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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 09:40

«Les Turcs déçus soulignaient l'avantage d'organiser une manifestation sportive dans un pays à cheval sur deux continents, l'Europe et l'Asie. ´´Je ne peux pas croire que le comité ait manqué l'occasion de commencer le marathon sur un continent et de le finir sur l'autre´´, ´´Ou bien les athlètes du triathlon traversant à la nage entre deux continents. Ce serait épique. Une occasion parfaite de faire l'Histoire. La Turquie aurait dû l'obtenir.»

Voeux pieux de citoyens Turcs

Réuni pour sa 125e session à Buenos Aires, le Comité international olympique (CIO) a confié le 8 septembre 2013 l'organisation des Jeux de la XXXIIe Olympiade en 2020 à Tokyo, laquelle l'a emporté sur les deux autres villes en lice, Istanbul et Madrid, après deux tours de scrutin. L'Espagne a été éliminée dès le premier tour ´´La presse mondiale est unanime: c'est l'économie qui a porté préjudice à l'Espagne´´, titre le quotidien espagnol El Mundo. Les doutes sur la vulnérabilité de l'économie espagnole ont été décisifs face à la candidature de Tokyo pour les Jeux de 2020. Cependant, comparée à la Turquie, l'Espagne s'en est mieux sortie. Bien qu'elle en soit à sa troisième tentative de candidature 1972, 2012, 2016, elle a organisé les Jeux de l'Olympiade à Barcelone 1992 et surtout elle a organisé une manifestation planétaire prestigieuse; la Coupe du Monde en 1982 ainsi que la coupe d'Europe

Malgré Fukushima ou à cause de Fukushima?

Pour Tokyo, il faut rappeler qu'en 1940 et 1964 Tokyo a été retenue pour organiser les jeux. De plus, elle a organisé les Jeux olympiques dhiver: Sapporo 1972, Nagano 1998.
Pour convaincre le CIO qu'au Japon «les Jeux seraient entre de bonnes mains», Tokyo s'était targuée d'avoir déjà mis 4,5 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) dans un fonds spécial en banque pour couvrir le financement des Jeux (soit la moitié de la facture estimée), d'offrir des rues parmi les plus sûres du monde, des finances solides et des infrastructures du plus haut niveau pour des jeux compacts, 85% des sites se situant à moins de 8 kilomètres du village des athlètes. La capitale japonaise va donc accueillir les Jeux olympiques pour la deuxième fois de l'Histoire. La nouvelle a agréablement surpris, mais le projet n'est pas à l'abri des craintes liées à Fukushima.

Les Tokyoïtes ont crié ´´Banzai!´´ ce dimanche 8 septembre pour célébrer l'élection de leur ville pour organiser les Jeux olympiques 2020. L'annonce de cette désignation a été accueillie avec surprise car la population n'y croyait qu'à moitié. (...) ´´Même la Cour impériale a soutenu le projet´´ d'après le journal Sankei, en évoquant la visite de la princesse Hisako Norihito de Takamado à Bueno Aires. Mais cela n'étouffe nullement linquiétude concernant l'accident de Fukushima: ´´le Premier ministre Shinzo Abe a déclaré que la situation à la centrale était parfaitement sous contrôle et que Tokyo n'était absolument pas inquiété par l'accident. On ne peut nier toutefois que la capitale japonaise a aussi touché la corde sensible des membres du CIO, notamment quand elle a réussi à expliquer son choix de se relancer dans la course olympique afin de redonner de l'espoir aux Japonais, ébranlés par le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du pays en mars 2011.» (1)

Fukushima pollue le Pacifique! Fukushima sera (peut-être) démantelé d'ici... 40 ans (= 2051?)! Qu'en sera-t-il d'ici 2020 = dans 7 ans à peine? Si le gouvernement japonais s'empressait tant ces derniers temps à reprendre la main sur la gestion de la catastrophe de Fukushima, c'est notamment qu'il avait en ligne de mire les JO de 2020... Chaque jour, une nouvelle fuite, une annonce d'une hausse du taux de radioactivité inattendue... Pourtant c’est l’mapthie envers le peuple japonais qui l’a emporté sur les craintes suscités par lles conséquences radioactives du démantèlement qui diton ne s’estomperaient que dans quarante ans à la fin du démantèlement

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Les précédents camouflets de la Turquie

Pour rappel cela fait cinq fois que la Turquie sollicite l'Occident pour organiser les jeux 2000, 2004, 2008, 2012. Quelle naïveté que ces Turcs qui n'ont rien compris! La proximité avec la Grèce et le marathonien Philippides ne leur est d'aucun secours. C'est un nouveau camouflet pour Ankara. Le rejet de la candidature turque pour l'organisation des Jeux olympiques de 2020 passe mal.

La France a été désignée en mai 2010 pour organiser l'Euro-2016. Une victoire qui fait jaser sur les rives du Bosphore, où l'on dénonce un choix politique plus que sportif. Soutenue par son président Abdullah Gül, la Turquie perd pour la troisième fois consécutive l'organisation de la compétition. La France a déjà accueilli le Championnat d'Europe en 1984 et la Coupe du monde en 1998. Elle avait également accueilli en 1960 l'ancêtre de l'Euro. Il n'empêche! Tout sauf la Turquie!

En mai 2010, lors de la non désignation de la Turquie, Yakir Mizrahi, journaliste sportif à Istanbul, écrivait: ´´Ne sommes-nous pas assez Européens pour organiser l'Euro?´´: «Nous sommes très déçus par la décision de l'Uefa. Nous pensons qu'elle est injuste, d'autant plus que la France obtient pour la deuxième fois le droit d'organiser l'Euro. Alors pourquoi priver la Turquie pour la troisième fois consécutive d'une telle opportunité? Nous avons l'impression que l'on nous envoie un message politique, comme si l'on voulait nous dire que nous ne sommes pas assez Européens pour organiser l'Euro. On nous reproche notre manque d'infrastructures et de moyens de transports. Mais l'Ukraine, qui organise l'Euro-2012, n'est pas mieux lotie. Et, pour couronner le tout, le patron de l'UEFA, Michel Platini, a été irrespectueux à l'encontre de notre président. Lorsque le président français Sarkozy est arrivé à Genève pour s'adresser aux délégués de l'Uefa, Platini s'est levé et l'a présenté à tous les membres du comité exécutif. Mais lorsque notre président Abdullah Gül est arrivé, il n'a pas daigné se lever. Les médias locaux ont dépeint ce geste comme une offense à la Turquie. Je pense que les Turcs ne vont pas oublier de sitôt cet épisode, ni cette décision injuste.´´»(2)

Les mea culpa turcs

Après le rejet de la candidature d'Istanbul à l'organisation des Jeux olympiques de 2020, la presse turque est amère et s'interroge: la décision du CIO est-elle politique, ou est-ce l'image négative de la Turquie qui a fait pencher la balance? Nous lisons: «Que pouvait-on espérer, alors que l'on assiste à nouveau à des manifestations de violence policière sur le campus de l'Université Ödtü à Ankara? Mehves Evin, dans Milliyet, pointe également les effets néfastes pour l'image de la Turquie des événements du parc Gezi, Turan Alkan dans Zaman, quotidien qui exprime un soutien critique à l'égard du gouvernement AKP, tout en refusant de conclure que ´´décidément, le monde extérieur n'aime pas les Turcs´´, estime que la décision de ne pas choisir Istanbul est politique: ´´Que deux tiers des membres du CIO aient voté en faveur de Tokyo a incontestablement une dimension politique et culturelle. ´´Les forces politiques que l'on retrouve implicitement au sein du CIO ne voient pas nécessairement d'un bon oeil que la Turquie franchisse un palier. Cette affaire est assez semblable à ce qui se passe avec l'Union européenne, à la porte de laquelle on nous fait attendre depuis des décennies. Les maîtres de ce monde considèrent ainsi que la Turquie doit certes faire partie du ´´système´´ mais en restant éloignée du ´´centre de commandement´´». (3)


Les tripatouillages des organisations du football et de l'olympisme

Là où il y a de l'argent, il y a de la corruption, voire des tripatouillages en tout genre. Les voix sont achetées en y mettant le prix. On se souvient tous de Avery Brundage qui régna pendant longtemps sur le CIO dans une grande opacité. Ce fut encore pire avec Juan Antonio Samaranch. Nous avons en mémoire la honte de l'attribution de la Coupe du monde 2022 à un émir ventripotent qui compte investir 200 milliards et construire des stades climatisés.

Ainsi après avoir plaidé, en juillet dernier, pour que le Mondial-2022 prévu au Qatar puisse se disputer en hiver, plutôt qu'en été, à cause des grandes chaleurs qui caractérisent ce pays désertique du Moyen-Orient, en qualifiant cette situation d'«irrationnelle», le président de la Fifa, Joseph Blatter, vient de déclarer que sa fédération «s'est peut-être trompée d'avoir donné son accord pour l'organisation de la Coupe du monde de football de 2022 au Qatar». Il a ajouté qu'il «faut par ailleurs tenir compte des paramètres politiques et géopolitiques». Continuant dans son mea culpa, Blatter s'en prend à l'eurocentrisme: «La Coupe du monde est un événement mondial. Qui sommes-nous, nous les Européens, pour imposer nos points de vue? Je pense qu'il est grand temps que l'Europe commence à comprendre qu'elle ne régit plus le monde et que certaines anciennes puissances coloniales ne sont plus en mesure d'imposer leur volonté aux autres peuples de la planète.» (4)



Le chemin de croix de la Turquie vers une Europe qui dérive loin d'elle


Les raisons du refus sont légères. Le choix d'Istanbul par le CIO se présentait comme plus audacieux. Trop risqué pour cette institution? La guerre en Syrie et la menace d'un embrasement possible du Proche-Orient ont-elles pesé sur la candidature stambouliote? Cette question n'aura probablement jamais de réponse. ´´Istanbul est à plus de 1000 km de Damas, a martelé Hasan Arat, président d'Istanbul 2020 durant sa campagne. Et les JO auront lieu dans sept ans! Nous espérons que la guerre sera terminée d'ici là...´´ Où est alors la raison?

Il nous faut remonter dans le temps. La Turquie d'Atatürk s'est toujours voulu européenne. Après avoir aboli le califat, adopté un modèle de Constitution copiée sur la Suisse et la France, elle a sans état d'âme choisi l'Occident. La Turquie, pays partagé entre Europe et l'Asie mineure, participe très tôt à la construction européenne. Elle est membre fondateur de l'Organisation européenne de coopération économique (1948), adhère dès 1949 au Conseil de l'Europe et à l'Otan en 1951. Durant la Guerre froide, la Turquie s'allia aux États-Unis et à l'Europe de l'Ouest. Le 11 novembre 1957, le Premier ministre turc souhaite que la Turquie adhère aux initiatives telles que la Communauté économique européenne, Le 31 juillet 1959, dix-huit mois seulement après l'entrée en vigueur des traités de Rome, la Turquie a présenté sa demande d'association à la CEE.

En 1961, lors de l'adoption de la nouvelle Constitution turque, un alinéa est rajouté à l'article 65, concernant la ratification des traités internationaux, afin de faciliter l'adhésion turque à la CEE8. La Grèce avait présenté sa demande le 8 juin 1959 pour un accord d'association avec la Communauté économique européenne entrant en vigueur le 1er novembre 1962. Celui avec la Turquie entra en vigueur le 1er décembre 1964. La Turquie a déposé sa demande d'adhésion à l'Union européenne le 14 avril 1987 (alors Communauté européenne). La Turquie est un membre associé de l'Union européenne(UE) et des communautés qui l'ont précédée depuis 1963. La Turquie a signé un accord d'Union douanière avec l'Union en 1995 et a officiellement été reconnue candidate le 12 décembre 1999 lors du sommet européen d'Helsinki. Les négociations commencèrent le 3 octobre 2005. La demande d'adhésion est devenue un sujet de controverse majeur parmi les élargissements en cours de l'Union européenne. Selon plusieurs sondages réalisés ces dernières années, la grande majorité des Européens et plus particulièrement des Français restent contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. (5)

En décembre 1997, le Conseil européen de Luxembourg décide de «lancer un processus d'adhésion englobant les dix États candidats d'Europe centrale et orientale et Chypre». Le Conseil européen «décide de convoquer au printemps 1998 des conférences bilatérales pour commencer les négociations avec Chypre, la Hongrie, la Pologne, l'Estonie, la République tchèque et la Slovénie [...]. Parallèlement, la préparation des négociations avec la Roumanie, la Slovaquie, la Lettonie, la Lituanie et la Bulgarie est accélérée». Tous ces pays ont été intégrés, on peut ajouter la Croatie dont l'adhésion a été très rapide.

L'Autriche et la France du président Sarkozy- celui qui a lancé la fameuse phrase-si la Turquie était en Europe cela se saurait- ont toutes deux déclaré qu'elles organiseraient un référendum sur l'adhésion de la Turquie et uniquement contre ce pays... C'est le cas en France avec le changement apporté en 2005 à la Constitution. Pourtant pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, l'empire Ottoman était appelé: " l'homme malade de l'Europe", et il n'a eu de cesse de se battre attaqué par les puissances de l'époque ; la perfide Albion et son acolyte le Coq gaulois qui étaient de toutes expéditions pour "protéger les minorités chrétiennes du Levant Le problème de la partition de Chypre est aussi un prétexte à l'évolution des négociations. La partie occidentale de Chypre est européenne. De l'autre côté de la route, les Chypriotes turcs n'ont aucun avantage... En 2006, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, considérait que le processus pourrait durer au moins jusqu'en 2021. On reste rêveur quand on sait que les pays de l'Est, anciennement les ennemis, ont été intégrés au pas de charge en moins de cinq ans. Nous sommes à plus de cinquante ans et il n'y a pas de signes avant-coureurs de l'acceptation des Turcs qui n'ont pas compris que l'Europe chrétienne est contre. Il suffit de lire les écrits de Giscard d'Estaing, des deux papes Jean-Paul II et plus encore le «panzer cardinal» Benoit XVI particulièrement remonté contre les Turcs qu'il connait pour les côtoyer en Allemagne. Pour Angela Merkel «inviter la Turquie à devenir un pays candidat était une erreur». Le 31 octobre 2012 le Premier ministre Recep Tayyip Erdoðan annonce que, si d'ici 2023 la Turquie ne se voit pas accorder le statut de membre, celle-ci retirera sa demande... (5)

On le voit, il y a un fait, l'Europe, et plus largement l'Occident, fait à l'égard de la Turquie l'endiguement, qui ne peut être expliqué que par la religion. Pour eux le spectre de l'Islam, même à la mode aseptisée de l'AKP, est incompatible avec les «valeurs» de la chrétienté. Il est à parier que des pays au coeur de l'Europe comme la Bosnie, l'Albanie passeront par le même feuilleton sans lendemain. Que veut en définitive l’Occident , s’acququiner avec les extrêmes d’un Islam Politique réactionnaire et repousser un Islam apaisé comme on le voit en Syrie ou dans les monarchies du Golfe ?

On comprend le Premier ministre turc Erdogan exprimant sa déception à la presse argentine après le niet du CIO: «Ce n'est pas juste. D'une certaine manière, le comité de l'IOC est en train de rompre avec le monde musulman qui représente 1.5 milliard de personnes.» Pourtant, C'est à Ephèse en Turquie, que dit-on, la Vierge Marie aurait terminé ses jours...



1. http://www.courrierinternational.com/ revue-de-presse/2013/09/09/tokyo-entre-surprise-et-euphorie?utm_campaign=&utm_ medium=email&utm_source=Courrier+international+au+quotidien


2. http://observers.france24.com/fr/content/ 20100528-france-gagne-organisation-euro-2016-turcs-voient-rouge


3. http://www.courrierinternational.com/ revue-de-presse/2013/09/09/un-revers-pour-la-turquie


4. http://algeriepatriotique.com/article/blatter-le-choix-du-qatar-pour-le-mondial-2022-ete-une-erreur*


5. Adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Encyclopédie Wikipédia

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 08:28



«Si chacun balayait devant sa porte, comme la ville serait propre!»

 

Proverbe russe

 

Lundi 17 juin les huit, pays les plus industrialisés se sont retrouvés pour un sommet en Irlande. L'unanimisme de façade du G8 sur le fléau de l'invasion fiscale que le néolibéralisme tente d'endiguer dans ses excès, a volé en éclats quand il s'est agi de la Syrie. Le voeu des vassaux d'imposer un espace interdit à l'aviation de la Syrie comme aux plus beaux jours de l'aventure BHL-sarkozienne qui a abouti à l'assassinat d'El Gueddafi.


Le problème de l'évasion fiscale

 

On nous dit que Les dirigeants des grandes puissances du G8 se sont séparés, mardi 18 juin, au terme de deux jours de sommet en affichant un front uni pour ´´combattre le fléau de l'évasion fiscale´´ qui n'a néanmoins pas masqué leurs désaccords profonds sur le conflit syrien. (...) États-Unis, Russie, Japon, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Canada se sont engagés à mettre en place un échange automatique d'informations, dans une déclaration commune rendue publique mardi. La ´´déclaration de Lough Erne´´, doit faire en sorte que ´´ceux qui veulent échapper à l'impôt n'aient nul part où aller´´, a conclu le Premier ministre britannique, David Cameron. Le G8 s'attaque donc aux sociétés-écrans et aux placements offshores par la nécessité de ´´savoir qui les détient vraiment´´ tout en exigeant que ´´les administrations fiscales et les autorités chargées de faire respecter la loi soient en mesure d'obtenir ces informations facilement´´. Pour ce faire, ´´les Etats doivent modifier les réglementations qui permettent aux entreprises de transférer leurs bénéfices d'un pays à l'autre pour échapper à l'impôt´´. (...) Enfin, le G8 a promis de nouvelles normes pour éviter que les multinationales comme Google, Apple, Starbucks ou Amazon échappent à l'impôt par le biais de mécanismes sophistiqués d'optimisation fiscale.»(1)


Comment faire? Le G8 a la solution. Dans ce domaine nous dit-on «les dirigeants ont pour ambition commune d'imposer l'échange automatique de données bancaires et fiscales entre pays, sur tous les contribuables. Et ce, jusque dans les paradis fiscaux et les pays à secret bancaire de tradition, où ces derniers pourraient dissimuler des avoirs. Les membres du G8 étant tous d'accord pour aller vers l'échange automatique, de la Russie au Japon, il s'agit d'amorcer une dynamique d'ici le G20 de septembre à Saint-Pétersbourg. (2)



Le «Chemin de Damas» des puissants du G7

 

L'autre sujet qui a focalisé l'attention est la plaie sanguinolente du peuple syrien victime d'un conflit qui le dépasse. Celui d'un redécoupage du monde comme au bon vieux temps de Sykes-Picot il y a de cela un siècle. Pourtant, le verdict d'une solution à la libyenne avec lynchage à la clé ne fut pas retenu. A bien des égards la «conversion» à la solution de la paix concernant le conflit syrien des pays européens au premier rang desquels se trouvent les boutefeux anglais et français, s'apparente à celle de Paul sur le chemin de Damas.

