonisation a été décidée. Pendant ce temps «La pizza» -objet de négociations- rétrécit mais les affaires des dirigeants politiques sont plus que jamais prospères...

La réalité du pouvoir marocain et le Grand Maghreb

C'est un fait que le pouvoir marocain est dans une mauvaise passe qui le conduit à la diversion; le peuple souffre le martyre, s'appauvrit de plus en plus pendant que le roi s'enrichit de plus en plus. Deux journalistes de talent, Catherine Graciet et Eric Laurent, ont analysé dans un ouvrage la prédation royale. Depuis son accession au trône en 1999, écrivent-ils, Mohammed VI a pris le contrôle de l'économie du Maroc dans l'arbitraire le plus absolu. Une stratégie d'accaparement marquée par la corruption effrénée de ses proches. Au Maroc, en 2012, la monarchie impose toujours le silence et le secret sur ses agissements, ce qui a rendu notre enquête souvent délicate à mener. La monarchie marocaine a instauré parmi les élites dirigeantes une véritable «culture de la docilité». Mais, surtout, elle fait peur: lorsqu'elle s'abat, la disgrâce royale condamne socialement mais aussi financièrement et professionnellement. Ils connaissent notre attachement sincère au Maroc et à son peuple. (...) Au Maroc, la monarchie demeure le seul pouvoir. Elle continue de prospérer puisqu'elle a eu la bonne idée de transformer, depuis des décennies, la vie publique et les institutions en un théâtre d'ombres. Les excès du roi sont protégés par une omerta que nous avons décidé de briser avec ce livre.» (8)

«En juillet 2009, le magazine américain Forbes créa la surprise (...) le roi du Maroc, Mohammed VI, faisait une surprenante apparition à la septième place, avec une fortune évaluée à 2,5 milliards de dollars. Il devançait des rivaux en apparence pourtant plus richement dotés, comme l'émir du Qatar, (...) dont la fortune, selon Forbes, était six fois inférieure à celle du souverain marocain. En 2009, la crise financière mondiale survenue un an plus tôt avait frappé de plein fouet l'ensemble des revenus, y compris ceux des plus fortunés. Pourtant, Mohammed VI, dont la fortune avait doublé en cinq ans, semblait mystérieusement échapper à ces aléas...Dans le rapport mondial sur le développement humain élaboré par le Pnud, l'agence des Nations unies pour le développement, couvrant la période 2007-2008, le Maroc est en effet classé au 126e rang (sur 177 États) du point de vue du «développement humain», et le taux de pauvreté du pays atteint 18,1%. Pour ne rien arranger, en 2008, la dette publique du Maroc a bondi de 10% en un an, pour atteindre 11,9 milliards d'euros, soit 20% du PIB. Le classement de Forbes ne faisait que soulever pudiquement un coin du voile sur l'ampleur d'une fortune royale en vérité beaucoup plus importante. Surtout, il taisait ou ignorait les moyens mis en oeuvre pour parvenir à amasser une telle richesse.»(8)

L'utopie de l'Union maghrébine basée sur des malentendus
Dans ces conditions comment peut-on parler d'Unité maghrébine quand les conditions minimales ne sont pas réunies. Pour le roi, ««les ennemis de la nation» ne sont autres que les Algériens. D'ailleurs, depuis son accession au trône, il a développé un discours extrêmement agressif contre l'Algérie, un discours qui, au lieu d'inciter à l'apaisement, pousse au contraire à créer un climat de tension».

«Depuis sa création [l'UMA] en février 1989 à Marrakech, les pays membres ont signé entre eux seulement 37 traités et accords. Or, l'Algérie en a ratifié 29, la Tunisie 28, la Libye 27, la Mauritanie 25 et le Maroc seulement 8. Ce sont là des chiffres qui soulignent clairement le désintérêt du royaume pour la construction maghrébine. Il est surtout en train de vivre avec un rêve moyenâgeux: le Grand Maroc et son corollaire, l'expansionnisme colonial. (..) Le régime de Rabat doit faire son choix et définitivement. Veut-il le «Grand Maroc» ou le «Grand Maghreb»?» (1)

Il y va de l'avenir de la région. Les peuples doivent comprendre que leur salut est dans l'unité. Nous partageons beaucoup de valeurs. Dans le monde actuel si on reste divisés, nous allons devenir des poussières d'Etat. L'arrogance du Maroc qui se croit intouchable n'est pas fortuite elle provient du soutien inconditionnel de la France qui a fait du Maroc son pré carré.

