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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 20:38

«Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens, l'immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l'homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l'histoire moderne à Mahomet?»

Lamartine (Vie de Mahomet)

Jeudi 15 octobre 2015 du calendrier grégorien, les musulmans fêtent d'une façon clandestine, le Nouvel an hégirien Aouel Moharrem 1437. Ce n'est que dans le pays profond qu'il reste encore un ancrage au divin. Naturellement, les médias occidentaux, selon un agenda bien étudié, ignorent d'une façon ostentatoire ce non -évènement et la doxa occidentale a réussi à étouffer la symbolique d'un milliard et demi de musulmans. Mieux encore, en Occident les partis politiques et leurs porte- voix les médias aux ordres continuent à présenter l'Islam comme le continent de la peur du terrorisme. Quand on montre par exemple le pèlerinage de La Mecque, ce n'est pas par empathie, c'est malheureusement pour inciter à la peur implicitement ces millions de fidèles musulmans comme des terroristes potentiels, le couteau entre les dents, qui ne connaissent rien à la dignité humaine et aux droits de l'homme, marque déposée d'un Occident qui série, catalogue et dicte la norme.

Ces dernières années ont été particulièrement éprouvantes pour les musulmans agressés à la fois sur le plan physique, -tous les conflits meurtriers actuels sont des conflits où des hommes meurent musulmans-et sur le plan spirituel, il n'est que de rappeler les faits les plus abjects, ceux du film anti-islam aux Etats-Unis, les caricatures de Charlie Hebdo au nom de la liberté d'expression plus justement de blasphméer sur tout sauf sur la Shoah sous peine de prison et de 45.000euros d’amende. Dans ces conditions de conditionnement permanent et de matraquage d'informations fausses, tendancieuses, il n'est pas étonnant que les citoyens occidentaux rejettent l'Islam d'autant que des intellectuels paléo-musulmans installés confortablement en ces lieux font assaut de diabolisation pour être bien en cours.


Pourtant, ces musulmans étymologiquement -soumis à Dieu- qui tiennent à leur Dieu le Dieu d’Abraham de Moïse , de Jésus et de Mohammed , contre vents et marées dans leur immense majorité ne demandent qu'à vivre leur spiritualité et n'ont nullement l'intention de faire du prosélytisme. Il n'est point besoin de convoquer des conciles pour partir à la conquête des coeurs. La religion musulmane bien comprise est un problème de foi, personnel.

Cependant, il serait injuste d'incriminer les Occidentaux car le mal est en nous, ce sont les musulmans qui s'étripent entre eux, où le fort tue le faible comme plus fort de la période antéislamique. A titre d'exemple, il y a à peine 15 jours au Yémen, 131 morts dans un raid aérien contre une fête nuptiale dont une majorité de femmes et d'enfants. Ce bombardement meurtrier a été imputé par des habitants de la région à la coalition arabe conduite par l'Arabie saoudite. Le secrétaire général des Nations unies parle de «mépris pour la vie humaine».


Le Nouvel An dans le monde

Le partage d’un temps fléché du passé vers l’avenir est indépendant des perceptions de l’homme. Nous ne pouvons pas voir passer le temps en se mettant à une fenêtre. Nous sommes dans le temps et le temps est inexorable. Nous le voyons quand une fleur se fane , dans les rides de nos mères voire nos propres rides. Le temps est indifférent à sa segmentation qui est différente selon les peuples et les cultures voire les religions ?. Beaucoup de calendriers se calquent sur les rythmes des saisons . Certaines peuples s’en remettent aux oracles , d’autres aux religions cosmiques et d’autres au religions révélées.

«Le passage au Nouvel An, que l'on soit rebelle ou conservateur lit-on dans la contribution suivante, fait partie de ces moments précieux dans la vie de la plupart des individus. Comme la fête de Noël, célébrée partout dans le monde chrétien, la fête du Nouvel An donne lieu à des festivités aussi différentes qu'étonnantes. La nouvelle année, célébrée le 1er janvier dans le monde chrétien, s'honore à des périodes variables chez les peuples de confessions différentes. En Chine par exemple, le Nouvel An prend place entre le 21 janvier et le 20 février (...) Le Nouvel An vietnamien ou Têt correspond en général à une date similaire puisque le même calendrier est commun aux deux peuples. Chez les Indiens du nord de l'Inde, la nouvelle année Diwãli se célèbre le jour de la nouvelle lune de novembre. Les Afghans soulignent le passage à la nouvelle année le 21 mars. Cette fête est le Naw Ruz... Dans le judaïsme on fête la nouvelle année le 1er et le 2e jour du mois de Tishri. (Rosh Hashan) (1)
C'est un fait que le sacré perd du terrain en Occident et une grande partie des religions chrétiennes est - pour le besoin du capitalisme - folklorisée et vécue comme un évènement festif. Il en est ainsi de la naissance du Christ que le pape Grégoire s'appuyant sur les écrits d'un moine- Denys le Petit- fixa au 25 décembre. Il semble d'une part que le Christ ne soit pas né en hiver mais pendant le solstice d'été. La fête de décembre est une fête païenne le «sol invictus» la victoire du soleil que l'Eglise a pris à son compte pour s'allier les bonnes grâces des païens et les faire rentrer dans le troupeau des croyants. De plus, il semble aussi que le Christ soit né cinq ou six ans avant la date «officielle». Nous serions de ce fait en 2020 ou 2021. Pour les musulmans, la date du 16 juillet 622 a été choisie comme départ du calendrier. En 2015, le début de l'année 1437 a eu lieu le jeudi 15 octobre, Aouel Moharrem. Il s'agit du premier jour de l'année hégirienne, qui rythme le calendrier musulman.



Quelle est la signification de l'Hégire?

Quelle est l'histoire religieuse liée à ce jour de l'Hégire? Nous lisons sur le site «l'internaute» les explications suivantes: «L'Hégire est un évènement qui marque le point de départ du calendrier musulman ou hégirien. (...) ce calendrier est fondé sur 12 mois lunaires, de 29 à 30 jours chacun, le calendrier ne compte donc que 354 ou 355 jours: c'est cela qui décale la plupart des fêtes comme l'Aïd el-Kebir ou le Ramadan de dix à onze jours dans le calendrier civil chaque année (...) La tradition - fixée plus tard par le calife Omar - veut que les premiers départs aient eu lieu le 16 juillet 622. Yathrib devient l'actuelle Médine. On parle d'Hégire pour qualifier cette rupture. Pour les musulmans, cet épisode marque le début officiel de l'islam comme religion et comme communauté, par opposition avec les liens tribaux qui organisaient la société arabe de l'époque. (2)

L'indifférence des musulmans envers un repère symbolique

La célébration du Nouvel An musulman, ou Raas Assana, ne rencontre qu'un écho limité, Deux facteurs expliquent cet état de fait. Le premier est la généralisation du calendrier grégorien sur l'ensemble de la planète au XIXe siècle, en raison de la domination scientifique technologique et militaire des puissances occidentales. Le deuxième frein est d'ordre religieux. Pour les musulmans orthodoxes, les deux seules célébrations religieuses légitimes sont l'Aïd el-Fitr et l'Aïd el-kebir. Il n'est donc pas d'usage de célébrer l'arrivée d'une année nouvelle autrement que par un repas en famille Awel Moharem est de ce fait fêté d'une façon clandestine dans les pays musulmans qui abdiquent leurs repères et s'en remettent au calendrier dit universel car imposé par l'Occident aux autres peuples. La fête de l'Hégire ne donne pas lieu à de grandes festivités dans le monde musulman.

Nabil Foudi, écrit que certains pays comme l'Arabie saoudite ou l'Égypte font usage des deux calendriers dans leurs correspondances officielles. D'autres pays, comme l'Algérie, limitent cette pratique aux seuls usages religieux. En Iran par contre, comme pour l'Afghanistan, la référence fait plutôt appel au calendrier persan. Il donne des preuves de cette indifférence en Algérie comparativement au comportement pavlovien concernant tout ce qui est occidental fruit d'une colonisation mentale qui attend d'être déprogrammée: «En réalité, écrit-il, beaucoup de gens ignorent la signification même ou la définition de cette année hégirienne, encore moins les mois qui la composent, sauf peut-être pour le mois de Ramadhan qui se manifeste différemment par rapport aux autres ».

Faisant un travail d’enquête, Nabil Foudi nous apprend que « Les opérateurs de téléphonie n'enregistrent pas une augmentation substantielle et significative de messages envoyés à la veille du Nouvel An hégirien comme c'est le cas pour la veille de la Saint-Sylvestre ou le jour de l'An universel. Les compagnies aériennes affichent des taux d'occupations élevés de leurs sièges durant les derniers jours du mois de décembre en partance de l'Algérie. (...) Personne ne fête non plus son anniversaire en rapport aux jours du calendrier hégirien, comme beaucoup de citoyens ignorent aussi la journée exacte de ce début du Nouvel An. Que représente donc la place du calendrier hégirien dans notre société dans la mesure où la majorité ne s'en préoccupe pas? Sommes-nous obligés de nous référer exclusivement au calendrier universel dans nos rapports et nos activités?» (3)

J’avais dans une contribution n précédente parlé de cette démonétisation du sacré en enlevait la substance que peut revêtir cet évènement cultuel pour en faire, un évènement qui participe de la bombance créé par le marché néolibéral qui se joue des espérances pour en faire des évènements marchands. Nous l’avons vu avec l’invention du Père Noël …Nous l’avons vu avec l’Aid au temps du Web 2.0 (4)



La symbolique de l'Hégire

Au-delà d'un calendrier, la symbolique de l'Hégire renvoie à une rupture par rapport à un ordre précédent. Le prophète Mohammed annonçait à la face du monde l'avènement (Qsssl). Une analyse percutante nous est donnée par la contribution suivante: «Mahomet vient en effet de rompre un modèle sociétal établi sur les liens du sang (organisation clanique), vers un modèle de communauté de croyance. En effet, l'égalité entre les croyants est proclamée lors de la rédaction de la Constitution de Médine, qu'ils soient libres ou esclaves, Arabes ou non-Arabes. (...) Le 16 juillet 622, une poignée d'hommes s'enfuit de la cité de La Mecque pour la grande oasis voisine. (...) La situation qui prévalait était une nuit de l'intellect: «L'étouffement d'esprit, les voiles ténébreux régnaient sur La Mecque. Les musulmans y étaient haïs, poursuivis, tracassés et martyrisés; toujours menacés d'arrestation et risquant la mort. A vrai dire le terme ne dénote point un simple déplacement géographique. Le terme signifie une rupture des relations affectives et/ou temporelles, une rupture toujours vivante et actuelle, l'abandon en partie ou en totalité; et enfin l'émigration symbolique. Après que toutes les mesures redoutables prises contre Muhammad et son mouvement religieux eurent échoué, ils cherchèrent à fomenter un nouveau complot contre le Prophète du Dieu pour atteindre définitivement leur objectif final. » (5)

« Cette fois-ci, il s'agissait d'assassiner le prophète. Les comploteurs confièrent la tâche à une bande terroriste composée des jeunes, un de chaque clan; pour que le crime redoutable soit partagé par presque toute La Mecque. Ceux-ci planifièrent de mettre à exécution leur mission nuitamment. Muhammad se réfugia nuitamment dans une caverne, ensuite lui et son compagnon s'acheminèrent vers la Yathrib par la route détournée. (...) Médine fut régulièrement dévastée par des guerres tribales, et ses habitants pâtirent des hostilités, ils accueillirent alors l'Islam comme une idéologie libératrice qui leur octroierait le bonheur et la paix. (...) L'Hégire devint le point de départ dans l'histoire de l'Islam. Une nouvelle phase commença dans l'histoire de la religion islamique. Le mouvement de Muhammad s'affermit à Médine. Son appel fut entendu de maison en maison et s'enracina au fond des coeurs, cela donne naissance à «Umma», le terme coranique désignant «l'ensemble des groupes humains qui choisissent consciemment un chemin précis à parcourir pour arriver à un but commun»». (5)