 

Le Père Marchadour, bibliste, nous rappelle les circonstances du revirement de Paul: «Paul est un jeune homme d'à peu près 35 ans. Né dans la diaspora, il a vécu dans un environnement culturel hellénistique, tout en étant fortement protégé dans son identité juive. (...) Saül a été formé pour pratiquer et faire respecter la tradition pharisienne, en particulier dans toutes les exigences de la Loi. C'est son zèle pour la Torah qui explique son hostilité contre les disciples de Jésus. et la ´´persécution´´ qu'il mène contre l'Église. Quel genre d'intervention musclée pouvait-il se permettre alors que Rome avait le monopole des arrestations, des incarcérations et des exécutions? À moins que ce soit un genre de lynchage populaire, commis hors légalité, comme ce fut le cas pour Étienne (...) Et voici que son combat, qu'il croit sincèrement conforme au projet de son Dieu, est remis en question radicalement à la suite de l'irruption de Jésus dans sa vie, à la fois fracassante et discrète. (...) L'homme, plein de certitudes sur son Dieu, se fait renverser sur le chemin de Damas. ´´Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu? Je suis Jésus que tu persécutes.´´ (3)


Souvenons-nous, il s'agissait -maintenant que la ligne rouge était franchie pour Bachar El Assad accusé avoir utilisé du gaz sarin avec des preuves ramenées par des journalistes du Monde et par la CIA- de passer à l'étape suivante à confier à l'Otan... Comme l'écrit Manlio Dinucci: «Les «preuves» ont été fournies par la CIA, la même qui, il y a dix ans, fournit la documentation photographique, montrée par Colin Powell au Conseil de sécurité, sur la possession par l'Irak de 500 tonnes d'armes chimiques et biologiques (...) Mais désormais, les jeux étaient faits: les «preuves» de la Cia avaient servi à justifier la guerre contre l'Irak. Peu importe donc si, une fois la guerre gagnée contre la Syrie, on découvrait que ce sont les «rebelles» qui ont utilisé des armes chimiques, comme a déclaré Carla Del Ponte de la Commission ONU sur les crimes de guerre. (...) D'après le jugement sans appel de Washington, la Syrie a franchi la «ligne rouge» et le président Obama, à contrecoeur, a décidé de fournir des armes aux «rebelles». En dissimulant le fait, émergé de l'enquête du New York Times (26 mars), que depuis janvier 2012 la CIA fournit des armes aux «rebelles», en les faisant arriver par un pont aérien en Turquie et Jordanie et en entraînant là les forces infiltrées en Syrie. (...) La no-fly zone sera imposée par les chasseurs étasuniens qui, décollant de Jordanie et des porte-avions, pourront détruire avec leurs missiles les avions et les défenses anti-aériennes de la Syrie sans survoler son territoire. La no-fly zone, donc, «ne requerra pas une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU».(4)


La veille de l'arrivée en Irlande des membres du G8, la presse main stream martelait avec zèle sur le fait que le sommet allait décider de la mise à mort définitive du peuple syrien par la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne qui comme chacun sait a été le compte à rebours en Libye pour le lynchage d'El Gueddafi. Non seulement il n'y eut pas de lynchage, mais les vassaux furent contraints et forcés de faire marche arrière pour -sauver à défaut du peuple syrien- le sommet irlandais Que s'est-il passé? Une phrase permet d'expliquer le tout. Vladimir Poutine a réussi à «convaincre» ses partenaires du G8 qu'il faut raison garder et qu'il faut militer plus que jamais pour la solution politique. Le G8 s'est joué à ´´sept contre un´´ sur le dossier syrien: les Occidentaux, qui espéraient infléchir la position de Moscou, se sont heurtés à un Vladimir Poutine farouchement déterminé à éviter l'escalade à tout prix.
Signe des tensions persistantes, les membres du G8 se suffisent du plus petit dénominateur commun dans leur déclaration, à savoir trouver ´´une solution politique à la crise, basée sur une vision d'une Syrie démocratique´´ et comprenant toutes les parties au conflit. La tenue d'une conférence de paix sur la Syrie, maintes fois repoussée, qui se fera ´´dès que ce sera possible´´ mentionne le communiqué.


Ultime revirement: lors de sa rencontre avec la presse française, François Hollande déclare: «Nous savons que nous ne sommes pas d'accord avec Poutine sur, à la fois, les livraisons d'armes, les armes chimiques, la question du rapport au régime syrien. Donc, ce qu'il nous faut faire, tous les chefs d'Etat et de gouvernement qui sont ici, c'est d'aller vers une solution politique à travers la conférence de Genève, chacun devant faire pression sur ceux qui sont les plus proches pour Vladimir Poutine, le régime syrien, et pour nous, l'opposition, pour qu'il puisse y avoir une conférence qui débouche véritablement sur une solution.´´(5)



La détermination de Poutine tsar de toutes les Russies à sauver la paix

 

«Les membres du G8 se félicitent d'avoir obtenu l'adhésion du président russe à un engagement en faveur d'un processus de paix et d'une transition politique.» Curieusement, la conférence se félicite que Poutine veuille bien accepter la proposition qu'il a lui-même faite depuis le début... Le journal Le Figaro relate justement, avec amertume la reddition du G7 devant la Russie, nous lisons: «Vladimir Poutine aura finalement réussi à reléguer à l'arrière-plan l'option d'armer les rebelles syriens, qui prévalait pourtant, la semaine dernière après le soutien américain à la proposition franco-britannique. À la place, les membres du G8 se félicitent d'avoir obtenu l'adhésion du président russe à un engagement en faveur d'un processus de paix et d'une transition politique, sans autre arrêté de date que «dès que possible». L'échéance de juillet est oubliée, des dirigeants évoquent maintenant août ou septembre ».(6)

 

« Cette déclaration en sept points met l'accent sur la convocation de la conférence dite de Genève 2, prévoit d'accroître l'aide humanitaire aux réfugiés, demande la création d'un gouvernement de transition et condamne l'usage d'armes chimiques - qui devra, selon le G8, faire l'objet d'une enquête internationale sous l'égide de l'ONU. Elle ne fait en revanche pas référence au départ d'Assad, tout en lançant un appel à ses fidèles qui souhaiteraient déserter. Les leaders du G8 estiment avoir sauvé la face plutôt que de se séparer sans accord, et se targuent d'avoir ramené Poutine à la table des négociations après plusieurs entretiens bilatéraux très tendus. François Hollande a beau jeu, du coup, de souligner son devoir de continuer à soutenir l'opposition «par tous moyens, humanitaires, matériels, politiques». Mais pas militaires.(...) En retrait par rapport à ces derniers jours, a plaidé auprès de François Hollande lors de leur rencontre bilatérale à la fin du sommet qu'une intervention militaire n'était «pas d'actualité».(6)

 

Autre point marqué par Moscou, Hollande n'exclut plus la présence des Iraniens à la conférence de Genève 2. Le G8 a, par ailleurs, pris acte du poids grandissant des jihadistes dans la rébellion, s'inquiétant de «la menace grandissante du terrorisme et de l'extrémisme en Syrie et de la nature de plus en plus intercommunautaire du conflit». Une formule sur laquelle pourra s'appuyer Damas, qui n'a de cesse de répéter qu'il lutte contre des «terroristes». David Cameron a souligné qu'un gouvernement de transition devrait être non confessionnel. (...) Pris au piège de leurs positions aussi intransigeantes qu'intenables, les Occidentaux se sont déjugés: plus de ligne rouge, plus d'exigence du départ d'Assad, plus d'absence de l'Iran aux débats Le monde a changé, il est grand temps de s'en rendre compte. L'Occident a subi une humiliation presque sans précédent et il faudra choisir, soit la solution politique, soit armer les rebelles, ce qu'il font déjà, et se préparer à une guerre mondiale. Dans le communiqué on lit: «La menace de la livraison d'armes ne sert plus que de levier pour faire pression sur Assad en vue d'obtenir la conférence de Genève, désormais seule priorité.» Comment peut-on déclarer cela, une chose pareille alors que Assad est d'accord pour cette réunion, et que les seuls qui y sont opposé, c'est justement les rebelles?» (6)



«Ich bine ein Berliner» versus «Nous sommes avec le peuple syrien»

 

Ces deux phrases, la première prononcée est célèbre, la deuxième aurait pu être le bréviaire des chercheurs de paix au G8. Souvenons-nous le 26 juin 1963, John Kennedy débarque à Berlin-Ouest. En pleine Guerre froide, le président américain prononce ces quatre mots restés si célèbres: «Ich bin ein Berliner» qui à l'époque était synonyme de résilience...

 

Après le sommet du G8, Obama est parti en Allemagne. «Comme en écho à ses prédécesseurs, écrit Patrick Saint Paul, il a choisi Berlin-Est pour tenter de marquer l'histoire de son empreinte. (...) En 1987, le président Ronald Reagan avait provoqué l'incrédulité en lançant son appel au numéro un soviétique: «M.Gorbatchev, abattez ce Mur. Ouvrez cette porte.» Mercredi, Obama a appelé à tourner définitivement la page de la Guerre froide avec une réduction des arsenaux stratégiques nucléaires américain et russe. Cependant, il s'est gardé d'interpeller directement Vladimir Poutine, évitant d'user d'une rhétorique à la Reagan, après l'ambiance glaciale qui a régné entre lui et le président russe lors du G8, lundi et mardi en Irlande du Nord. (...) Cinquante ans presque, jour pour jour, après le «Ich bin ein Berliner» de John F. Kennedy, l'actuel président américain a dit vouloir s'inspirer de l'esprit de Berlin, dont les habitants ont pris en main leur destin pour surmonter des obstacles immenses. «Alors que nous restons vigilants à propos de la menace terroriste, nous devons dépasser l'état d'esprit de guerre perpétuelle aux États-Unis et cela implique de redoubler d'efforts pour fermer la prison de Guantanamo. Cela implique de contrôler l'utilisation de nouvelles technologies comme les drones et de rechercher le bon équilibre entre la quête de sécurité et la protection de la sphère privée.» Ajoutant: «Le Mur appartient à l'Histoire (...), maintenant, c'est à nous d'écrire l'Histoire.» (7)

 

«Nous sommes avec le peuple syrien!» Cette phrase résume le sacerdoce de Vladimir Poutine sur la façon élégante avec laquelle il a résisté au sommet du G8 à ceux qui voulaient en découdre à tout prix. La vérité est que Poutine seul face à sept puissances imbues de la volonté de l'hyperpuissance a résisté et a vaincu car sa cause est juste. L'Occident sait que l'opposition, qui sans Al Nosra, ne vaut militairement rien, en plus, elle est en train de s'effondrer militairement et politiquement depuis sa dislocation à Al Quassaïr. De l'autre côté, vous avez une armée du peuple soudée et unie derrière son président qui, militairement grignote du terrain avec des opérations chirurgicales et avance politiquement vers Genève avec une délégation, une vision et un plan. De l'aveu même de l'Otan, Bachar El Assad bénéficie du soutien de plus de 70% de la population.

 

Le conflit latent entre l'Occident et la Russie héritière de l'Union soviétique, lors du G8, a vu le renouveau de la Russie et du tsar Poutine. L'Occident, sûr de lui, a enterré un peu trop tôt la Russie et l'âme de résilience des Russes dont parle si bien Dostoïevski. Qu'il se souvient de la retraite de Russie et de la bataille de Stalingrad. On a bien senti que plus rien ne sera comme avant. Pourtant , il est  inquiétant de constater comment les pays occidentaux ont accepté de faire marche arrière. Cela cache justement quelque chose ! Surtout si l’on sait que les « amis de la Syrie vont se réunir à Doha sur les moyens d’aider les combattants de la liberté et que dans le même temps ces combattants annoncent qu’ils disposent d’armes sophistiquées ?

 

Il est à espérer , cependant, que  malgré toutes les manœuvres, les négociations de Genève se tiennent et aboutissent à une solution où l'alternance est consacrée pour le plus grand bien du peuple syrien. Amen!



1. Le G8 uni sur l'évasion fiscale mais divisé sur la Syrie Le Monde.fr avec AFP 18.06.2013


2. L'échange automatique des données bancaires, une priorité du G8. Le Monde 17.06.2013


3.  http://www.croire.com/Definitions/Bible/ Saint-Paul/Le-retournement-de-Paul-sur-le-chemin-de-Damas

 

4. Manlio Dinucci       http://www.mondialisation.ca/lart-de-la-guerre-le-lion-impatient-de-mettre-en-pieces-sa-proie/5339616


5.  http://www.lemonde.fr/politique/article/ 2013/06/17/syrie-hollande-veut-mettre-la-pression-sur-la-russie_3431520_823448.html


6. http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/18/01003-20130618ARTFIG00669-g8-poutine-resiste-aux-occidentaux-sur-la-syrie.php?m_i=SfVSoIOMcPja8_ oJPMMTuonVCU8FLTzGZvbgRiZFjysu4%2BjSm


7.  http://www.lefigaro.fr/international/2013/06/19/01003-20130619ARTFIG00613-obama-a-berlin-dans-les-pas-de-jfk-et-de reagan.php?m_i=pMmpSnwuGsmunD1 yYa47k_ncbYvyEVND4WoU4KZ0ShgE9XCVF

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 13:23

 

 

«Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier! Qu'avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. Du reste, homme assez ordinaire; tandis que moi, morbleu! perdu dans la foule obscure, il m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes...»

 

 Beaumarchais, tirade (Le Mariage de Figaro, Acte V, scène 3, 1784)

 

 

Cette tirade de Figaro s'applique de tout temps à la nature humaine. Il est toujours scandaleux de constater que certaines personnes qui ont jailli du néant sont mieux considérées que les besogneux qui suent sang et eau pour une position sociale chèrement acquise. L'abolition en France en 1789, en théorie, des privilèges à en principe donné un coup d'arrêt a ceux qui sont nés avec «une cuillère d'argent dans la bouche». Qu'en est-il réellement de cette injustice planétaire qui fait que la visibilité de certains confine à la race génétiquement supérieure, alors que d'autres -sans doute par atavisme, voire par auto- suggestion  savamment entretenue- se disent oubliés de Dieu quand il a «réparti» les pouvoirs de l'argent, de la connaissance, de la puissance médiatique et de la célébrité. Je veux ici rapporter en honnête courtier ce que je crois être de bon sens en traitant de la différence entre la réussite des fils d'Isaac et l'échec des fils d'Ismaël, tous deux Sémites et fils d'Abraham.


La déconstruction du mythe des races supérieures: Le cas Einstein


L'exemple le plus lumineux de la réussite mis en avant par les juifs est sans conteste celui d'Albert Einstein- le père de la théorie de la relativité- qui a révolutionné la physique. En est-il réellement le père? Beaucoup de publications lui dénient ce droit! Le père «réel» serait Henri Poincaré, grand mathématicien. Einstein serait-il plagiaire en s'appropriant un travail qui n'est pas le sien? C'est en tout cas l'avis de beaucoup comme rapporté à l'occasion du centenaire de la théorie de la relativité par Einstein. «C'est en effet Henri Poincaré qui fut l'inventeur de la relativité restreinte qui se trouve déjà présentée dans une série de publications écrites de 1898 à 1905 - série de publications qui s'appuient sur des travaux antérieurs de Poincaré lui-même, remontant à 1885 et d'Hendrik Lorentz que Poincaré a l'honnêteté de fréquemment citer. De même, l'inventeur de la relativité générale n'est pas davantage Einstein, mais David Hilbert en 1915.» (1)

 

Que dit précisément la  théorie de la relativité ?

 

« La théorie de la relativité restreinte indique que les mesures d’espace et de temps dépendent de la vitesse de l’observateur de l’événement. En particulier, les lois de cette théorie montrent que : le temps se dilate : le temps mesuré par une horloge en mouvement s’écoule plus lentement par rapport au temps mesuré par une horloge fixe.  L’espace se contracte : la longueur d’un objet en mouvement est diminuée par rapport à la mesure faite dans le référentiel où l’objet est immobile La vitesse de la lumière est constante quelque soit le repère ou référentiel dans lequel l’observateur se trouve, elle est toujours d’environ 300000 km par seconde, c’est en quelque sorte une exception, un cas limite, cette vitesse est donc absolue et non pas relative » (2)

 

 

Pour le physicien Jean Antraigues, «Les vrais découvreurs de la relativité furent Hendrik Lorentz et Henri Poincaré. Le véritable acte fondateur de la théorie de la relativité est sa note à l'Académie des sciences du 5 juillet 1905; et non l'article du 26 septembre 1905 d'Albert Einstein dans la revue Annalen der Physik, qui n'avait fait que reproduire, aux notations près, les formulations de Poincaré, et devint pourtant par la suite le point de départ de l'une des plus fabuleuses carrières médiatiques de tous les temps. Mais laissons simplement parler Henri Poincaré et Hendryk Lorentz: «... Les résultats obtenus sont d'accord sur tous les points importants avec ceux de Lorentz; j'ai été seulement conduit à les modifier et à les compléter dans quelques points de détail. Le point essentiel, établi par Lorentz, c'est que les équations du champ électromagnétique ne sont pas altérées par une certaine transformation (que j'appellerai du nom de Lorentz) et qui est de la forme suivante:...» (H.Poincaré, note à l'Académie des Sciences du 5 juin 1905). Dans un article nécrologique sur Poincaré, publié en 1921, H. Lorentz déclare: «(...)Poincaré au contraire a obtenu une invariance parfaite... et a formulé le Postulat de Relativité, terme qu'il a été le premier à employer.» (2)


Comment Albert Einstein a acquis la notoriété qui est la sienne?

 

Le premier article d'Einstein ne comportait aucune citation, aucune référence en bas de page ce qui ne se fait jamais dans les publications scientifiques car les scientifiques ne partent jamais de zéro mais de travaux, résultats et études précédents. La réponse d'Einstein est une reconnaissance tardive. Nous lisons: «Quant à la relativité restreinte, c'est bien plus en m'appuyant sur les travaux du physicien néerlandais Hendrick Lorentz (1853-1928) sur la contraction des longueurs, que j'ai pu en déterminer le formalisme. D'ailleurs, je parle de ´´transformations de Lorentz´´. Cette théorie pose l'équivalence de la masse et de l'énergie, la fameuse relation E=mc2. (..) L'aspect mathématique très avancé de ces travaux m'a amené encore une fois à me servir des résultats établis par le mathématicien français Henri Poincaré (1854-1912) mais aussi à développer mes propres outils. Suis-je un plagiaire? Poincaré a énormément travaillé sur le principe de relativité. J'ai d'ailleurs toujours reconnu Poincaré comme le co-inventeur de la relativité. Poincaré a été le premier à énoncer les propriétés du groupe de Poincaré-Lorenz, qui ont conduit à mon article fondamental de 1905 sur la relativité restreinte.» (4)


Les Juifs et la « chasse gardée » du prix Nobel

 

L'un des arguments expliquant l'octroi du prix Nobel à Einstein résiderait dans le fait que les familles Planck et Einstein se connaissaient à Munich, d'où les entrées dont a disposé Einstein dans la revue «Analen der Physik» dont le directeur de Publication était Max PlanCk qui a rendu possible la publication. Cependant? il faut le souligner, le prix Nobel n'a pas été octroyé à Einstein pour la relativité. «Il va sans dire, poursuit le physicien Jean Antraigues, que la présence dans le comité du prix Nobel de Hendryk Lorentz, fut un obstacle infranchissable à l'attribution de ce prix à Einstein pour la théorie de la relativité. Le prix 1921, qui lui a été attribué, ne l'a en effet été que «pour ses contributions à la Physique Théorique, plus spécialement pour sa découverte des lois de l'effet photoélectrique». (3)

 

A en croire ainsi les scientifiques français, le prix Nobel a été décerné à Einstein du fait qu'il était allemand. Nous lisons: «Tout à l'opposé d'Einstein, Poincaré, n'était pas homme à chercher à se mettre en valeur.Le poids de l'école dominante en Physique, qui en ce début du XXe siècle était l'école allemande, les tensions politiques entre la France et l'Allemagne étant en outre alors de plus très vives.» (3)

 

Mieux encore, l'argument juif a été invoqué: «La carrière d'Einstein a été boostée par les médias. Nous lisons: «Aux Etats-Unis, les trois grandes chaînes NBC, ABC et NBS ont lancé Einstein dans les années 1920 à la radio initialement, puis à la télévision. David Sarnoff, russe spécialiste du Talmud et de la Torah (NBC, ABC) et William Paley (CBS) ont projeté leur protégé Einstein de la même communauté telle une vedette de cinéma et l'ont rendu célèbre. Deux mois avant sa mort, Einstein prétendait qu'il ne savait rien de Poincaré mais comment se fait-il qu'il a utilisé le mot de relativité qui a été inventé par Poincaré. Il a donc non seulement fait preuve de plagiat mais également de mensonge. (...) » (5)

 

Dans le même ordre, une publication de 2011, nous apprend que le comité Nobel est pour ainsi dire, pris en otage par les juifs une «comptabilité» non dénuée d'arrière pensées a été faite pour «recenser» justement les prix Nobel non pas en fonction des nations mais en fonction des religions. Immédiatement ce fut un tollé, je propose au lecteur la réponse: «Dans une lettre ouverte datée du 31 mars, signée par deux scientifiques, Jan C. Biro, professeur honoraire à l'Institut Karolinska de Stockholm, et Kevin B. MacDonald, professeur de psychologie à l'Université d'Etat de Californie, un comité agissant sous le nom de ´´Revision Comity of the Nobel Foundation´´, dénonce: ´´The Jewish bias of the Nobel Prize´´, le ´´parti pris juif´´ du prix Nobel. (...) En ouverture, ils déclarent qu'aucun d'eux, bien sûr, n'est antisémite mais qu'il est toutefois nécessaire d'analyser et de corriger ´´The Jewish bias of the Nobel Prize´´. (...) » (6)

 

La fondation Nobel a ignoré ce principe fondateur. En effet, de 1901 à 2010 (soit en 110 ans), selon leur calcul, 543 prix Nobel ont été attribués à 817 lauréats et 23 organisations. 181 récipiendaires, soit 21,5%, étaient juifs alors qu'au plus, 659 étaient des lauréats non-juifs (ou ´´gentils´´, selon la terminologie retenue par les auteurs). Ces derniers entrent ensuite dans de savants et pernicieux calculs par rapport à la population mondiale. Etant donné que les juifs ne représentent jamais que 0,2% de l'humanité, les 659 lauréats non-juifs ou ´´gentils´´ correspondent à 6,6% des lauréats, alors que les 181 lauréats juifs correspondent à 905% des lauréats en valeur globale.» (6)

 

«(...) Dans l'introduction à cette étude que l'auteur qualifie de hautement diabolique, M.Biro reconnaît que les juifs en tant qu'entité, ont de tout temps étudié, surtout à des époques ou les petits enfants de Pologne, de Russie, ou du Kansas, courraient aux champs quand un instituteur apparaissait dans leur village. Il tire cela d'une anecdote de George H.W.Bush sur les mères juives des ghettos, mettant du miel, le premier jour d'école (le heder, en yiddish), sur les lettres hébraïques, afin que leurs tout jeunes garçons prennent plaisir à l'étude. (...) A la fin de son étude, M.Biro enfonce pour ainsi dire les clous sur la croix, en affirmant ceci: ´´The J-bias as a violation of Nobel's will´´ (´´le parti pris juif comme une violation du prix Nobel´´)... ´´Le comportement fortement compétitif des juifs n'est pas spécifique au prix Nobel ni à la période post-Seconde Guerre mondiale.´´ (...) Cette ´´nation´´ en effet, écrit-il encore, ne vit pas sur une seule terre mais dans tous les pays du monde. On reconnaît ici l'idée du complot de l'Internationale juive, qui sévit partout dans le monde à partir des positions importantes qu'ils occupent. (...) M.Biro et le cosignataire de sa lettre ouverte, Kewin B.MacDonald, s'en prennent à l'excellence juive. (...) Ce discours sans être totalement neuf, laisse pourtant pressentir avec plus de force qu'auparavant un nouvel ordre mondial rêvé par des millions de gens, où c'est finalement l'excellence juive qu'il faut sinon étouffer, du moins ramener à l'échelle des autres peuples pour la rendre invisible et inodore - voire indolore, à ceux auxquels elle provoque un irrépressible prurit. (...) En résumé ces deux scientifiques s'étonnent (à tort ou à raison?) que 1/5 des prix Nobel soient attribués à des juifs alors qu'ils ne représentent que 0,2% (1/500) de la population mondiale.»(6)

 

L’auteur Michaël de Saint-Cheron tombe, selon nous,  dans le travers justement de la non-humilité, il parle de «l'excellence juive» implicitement que l'on veut réduire pour la mettre au niveau des «tarés» que sont les autres. Au-delà de la religion n'est-ce pas là du racisme?