A bien des égards il fait office par sa politique inhumaine, par sa répression sans fin comme un second Israël dans la région, n'a -t-il pas avec l'aide d'experts israéliens fait un mur d'apartheid? Il est vrai que son impunité internationale le place au-dessus du droit international en ignorant les aspirations du peuple sahraoui et plus largement du peuple marocain à vivre libre dans la dignité.



1. Provocations marocaines contre l'Algérie: Le Roi veut-il la guerre? El Watan le 05.11.13


2. L'ambassadeur du Maroc convoqué au MAE...El Watan le 04.11.13


3. Hassan Moali: La Conférence d'Abuja El Watan le 02.11.13


4. http://www.elwatan.com/international/territoires-occupes-pierre-galand-brandit-le-rapport-tannock-05-11-2013-233895_112.php

5. C.E. Chitour: Le calvaire du peuple palestinien. Editions Casbah 2013


6. Israël propose la barrière de séparation comme base des discussions de paix le 05.11.13

7. http://www.elwatan.com/international/2000-nouveaux-logements-en-cisjordanie-netanyahu-piege-la-visite-de-john-kerry-05-11-2013-233890_112.php


8. Catherine Graciet, Eric Laurent. Le Roi prédateur Editions du Seuil p.5-7 mars 2012

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

COMBAT DU SAHARA OCCIDENTAL ET DE LA PALESTINE La même indifférence des Occidentaux



«Dhrabni ou bka, sbakni ou chka» Il m'a frappé et a pleuré, il m'a devancé et s'est plaint de moi».

Ce proverbe du terroir maghrébin illustre plus que mille discours, la «sortie» du Royaume du Maroc qui a rappelé «en consultation» son ambassadeur pour des faits qui, a postériori, sont de sa responsabilité. S'il est vrai que s'attaquer à un attribut de souveraineté tel que le drapeau est monnaie courante par les temps qui courent, il n'est que de voir le sort périodique du drapeau américain victime des colères arabes et plus largement musulmanes. Il n'en demeure pas moins que c'est un précédent qui ne nous garantit nullement de la récidive. Tout est parti de l'actualité de cette semaine qui a été marquée par deux événements importants. D'abord la conférence d'Abudja concernant la cause sahraouie et ses conséquences indirectes sur les relations de l'Algérie avec le Maroc, ensuite, le feuilleton des négociations israélo-palestiniennes jalonnées par la construction de milliers de logements de colonisation sur les territoires occupés depuis 1967.

Les symboles de l'Etat algérien profanés au Maroc

En moins d'une semaine les symboles de l'Etat algérien au Royaume du Maroc ont été bafoués. Le deuxième incident eut lieu la veille du 1er Novembre La double agression contre l'ambassade à Rabat et le consulat à Casablanca est un élément inacceptable car lourd de conséquences. Dans le même ordre on ne peut que s'interroger sur le manque de réaction des autorités consulaires qui n'ont pas bougé le petit doigt quand l'intrus est rentré posément en escaladant la barrière, a grimpé par la gouttière,a pris son temps devant un drapeau qui rechignait à se laisser faire. Quand quelqu'un rentre chez vous, la moindre des choses est de le sortir par tous les moyens... Les Algériens considèrent que l'atteinte à notre drapeau national, surtout un 1er Novembre, n'est pas un acte isolé. Il est très possible que les événements aient été programmés.

Pour rappel et comme l'écrit Tayeb Belghiche du journal El Watan, dans un discours prononcé le 11 octobre dernier devant les deux Chambres réunies, le roi Mohammed VI a clairement donné le feu vert au passage à l'action: «Au lieu d'attendre les attaques de nos adversaires pour riposter, il faut plutôt les acculer à la défensive en prenant les devants, en anticipant les événements et en y répondant de manière positive», ajoutant plus loin: «Par conséquent je vous exhorte tous, encore une fois, à une forte mobilisation, une vigilance de tous les instants et des initiatives efficaces aux niveaux interne et externe pour contrecarrer les ennemis de la nation où qu'ils se trouvent et pour déjouer les stratagèmes illégitimes auxquels ils ont recours.» (1)