« La pensée créatrice et l'esprit logique de Muhammad inspiré par l'Omniscience lui permirent de bouleverser le système socio-moral destructif, des coutumes inhumaines qui prévalaient jusqu'alors. Il introduisit un ensemble d'ordres transcendants par lequel l'esclavage, l'oppression et l'agression disparaîtraient, les diverses souverainetés hérétiques seraient détrônées. Il mit en pratique la vertu, de même qu'il offrit également à l'humanité le credo islamique dans lequel la justice, les principes humanitaires étaient valorisés, (...) L'idéologie islamique se propagea, dans une période de moins d'un demi-siècle. (...) Ceux qui dans l'ordre de la connaissance ne font qu'effleurer sans approfondir, attribuent la rapidité vertigineuse de la propagation de l'islam dans un délai aussi bref au hasard, et même parfois, malicieusement, à la force de l'épée! (...) est-il judicieux de croire que le hasard réalisa un tel fait, une fois et seulement une fois, dans la contrée d'Arabie, tout au long de l'histoire, pour ne plus jamais se produire? (...) Il nous semble utile de jeter un coup d'oeil sur ce qu'en ont dit les grandes personnalités mondiales concernant le sujet en question. Nehru, le digne personnage célèbre d'Asie a écrit: «Chose surprenante, la race arabe qui semblait, durant des siècles, demeurée dans une contrée sans renom endormie, ayant perdu totalement sa vivacité, isolée du monde, ignorant apparemment tout ce qui s'y passait, se réveilla soudain, bouleversant avec une force vigoureuse le monde. L'aventure arabe et l'histoire de sa progression en Asie, en Afrique et en Europe, et avec la fondation d'une civilisation magnifique et une culture suprême, constituent un des merveilles du monde dans l'histoire humaine».(5)

En ce jour de fête, nous faisons le voeu pour la paix dans le monde, le vrai ennemi de l'homme c'est l'ignorance. Le XXIe siècle qui aurait pu être le siècle de la tolérance, de la délivrance de l'homme est en train de sombrer dans le chaos identitaire. L'autre vrai ennemi de l'homme c'est sa boulimie d'avoir, tout est bon pour augmenter sa richesse au détriment des autres, de ceux qui n'ont rien et qui se réfugient dans le secours de la religion. L'Islam est à des degrés divers, le dernier rempart contre ce néolibéralisme ravageur, cette mondialisation-laminoir. Il est vrai qu'il est mal expliqué, mal représenté par ceux qui se disent musulmans, notamment dans le Monde arabe. Heureusement que l'islam est aussi représenté par plus de 1 milliard de musulmans non arabes.

Dans un monde de plus en plus anomique formaté par le gain, l'islam bien compris apaisé, apportera sans nul doute sa part d'empathie à cette humanité en souffrance qui veut sonder l'espace alors que tout se trouve au fond de son coeur. Il n'y a pas de pays où les libertés individuelles sont aussi bafouées que dans les pays arabes! Nous trouvons toujours le même atavisme des Arabes installés dans les temps morts, plus égoïstes que jamais. Ce qu'ils savent faire c'est «écraser leurs coreligionnaires et s'aplatir devant l'Occidental». (6)

En comparant les deux dates, celle du calendrier grégorien (2015) et celle du calendrier hégirien, (1437) il y aurait une différence de 1393 ans le calendrier hégirien permet un «rattrapage» de 11 jours par an. Notre retard initial est actuellement de 578 ans. Pour les compenser les calculs montrent toutes choses égales par ailleurs qu'il nous faudrait 18 110 ans environ. En clair en l'an (2015 + 18110) soit 20125 ans. Si la Terre n'a pas explosé entre-temps, les deux calendriers convergeront et à partir de cette date le calendrier hégirien sera en avance de 11 jours chaque année.

La question qui se pose pour les musulmans est la suivante: doivent-ils attendre d'une façon fataliste et résignée, d'atteindre ce rendez-vous pour se mettre au travail, aller à la conquête de la science, cesser de se lamenter et reporter la faute sur les autres? Je crois profondément qu'il n'y a pas d'autres solutions que celle de s'arrimer à la science et permettre à chacun en toute liberté d'apporter sa part d'humanité.

Le prophète (Qsssl) à a tracé une règle, ce ne devrait pas seulement être une segmentation du temps comme il en existe dans les autres religions et cultures (Noël, Rosh Shanna, Nourouz), mais un nouveau départ, une nouvelle vision de l'humanité, une transcendance qui a d'ailleurs vu toute son application à Baghdad (Dar el Hikma) où dit-on le calife donnait son poids d'or au traducteur d'un ouvrage, ce sera aussi le miracle de Cordoue où toutes les religions révélées s'épanouissaient à l'ombre de l'islam où par exemple, le grand maître juif Maïmonide écrivit son ouvrage majeur Dalil al Haïrine «Le Livre des égarés» dans la langue scientifique de l'époque: l'arabe. Cette lumière au patrimoine de l'humanité apportée par la civilisation islamique s'éteignit graduellement à partir du XIIIe siècle. La porte de l'effort «bal el Ijtihad» fut fermée par Ibn Thaymya et ce sont ses petits, enfants qui sont maintenant l'exemple de ce que c'est l'Islam, voulu, espéré et entretenu par les pouvoirs occidentaux avec la complicité des chefs arabes installés dans les temps morts. Non! l'Islam ce n'est pas cela!


1.http://www.site-du-jour.com/dossiers/nouvel-an.html
2.http://www.linternaute.com/actualite/societe/1243519-hegire-plus-que-quelques-jours-avant-le-nouvel-an-musulman-calendrier-tradition-signification-histoire/

3.http://www.setif.info/article4965.html

4. Chems Eddine Chitour : L’Aid au temps du web 2.0. Mondialisation.ca

5.http://www.al-islam.org/fr/la-derniere-mission-divine-sayyed-mujtaba-musavi-lari/lh%C3%A9gire

6.http://www.mondialisation.ca/la-mecque-cite-de-dieu-ou-cite-marchande/5475975

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/227707-un-non-evenement-pour-le-monde-musulman.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique nep-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans islam
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 14:59

«Mon père chevauchait un chameau, je roule en Cadillac, mon fils vole en jet, son fils chevauchera un chameau.»

Proverbe saoudien

Encore une fois la gabegie saoudienne est à l'honneur. Une grue s'est effondrée vendredi, jour de repos et de prière chez les musulmans, sur la Grande mosquée de La Mecque, en Arabie saoudite. Au moins 107 personnes ont été tuées dont un hadji algérien L'accident a également fait près de 240 blessés Le mauvais temps pourrait avoir causé la chute de l'engin. L'Arabie saoudite s'apprête à accueillir des centaines de milliers de pèlerins pour le Hadj, L'an dernier, le royaume avait limité le nombre de fidèles autorisés à faire le Hadj, pour des raisons de sécurité, en raison du chantier engagé pour agrandir l'édifice qui fait déjà 400 000 mètres carrés et dont la partie la plus ancienne date du XVIe siècle. L'objectif: accueillir à terme jusqu'à 2,2 millions de personnes à la fois. Le porte-parole des deux saintes mosquées (La Mecque et Médine), Ahmed Ben Mohamed Al-Mansouri, a indiqué que la grue était tombée) «en raison de vents violents et de fortes pluies». Gouverner, c'est prévoir. Une fois de plus, le pouvoir saoudien a failli. Une fois de plus, ce sera l’impunité au nom du fait du prince et du mektoub (la fatalité) synonyme de renoncement par paresse intellectuelle, on s’en remet à Dieu pour les fautes des hommes qui devaient en toute, justice répondre de leurs actes



Les précédents accidents

Les autorités ont fait preuve de négligence face au danger que représentaient ces grues estime Irfan al-Alawi, co-créateur de la Fondation pour la recherche du patrimoine islamique, «Ils ne se préoccupent pas du patrimoine et ils se moquent de la santé et de la sécurité». Pour l'histoire, en janvier 2006, 364 pèlerins étaient morts piétinés lors d'un mouvement de panique, et 251 deux ans auparavant. En juillet 1990, 1426 pèlerins avaient péri, la plupart étouffés lors d'un mouvement de panique dans un tunnel. Le 09 avril 1998: 107 pèlerins sont morts dans une bousculade à Mina, à 10 km de La Mecque, où se déroulait le rite de la lapidation. On doit y ajouter les appréhensions causées par le stras (le coronavirus) Il ne faut pas oublier non plus l'attaque le 20 novembre 1979, premier jour de l'an 1400 (1er Mouharram) un groupe d'environ 200 fondamentalistes islamistes, composé de Saoudiens et d'Égyptiens étudiants à l'université islamique de Médine, lourdement armé prend par la force le contrôle de la mosquée Al-Masjid al-Haram à La Mecque. À la tête de cette prise d'otages, qui implique aussi bien des hommes que des femmes, se trouve Juhaiman ibn Muhammad ibn Saif al Utaibi, caporal retraité de la Garde nationale saoudienne (en). En premier lieu, il souhaite la reconnaissance de son beau-frère Mohammed Ben Abdallah Al Qahtani, présent avec eux, comme le Mahdi censé apporter la justice sur terre. Il justifie ses actions par le fait que la dynastie des Al Saoud a perdu sa légitimité, puisqu'elle est corrompue, qu'elle vit dans le luxe et qu'elle a détruit la culture saoudienne par sa politique d'ouverture à l'Occident. L'aide des commandos français permettra de sauver le trône.


Pour éviter l'intervention de non-musulmans dans le périmètre sacré, les gendarmes du Gign ont dû se soumettre à une rapide cérémonie de conversion à l'islam. Au soir du 4 décembre, les forces françaises et saoudiennes reprennent le contrôle du lieu saint, après une bataille qui a fait selon le bilan officiel 304 morts (177 terroristes, 127 Saoudiens).» (1)

C’est dire si une spiritualité est marchandisable pour sauver le trône, dans l’avion les policiers se convertissent à l’Islam, et dans l’avion du retour, ils redeviennent ce qu’il étaient !!

La Mecque: entre la cité de Dieu et la cité des hommes


Selon la tradition musulmane, La Mecque est une cité choisie par Dieu comme «bénédiction et direction pour les mondes». En cela, elle est la «mère des cités» et le «nombril de la terre». Mais elle est aussi une création des hommes, qui ont fait d'elle, au fil des siècles, ce qu'elle est aujourd'hui. Restait à en écrire l'histoire.

C'est à quoi s'est attaqué, nous dit Ruth Grosrichard directrice de recherche au CNRS Ziauddin Sardar, intellectuel britannique, et musulman d'origine pakistanaise, dans son Histoire de La Mecque, de la naissance d'Abraham au XXIe siècle, publiée aux éditions Payot. « Pour ériger ce «clinquant architectural», écrit-il il aura fallu détruire quelque 400 édifices, soit 95% de l'héritage millénaire de la ville. La Mecque est, depuis plus de 80 ans, la chasse gardée de la dynastie saoudiennne qui en a fait l'instrument de sa légitimité politique et religieuse, et a choisi, écrit l'auteur, d'agir comme si cette ville «n'avait ni préhistoire ni histoire avant Mahomet, ni histoire après lui». En 1973, cette volonté d'effacer toute trace du passé a conduit l'Etat saoudien à raser au bulldozer des quartiers entiers qui abritaient des sites historiques, anéantissant du coup un irremplaçable patrimoine culturel. Et ce n'était pas fini: en 2005, la mosquée Bilâl, probablement édifiée à l'époque du prophète Mahomet, est démolie sous un prétexte purement sécuritaire: elle jouxtait le palais du roi Fahd; en 2010, la maison supposée de Khadija, première épouse du prophète, se voit recycler en un bloc sanitaire, au sein d'un luxueux complexe résidentiel, Makkah Clock Royal Tower.» (2)

«Sardar poursuit la chercheuse Ruth Grosrichard, entreprend de démythifier une telle représentation: «Ce livre n'est donc pas consacré à La Mecque telle qu'elle a été idéalisée. Son propos est d'évoquer cette Mecque périphérique et négligée, ce lieu où des vies ont été vécues, où des héros mais aussi des gredins ont prospéré, ou des atrocités ont été commises, et où cupidité et intolérance étaient la norme.» (...) A cet enfermement dans un mode de pensée unique s'est ajoutée l'instauration par le pouvoir en place d'une hiérarchie raciale, pour ne pas dire raciste, au sein des musulmans, en fonction de leur origine ethnique ou nationale. A en croire Sardar, les plus mal lotis seraient les Africains. De nos jours encore, «il ne fait pas bon être noir dans la ville sainte». Paradoxe surprenant s'agissant de ce lieu censé symboliser l'unité fraternelle de la Oumma et l'égalité de chacun de ses membres devant Dieu. Ne parlons pas des juifs et des chrétiens: ils en sont carrément exclus, en dépit de leur filiation abrahamique revendiquée aussi par le Coran. La tradition islamique n'assure-t-elle pas qu'Abraham et son fils Ismaël ont construit la Kaâba, et que l'islam est la religion d'Abraham restaurée dans sa vérité?»(2)



