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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 11:05

« Quand s’érigera, au dessus des toits de la ville, le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus, dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »

Discours de monsieur Maurice Colrat représentant du gouvernement français mars 1922 lors de la construction de la mosquée de Paris

«Dieu est toujours dans le camp de ceux qui souffrent.»

Jean-Paul II

Une manipulation c'est ainsi que l'on peut caractériser le tollé des manipulateurs professionnels qui pour le même adversaire commun, en l'occurrence les musulmans, font cause commune pour enfumer les Français en leur parlant d'Eglise devenue mosquée et de perte d'identité. Tout est parti d'une phrase - malheureuse dans le contexte actuel - de Dalil Boubekeur qui, devant le manque de lieux de prière s'interrogeait sur la possibilité de donner une seconde vie aux églises désaffectées en permettant aux citoyens français de confession musulmane d'y prier.

Le site Causeur résume assez bien la situation : « La récente polémique concernant la transformation d’églises en mosquées a fait couler beaucoup d’encre. Comme d’habitude, les promoteurs des mosquées ont ressorti l’argument mainte fois rebattu sur les effectifs de mosquées et d’églises en France. L’idée se veut imparable : il existerait près de 2 500 mosquées pour environ 3 millions de pratiquants (soit un ratio de 1 mosquée pour 1 200 fidèles) alors que 11 millions de catholiques pratiquants disposeraient de 40 000 églises (soit un ratio de 1 église pour 275 fidèles). S’appuyant sur cette comparaison arithmétique, chacun propose sa solution pour réparer cette injustice faite aux musulmans, les uns en soutenant la transformation d’églises en mosquées, les autres en réclamant un financement public de la construction de mosquées au mépris du principe de laïcité . (…) En fait, il est simplement absurde de comparer la situation de l’islam à celle du catholicisme et d’exiger une convergence immédiate des deux en s’exonérant de 1 500 ans d’histoire ». (1)

Le besoin de transcendance a accompagné l’humanité

L’homme a toujours été terrorisé par la mort et par l’existence de quelque chose qui le dépasse. Tout au long de son épopée à partir du moment où il a échappé définitivement à son ascendance simiesque, il a commencé à s’interrogé sur sa condition. L’homme écrit Rémy Chauvin est le « le seul animal qui enterre ses morts ». Devant la terreur que lui inflige la mort des autres, il a cherché un référent transcendant . Ce furent d’abord les éléments naturels, le feu, le vent, la Terre, .. Vinrent ensuite les dieux pour ces éléments naturels et devant lesquels il fallait invoquer les esprits en priant. Ce fut le début des civilisations moyen orientalles et orientales. La civlisation égyptienne, sumérienne akadienne, perse mirent en avant différents dieux Akhenaton, Mardoukh et bien plus tard Baal..

Le monothéisme dans le judaïsme n’excluait pas initialement les autres dieux mais donnait la primauté à un seul d’entre eux . L’invocation par la prière est donc le fondement du croyant. Cependant prier ne nécessite pas un lieu déterminé. Quand Jesus priait, il n’y avait pas de lieu de prière bien défini. Au contraire en tant que juif il s’est révolté contre les marchands du Temple qui instrumentaient le divin en créant une classe de privilégiés les prêtres.. L’église a été formalisée bien après. Même dans le Coran, il est dit que l’on peut faire la prière n’importe où sur Terre et même d’une façon « interne » par le recueillement.

De ce fait le lieu de prière a différentes dénominations. Pour les religions monothéistes, une synagogue du grec Sunagôgê, «assemblée» est un lieu de culte juif. L'église vient du mot Ecclesia, en grec, c'est la communauté qui se réunit. Les premières églises connues sont celle de Syrie orientale (241), du Saint-Sépulcre à Jérusalem (330) Le masdjed en arabe est un lieu de culte où se rassemblent les musulmans pour prier. Le mot «Masged» vient de l'araméen ancêtre de la langue arabe et de l'hébreu, signifiait «poser le front au sol». Traduit en espagnol ou italien: moschea qui a donné en français mosquée. Ce sont donc des lieux de culte qui dans l'absolu ne se distinguent pas les uns des autres.

L' appel « Touche pas à mon Eglise » et ses conséquences

La maladresse de Dalil Boubekeur a été prise au vol malgré son démenti Il y a eu d'abord cet appel « touche pas à mon église » non dénué d'arrière-pensées de Denis Tillinac dont nous reproduisons quelques extraits: «Certaines déclarations récentes appelant à ce que des églises soient transformées en mosquées ont provoqué chez les Français une émotion susceptible de favoriser les pires amalgames en ces temps où le terrorisme islamiste ensanglante la planète et commet des crimes en plein Paris. (...) Une église n'est pas une mosquée, croyants, agnostiques ou athées, les Français savent de la science la plus sûre, celle du coeur, ce qu'incarnent les dizaines de milliers de clochers semés sur notre sol par la piété de nos ancêtres: la haute mémoire de notre pays. Ses noces compliquées avec la catholicité romaine. Ses riches heures et ses sombres aussi, quand le peuple se récapitulait sous les voûtes à l'appel du tocsin. »(2)

« Son âme pour tout dire. (...) Elle racontait l'histoire de France dans une langue accessible à tous nos compatriotes. Ils tiennent à la laïcité de l'État et à la liberté de conscience et de culte qu'il lui incombe de protéger. (...) Elles continuent de témoigner; leur silhouette au-dessus des toits contribue à un enracinement mental dont nous avons tous besoin pour étayer notre citoyenneté. Du reste, rien ne prouve qu'elles resteront vides ad vitam aeternam. (...) La France n'est pas un espace aléatoire. Les églises, les cathédrales, les calvaires et autres lieux de pèlerinage donnent sens et forme à notre patriotisme. Exigeons de nos autorités civiles qu'il soit respecté! Le confusionnisme trahit une méconnaissance de notre sensibilité et ferait peser une menace sur la concorde civile s'il n'était clairement récusé au sommet de l'État.» (2)


Les réactions de tolérance

Curieusement, à ma connaissance, il n'y a pas un homme de culte chrétien qui a signé cette pétition. Au contraire, lit-on sur le Figaro: «Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry, comprend les réactions de certains fidèles à l'idée que des églises puissent être transformées en mosquées, mais soutient qu'il faut être cohérent avec la foi catholique. Les églises désaffectées de la ruralité française, sans curé ni paroissiens, et vouées à une dégradation certaine, pourraient-elles connaître un second souffle spirituel et résonner d'autres invocations, en l'occurrence musulmanes, sans que l'Hexagone n'en soit tout tourneboulé? (...) Mgr Michel Dubost, l'évêque d'Evry, traité de «dhimmi» par ses détracteurs à la dent dure, n'a pas craint de s'attirer les foudres de la bien-pensance hexagonale en estimant préférable, face aux portes closes et à l'état de délabrement de certaines églises de la France profonde, que ces édifices, sans ouailles et sans financements, «deviennent des mosquées plutôt que des restaurants».(3)

De même certains intellectuels , n’y voient pas le « mal » dans cette « occupation apaisée» d’un lieu désert voué à la décrépitude ou à la démolition. « Dans Libération, Laurent Joffrin estime que « la cession d’églises à l’islam serait un beau symbole de concorde et de fraternité » quand dans Le Monde Pierre Daum soutient ni plus ni moins que « transformer des églises en mosquées va dans le sens de la laïcité républicaine ». La République au service d’une religion, voilà un projet auquel même Pie X n’aurait osé croire dans ses rêves les plus fous ! »(1)


La manipulation politique actuelle la haine sioniste de l'islam et les dérives politiciennes

La signature par Sarkozy de cet appel pour des raisons bassement électoralistes – chasser sur les terres du Front National- n'a pas fait l'unanimité, à droite: «Au sein même du parti Les Républicains, la signature de l'ancien président de la République de l'appel lancé dans Valeurs actuelles est loin de faire l'unanimité. En signant la pétition de Denis Tillinac dans Valeurs actuelles, qui demande que les églises françaises ne soient pas transformées en mosquées, Nicolas Sarkozy a provoqué l'ire d'une partie de sa propre formation. «Je ne signerai pas cette pétition parce que je trouve qu'on essaie (...) d'exciter autour de ce sujet qui n'existe pas vraiment, a réagi Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-président du parti, sur France Info. (...) C'est pas un sujet d'une immense actualité, c'est pas une question qui se pose tous les jours (...) Alors pourquoi le faire? Pourquoi chercher à cliver? Pourquoi chercher à en faire un sujet alors que ça n'en est pas vraiment un?» (4)