Tayeb Belghiche s'interroge sur l'expansionnisme marocain qui dit-il, «a pris en otage le Grand Maghreb,. Jusqu'à quand? L'alternative est claire et tous les Maghrébins de bonne foi et de bonne volonté ne peuvent que la comprendre, sinon la soutenir: faisons le Maghreb avec ceux qui sont prêts. (...) L'Algérie ne peut pas continuer à faire preuve de retenue quand l'arrogance du gouvernement marocain n'a pas de limite. Il ne s'agit pas seulement d'un incident diplomatique en contrôlant ses dommages collatéraux, ajoute encore notre source, car il s'agit de l'avenir de tous les peuples maghrébins». (1)

Dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères il a été rappelé à l'ambassadeur du Royaume du Maroc la «demande pressante» formulée, vendredi dernier, auprès du chargé d'affaires de son ambassade pour obtenir le «plus rapidement possible» des explications circonstanciées sur «la violation inacceptable des locaux consulaires algériens à Casablanca et la profanation impardonnable de l'emblème national, le jour même de la célébration du déclenchement de la glorieuse Révolution du 1er Novembre». (...) Hamid Enaânaâ, l'homme par qui le scandale est arrivé, a agi seul et qu'il est aux arrêts en attendant d'être présenté, le 20 novembre, devant le procureur. Suffisant pour éteindre le feu de la colère en Algérie? Pas sûr. (...), le MAE a demandé officiellement à l'ambassadeur marocain que les autorités algériennes soient associées, «selon une forme appropriée et conformément à la pratique internationale», à l'enquête pour déterminer les faits et s'assurer que les suites appropriées ont été engagées après cet incident «particulièrement grave». Il a été rappelé à l'ambassadeur que l'Algérie n'accorde pas de crédit à la thèse de l'«incident isolé» et encore moins au «fait divers»». (2)

Justement à Abudja, la Conférence africaine de solidarité avec la lutte du peuple sahraoui a ponctué la fin de ses travaux par une déclaration plutôt «hard» à l'égard du Maroc mais aussi de... l'Union africaine. Ayant pris acte de l'incapacité de l'UA à faire entendre raison au Maroc, qui continue d'occuper le Sahara occidental et de réprimer son peuple, syndicats, ONG et sociétés civiles ont décidé d'aller aux avant-postes. Ainsi, il a été décidé de mettre en place un mouvement de solidarité pour l'indépendance du Sahara (Asmows) qui se chargera de mener le combat multiforme pour la décolonisation de ce territoire. Ce mouvement africain de solidarité se propose aussi de collaborer avec ses homologues d'Europe, d'Amérique latine et d'Australie pour la promotion de la cause sahraouie. La Conférence a par ailleurs apporté son soutien aux positions des gouvernements d'Afrique du Sud, d'Algérie et du Nigeria par rapport à la cause sahraouie, et a exprimé sa volonté de faire en sorte que ces positions aillent dans le sens d'une «isolation» du Maroc, comme cela avait été fait auparavant pour le système de l'apartheid.» (3)

Cependant, une prise de conscience se fait jour en Europe et même aux Etats-Unis. On sait que le lobby marocain aidé par le lobby sioniste est arrivé jusqu'à présent à bloquer les prérogatives de la Minurso quant à sa mission de surveillance des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés. D'autre part, on apprend que le président de la Coordination des comités et des associations européennes de soutien au peuple du Sahara occidental (Eucoco), Pierre Galand, a affirmé que le rapport Charles Tannock adopté récemment par le Parlement européen (PE) est «très clair» sur la violation des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés et sur la spoliation des richesses naturelles du Sahara occidental soulignant que ce rapport «est aussi clair dans sa partie réservée à la spoliation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara occidental». Tout en rappelant les décisions adoptées par le PE en relation avec la suspension des accords dans le secteur de la pêche avec le Maroc au regard des violations des droits des Sahraouis dans les territoires occupés, il s'est dit «choqué» de constater que «l'Espagne a signé un préaccord sur la pêche avec Rabat». «C'est choquant d'autant plus que ce préaccord est survenu au moment où l'opinion internationale vient d'apprendre la découverte d'un charnier de victimes sahraouies et que Madrid était au courant de ce drame, a souligné M.Galand.» (4)