La Mecque d'aujourd'hui: une Las Vegas des sables

«La Mecque d'aujourd'hui, poursuit Sadr, est la quasi-propriété privée de la monarchie saoudienne originaire du Najd (région centre de l'Arabie). A partir des années 1970, celle-ci livrera la «mère des cités» à des spéculateurs immobiliers et à des entrepreneurs avides, dont le fameux clan Ben Laden. La mosquée sacrée elle-même est atteinte par ce gigantisme: «La cité comptait un nouveau Dieu: l'argent. La manne pétrolière semblait consumer La Mecque», déplore Sardar en comparant ce développement débridé à celui de Houston et de Las Vegas. (...) La Mecque connaîtra des crises tout aussi déchirantes, dues notamment à l'hostilité entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite. Et rien n'exclut que Daesh la prenne pour cible un jour. Ce qui amène l'auteur à conclure que les événements qui s'y produisent sont un concentré de la condition des musulmans du monde entier et des difficultés qui sont les leurs: «Quand la ville sainte, coeur de l'islam, est souillée, polluée, culturellement aride et envahie par la corruption, le reste du monde islamique ne s'en sort guère mieux.» (2)

Du point de vue architectural et patrimoine, on s'étonne et on est scandalisé par les destructions archéologiques de Daesh. L'exemple vient de la famille saoudienne. Est à bien des égards édifiant . Nous lisons à ce propos : «Les villes saintes de La Mecque et de Médine n'ont pas échappé au puritanisme wahhabite. Iconoclaste au point de se méfier des vieilles pierres, ce courant religieux s'est appliqué à détruire la majeure partie de leur patrimoine architectural. « Quand les talibans avaient détruit les statues des deux bouddhas à Bamiyan en Afghanistan, le monde entier s'en était ému », rappelle Al-Quds Al-Arabi. Or le fondamentalisme islamique ne s'en est pas seulement pris aux symboles d'autres religions, mais également aux vestiges de l'histoire musulmane elle-même: « En Arabie saoudite, on peut estimer que près de 90% des vestiges islamiques ont été détruits par le courant wahhabite, y compris des mosquées, des écoles et des tombes. Quand, en 1924, le roi Abdelaziz ben-Saoud a occupé la ville de La Mecque, l'une des premières choses qu'il ait faite fut de détruire le tombeau de Khadidja l’épouse du prophète (...)» (3) La demeure d'Abou Bakr , le premier calife de l’Islam a fait place à un... hôtel Hilton.. Si dans l’Islam le croyant n’a pas besoin d’intercesseur avec Dieu, il n’en demeure pas moins que les saints hommes ont une dimension particulière et ,sont vénérés, en tout cas dans le Maghreb.


La marchandisation du divin

Comme on le voit, l'islam, à l'instar des autres religions, n'échappe pas à la marchandisation du sacré. Le néolibéralisme y voit une autre manne inépuisable, l'essentiel est de donner au pèlerin ce qu'il veut avec en plus un supplément d'âme pourvu qu'il ait les espèces sonnantes et trébuchantes. Nous nous souvenons tous de la comédie humaine chère à Balzac même dans le sacré , concernant ce qu’on appelait les indulgences du pape ; Plus on payait plus on pouvait ête absous pour les pires abominations .

«Pour Lionel Obadia: auteur de l'ouvrage La marchandisation de Dieu. (Edit du Cnrs). L'approche économique du fait religieux est un domaine émergent (...) On peut considérer Adam Smith comme le précurseur en la matière, notamment sa Théorie des sentiments moraux, où il étudie l'influence de la religion et des croyances sur l'économie. Mais la figure tutélaire de l'économie des religions, c'est évidemment Max Weber, pour son Introduction à l'éthique économique des religions universelles, où il tente de reconstituer les liens que chaque grande religion a entretenus avec l'économie, ouvrant la voie à une modélisation économique des comportements religieux. C'est la Mondialisation qui est aujourd'hui le facteur déterminant. Rien d'étonnant à cela car c'est à la fois au capitalisme et à l'expansion religieuse que la mondialisation a le plus massivement profité. mondialisation et expansion du religieux se sont vite rencontrées, par exemple dans la montée en puissance de la finance islamique ou l'apparition d'une «finance chrétienne». Pour la petite histoire, en guise d'illustration du pouvoir de développement économique des religions, la dernière mode est un tapis de prière avec boussole ( ndR) électrique qui s'oriente automatiquement vers La Mecque».(4)

La manne religieuse pour conforter un régime moyenâgeux avec l’indulgence de l’Occident


La curée na pas de limite pour dénaturer l Mecque et lui faire perdre sa dimension transcendante pour les musulmans Une première tranche de travaux, de 2002 à 2012, a donné naissance à un complexe de gratte-ciel, dominé par une tour de 601 mètres abritant un hôtel et surmontée d'une horloge six fois plus grande que celle de Big Ben. «Selon les prévisions de l'Institut du Serviteur des Lieux Saints pour les Etudes sur le pèlerinage, le total des flux financiers qui seront générés en Arabie saoudite par le Hadj à l'horizon 2015 s'élèveraient à plus de 34 milliards de dollars, soit le double des profits tirés de cette opération durant ces deux dernières années. L'estimation en question est faite à base d'un calcul, la dépense moyenne par haj s'élèverait à 1906 dollars, tout compris. Officiellement le nombre total des pèlerins «autorisés» a atteint l'an dernier 3 millions. Mais il faudrait y ajouter de nombreux autres croyants venus des différents coins d'Arabie saoudite et d'ailleurs portant ainsi les effectifs totaux à pas moins de 4 millions de hajs, selon certaines estimations. Alors qu'entre Hadj et Omra, le nombre total des visiteurs peut dépasser annuellement les 12 millions et devrait atteindre les 17 millions à l'horizon 2025. Par ailleurs, il est noté que l'industrie du pèlerinage représenterait 50 milliards de dollars pour le royaume saoudien, soit le deuxième pôle de recettes financières après le pétrole.» (5)


Il existe 276 hôtels à La Mecque. Le site propose même des circuits touristiques.

On annonce aussi que le site de La Mecque, verra l'ouverture en 2017 du plus grand hôtel du monde. Le complexe hôtelier, dénommé Abraj Kudai, proposera 10 000 chambres et suites sur 60.000 m². L'édifice, d'un coût de 3,5 milliards de dollars, sera bâti à 2,2 km du plus grand lieu de culte musulman du monde, la mosquée Masjid al-Haram, et battra le record détenu par The Venetian à Las Vegas. Les familles musulmanes les plus fortunées seront invitées à réserver dans l'établissement, où elles pourront se rendre via notamment les 12 héliports présents sur les douze tours de l'hôtel, dont dix abriteront des chambres quatre étoiles et deux, des suites cinq étoiles. Plusieurs étages seront réservés à la nombreuse famille royale saoudienne. Parmi les équipements, on comptera 70 restaurants, un centre commercial, une salle de congrès, des lieux de prière. (6)



Le big brother saoudien

À leur arrivée à l'aéroport de Djeddah, les pèlerins confient leurs passeports à leurs guides en échange d'un bracelet d'identification. Cette logistique impressionnante est désormais informatisée, un formidable dispositif de sécurité est mobilisé, qui ne compte pas moins de 100 000 policiers et 1500 caméras de surveillance sont braquées vers les divers recoins des lieux. Il sera bientôt obligatoire de porter un bracelet électronique à La Mecque. Selon les autorités, cet outil offrira des services aux pèlerins et facilitera la gestion des flux. Mais il permettra aussi de mieux surveiller le public. ´´Le ministère du Pèlerinage [Hadj, en arabe] saoudien demandera à tous les pèlerins de porter un bracelet électronique´´, rapporte le site de la télévision saoudienne Al-Arabiya. ´´Le bracelet offrira, dans plusieurs langues, des services tels qu'un GPS, des alertes pour les horaires de prière, une boussole pour indiquer la direction dans laquelle il faut prier, des instructions sur le rite à suivre et les préceptes à prononcer.´´ (...) au détriment de variantes apportées par des pèlerins en provenance par exemple du Maghreb ou d'Afrique.» (7)

Pour l'histoire, au début du XXe siècle le roi Ibn Saoud se plaignait à la France de la suppression de la «zakat» des Algériens qui n'étaient plus envoyée aux Lieux Saints aux pauvres de La Mecque et de Médine. Tout changea dans les années 1930 avec la découverte de l'immense gisement de Gawhar et la concession- qui recouvre pratiquement tout le territoire saoudien- donnée aux Américains qui ont créé une société, l'Aramco.

Il n'ya pas de pays, ou les libertés individuelles sont aussi bafouées ! Il en est ainsi des pélerins traités comme du bétail surtout s'ils viennent d'autres pays arabes. Si les flux gigantesques de pèlerins posent des problèmes de logistique aux autorités saoudiennes, ils doivent aussi être gérés en amont par les pays émetteurs. La règle des mille pour un million n'a bien sûr pas les mêmes répercussions dans chacun des pays concernés. Les pays non- musulmans, mais qui comptent sur leur sol des populations musulmanes, ne sont pas soumis à la règle des mille pour un million. La France, 5 millions de musulmans dont une bonne partie non pratiquant, a un quota équivalent a celui du Maroc 30 millions.

Nous trouvons toujours le même atavisme des Arabes installés dans les temps morts, plus égoïstes que jamais, nous l'avons vu avec la crise des migrants où aucun pays du Golfe ne s'est senti concerné par la démolition de la Syrie qu'ils ont réalisée et par les cohortes d'épaves humaines jetées sur les routes, bravant la mer à l'instar de Aylan. Ce qu'ils savent faire c'est «écraser leurs coreligionnaires et s'aplatir devant l'Occidental».

L’image de l’Islam qu’en donne ces potentats du Golfe est à des années lumières du vrai Islam. A titre d’exemple l’Islam maghrébin tolérant n’a rien à voir avec cet islamiste qui a fermé la porte de l’Ijtihad (l’effort dans la connaissance), il y a de cela mille ans . Nous avons en tant qu’Algériens, résisté, seuls pendant dix ans. 200 000 morts plus tard il a fallu septembre 2001 pour que l’appel de l’Algérie soit audible et qu’elle combattait non pas l’Islam mais l’extrémisme islamique



1 . https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_de_la_Grande_Mosqu%C3%A9e_de_La_Mecque

2.Ruth Grosrichard http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/28/la-mecque-entre-la-cite-de-dieu-et-la-cite-des-hommes_4739160_3212.html#S2xcyI1rRmq2CGXW.99


3. http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2006/05/19/les-wahhabites-se-heurtent-aux-vieilles-pierres-de-la-mecque


4. http://www.franceculture.fr/emission-l-essai-et-la-revue-du-jour-la-marchandisation-de-dieu-revue-socio-anthropologie-2014-03-12


5 http://www.algerie1.com/actualite/le-hadj-rapportera-plus-de-34-milliards-de-dollars-par-an/


6. http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-plus-grand-hotel-du-monde-ouvrira-a-La-Mecque-en-2017-33137.html


7. http://www.courrierinternational.com/article/arabie-saoudite-un-bracelet-electronique-pour-les-pelerins-de-la-mecque

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour /225208-cite-de-dieu-ou-cite-marchande.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Chitour

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Chems Eddine Chitour - dans islam
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 20:37

Dis: "Nous croyons en Allah, à ce qu´on a fait descendre sur nous, à ce qu´on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur: nous ne faisons aucune différence entre eux; et c´est à Lui que nous sommes soumis". Coran Sourate 3.84

Le 22 juillet un scoop ! Des fragments d’un ancien Coran qui auraient environ 1 400 ans ont été retrouvés par l’université de Birmingham. Selon l’université, qui a fait cette annonce il s’agirait de l’un des plus anciens manuscrits du Coran du monde. L’université de Birmingham a indiqué que le manuscrit consistait en deux pages de parchemin, contenant des parties des sourates – ou chapitres – 18 à 20, retranscrites à l’encre à l’aide d’une forme précoce d’alphabet arabe. (…) Grâce à une analyse au radiocarbone réalisée par le laboratoire de l’université d’Oxford et dont les résultats sont fiables à 95,4 %, il a été déterminé que le texte figurant sur les pages aurait été reproduit à la main entre 568 et 645 après Jésus-Christ. « La datation au radiocarbone a permis d’obtenir des résultats encourageants, qui contribuent de façon significative à notre compréhension des premiers exemplaires écrits du Coran. Nous sommes ravis qu’un document historique aussi important soit ici, à Birmingham, a déclaré la directrice des collections spéciales (bibliothèque de recherche de Cadbury) Susan Worrall, à l’université de Birmingham ». (1)