 

 Dans ces conditions, on est en droit de prêter crédit à l'analyse rapportée de Götz Aly qui décrit le mécanisme à la fin du XIXe siècle ayant conduit à la haine des Juifs. Nous lisons: «Le 2 février 2011, à Vienne, l'historien allemand Götz Aly a développé dans sa conférence intitulée «Ascension sociale, jalousie et haine contre les juifs, 1880-1933» une thèse selon laquelle ce serait avant tout par jalousie que de nombreux Allemands seraient devenus antisémites.(...) Aly a commencé par expliquer que les juifs allemands avaient su mieux que les autres, après la révolution de 1848, entrer dans la ´´modernité´´. Une différence toujours croissante entre les biens s'est alors développée, corrélée par des différences encore plus fortes au niveau de l'éducation: les juifs envoyaient bien plus souvent leurs enfants à l'école pendant que les protestants (majoritaires en Prusse) ou les catholiques (dans le sud de l'Allemagne) considéraient souvent que la lecture abîmait les yeux.» (7)

 

«Aly a donné tout un ensemble de statistiques sur la sur-représentation des juifs dans le système scolaire, dans le paiement de l'impôt ou encore dans les professions relevant de la médecine (les postes de fonctionnaires leurs étaient interdits). A titre d'exemple, entre 1886 et 1901, en Prusse, la part des juifs qui dépassent le niveau du certificat d'études passe de 46,5 à 56,3% pendant que chez les enfants qui se reconnaissent chrétiens, ce taux passe péniblement de 6,3 à 7,3%. Pour expliquer le succès des juifs, il y a selon Aly, la religion: à la fois le fait qu'ils ne subissaient pas les effets d'un catholicisme rétrograde, mais aussi le Talmud, qui invite à sans cesse étudier et remettre les écrits en question. Il serait d'ailleurs écrit qu'il est interdit d'habiter dans une ville ou un village sans école. Les non-juifs semblent avoir eu peur des juifs modernisés. Enfin, les guerres napoléoniennes avaient rendu exsangues les Länder allemands (le dictateur français a causé trois millions de mort)... et la pauvreté est souvent le terreau favorable à l'expression de ressentiments.»(7)


Les théoriciens des races

 

«Le pamphlet d'Adolf Stoecker, «Das moderne Judenthum in Deutschland», publié en 1880 - à l'époque où Wilhelm Marr introduit le néologisme «Antisemitimus»-, se veut comme un appel à plus d'égalité, considérant les différences liées à la sur-représentation des juifs.(..)(6) «C'est pour Aly un point capital, quasi-philosophique: le bien (ici le souci d'égalité), peut engendrer le mal.... Stoecker voit dans les juifs «l'objet d'un souci d'ordre social.» Analysant la situation, Werner Sombart qualifiera en 1912 cette attitude «d'antisémitisme social». Du coup, que dire de l'antisémitisme racial? (...) Une auditrice a fait remarquer que ce n'était probablement pas par envie que les Roms et Slaves ont été considérés comme des Untermenschen'. La réponse d'Aly mérite qu'on s'y attarde. Il a pris le cas de l'Essai sur l'inégalité des races humaines de Gobineau (paru en 1853 puis 1855). Cet ouvrage considéré comme essentiel pour les théories racistes à prétention scientifique, a été immédiatement traduit et diffusé en Grande-Bretagne, où il était important de contrôler les indigènes des colonies, diffusé peu après aux États-Unis, dans les états esclavagistes du Sud, mais ce n'est que vers 1900 que l'Essai est publié en Allemagne. Aussitôt, il est appliqué pour la justification d'un antisémitisme déjà bien présent. En ce sens, l'antisémitisme racial ne viendrait que conforter un antisémitisme déjà existant, lié à la jalousie.»(7)

 

On retrouve avec Arthur de Gobineau les théoriciens des races qui ont fait le lit du nazisme. D’ailleurs,  pour la sociologue Sophie Bessis auteur d’un essai magistral : « L’Occident et les autres, histoire d’une suprématie », « le nazisme ne fut pas une rupture, mais une continuité ».

 

Que peut-on dire en conclusion? C'est un fait, les Cananéens qui ont adopté la religion juive -au-delà du mythe de peuple élu - car tous les peuples se valent, ont su par leur génie de l'adaptation, de leur cosmopolitisme -Ils sont partout bien intégrés et participent au rayonnement des différents pays, et surtout de l'esprit de corps - une « ‘aççabya », un esprit de clan,  au sens d'Ibn Khaldoun- s'imposer par le travail l'opiniâtreté dans tous les domaines.

 

Quel est le moteur de tout cela? La perception continuelle de la persécution, le sentiment d'être «sûrs d'eux et dominateurs» le sort peu enviable des Palestiniens qui subissent un apartheid dans les faits est là et nous interpelle. S'agissant des Arabes, ces autres Sémites, il ne faut pas cacher la gabegie des dirigeants arabes  par la diabolisation de l'autre. Seuls deux prix Nobel, de physique et de chimie musulman, qui vivent aux USA....Loin de chez eux où les conditions sont déplorables,  et ne se prêtent pas à l'effort, au mérite mais à la médiocrité  qui fait s’installer, il faut le regretter ces pays , au plus grand désespoir de leur  peuple, dans les temps morts...

 

1. http://archives.polemia.com/article.php?id =1018

 

2. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/albert-einstein-du-genie-a-l-136235

 

3.  Henri Poincaré, véritable fondateur de la théorie de la relativité  http://archives.polemia. com/article.php?id=5039   09 Septembre 2012

 

4. Albert Einstein :  http://www.dialogus 2.org/EIN/henripointcarre.html

 

5. http://message-universel.info/blog/2013/ 05/22/albert-einstein-du-genie-a-limposteur/

 

6. Michaël de Saint-Cheron :  http://www. lemonde.fr/idees/article/2011/04/07/un-nouveau-revisionisme-le-prix-nobel-et-les-juifs_ 1503985_3232.html

 

7. Götz Aly:  http://jsegalavienne.wordpress. com/2011/02/06/un-antisemitisme-motive-par-la-jalousie/  http://jerome-segal.de/Publis/Papers.html 

 

Professeur Chems Eddine  Chitour

 

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 11:17

 

 

 

«Ce n'était pas seulement une attaque contre la Grande-Bretagne et le mode de vie britannique. C'était aussi une trahison de l'islam et des communautés musulmanes qui apportent tant à notre pays. Rien dans l'islam ne justifie un tel acte épouvantable».

 

David Cameron Premier ministre britannique 22 05 2013

 

 

Deux évènements tragiques ont eu lieu ces derniers jours et mettent en cause l'immigration. Les émeutes en Suède et l'assassinat incompréhensible d'un soldat à Londres. A priori, ces deux événements sont disjoints. En fait, ils sont liés car ils sont le fait de citoyens qui expriment un mal être social amalgamé à tort à l'islam qui, malheureusement, n'en sort pas épargné par ces actes inqualifiables. Il y a près de dix ans les banlieues françaises inauguraient un phénomène de ras-le-bol qui se traduisit par des réactions extrêmes qui furent réprimées sans pour autant apporter un semblant de solution. Au contraire, le Karcher fut proposé pour éradiquer le mal.

 

Par la suite, la contagion -de l'allogène à la société autochtone- a fait parler de lui en Allemagne -avec les immigrés d'origine turque- puis aux Pays-Bas, Belgique et au Royaume-Uni, avec le renforcement concomitamment des mouvements d'extrême droite. La Finlande découvrait il y a près de deux ans le nouveau visage de la haine de l'étranger avec Brevick qui mis à mort 85 jeunes gens sans aucun remords au nom de la défense de l'Occident blanc chrétien.

 

  La Suède redécouvre ces jours çi le phénomène à Husby dans une petite banlieue de Stockholm à majorité immigrée depuis le 20 mai, où des émeutes ont lieu. Ces émeutes surviennent après la mort, le 13 mai dernier, d'un homme de 69 ans tué par la police qu'il avait menacée. Mais la ségrégation et le chômage sont également les causes de ces débordements, estime le Dagens Nyheter. La police est en outre accusée d'avoir utilisé un langage raciste envers les habitants du quartier. ´´On nous a traités de nègres' et de singes'´´, déplore Rami Al-Khamisi, porte-parole de l'association Megafonen [Le mégaphone], engagée auprès des jeunes de la banlieue de Stockholm. (..) Que ce soit en Suède ou dans les autres pays, les moyens sont toujours ôtés à la population de base, alors que l'on pourrait réduire le train de vie des plus riches. Pourtant, la Suède a déjà un taux d'imposition très fort et régulateur: comment se fait-il qu'elle n'arrive pas à équilibrer ses recettes et ses prestations? Est-ce une coïncidence?

 

Le 14 mai 2013, un rapport de l'Ocde constatait que les écarts des revenus augmentent davantage en Suède que dans l'ensemble des autres pays européens. Et une semaine plus tard, de violentes émeutes ont éclaté à Husby. Plusieurs commentateurs de la presse suédoise lient justement ces évènements à l'inégalité croissante du pays.

 

« Les émeutes, rapporte le journal Le Monde sont pour l'instant moins graves que celles des deux derniers étés au Royaume-Uni et en France, mais sont là pour rappeler que même dans des lieux moins touchés par la crise financière que la Grèce ou l'Espagne, les pauvres, et en particulier les immigrés, ressentent durement les politiques d'austérité. « Je comprends pourquoi beaucoup de gens qui vivent dans ces banlieues et à Husby sont inquiets, en colère et préoccupés », a déclaré la ministre de la Justice, Beatrice Ask. « L'exclusion sociale est une cause très importante de nombreux problèmes. Nous comprenons cela. » Après des décennies de ´´modèle suédois´´ fondé sur un Etat providence généreux, le rôle de l'Etat en Suède a fortement diminué depuis les années 1990, entraînant la hausse des inégalités la plus forte de tous les pays membres de l'Ocde. Près de 15% de la population suédoise est d'origine étrangère - la proportion la plus élevée de tous les pays européens. Le taux de chômage touchant cette population est de 16%, contre 6% pour les Suédois, selon l'Ocde.(1)

 

«Les scènes de violence mettent à mal l'image d'une Suède ouverte et tolérante, depuis longtemps un modèle social pour ses partenaires européens. ´´Le pire vandalisme, ce n'est pas celui auquel nous assistons depuis quelques nuits dans les banlieues´´, a déclaré un responsable local, Arne Johansson, ´´Le vandalisme, insidieux, rampant, c'est avant tout celui de la politique menée depuis sept ans par ce gouvernement de droite.´´ Au pouvoir depuis octobre 2006, le Premier ministre de centre droit Fredrik Reinfeldt - pour qui les émeutiers sont des hooligans' - a baissé les impôts et réduit le montant des allocations, des mesures qui ont soutenu la croissance mais creusé les inégalités au sein de la population».(2)


Le meurtre tragique d'un soldat britannique

 

Les faits: « Deux hommes ont tué à l'arme blanche un soldat britannique mercredi dernier à Londres, affirmant aux témoins de la scène agir ´´au nom d'Allah´´ avant d'être blessés par la police, et arrêtés. (...) La police de Londres a arrêté deux hommes affirmant agir au nom d'Allah, après l'assassinat en pleine rue et à l'arme blanche d'un soldat britannique. Les détails de l'attaque particulièrement brutale, menée en plein jour à proximité d'une caserne militaire de la Royal artillery à Woolwich, ont commencé à émerger mercredi en fin d'après-midi. ´´Nous devons les combattre comme ils nous combattent. Oeil pour oeil, dent pour dent´´, a lancé l'un des deux agresseurs en citant la loi du Talion, sur un film amateur récupéré par la chaîne de télévision ITV. ´´Nous jurons par Allah le Tout-Puissant que nous n'arrêterons jamais de vous combattre´´, a ajouté le jeune homme noir, habillé d'un jean et d'un blouson et coiffé d'un bonnet. ´´Je suis désolé que des femmes aient été témoins de ce qui s'est passé aujourd'hui mais, dans notre pays, nos femmes voient le même genre de choses´´, a encore dit d'une voix posée, dans un anglais à l'accent londonien, le suspect qui portait à la main deux couteaux et un hachoir ensanglantés. C'est un ´´acte barbare qui s'est produit aujourd'hui, une attaque épouvantable (...) manifestement de nature terroriste´´, a déclaré David Cameron.» (3) 

 

« Interrogé jeudi 23 mai par Canal+, le bras droit de Marine Le Pen a dénoncé « un assassinat qui s'est fait sur un islamisme radical ».  « On a vu les revendications », « la méthode », a argumenté le vice-président du Front national Florian Philippot. ´´On sait qu'à Londres et en Grande-Bretagne, il y a depuis longtemps un modèle communautariste qui pousse à cela, qui a permis l'islamisme, le radicalisme. En France, nous ne sommes pas à l'abri parce que nous prenons le même chemin, nous avions un modèle républicain d'assimilation et nous passons à un modèle communautariste qui permet l'islamisme, a assuré le responsable frontiste. On ne surveille plus vraiment les prêches, on continue un rythme d'immigration qui alimente les réseaux islamistes (...) on ne démantèle pas les réseaux d'armes de guerre ». (4)


Chronique d'un racisme ordinaire

 

On sait que le racisme est consubstantiel de la nature humaine. Aucune société humaine ne peut se prévaloir d'être irréprochable. Cependant, sans remonter à la malédiction de Cham, qui fut aussi le bréviaire de l'Eglise, il y a eu l'esclavage, il y a eu la traite des Noirs, le code noir, le code de l'indigénat. On sait que l'Europe, a toujours développé un double discours: celui de l'Habeas Corpus, des droits de l'homme et du citoyen et en même temps elle continuait à se rendre coupable à laisser faire des actes racistes insidieux, voire, elle entretient par des mécanismes subtils, cette barrière invisible qui existait entre le colonisé et le colon, entre le beur, le Noir des anciennes colonies devenu français devenu anglais, devenu allemand, voire belge, mais toujours avec ce plafond de verre qui obère tout leur avenir. Il est vrai qu'au XIXe siècle, les chantres des races supérieures tels que Arthur de Gobineau (De l'inégalité des races), Renan et Joseph Chamberlain en Angleterre entretenaient avec conviction le filon du racisme. Jules Ferry n'est-il pas allé jusqu'à proclamer à l'Assemblée que «les droits de l'homme ne sont pas applicables dans nos colonies » Ce sont eux qui ont fait le lit du nazisme que l’Europe découvre avec une hypocrite horreur tant il est vrai que les sociétés européennes ont été trravaillés dans ce sens. Charles Richet prix Nobel n’a-t-il  pas martelé la supériorité de la race blanche ? Près d’un siècle plus tard  un autre prix Nobel Watson martelait lui aussi la supériorité de la race blanche ..». (5)

 

  D'où viendrait cette certitude  des sociétés européennes voire et américaines  avec la « destinée manifeste » d'appartenir à la race des élus. Il faut remonter, comme le décrivent Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, à la conquête coloniale et au «devoir de civilisation». On imagine mal aujourd'hui, écrivent-ils, le nombre des exhibitions des «indigènes» et la variété des lieux où étaient reconstitués des «villages nègres» ou donnés des spectacles ethniques, entre les années 1850-60 et 1930. (...) Ces exhibitions contribuaient à diffuser dans le public cette vision de l'indigène comme un être fruste, mal dégrossi, encore proche de l'animalité. Oui, le sauvage existe! Il s'agit de le «civiliser». En exhibant ainsi l'Autre, en infériorisant systématiquement des groupes humains, on creuse un fossé entre «eux» et «nous», confortant l'Occident dans son rôle de «guide du monde», de «civilisation supérieure». Par la suite, l'indigène est désormais plus souvent montré sous sa forme servile, il a quitté ses aspects les plus sauvages pour revêtir les atours du tirailleur, de l'artisan ou du travailleur au service de la plus grande France (6).»

 

Cela va même plus loin. «Le langage du colon, quand il parle du colonisé, écrit Frantz Fanon, est un langage zoologique. On fait allusion aux mouvements de reptation du Jaune, aux émanations de la ville indigène, aux hordes, à la puanteur, aux pullulements, aux grouillements, aux gesticulations. Le colon, quand il veut bien décrire et trouver le mot juste, se réfère constamment au bestiaire». (7) On parle à propos de la banlieue de sauvageons...

 

Pour en revenir à la situation des allogènes dans la Suède de 2013, on retrouve la même condescendance vis-à-vis de ces citoyens du deuxième collège Nous lisons à ce propos cette contribution: «Après la publication dans Dagens Nyheter de la lettre ouverte de l'écrivain Jonas Hassen Khemiri à la ministre de la Justice Beatrice Ask, le mot-dièse #bästabeatrice [´´Chère Beatrice´´] sur Twitter, tout juste créé, déborde de messages de milliers de personnes qui, rapporte le Hufvudstadsbladet, témoignent de leurs expériences du racisme dans la vie quotidienne en Suède. Exemples: Elenor Eriksson: ´´Tu n´as presque pas d'accent, tu parles très bien le suédois. - Je suis arrivée en Suède à l'âge de trois mois. - Et tu te plais ici?´´ (...) Nabila Abdul Fattah: ´´La police de sécurité me demande: Qu'est-ce que votre frère pense du fait que vous portez des vêtements occidentaux'?´´ Zacharie: ´´L'agent de police m'arrête, fait du profilage racial [contrôle au faciès, etc.] pendant 30 minutes et puis se rend compte qu'il y a six mois, moi, je l'ai formé sur le racisme.´´» (8) C'est tout dire!