«C'est pas mieux quand une église devient une boîte de nuit ou un restaurant», a-t-elle aussi constaté avant d'attaquer, semblant viser Nicolas Sarkozy: «Tous ces gens qui nous parlent de civilisation à propos de l'Eglise, est-ce qu'ils rentrent vraiment dans les églises? Ceux qui ramènent l'Eglise à un projet de civilisation ont parfois oublié le message évangélique. Le message évangélique, il est fait d'universalisme, pas de nationalisme. Le message évangélique, il est fait de projections vers l'avenir, pas de passéisme.» Même l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, estime, selon Le Parisien, «qu'alimenter ce débat ne me paraît pas de nature à apaiser les tensions». Le député des Yvelines a, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, rappelé que Dalil Boubekeur, qui avait proposé de transformer certaines églises en lieux de culte musulmans, était «revenu sur ses propos». (4)

Dans le même ordre, Bruno Roger-Petit écrit: «Dans Valeurs actuelles, Denis Tillinac lance l'appel «Touche pas à mon ringardise franchouillarde ou le grand huit des Bidochon.En tout cas, la liste prête à sourire. Ou à pleurer. On y trouve le ban et l'arrière-ban du réac bien de chez nous, baguette, béret et saucisson. Ce n'est plus une pétition, c'est le train fantôme de la ringardise franchouillarde, le grand huit des Bidochon, le Space moutain des Super-Dupont: Charles Beigbeder, André Bercoff, Jeannette Bougrab, Alain Finkielkraut, Gilles-William Goldnadel, Basile de Koch, le Père Alain Maillard de La Morandais, Élisabeth Lévy, Sophie de Menthon, Jean Raspail, Ivan Rioufol, Nicolas Sarkozy, Jean Sévillia, Philippe de Villiers, Éric Zemmour. Les vieux grenadiers de la bien-pensance réac. Mais que diable Nicolas Sarkozy est-il allé faire dans cette galère identitaire?» (5)


Dans une lettre ouverte François Guillaume ancien ministre s’est ému des déclarations de l'évêque d'Evry, Mgr Dubost, qui a dit « préférer que les églises deviennent des mosquées plutôt que des restaurants », Il écrit : « À tout prendre, je préférerais l’inverse parce que c’est moins dangereux. Mais comment peut-on envisager une telle reconversion de nos édifices religieux construits par des chrétiens pour témoigner de leur foi en un Christ d’amour, quand les dignitaires musulmans se refusent à condamner clairement le massacre des chrétiens d’Orient ? Veut-on faire de la France la fille aînée de l’islam ? » « Le clocher, pour nous, c’est la durée ; c’est la concrétion des siècles ; c’est l’unité des vivants et des morts ; c’est la beauté et c’est la fragilité confiée au goût et à la force des hommes. Il suffit de pousser la porte pour que le silence du lieu saint vous invite à la méditation et vous pénètre de sa paix. » (6)


L’histoire de la mosquée de Paris raconte en creux l’apport positif de l’émigration algérienne

Dans une remarquable lettre à Nicolas Sarkozy le philosophe Jean Bauberot écrit à propos des émigrés de dernières générations , de la fixation de Sarkozy sur l’islam et des mosquées un texte d’une brulante actualité : « Faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine, ville française depuis 1834 et chef lieu d’un département français depuis 1848. Nous sommes donc d’anciens Français. D’autres nous ont rejoints peu de temps après et sont devenus Français, en 1860, tel les Niçois et les Savoyards. Nous avons intégré volontiers ces "nouveaux arrivants" et avons ajouté la pizza à nos coutumes alimentaires. Et au siècle suivant, d’autres sont encore venus. Certains de l’Europe centrale, bien différente de notre civilisation méditerranéenne. Mais, comme tu l’écris très bien, nous sommes très « accueillants », nous autres. Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l’avancée de l’Armée Rouge en 1944 ». (7)

« Nous sommes tellement « accueillants » que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République. Comment être plus accueillants ? Mais faudrait quand même pas tout confondre : entre lui et moi vois-tu, c’est moi qui accueille, et lui qui est accueilli. (…) Quand les Sarkozy sont devenus Français, le ciel de Paris s’ornait d’une Grande Mosquée, avec un beau minaret. Je suis d’accord, moi Mouloud qui t’accueille, je dois te faire « l’offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire [y compris en classe de terminale], (ma) civilisation), (mon) art de vivre (…) Contrairement à moi, puisque tu n’es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux « valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale ». Vu ta fonction, il faut que tu l’apprennes vite car « tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ses valeurs condamnerait à l’échec. » Mais, je ne suis pas inquiet : tu es très doué ». (…) La laïcité, ce n’est nullement « la séparation du temporel et du spirituel » comme tu l’écris. Cette expression, elle fleure le Moyen Age, la société de chrétienté, bref l’exact contraire de la société laïque. (…) » Tu fais preuve d’une curieuse obsession des minarets et tu sembles assez ignorant à ce sujet ».(7)

Pour être concret poursuit Jean Bauberot, , je vais te raconter l’histoire de France en la reliant à ma propre histoire d’ancien Français, du temps où toi, tu ne l’étais pas encore. Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions : Algérie, Savoie, ou Limousin, « petite patrie » de mon frère siamois. Mais si je te raconte cela, ce n’est pas pour me cantonner dans la petite histoire, celle de ma famille, c’est pour rappeler l’Histoire tout court. Car nous avons été environ 100 000, oui cent mille, musulmans à mourir au combat pour la France. Nous étions déjà tellement « arrivés » en France, que nous y sommes morts ! Ces combats avaient lieu dans cette partie de la France appelée « métropole ». Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément. Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée : construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr ». (7)

« Elle avait décidé, en 1905, de « garantir le libre exercice du culte » (Article I de la loi de séparation). « Garantir », c’est plus que respecter. C’est prendre les dispositions nécessaires pour assurer son bon fonctionnement. Pourquoi passes-tu tant de temps, dans ton texte, à nous parler des minarets ? Cela n’a vraiment pas été un problème. Bien au contraire. Et pourtant, ils étaient très laïques, tu sais, plus laïques que toi, mon cher chanoine, les rad’soc (radicaux-socialistes), les Edouard Herriot, ou Léon Bourgeois (un des « pères » de la morale laïque) qui ont pris la décision de consacrer des fonds publics à la construction de cette mosquée, de ce minaret ». (7)

« Tu sais, j’aime bien fréquenter les bibliothèques. J’y ai trouvé un ouvrage d’un historien qui retrace l’histoire de cette construction. Et c’est fort intéressant.« Il est à remarquer, écrit son auteur, Alain Boyer, que personne n’a soulevé à l’époque le problème de la compatibilité de cette subvention avec l’article 2 de la loi de 1905, concernant la séparation des Eglises et de l’Etat qui dispose la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ; il aurait pu d’ailleurs être répondu que l’Etat ne finançait que la partie culturelle, l’institut, et non pas la mosquée proprement dite, c’est-à-dire le lieu de culte. » (7)

«(..) On s’est dit : étant donné tout ce que l’on consent financièrement pour garantir l’exercice des cultes catholique, juif, protestant, c’est bien le moins de donner des subventions publiques pour une Grande mosquée et son minaret. D’ailleurs le père de la loi de 1905, Aristide Briand, avait dit à son propos : « En cas de silence des textes ou de doute sur leur portée, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. » De plus, et je vais t’étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets. Quand on a posé la 1ère pierre de la mosquée, le maréchal Lyautey a fait un très beau discours. Il a déclaré : « Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »(7)

« Et tous les dirigeants et militants laïques présents, conclut Jean Bauberot, l’ont chaleureusement applaudi. Ils étaient comme cela les laïques : ils assumaient, mais ne voulaient pas « valoriser » les « racines chrétiennes de la France ». Ils estimaient, au contraire, que le pluralisme religieux faisait partie de son histoire, de son identité nationale laïque. Le 15 juillet 1926, la grande mosquée a été inaugurée en présence de ton prédécesseur, Gaston Doumergue, le président de la République ».(7)

Voilà pour la mosquée comme reconnaissance pour service rendu par les tirailleurs algériens et marocains à la république en payant le prix du sang. Ces mêmes tirailleurs qui devinrent des tirailleurs béton pour assurer le développement de la France pendant les trente glorieuses

Quand les soeurs prêtaient leur chapelle aux musulmans...

Un autre exemple nous montre que la tolérance a existé à une certaine époque quand les hommes politiques et les intellectuels faussaires sionistes et qui sont en croisade contre la deuxième religion de France, n’avaient pas, comme maintenant, droit de sévir sur tous les plateaux de télé, de sévir dans les journaux et d’avoir une visibilité bâtie sur la haine de l’autre, à savoir à boulets rouges, sur l’Islam le tiers exclus de la révélation abrahamique.