Les fragments ont été écrits sur la peau brebis ou de chèvre Les essais, réalisés par l’Accelerator de l’Université d'Oxford, ont montré que les fragments, écrits sur des moutons ou la peau de chèvre, ont été parmi les très anciens textes survivants du Coran. Ces tests fournissent une plage de dates, montrant que, avec une probabilité de plus de 95%, le parchemin était d'entre 568 et 645 ». (2)

Allant plus loin dans l’historicité, le professeur David Thomas, de l'Université de Birmingham déclare : « [ces feuillets] pourraient bien nous ramener à quelques années de la fondation réelle de l'Islam", la datation des folios Birmingham voudrait dire qu'il était tout à fait possible que la personne qui les avait écrites aurait été en vie à l'époque du Prophète Muhammad ». Elle pourrait avoir bien avoir connu le Prophète Muhammad Il aurait vu sans doute, il aurait peut-être entendu prêcher Il peut l'avoir connu personnellement. De plus, «les parties du Coran qui sont écrites sur ce parchemin peuvent, avec un degré de confiance, être datés à moins de deux décennies après la mort de Mohammed ».(2)

Pour sa part le Dr Waley, conservateur de ces manuscrits à la British Library, a déclaré: «ces deux folios, dans une belle et étonnamment lisibles main Hijazi, datent presque certainement du temps des trois premiers califes". Les trois premiers califes étaient chefs de file de la communauté musulmane entre environ 632 et 656. Durant le troisième califat Uthman ibn Affan, des copies de la "édition définitive" ont été distribués. Le manuscrit fait partie de la Collection Mingana de plus de 3000 documents du Moyen-Orient recueillies dans les années 1920 par Alphonse Mingana, un prêtre chaldéen né près de Mossoul en Irak moderne ».(3)

La première version écrite du Coran

De quand date la première compilation du Coran ? (…) Selon la tradition musulmane, Mahomet récitera le Coran en entier par cœur à chaque ramadan en présence de Gabriel . Après Mahomet, ce sera Abu Bakr qui fera rédiger une compilation intégrale officielle à Zayd ibn Thâbit, qui sera conservée chez lui, mais ni diffusée ni multipliée D'après certaines traditions musulmanes, le calife Uthman réunira une seconde fois tous les chapitres du Coran en une édition définitive et détruira toutes les autres variantes du Coran, dont certaines variantes figureront dans les livres d'exégèses et de hadith, selon les règles de la transmission des hadiths L'opinion la plus partagée dans le monde des chercheurs est que « l'initiative de constitution d'un codex coranique officiel, commencée apparemment sous le califat de Uthman semble avoir trouvé son achèvement sous le règne d'Abd al-Malik (685-705) ou un peu plus tard ». La tradition rapporte une destruction massive de manuscrits de corans, afin d'homogénéiser les manuscrits sous le califat d'Uthman ibn Affan, et la destruction de la variante d'ibn Mas'ud jusqu'en 1007 à Bagdad Bukhari rapporte les réticences d'Abdullah ibn Mas'ud sur le canon d'Uthman et ses encouragements aux Irakiens à utiliser sa propre compilation plutôt que le canon d'Uthman composée par Zayd ibn Thâbit , et les plus anciens manuscrits disponibles du Coran remontent à la seconde moitié du premier siècle hégirien d'après les techniques de datation modernes » (4)

« Selon la tradition musulmane déclare l'islamologue Claude Gilliot qui abonde dans le m, à la mort de Muhammad en 632 il n’existait pas d’édition complète et définitive des révélations que le Prophète avait livrées. Il est dit que ses Compagnons les avaient mémorisées, en les apprenant et en les récitant par cœur . Une première mise par écrit «complète» aurait été faite à l’instigation d’Omar qui craignait que le Coran ne disparût parce que ses mémorisateurs mouraient au combat. Il convainquit le calife Abû Bakr (632-634) de faire consigner par écrit ce que les gens en savaient et ce qui en avait été écrit sur divers matériaux. Ce travail de collecte fut dirigé par l’un des scribes de Muhammad, ? le Médinois Zaïd b. Thâbit. À la mort d’Abû Bakr, ces premiers feuillets du Coran furent transmis à Omar, devenu calife (634-644), puis à sa fille Hafsa, l’une des veuves de Muhammad. (…) L’objectif d’Omar était probablement de disposer d’un corpus et non de faire une «édition» définitive ». (5)

« C’est sous le califat suivant, celui d’Othman (644-656), qu’on prit conscience de divergences dans la façon de réciter le Coran. Othman reprit le corpus détenu par Hafsa et le fit compléter par d’autres personnages, toujours sous la direction de Zaïd b. Thâbit. Il fit ensuite détruire tous les matériaux originels, imposa une première version «canonique» du Coran en l’adressant aux métropoles les plus importantes du jeune Empire ».(5)

Claude Guillot ajoute que « les plus anciennes versions complètes du Coran dateraient du IXe siècle. Des fragments, très rares, pourraient remonter à la fin VIIe siècle ou du début du VIIIe » (5)

Le Coran d'Othman

Voilà donc une contradiction dans les dates anciennes et celle proposé par le scoop de l’université de Birmingham Dans l’histoire, on sait que beaucoup de ceux qui avaient mémorisé les révélations sont morts pendant les guerres de Ridda 632-34. Le troisième calife, Uthman, mis en place un comité pour compiler et de normaliser les révélations. Une copie a été maintenue à Médine et d'autres ont été envoyées à Kufa, Basra, Damas et la Mecque. 100 ans après , des copies avaient voyagé aussi loin que l'Inde et la Chine, l'Afrique du Nord, et l'Espagne .

« Othman en gardant une à Médine pour son usage. L'unique autre copie préservée est au palais de Topkapı en Turquie. Elle est considérée comme la plus ancienne copie du Coran au monde. Elle est réputée garder une trace de sang de Othman, troisième calife, qui en avait ordonné la recension et qui le lisait quand il fut assassiné. Ce manuscrit est conservé à la bibliothèque de la mosquée Telyashayakh dans le vieux quartier Hast-Imam de Tachkent (Ouzbékistan) près du tombeau de l'ouléma du Xe siècle Kaffel-Shashi ». (6)

« Ali a succédé à Othman et a emporté l'exemplaire à Koufa actuellement situé en Irak. Tamerlan a envahi la région et saisi l'exemplaire pour l'emporter à Samarcande. Il est resté là pendant plusieurs siècles. En 1868, les Russes ont envahi Samarcande et ont emporté le coran à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg (actuellement la Bibliothèque nationale russe). Après la Révolution d'Octobre, Lénine, dans un acte de bonne volonté envers les musulmans de Russie, a donné le Coran à la population d'Oufa (situé dans l'actuelle Bachkirie). Toutefois, après d'importantes protestations de la population du Turkestan, le Coran est retourné à Tachkent, où il est resté depuis ». (6)

« Le Codex de Samarcande ne peut pas avoir été écrit plus tôt que 150 après la recension d'Othman ; c'est-à-dire pas avant la fin du VIIIe siècle ou le début du IXe siècle, en raison du style coufique utilisé pour sa rédaction . Certains musulmans affirment qu'il y a deux « recensions othmanes », ou copies originales du codex d'Othman du Coran : le manuscrit de Samarcande, à la bibliothèque de Tachkent en Ouzbékistan, et le manuscrit de Topkapi, au musée de Topkapi, à Istanbul en Turquie. Il est problématique qu'aucun fragment manuscrit du Coran ne peut être daté au plus tôt au premier quart du VIIIe siècle après J.-C., à part quelques-uns des manuscrits découverts dans la Grande mosquée de Sanaa en 1972 » (5)

Or, de nombreux Corans ont été découverts et datés du VIIe siècle comme le Parisino-petropolitanus daté de 670 à 705 Un autre exemplaire du Coran, le M a VI 165 de l'université de Tübingen en Allemagne, a récemment été daté de 649 à 675 . Récemment et avant le scoop de juillet 2015 , le 28/03/2014, Michael Marx qui codirige avec François Déroche et Christian Robin le projet Coranica révèle qu'il existe à ce jour entre 1500 et 2000 feuillets coraniques datant du 1er siècle de l'hégire ». (6)

On le voit encore la trouvaille de l’université de Birmingham n’est pas exceptionnelle puisque des exemplaires du Coran ayant moins de trente ans d’âge existaient

Les manuscrits de Sanaa

Une autre découverte concerne justement les manuscrits de Sanaa retrouvés en 1972 au Yémen Le texte est daté des deux premières décennies du VIIIe siècle , certains remontant même à la deuxième moitié du VIIe siècle. Ces manuscrits proviennent de 926 Corans En 1972, après de fortes pluies, un pan du mur de la Grande Mosquée de Sanaa au Yémen est tombé. Des ouvriers qui rénovaient le mur dans les combles de la Grande Mosquée sont tombés par hasard sur environ un millier de volumes différents, dont les plus anciens remontent au Ier siècle de l'Hégire, constitués de fragments sur parchemins et sur papiers .

« Qadhi Ismail al-Akwa', alors président de l'Autorité des Antiquités yéménites, s'est rendu compte de ce que pouvait représenter cette découverte et a demandé une aide internationale pour examiner et sauvegarder les fragments » (7)

« En 1979 il a réussi à intéresser un chercheur ouest-allemand invité qui, à son tour a persuadé son gouvernement d'organiser et de financer un projet de restauration. Gerd-Rüdiger Puin donne une datation au Carbone 14 de 657 à 690 Le docteur Hans-Caspar Graf von Bothmer, spécialiste des manuscrits arabes de la période médiévale, a travaillé sur le projet de restauration et de catalogage des manuscrits de Sana’a. En étudiant les caractéristiques paléographiques, la décoration et l’enluminure des manuscrits, von Bothmer a daté le texte de la dernière décennie du Ier siècle de l'Hégire, vers 91-96 H, soit 710 - 715, sous le règne du calife omeyyade Al-Walid »(7).

Voilà encore une autre date à peu près un siècle après l’hégire !

Par ailleurs « Certains spécialistes soutenaient avant la découverte des manuscrits de Sana'a que le Coran actuel, serait le produit d'un long travail de rédaction débutant au plus tôt au VIIIe siècle, soit environ un siècle après le décès de Mahomet. Cependant cette lecture a été fortement nuancée depuis la découverte de milliers de très anciens fragments de Coran comme les manuscrits de Sana'a, ainsi François Déroche écrit : « Au cours de la période qui va jusqu'à la réforme d'Ibn Mujâhid (IVe/Xe siècle), la rédaction à proprement parler est achevée, mais le texte reçoit le complément de ces différents signes qui le précisent progressivement et le fixent. L'introduction systématique de la vocalisation et des signes orthoépiques marque véritablement la fin de cette « rédaction ». La chronologie traditionnelle de cette rédaction a été remise en question récemment. John Wansbrough a défendu l'idée selon laquelle le texte, tel que nous le connaissons, a été transcrit tardivement, et a suggéré comme date la plus haute envisageable pour cette opération la fin du IIe/VIIIe siècle. » François Déroche précise que le manuscrit de Sana'a est fidèle au corpus d'Uthman qui est connu et édité de nos jours ». (7)

« «Selon [Jones] le Coran de Sana'a pourrait n'être qu'une mauvaise copie qu'utilisaient des personnes auxquelles le texte othmanien n'était pas encore parvenu. « Il n'est pas exclu qu'après la promulgation du texte othmanien, il lui ait fallu beaucoup de temps pour se propager. »(7)

Que décrivent les deux feuillets « trouvés » ?