 

C'est un fait! Les immigrés posent problème aux sociétés autochtones qui «les accueillent en tant que scories de l'histoire coloniale- la crise aidant, le racisme qui est le fond rocheux de toute société humaine est exacerbé en temps de disette comme c'est le cas. Les immigrés servent alors de variables d'ajustement pour le chômage et même les emplois «dirtys» leur sont de plus en plus refusés. Les partis d'extrême droite ont alors la partie belle et la société «travaillée» devient sensible au discours raciste. Souvenons-nous déjà en 1992. Le président allemand commémorait à Rostock l'anniversaire des émeutes racistes d'août 1992. Les autorités sont loin d'avoir fait ce qu'il fallait, depuis, pour enrayer les violences contre les étrangers, On se souvient que plusieurs jours durant, entre les 22 et 26 août 1992, des habitants mêlés à des militants néo-nazis s'en sont pris à un centre de demandeurs d'asile et à un foyer de travailleurs vietnamiens à Rostock. Jets de pierre, insultes... Les forces de police étaient restées inopérantes.» (9)

 

Dans la Grèce de 2013, les agressions à l'encontre des immigrés se sont multipliées en Grèce, principalement du fait du parti néo-nazi Aube dorée. Quatre-vingt sept cas d'attaques à caractère raciste ont été perpétrés entre janvier et septembre 2012, selon (MDM), à Athènes. En fait, chaque fois que des personnes mal dans leur peau, ont des réactions extrêmes, et se revendiquent à tort de l'Islam, cela fait le bonheur des autres extrêmes. Voilà ce que j'écrivais en juillet 2011 à propos du carnage de Brevick: «25 juillet 2011. Une bombe explose quelque part et hop! On va chercher une cellule dormante d'Al Qaîda. Ce qui nous a interpellé au-delà de cette tragédie, c'est la rapidité avec laquelle les médias (écrit et audio-visuels) se sont engouffrés comme un seul homme dans la brèche de l'explication facile pour désigner le coupable, «ce pelé, ce galeux d'où viennent tous nos maux», l'Islam, le tiers exclu de la révélation abrahamique». (10)

 

Pourtant, dans son rapport, « l'Ecri » - La Commission contre le racisme et l'intolérance du Conseil de l'Europe - constate que la crise économique a intensifié les formes contemporaines de racisme et de discriminations fondées sur la ´´race´´, la couleur, la langue, la religion, la nationalité ou l'origine nationale ou ethnique, dans de nombreux domaines - l'emploi, l'éducation, le logement, la santé, l'accès aux biens et aux services. Elle fait état d'«une augmentation générale des attitudes xénophobes et intolérantes, accompagnée d'attaques verbales virulentes et d'incidents violents, ainsi qu'une perception grandissante que les flux migratoires ont un impact négatif sur les pays concernés». La crise économique favorise l'augmentation du racisme et de la xénophobie, estime dans un rapport, L'Ecri le jeudi 3 mai 2012, l'organe de lutte contre le racisme du Conseil de l'Europe, qui appelle les Etats européens à ´´agir´´ contre la banalisation du discours hostile aux immigrés.» (11)

 

Des problèmes sociaux sont amalgamés à tort avec la religion. Ceci nous rappelle le discours de Merkel puis de Sarkozy qui, pour des raisons électorales, déclaraient que le modèle d'intégration de l'immigration avait échoué. Il est dangereux pour la cohésion sociale des sociétés européennes d'invoquer la religion pour discriminer entre les hommes. Le modèle britannique communautariste que l'on pensait plus tolérant que le modèle républicain de l'injonction a rentrer dans le moule est en train de montrer ses limites

 

Dans toutes ces pénibles affaires, c'est en fait l'échec du modèle d'intégration à l'européenne qui a échoué du fait que les sociétés autochtones se sentent «supérieures» à celles qu'elles ont tolérées à dose homéopathique. Au-delà d'un certain seuil de tolérance, le clash intervient surtout quand les allogènes sont en compétition pour des emplois de moins en moins disponibles du fait d'un néolibéralisme ravageur qui ajuste «tout le monde». Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent»; Sartre tu a mille fois raison.


1. Suède: Quatrième nuit d'émeute à Stockholm Le Monde.fr 23.05.2013

2.  http://fr.news.yahoo.com/le-mod%C3% A8le-su%C3%A9dois-%C3%A9branl%C3%A9-par-les-%C3%A9meutes-163149950.html

 

3. Avec AFP  http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/meurtre-terroriste-a-londres-deux-hommes-ont-ete-arretes_1250989. html#Q9uqxfZ7QukrlMqH.99


4. Le frontiste Philippot pointe une immigration non assimilée Le Monde. 23.05.2013

 

5. http://www.legrandsoir.info/L-Occident-et-les-autres-Chronique-d-un-racisme-ordinaire.html


6. Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire Zoos humains. La Découverte.2004.


7. Les Damnés de la Terre (1961), Frantz Fanon, éd. La Découverte poche, 2002,


8. http://www.courrierinternaxtional.com/ breve/2013/05/13/sur-les-reseaux-sociaux-les-temoignages-du-racisme-cache


9. Vingt-ans-apres-rostock-halte-au-racisme? Heribert Prantl Süddeutsche Zeitung 23 08 2012


10. C.E. Chitour http://www.alterinfo.net/LA-TRAGEDIE-D-OSLO-L-intolerance-des-medias-occidentaux_a61580.html


11. http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4977

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechique enp-edu.dz

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 18:40



 

«Quand les rois pénètrent dans une cité, ils la pervertissent et font, des nobles qui l'habitent, des misérables. C'est ainsi qu'ils agissent»

 

Le Coran, Sourate 27, Les Fourmis, Verset 34,

 

  Le XXe siècle, disait Jean-François Liotard, a vu la disparation des grands récits de légitimité à l'instar du communisme, du socialisme, voire du «socialisme de la mamelle spécifique» à la gabegie algérienne. Le XXe siècle est, par excellence, celui de la jouissance, l'homme prométhéen entend tirer profit de tout. Dany Robert Dufour a justement touché du doigt cette perversion du capitalisme à la fois perverse et puritaine. Nous l' écoutons: «L'objectif du philosophe est assez simple. Il entend démontrer comment la libération des passions - autrement dit le triomphe absolu de l'égoïsme, l'impératif de jouissance, le besoin de domination - a transformé toutes les économies où interagissent les hommes: l'économie marchande, l'économie politique, l'économie esthétique, voire symbolique. Le libéralisme selon Dufour, possèderait donc au moins deux faces: une face puritaine, représentée par Adam Smith, et une face perverse, représentée par le divin Sade. Il serait l'accoucheur d'un monde où les individus obéissent avant tout à ce commandement suprême: jouis!» (1)

 

Ce monde de la «guerre de tous contre tous à pour fondement», l'égoïsme: «(...) Le principe d'égoïsme absolu qui est révélé par Sade écrit le philosophe Dany Robert Dufour, c'est celui qui est en jeu dans la crise. Et c'est le principe, cette fois, de la défense à tous crins de l'intérêt personnel à tel point que cela s'est nommé la cupidité. Donc, c'est une forme de l'égoïsme absolu que cette cupidité et ce n'est pas moi qui le dit au fond, quand on réfléchit un instant, c'est l'économiste en chef de tout le tournant libéral, celui qui a été interrogé par la commission fédérale, que l'on appelle le Maestro, qui a été le président de la Réserve fédérale, quand on lui demandait ce qu'il pensait de la crise, il disait: «Je pensais que la cupidité - c'est Alain Greenspan, bien, vous l'avez deviné - des banquiers était la meilleure garantie qui soit pour chacun et je m'aperçois que je me suis trompé.» C'est ce principe de la cupidité, d'égoïsme absolu, de la défense à tous crins de l'intérêt personnel, de la jouissance absolue dans tous les domaines où cela peut se manifester, dans les trois libidos que j'ai repris dans la philosophie classique...» (1)


Au XXIe siècle, pour pouvoir mener à bien cette «jouissance multiforme» il faut faire disparaitre les autres. Après la disparation du communisme, l'Islam est (re)devenu le nouveau Satan de rechange. De ce fait, sa diabolisation a précipité dans la tourmente les pays musulmans principalement arabes. Pourquoi? Est-ce que les peuples arabes ne sont pas dignes? Est-ce que ce sont des sous-hommes. Nous allons montrer a contrario que ce n'est pas l'Islam qui est en cause, c'est l'Islam arabe du fait des dirigeants dont la légitimé est tout sauf être légitime du fait qu'ils ont jailli du néant. A l'inverse, l'Islam asiatique ne semble pas concerné par les convulsions. Les peuples musulmans d'Asie avancent dans le domaine économique, scientifique et culturel sans que l'Islam ne soit un frein; au contraire, c'est un puissant stimulant. Nous citerons trois pays, l'Indonésie, la Malaisie et l'Iran dont la croissance est permanente.

 


L'Indonésie: le plus grand pays musulman

 

L'Indonésie est un pays musulman à 85% avec 240 millions d'habitants, 19.000 îles dont 6000 habitées; 6000 langues locales. C'est une République avec un régime présidentiel.. La liberté de la presse dans le pays s'est considérablement améliorée avec la démocratisation du pays. Des centaines de nouveaux magazines, journaux et tabloïds sont apparus. Il existe également 10 chaînes de télévision nationales qui concurrencent la chaîne nationale. Dans un esprit de tolérance dont devraient s'inspirer les Européens,. Les cours de religion (agama) sont obligatoires dès l'école primaire. Ils correspondent à la religion de chacun, les Musulmans étudiant par exemple l'Islam et la langue arabe. La plupart des Indonésiens parlent l'une des langues parmi plusieurs des centaines de langues locales (bahasa daerah) existantes, souvent comme langue maternelle. Les jours fériés en Indonésie, en dehors de la fête de l'Indépendance, reflètent la diversité religieuse et culturelle du pays et le respect des coutumes de celle-ci, indépendamment de la taille de la population concernée. Dans un esprit réel de tolérance pour un pays à 85% musulman, il existe des fêtes chrétiennes, chinoises hindouistes.
Dans les années 1970, les exportations étaient à 90% à partir des revenus des hydrocarbures. Trente ans plus tard, elles ne sont plus que de 14%.

 

L'Indonésie exporte son savoir et son savoir-faire. A titre d'exemple, l'Algérie a fait le chemin inverse. Dans les années 1970, les hydrocarbures représentaient 60% de nos exportations, actuellement ils représentent 98%. L'Indonésie exporte surtout des produits manufacturés pour 141 milliards de dollars (2008), des appareils électroménagers, des produits chimiques. Elle fabrique ses armes... elle s'est retirée de l'Opep, sa production pétrolière sur le déclin lui sert à son développement. Le pays est d'ailleurs devenu importateur net de pétrole en 2005. La part des produits manufacturés dans les recettes d'exportation de l'Indonésie bondit de 18% en 1986 à 52% en 1994. Inversement, le pétrole, qui en 1980 représentait 80% des exportations, ne représente plus que 15% en 1998. Entre 1999 et 2003, la croissance annuelle moyenne du PIB est de 3,3%.

 

L'Indonésie semble avoir renoué avec une certaine croissance, mais n'a pas encore retrouvé les taux des années 1990. Son PIB était en 2008 de 932,1 milliards de dollars (et la croissance du PIB est de 6,1% depuis plusieurs années malgré la crise de 1998 qu'elle a surmontée). En 2005, la balance commerciale de l'Indonésie était excédentaire avec 83,64 milliards de dollars américains à l'export. Le tourisme est une activité économique importante pour l'Indonésie avec 7,6 milliards de dollars de recettes en 2010. Le plus gros contributeur au tourisme indonésien est en fait le tourisme intérieur. Voilà donc un pays musulman tolérant qui avance et qui permet sans nul doute à son peuple de s'épanouir. C'est la quatrième démocratie au monde. (2)


La Malaisie: un pays industrialisé

 

Au cours des dernières décennies, la Malaisie a joui d'un développement économique et social exceptionnel et a enregistré l'un des taux de croissance les plus élevés d'Asie. La population malaisienne est jeune et en expansion (elle a doublé entre 1970 et 2000). La religion d'État est l'Islam du courant sunnite et de l'école chaféite, observé principalement par la majorité malaise. La Malaisie est un pays volontariste dans sa politique de développement économique. C'est l'une des économies les plus ouvertes du monde et les plus dynamiques (croissance de 7,2% en 2010). (3)

 

Le parti au pouvoir en Malaisie depuis l'indépendance en 1957 a remporté les législatives, dimanche 5 mai, selon des résultats officiels publiés par la commission électorale. Le leader de l'opposition, durant la campagne, le parti de M.Razak, avait brandi le spectre du chaos en cas de victoire de l'opposition, tout en revendiquant la responsabilité du formidable boom économique du ´´tigre´´ malaisien, une nation musulmane de 28 millions d'habitants passée en 25 ans du stade de pays en développement à celui de pays développé. Le Premier ministre sortant a appelé l'opposition à ´´accepter le résultat´´ des élections ´´dans l'intérêt national´´.

 

lsa Lafaye de Micheaux nous résume les prodiges de ce pays: «Pays pauvre jusqu'à son indépendance en 1957, la Malaisie figure en ce début de XXIe siècle à mi-chemin sur l'échelle des revenus entre les nouveaux pays industriels d'Asie orientale et Singapour. Tigre? Miracle asiatique? Nouveau pays industrialisé? Pays émergent, l'auteure distingue trois parties: «La première partie décrit la mise en place, après les sanglantes émeutes raciales de 1969, de la New Economic Policy (NEP) en 1970 qui s'assigne deux objectifs: restructurer la société et éradiquer la pauvreté. Durant deux décennies, ce programme va permettre le quadruplement du PIB et la multiplication par six des exportations. La deuxième partie débute à l'aube des années 1990,. Si le principe de la planification est maintenu, une dose de libéralisation est introduite. La croissance malaisienne se poursuit à un rythme soutenu jusqu'aux crises qui vont secouer le pays à partir de 1997. La résilience de la Malaisie lui a permis, après la période qualifiée de rétablissement (2002-2005), de retrouver une croissance robuste, faisant d'elle «non seulement un pays émergent, mais un tigre asiatique de premier ordre dans la région la plus dynamique du monde». La troisième partie éclaire sur les spécificités du «modèle malaisien» que les seules analyses économiques ne suffisent pas à caractériser. Le rôle de l'État et l'insertion dans la division internationale du travail en constituent les deux axes majeurs. «Ainsi sont liées dans une dialectique inédite la force des logiques internes - exprimées par des choix de politique nationale, voire nationaliste - et les contraintes extérieures associées à l'extraversion économique du pays.» (4)


L'Iran: une vieille civilisation, une nation d'avenir

 

Voilà un pays fort de près de 80 millions de musulmans chiites, qui a fait de son développement une priorité quels que soient les gouvernants. Ces huit dernières années, l'Iran a volé de succès en succès technologique. On se souvient de son obstination à traiter son uranium, diabolisé malgré des centaines d'inspection de l'Aiea. Elle a réussi à enrichir l'uranium en construisant des milliers de centrifugeuses. On se souvient du satellite iranien Omid (espoir) lancé le 5 février 2009, l'Iran rentrait dans le club fermé des nations spatiales. Malgré tous les empêchements de l'Occident, notamment une attaque informatique de grande ampleur, selon le site Mardomak. Pour rappel, il y a deux ans, l'Iran avait déjà fait face au virus Stuxnet, qui avait visé ses installations nucléaires. Selon le Guardian, Flame est bien plus complexe que Stuxnet et est un logiciel d'espionnage incroyablement.

 

Le secret? «Le taux d'alphabétisation était de moins de 50% (avant la Révolution islamique) tandis que grâce à la révolution, il est maintenant de plus de 86%.» De nos jours, l'Iran est une puissance technologique de loin plus performante que les autres pays musulmans. En 2003, les responsables du département d'«Electronical Engineering» de l'Université de Stanford, constatent que les meilleurs étudiants aux difficiles épreuves d'admission à leur cycle Ph.D. proviennent d'un même pays et d'un même établissement: la «Sharif University of Science and Technology» en Iran. Sharif dispense, selon de nombreux spécialistes, l'un des meilleurs programmes «undergraduate» (niveau licence) du monde en electronical engineering en compétition avec le MIT, Caltech, Stanford, du fait d'un excellent corps enseignant avec une priorité donnée aux sciences dans les programmes scientifiques des lycées. Un succès certes, surprenant, mais qui -c'est certain- ne doit rien au hasard. Enfin, le rapport du FMI de 2011- malgré l'embargo occidental, fait un constat de bonne gouvernance en Iran. On mesure sans peine ce lourd aveu d'un pays qui n'a jamais cessé d'être diabolisé. Ce qui est à retenir de la lecture du rapport du FMI c'est le «constat» de la remarquable réussite, à l'étonnement des experts eux-mêmes, portant sur la profonde rénovation en cours du système économique de l'Iran.

En août 2011, l'Iran a créé et a mis en orbite la maquette de son premier satellite sans assistance russe, a déclaré, à Moscou, un responsable de l'industrie spatiale russe. Un scoop délibérément ignoré: l'Iran annonce le lancement d'un ´´Google Earth islamique´´. L'Iran a annoncé la création d'un ´´Google Earth islamique´´, qui proposera des cartes en 3D conformes à la vision du monde selon Téhéran (...) Mohammad Hassan Nami, le ministre iranien de la Communication, a déclaré que la version islamique de Google Earth, baptisée Basir (c'est-à-dire ´´spectateur´´), ´´orienterait les peuples du monde vers la réalité´´. (5)

 

Dans la guerre de l'ombre contre Washington, la République islamique se sent désormais en position de force. Le point de vue d'un spécialiste anglo-iranien. Le 18 décembre dernier, les autorités iraniennes présentaient Amir Hekmati à la télévision d'Etat. L'arrestation de cet homme, soupçonné de travailler pour la CIA, est un succès de plus à l'actif des services de renseignements de Téhéran. Ce succès du contre-espionnage s'ajoute à la capture d'un drone américain RQ-170 Sentinel ultrasecret le 4 décembre. L'Iran affirme que ses unités de guerre électronique sont parvenues à prendre le contrôle de l'appareil et l'ont contraint à se poser. Le fait que le ministère iranien parvienne systématiquement à trouver la parade aux méthodes toujours innovantes de la CIA prouve que ses capacités en matière de contre-espionnage ne cessent de s'améliorer. La capture du RQ-170 Sentinel vient encore compliquer la tâche de la CIA en confortant l'image de l'Iran comme acteur incontournable du contre-espionnage et de la guerre électronique et informatique.» (6)

 

La Turquie un pays  musulman laïc

 

C’est là encore à l’instar de l’Empire perse de Darius ( actuel Iran) un autre empire qui a duré plus de sept siècles avant que les accords de Sykes Picot ne le démantèlent avant même la fin de la première guerre mondiale. Ce fut alors la fin du califat en 1924 et Mustafa Kémal institua une République où la religion fut séparée du pouvoir.. On ne le répétera jamais assez, mais en Turquie, les femmes votèrent dès 1930 bien en avant que le général de Gaulle « n’octroie » ce privilège aux françaises après la seconde guerre mondiale. L’actuel gouvernement de teinte islamique – l’équivalent des démocrates chrétiens en Allemagne..-  respecte la constitution et mène lui aussi une Turquie forte de 80 millions avec un taux de croissance supérieur à 5% au moment où les autres pays d’Europe qui lui ferme la porte à l’intégration européenne sont en récession..

 

Curieusement les autres pays musulmans , arabes, connaissent à des degrés divers des tourments Les pays arabes non encore « normalisés » se tiennent le ventre et attendent patiemment leurs printemps . Ils ont acquis  la certitude qu'ils ne sont plus maîtres de leur sous-sol et que le Nouvel ordre mondial permettra la répartition mondiale des ressources uniquement à l'avantage et entre les seigneurs de la science et de la technologie. Les exemples arabes sont ceux des pays rétrogrades qui bâillonnent les espérances de leurs peuples On s'étonne que des musulmans soient capables d'orbiter des satellites? Inacceptable! Inimaginable, dirait-on en Occident et même chez les défaitistes qui sont légion en terre d'Islam puisque leur religion est incompatible avec la science!

 

Les  pays décrits  qui, a bien des égards, peuvent servir d'exemple, tout n'est pas rose, loin s'en faut, les mêmes maux de corruption, de népotisme, gangrènent la société comme dans toute société humaine. Le fait est là, l’Islam ne semble  pas freiner la marche vers le progrès au contraire, c’est un garde fou contre les excès du néolibéralisme notamment avec la moralisation de l’argent avec les banques islamiques et leur philosophie qui interdit l’usure

 

Ce sont des pays musulmans (sunnites et chiites) qui avancent et qui misent sur leur intelligence. Ils ne singent pas  l’Occident- appartenant à des civilisations prestigieuses-  ils, avancent  avec leur propre cinétique sans que l’Islam ne soit pour eux un horizon indépassable, au contraire ils y puisent leurs valeurs .