Le feuilleton du drame palestinien

L'analogie entre Sahraouis et Palestiniens est troublante. On a tout dit du drame palestinien qui perdure depuis près d'un siècle. Voilà une cause pour la dignité d'un peuple qui accepte de vivre sur le cinquième de sa terre originelle et qui voit chaque jour les perspectives d'un Etat palestinien s'éloigner. Un nouveau round de négociations sans lendemain se déroule sous nos yeux. Israël construit sur les terres palestiniennes tout en déclarant négocier. (5)

Selon une dépêche de l'AFP on apprend qu'Israël a proposé que le tracé de la barrière de séparation serve de base pour les discussions de paix, et non les lignes d'avant 1967, comme le réclament les Palestiniens, Les négociateurs israéliens ont proposé à leurs homologues palestiniens que cette barrière, dont le tracé se trouve à 85% en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, Jérusalem-Est compris (chiffres ONU), serve de point de départ aux discussions, selon le quotidien Yediot Aharonot et la radio publique israélienne.
En outre, Israël veut conserver certaines colonies juives isolées de Cisjordanie - Beit El, Psagot et Nokdim, selon les mêmes sources. Interrogé, un porte-parole du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n'a pas confirmé ces informations, indiquant qu'il ne commentait pas les négociations en cours, sur lesquelles le secrétaire d'Etat américain John Kerry a imposé aux deux parties un black-out médiatique. La question du statut de Jérusalem a également été abordée, Interrogé sur ce point, un haut responsable israélien a indiqué sous couvert de l'anonymat qu'Israël avait ´´dit clairement aux Palestiniens que Jérusalem resterait unifiée sous souveraineté israélienne´´.(6)

La construction de nouvelles unités d'habitation dans les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, y compris dans la ville sainte d'El Qods, se poursuit sans relâche. L'Etat hébreu a lancé dimanche de nouveaux appels d'offres pour la construction d'environ 2000 nouveaux logements dans les Territoires palestiniens occupés en 1967, selon «La Paix maintenant», une organisation non gouvernementale israélienne, opposée à la construction de colonies en Palestine occupée, ces appels d'offres concernent 1859 unités d'habitation en Cisjordanie dont 828 à Jérusalem-Est, El Qods, occupée, mais aussi annexée par Israël en 1967. La Paix maintenant critique les pratiques du gouvernement israélien. «Chaque fois que Netanyahu fait un petit pas vers la paix, il en fait deux grands pour faire en sorte qu'il soit plus difficile de parvenir à la paix, a déploré l'ONG.» (7)

Que fait Abou Mazen? Il va protester pour la millième fois. Lors d'une réunion du comité exécutif de l'OLP, jeudi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, une réaction ferme à la poursuite de la colonisation a été décidée. Pendant ce temps «La pizza» -objet de négociations- rétrécit mais les affaires des dirigeants politiques sont plus que jamais prospères...

La réalité du pouvoir marocain et le Grand Maghreb

C'est un fait que le pouvoir marocain est dans une mauvaise passe qui le conduit à la diversion; le peuple souffre le martyre, s'appauvrit de plus en plus pendant que le roi s'enrichit de plus en plus. Deux journalistes de talent, Catherine Graciet et Eric Laurent, ont analysé dans un ouvrage la prédation royale. Depuis son accession au trône en 1999, écrivent-ils, Mohammed VI a pris le contrôle de l'économie du Maroc dans l'arbitraire le plus absolu. Une stratégie d'accaparement marquée par la corruption effrénée de ses proches. Au Maroc, en 2012, la monarchie impose toujours le silence et le secret sur ses agissements, ce qui a rendu notre enquête souvent délicate à mener. La monarchie marocaine a instauré parmi les élites dirigeantes une véritable «culture de la docilité». Mais, surtout, elle fait peur: lorsqu'elle s'abat, la disgrâce royale condamne socialement mais aussi financièrement et professionnellement. Ils connaissent notre attachement sincère au Maroc et à son peuple. (...) Au Maroc, la monarchie demeure le seul pouvoir. Elle continue de prospérer puisqu'elle a eu la bonne idée de transformer, depuis des décennies, la vie publique et les institutions en un théâtre d'ombres. Les excès du roi sont protégés par une omerta que nous avons décidé de briser avec ce livre.» (8)