Les feuillets trouvés décrivent le récit des sept dormants Ahl al kef : les Gens d la caverne

C'est une légende commune aux chrétiens et aux musulmans; Cette sourate aurait été révélée au Prophète Mohammad à la suite du défi lancé par les Juifs de Médine de leur raconter cette histoire qui n’était, selon les sources historiques, pas connue par les Arabes de l’époque. Après avoir entendu la sourate, les Juifs confirmèrent que l’histoire correspondait avec celle qui leur avait été rapportée. elle met en scène des jeunes gens dormant dans une caverne pendant une très longue durée. Une sourate coranique raconte et décrit leur périple. L'empereur Dèce ordonnant l'emmurement des Sept Dormants. Pour les chrétiens vers l'an 500, Jacques de Saroug, évêque de Batnæ en Syrie, fait l'éloge des Dormants d'Éphèse. L'histoire se déroule au temps de la persécution de l'empereur Dèce (règne de 249 à 251) contre les chrétiens. Sept officiers du palais, originaires de la ville d'Éphèse, sont ainsi accusés: il s'agit de Maximien, Malchus, Marcien, Denys, Jean, Sérapion et Constantin. Alors que l'empereur est en voyage, ils distribuent leurs biens aux pauvres et se réfugient dans la montagne voisine. L'empereur, à son retour, fait rechercher les sept chrétiens. Ceux-ci, prenant leur repas du soir, tombent mystérieusement endormis: c'est dans cet état qu'ils sont découverts. Dèce les fait alors emmurer dans leur cachette ». (8)

« Et c'est en 418, qu'un maçon ouvre par hasard la grotte où sont enfermés les Sept Dormants. Ceux-ci se réveillent, inconscients de leur long sommeil. Aussitôt, l'empereur Théodose II accourt, et voit dans le miracle une preuve contre ceux qui nient la résurrection des morts. Dans l'Islam, le récit de la 18e sourate du Coran La Caverne évoque le récit de Jeunes Dormants, et diffère, sur certains points, de la légende chrétienne. Selon les dires rapportés dans le Coran, leur nombre est discuté et va de trois à sept, auxquels s'ajoute toujours un chien. Dans cette version, les Dormants sont restés dans une caverne en compagnie de leur chien durant 309 ans lunaires. Ils décident d'y demeurer car la société oppressive et corrompue, selon la foi pure en un Dieu unique, leur refuse le droit à la libre pensée et à la libre pratique religieuse. Ils ne se doutent pas cependant que le temps qui s'écoule en dehors est si long ».(8) (9)

Quelle est la signification de cette sourate?

Nous proposons au lecteur cette interprétation qui nous parait très indiquée: «Dans leur refus inconditionnel d'abjurer leur foi, les Sept Dormants figurent aux côtés des nombreux martyrs chrétiens des premiers siècles ayant défendu leur foi au prix de leur vie. Cependant, le fait qu'ils furent également les témoins de leur propre ´´résurrection´´ a contribué à conférer une portée extraordinaire à leur histoire. Ils figurent ainsi au plus haut rang des témoins de l'amour éternel divin, pour s'être abandonnés à Dieu et avoir été l'objet de sa miséricorde. Il existe un récit similaire dans la sourate XVIII du Coran intitulée Al-Kahf (La Caverne), qui évoque l'histoire des ´´Gens de la Caverne´´ également surnommés les ´´Gens de la Tablette´´ (Ashâb al-Raqîm). Cette sourate aurait été révélée au Prophète Mohammad à la suite du défi lancé par les juifs de Médine de leur raconter cette histoire qui n'était, selon les sources historiques, pas connue par les Arabes de l'époque. Après avoir entendu la sourate, les Juifs confirmèrent que l'histoire correspondait avec celle qui leur avait été rapportée.» (9)

«Les éléments majeurs de l'histoire telle qu'elle figure dans le Coran correspondent avec la version qui fut diffusée dans le monde chrétien. (...) En islam, les ´´Gens de la Caverne´´ incarnent les croyants opprimés par une force politique les empêchant de vivre librement leur foi, décidant alors de s'exiler volontairement et de s'en remettre à Dieu. Leur loyauté inébranlable aurait incité le Créateur à les sauver, soulignant la nécessité de se confier à Dieu même dans les cas les plus désespérés. Au-delà de leur religion ´´extérieure´´, les jeunes gens évoqués dans la sourate incarnent ici l'archétype du croyant parfait, ayant une confiance absolue en Dieu en toutes circonstances. La caverne évoque également le motif de l'exil, et la nécessité de quitter le monde terrestre afin de ´´mourir à soi-même´´ pour accomplir ensuite une renaissance spirituelle. Elle symbolise aussi l'amour et la miséricorde éternels, gardant vivante toute personne se réfugiant en eux » (9)

Enfin, le sommeil, qui implique l'´´endormissement´´ des cinq sens extérieurs noyant traditionnellement la conscience dans le flot des préoccupations du monde matériel, est l'état par excellence permettant aux ´´sens intérieurs´´ et spirituels de chaque être de se réveiller et de manifester à la conscience profonde de l'homme certaines vérités spirituelles qu'il ne saurait percevoir à l'état éveillé. Loin d'être une vieille légende tombée dans l'oubli, l'histoire des Sept Dormants d'Ephèse constitue une invitation universelle, comme l'atteste sa présence dans de nombreuses cultures et traditions spirituelles, à rejoindre ces jeunes croyants dans leur sommeil profond par rapport à ce monde pour s'ouvrir aux ´´sens intérieurs´´ et à la dimension spirituelle de l'homme.(9)

Les interrogations légitimes

Cette découverte a été saluée autant qu’accueillie avec scepticisme. Comme l’écrit Philippe Mischkowsky rapportant les propos de Juan Cole, chercheur américain sur son blog personnel. : « La découverte de deux pages d’un très vieux Coran, datant probablement de l’an 640, dans une bibliothèque universitaire britannique, a donné lieu à de nombreux articles dans la presse”, écrit Or, ajoute-t-il, “les plus vieux exemplaires connus du Coran se trouvent tout simplement à Sanaa (capitale du Yémen) [...]. Et Sanaa est presque quotidiennement bombardée par l’aviation saoudienne [qui soutient le président yéménite en exil, contre les milices houthistes]. Ella a déjà frappé des bâtiments civils, un camp de réfugiés et des parties du centre historique de la ville. Je suis pétrifié à l’idée que les bombes aient pu détruire également ces précieux ouvrages. » (10)

« Mais ce n’est que plus tard poursuit –il, qu’on a découvert qu’un de ces manuscrits était un palimpseste, c’est-à-dire qu’il avait été écrit sur le même support qu’un texte plus ancien. Et celui-ci doit dater d’avant 650 de notre ère. Il a en effet la particularité de ne pas suivre l’ordre des sourates tel qu’il a été fixé par le calife Othman, qui régna de 644 à 656. Ce qui en fait une pièce d’une importance majeure pour la recherche. Or, s’étonne Juan Cole, “même dans les milieux de la recherche au Moyen-Orient, on n’en a que très peu entendu parler”. Et de conclure : “Il faut espérer que cette guerre stérile du Yémen se terminera le plus tôt possible (on ne peut pas venir à bout d’un mouvement de guérilla avec des bombardements aériens), afin d’épargner des vies civiles et de sauver le patrimoine yéménite d’autres destructions. [...] Les Saoudiens se vantent d’être les gardiens de La Mecque et de Médine. Ils devraient également se considérer comme les gardiens du Coran, et arrêter de bombarder Sanaa » (10)

« Les archéologues écrit Jean Ansar, sont très souvent confrontés au poids du religieux pour établir une vérité historique autour de Moïse, Jésus ou Mahomet. Mais parfois la découverte d’un texte religieux éclaire le travail des scientifiques comme dans le cas des fameux manuscrits du Qumram. (…) Dans la communauté scientifique, beaucoup saluent cette nouvelle mais certains émettent des doutes. Saud al-Sarhan, directeur de recherche au centre de recherche et d’études islamiques du roi Fayçal de Riyadh (Arabie saoudite), explique au New York Times que le manuscrit comprenait des points et des séparations de chapitres, éléments d’écriture qui n’étaient pas utilisés à l’époque. Il ajoute que les parchemins étaient parfois lavés et réutilisés, la datation de la peau n’étant pas une preuve irréfutable d’ancienneté des écrits ». (11)

Pour François Déroche poursuit Jean Ansar , titulaire de la chaire « Histoire du Coran. Texte et transmission » au Collège de France, ces résultats sont aussi à prendre avec prudence. « Les feuillets de Birmingham proviennent d’un même manuscrit que certains, détenus à la Bibliothèque nationale de France», explique-t-il. «Or, d’après une analyse graphique, nous les avons datés du troisième quart du VIIe siècle. » Ce spécialiste des manuscrits arabes et de l’histoire des textes coraniques souligne que la datation au carbone 14 tend à vieillir les objets. « Avec cette méthode, certains manuscrits du Coran ont ainsi été datés d’avant la vie de Mohammed », relève-t-il. Ce qui est ennuyeux ».(11)

La découverte de ces feuillets : Une possible manipulation ?

La découverte d’un Coran, inconnu, dans une bibliothèque impériale, en 2015, est suspecte. Comment se fait il que cette découverte maintenant et pas dans un pays musulman censé être le sanctuaire du livre sacré ? Beaucoup de suspicion entourent cette découverte. L’avis général est que c’est une manipulation visant à perturber les Musulmans en créant une fitna leur faisant douter de l’unicité du texte. Sans verser dans la théorie du complot, pour beaucoup d’internautes la falsification est possible. Les architectes de la manipulation ont les moyens de se payer un spectromètre de masse qui permet de détecter les différents pigments de l’encre. Cette encre peut être fabriquée avec des procédés contemporains de la révélation et même utiliser des parchemins ou des peux de mouton ou des omoplates de chameau avec une datation au carbone 14 correspondant à la période visée au préalable, c’est à dire celle du tout début de la collation définitive du Coran .

Les « manipulateurs » iraient même plus loin, une fois fixés les paramètres de la datation, des linguistes et des graphologues peuvent écrire ce que veulent les architectes de ce projet diabolique visant à réformer l’Islam de l’intérieur. De plus on nous dit , que le texte trouvé est conforme aux sourates 18 et 20, d’accord, c’est peut être là le piège car à partir où on donne une vraisemblance rien n’interdit de trouver d’autres feuillets qui contiendront le fruit d’une imagination diabolique.. Ce qui d’une certaine façon est arrivé aux différents évangiles. Bien que l’Eglise n’en est retenu que quatre ( Luc , Jean , Mathieu, Marc) il existe beaucoup d’autres évangiles déclarés apocryphes ( Barnabé, Juda, Marie …) un linguiste et un graphologue qui vont écrire ce qu’ils veulent sur ces peaux ; pour fabriquer de faux artefacts qui aideront l’Empire a réformer l’Islam. Donc le fait que ce parchemin ou / et de son encre a / ont le même âge que Muhammad ne prouve rien.

Au moment où le Vatican compte es troupes comme l’indique ce communiqué : « Le Vatican annonce le 25 juillet : l’islam est officiellement devenu la première religion du monde, ses 1.322.000.000 de fidèles En d’autres termes, un peu plus de 19% de la population mondiale pratique l’islam contre 17,5% pour les catholiques » ; on est en droit de se demander pourquoi toute sollicitude non dénuée d’arrières pensées. L’affaire du manuscrit de Birmingham est de mon point de vue un non évènement.