Souvenons- nous depuis que le judéo-christianisme –sous l’impulsion de Vatican 2 qui absous les Juifs du péché originel du déicide – par Caiphe interposé- a commencé à formater durablement l’imaginaire des Français et pour que les évènements sanglants de terroristes sous faut drapeau islamique donnent du grain à moudre à ces moteurs de haine que sont des émigrés de la première ou deuxième génération, « plus royalistes que le roi » qui viennent dire aux Français ce qu’ils doivent penser, ce qu’ils doivent haïr et ceux à qui ils doivent obéir sans discussion –sous peine de déclencher un cataclysme sur leur tête-

Dans ce sens nous lisons dans le Nouvel Obs. : «Pour notre chroniqueur Olivier Picard, l'ancien chef de l'État et le polémiste agissent pour faire tourner leurs fonds de commerce et pour attiser cyniquement les tensions (...) L'abrutissement dû à la chaleur sûrement... Il n'est pas surprenant que Nicolas Sarkozy se soit jeté comme un affamé sur cette nouvelle «cause» du peuple. Fidèle, désormais, à sa devise intellectuelle «plus c'est gros, plus ça passe», il a enfourché ce nouveau cheval de bataille pour être parmi les premiers signataires. On va pas gâcher. En clair, Sarkozy et Zemmour nous prennent pour des crétins finis pour faire tourner leurs petites boutiques respectives. Faire leur petite cuisine sur leur petit feu, comme aurait dit De Gaulle, sans trop se soucier des dégâts de leur manipulation sur le mental, très vulnérable, de leur pays». (8)

Pour Vincent Mongaillard: «Transformer les églises inoccupées en mosquées. La proposition de Dalil Boubekeur divise, mais, à Clermont-Ferrand, elle a été une réalité pendant plus de trente ans. Une expérience unique en France. De 1977 à 2010, une chapelle de la congrégation des soeurs de Saint-Joseph,, a été mise à la disposition des musulmans de la cité auvergnate qui n'avaient pas de lieu de culte. «Ils n'avaient pas de véritable lieu de culte, donc, à la demande de l'évêque, une autorité légitime, nous leur avons prêté gracieusement notre chapelle qui ne servait plus puisqu'il y avait une église paroissiale toute proche. Lors du vote, notre conseil avait accepté à l'unanimité», se souvient soeur Thérèse, 88 ans, dans les ordres depuis près de sept décennies».(9)

«A l'époque, la seule salle de prière se trouvait dans une petite cave fréquentée par quelques chibanis, elle n'était pas du tout adaptée», explique Karim Djermani, secrétaire général de la grande mosquée de Clermont-Ferrand. C'est lorsque celle-ci est sortie de terre en 2010 que les locataires de la petite église ont quitté les lieux avant d'organiser une cérémonie d'adieu un an plus tard, remettant symboliquement les clés de l'édifice aux religieuses. L'aventure a été enrichissante du côté des musulmans comme des catholiques. «Symboliquement, cela a renforcé le dialogue interreligieux. On se croisait souvent avec les soeurs, elles m'appelaient mon cher ami, on se faisait la bise. Plusieurs fois, on a partagé l'iftar (rupture du jeun)», s'enthousiasme Karim Djermani, vice-président du (Crcm) en Auvergne. Pour lui cet exemple unique n'est pas pour autant «la solution» au nombre insuffisant de mosquées dans l'Hexagone. (...) l y a aussi le risque que ce soit perçu par les concitoyens comme une conquête de plus, de manière négative, avec une Eglise catholique qui recule et une Eglise musulmane qui avance», souligne-t-il»(9)



Le patrimoine religieux de l'Algérie après l'invasion et à l'indépendance

Les lieux de culte se suivent selon l'histoire du lieu et il faut bien le dire le rapport de force qui a abouti pour le vainqueur à imposer ses lois et sa religion. Tout au long de l’histoire les lieux de culte ont changé de propriétaires. Souvenons- nous pour les plus connues . La cathédrale Sainte Sophie de Constantinople du Vie siècle qui « changea de main » en devenant une mosquée au XVᵉ siècle sous l'impulsion du sultan Mehmet I. Il en est de même de la mosquée de Cordoue devenue cathédrale après la Reconquista espagnole Dans l’histoire Les maisons des premiers chrétiens, sont parfois édifiées à l'emplacement d'anciens lieux de culte païen. En Algérie Mila (Milev romaine) fut conquise en 1837. L'armée française détruisit une partie de la mosquée. Et convertit la mosquée en caserne. Cette mosquée construite par Abou Mouhadjer Dinar en 59 de l'Hégire vers 680 après J.-C a la particularité d'être édifiée sur les décombres d'une ancienne église construite sous Optat à la fin du troisième siècle. Cette Eglise elle-même a été construite sur les décombres d'un Temple dédié aux dieux notamment Milou.» (10)

Pour la période « récente »A la veille de l'invasion de l'Algérie en 1830 , à Alger il y avait 172 mosquées vingt-cinq ans après il n'en restait plus qu'une douzaine. L’occupant faisant montre d’un rare mépris pour la religion du vaincu , n’eut aucun scrupule à démolir les mosquées d’une façon sadique et joussive. Pourtant le maréchal de Bourmont l’envahisseur mais aussi le traitre à Napoléon lors de la bataille de Waterloo quinze ans plus tôt en 1815, avait une proclamation aux habitants d’Alger : « je prend l’engagement sur l’honneur de ne rient toucher aux lieux de cultes et à la propriété privée »….

De ce fait, Le percement de routes, la construction d'édifices amenèrent la démolition, la conversion de la majorité des mosquées. Trois grandes mosquées furent affectées au culte catholique dont la mosquée Djamaâ Ketchoua rue du Divan, sa transformation fut commencée dès le début de la conquête et dura environ un quart de siècle. Elle devint cathédrale en 1838. La mosquée Ali Betchin qui devint d'abord un entrepôt de la pharmacie centrale de 1830 à 1843, puis fut convertie en Eglise sous le nom de Notre-Dame des Victoires. Ecoutons Devoulx nous parler de la démolition de deux mosquées: «..Ce n'est pas sans un sentiment de honte que j'ajoute nous nous sommes empressés de faire disparaître ces deux charmants et élégants produits de l'architecture algérienne, d'autant plus précieux qu'ils étaient uniques en leur genre.» (11)

De même, la ville de Bougie comptait avant 1830 72 mosquées. Il existait 75 mosquées à Constantine. D'après Auguste Cherbonneau en 1861, les travaux d'alignement de la rue Leblanc ont enlevé une grande partie de la mosquée de Sidi Makhlouf. Pendant plus de dix ans la mosquée a été convertie en écurie pour le service régulier des spahis...» (12)

Cependant, il faut signaler qu'il existait des villages où il n'y avait ni mosquées ni églises ni synagogues. A Sidi Aïssa, les fidèles priaient simplement dans des salles et nous dit le grand historien Mustafa Lacheraf dans son ouvrage: «Des noms et des lieux», l'entente était parfaite» sans le cérémonial des clergés s'agissant d'une relation entre le fidèle et Dieu

Les mosquées en Algérie à l'indépendance

A l’indépendance, le phénomène inverse eut lieu du fait de la diminution du nombre de fidèles chrétiens, les églises furent fermées «Indépendante en 1962 nous dit Dalila Senhadji Khiat, l'Algérie a «hérité» de la période coloniale d'un important parc immobilier constitué de nombreuses églises catholiques, de temples protestants et de synagogues. La conquête de l'Algérie a été vécue par l'Église catholique comme une reconquête d'une terre jadis chrétienne, celle de saint Augustin et des six cents évêques (...) À l'indépendance du pays en 1962, L'État français a laissé plus de quatre cents églises à l'État algérien. De 567 en 1962, leur nombre se réduit à 167. La cathédrale Saint-Philippe d'Alger est l'un des premiers lieux de culte chrétien récupéré à l'indépendance de l'Algérie. Cette ancienne mosquée ottomane dite mosquée de Hassen Pacha, construite avant 1612 sur les restes d'un temple romain et reconstruite en 1795. La grande Cathédrale d'Alger redevient officiellement la mosquée Ketchaoua. (...) La grande synagogue d'Oran a été édifiée en 1880. Elle est considérée comme le plus grand édifice religieux juif de toute l'Afrique du Nord. Elle est convertie en mosquée en 1972 sous le nom de mosquée Abdallah Ben Salem, du nom d'un riche juif médinois converti à l'islam» (13)


Dans l'appel «touche pas à mon église Tout y est, patriotisme, citoyenneté, identité, sensibilité. C'est dans l'absolu un cri du coeur que l'on peut comprendre. J'ai toujours affirmé que le fond rocheux de l'identité française était bercé d'une façon invisible par la religion chrétienne et c'est normal pour la fille aînée de l'Eglise.