«En juillet 2009, le magazine américain Forbes créa la surprise (...) le roi du Maroc, Mohammed VI, faisait une surprenante apparition à la septième place, avec une fortune évaluée à 2,5 milliards de dollars. Il devançait des rivaux en apparence pourtant plus richement dotés, comme l'émir du Qatar, (...) dont la fortune, selon Forbes, était six fois inférieure à celle du souverain marocain. En 2009, la crise financière mondiale survenue un an plus tôt avait frappé de plein fouet l'ensemble des revenus, y compris ceux des plus fortunés. Pourtant, Mohammed VI, dont la fortune avait doublé en cinq ans, semblait mystérieusement échapper à ces aléas...Dans le rapport mondial sur le développement humain élaboré par le Pnud, l'agence des Nations unies pour le développement, couvrant la période 2007-2008, le Maroc est en effet classé au 126e rang (sur 177 États) du point de vue du «développement humain», et le taux de pauvreté du pays atteint 18,1%. Pour ne rien arranger, en 2008, la dette publique du Maroc a bondi de 10% en un an, pour atteindre 11,9 milliards d'euros, soit 20% du PIB. Le classement de Forbes ne faisait que soulever pudiquement un coin du voile sur l'ampleur d'une fortune royale en vérité beaucoup plus importante. Surtout, il taisait ou ignorait les moyens mis en oeuvre pour parvenir à amasser une telle richesse.»(8)

L'utopie de l'Union maghrébine basée sur des malentendus

Dans ces conditions comment peut-on parler d'Unité maghrébine quand les conditions minimales ne sont pas réunies. Pour le roi, ««les ennemis de la nation» ne sont autres que les Algériens. D'ailleurs, depuis son accession au trône, il a développé un discours extrêmement agressif contre l'Algérie, un discours qui, au lieu d'inciter à l'apaisement, pousse au contraire à créer un climat de tension».

«Depuis sa création [l'UMA] en février 1989 à Marrakech, les pays membres ont signé entre eux seulement 37 traités et accords. Or, l'Algérie en a ratifié 29, la Tunisie 28, la Libye 27, la Mauritanie 25 et le Maroc seulement 8. Ce sont là des chiffres qui soulignent clairement le désintérêt du royaume pour la construction maghrébine. Il est surtout en train de vivre avec un rêve moyenâgeux: le Grand Maroc et son corollaire, l'expansionnisme colonial. (..) Le régime de Rabat doit faire son choix et définitivement. Veut-il le «Grand Maroc» ou le «Grand Maghreb»?» (1)

Il y va de l'avenir de la région. Les peuples doivent comprendre que leur salut est dans l'unité. Nous partageons beaucoup de valeurs. Dans le monde actuel si on reste divisés, nous allons devenir des poussières d'Etat. L'arrogance du Maroc qui se croit intouchable n'est pas fortuite elle provient du soutien inconditionnel de la France qui a fait du Maroc son pré carré.

A bien des égards il fait office par sa politique inhumaine, par sa répression sans fin comme un second Israël dans la région, n'a -t-il pas avec l'aide d'experts israéliens fait un mur d'apartheid? Il est vrai que son impunité internationale le place au-dessus du droit international en ignorant les aspirations du peuple sahraoui et plus largement du peuple marocain à vivre libre dans la dignité.


1. Provocations marocaines contre l'Algérie: Le Roi veut-il la guerre? El Watan le 05.11.13

2. L'ambassadeur du Maroc convoqué au MAE...El Watan le 04.11.13

3. Hassan Moali: La Conférence d'Abuja El Watan le 02.11.13

4. http://www.elwatan.com/international/territoires-occupes-pierre-galand-brandit-le-rapport-tannock-05-11-2013-233895_112.php

5. C.E. Chitour: Le calvaire du peuple palestinien. Editions Casbah 2013

6. Israël propose la barrière de séparation comme base des discussions de paix le 05.11.13

7. http://www.elwatan.com/international/2000-nouveaux-logements-en-cisjordanie-netanyahu-piege-la-visite-de-john-kerry-05-11-2013-233890_112.php

8. Catherine Graciet, Eric Laurent. Le Roi prédateur Editions du Seuil p.5-7 mars 2012

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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