Ce qu’il faut retenir de mon point de vue , c’est seulement le sens du message d’un hypothétique œcuménisme islamo- chrétien et à ce titre, tout ce qui peut diminuer les tensions favoriser le dialogue, devrait être encouragé. C’est à ce titre que l’on peut parler de paix pour les gens de bonne volonté. A tous les gens épris de paix ne tombons pas dans le piège diabolique du choc des civilisations prôné par ceux qui ne veulent pas d’un Islam apaisé qui pourrait renouer avec son essence propre ,celle d’un Islam de Dar el Hikma ( la maison de sagesse) de Bagdad et Cordoue où les trois religions révélées donnaient en symbiose la pleine mesure de leur talent

1.http://french.xinhuanet.com/2015-07/23/c_134437828.htm

2. Sean Coughlan http://www.bbc.com/news business-33436021

3.http://cdn.oxwordsblog.wpfuel.co.uk/wpcms/wp-content/uploads/Which-English-words-came-from-Arabic.png?9f5a24

4.https://fr.wikipedia.org/wiki/Critique_de_l%27islam

5. http://www.herodote.net/Aux_origines_du_Coran-synthese-1739.php

6.https://fr.wikipedia.org/wiki/Coran_d%27Othman

7.https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuscrits_de_Sanaa

8.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/178538-la-preuve-et-la-foi.html

9. Rencontres islamo-chrétiennes http:// www.teheran.ir/spip.php?article17

10.Philippe Mischkowsky http://www.courrierinternational.com/article/yemen-le-plus-vieux-coran-nest-pas-birmingham-mais-sous-les-bombes-saoudiennes

11.Jean Ansar http://metamag.fr/metamag-3064-UN-CORAN--DU-TEMPS-DU-PROPH%C3%88TE-Quand-l%E2%80%99etude-d%E2%80%99un-manuscrit-complete-l%E2%80%99archeologie.html

Professeur émérite Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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Chems Eddine Chitour - dans islam
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19 juin 2015 5 19 /06 /juin /2015 20:13

«Allah ne modifie pas ce qui est en un peuple avant que celui-ci ait modifié ce qui est en lui-même»

Le Coran, sourate XIII, verset 11

Ce verset indique plus que jamais aux croyants qu’ils sont avant tout responsables de leurs actes et que ce qui leur arrive est une conséquence directe de leur action ou inaction. Cette année 2015 est assurément l'année de toutes les peurs, toutes les larmes. C’est aussi celle de la violence, de la mort par milliers pour des causes qui apparemment n'ont aucune relation entre elles Pourtant, si on devait essayer de trouver un fil conducteur, souvenons-nous seulement d'une phrase Ordo ab Chaos doctrine américaine de Condolezza Rice qui veut que du chaos naîtrait l'ordre. C’est en fait du semblant d’ordre actuel qu’est né surement le chaos. Saddam Hussein Mouammar Kadhafi Bachar El Assad n’étaient pas des enfants de chœur, mais ces trois pays avaient le niveau de vie le plus élevé (Libye) et le plus développé scientifique (Irak) et les plus cultivés (Syrie, Irak) . Qu’en reste t-il ?

Le chaos, parlons-en, on dit que le reshaping du Moyen-Orient obéirait au fameux slogan du Middle East Partenareship Initiative (Mepi) qui veut que le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord soient redécoupés dans le sens de nouvelles frontières dessinées par les Etats-Unis et ceci pour remplacer les accords Sykes - Picot d'il y a un siècle. Ce sont donc une fois de plus des pays musulmans qui vont être concernés par les volontés des puissants. Ceci dans l’attente du tour des vassaux actuels qui à leur tour connaitront de par la volonté de l’empire, un reshaping qui aboutira à une évaporation des états nations, au profit d’un monstre planétaire : Le marché ou le money-théisme qui aura de nouveaux fidèles qui remplaceront les citoyens, voire même ceux qui avaient des espérances religieuses.

Si on y ajoute donc, les effets ou méfaits de la mondialisation-laminoir qui veut qu'il n'y ait plus justement, d'Etats-Nations, mais des peuplades sans cap, des consommateurs potentiels, nous avons les ingrédients d'un nouveau chaos que même le pape dans son immense sagesse a dénoncé en parlant de l’imminence de «troisième guerre mondiale par morceaux». Dans le même ordre il dénonce d'ailleurs sans le citer les groupes terroristes islamistes,: «La barbarie qui voudrait faire de toute différence l'occasion et le prétexte de violences toujours plus féroces» et les «hurlements fanatiques de haines et ceux qui spéculent sur les guerres pour vendre des armes».



L'islam est-il belligène?

Dans ces conditions, il ne faut qu’il n’y ait aucun obstacle, il parait alors urgent pour les décideurs de fracturer dans un premier temps, le bloc des musulmans arabes Apparemment, le logiciel des gouvernants en Occident, concernant la «certitude» que l'islam véhicule une idéologie mortifère est en passe d'être adopté par tous les pays occidentaux. Que s'agit-il en fait? Voilà une religion qui a donné à l'humanité ses heures de gloire et qui, attaquée de toutes part, voit les musulmans tomber comme des mouches mais aussi une mésentente totale entre les différents courants de l'islam. Les Occidentaux pour qui ces luttes intestines sont du pain béni , font tout pour attiser les tensions en alimentant en armes les deux camps.

Pour les Occidentaux, les musulmans seraient islamo-fascistes. Il n'est pas fait crédit aux musulmans en Europe et en France à titre d’exemple d'être aussi des Français eux qui sont sommés à chaque fois de se disculper pour des actes terroristes fruits d'une boîte de Pandore ouverte, que l'on ne veut pas refermer par l'apaisement, au contraire, on diabolise à tout-va «ces pelés, ces galeux d'où viennent tous nos maux».

Le sort des musulmans dans le monde

Les musulmans sont à la peine entre deux feux, leurs dirigeants qui veulent à tout pris se maintenir au pouvoir en donnant des gages de docilité aux puissants de ce monde, et les mêmes puissants qui s’ingèrent quand le tyran n’obéit plus aux ordres de « l’empire »

C’est un fait donc, les Musulmans sont persécutés aussi bien en pays d’Islam qu’en pays occidentaux ou même orientaux de civilisation bouddhiste ou hindouiste. En pays d’Islam ou réputés tels, les musulmans souffrent de l’absence de droits et de liberté pourtant bien inscrites dans les constitutions des pays arabes. Ces constitutions sont le prix à payer pour une visibilité internationale pour avoir tous les attributs d’Etats respectueux des droits des citoyens ou des sujets. La réalité est toute autre, les citoyens ne sont pas libres et la justice n’est pas juste elle est même souvent injuste avec les faibles

Dans les pays asiatiques bouddhistes ou hindouistes, les musulmans ne sont pas à la fête. Pire encore, ils peuvent devenir des apatrides. Ainsi : « les musulmans sont persécutés dans toute l'Asie du Sud-Est. En Thaïlande où il ne fait pas bon être musulman. Au Cambodge, Pol Pot avait, dit-on, quasiment éradiqué l'islam. Une bonne partie des 2 millions de tués étaient musulmans. Cette haine est liée au fait que l'islam s'est imposé en Asie du Sud-Est sans aucune violence, uniquement par la propagation par les commerçants musulmans indiens gujratis. Paradoxalement, aujourd'hui, la plus grande communauté musulmane est asiatique. Les musulmans birmans sont damnés. Peuple abandonné par tous, il finira par disparaître ou à se convertir au bouddhisme ». (1)

Il n'est pas étonnant de ce fait qu'il y ait des transhumances de l'horreur. Des personnes qui quittent tout pour échapper à la mort. Washington indique que les conflits de 2013 ont provoqué les plus grands déplacements de populations pour des raisons religieuses de l'histoire récente. «Quasiment aux quatre coins du monde, des millions de chrétiens, musulmans, hindous et fidèles d'autres religions ont été forcés de quitter leurs lieux de résidence en raison de leurs croyances religieuses», a déclaré le département d'État dans son rapport annuel sur les libertés religieuses dans le monde. (2)

Dans ce panorama international, Washington s'en prend particulièrement aux conflits en Syrie, en République centrafricaine (RCA) et aux troubles religieux en Birmanie. En Syrie, après plus de trois ans de guerre, «la présence chrétienne n'est plus que l'ombre d'elle-même», pointe le département d'État, soulignant que «dans la ville de Homs le nombre de chrétiens s'est effondré d'environ 160.000 avant le conflit à un millier» aujourd'hui. (2)

Boat people rohingyas, les damnés de l'Asie du Sud-Est


Un peuple musulman en détresse dans le silence assourdissant des institutions hypocrites comme l'OCI et qui regardent ailleurs, même pas mus par des raisons humanitaires. En Birmanie, les violences contre des musulmans à Meikhtila ont conduit à la mort de 100 personnes et contraint 12.000 autres à quitter la région au début de l'année dernière. «Partout dans le monde, des individus sont victimes de discriminations, violences et agressions (...) pour simplement exercer leur foi», s'insurge la diplomatie américaine, égrenant des cas au Pakistan, en Égypte, en Arabie saoudite, Iran, Chine ou encore au Bangladesh.
Des centaines de migrants rohingyas de Birmanie et du Bangladesh, fuyant la misère et les persécutions, sont enfin secourus depuis quelques jours après avoir été rejetés en mer par la Thaïlande et la Malaisie. Sous la pression internationale, la diplomatie asiatique se met lentement en action afin de trouver une solution à l'accueil de la minorité «la plus persécutée au monde», selon l'ONU. Les Rohingyas, décrits par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées au monde, sont des musulmans apatrides dont le groupe le plus important se situe dans l'ouest de la Birmanie. Mais la situation de ces migrants prend une tournure dramatique depuis plusieurs semaines car la Thaïlande s'est attaquée aux réseaux de trafiquants de ces êtres humains. Depuis le début de la crise des migrants en Asie, la députée birmane Aung San Suu Kyi est restée bien silencieuse. Le dalaï-lama s'est ému, jeudi 28 mai, de l'attitude de la prix Nobel de la paix dans une interview accordée au quotidien The Australian. Il critique le silence d'Aung San Suu Kyi sur les Rohingyas: «Je lui ai déjà parlé de ce problème, et elle m'a dit qu'elle se heurtait à certaines difficultés, que les choses n'étaient pas simples mais très compliquées. Malgré cela, je pense qu'elle peut faire quelque chose.» (3)


Le monde musulman en miette : Le deal amoral entre Israël et l’Arabie saoudite

On dit même que les conflits actuels en Syrie, au Liban, au Yémen, à Bahrein, c'est l'opposition de deux pouvoirs temporels, l'Arabie saoudite (sunnite) et l'Iran (chiite) , pour asseoir deux pouvoirs spirituels: le sunnisme et le chiisme. Deux courants de l’Islam qui ont vécu pendant plus de 1400 ans sans problème majeure jusqu’à cet après 11 septembre avec la nouvelle croisade d Georges Bush et son obsession de refaire le monde à son idée ; Idée portée allégrement par les présidents suivants , certaines fois avec zèle et imagination à telle que le message est enveloppé par un somnifère que fut le discours du Caire d’Obama qui donna aux musulmans l’illusion qu’ils avaient mangé leur pain noir et qu’une nouvelle ère de tolérance s’ouvrait dans le monde. Il n’en fut rien ! Au contraire des créations ex nihilo de mouvements extrêmistes islamiques sont là pour marteler à l’opinion occidentale que l’Islma est une religion de la terreur , l’excluant d’une révélation abrahamique où le cycle de violence existe aussi dans le Judaîsme – il n’est que de lire le Livre de Josué- ou dans la religion chrétienne avec les 8 croisades et la Saint Barthélémy avec le fameux cri de ralliement –Tuez les tous , Dieu reconnaitra les siens- qui nous fait encore frémir d’une horreur aussi horrible que celle des exécutions cathodiques de Daesch

Tout est bon pour casser les peuples et leurs espérances Le monde musulman va mal du fait de l’incurie de ses dirigeants et s’il est vrai que la majorité des conflits actuels mettent aux prises des musulmans aux prises entre eux ou avec d’autres, nous ne pouvons pas ne pas citer un deal amoral. Qui va faire justement, les frais des ententes amorales des pays? Ce sont naturellement les citoyens ou les sujets. Il en est ainsi du deal Arabie saoudite - Israël, qui, du même coup, offre un enterrement de première classe à la cause noble palestinienne au profit de potentats arabes qui n'inventent rien et dont la capacité de nuisance est proportionnelle à la somme de leurs réserves pétrolières.