Ce qui l'est moins c'est la manipulation. Que Sarkozy - émigré de la deuxième génération - surfe sur tout ce qui peut lui permettre l'accès au pouvoir en flattant la droite extrême il est dans son rôle. Ce qui l'est moins c'est la croisade des sionistes plus royalistes que le roi. L'émigré de la première génération qu'est Alain Finkielkraut et son acolyte Eric Zemmour un paléo berbère émigré de la deuxième génération qui font du zèle et n’arrêtent pas d’avoir dans le collimateur les Arabes, les Noirs, et l’islam d’autant plus que logorrhée est juteuse, et fait vendre

Cependant, le problème des lieux de culte reste posé. Comment résoudre sans passion cette apparente quadrature du cercle. On peut comprendre que la France fille ainée de l’Eglise veuille protéger son fond rocheux chrétien même sous forme culturelle et qu’elle est quoiqu’en dise laîcs entre « français de souche » mais furieusement croisée quand il s’agit de l’islam d’autant que les boutefeux ne manquent pas entre les Houllebecque les Zemmour et autres Finkielkraut elle n’a que l’embarras du choix pour être confortée dans sa haine de l’autre. D’autant que les autres, les humanistes, es tolérants, tels qu’Edgard Morin, Esther Benbessa, et tant d’autres sont rendus inaudibles apr les médias bien tenus en main qui disent aux Français ce qu’il doivent penser

On peut comprendre qu'il faille interdire les financements externes avec l'importation de doctrine qui vont avec. Mais, faut-il le savoir - sauf en Alsace Lorraine -, la République laïque ne construit pas des lieux de culte. Le patrimoine de l'Eglise fort des 40 000 églises, la richesse des dons potentiels n'ont rien à voir avec l'islam des caves, et la pauvreté de ses ouailles. D'autant que certaines églises sont des monuments historiques et à ce titre l'Etat s'en occupe. Que faire? Il fut une époque bénie où l'Islam n'était pas diabolisé. Pour rappel, la mosquée de Paris a été construite en hommage aux tirailleurs algériens qui ont donné leur sang pour la France au chemin des Dames.. .Mais cela est une autre histoire...


1.http://www.causeur.fr/mosquees-eglises-islam-33832.html

2.Daniel Tillinac Appel Touche pas à mon Eglise Valeurs actuelles juillet 2015

3. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/15/01016-20150615ARTFIG00380-mgr-michel-dubost-je-prefere-que-les-eglises-deviennent-des-mosquees-plutot-que-des-restaurants.php


4. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ump/eglises-transformees-en-mosquees-sarkozy-sous-le-feu-des-critiques_1698010.html


5. http://www.challenges.fr/politique/20150708.CHA7722/touche-pas-a-mon-eglise-cette-petition-que-sarkozy-n-aurait-pas-du-signer.htm

6.http://www.valeursactuelles.com/lettre-ouverte-a-mgr-dubost-54109

7.http://oumma.com/Lettre-de-Mouloud-Bauberot-a

8 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1395350-sarkozy-et-zemmour-appellent-a-defendre-les-eglises-ils-nous-prennent-pour-des-cretins.html


9. Vincent Mongaillard 16 Juin 2015 http://www.leparisien.fr/societe/religion-quand-les-soeurs-pretaient-leur-chapelle-aux-musulmans-16-06-2015-4865805.php


10 http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/143779-une-perle-archeologique-meconnue.html


11.A.Devoulx: les édifices religieux de l'ancien Alger: Revue africaine. n°6, p. 375, 1862.


12.A. Cherbonneau. Epitaphe de Sidi Makhlouf. Revue africaine. Vol.3. p194, 1869.


13.Dalila Senhadji Khiat, https://anneemaghreb.revues.org/907 2010

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/220707-la-quadrature-du-cercle.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 14:18


«Il est un fait qu'en certains cas bien déterminés, nous pouvons déployer les antennes de notre âme au - delà des limites corporelles et avoir des pressentiments. Et même davantage: une vision réelle de l'avenir immédiat.»

Goethe

L'histoire de la précognition est aussi vieille que celle de l'humanité parce qu'elle est inséparable de l'énigme que pose l'existence humaine. Dans le monde classique rapporte Leo Talamonti, elle était une véritable institution, un reflet de la religiosité des temps. Quelques prémonitions attribuées à des oracles ont traversé le temps et sont arrivées jusqu'à nous.(1)

Souvenons-nous des «Ides de Mars», des pythies des oracles , et autres devins. Le fait que la précognition compte au nombre des phénomènes «les plus rigoureusement établis» pour reprendre l'expression du Pr Richet, n'empêche pas qu'il soit l'un des moins admissibles sur le plan rationnel. Nous sommes en effet habitués à considérer cet avenir «comme une chose qui n'existe pas encore», alors que la précognition nous suggère avec insistance l'idée que les événements futurs, comme l'écrivit Sir Arthur Eggar «sont là, prêts à nous attendre, tandis que nous allons à l'aveuglette, en dehors de petites lueurs occasionnelles qui nous laissent apparaître quelques fragments de la réalité future». (2)

Selon Thornstein H Weireide, les incursions de l'esprit dans l'avenir sont plus nombreuses chez les populations des régions montagneuses et d'accès plus difficile. Cela ne veut pas dire que la précognition est définitivement fermée aux «adeptes de l'ipad, de l'iphone...et autres tablettes sans oublier l'Internet». Il est des cas, où certaines personnes prédisposées ou simplement «entraînées» peuvent se soustraire au cours illusoire du temps. Ces personnes arrivent alors «à se plonger dans une dimension, où il perd toute réalité et où on a l'impression de pouvoir vivre au même moment dans le passé et dans l'avenir»(3).

Précognition et fait réel immédiat

En fait, la question que nous nous posons est la suivante: par quel phénomène la connaissance d'une situation peut-elle précéder le moment où elle aura lieu effectivement et deviendra de ce fait un fait réel? L'absurde dans la conception cartésienne, voire newtonienne d'un univers à trois dimensions où le «passé n'existe plus» et où «l'avenir n'existe pas encore», l'unique serait dans cette conception: le présent. Qu'est-ce que donc le présent?

Nous allons nous appuyer sur la théorie de la relativité, dans laquelle le présent est subordonné à la position de l'observateur de ce...présent. Que ce présent se place au bord d'un chemin où passe la procession. Pour lui le présent s'identifie au petit groupe de personnes qu'il peut voir à un moment donné. Mais s'il se déplace selon la troisième dimension de l'espace - en montant par exemple en haut d'un bâtiment- c'est la procession toute entière qu'il découvre alors: et il aperçoit en même temps aussi bien la partie, qui pour l'observateur placé en dessous de lui, est déjà passée, que celle, qui pour ce dernier est «encore à venir». Comme pour l'observateur du dixième étage, tout le passé et tout l'avenir existent en même temps.

De la même façon, nous pourrons faire l'analogie avec les phénomènes de rétrocognition (passé, de présent et précognition (avenir). Ceci nous amène à admettre que, par analogie, et dans une dimension supérieure à celle de l'espace (c'est-à-dire dans «le continuum spatio-temporel»), tout le passé et l'avenir existent.

Le libre arbitre et le destin sont ils contradictoires ?

Cela nous amène à revenir sur le problème de la destinée que toutes les religions révélées ont traité. Pour les esprits «rationnels», il ne peut y avoir vision de l'avenir puisqu'il «n'existe pas encore». Comme l'écrit Sir Arthur Eggar: «Les événements futurs, sont là prêts à nous attendre, tandis que nous allons à l'aveuglette, en dehors de petites lueurs occasionnelles qui nous laissent apparaître un fragment de la réalité future.»

Une question particulièrement délicate liée à la précognition concerne les limites de la volonté et du libre arbitre. Le futur existe, mais seulement en ce que chacun de nous concourra librement à son actualisation. L'acceptation du schéma d'existence totale implique une existence une bonne fois pour toutes et les événements sont prédéterminés, nous n'avons donc qu'à les subir. Il n'y a donc pas de libre arbitre. Pour Laplace, cependant, l'avenir est inexistant mais il est prédéterminé par une succession rigoureuse de causes. Pour William James, l'avenir n'est pas figé, il est à l'état de «projet non rigide» avec des variantes possibles qui toutefois n'ont aucune conséquence sur ses développements essentiels.