 

Il est donc mal venu , de notre point de vue, de diaboliser une religion dont l’Occident  et ses médias mains-stram, ne s’évertuent  à n’en diffuser, en boucle, que les extrêmes. Ces extrêmes- à titre d’exemple, les fondamentalistes juifs et chrétiens  nous les retrouvons d’ailleurs dans toutes les religions, mais seul l’Islam fait l’objet d’un « traitement spécial » . On amalgame tout la religion avec la  gabegie de certains dirigeants arabes notamment du Golfe, qui font de l’Islma un fond de commerce pour asseoir leur pouvoir , tout ceci pour le plus grand bien du « choc de civilisations » que des idéologues comme Samuel Huntington et Bernard  Lewis avaient théorisé. Ce qui a permit la mise en œuvre par les idéologues qui ne veulent pas de l’Islam, « ce tiers exclus de la révolution abrahamique », idéologie qui a pris son essor dans les années soixante  dix du siècle dernier avec ce que l’on appelle le judéo-christianisme..

 

Ce qu’ont fait les hommes des  religions  est une autre histoire. Il est à espérer que l’on rende justice,  à cette espérance de centaines de millions d’humains. Puissent aussi, les dirigeants arabes musulmans  passer la main autrement que par Darwin ou l’émeute,  et permettre  l’alternance. Nous aurons alors, un islam apaisé, un ressourcement  de chacun en solitaire,  avec des dirigeants fascinés par l’avenir dans cette marche forcée vers le savoir et tourner le dos à  la fatalité qui a fait le malheur de leur peuple. (7)


1. http://www.fabriquedesens.net/La-fabrique-de-l-humain-Naissance 


2. L'Indonésie, information tirée de l'encyclopédie Wikipédia


3. La Malaisie: la coalition au pouvoir remporte les législatives. Le Monde. 05.05.2013


4 l sa Lafaye de Micheaux: La Malaisie, un modèle de développement souverain Ed. ENS 2012


5. http://www.courrierinternational.com/article/2013/05/06/teheran-va-lancer-un-google-earth-islamique?page=all 


6. http://www.courrierinternational.com/article/2012/01/04/une-serie-de-succes-regonfle-teheran 


7.C.E. Chitour : http://www.geostrategie.com/4169/le-developpement-technologique-de-l%E2%80%99iran-un-resistant-contre-le-nouvel-ordre-mondial.

 

Prof. Chems Eddine Chitour 

 

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 11:07

 

 

«Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de rage»

Dicton populaire

 

   Une accusation récurrente qui date d'il y a six mois: la Syrie utiliserait des armes chimiques contre son peuple. On accuse la Syrie de posséder toutes sortes d'armes chimiques. sarin, tabun, du gaz moutarde et du VX, version plus mortelle du sarin. Depuis les années 1990 on accuse la Syrie de posséder le plus grand arsenal d'armes non conventionnelles du Proche-Orient. Mais lesquelles, et combien? L'affaire du sarin nous rappelle étrangement le matraquage des médias occidentaux prélude à l'invasion de l'Irak. Il y eut, en effet, un précédent Saddam Hussein qui utilisa ces armes chimiques à Hallabja contre les Kurdes. La «communauté internationale» c'est-à-dire les Etats-Unis et ses vassaux européens n'ont pas bougé, c'était une affaire interne.

 

Ils bougèrent quand Bush décida d'envahir l'Irak dans le cadre du Pnac pour s'emparer du pétrole irakien. Il fallait trouver un motif, les armes de destruction massive cherchées en vain par Hans Blix puis El Baradei (anciens directeurs de l'Aiea). Tout le monde se souvient de la réunion du Conseil de sécurité du 5 février 2003, Le secrétaire d'Etat Collin Powell brandissant une fiole censée être la preuve irréfutable que Saddam Hussein détenait des ADM. On sait par la suite que Collins Powell reconnut qu'il avait été trompé par les Anglais. Dix ans plus tard, un autre pays arabe musulman, risque de connaitre le même scénario pour des accusations pour le moment invérifiables, de l'avis même du président si c'est du fait du pouvoir syrien ou de la rébellion.


Bref historique des armes chimiques

 

Les hommes se sont toujours battus et pendant longtemps ce fut des batailles qui méttaient en jeu des stratégies et des forces en hommes. Par la suite, il y eut un tournant majeur avec l'apparition d'armes sophistiquées Celui qui détenait une supériorité, la devait à sa «technologie», au secret de sa fabrication. Des civilisations disparurent à cause notamment, de leur retard technologique.

 

Dès l'antiquité gréco-romaine, les premières ´´armes chimiques´´ ont fait leur apparition lors de différents conflits. D'abord rudimentaires (simples poisons tirés de plantes), elles se sont perfectionnées au fil des siècles - au même titre que l'armement en général - et ont été de plus en plus employées, notamment lors de la guerre 1914-18. A la fin du siècle dernier, les nations ont pris conscience de la nécessité d'interdire l'emploi des armes chimiques. Le dernier acte en date et le plus important est la Convention pour l'interdiction des armes chimiques, entrée en vigueur le 29 avril 1997. (1)

 

«Déjà dans l'antiquité gréco-romaine on rapporte les puits empoisonnés à l'ergot de seigle (Assyriens et Perses, Vie et IVe siècles av. J-C.); le ´´Feu grégeois´´: fumées toxiques à base de pâte incendiaire inventées par le grec Kallinikos (673). Le ´´feu grégeois´´ restera pendant cinq siècles l'arme secrète de Byzance contre les Turcs. Au Moyen âge et Renaissance on cite les barriques de chaux vive aveuglante catapultées par la flotte anglaise sur des vaisseaux français. Au XIXe siècle on cite le plan anglais pour enfumer mortellement la garnison russe de Sébastopol avec 500 t de soufre (guerre de Crimée, 1854-1855). La Première Guerre mondiale fut un concentré d'horreur par l'utilisation de l'ypérite, dès le 22 avril 1915: les pertes totales dues aux gaz de combat -ont été de 1.300.000 hommes (dont près de 100.000 morts au combat). En 1925, pendant la guerre du Rif, franco-espagnole contre Abdelkrim le rogui, il y eut utilisation d'ypérite; de même qu'en 1935-36: emploi massif d'ypérite contre les guerriers abyssins contribuant à l'écrasement de l'Ethiopie.»(1)

 

«Dans les années 1950, marquées par la ´´guerre froide´´, s'amorce un tournant décisif: production massive d'armements chimiques de plus en plus sophistiqués et efficaces. Entre 1963 et 1968: l'Egypte utilise de l'ypérite au Yémen, les Etats-Unis de la dioxine au Vietnam le fameux agent orange qui fit des dégâts importants. De 1982 à 1988, l'Irak utilisera des armes chimiques en diverses occasions: de décembre 1987 à décembre 1990. Les Etats-Unis, après 19 ans d'interruption, reprennent la production d'armes chimiques.» (1)

Qu'est-ce que le sarin?

 

Au moment où les nations développées conçoivent des armes de plus en plus dangereuses - pour leur doctrine de zéro mort de leur côté- on accuse les pauvres d'utiliser des armes qu'elles-mêmes ont inventées il y a plus d'un siècle et se découvrent une vocation humaniste après les horreurs des guerres mondiales et de décolonisation, (Vietnam, Algérie) où le napalm fut utilisé de façon insdutrielle, le sarin parait bien rikiki. «Le sarin lit-on dans l'Encyclopédie Wikipédia, est une substance inodore, incolore et volatile, extrêmement toxique pour l'homme et l'animal, même à très faible dose (0,01 ppm peut être fatal). On estime qu'il est environ 500 fois plus toxique que le cyanure. Il passe facilement la barrière des poumons et est absorbé par la peau d'où il passe directement dans le sang. Il a été utilisé comme arme chimique. Le sarin fut découvert en 1939 en Allemagne, dans les laboratoires de l'IG Farben, par trois chercheurs allemands. Le composé reçoit son nom d'après ses inventeurs: Gerhard Schrader, Ambros, Rüdiger et Van der Linde. Plusieurs armées de par le monde, ont mis à la disposition de leurs soldats des seringues auto-injectables d'antidote.En 1950: l'Otan en fait son agent neurotoxique officiel. L'Union soviétique et surtout les États-Unis en produisent des quantités importantes. En 1991: la résolution 687 de l'ONU considère que le sarin est une arme de destruction massive et de ce fait interdit.» (2)

On l'aura compris, les pays occidentaux qui décident de ce qui doit être interdit, ont pris la «précaution» de produire des produits chimiques autrement plus dangereux.

Les accusations occidentales

 

La Syrie a-t-elle fait usage d'armes chimiques contre les rebelles? Londres et Washington disent posséder des renseignements qui l'indiquent. Du gaz sarin aurait été employé. Cette accusation est ancienne, elle date de l'année dernière à l'époque déjà? certains étaient convaincus de cela. Ainsi, pour Isabelle Lasserre: «Personne ne remet en cause l'existence d'armes non conventionnelles en Syrie. Néanmoins, dans la perspective de la chute du régime, le sort de cet arsenal pose question. Que les propos américains sur une militarisation de l'arsenal chimique syrien aient ou non été une manipulation diplomatique, ils ont en tout cas fait franchir une nouvelle étape à l'idée d'intervention militaire dans la liste des scénarios envisagés par les capitales occidentales. Les États-Unis et leurs alliés, notamment la France, avaient déjà affirmé qu'une utilisation des armes chimiques serait considérée comme une «ligne rouge» justifiant une vive réaction. Sans que personne n'ait précisé ce qui pourrait exactement la déclencher. (...) En affirmant que l'armée syrienne avait commencé à charger des bombes avec du gaz sarin, les responsables américains voulaient-ils entraîner leurs alliés dans une action préventive? » (3)

 

« Selon certains experts, il s'agirait de rejouer en Syrie l'intervention militaire menée en 2011 en Libye. Pas de troupes au sol, mais une action combinée de forces spéciales, d'hélicoptères et d'avions pour mener des frappes ciblées. Cette opération aurait pour finalité de prendre le contrôle des stocks d'armes chimiques, afin de les neutraliser. (...) Après avoir fait monter la mayonnaise, Washington semble désormais relativiser le danger. Mais si la Syrie n'est pas la Libye, elle n'est pas non plus l'Irak. Il n'y avait pas d'armes chimiques dans l'Irak de Saddam Hussein. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, a évoqué 1000 tonnes réparties sur une trentaine de sites.»(3)

 

Curieusement, depuis décembre 2012, silence radio puis brutalement sans que l'on sache trop comment, l'information refait surface fin avril 2013. Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont affirmé détenir des informations allant en ce sens. «Nous insistons pour une enquête des Nations unies qui pourrait évaluer les preuves et établir ce qui s'est produit», a dit la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), le cabinet de politique étrangère du président Barack Obama, Caitlin Hayden ».

 

Celine Lussato du Nouvel Observateur, semble prendre elle aussi ses désirs pour des réalités.

Elle rapporte les déclarations incendiaires de David Cameron qui rappellent celles de Tony Blair pour l'Irak; «´´C'est extrêmement grave, c'est un crime de guerre et nous devons le prendre très au sérieux´´, a-t-il déclaré sur la BBC à propos des preuves de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie. Le président des Etats-Unis Barack Obama a promis une ´´enquête très solide´´ sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques en Syrie et réaffirmé que l'emploi de telles armes changerait ´´la règle du jeu´´. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a ´´renouvelé son appel urgent´´ au gouvernement syrien pour qu'il autorise une équipe de l'ONU à enquêter sur les accusations d'utilisation d'armes chimiques dans le conflit, a indiqué jeudi son porte-parole (...)L'ONU avait nommé le 26 mars, le professeur Ake Sellström, un scientifique suédois, pour diriger une équipe d'experts chargée de déterminer si des armes chimiques ont été utilisées en Syrie. (...)» (4)

 

Elle nous apprend, sans bouder son plaisir, qu'il y a une étroite coordination américano-israélienne pour régler le problème: «Le Pentagone écrit-elle, a déjà envoyé plus de 200 hommes en Jordanie pour préparer une éventuelle opération conjointe avec des alliés pour sécuriser les armes chimiques syriennes. Une option soutenue par les Israéliens: ´´Il est clair que s'il y a une volonté de la part des Etats-Unis et de la communauté internationale, ils peuvent agir militairement et prendre le contrôle des arsenaux chimiques syriens, (...) ce qui mettra fin à toutes les inquiétudes´´, a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Zeev Elkin, dans une interview à la radio militaire. Mais pour l'heure, aucune décision ne semble avoir été prise à Washington, Paris ou Londres.» (4)


La réaction molle du pouvoir syrien

 

Le régime syrien a rejeté samedi les accusations américaines et britanniques sur son recours à des armes chimiques dans sa guerre contre les rebelles, l'allié russe mettant en garde l'Occident contre l'utilisation de ce dossier comme un ´´alibi´´ pour intervenir en Syrie. Selon lui, ´´la Syrie n'utilisera jamais (d'armes chimiques), pas seulement parce qu'elle respecte la législation internationale et les règles d'une guerre, mais en raison de problèmes humanitaires et moraux´´. (...) Pour l'émissaire du président russe Vladimir Poutine pour le Moyen-Orient, Mikhail Bogdanov, les informations relayées sur les armes chimiques ne doivent pas servir d'´´alibi´´ pour une intervention militaire en Syrie. Il a néanmoins affirmé que ´´s'il y a des preuves sérieuses sur l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, il faut les montrer immédiatement et ne pas les dissimuler´´».(5)

 

Par ailleurs, Damas accuse la Turquie d'armer les rebelles, la Jordanie, de les entraîner et de favoriser leur infiltration en Syrie, et une partie des Libanais d'aider les insurgés à faire passer les armes à travers la frontière. (...) La Jordanie s'est retrouvée impliquée dans le conflit quand les États-Unis ont déployé des soldats sur son sol pour entraîner l'armée jordanienne et intervenir le cas échéant pour sécuriser les stocks d'armes chimiques syriennes.
M.Assad a d'ailleurs prévenu que la Jordanie était aussi ´´exposée´´ à la crise que la Syrie.

 

Dans sa conférence de presse de mardi 30 avril, Obama en parle. Tangi Quemener de l'AFP résume son intervention: «M.Obama n'a pas dévié de sa position d'extrême prudence. Barack Obama a promis une réévaluation des ´´options´´ américaines sur la Syrie s'il est prouvé que Damas a utilisé des armes chimiques, mais a mis en garde dans l'intervalle contre des décisions prises sans avoir ´´tous les éléments´´ en main. Le président a cependant mis en garde contre la prise de décisions hâtives en l'absence de faits précis et concrets. ´´Je dois être certain d'avoir tous les éléments. a-t-il dit. Son administration évoque ouvertement le précédent de 2003, quand le prédécesseur de M.Obama, George W.Bush, avait lancé l'invasion de l'Irak sous le prétexte d'armes de destruction massive qui n'ont jamais été retrouvées. A l'heure actuelle, ´´on ne sait pas comment ces armes ont été utilisées, quand elles ont été utilisées, ni qui les a utilisées´´, a souligné le président américain. Lors d'un entretien avec son homologue russe Vladimir Poutine, ´´le président Obama a souligné l'inquiétude (provoquée par) les armes chimiques syriennes´´, a indiqué l'Exécutif américain dans un communiqué, en précisant que les deux hommes allaient ´´continuer à se concerter étroitement´´ sur le conflit syrien. AFP 30.04.2013



Que peut-on dire en conclusion?

 

La mort rôde au quotidien. Un nouvel attentat a ensanglanté mardi 30 avril à une heure de grande affluence, la capitale syrienne, tuant au moins 13 personnes, au lendemain d'une attaque ayant visé en vain le Premier ministre. Les violences ont causé lundi la mort de 159 personnes -36 soldats, 65 rebelles et 58 civils. Le peuple syrien découvre, inaugure les attentats à la voiture piégée faisant chaque jour des dizaines de morts. Si le pouvoir syrien est sûr de son fait comme il l'a fait en accusant auprès des Nations unies les rebelles d'Al Nosra d'avoir utilisé les armes chimiques (chlore le 19 mars), et pour éviter tout malheur supplémentaire au peuple syrien, le pouvoir syrien devrait permettre l'inspection par les Nations unies. Cela n'est sûrement pas une garantie - comme pour l'Irak- mais au moins devant la communauté internationale des 195 nations, elle a une position claire.

 

La solution est connue de revenir aux accords de Genève pour une transition apaisée. Pour rappel, cet accord international adopté le 30 juin 2012 est ´´la base sans autre alternative, pour un règlement politique de la crise en Syrie´´, a affirmé M.Bogdanov émissaire russe. Le texte appelle à la fin immédiate des violences qui ravagent la Syrie et prévoit la mise en place d'un processus de transition politique, mais ne se prononce pas sur le sort du président Bachar al-Assad. C'est ce que tente désespérément de mettre en place le médiateur des Nations unies, Lakhdar Brahimi, devenu la bête moire du Qatar qui, vainement tente de le neutraliser pour imposer «sa solution». Une reddition en rase campagne des Arabes ou de ce qu'il en reste. Mais ceci est une autre histoire...



1. http://nonproliferation.irsn.fr/Chimie/CIAC/Pages/armes-chimiques-dans-histoire.aspx


2. Le sarin. Encyclopédie Wikipédia.


3. Isabelle Lasserre http://www.lefigaro. fr/international/2012/12/11/01003-20121211ARTFIG00657-le-casse-tete-des-armes-chimiques-d-assad.php?cmtpage=04


4.Céline Lussato http://tempsreel.nouvelobs.com/la-revoltesyrienne /20130426.OBS7414/syrie-armes-chimiques-que-peut-faire-la-communaute-internationale.html


5. http://www.lorientlejour.com/article/812132/le-regime-syrien-rejette-les-accusations-sur-lutilisation-darmes-chimiques.html AFP 28/04/2013

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 15:00

 

 

«Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie»

 André Malraux

 

 Deux bombes ont explosé à l'arrivée du marathon de Boston, lundi, faisant au moins trois morts et environ 140 blessés. Les deux engins explosifs se sont déclenchés à 13 secondes d'intervalle, à 50 et 100 mètres de la ligne d'arrivée où s'étaient massés des dizaines de milliers de spectateurs.