On dit donc que : « les Saoudiens et Israéliens sont unis face à la menace d'un Iran nucléaire, les deux pays que tout oppose se sont rencontrés à cinq reprises depuis 2014 pour contrecarrer Téhéran. D'un côté, l'État hébreu, une démocratie ultra-militarisée. De l'autre, une pétromonarchie absolue fondée sur l'islam wahhabite, une idéologie ultra-rigoriste qui a inspiré des groupes djihadistes tels que l'organisation État islamique (EI). Mais ces deux États aux antipodes l'un de l'autre demeurent sous la protection d'un même allié inconditionnel: les États-Unis, qui les soutiennent pour des raisons idéologiques et stratégiques (Israël), ou économiques (alliance pétrole contre sécurité avec l'Arabie saoudite). (...) Vent debout contre la perspective d'un accord final sur le nucléaire iranien le 30 juin prochain à Vienne qui signerait le retour de l'Iran sur le devant de la scène internationale, Israël et l'Arabie saoudite, ont entamé depuis 2014 des discussions secrètes. À cinq reprises, des représentants des deux pays se sont rencontrés en Inde, en Italie et en République tchèque pour évoquer les moyens de contrer l'influence de l'Iran dans la région (...) Cette fois, l'influence grandissante de l'Iran dans la région est un sujet autrement plus brûlant aux yeux des deux pays. Par l'entremise du Hezbollah au Liban, de Bachar el-Assad en Syrie, du gouvernement et des milices chiites en Irak, ou des rebelles houthis au Yémen, la République islamique avance ses pions, au détriment d'Israël mais surtout de l'Arabie saoudite.»(4)


État islamique: le génocide dont l'Occident est complice

Justement, l'Etat islamique dont on dit qu'il prospère à partir d'une création ex nihilo par l’Empire et l'Arabie saoudite semble poser problème pour sa soi-disant neutralisation.
Quand on sait que la coalition fait quelques bombardements par jour contre des milliers par jour quand il s'est agi de Saddam: «Comment a-t-il été possible lit-on dans la contribution suivante de déposer Saddam Hussein en quelques semaines et Mouammar Kadhafi en quelques mois alors que l'État islamique ne subit que des défaites épisodiques, voire quand il ne remporte pas de franches victoires? En moins d'une semaine sont tombées Ramadi, une des capitales de province d'Irak, et Palmyre, cette oasis au nord-est de Damas qui abrite les ruines monumentales d'une grande ville qui fut l'un des plus importants foyers culturels du monde antique. (...) La situation urge en effet. Malgré les raids de la coalition dirigée par les États-Unis, l'État islamique a repris plus de la moitié du territoire syrien, soit près de 90.000 km². (...) Loin de faire plier le djihadisme, les guerres menées par l'Occident depuis l'ère Bush l'ont au contraire renforcé en multipliant ses foyers.» (5)


«Il faut négocier avec Daesh»

Ce qui devait arriver arriva. Comme pour les taliban créés et couvés par les Etats-Unis; ils avaient même pignon sur rue à New York et avec lesquels on a ensuite négocié. Cette contribution nous éclaire plus que jamais que tout est programmé pour que tout se déroule ainsi. Ainsi: «Devant l'échec de la coalition dirigée par les Etats-Unis contre l'Etat Islamique, le prince Zeid Ra'ad al-Hussein, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, préconise de négocier avec les terroristes plutôt que de les bombarder. Avant de développer ses propositions, précisons que Zeid Ra'ad al-Hussein est membre de la famille royale jordanienne, Pour M.Zeid, puisqu'il n'a pas été possible de venir à bout de Daesh malgré «un investissement presque sans précédent en termes d'argent et de force de frappe militaire», il faudra mettre en place des conférences de paix comme celles qui s'étaient tenues avec les taliban d'Afghanistan et les paramilitaires d'Amérique centrale. (...) Avec les déclarations de Zeid, nous comprenons maintenant un peu mieux la stratégie des utilisateurs de Daesh, et la raison pour laquelle leurs raids aériens perturbent plus les lézards du désert que les quelques gueux dépenaillés, drogués et déboussolés, encadrés de spécialistes qui eux savent pourquoi ils sont là. L'objectif, à terme, est d'introduire l'ONU dans le processus au moment où le chaos sera tel que tout le monde aspirera à une paix, quel qu'en soit le prix. (...) Il ne serait donc pas étonnant que, demain, Al Baghdadi ou son représentant soit reçu en grande pompe à l'ONU ou à la Maison-Blanche, ou encore mieux à Paris dans une de ces grandes conférences internationales dont la France a le secret.» (6)


Qui sauvera les musulmans de leurs dirigeants?

Dans ces conditions de désespoir quel est le sort des musulmans dans le monde? Il nous faut tout d'abord signaler que tous les potentats arabes instrumentalisent l'islam et les citoyens ne sont pas libres Ghannouchi a pu dire lors d'une interview qu'il se sentait plus libre dans un pays occidental que dans un pays dit musulman.

Cependant, les musulmans d'Occident sont à des degrés divers, depuis quelques années l'objet d'actes d'islamophobie L'exemple suivant nous apprend qu'à Boston, aux Etats-Unis, les musulmans sont tenus pour responsables d'actes commis par des «supposés musulmans».
Ils passent donc leur temps à jurer «qu'ils n'y sont pour rien» «not in my name», allant même jusqu'à dénoncer ces brebis galeuses. Certains proposent des programmes visant à encourager les jeunes musulmans à rechercher de véritables héros et de les convaincre qu'ils «ne devraient pas aller à l'université YouTube et ne pas écouter l'imam Google.»
Seules la science et l'éducation sauveront les musulmans.

Cela va même plus loin, les musulmans en Occident sont des citoyens à part entière des différents pays et à ce titre ils ont l’obligation morale de respecter les us et les coutumes du pays qui les a accueilli. Ils devront dans le même mouvement, respecter les lois de la République et devenir des citoyens modèles. Leurs espérances religieuses devraient être du strict domaine privé. De ce fait ils pourront ainsi par leur discrétion, leur travail, leurs études à être des exemples et feront ainsi honneur à l’Islam

Dans le même ordre , le Premier ministre Narendra Modi - présenté comme un faucon vis-à-vis des musulmans, par les Occidentaux et pour cause- a loué l'islam pour souligner l'importance de l'éducation.. «Le Coran mentionne le mot « ilm 800 fois''.

Il est parmi les mots les plus répétés après Allah. Ceci est l'importance de la connaissance dans la religion», a déclaré Modi un auditoire comprenant les hauts commissaires des pays de la Saarc et les envoyés des pays musulmans: «Nous sommes chanceux que nous vivons dans un pays où les gens parlant la même langue et une culture similaire suivants suivent différentes religions. Cette compréhension des différentes perspectives est pas possible partout ailleurs dans le monde», a-t-il dit. «Comprendre l'Autre est le point entre les différentes communautés de la réunion,» a-t-il ajouté. (...) Si nous n'embrassons pas la modernité, le monde va aller de l'avant et nous laissera en arrière.» (7)

Gageons que si l’Islam cesse d’être instrumenté aussi bien par les potentats des pays islamiques et qu’il ne fasse pas l’objet de tractations par les grands de ce monde en vue d’asseoir leur hégémonie, l’islam bien compris est capable de montrer son vrai visage comme il l’a montré pendant son âge d’or de plus de six siècles en Espagne. On parle encore de Cordoue avec nostalgie. Pourquoi pas une nouvelle ère de tolérance ?


Ramadhan Karim à tous les musulmans du monde et paix sur Terre.

1 . http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/165182-aung-san-suu-kyi-preserve-sa-carriere.html

2. http://www.lepoint.fr/monde/conflits-religieux-des-millions-de-personnes-deplacees-en-2013-28-07-2014-1849798_24.php


3. http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20150528-birmanie-dalai-lama-dame-rangoon-aung-san-suu-kyi-rohingyas/

4. http://www.lepoint.fr/monde/israel-et-arabie-saoudite-les-discussions-secretes-12-06-2015-1936005_24.php#xtor =CS3-190

5. http://www.resistance-politique.fr/etat-islamique-le-genocide-dont-loccident


6. http://reseauinternational.net/ il-faut-negocier-avec-daech-selon-un-haut-commissaire-de-lonu-bientot-un-ambassadeur-au-conseil-de-securite/11 juin 2015


7. Amin Ali, http:// timesofindia.indiatimes.com/india/Modi-plays-host-to-envoys-from-Muslim-nations-praises-Islam/articleshow/47683680.cms 16 juin 2015

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/218320-la-detresse-des-musulmans.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans islam
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28 février 2015 6 28 /02 /février /2015 12:06

«La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.»

Constitution française de 1958

«La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...].»

Loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat

Pendant près d'un siècle le texte de la loi de 1905 ne fut pas interrogé. Il a fallu pour cela l'avènement d'une visibilité de l'islam des Français musulmans des nouvelles générations, pas celles des tirailleurs sur les champs de bataille ou celle des tirailleurs bétons, les fameux chibanis. En 2003, la loi subit un changement en ce qui concerne le port de signes religieux ostensibles à l'école. Dans le même ordre, l'exception cultuelle de l'Alsace-Lorraine est plus que jamais affirmée par le Conseil constitutionnel en février 2013.

Pour rappel , en 2004, Nicolas Sarkozy s'interrogeait sur une possible modification de la loi de 1905 sans toutefois en remettre en cause les fondements. Il propose de donner à l'État les moyens de pouvoir contrôler efficacement le financement des cultes, de libérer le culte musulman français de la tutelle de pays étrangers et ainsi de pouvoir limiter l'influence de ces pays sur la communauté musulmane de France. Ce contrôle impliquerait comme effet secondaire des facilités accordées par l'État en matière de formation des agents des cultes, en mettant par exemple à disposition des enseignants pour les matières non religieuses pour la formation des prêtres, pasteurs ou imams.

Si la République est en théorie, équidistante des spiritualités elle doit dans une même considération s'adresser aux unes et aux autres des religions. Sait-on que pendant le mois de janvier il y eut plus de 200 actes islamophobes autant que durant toute l'année 2014. Qui en parle ? Certainement pas la presse dans son ensemble à quelques rares exceptions inaudibles. Par contre, on connait dans l’heure qui suit et en boucle le moindre petit incident concernant la communauté juive Les musulmans doivent-ils s'organiser pour se défendre comme le fait d'une façon illégale le Crif avec le Bétar organisation paramilitaire qui a pignon sur rue à Paris?


Le dérapage contrôlé du Crif

On peut reprocher beaucoup de choses au Crif mais pas sa lucidité et son analyse du futur. De par sa proximité avérée avec Israël il accuse sans discontinuer les jeunes des banlieues d'importer le conflit israélo-palestinien en France. Pire encore, il se permet d’accuser nommément les jeunes d’antisémitismes : «Toutes les violences aujourd'hui sont commises par des jeunes musulmans», a affirmé le président du Conseil représentatif des institutions juives ». Il a confirmé que «tous les terroristes» qui ont «récemment commis des actes antijuifs se réclamaient de l'islam», en jugeant qu'on lui faisait «un mauvais procès». Il a juste réduit de 1 pour mille à «1 pour 10.000» la proportion de cette minorité. Regrettant que Dalil Boubakeur, le président du Cfcm (Conseil français du culte musulman) ait décidé de ne pas se rendre au dîner du Crif en signe de protestation contre «des attaques aussi graves qu'infondées contre la composante musulmane de France» (1).

Ce que Roger Cuikierman ignore ou a oublié c'est que pendant la Seconde Guerre mondiale les dynasties maghrébines ont protégé les juifs de l'Inquisition durant la Reconquista. Ça ne justifie pas l'antisémitisme mais non plus de mettre tous les musulmans dans le même panier. Pas un mot aux musulmans qui sont les justes parmi les justes, notamment ceux de la Mosquée de Paris qui ont sauvé près de 1500 personnes juives. Ce sont des musulmans kabyles qui ont diffusé un tract «ammarach nagh» «comme nos enfants», à tous les musulmans pour sauver les juifs. Naturellement, pas un d'entre eux ne figure au mémorial de Yad Vachem qui honore les «Justes». ceux qui ont sauvé les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ce dérapage étant contrôlé , il en est un autre plus assumé .De fait, on reste rêveur devant sa lucidité concernant l'avenir. Roger Cuikierman annonce que Marine Le Pen est irréprochable n'hypothéquant pas ainsi l'avenir dans une République dirigée par l'extrême droite.

Le tribunal dinatoire du gouvernement et des élites gouvernementales

C'est un rituel, en février de chaque année le CRIF convoque le gouvernement au complet et les élites et examine lors d'un dîner,- le tribunal dinatoire de la formule heureuse pour une fois d’Alain Finkielkraut- leur contribution et allégeance au Crif. 700 invités triés sur le volet dont 200 hommes politiques célébrités, journalistes… Ainsi, le chef de l'État faisant son exposé a précisé les quatre «piliers» du «plan contre le racisme et l'antisémitisme» qu'il avait annoncé en janvier. Il a annoncé de son côté des «sanctions plus rapides et plus efficaces» contre «les propos de haine» relevant du «racisme», de l'«antisémitisme» et de l'«homophobie».