Les conséquences des actes qui nous sont dictés par notre libre volonté et dont le moi conscient, ne sait encore absolument rien parce qu'il n'est pas encore parvenu «à les vivre», existent déjà encore en des points éloignés du continuum espace-temps. Il est bien connu que les faits pour le moins insolites mis en évidence par le spiritisme ont posé des interrogations aux religieux et hommes de science soucieux de connaître et de décrypter les mystères insondables de la destinée de l'homme. Pour les religions monothéistes, les réponses données faisaient plus appel à la confiance ou la foi aveugle qu'à une réelle prise en charge des inquiétudes légitimes de l'homme. La notion de libre arbitre qui d'une certaine façon contredit la fatalité ou le «mektoub» des Musulmans a été étudiée par des penseurs musulmans tels que Mohamed Ben Sidi Youcef Ben Sidi Amer Essenouci El Hasseni (1427-1490) Parmi les écoles musulmanes les plus avancées concernant la Providence, deux surtout se partagèrent les esprits: «Les Kadriites» appelés aussi «les Mo'tazilites» qui affirment que l'homme est libre; il est maître de son choix, (Moukhiar).Ils citent pour cela, un passage du Coran: «On ne demandera pas compte à Dieu de ses actions; mais lui leur demandera compte des leurs.» (4)

L'autre courant de pensée: les «Djebriites», affirme au contraire, que l'homme n'est pas libre (Madjbir). Dieu seul peut ce qu'il veut. Ils citent deux autres versets du Coran: «Ton seigneur crée ce qui lui plaît et Il agit librement, mais, eux n'ont pas de volonté.» (5)

Aux confins de l'intellectuel et du spirituel, des scientifiques de renom ont pris le risque dès le siècle dernier de mettre en jeu leur réputation de scientifique connu et reconnu pour se jeter avec confiance et vigilance dans cet univers qui non seulement sent le soufre, mais de plus n'obéit pas à la mesure de la rationalité. Des scientifiques comme Crookes (physicien), Richet (physiologue), Rhine et bien d'autres ont défié la science iconoclaste et tenté de mettre de l'ordre dans cet univers de la métapsychique. Des phénomènes qui sortent des lois de la science vulgaire se manifestent de toutes parts et révèlent dans leur cause l'action d'une volonté libre et intelligente. (6)


Les destins de Lincoln et Kennedy: pure coïncidence ou synchronicité

Pour illustrer cette inéluctabilité du destin, une énigme qui est, jusqu'à présent; encore sans explication rationnelle est l'analogie entre les destins tragiques des deux présidents américains : Abraham Lincoln et John Fitzgerald Kennedy. Deux destins, sans libre arbitre mais connectés entre eux par des évènements significatifs.

Dix faits différents à un siècle d'intervalle ont eu lieu selon un même protocole, avec les mêmes dates à un siècle d'intervalle et les mêmes noms de protagonistes de ce drame, dans les mêmes circonstances. Les contributions suivantes à ce sujet, extraites de l'ouvrage de François Rothen La face cachée de la Lune, ainsi que les données de Wikipédia nous permettent d'en saisir toute l'intrigue. Nous avons gardé parmi les multitudes que quelques-unes qui nous semblent indiscutables: les deux anciens présidents des Etats-Unis, Abraham Lincoln et John Kennedy ont eu à «partager» les faits suivants:

- «Ils ont été élus à la présidence à exactement 100 ans d'intervalle (en 1860 et 1960). Auparavant, ils avaient été élus au Congrès à 100 ans de distance (en 1846 et 1946). Ils ont tous les deux perdu un enfant pendant qu'ils étaient à la Maison-Blanche.


-«Tous les deux étaient impliqués dans la défense des droits civils. Lincoln défend l'abolition de l'esclavage et Kennedy défend l'émancipation des Noirs. L'aboutissement de cette lutte: le 13e amendement de la Constitution qui abolit l'esclavage est ratifié le lundi 18 décembre 1865.

-«Aucun des deux présidents n'a vu le résultat de sa lutte de son vivant, survenu dans un même délai après leur décès. Huit mois après la mort de Lincoln, alors que le Civil Rights Act reconnaissant les droits civiques aux noirs est voté en juillet 1964, huit mois après la mort de Kennedy.

- «Ils ont tous les deux été assassinés un vendredi, en présence de leur épouse. Ils sont morts d'une balle dans la tête, tirée par derrière.

- «Robert et Edward sont les prénoms de deux des fils de Lincoln (Robert Todd Lincoln (1843 -1926) et Edward Baker Lincoln (1846-1850)), et de deux des frères de Kennedy (Edward Kennedy et Robert Kennedy)

-«Les deux assassins furent eux-mêmes assassinés avant d'avoir été jugés.

-«Le successeur de Lincoln s'appelait Andrew Johnson et celui de Kennedy Lyndon Johnson. Les deux Johnson étaient nés à 100 ans de distance (en 1808 et 1908). Andrew Johnson est mort 10 ans après Lincoln, et Lyndon Johnson est mort 10 ans après Kennedy.

-«Le secrétaire de Lincoln s'appelait (John) Nicolay. La secrétaire de Kennedy s'appelait Evelyn (Lincoln).

- «Les noms de Lincoln et Kennedy comportent 7 lettres, et les noms et prénoms de leurs assassins comptent 15 lettres (John Wilkes Booth et Lee Harvey Oswald).

-«La voiture dans laquelle Kennedy fut assassiné était une Lincoln. La Lincoln de Kennedy était fabriquée par Ford.

-Stephen Douglas concurrent de Lincoln battu à l'élection présidentielle de 1860, était né en 1813, Richard Nixon concurrent de Kennedy battu à l'élection de 1960 était né en 1913» (7)

Que faut-il en conclure? Est-ce une coïncidence ou existe-t-il une liaison irrationnelle? «Quand on les met en perspective lit-on dans la contribution suivante, on découvre une analogie frappante entre les vies des deux présidents. Mais il ne faut pas d'emblée crier au miracle. (...) les coïncidences sont nombreuses et l'analogie qui en résulte surprenante. Mais une question se pose immédiatement. Faut-il les attribuer au hasard? A contrario, une influence mystérieuse s'est-elle manifestée en semant tant de points de convergence le long des vies des deux malheureux présidents?» (8)

«(...) On peut voir poursuit le commentateur, dans cette suite de coïncidences une preuve de la réincarnation. Mais ce n'est pas la seule explication possible. Peut-être existe-t-il ce qu'on pourrait appeler des «âmes corrélées», c'est-à-dire des liens quantiques entre des êtres régis par une matrice commune à un niveau d'organisation supérieur. Le mot «quantique» est ici particulièrement révélateur. L'auteur attribue un pouvoir magique à un phénomène dont il ignore tout. Pour ceux qui refusent ce clinquant de pacotille, les coïncidences qui jalonnent les vies de Lincoln et de Kennedy ne sont que le fruit du hasard, un mot que Le Petit Robert définit ainsi: Hasard: [...] Cause fictive de ce qui arrive sans raison apparente ou explicable, souvent personnifiée au même titre que le sort, la fortune, etc. «Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité» (Monod)». (8)

La synchronicité : Un immense standard de la partie immergée de l’iceberg

«L'esprit rationnel poursuit l'auteur rejette tout lien autre que fortuit en ce qui concerne la synchronicité, un terme consacré par Carl Gustav Jung, un grand nom de la psychiatrie et de la psychanalyse helvétique, qui en donne un exemple vécu (...). Dans un moment décisif de son traitement, une jeune patiente eut un rêve où elle recevait en cadeau un scarabée doré. Tandis qu'elle me racontait son rêve, j'étais assis le dos tourné à la fenêtre fermée. Soudain, j'entendis derrière moi un bruit, comme si quelque chose frappait légèrement à la fenêtre. Me retournant, je vis qu'un insecte volant à l'extérieur heurtait la vitre. J'ouvris la fenêtre et attrapai l'insecte au vol. Il offrait avec un scarabée d'or l'analogie la plus proche qu'il soit possible de trouver sous nos latitudes (...). (8)

« Dans cet événement mineur, Jung voit un signe difficile à décrypter, certes, mais qui va au-delà du hasard et qui est à même de jeter un pont entre matière et psychisme. Il le classe parmi les exemples de coïncidences entre deux événements qui sont «liés par le sens», mais n'ayant pas de connexion causale. Pour exprimer les choses d'une autre manière: certains phénomènes «sont caractérisés par la coïncidence pleine de sens d'un phénomène physique avec un phénomène psychique sans qu'on puisse imaginer une raison ou un mécanisme de causalité évident.» Le terme important, ici, c'est l'expression «pleine de sens». Ce qui peut surprendre, c'est que, dans son étude de la synchronicité, Jung ait été soutenu par le physicien théoricien Wolfgang Pauli, prix Nobel de physique de 1945. En réalité, il n'y a pas lieu d'être étonné. Rien ne s'oppose à ce que les hommes de science aient des croyances, quelle que soit leur nature.» (8)

«(...) Pour le rationaliste conclut l'auteur, la similitude des destins de Lincoln et de Kennedy ainsi que l'anecdote du scarabée doré s'interprètent comme des coïncidences fortuites. (...) Le rationaliste déjà évoqué en conclut qu'elles peuvent parfaitement relever du seul hasard, compte tenu du fait que la fonction présidentielle de Lincoln et Kennedy les exposait tous deux à certains risques et notamment à celui d'être tués en cours de mandat. (8)

En fait, si on devait simplement expliquer la synchronicité, il nous faut imaginer deux esprits qui, en surface sont différents et n'ont aucune relation apparente, mais qui sont en profondeur reliés comme le seraient des fils téléphoniques individuels - . En surface cet iceberg présente des individualités - à un immense standard dans les profondeurs du psychisme

L'être humain est friand de merveilleux. Il n'est pas toujours sensible à celui qui nous entoure au quotidien, le miracle permanent que constituent l'existence de l'homme et celle de la nature, ce merveilleux que Kant a résumé d'une seule phrase: «Deux choses emplissent l'âme d'une admiration et d'un respect qui croissent à mesure que l'on y pense: le ciel étoilé au-dessus de ma tête et la loi morale dans mon coeur.» En définitive, existe-t-il un moyen de décider si les coïncidences en jeu sont fortuites ou significatives?» (8)


La question reste posée.