 Alors qu'aucun groupe terroriste ne s'est manifesté, les médias occidentaux, mais aussi les politiques désignent du doigt le coupable et accumulent les preuves pour légitimer leur accusation. Selon le bimestriel Foreign Policy, les revendications sont rarement immédiates. Le site pointe du doigts Al Quaîda, il prend l'exemple des attaques du 11 septembre 2001: Oussama Ben Laden avait ainsi attendu près de deux mois avant de déclarer être à l'origine de la démolition des tours du World Trade Center. ´´Il est donc tout à fait possible qu'une revendication survienne prochainement´´, souligne Foreign Policy.(1)

 

A Boston, un air de Kaboul et de Baghdad

 

Les deux attentats contre le marathon de Boston font penser à des centaines d'attaques similaires dans deux pays où les États-Unis combattent depuis une dizaine d'années: l'Irak et l'Afghanistan. Ces attentats, commis en public, dans des lieux bondés et à l'aide d'explosifs improvisés, font régulièrement la une de l'actualité à Kaboul et à Bahgdad. (...) Elle [Cette attaque ] offre une désagréable ressemblance avec les techniques employées dans de lointaines régions du monde dévastées par la guerre. Les bombes utilisées à Boston étaient des cocottes-minute pleines de clous, billes et autres fragments métalliques faisant office de shrapnel ´´Une technique couramment enseignée dans les camps d'entraînement terroristes d'Afghanistan est l'usage de cocottes-minute comme engins explosifs improvisés (IEE)´´ (...) Le Département y cite d'autres pays où l'on se sert de cocottes-minute, dont le Népal et l'Algérie.»(2)

 

Naturellement, la proximité avec la situation que vit Israël est chaque fois rappelée aux Américains. «Américains - Israéliens: même combat» Nous lisons: «Ces incidents ont conduit Jeffrey Goldberg, du magazine The Atlantic, à comparer la situation à celle qui règne en Israël: ´´Demandez à un Israélien ce que cela représente dans la vie de tous les jours´´.» (2)

 

«Le plus grand événement sportif de l'année à Boston, écrit Kevin Cullen a tourné au cauchemar, L'emplacement des bombes et le moment de leur détonation sont d'une cruauté qui dépasse l'entendement, délibérément choisi pour provoquer un maximum de pertes et de destruction. (...)Les policiers avec qui je me suis entretenu étaient perplexes. Ça pouvait être n'importe qui. Des étrangers. Des gens d'ici. Al Qaîda. Des cinglés de chez nous. C'était le ´´Patriots' Day´´. Le jour où l'on paie nos impôts sur le revenu. La fête de l'indépendance d'Israël(...).»(3)

On le voit, là encore, après avoir conditionné le lecteur et encore une fois rappelé l'analogie avec Israël et notamment la fête de l'indépendance, le journaliste Kevin Cullen désigne du doigt le coupable: «(..) C'est alors que la rumeur a couru qu'un jeune Saoudien était interrogé par le FBI. Les gens du Bureau n'ont pas voulu me dire si j'étais près de la vérité, mais mon vieux camarade John Miller, de CBS News, a annoncé que le gamin avait tenté de fuir après l'explosion, que quelqu'un l'avait intercepté et retenu jusqu'à l'arrivée de la police. (...)Une source proche des forces de l'ordre m'a assuré par la suite que Miller avait tapé dans le mille (...).» (3)

Théorie du complot et chasse à l'Arabe


On le voit, les soupçons se tournent vers les musulmans M.Badriya Al Bishr du journal Al Hayat écrit: «En attendant que soient découverts les responsables de l'attentat de Boston, une journaliste saoudienne observe que ses concitoyens - tout comme beaucoup d'Arabes et de musulmans - craignent de voir l'un des leurs impliqué. En apprenant la nouvelle de l'attentat de Boston, la plupart des Saoudiens se sont dit la même chose que The Washington Post: ´´Pourvu que ce ne soit pas un musulman!´´ Car nous avons bien tiré la leçon du 11 septembre 2001. (...)A l'époque, il y en avait qui justifiaient sans trop de peine le fait de tuer des innocents à l'autre bout du monde en disant que c'était le droit de ceux qui étaient opprimés ailleurs.» (4)

 

La chasse à l'homme est démultipliée par l'Internet et le profil type est tracé, il s'agit d'un Arabe. «Les autorités ont précisé que l'appel à témoins pour recevoir les ´´milliers de photos et de vidéos qui ont été prises´´ avant, pendant et après l'attentat (accompagné d'une récompense de 50.000 dollars pour toute information permettant de retrouver les coupables) leur ont permis de recevoir ´´de très nombreuses informations´´ et permis d'´´étudier un grand nombre d'indices et de pistes´´.

 

Il est vrai, comme le note le site bigbrowser.blog.lemonde que «l'émergence de théories du complot à la suite d'un attentat ou d'une fusillade aux Etats-Unis est inévitable. De l'assassinat de JFK à la tuerie de Newtown en passant par le 11 Septembre, chaque événement comporte son lot de complots. Pour sa part, Alex Jones, rédacteur en chef du site Infowars, a rapidement réagi après les explosions de mardi. C'est la présence de chiens démineurs sur la scène des attentats qui l'a interpellé. Selon lui, la police savait (grâce aux chiens) que des bombes avaient été déposées, mais ont gardé cette information secrète délibérément car les attentats ont, en fait, été perpétrés par le gouvernement dans le but de contrôler l'opinion publique par la peur... Suite à la publication des photos, le FBI a annulé sa conférence de presse qui devait se tenir suite à l'annonce de CNN que des suspects auraient été arrêtés. Aujourd'hui, bizarrement, le ministre des Affaires étrangères saoudien est venu rencontrer Obama (rencontre pas notée normalement au programme d'Obama).»(5)

 

Pour Paul Joseph Watson, le président Obama a protégé un suspect saoudien qui a un passé douteux. Il écrit: «Le député Jeff Duncan a demandé à Janet Napolitano (ministère de l'intérieur) pourquoi un Saoudien lié aux attentats de Boston a été expulsé pour des raisons de «sécurité nationale». Dans le même ordre de la théorie du complot, on rapporte que le ministre saoudien des Affaires étrangères a été reçu par le président Obama, la réunion n'était pas programmée (...) S'agissant du suspect il s'agirait: «d'un ´´homme à la peau sombre´´. Selon l'expert en terrorisme, Steve Emerson,, Abdul Rahman Ali Al Harbi, âgé de 20 ans, impliqué dans l'attentat de lundi, a été expulsé à la hâte. Al Harbi a été gardé à l'hôpital après l'attentat. Le diplomate saoudien Azzam bin Abdel Karim, lui a rendu visite. L'étudiant saoudien Al Harbi partage le même nom de famille que celui d'un grand clan saoudien qui comprend des dizaines de militants d'Al Qaîda. Khaled bin Ouda bin Mohammed al Harbi, par exemple, est un ressortissant saoudien qui a rejoint le groupe moudjahidin d'Oussama ben Laden dans les années 1980. Il serait devenu un membre d'Al Qaîda dans le milieu des années 1990. Il s'est rendu aux autorités saoudiennes en 2004. La BBC a rapporté que Khaled Al Harbi était marié à la fille du numéro deux d'Al Qaîda, M.Ayman al Zawahiri. (..).» (6)

Paul Joseph Watson brandit la menace de «l'empêchement»: «S'il ressort que l'administration Obama a protégé les complices des attentats Boston pour des raisons politiques, le scandale éclipserait les attaques de Benghazi et conduira inévitablement à une procédure de destitution.» (6)


La «valeur» de la vie selon la latitude

 Les attentats tragiques de Boston où des vies sont fauchées sont révoltants comme sont révoltants les attentats à Ghaza, Baghdad, Kaboul, Kirkouk. A des milliers de kilomètres de là, le même jour, des hommes perdaient la vie. On apprend en effet qu'une nouvelle vague d'attentats, dont un à l'entrée de l'aéroport de Baghdad, a fait 50 morts et près de 300 blessés lundi à travers l'Irak. Ces attentats, commis pour la plupart au moyen de voitures piégées, ont été perpétrés dans la matinée, alors que les Irakiens se rendaient sur leur lieu de travail et dans la soirée, alors qu'ils rentraient chez eux. Il s'agit de la journée la plus meurtrière depuis le 19 mars, où 56 personnes avaient péri. Baghdad a été la ville la plus durement touchée lundi: 30 personnes sont mortes et 92 autres ont été blessées dans huit attaques.

Hichem Hamza met en parallèle le traitement médiatique des deux types de tragédies. Nous l'écoutons: «Ethnocentrisme. Les attentats commis en Occident suscitent davantage l'attention des médias audiovisuels que ceux perpétrés ailleurs. En contrepoint, Oumma vous propose de découvrir la liste détaillée des pays les plus touchés par le terrorisme depuis 40 ans. Dans les écoles de journalisme et la plupart des rédactions de la presse généraliste, une technique d'écriture est prescrite pour attirer le lecteur ou l'auditeur: il s'agit de la «loi du mort-kilomètre». En clair, selon les enseignants et les rédacteurs en chef qui en assument l'application, le «public» est censé s'intéresser aux décès selon l'éloignement géographique de l'événement. Cas pratique: 1 mort à 1 kilomètre ou 10 morts à 10 kilomètres pourraient ainsi, selon les praticiens de cette coutume, retenir particulièrement l'attention. (..) Une autre règle, non formulée explicitement et tout autant cynique, vient contredire cet usage: on pourrait la qualifier de «loi du mort occidental». Vu de Paris, Londres ou Washington, la mort brutale d'un Européen ou d'un Américain dans le monde sera toujours plus fructueuse à couvrir -aux yeux des responsables de l'information- que celle de dizaines de non-Occidentaux. «L'attentat» survenu hier à Boston illustre tristement cette pratique. Les chaînes d'information françaises ont réalisé des «éditions spéciales» afin d'en dramatiser le récit journalistique. 3 morts et plus de 130 blessés: pour les familles de victimes, le caractère tragique est indéniable. Mais pourquoi consacrer autant d'heures au sujet, alors que des centaines de citoyens sont fauchés, chaque année, par le terrorisme sans que BFM TV ou France 24 ne daignent leur consacrer un sonore de 10 secondes? (...)» (7)

 

« Ce mardi, poursuit Hichem Hamza, la correspondante d'I Télé et de Canal+ à Washington, Laurence Haïm, a évoqué, avec son style régulièrement partisan, une«Amérique confrontée à la guerre en Afghanistan» (notez le choix du mot «confrontée»), détestée par«une partie du monde au Moyen-Orient» et dont la société aurait connu, depuis le 11 septembre, une «israélisation» de son fonctionnement. Message en filigrane: les Américains comme les Israéliens se seraient habitués à une «menace terroriste» dont les protagonistes auraient implicitement le même profil extrémiste. Peut-être faudrait-il proposer à la journaliste-chantre de l'axe Washington-Tel Aviv de partir en reportage à Baghdad afin de lui faire découvrir ce qu'est«l'irakisation» de la vie quotidienne».(7)


La tragédie de Boston: un temps fort de réflexion

 

C'est par ses mots qu'Oscar Fortin, invite à une évaluation honnête de la dimension humaine quelle que soit la latitude. Il écrit: «Lorsque les images nous arrivent tout droit des lieux où les victimes sont des nôtres, de nos proches, de ceux avec qui nous sympathisons, la douleur nous envahit et un cri de révolte se fait entendre pour condamner avec la plus grande énergie de telles horreurs. Tout ce qu'il y a d'humanité en nous se retrouve concentré sur ces victimes qui nous sont si près. Le 15 avril 2013 sera une date inoubliable pour Boston, pour les États-Unis, pour ceux et celles qui leur sont profondément attachés. L'épiscopat national des évêques catholiques a aussitôt condamné pareil geste ainsi que le Vatican s'exprimant à travers son Secrétaire d'État, le cardinal Bertone, un fidèle allié des Etats-Unis depuis qu'il occupe ce poste ».(8)

 

« Le 15 avril 2013 poursuit Oscar Fortin  sera également une autre date inoubliable pour les Irakiens, victimes de plusieurs attentats ayant fait plus de 50 morts et de 300 blessés. Il faut dire que cette nouvelle traverse moins les écrans de nos télévisions ou la UNE de nos grands quotidiens. Nous n'y voyons pas les corps déchiquetés des morts et le cri de désespoir des blessés. La douleur humaine y est pourtant révélée dans toute sa profondeur. Le secrétaire d'État du Saint-Siège n'a pas jugé bon de faire entendre les paroles réconfortantes du pape François. Plus de 50 morts et de 300 blessés, ce n'est pas rien. Le 15 avril 2013 sera, pour les Syriens, une autre date inoubliable. Un attentat suicide à la voiture piégée a fait 15 morts et 53 blessés dans la ville de Damas. Que de familles brisées, d'enfants morts ou laissés sans parents. Le Secrétaire d'État du Vatican n'a pas jugé bon d'attirer l'attention du pape sur ces morts et blessés».(8)
«Si la vie humaine doit être respectée, elle doit l'être à tous les niveaux. Il n'y a pas une vie humaine plus importante qu'une autre. Être pour la vie humaine, c'est l'être pour toutes les étapes par où elle passe. On ne peut pas être contre la violence et toutes les formes de terrorisme et être en même temps pour les guerres, les bombardements et toutes les formes de violence qui ont pour effets de détruire des vies humaines. (..) Le véritable humanisme est sans frontière et trouve son plein épanouissement dans la solidarité fondée sur la vérité, le respect, la justice et la compassion pour et à l'endroit de tous les humains de la terre.»(8)


Aux dernières nouvelles, la police fédérale américaine a diffusé jeudi des photos et des vidéos de deux suspects dans les attentats de Boston, lançant un appel au public pour recueillir des informations sur ces deux hommes. Les deux hommes sont considérés comme ´´armés et extrêmement dangereux´´, a prévenu l'agent Rick Des Lauriers lors d'une conférence de presse. Les images des deux hommes ont été immédiatement diffusées sur le site Internet du FBI. Les événements se précipitent et un suspect a même été arrêté.

 

Par la suite, on rapporte qu’il s’agit de deux frères tchéchènes de 19 et 26 ans apparemment bien intégrés dans la vie américaine , l’un a succombé à ses blessures à l’hôpital, l’autre est traqué dans un carré de 4 km2. Il reste à s’interroger si les faits devraient s’avérer exactes comment des jeunes gens décident de passer à l’acte. Il doit  certainement y avoir des raisons  profondes.

 

Les arguments tout venant des médias dont le sacerdoce est de diaboliser l’islam – haine de l’occident,  islam guerrier, incompatibilité de l’islam avec la modernité- sont loin d’expliquer ces dynamiques souterraines  qui font que du jour au lendemain, des jeunes se laissent entrainer dans cette spirale du désespoir au péril de leur vie. Peut être que  le moment est venu de mettre à plat  tous les griefs faits à l’islam et qui de l’autre côté font que des peuples se sentent offensés pour conjurer cette réelle plaie qu’est le terrorisme sous toutes ses formes aussi bien celui du citoyen lambda qe  celui des Etats.

 

Les attentats de Boston constituent une tragédie pour les Américains. Ils savent ce que c'est de perdre un être cher, ils ne seront que plus sensibles à la douleur des autres de ces peuples harassés dont les enfants naissent, survivent et meurent dans la désolation et le désespoir.

1.  http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/17/pourquoi-l-attentat-n-est-pas-encore-revendique

 

2. Rosie Gray http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/17/a-boston-un-air-de-kaboul-et-de-bagdad


3. Kevin Cullen http://www.courrierinternational.com/article/2013/04/16/boston-nous-ne-nous-sentirons-plus-jamais-en-securite 16 avril 2013


4. Badriya Al-Bishr ´´Pourvu que ce ne soit pas un musulman!´´ Al-Hayat | 17 avril 2013


5.  http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2013/04/18/conspiration-les-attentats-de-boston-se-pretent-mal-a-la-theorie-du-complot/


6. http://www.infowars.com/obama-covering-up-saudi-link-to-boston-bombing/ 18 04 2013


7. Hicham Hamza http://www.mondialisation.ca/terrorisme-et-grands-medias-1-mort-a-boston-vaut-plus-que-100-a-bagdad/5331807  17 avril 2013

 

8. Oscar Fortin http://www.mondialisation. ca/la-tragedie-de-boston-un-temps-fort-de-reflexion/5331823 17 avril 2013

 

Professeur  Chems Eddine Chitour

 Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 10:47

 

 

«(...) Je n'arrivais pas à trouver mon fils, alors j'ai ramené un morceau de chair à la maison et je l'ai appelé mon fils. J'ai dit à ma femme que nous l'avions retrouvé, mais je n'ai pas autorisé ses enfants ni personne d'autre à le voir. Nous avons enterré le morceau de chair comme si c'était mon fils.»

 

Détresse d'un vieillard afghan après la mort de son fils lors d'un bombardement

 

  Un meurtre de plus, un cri de révolte de plus, une bavure de plus et des excuses de plus, voilà comment on peut résumer la guerre faite aux enfants en Afghanistan. On apprend qu'une dizaine d'enfants ont perdu la vie dans un bombardement délibéré pour traquer les talibans ce début avril. Ces morts innocents nous rappellent les 400 enfants de Plomb durci à Ghaza. Un bombardement de l'Otan samedi dans l'est de l'Afghanistan, a tué dix enfants afghans, ont déclaré le 7 avril plusieurs responsables (..) Le bombardement s'est tenu alors qu'un combat intense opposait des troupes afghanes et américaines à des insurgés talibans, ont déclaré deux sources différentes. ´´Avant le bombardement, un Américain a été tué et quatre membres des forces de sécurité afghanes ont été blessés dans une attaque des insurgés´´, a commenté Wasifullah Wasifi, le porte-parole du gouvernement provincial du Kunar.(1)

 

La justification nous est donnée: «On nous tirait dessus depuis plusieurs maisons de la zone. Un Américain a été tué et plusieurs de nos hommes blessés. La force de la coalition a répondu par un bombardement», a expliqué une source sécuritaire afghane présente durant l'opération. ´´Nous ne savions pas qu'il y avait des femmes et des enfants dans la maison. Les taliban les ont utilisés comme des boucliers´´. D'après Abdul Zahir, le gouverneur du district de Shigal, où les combats se sont tenus, dix cadavres d'enfants ont été rapportés par les villageois à Asad Abad, capitale du Kunar, alors que six femmes ont été prises en charge à l'hôpital provincial. (...) Abdulqahar Balkhi, un porte-parole des taliban, a regretté sur twitter la mort de ´´22 civils innocent devenus martyrs à cause d'un bombardement des terroristes américains et de l'Otan´´, dont ´´15 membres d'une même famille´´.»(1)

 

Gilles Devers pense qu'il y a une dérive du droit, la mission initiale de l'Isaf a été dévoyée. Il écrit: «(...) Les heurts étaient violents, et ont causé la mort de quatre soldats afghans et d'un civil US, venu renforcer le commandement. Le commandement a perdu son sang-froid, et les hélicoptères de l'Otan ont été appelés pour bombarder.(...) De tels faits appellent quelques mises au point. L' Otan a obtenu de l'ONU de débarquer en Afghanistan pour répondre à al Qaîda, mais elle n'a aucun mandat pour éliminer les taliban. (..)Le bombardement est donc une représaille, et les représailles sont interdites par l'article 33 al 3 de la IV° convention de Genève (...) Le bombardement visait une maison d'habitation dans un village, c'est-à-dire que les enfants ont été tués chez eux. La thèse du bouclier humain ne tient pas, car il est interdit de viser des biens civils, surtout dans une zone d'habitation. (...) Aucune nécessité militaire ne l'imposait. Ce fait, à lui seul, qualifie le crime.» (2)

 

Il conclut en rappelant les articles de la Cour internationale: «Selon le statut de la Cour Pénale internationale, sont des crimes de guerre: notamment le fait de diriger intentionnellement une attaque en sachant qu'elle causera incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile, des blessures aux personnes civiles, des dommages aux biens de caractère civil ou des dommages étendus, durables et graves à l'environnement naturel qui seraient manifestement excessifs par rapport à l'ensemble de l'avantage militaire concret et direct attendu; (...) Cette attaque est donc un crime de guerre, et les criminels sont les commandants de l' Otan. Bien sûr, la justice ne sera pas saisie, et cette impunité est inadmissible.»(2)

 

Quel est le poids de ces arguments au nom du droit devant l'Empire et ses vassaux? Le pire est cette accoutumance au crime. Dans l'opinion occidentale, que vaut la vie d'un enfant afghan? On l'aura compris, nous sommes en présence d'un dommage collatéral- autre mot forgé par la doxa impériale-, les enfants étaient au mauvais endroit et au mauvais moment, Cette litanie constitue le bréviaire pour couvrir leurs actes criminels. Cela nous rappelle aussi les éliminations d'enfants à partir de drones- par erreur nous dit-on.» Un soldat du fin fond d'une salle climatisée appuie sur un bouton, amène le malheur dans une famille en fauchant un printemps et rentre chez lui s'occuper de ses enfants comme un bon père de famille.

 

Le conflit afghan

 

C'est l'un des tragiques conflits qui a duré et qui dure depuis que Bush a décidé, fin 2001, de s'en prendre à Bin Laden dans les montagnes de Bora Bora. Le conflit muta ensuite pour devenir celui de virer les taliban au pouvoir. Ces mêmes taliban qui étaient en grâce au point d'avoir un bureau de représentation à New York pour recruter des combattants de Dieu. Bin Laden mort, les Américains sont toujours là pour mettre en coupe réglée ce pays qui regorge de matières premières et de pétrole.