Des «sanctions plus rapides et plus efficaces» vont être prises contre «les propos de haine» relevant du «racisme», de l'«antisémitisme» et de l'«homophobie», a annoncé François Hollande lors du dîner du Crif. «J'ai souhaité que ces propos ne relèvent plus du droit de la presse mais du droit pénal», a-t-il affirmé. Il a souhaité que soit «renforcé le caractère aggravant d'un délit au caractère antisémite». François Hollande promet des sanctions contre la «lèpre» de l'antisémitisme. Il a annoncé un renforcement de l'arsenal répressif contre «tout propos de haine» raciste ou antisémite. «C'est comme une lèpre qui revient toujours quand les civilisations croient s'en être débarrassé». De l'antisémitisme, il a ensuite glissé sur la lutte contre le terrorisme, reliant entre eux tous les événements de ce début d'année.

On le voit, la spécificité de la communauté juive est plus que jamais affirmée, forte de près de 600.000 personnes, le Crif fait un véritable hold-up en s'arrogeant le droit de parler au nom de tous les juifs, ce qui est loin d'être le cas. Ceux qui sont contre la «politique du Crif de semer la haine sont traités de juifs honteux. Autant on admire des personnalités comme Edgard Morin, Maurice Szafran, Esther Benbessa, Rony Brauman qui ne renient rien de leur identité mais qui disent le droit, autant nous sommes contre les visées et manoeuvres du Crif qui en plus de provoquer comme il vient de le faire contre les musulmans mais qui a toujours deux fers au feu.

Sentant le vent électoral tourner, Roger Cuikierman lance une sonde envers le FN et annonce que Marine Le Pen est irréprochable mais que c'est son entourage qui ne l'est pas. Même son rétropédalage ne convainc pas. Souvenons-nous en 2002 avec les 18% de Jean-Marie Le Pen au premier tour des élections qui opposa Chirac à Le Pen, le président du Crif, toujours le même, déclarait: au quotidien israélien Haaretz: «Qu'il espérait que la victoire de Le Pen dimanche servirait à réduire l'antisémitisme musulman et le comportement anti-israélien, parce que son score est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles.» Il ne se sent pas concerné et il désigne à Le Pen la communauté à abattre. Le Crif se place pour les élections de 2017, il semble convaincu de la victoire du FN M.Cuickierman est constant dans son acharnement contre les Arabes et les musulmans.


La montée de l'antisémitisme est une idée fausse

Les actes commis sont-ils antisémites? N'en déplaise à Roger Cuikierman, ils ne le sont pas. L’antisémitisme existe, surtout en Europe, c’est un vieux contentieux qui date de la crucification du Christ. Uri Avnery écrivain israélien militant pour les droits des Palestiniens, membre de la gauche radicale et pacifiste convaincu décrit l’historique et remis les pendules à l’heure : «L'antisémitisme progresse. Partout en Europe il pointe sa vilaine gueule. Partout les juifs sont en danger. (...) Absurde. Presque aucun des événements alarmants qui se sont produits en Europe dernièrement - en particulier à Paris et Copenhague - où des juifs ont été tués ou attaqués - n'avaient quoi que soit à voir avec de l'antisémitisme. Toutes ces atrocités ont été commises par de jeunes musulmans, la plupart arabes. Ils étaient partie prenante de la guerre en cours entre Israéliens et Arabes, qui n'a rien à voir avec l'antisémitisme. (...) »(2)

Pour l’auteur les juifs n’ont pas le monopole du mot anti-sémite. « En théorie écrit-il , arabe et antisémite est un oxymore, puisque les Arabes sont des sémites. En fait, les Arabes sont peut-être plus sémites que les juifs, parce que les juifs se sont mêlés aux gentils depuis des siècles. Alors, pourquoi de jeunes musulmans en Europe tirent-ils sur des juifs, après avoir tué des dessinateurs qui avaient insulté le Prophète? Selon les experts, la raison fondamentale est leur haine profonde de leurs pays d'accueil, où ils se sentent (à juste titre) méprisés, humiliés et discriminés. Dans des pays comme la France, la Belgique, le Danemark et bien d'autres, leur colère violente a besoin d'un exutoire.» (2)

«Mais pourquoi s’en prennent ils aux juifs poursuit Uri Avnery? qui avance deux raisons : «Il y a au moins deux raisons principales : la première est locale. Les musulmans français sont essentiellement des migrants d’Afrique du Nord. Au cours de la lutte désespérée pour l’indépendance de l’Algérie, presque tous les juifs algériens ont pris le parti du régime colonial contre les combattants locaux. Quand tous les juifs et beaucoup d’Arabes ont émigré d’Algérie en France, ils ont emporté leur lutte. Depuis qu’ils vivent maintenant côte à côte dans les ghettos surpeuplés autour de Paris et ailleurs, leurs haines mutuelles ont subsisté et entraînent souvent de la violence.» (2)

«La seconde raison poursuit Uri Avnery, est le conflit sioniste-arabe en cours : il a commencé avec l’immigration en masse de juifs en Palestine, et il se poursuit avec une longue liste de guerres qui se déploient pleinement de nos jours. Pratiquement tous les Arabes dans le monde et la plupart des musulmans sont émotionnellement impliqués dans le conflit. Mais qu’est-ce que les juifs de France ont à voir avec ce conflit lointain ? Tout ! Quand Benjamin Netanyahou ne rate pas la moindre occasion de déclarer qu’il représente tous les juifs dans le monde, il rend tous les juifs du monde responsables des politiques et des agissements israéliens. Quand les institutions juives en France, aux USA et ailleurs s’identifient entièrement et sans critique à la politique et aux opérations d’Israël comme la récente guerre contre Gaza, elles se transforment volontairement en victimes potentielles d’actes de revanche. La direction juive française, le Crif, vient encore de le faire». (2)

«Aucune de ces raisons n’a rien à voir avec l’antisémitisme déclare l’écrivain. Il attribue cela au contentieux bimillénaire entre les Chrétiens et les Juifs pour aboutir finalement à Hitler. « L’antisémitisme écrit-il fait partie intégrante de la culture européenne. Bien des théories ont été avancées pour expliquer ce phénomène tout à fait illogique, qui frise le trouble mental collectif. Quant à moi, ma théorie préférée est religieuse. Partout en Europe, et plus tard également en Amérique, les enfants chrétiens ont entendu dès leurs premières années les histoires du Nouveau Testament. Ils apprennent qu’une foule juive a crié pour obtenir le sang de Jésus, le doux et bon prêcheur, alors que le préfet romain, Ponce Pilate, tentait désespérément de lui sauver la vie. (…). La vision des méchants juifs exigeant la mort de Jésus est imprimée dans l’inconscient des multitudes chrétiennes et elle a inspiré une haine des juifs à chaque nouvelle génération. Résultat : massacres, expulsions en masse, inquisition, persécution sous toutes ses formes, pogroms, et enfin l’Holocauste ». (2)

Uri Avnery rend justice aux Musulmans pour avoir protéger les Juifs :« Il n'y a jamais eu rien de semblable dans l'histoire musulmane. Le Prophète a eu quelques petites guerres avec des tribus juives voisines, mais le Coran contient des instructions strictes sur le commerce avec juifs et chrétiens, «Peuples du Livre». Il fallait les traiter équitablement et ils étaient exemptés de service militaire en échange d'un impôt. Au fil du temps il y a eu quelques rares flambées anti-juives (et anti-chrétiennes) ici ou là, mais les juifs en terres musulmanes s'en tiraient mille fois mieux qu'en pays chrétiens.» (2)

«Avec honnêteté Uri Avnery parle de la contribution des juifs à l'âge d'or andalou: «Si ce n'avait pas été le cas, il n'y aurait pas eu cet Age d'or de la symbiose culturelle judéo-arabe dans l'Espagne médiévale. Il aurait été impossible pour l'Empire ottoman musulman d'accepter et d'absorber presque tous les réfugiés juifs, par centaines de milliers, chassés d'Espagne par les rois catholiques Ferdinand et Isabelle. L'éminent penseur juif Maïmonide («l'Aigle de la Synagogue») n'aurait pu devenir le médecin et conseiller du prestigieux sultan musulman Salah-al-Din al-Ayubi (Saladin).» (2)

Pour Uri Avnery: «Le conflit actuel a commencé comme un choc entre deux mouvements nationaux: le sionisme juif et le nationalisme arabe laïc, qui n'avait que très peu de connotations religieuses. Mes amis et moi ont mis en garde à de nombreuses reprises, mais à présent le conflit est en train de devenir religieux - une calamité aux répercussions cruelles. Rien à voir avec de l'antisémitisme. Alors, pourquoi toute la machine de propagande israélienne, y compris tous les médias israéliens, clament-ils que l'Europe vit une montée catastrophique d'antisémitisme? Afin d'appeler les juifs européens à venir en Israël (dans la terminologie sioniste: à «faire leur alya»). (...) Quoi qu'il en soit, les atrocités de Paris et de Copenhague n'ont rien à voir avec de l'antisémitisme.» (2)


Un islam de France aseptisé est en contradiction avec la loi de 1905

Les attentats de janvier ont un coupable: le Cfcm : Le Conseil Français du Culte Musulman Le ministre de l'Intérieur vient de lancer une réforme sur les institutions de l'islam de France. L'annonce faite consiste donc à refondre les institutions de l'islam de France. Cette décision, acte de fait de la fin de la légitimité du Cfcm. (...) Cette politique de reprise en main par l'Etat de la communauté musulmane en France (car c'est bien de cela qu'il s'agit) montre que l'autonomisation encadrée et finalement assez libérale est un échec patent. La nouvelle instance qui, on ne change rien on recommence, consistera en un Cfcm élargi pour mieux l'encadrer, discutera de questions précises qui ne relèveront pas de théologies mais de l'organisation du culte n'est pas sans poser de questions sur la réelle volonté d'intégration des musulmans en France. En effet, quelle religion autre que l'islam possède une instance similaire pour se rendre républico-compatible? (3)



Une charia républicaine a-t-elle encore une légitimité religieuse?

«La nouvelle instance pose donc très clairement le lien entre intégration et islam. En cherchant à obtenir des garanties sur la compatibilité républicaine des futurs imams par la validation d'un diplôme d'université, (...) Pas sûr que ce «contrat de confiance» soit à la hauteur des défis lancés dans la société française sur les questions d'intégration, de dérives fondamentalistes et de dialogue interculturel. L'objectif affiché est donc la construction d'une élite musulmane en France qui pourra être le porte-voix d'une communauté. De plus, la constitution de ce nouvel organisme constitue un pas de plus vers une société multiculturelle.
D'autre part, cette instance pourra décider des adaptations que l'islam doit mettre en place pour se conformer à l'esprit républicain. En d'autres termes cela consiste ni plus ni moins à mettre en place une charia républicaine. (...) L'enjeu est d'ici de pouvoir construire des agencements compatibles avec la République et la culture française. Cette charia républicaine en devenir est donc une arme à double tranchant: rendre les musulmans solubles dans la société française ou affirmer l'identité musulmane en France. (3)

En clair nous allons avoir des imams républicains avec un islam soft sans épaisseur, laïco-compatible. Contrairement aux autres religions qui conservent le privilège de former les gens du culte, la République va expurger du Coran tout ce qui est incompatible selon son entendement avec ce qu'elle attend de l'islam de France. La loi de 1905 est de fait, rétorquée concernant la deuxième religion de France. Pourtant le premier article de la Loi de 1905 par les mots «assure» et «garantit» un culte, il n’est nullement question de s'immiscer dans son contenu. La République pourra-t-elle interférer de la même façon dans la formation des hommes du culte du judaïsme et du christianisme?

La France étant un vieux pays d’essence chrétienne elle accepte des spiritualités allogènes à condition qu’elle ne perturbe pas son fond rocheux chrétien devenu laïc du fait que la République s’est appropriée une grande partie des attributs de l’Eglise Dans l’Islam il n’y a pas de clergé, chacun est comptable de ses actes vis à vis de Dieu . En fait le vrai problème est celui de l’intégration de ces jeunes en errance et malgré les appels à la vindicte de Roger Cuickerman, ce n’est pas un problème de guerre de religion mais un simple problème de justice sociale. Les Français musulmans dans leur majorité connaissent leurs limites, ils souhaitent vivre un Islam apaisé mais pas aseptisé à l’ombre des lois de la République


1. Judith Waintraub: Le président du Crif déclenche une vive polémique Le Figaro. 24/02/2015

2.Uri Avnery http://reseauinternational.net/ la-montee-de-lanti-semitisme-est-une-idee-fausse/

3. http://www.liberation.fr/politiques/2015/02/25/le-gouvernement-lance-la-reforme-de-l-islam-de-france_1209626


Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/211641-est-ce-la-solution.html

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans islam
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