1.L. Talamonti.:Universo prohibito. référence citée p. 93

2. A. Eggar dans Universo prohibito. p.91. Editions J'ai Lu. Paris. 1974.

3.Thornstein H Weireide, dans L. Talamonti. Universo Prohibito Editions J'ai Lu. Paris. 1974

4.Coran: Sourate Al Anbia, les Prophètes 21,verset 23.

5. Coran: Sourate El Kissas, Les récits, 28.verset 68

6.Y. Castellan. la parapsychologie. p. 7. Editions Que sais-je?. P.U.F. Paris.1974

7. fr.wikipedia.org/wiki/Coïncidences_entre_Lincoln_et_Kennedy

8. http://science.blog.lemonde.fr/2014/02/12/lincoln-et-kennedy-qui-sinteresse-aux-coincidences/ Extrait du titre de François Rothen La face cachée de la Lune Presses polytechniques et universitaires romandes

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/213217-y-a-t-il-une-place-pour-le-libre-arbitre.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 12:45


«Vivre simplement pour que simplement d'autres puissent vivre...»

Gandhi

Un mal récurrent, fruit de la civilisation du toujours plus est l'obsolescence programmée (OP). L'obsolescence est le nom donné à l'ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie ou d'utilisation d'un produit afin d'en augmenter le taux de remplacement. Face à la prise de conscience du public, certains pays tentent de légiférer pour limiter le recours à l'obsolescence ou au vieillissement programmé. La non-durabilité planifiée est dénoncée de nos jours, notamment par des mouvements écologistes ou en faveur de la décroissance, ainsi que par plusieurs organisations de défense du consommateur. L'obsolescence programmée constitue un effet pervers de la société de consommation. (1)

L'impact écologique direct est beaucoup plus préoccupant. La surconsommation crée un surplus de déchets, indépendamment de l'état de fonctionnement effectif des produits techniques mis au rebut ou de l'état d'usure des objets d'usage. L'exportation en masse de produits d'occasion en fin de vie, mais aussi de déchets, des pays de grande consommation vers des zones géographiques demandeuses de produits même périmés, ou bien où le stockage est négociable à moindre coût, est d'autant plus problématique et expose classiquement les pays receveurs à des nuisances spécifiques sur les sites de décharge de grande envergure. Le problème est aggravé du fait que cette pollution peut menacer les ressources en eau potable de ces zones, certaines régions étant encore alimentées en eau potable par des puits (1).

Pour Brooks Stevens, designer industriel américain, 1954, «c'est inculquer à l'acheteur le désir de posséder quelque chose d'un peu plus récent, un peu meilleur et un peu plus tôt que ce qui est nécessaire». C'est le consommateur sous influence dont parle si bien le philosophe Dany Robert Dufour. Pour The Economist: «L'obsolescence programmée est une stratégie d'entreprise dans laquelle l'obsolescence des produits est programmée depuis leur conception. Cela est fait de telle manière que le consommateur ressent le besoin d'acheter de nouveaux produits et ser-vices que les fabricants proposent pour remplacer les anciens.» (1)

En France, l'Agence pour les économies d'énergie (Ademe), a publié en juillet 2012 une «Étude sur la durée de vie des équipements électriques et électroniques», dans laquelle elle précise la notion d'obsolescence programmée. L'obsolescence par incompatibilité est principalement observée dans le secteur de l'informatique, cette technique vise à rendre un produit inutile par le fait qu'il n'est plus compatible avec les versions ultérieures. On retrouve encore une fois ce type d'obsolescence dans les imprimantes, dans lesquelles les cartouches qui ne sont pas ou plus produites par le fabricant ne peuvent être remplacées efficacement. (1)

Obsolescence. Qui est le vrai coupable?

Damien Ravié tente de situer les responsabilités: «Depuis 2011 écrit-il, et la sortie du documentaire Prêt à jeter, l'obsolescence programmée sur Arte, on a vu se former un front de protestation contre ces pratiques non seulement coûteuses pour nos porte-monnaies. Tout le monde sait que les téléphones fixes duraient beaucoup plus longtemps que les téléphones mobiles (...) Damien Ravie fait le procès du fabricant en premier lieu et du consommateur bien sûr! «Le consommateur (surtout occidental) est un enfant gâté. Qui veut tout, tout de suite, et moins cher. Il veut tout, question de confort trois télés, deux tablettes, deux ordinateurs, deux voitures, et tant pis s'il ne les utilise pas, il a juste besoin de posséder... il veut tout de suite: Il veut moins cher (...) Enfin, on n'arrête pas de lui répéter qu'il faut consommer, alors il obéit. A qui? Qui commande sournoisement les comportements des citoyens pour les transformer en vulgaires consommateurs? Vous avez deviné, c'est «la publicité», servie en abondance par «les médias» qui en vivent: on nous promet une vie plus belle, une santé de fer, un couple heureux, des enfants sages, des amis vraiment sympas, une vie tellement plus remplie. Difficile de résister. (...) Et si la responsabilité était partagée?» (2)



L'obsolescence programmée des produits désormais sanctionnée en France

Il va être désormais possible en France écrit Laetitia Van Eeckhout, de saisir la justice sur certaines pratiques industrielles visant à réduire la durée de vie ou d'utilisation d'un produit afin d'en augmenter le taux de remplacement. Dans le cadre du projet de loi sur la transition énergétique, adopté par l'Assemblée nationale mardi 14 octobre, les députés ont décidé que l'obsolescence programmée pourra être punie comme une tromperie. «Une fois cette définition introduite dans le code de la consommation, explique Nadia Boeglin de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), cette pratique, devenant un délit, pourra désormais être sanctionnée au même titre que les autres types de tromperies.» Elle pourra alors entraîner jusqu'à deux ans de prison et 300.000 euros d'amende. (...) La loi oblige désormais le fabricant ou l'importateur de produits à informer le vendeur de la période pendant laquelle, ou de la date jusqu'à laquelle les pièces détachées indispensables à l'utilisation des produits sont disponibles sur le marché. Et elle a porté de un à deux ans le délai de garantie légale (3).

Il reste que nous ne sommes qu’au début , l’application n’a pas eu lieu soit par inapplicabilité soit par retour à une position vertueuse des fabricants …



Réparation citoyenne: la parade à l'obsolescence programmée

Comment lutter contre l'obsolescence programmée? Deux pistes écrit Damien Ravié ont, peut-être, la capacité de changer les choses à une échelle suffisante: ce sont les solutions qui privilégient l'usage des biens plutôt que leur possession. D'un côté on a l'économie de fonctionnalité, où une entreprise ou une collectivité propose des services (le transport, par ex.) au lieu d'un bien (une automobile). Le consommateur devient usager: il ne s'attache pas à l'objet (qui est interchangeable). En second lieu, la consommation collaborative constitue un secteur prometteur et en pleine expansion, comme en témoigne le succès d'Uber (services de taxi/covoiturage). D'autres start-up visent à partager/louer toutes sortes de biens: outillage, appareils à fondue, machine à laver, et même son chez soi. Dans ce modèle, on divise les consommateurs en deux espèces: les propriétaires qui mutualisent leur bien et en retirent des bénéfices, et les utilisateurs qui ne possèdent pas de bien, mais qui s'en fichent du moment qu'ils peuvent en profiter. Un état d'esprit qui pourrait bien s'imposer en douceur, chez les jeunes générations. Le bien cesse d'être un objet de fierté qu'on affiche, ou qu'on garde jalousement à l'abri; il redevient... un simple objet, dont on cherchera à maximiser l'utilité. (2)

Une start-up de covoiturage mondiale serait en capacité de créer un label «consommation collaborative» pour certains véhicules adaptés, mais aussi pour les machines à laver «à partager». Des produits qui seraient plus durables donc meilleurs pour l'environnement et moins coûteux pour le propriétaire. De nombreuses alternatives émergent pour répondre et réagir à l'obsolescence programmée. Des plateformes d'échanges entre utilisateurs s'organisent autour de la réparation à l'instar du site américain iFixit. En parallèle, de nouveaux modèles économiques fondés sur l'écoconception se développent et les labels environnementaux commencent à prendre en compte la durée de vie du produit pour informer le consommateur. Lorène Lavocat propose de faire appel à l'expertise citoyenne! Damien Ravié a créé Commentreparer.com, un site web participatif pour apprendre à restaurer, dépanner, ou raccommoder nos objets. Lancé en 2011, le site Commentreparer.com marche comme un forum. Chaque mois, près de 300.000 personnes visitent le site. «Les entreprises ne sont pas seules responsables de l'obsolescence rapide des produits.» Il souligne que les consommateurs acceptent... et même encouragent «la stratégie commerciale de course aux prix les plus bas». Autrement dit, en plébiscitant des objets moins chers, en guettant les nouveautés, nous favorisons l'essor de produits peu durables. (4)



La civilisation du toujours plus: est-il trop tard pour sauver la planète?