 

Selon un rapport de l'ONU publié le 9 mars 2011, l'année 2010 aura été la plus meurtrière pour les civils afghans dans le conflit qui oppose depuis neuf ans les forces internationales et nationales et les taliban. Avec 2777 civils tués, le nombre de morts dans les affrontements a fait un bond de 15% l'année dernière par rapport à 2009, selon un rapport de la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan (Manua). Deux attentats suicides ont eu lieu ce samedi 6 avril 2013 en Afghanistan, en pleine visite du nouveau secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, arrivé la veille. Une explosion revendiquée par les taliban s'est produite à Kaboul, tuant neuf civils. Un deuxième attentat a été perpétré dans l'est du pays. Au moins huit enfants ont été tués. A Kaboul, les taliban ont prouvé que, malgré le renforcement du dispositif de sécurité lié à la venue d'un officiel américain, leurs attaques pouvaient toujours atteindre leur cible. (...) La rébellion menée par les taliban n'a toujours pas été matée malgré onze années de présence internationale et plus de 130.000 soldats étrangers sur le terrain. Dans l'est de l'Afghanistan, une deuxième attaque a tué huit enfants ainsi qu'un policier.»(3)

 


La «coalition» commence à s'effilocher; des sons de cloche différents se font entendre: «Le retrait anticipé entre dans la logique de l'illogisme qui a poussé à l'entrée en guerre contre l'Afghanistan. Les Américains, pour leurs intérêts exclusivement, impliquent toujours leurs alliés dans l'absurde. Un ex-conseiller militaire de François Mitterrand, Jean Fleury, avait expliqué que les Français ne combattaient plus et qu'il y avait encore des solutions, mais les Américains avaient anéanti toute solution de paix: «Ils ont uriné sur les cadavres des taliban, ils ont brûlé des Coran et ils se sont rapprochés de l'Inde à la grande colère des talibans.» (4)

 

Pour Manlio Dinucci, malgré leurs déclarations de départ fin 2014, les Américains ne sont pas prêts de partir, ils s'installent confortablement: «L'aviation a effectué en 2010 plus de 30.000 opérations d'«appui aérien rapproché» et, au second semestre, le nombre des attaques avec bombes et missiles a doublé à environ 1.000 par mois. On a aussi intensifié l'usage des avions sans équipages, en particulier les MQ-9 Reaper armés de missiles et de bombes à direction laser, contrôlés par un pilote et un technicien de senseurs installés à une console à 12.000 km de distance, au Nevada. Le parachutage de matériel de guerre pour les troupes a quasiment redoublé, atteignant environ les 250.000 quintaux annuels. (...) On continue à potentialiser la base aérienne de Bagram: avec un personnel de plus de 30.000 militaires. Il en va de même dans la base aérienne de Kandahar.»(5)

 

Quelques prouesses de l'Otan (Isaf)  en Afghanistan

Il nous est impossible de lister tous les «dommages collatéraux» de ce terrible drame que subissent les Afghans. Nous allons citer chronologiquement quelques faits Souvenons- nous du bombardement d'Azizabad» effectué par les forces armées des États-Unis contre des taliban, qui a eu lieu le vendredi 22 août 2008 sur le village d'Azizabad situé dans la province d'Hérât, en Afghanistan. Un commandant taliban était la cible de cette opération qui a été réalisée par un Lockheed AC-130. Il a été estimé qu'entre 7 et 90 civils ont été tués pendant l'attaque, provoquant de nombreuses réactions internationales.»(6)

 

Dans le même ordre, le bombardement de Baba Buluk a fait 90 morts civils dont 60 enfants selon les Nations unies. «Le massacre de Bala Buluk est un massacre effectué par les forces de l'Isaf; il a eu lieu le lundi 4 mai 2009 dans le district de Bala Buluk, Des insurgés talibans étaient la cible de cette opération. Plus de 100 personnes, insurgés ou civils incluant femmes et enfants, auraient été tuées dans cette attaque, ce qui en ferait le bombardement le plus meurtrier pour les civils depuis le début de l'intervention internationale en 2001.» (7)

 

Par la suite, le record de l'horreur a été dépassé. Le bombardement de Kunduz a eu lieu le 4 septembre 2009 effectué par un F-15E américain à la demande de la Bundeswehr allemande, il visait deux camions d'essence pris par des taliban et a fait 142 morts, dont plus de 100 civils. Les familles des victimes racontent: «Aux premières lueurs de l'aube, vendredi dernier, dans le district de Chardarah de la province de Kunduz dans le nord de l'Afghanistan, les villageois s'étaient rassemblés autour des carcasses de deux camions citernes qui avaient été bombardés par l'Otan. Ils se sont frayés un chemin à travers prés de cent cadavres calcinés et de membres enchevêtrés mélangés aux cendres, à la boue et au plastic fondu des jerrycans, à la recherche d'un parent, d'un frère ou d'un cousin. (...)A l'heure qu'il était, il n'y avait plus de survivants. (...) Les parents en deuil ont commencé à se quereller et à se disputer les restes de ceux qui, quelques heures auparavant, cherchaient du carburant dans les carcasses des camions citernes.(...) «Nous n'avons reconnu aucun corps lorsque nous sommes arrivés,» a dit Omar Khan, le chef enturbanné du village d'Eissa Khail». (8)

 

«C'est comme si une bombe chimique avait explosé, tout était brûlé» «Ils étaient comme des troncs d'arbres calcinés, comme du charbon. (...). Alors les anciens du village sont intervenus. Ils ont ramassé tous les corps qu'ils ont pu et ils ont demandé aux gens de leur indiquer combien de proches ils avaient perdus. Une queue s'est formée. Un par un, les personnes endeuillées ont donné les noms des frères, cousins, fils et neveux disparus, et chacun a reçu en retour son quota de cadavres. Leurs identités n'avaient pas d'importance, de toute façon ils étaient entremêlés au-delà de toute reconnaissance. La seule chose qui importait était d'avoir un corps à enterrer et de pouvoir prononcer les prières. «Un autre disait qu'il avait perdu cinq membres de sa famille, alors on lui donnait cinq corps qu'il pouvait ramener et enterrer. Puis lorsqu'il n'y avait plus de corps, nous avons commencé à distribuer des membres, des jambes, des bras, des troncs.» A la fin, il ne restait que cinq familles qui sont reparties (...) Jan Mohammad, un vieillard avec une barbe blanche et des yeux verts, dit avec colère: «J'ai couru, j'ai couru pour retrouver mon fils parce que personne ne voulait m'emmener. Je n'arrivais pas à le trouver.» (8)

 

Dans le même ordre du livre noir de l'horreur, l'hebdomadaire Der Spiegel a publié des clichés de dépouilles à côté desquelles des soldats américains posent fièrement: «L'armée américaine s'est excusée officiellement (...) Ces clichés «nous répugnent en tant qu'êtres humains et sont contraires aux principes et aux valeurs de l'armée des Etats-Unis», affirme l'armée dans un communiqué. Der Spiegel affirme que le Pentagone a tout fait pour éviter la publication des photos. Le magazine allemand précise en outre avoir enquêté pendant cinq mois sur l'affaire des tortures en Afghanistan «Nous n'en publions qu'une infime partie, trois sur quelque 4 000 photos et vidéos, juste ce qui est indispensable pour raconter l'histoire d'une guerre qui a commencé avec les meilleures intentions, qui devait chasser les terroristes d'al Qaîda d'Afghanistan, qui était autorisée par un mandat de l'ONU, mais qui est depuis longtemps devenue une autre guerre», écrit Der Spiegel.(9)

 

Theophraste R. du Grand Soir; nous parle d'une de ces bavures: «4 mars 2011. Une frappe aérienne de l'Otan (lire: USA) a tué 9 enfants sans armes qui ramassaient du bois, près de leur village, en Afghanistan, à environ 12.000 km des USA. Moins de dix jours plus tôt, une attaque similaire avait tué 65 civils dans le même coin. Les génies du Pentagone ont élaboré des plans complexes (...) Dans Le Grand Soir, un auteur féru d'humour noir (qu'il se dénonce!) a écrit naguère qu'il faudrait que les Afghans évitent de se marier le jour de leur enterrement. Ce qui suppose qu'ils attendent au moins leur puberté avant d'éparpiller leurs entrailles dans la poussière. Certains s'étonnent de la sauvagerie avec laquelle les USA installent et défendent la démocratie en Afghanistan. Pour comprendre, il suffit de remplacer démocratie'' par pipeline'' et de regarder une carte sur l'acheminement du pétrole.» (10).

 

Ou va ce monde qui permet ces horreurs et que vaut la vie des damnés de la Terre face à celle de ceux qui se croient investis d'une mission divine, voire d'une «destinée manifeste»? Saint Paul parlant de ces taghouts (tyrans) disait: «Dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains [...] insensibles [...] aimant le plaisir plus que Dieu.»(11)

 

C'est peut-être cela la fin des temps que, les spiritualités et notamment religions révélées n'ont cessé d'annoncer. La fin des temps ne sera pas brutale, c'est un long délitement des valeurs et de ce qui fait la dignité et la valeur d'une vie quelle que soit sa latitude. 

Ecole nationale polytechnique

 

1. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/ 20130407.OBS7064/afghanistan-l-otan-aurait-tue-10-enfants-dans-un-bombardement.html

2. Gilles Devers http://www.alterinfo.net/ Nouveau-crime-de-l-OTAN-en-Afghanistan-Dix-enfants-tues_a88886.htmlLundi 8 Avril 2013

 

3.Afghanistan: deux attentats font 18 morts, dont huit enfants Le Parisien.fr AFP 09.03.2013

 

4. http://www.legrandsoir.info/la-guerre-en-afghanistan-un-retrait-pressant-ineluctable.html

 

5. M. Dinucci http://www.mondialisation.ca/ index.php?context=va&aid=22649 5 janvier 2011

 

6.http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombarde-ment_ d%27Azizabad

 

7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bombarde-ment_de_ Bala_Buluk

 

8. Ghaith A. http://www.guardian.co.uk/ world/2009/sep/11/afghanistan-airstrike-victims-stories

9. Audrey Pelé: L'US Army s'excuse pour des photos de victimes afghanes. Le Figaro. 22 3 2011

10.http://www.legrandsoir.info/+Sur-la-mort-de-neuf-enfants+.html

11.Saint Paul: Les signes de la fin des temps: 2 Timothée 3:1-5.

 

Professeur  Chems Eddine Chitour

 

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 12:49

 

«Le malheur des Arabes est dû à une interminable chute de Grenade»

 

Nezzar Quebanni (immense poète syrien)

 

Il y a une semaine, dans la plus pure tradition de la violation de la légalité internationale, la République arabe de Syrie se voyait au sein de la Ligue arabe- dépossédée de ses attributs en tant que membre de la Ligue arabe,dont elle a été parmi les premiers adhérents, au profit d'un Otni «Objet Tuant Non Identifié» appelé selon le cas de résistance, de coalition, darmée syrienne libre, du Conseil national et naturellement de terroristes par l'Etat légaliste encore reconnu par 99% de pays. Même les Occidentaux, exception faite de la France- n'ont pas franchi le pas d'une rupture diplomatique.

 

Le Qatar est parvenu à obtenir l'octroi du siège de la Syrie à la Ligue arabe à la Coalition nationale de l'opposition, après d'ultimes tractations marquées notamment par la valse-hésitation de son président, Moaz Al-Khatib. La Coalition nationale a ensuite fait savoir que son Premier ministre par intérim, Ghassan Hitto, la représenterait au sommet. Dans une résolution adoptée le 6 mars au Caire, les ministres des Affaires étrangères arabes ont appelé l'opposition syrienne à ´´former une instance exécutive pour occuper le siège de la Syrie à la Ligue arabe´´, siège resté vacant depuis la suspension de Damas, en novembre 2011. Mais l'Irak et l'Algérie ont émis des réserves et le Liban ne s'est pas associé à l'appel.
Commentant cette dérive du droit, le professeur des Relations internationales de l'Université de Damas, Bassam Abou Abdallah, a indiqué à Al-Ahednews que la Ligue arabe était une ombrelle pour la mise en oeuvre des politiques américaines dans la région. Il a rappelé que ce rôle de la Ligue avait commencé depuis l'invasion de l'Irak, arrivant à la violation, à l'heure actuelle, du pacte selon lequel fut fondée cette Ligue. Selon M.Abou Abdallah, les pétromonarchies du Golfe accaparent les décisions de la Ligue. Il a noté dans ce contexte que «l'appel à l'exécution de la volonté du peuple syrien, n'a pas pris en compte l'avis des peuples des émirats et monarchies du Golfe». «Inviter l'opposition syrienne à occuper le siège vacant de la Syrie, devrait ouvrir la même voie à d'autres oppositions», a-t-il ironisé, appelant au moins à engager l'opposition bahreïnie dans les réunions de la Ligue, cette opposition étant plus légitime que pareille syrienne. (1)

 

L'Iran a jugé «hâtive et irrationnelle» la décision du Qatar d'autoriser l'opposition syrienne à ouvrir une représentation diplomatique à Doha. Le ministre syrien de l'Information, Omrane al-Zohbi, a dénoncé hier une «escalade» des opérations des rebelles à Damas, au lendemain de la mort de 15 étudiants dans des tirs d'obus sur un campus de la capitale. «L'armée, le peuple et le commandement de ce pays ont pris la décision décisive de défendre le pays jusqu'à la dernière minute», a-t-il assuré. (...) Selon M.Zohbi, les ordres pour mener une escalade proviennent «du Qatar, de la Turquie et de certains services de renseignements arabes et occidentaux qui tentent désespérément de faire tomber l'Etat syrien». Depuis le début de la rébellion en Syrie, qui s'est militarisée, Damas accuse l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie voisine de financer et d'armer les rebelles, qualifiés de terroristes par Bachar al-Assad. (2) Pour ajouter à l'horreur après la mort de Al Bouti, un dignitaire religieux respecté dans le monde, c'est au tour d'un autre imam Cheikh Hassan Seifeddine d'une mosquée d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie, qui a été assassiné par des rebelles qui ont par la suite traîné son corps à terre, ´´Les ulémas d'Alep dénoncent ce crime ignoble commis par les ennemis de l'humanité qui ont assassiné cheikh Hassan Seifeddine et ont posé sa tête sur le minaret de la mosquée al-Hassan´´, a rapporté la télévision.

 

Qui est cette instance syrienne que l'on veut introniser ,

 

La situation est tragique pour le peuple syrien. Les Occidentaux et leurs valets honteux du Golfe pensaient que le domino syrien c'était une promenade de santé à la tunisienne, la libyenne ou l'égyptienne. Cruelle erreur! Le régime en place qui est loin d'être démocrate, a pu mobiliser autour de lui, autour de la nation la majorité des Syriens. Les Occidentaux furent désemparés, à commencer par le tandem Sarkozy- Juppé qui mit en avant un universitaire franco-syrien, Burhan Ghalioun, et Besma Kodmani une autre chercheuse française, fille d'un ancien ambassadeur syrien en France. Rien n'y fit, ces deux dirigeants furent débarqués. On joua alors la carte d'Ahmed Moaz al-Khatib, un ancien cadre pétrolier d'Exxon: ce sera la carte américaine. Cela ne suffisant pas, les roitelets du Golfe se mélêrent et proposèrent un autre «américain» en la personne de Ghassan Hitto, le «Premier ministre» rebelle syrien choisi le 19 mars après des discussions houleuses à Istanbul. En fait, des membres importants de la Coalition, dont son porte-parole Walid al-Bounni, avaient décidé de geler leur appartenance pour ne pas participer à cette élection qu'ils jugeaient illégitime. Ce qui a amené Ahmed Moaz al-Khatib, à donner sa démission. Le chef de la coalition de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib a décidé de démissionner pour condamner les conditions de l'élection du ´´Premier ministre´´ de l'opposition, Ghassan Hitto dont il estime qu'il a été poussé en avant par Qatar.

 

Dans toute cette tragédie pour le peuple syrien, on apprend graduellement que la révolution syrienne est en fait un bric à brac de tous ceux qui veulent en découdre, au nom de la religion, au nom du pouvoir personnel, mais surtout dans la pire tradition du mercenariat au nom d'intérêts stratégiques régionaux. Les véritables responsables de ces tueries sont les pays du Golfe avec deux tendances: celle du ventripotent émir du Qatar et celle de l'Arabie Saoudite. A laquelle il faut ajouter la Jordanie, la Turquie et les pays occidentaux.

 

Pendant plus d'un an et demi, les Occidentaux armaient et formaient sans retenue et dépensaient sans compter. Cependant, sur le terrain on s'aperçoit que les idéaux de liberté, de démocratie ont fait place à l'horreur alimentée à partir d'armements venant de Turquie et de Jordanie. Les Occidentaux s'apercevant que les combattants de la liberté étaient en fait des terroristes comme ceux qu'ils combattaient ailleurs...au Mali. A tout prendre, l'état laïc de Bachar El Assad, qui a permis à des communautés religieuses et ethniques de vivre en paix, était pour eux préférable à ces barbus.

 

«Le coup de frein, écrit Sarah Difallah, est aussi inattendu que l'accélération dont a fait l'objet ce projet porté par Paris et Londres. Que s'est-il passé? Lors de son intervention télévisée, François Hollande a annoncé que la France ne livrerait pas d'armes aux rebelles syriens sans la garantie qu'elles ne tomberaient pas aux mains de djihadistes: ´´Il ne peut y avoir de livraison d'armes à la fin de l'embargo, c'est en mai, s'il n'y a pas la certitude que ces armes seront utilisées par des opposants légitimes et coupés de toute emprise terroriste.Pour l'instant, nous n'avons pas cette certitude´´.»(3)

 

«Le coup de frein poursuit-elle, est aussi inattendu que l'accélération dont a fait l'objet ce projet porté de manière tonitruante, voire arrogante pour certains, par Paris et Londres. Hier soir, volte-face. Le chef de l'Etat a garanti au contraire: ´´Aujourd'hui, il y a un embargo, nous le respectons´´. Alors que la France a voulu être l'artisan d'une résolution du conflit syrien, que s'est-il passé? François Hollande a d'abord justifié ce retournement par les divisions continues au sein de la Coalition nationale syrienne. Officieusement, de nombreuses voix dénoncent la mainmise de l'Arabie Saoudite et du Qatar sur l'opposition, qui mènent une lutte interne pour en prendre le contrôle. Présenté comme un modéré, Ahmed Moaz al-Khatib était considéré comme un rempart contre l'influence des Frères musulmans et les groupes djihadistes qui se sont immiscés parmi les combattants rebelles. Par ailleurs, l'Armée syrienne libre a refusé la nomination du nouveau ´´Premier ministre´´, Ghassan Hitto, chargé de diriger les zones de la Syrie libérées. Le refus des pays de l'Union européenne a peut-être aussi convaincu de la mission hasardeuse du projet franco-britannique. Le week-end dernier, lors d'une réunion à Dublin, les 27 n'ont pas suivi. Selon les services secrets français, 200 à 250 djihadistes venus d'Irak, du Liban, d'Arabie Saoudite, d'Egypte et Maghreb combattent en Syrie. Des djihadistes venus en nombre, non pas pour instaurer un Etat démocratique, mais pour bouter hors du pays le clan alaouite de Bachar al-Assad considéré comme des hérétiques. Parmi les groupes figure le front Al-Nosra, classé sur la liste des ´´organisations terroristes´´ par les Etats-Unis et soupçonné d'avoir des liens avec Al-Qaîda.» (3)

 

Pourtant, la France aurait déjà commencé à livrer des armes. François Hollande avait décidé à la mi-décembre de livrer directement des armes à des groupes sélectionnés par le renseignement. en coordination aves les Britanniques et les Américains. Les cours portent notamment sur la communication cryptée. Par ailleurs, l'envoi d'armes non-létales (gilets pare-balles, système de visée nocturne...) est depuis longtemps à l'ordre du jour. (4)

 

Quelle est la configuration actuelle et d'où viennent les armes?

 

´´Si on veut éviter que la Syrie éclate et que ce soit finalement les extrémistes qui l'emportent, il faut une solution politique. Pour cela il faut qu'il y ait un rééquilibrage sur le terrain des forces militaires´´, a déclaré Laurent Fabius, sur Europe 1. Le New York Times a rapporté que des pays arabes et la Turquie avaient fortement accru leurs livraisons d'armes aux rebelles avec l'aide de la CIA américaine. Un pont aérien mis en place à petite échelle début 2012 a pris de l'ampleur ces derniers mois, ajoute-t-il. Des avions jordaniens, saoudiens ou qataris chargés de matériel ont atterri en Turquie et en Jordanie.