Le bonheur est désormais assimilé à consommation. Jamais au cours de l'histoire il n'a été produit autant de richesses, mais 80% des ressources de la planète sont consommées par seulement 20% de la population. Les spécialistes du marketing s'efforcent de nous vendre de plus en plus d'objets inutiles, pour faire croire aux consommateurs que l'accumulation matérielle est une fin en soi. Pourtant, il existe une possibilité de s'en sortir en tant qu'humain en allant vers le développement durable, en partageant, en allant vers la sobriété énergétique et la frugalité, en respectant les rythmes de la nature. Misons sur un avenir apaisé, misons sur le développement durable. Il ne faudrait plus «maximiser» la croissance, mais le bien-être et le bonheur. Avec raison en 1997 et dans un autre cadre plus large qui est celui de la dicature du marché, , Pierre Bourdieu, avec sa lucidité coutumière, se posait la question «des coûts sociaux de la violence économique et avait tenté de jeter les bases d'une économie du bonheur.» (5)



Posséder ou partager: la seconde vie des choses

Faut-il continuer à amasser de l'éphémère coûteux et générateur de déchets? Martin Denoun et Geoffroy Valadon en parlent: «Dans le nouveau monde qui se dessine caractérisé par une pénurie inexorable d'énergie, des changements climatiques de plus en plus récurrents et catastrophiques, faut-il continuer au nom de la boulimie du consommer éphémère, voire inutile? La solution ne passe-t-elle pas par le partage et surtout l'impérieuse nécessité de donner du temps aux choses. Et si l'usage ne correspondait pas nécessairement à la propriété? (...) Nous avons dans nos foyers de nombreux biens que nous n'utilisons pas: la perceuse qui dort dans un placard et ne servira en moyenne que treize minutes dans sa vie, les DVD visionnés une ou deux fois qui s'entassent, l'appareil photo qui attrape la poussière plus que la lumière, mais aussi la voiture que nous utilisons en solitaire moins d'une heure par jour ou l'appartement vide tout l'été. La liste est longue. Et elle représente une somme impressionnante d'argent comme de déchets futurs.» Telle est, en substance, l'approche des théoriciens de la consommation collaborative. Car, assène avec un grand sourire Rachel Botsman, l'une de leur chef de file: «Vous avez besoin du trou, pas de la perceuse; d'une projection, pas d'un DVD; de déplacement, pas d'une voiture!». (6)

Comment mieux utiliser et partager ce qui existe plutôt que posséder davantage. Dans le même ordre du partage: «Est-il indispensable de posséder une voiture que l'on utilise 2 à 5% du temps plutôt que de louer son usage où et quand on en a besoin? Est-il judicieux de se déplacer «en solo» quand on peut covoiturer? L'Ademe (Agence française pour les économies d'énergie) donne des pistes de «sobriété». Nous lisons: «Comment le consommateur peut-il réduire significativement la quantité de déchets qu'il produit et participer ainsi à la mise en place d'une économie circulaire? Les Français semblent en 2010 98% à avoir déjà donné une seconde vie à un objet quelconque. Ainsi, le réemploi n'est plus exclusivement associé à des situations de grande pauvreté et se pare d'une image positive, celle du consommateur «malin». En 2012, près de la totalité des Français (98%) déclarent avoir déjà pratiqué le réemploi et l'on estime à 1 250 millions d'euros par an le chiffre d'affaires lié au réemploi et à la réutilisation. L'impact sur l'environnement s'en fait d'ailleurs sentir: on estime qu'en 2011,825.000 tonnes de déchets ont été évitées grâce au réemploi et à la réutilisation, participant ainsi au développement de l'économie circulaire. (6)



Et en Algérie?

Un constat: les Algériens ont perdu le sens de l'économie, la disponibilité excessive de tout, stérilise toute recherche tendant à éviter le gaspillage; l'Algérien de 2015 pense que tout lui est dû. Nous avons perdu le sens de l'économie et de la durabilité des choses. Nous avons 35 millions de portables dont la durée de vie est de trois ans en moyenne. Cela veut dire qu'il a un moyen de recycler 3 millions de portables/an.

Nos greniers périclitent d'équipements inutilisés qui peuvent avoir une seconde vie si cette philosophie du partage que nous nous vantons d'avoir de par notre culture et notre religion existait réellement. Justement, nous ambitionnons de mettre en place une transition énergétique vers le développement durable. Nous ne savons pas ce que sont les économies du fait d'une consommation débridée où les utilités sont gratuites et il est dangereux de continuer à dire que la vérité des prix n'est pas à l'ordre du jour. Il nous faut compter le moindre centime et rompre avec le gaspillage.

Nous «produisons», 12 millions de tonnes de décharges. Les décharges sont des trésors si on sait y faire! Ce sont des milliers de tonnes de produits recyclables à l’infini qui peuvent être extraits notamment le verre, les métaux , les plastiques et même le papier. Sans compter la possibilité de mettre en place des installations de biogaz

Il en est de même de la récupération de l'eau de pluie. Nos aînés récupéraient l'eau de pluie au nom de l'autosuffisance Il existe des dispositifs où chacun peut recueillir jusqu’à 25 %de l’eau qu’il consomme dans l’année

S’agissant e l’optimisation de la ressource est-il nécessaire aussi de construire de nouveaux bâtiments et équipements publics quand ceux existants sont sous-utilisés? Dans ce cadre le système éducatif algérien dans son ensemble possède un parc de bâtiments le plus important du pays sous-utilisé avec un entretien coûteux pour une faible rentabilité A taille égale une université occidentale reçoit deux fois plus d'étudiants que nos universités, elle est opérationnelle deux fois plus de temps dans la journée. Ce qui est demandé à l'école ou à l'université c'est d'améliorer constamment le niveau.

Conclusion

Jamais au cours de l'histoire il n'a été produit autant de richesses, mais 80% des ressources de la planète sont consommées par seulement 20% de la population. Les spécialistes du marketing s'efforcent de nous vendre de plus en plus d'objets inutiles, pour faire croire aux consommateurs que l'accumulation matérielle est une fin en soi. Une société qui consomme toujours plus ne peut respecter l'environnement et épuise tôt ou tard les ressources essentielles à la vie. Il ne s'agit pas de se priver ou de vivre dans la frustration. Vivre simplement, c'est de ne pas succomber aux tentations inutiles et de résister au diktat des marques. C'est vivre mieux avec moins, c'est être responsable. (...) Nous possédons de plus en plus de biens matériels, sommes-nous de plus en plus heureux? (7)

L'alternative est dans la sobriété, ne pas s'éblouir de la nouveauté, ne pas faire dans le mimétisme de l'Occident; rouler en 4x4, un portable vissé à l'oreille, ce n'est pas cela le développement. L'éco-citoyenneté est un combat qui commence à l'école et se poursuit par la suite dans la vie de tous les jours de chacun d'entre nous. C'est à ce titre que les générations futures trouveront une Algérie prospère qui réhabilite le travail en le mettant à l'honneur.



1.L'obsolescence programmée: Encyclopédie libre Wikipédia

2. http://www.commentreparer.com/pages/voir/id/72/Obsoleseence-le-vrai-coupable

3. Laetitia Va Eeckhout http://www lemonde.fr/planete/article/2014/10/151-obsolescence-programmee-des-produits-desormaissanctionee_4506580_3244.html#Fjaypogyhm 6R6AMi.99

4. Lorène Lavocat http://www. reporterre.net/Reparation-citoyenne-la-parade-a-127 012015

5.Chems Eddine Chitour http:// www.legrandsoir.info/La-civilisation-du-toujours-plus-Est-il-trop-tard-pour-sauver-la-planete-html


6. Chems Eddine Chitour http://www.mondialisation.ca/posseder-ou-partager-le-lien-a-la-place-du-bien/5354629

Article de référence :http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/210130-symbole-d-une-societe-du-gaspillage.html

Pr. Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 20:09


« Même la bête la plus féroce connait des moments de pitié, Je ne suis pas une bête je n’ai pas de pitié »

Shakespeare (Richard III (Acte I, Scène II)),

Les derniers «événements de Ghaza, dans toute leur horreur, nous confortent que la bestialité est à l'état latent chez l'homme et que de plus, le vernis d'humanisme vole en éclats à chaque crise grave. L'Occident donneur de leçons d'humanisme, de droits de l'homme a montré qu'il n'en était rien. Que l'homme a été, est et restera sauvage. Dans le futur on parle de plus en plus de singularité, de symbiose homme-robot et qu'à terme, nous ne saurons pas dans l'homme réparé quelle est sa part réelle et sa part artificielle. Espérons maintenant que l'on n'apprendra pas aux robots à être aussi sanguinaires que les humains qui dépassent certaines fois en cruauté les animaux

Qu'est-ce que l'humain?