 

On sait que les divisions de l'opposition syrienne, sont le fruit des rivalités entre Doha et Riyadh. Les dissensions, lit-on dans le Nouvel Obs., au sein de l'opposition syrienne ont révélé au grand jour l'ampleur d'une lutte d'influence régionale menée, à coups d'argent, de propagande médiatique et d'armes, entre l'axe Qatar-Turquie et celui de l'Arabie Saoudite. «Notre peuple refuse qu'on lui impose une quelconque tutelle. Les différends régionaux et internationaux ont compliqué la situation», a lancé le président démissionnaire Ahmed Moaz al-Khatib. Simultanément, quelque 70 personnalités de l'opposition ont dénoncé dans un message adressé au sommet arabe une politique d'«exclusion» suivie par un courant de la Coalition, en référence aux Frères musulmans, et une «hégémonie arabe et régionale scandaleuse» sur l'opposition, allusion au Qatar. (5)

 

On le voit, nous sommes loin des idéaux de libération de la Syrie: «Il y a, lit-on sur le Nouvel Obs, une lutte d'influence entre deux axes principaux qui ne représentent pas toute l'opposition, mais qui sont essentiels pour l'aide matérielle et militaire: l'axe Qatar-Turquie qui soutient le mouvement des Frères musulmans et l'axe saoudien, en harmonie avec les États-Unis», a expliqué Ziad Majed, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Paris. «Cela a un impact sur la composition interne de l'opposition politique et l'affiliation des différents groupes militaires», a-t-il ajouté. Lors de la réunion de la Coalition la semaine dernière à Istanbul, les participants ont marqué leurs divisions entre partisans et adversaires d'un «gouvernement intérimaire» pour gérer les «zones libérées». Certains opposants ont dénoncé Ghassan Hitto, élu chef de ce gouvernement, comme «le candidat du Qatar», et d'autres ont suspendu leur appartenance au groupe. Pour M.Majed, «l'axe saoudo-américain préférait reporter la formation du gouvernement intérimaire, et l'axe Qatar-Turquie voulait le former rapidement et aurait ainsi poussé pour choisir Hitto».

 

La rivalité entre les riches monarchies pétrolières du Golfe et la Turquie voisine, en quête d'un rôle de puissance régionale, se traduit également sur le plan militaire. Après la réunion d'Istanbul, Riyadh a laissé entendre qu'il était «mécontent du choix de Hitto, conduisant l'Armée syrienne libre (ASL) à rejeter ce choix». Des combattants rebelles à Daraya dans la province de Damas racontent que, faute d'armes et de munitions, ils étaient sur le point de perdre la ville. Mais, précise l'un d'eux, «lorsque M.Khatib a fait son offre de dialogue avec le régime, les armes ont afflué rapidement». «Cela veut dire que les armes étaient stockées à la frontière. Mais n'étant pas favorables à l'offre de Khatib, la Turquie et le Qatar ont libéré ces armes pour favoriser une escalade sur le terrain et mettre en doute le bien-fondé de cette offre», explique un autre combattant.» (5)

 

Le Koweit aussi

 

Enfin, à tous ces donneurs d'ordre, il faut ajouter le Koweit. On lit: «Les armes envoyées par le Qatar arrivent à des groupes proches des Frères musulmans via la Turquie. En revanche, ajoute-t-il, les Saoudiens préfèrent financer et armer les conseils militaires dirigés par des dissidents de l'armée «de crainte d'un rôle croissant des islamistes radicaux», une approche appuyée par les États-Unis. Les livraisons saoudiennes arrivent par la frontière jordanienne. Quant aux combattants salafistes, dont ceux du Front al-Nosra, ils sont financés par des ONG basées notamment au Koweït, aux Émirats arabes unis, selon le spécialiste arabe de la Syrie, qui ne veut pas être cité. La rivalité régionale se joue aussi notamment dans les télévisions al-Jazeera et al-Arabiya, en compétition pour offrir une tribune aux divers groupes de l'opposition.» (5)

 

Dans ces conditions, on peut se demander s'il y a une cohérence dans la politique arabe vis-à-vis de la «défense» des Arabes au vu du fait qu'elle n'arrête pas de se déjuger en fonction des instructions reçues qui sont aux antipodes de l'émancipation arabe. Tout se passe comme si les Arabes se tiraient une balle dans le pied au profit de qui? La réponse nous est donnée par l'aveu de l'ancien dirigeant des services secrets israéliens (le Mossad), Shabtaï Shavit (1989-1996), qui vient de déclarer que le Qatar a joué un rôle historique en faveur d'´´Israël´´ ´´plus important que celui de la Grande-Bretagne´´,c'est ce qu'a rapporté le quotidien israélien Yediot Aharonot. Selon l'ancien chef du Mossad, le Cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, Emir du Qatar, s'était toujours rangé aux côtés des Etats-Unis et d' «Israël» dans les dossiers régionaux. Pour Shavit, la politique étrangère du Qatar est comme le levier arabe des politiques de Tel-Aviv et de Washington» (6)

 

Tout est dit. C'est à se demander à quoi sert la Ligue arabe dans ce conclave de défaitistes qui n'a aucune influence sous la coupe égyptienne (siège et secrétaire général à vie). Quant au peuple syrien, nous compatissons avec sa détresse et nous souhaitons qu'il s'en sorte

1. http://french.moqawama.org/essaydetails. php?eid=8903&cid=284

 

2. http://www.lexpressiondz.com/internationale/171441-damas-denonce-une-escalade-des-rebelles.html Samedi 30 Mars 2013

 

3. http://tempsreel.nouvelobs.com/la-revolte-syrienne/20130329.OBS6176/syrie-le-pas-en-arriere-de-hollande-sur-les-livraisons-d-armes.html

 

4. http://tempsreel.nouvelobs.com/la-revolte-syrienne/20130321.OBS2603/les-francais-entament-l-entrainement-des-rebelles-syriens.html

 

5. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130327.AFP7992/syrie-les-divisions-de-l-opposition-fruits-des-rivalites-entre-doha-et-ryad.html

 

6. http://sos-crise.over-blog.com/article-l-etat-terroriste-du-qatar-salue-par-l-ancien-chef-du-mossad-pour-les-services-rendus-116672926.html

 

 

Professeur Chems Eddine Chitour


Ecole Nationale Polytechnique enp-edu.dz

 

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 13:17



 

 

«Je pense que l'on ne peut mettre en doute les faits qui nous ont conduits à ce vote fatal. Saddam Hussein est un tyran qui a torturé et tué son peuple... Les rapports des services d'intelligence prouvent que Saddam Hussein a reconstruit son stock d'armes chimiques et biologiques, ainsi que sa capacité de lancement de missiles et son programme nucléaire. Il a aussi offert aide, protection et refuge aux terroristes et à ceux d'al-Qaîda.»

 

(Sénatrice Hillary Clinton, 10/10/02).

 

   Voilà un exemple de positions politiques qui ont légitimé l'invasion de l'Irak de 2003. La deuxième guerre d'Irak, parfois connue sous le nom de troisième guerre du Golfe, a commencé le 20 mars 2003 avec l'invasion de l'Irak (dite «opération Iraqi Freedom») par la coalition menée par les États-Unis contre le parti Baas de Saddam Hussein et s'est terminée le18 décembre 2011 avec le retrait des dernières troupes américaines. L'invasion a conduit à la défaite rapide de l'armée irakienne, à la capture et l'exécution de Saddam Hussein et à la mise en place d'un nouveau gouvernement. Le conflit ne s'est donc achevé de manière effective que le 18 décembre 2011 avec le retrait du dernier soldat américain du pays mais la violence continue. Cette guerre aura duré 3207 jours, soit huit ans et neuf mois.(1)

 

Il ne faut pas penser que tout le monde était d'accord pour l'invasion programmée bien avant l'attaque des twins towers. «Ce 2 octobre 2002, écrit Denis Kucinich membre du Parti démocrate, l'un des rares opposants à l'aventure irakienne de Bush le jour où la loi sur l'Irak fut introduite, j'avais envoyé et distribué personnellement un mémo à mes collègues du Congrès réfutant, point par point, les allégations fournies par l'administration Bush pour aller en guerre. Le lendemain, j'ai organisé une conférence de presse avec 25 membres du Congrès, réfutant à nouveau les mensonges sur les causes de cette guerre. Il était prouvé, à cette époque déjà, que l'Irak ne possédait pas d'armes de destruction massive, qu'il n'avait aucun lien avec le 11 septembre et qu'il n'était pas non plus une menace pour les Etats-Unis. Quiconque s'y intéressait pouvait obtenir les mêmes informations que celles que j'avais.» (2)

«Il y a dix ans, poursuit Denis Kucinich, le Congrès a voté pour entrer en guerre contre un pays qui ne nous avait pas attaqués. Cette décision a fragilisé notre sécurité nationale et financière. Des milliers d'Américains et peut-être un million d'Irakiens ont été sacrifiés pour ces mensonges. La guerre en Afghanistan se poursuit et de nouvelles guerres se sont répandues au Pakistan, au Yémen et en Somalie selon le concept indéfini de «guerre contre le terrorisme.» Cet état d'esprit nous entraîne sur le bord d'une guerre avec l'Iran. Dix ans plus tard, alors que des milliards de milliards de dollars se sont envolés, le peuple américain dans son ensemble ignore toujours ce qui s'est passé. Il est temps d'ouvrir une ère de vérité et de réconciliation.» (2)

 

Le bilan à 2013 d'un pays en miettes

 

En janvier 2012, Iraq Body Count, qui fonde son analyse sur des données publiées dans les médias estime que 105 052 à 114.731 civils irakiens sont morts dans les violences, constituées essentiellement d'attentats, et au moins 250.000 civils irakiens auraient été blessés auxquels il faut ajouter 4488 morts et 32.230 blessés dans les rangs américains (4 806 morts pour l'ensemble des troupes de la coalition et plus de 36.000 blessés), les morts des sociétés militaires privées et parmi les combattants irakiens (armée irakienne et insurgés). Toutefois, la limite de cette méthode de comptabilisation réside dans le fait que les journalistes ne peuvent raisonnablement pas observer, ni recouper entre eux, la totalité des morts durant une guerre aussi longue et se déroulant sur un grand territoire. Plusieurs études donnent des fourchettes beaucoup plus élevées. Parmi elles, la revue scientifique The Lancet a, dans une seconde étude publiée le 11 octobre 2006, estimé que le nombre de morts liés à la guerre était situé entre 426.369 et 793.663, tandis que l'institut britannique indépendant ORB a estimé dans une publication du 28 janvier 2008 sur la base d'une étude épidémiologique, que le nombre de morts était compris entre 733.158 et 1.446.063. La guerre a provoqué l'exode d'au moins deux millions d'Irakiens, réfugiés à l'étranger depuis 2003 (principalement en Syrie et en Jordanie, mais également en Europe et aux États-Unis). L'organisation National Priorities Project estime à plus de 810 milliards de dollars le coût de la guerre (1)

 

Les informations sont contradictoires et dépendent de la source. Ainsi selon une dépêche de l'AFP de janvier 2012, environ 162.000 personnes, essentiellement des civils, ont péri de mort violente en Irak depuis l'invasion américaine de mars 2003, et le pays reste pris dans un ´´conflit de basse intensité´´ qui va continuer à faire de nombreuses victimes, estime une ONG. Ce bilan, publié deux semaines après la fin du retrait de l'armée américaine d'Irak par Iraq Body Count (IBC), une ONG basée en Grande-Bretagne, fait également état de plus de 4000 morts civils pour la seule année 2011. De mars 2003, date de l'invasion américaine en Irak au départ fin 2011 des derniers GI's, 162.000 personnes ont été tuées dans le pays selon un bilan établi par IBC en croisant ses propres statistiques (consacrées aux civils) avec celles des autorités irakiennes, les pertes américaines ainsi que des données révélées par le site WikiLeaks (Iraq War Logs). IBC indique que WikiLeaks a ainsi révélé l'existence de milliers de décès de civils dont elle n'avait pas eu connaissance au moment des faits. Sur les 162.000 tués recensés, ´´79% étaient des civils´´.



Ce que nous retiendrons de la démocratie aéroportée

 

Quelques faits d'armes: l'horreur de Abou Ghraib passée pour perte et profit et l'alignement servil des médias aux ordres comme montré dans l'affaire Jessica Lynch. Cette soldate noire soit-disant «délivrée» par les GIs selon un scénario à «la chute du Faucon noir», était blessée par des tirs amis et recueillie par un chirurgien irakien qui a sauvé la vie de cette soldate en remuant ciel et terre pour lui trouver du sang «O» mettant à contribution un parent à lui qui avait le même groupe. Ainsi, la libération de la militaire Jessica Lynch d'un hôpital irakien, a été présentée comme une opération de sauvetage à haut risque. Dans une entrevue au magazine Time, Jessica elle-même reconnaît que toute l'opération menée contre l'hôpital avait été une mise en scène.

Quelques faits ont aussi retenu notre attention. La pendaison en direct de Saddam Hussein qui a donné au monde une leçon de courage jusqu'à ces derniers instants. Un deuxième fait est celui du journaliste irakien qui a jeté sa chaussure à la face de Bush. Ce fut un petit pas pour l'homme mais un grand pas pour la dignité humaine.



L'Irak actuel

 

Cette guerre est à ce jour l'unique mise en oeuvre du concept de guerre préventive développé par l'administration Bush pour parer à la menace des armes de destruction massive dont cette dernière affirmait à tort détenir la preuve dans un rapport présenté au Conseil de sécurité de l'ONU le 12 septembre 2002. Formation de facto d'un État indépendant au Kurdistan car depuis, bien longtemps, les Kurdes d'Irak, tout comme ceux de Turquie, de Syrie et d'Iran, veulent créer un État kurde unifié et indépendant, et ont engagé des luttes armées pour y parvenir, luttes qui ont été en particulier durement réprimées par la Turquie et par le régime de Saddam Hussein.

 

Les raffineries de pétrole sont sous le contrôle des forces spéciales et des armées américaines et britanniques. Les dommages aux infrastructures civiles sont énormes et mettront du temps à être résorbés: les services de santé ont été pillés, les équipements détruits. C'est le cas aussi ders routes, des centrales électriques. Les hôpitaux sont surchargés et les médecins manquent cruellement. C'est véritablement l'âge de pierre promis par George Bush père.
De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d'Irak a été pillé au moment de l'entrée des troupes américaines dans Baghdad. Tout ce qui représente Saddam ou son régime a été saccagé par les populations chiites et kurdes. C'est la fin de la paix religieuse permise par le régime laïc du parti Baas de Saddam Hussein. La résurgence des anciens conflits religieux entre chiites et sunnites pour la prise du pouvoir et l'installation d'un régime religieux, après la chute de Saddam.

Par ailleurs, il y a une augmentation de l'insécurité générale (pillages, incendies et prises d'otages), à la suite de la désorganisation totale des différents services publics. Les assassinats de nombreux chefs religieux chiites sont nombreux, il en est de même des assassinats de chrétiens autrefois protégés par le régime laïc de Saddam Hussein. Enfin, l'exode vers l'étranger de centaines de milliers d'Irakiens vide de sa substance culturelle scientifique et technique ce pays.

 

Pour rappel, l'Irak avait un système éducatif et de recherche performant. Le niveau de développement était de loin le plus important du Monde arabe. Les infrastructures étaient développées et un célèbre dicton permet de situer le niveau intellectuel héritier de «Dar El Hikma» «La Maison de la Sagesse». « Les livres étaient rédigés en Egypte, imprimés à Beyrouth et lus en Irak», le taux d'analphabétisme en Irak était le plus bas du Monde arabe, ce pays constituait un danger pour le «monde libre et civilisé».

La première guerre du Golfe fut alimentée on le sait, par l'Occident en armements à Saddam, notamment français et américains, et financièrement ce sont les roitelets du Golfe qui furent mis à contribution. Huit ans plus tard, fin des combats pour rien. L'empire soviétique s'effondrait, grâce aux coups de boutoir des moudjahidine commandés par le meilleur allié de l'Occident, Oussama Ben Laden. Lors de la deuxième guerre du Golfe de 1991, qui, rappelons-le, s'est faite sur un malentendu, Saddam Hussein avait reçu l'ambassadrice Glapsie et l'avait informée des problèmes qu'il avait avec le Koweït -19e province de l'Irak avant la Première Guerre mondiale. Celle-ci lui aurait dit que les Etats-Unis ne se sentent pas concernés par ce problème. Ce fut une erreur tragique de Saddam Hussein - en envahissant le Koweït le 2 août 1990, il a donné le feu vert à la première invasion de l'Irak. Douze ans après son père, George Bush envahit l'Irak en mars 2003, sans résolution des Nations unies.

 

Résultat des courses: après la guerre il y eut 12 ans d'embargo et dans le programme «Pétrole contre nourriture», beaucoup d'hommes politiques en ont profité. Cet embargo s'est soldé par la mort de 500.000 enfants irakiens des suites de la maladie et de la malnutrition: «Ce n'est pas cher si c'est le prix à payer pour faire partir Saddam», disait Madeleine Albright secrétaire d'Etat de Bill Clinton. Les dommages aux infrastructures civiles sont immenses: les services de santé son pillés. Il y a eu une détérioration des canalisations d'eau et la dégradation des bassins hydrographiques du Tigre et de l'Euphrate. Il y a de plus, augmentation de l'insécurité générale (pillages, incendies et prises d'otage), suite à la désorganisation totale des différents services publics. De nombreux centres historiques ont été détruits par les bombardements américains, les combats et les pillages. Le Musée national d'Irak a été pillé.



Y aura-t-il d'autres Irak?

 

On peut s'interroger si après le désastre irakien, les Américains seront tentés par une autre aventure que celle de formater le monde. Pour le Christian Science Monitor qui rapporte le nouveau format des guerres américaines, on parle de nouvelles guerres: «On les appelle les interventions militaires «transhorizon» ou à distance: l'usage de drones ou de missiles lancés à partir de bâtiments de combat en vue d'éliminer des cibles humaines dans un pays étranger sans avoir à envoyer de soldats sur le terrain. (3)

 

Avec élégance, Badia Bendjelloun résume le drame du Proche-Orient. «On peut, écrit -elle, verser parmi les autres bienfaits du remodelage du Proche et Moyen-Orient, les enfants nés avec des malformations congénitales avec une fréquence anormalement élevée lorsque leurs parents ont été exposés à l'uranium appauvri, Cette guerre, ses effets rémanents adverses, en particulier un million de veuves (de guerre) vivent dans le plus grand dénuement avec toute une génération montante d'enfants orphelins, sont actuellement hors champ médiatique.
La séquelle peut-être la plus douloureuse pour la nation irakienne est cette Constitution rédigée par des avocats de New York qui consacre le principe de l'éclatement du pays en trois zones ethniques et confessionnelles avec autonomie politique et économique, singulièrement sur les ressources énergétiques. (...) Pas un jour ne se déroule sans qu'un attentat - d'origine sectaire ou non, rappelant étrangement les années noires qu'a vécues l'Algérie juste après 1991 dans une coïncidence chronologique curieuse - ne fasse plusieurs dizaines de morts ».(4)

 

  « (..) Dès les premiers mois de l'occupation de l'Irak, la menace sur la Syrie s'est exprimée d'abord sous la forme de la résolution 1559 négociée entre la France par la voix de son ambassadeur Jean-David Lévite et les US(a) avec son homologue pour le Moyen-Orient Elliot Abrams. (...) À l'automne 2003, de nouvelles sanctions américaines sont prises à l'encontre de la Syrie au titre du «Syrian Accountability Act». (4)

 

«Les Us(a), conclut l'auteure, utilisent leurs laquais, le Qatar et les Séoudiens pour l'argent frais, la France et le Royaume-Uni pour la logistique des conflits qu'ils se contentent d'arbitrer de loin. La destruction de la Syrie va être lente, mais elle est sûre. La fragmentation des Nations ne concerne pas seulement la nation arabe ou les pays musulmans ou africains quoique ces derniers paient en ce moment un lourd tribu à cette dilacération soutenue. Soudan, Sahara occidental, Somalie et Irak. L'effacement de la question palestinienne est en cours, le personnage affublé du titre de Président (à vie?) de l'Autorité palestinienne est là pour percevoir son salaire de l'UE qui finance la judéisation inexorable de la Cisjordanie. Ghaza redeviendra sans doute une petite province de l'Égypte.»(4)

 

L'Irak une des plus brillantes civilisations que l'humanité ait connues sombre dans un chaos qui, à moins d'un miracle, semble être parti pour longtemps. Tout ceci pour une mainmise sur des matières premières et imposer Israël comme «rempart contre la barbarie». selon la prophétie formulée par Théodore Herzl. Ainsi va le monde.


1. La guerre en Irak : Encyclopédie Wikipédia


2.http:// www.huffingtonpost.com/rep-dennis-kucinich/iraq-ten-years-a-million_b_1932280.html


3. C.E. Chitour http://www.legrandsoir.info/retrait-des-americains-d-irak-le-chaos-en-cadeau-d-adieu.html

 

4.Badia Benjelloun
http://www.dedefensa.org/article Cela_fait_dix_ans_19_03_2013.html

 

Professeur Chems Eddine Chitour

 

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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