Notre tradition culturelle posait une barrière quasiment étanche entre l'animal et l'humain. Nous savons aujourd'hui que nous partageons avec nos cousins les plus récents l'immense majorité de notre matériel génétique. Alors qu'est-ce qui spécifie l'humain? Katherine Pollard, biostatisticienne à l'université de Califormie, à San Francisco, écrit à ce propos: «La comparaison du génome des hommes à celui des chimpanzés a révélé des séquences d'ADN spécifiques de l'homme (...) Nous avons découvert que l'homme et le chimpanzé ont 99% de leur ADN en commun. En d'autres termes, sur les trois milliards de lettres qui composent le génome humain, seulement 15 millions (moins de 1%) ont changé au cours des six millions d'années environ qui se sont écoulées depuis que l'homme et le chimpanzé ont divergé.» (1).

L'humanité est un combat, il n'est pas donné une bonne fois pour toute. Pour le philosophe Richard Gildas «l'homme n'est pas immédiatement humain, mais il a le devenir (...) Mais qu'il s'agisse de devenir pleinement humain, ou de le redevenir, le sens de la tâche assignée à l'homme demeurait essentiellement le même: contrairement à l'animal, dont la réalité présente correspond une fois pour toutes à ce qu'il doit être, l'homme ne possède pas son humanité comme un donné fixe et définitif, mais comme une possibilité qu'il lui appartient de réaliser ou non ». (2)

« Autrement dit, il nous faut constater que l'idée classique énoncée ci-dessus, selon laquelle l'humanité de l'homme est le résultat d'un devenir, tend de plus en plus à se confondre avec l'affirmation qu'il peut y avoir passage progressif du non-humain à l'humain, de l'animalité à l'humanité (...)Entre l'être qui est incapable de pensée et de langage (l'animal), et celui qui en est capable (l'homme), la différence n'est pas simplement de degré mais d'essence, ce qui interdit tout «passage» de l'un à l'autre. Par contre, entre l'être qui ne pense ni ne parle encore, (le bébé) ou qui ne pense ni ne parle plus, (le vieillard) mais qui a en lui la capacité, et l'être qui pense et parle effectivement, la différence n'est pas d'essence, mais seulement de degré.» (2)

L'épopée de l'homme depuis son avènement

Pour pouvoir nous rendre compte de la révolution immense qui a lieu à bas bruit tant il est vrai qu'elle problématise la condition humaine, nous donnons la parole à Jean-Philippe Bocquenet qui nous raconte la saga de l'homme préhistorique à travers la fabrication des outils et montre à quel moment il y eut la fameuse bifurcation homme-singe. Il écrit: «Si on attribue à l'homme des capacités et des aptitudes spécifiques qui le différencient du règne animal tel que le langage, et le développement cérébral, il ne faut pas oublier ses capacités à fabriquer des outils. Les plus anciens outils retrouvés ont été fabriqués en Afrique il y a environ 2.7 millions d'années, au Paléolithique archaïque. (...) De l'usage d'outils primaires, utilisés aussi dans le règne animal, tel chez les chimpanzés, ils vont passer à l'emploi d'un outil pour en fabriquer un autre. Ce sont des outils dit secondaires. Viendront ensuite les outils composites constitués de plusieurs éléments ne formant qu'un seul outil, tel que les arcs, les haches et les sagaies. Après avoir façonné les matériaux trouvés dans son environnement immédiat, l'Homme va accomplir un saut technologique décisif en transformant la matière elle-même, avec l'invention du cuivre, puis du bronze et du fer.» (3)

«Aux environs de 12.000 B.C. poursuit l'auteur, l'édification des premiers édifices religieux à Göbekli Tepe en Turquie, va entraîner un développement de la population qui va se regrouper en communautés sédentaires, possédant des terres et des troupeaux. Cette richesse amassée va attiser les convoitises. Des conflits vont naître de la volonté de s'approprier les possessions d'autrui. Dans la recherche de la domination de l'autre, l'Homme va faire preuve d'une grande intelligence pour inventer les premières armes. (...) Il a fallu des centaines de milliers d'années pour passer du paléolithique au néolithique, quelques dizaines de siècles pour passer de ce dernier à la société industrielle, et quelques décennies pour atteindre le stade de la société de l'information.» (3)

«Dans cette course à l'amélioration de ses outils et de ses machines, en ce début de XXIe siècle, l'humanité est au commencement de la plus grande transformation de son histoire. Nous entrons dans une nouvelle ère où la définition même de l'être humain va fortement évoluer et s'enrichir. Après avoir travaillé avec des outils qui permettaient de modifier l'environnement, l'homme s'attache désormais à fabriquer des outils pour s'améliorer lui-même. (...) C'est tout l'enjeu de notre confrontation avec les machines. Notre espèce va se libérer des bases de sa génétique et réaliser des prouesses inimaginables en termes d'intelligence, de progrès matériel et de longévité. Dans cette union de l'homme et de la machine, le savoir et les compétences implantés dans nos cerveaux se combineront aux capacités infinies de nos créations technologiques. L'homme va céder sa place, dans un futur proche, à des créatures de son invention, mi-machine, mi-homme, voire mi-animal. Au croisement des bio- et nanotechnologies, de l'intelligence artificielle et de la robotique, la science-fiction d'hier devient chaque jour réalité. Une réalité tendant vers la transcendance, à savoir une élévation à une nature radicalement supérieure. Cette volonté de puissance à déjà été décrite par Nietzsche. Pour Charles Darwin, «il devint très probable que l'humanité telle que nous la connaissons n'en soit pas au stade final de son évolution, mais plutôt à une phase de commencement.» (3)

Nous arrivons à la frontière: le manifeste du transhumanisme

« Le transhumanisme poursuit l'auteur est une approche interdisciplinaire dont l'objectif est de surmonter les limites biologiques humaines par le progrès technologique. (...) La maladie, la vieillesse et la mort ne sont plus une fatalité. Les technologies peuvent nous aider à endiguer ou à retarder ces «maux», à rester en bonne santé, tout en nous permettant d'augmenter nos capacités physiques, intellectuelles et émotionnelles. Ces principes sont précisés dans le manifeste transhumaniste qui énonce que: l'avenir de l'humanité va être radicalement transformé par la technologie. Il est envisagé la possibilité que l'être humain subisse des modifications comme son rajeunissement, l'accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, et l'abolition de la souffrance. Ceux qui le désirent ont le droit moral de se servir de la technologie pour accroître leurs capacités physiques, mentales ou reproductives, donc la maîtrise de leur propre vie. Les êtres humains doivent pouvoir s'épanouir en transcendant leurs limites biologiques actuelles.(3) «

Les thématiques transhumanistes sont assez nombreuses et touchent des domaines variés: c'est ce que l'on appelle la convergence Nbic pour Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatique et sciences Cognitives. (...) Si le corps humain a toujours été en transformation, son amélioration s'est considérablement accélérée ces dernières années. (...) Face au défi médical de la mortalité cardiovasculaire, les prothèses de l'appareil circulatoire ont connu un développement constant depuis deux décennies: valves cardiaques, greffes du coeur, assistance ventriculaire, stimulateurs du rythme cardiaque, stents et prothèses vasculaires constituent des avancées biomédicales notables Dans les années 1970, une chirurgie reconstructrice des vaisseaux se développe. Quand une artère est lésée, on peut la remplacer par une autre, (...)»(3)

«Parallèlement, certains appareils électroniques peuvent jouer un rôle de prothèse, alors qu'ils n'ont pas été conçus pour cela. Ainsi, la cyborg-anthropologue Amber Case considère que l'une des prothèses hors-corps les plus importantes de ces 10 dernières années est le smartphone. (...) De leur côté, les montres connectées permettent déjà de lui envoyer des informations concernant l'état de notre santé. (...) Mêlant encore plus intimement la «chair et le métal», certains chercheurs ont commencé à incorporer ce genre d'appareillage électronique directement dans le cerveau (...) Ainsi, de nouveaux implants devraient être disponibles avant 2020 pour augmenter les capacités de stockage de l'information du cerveau (...) Les progrès sont tout aussi fulgurants en ce qui concerne les prothèses hors du corps. D'autant que la démocratisation des imprimantes 3D permet maintenant à tout un chacun de se fabriquer à moindre coût le membre qui viendrait à lui manquer.»(3)

«La recherche s'est emparée aussi des cellules souches qui promettent de recréer toutes sortes d'organes. Celles-ci, dites totipotentes, constituent les éléments précurseurs de toutes les cellules de l'organisme humain lorsqu'il est au stade embryonnaire. (...) L'espoir mis dans les cellules souches tient au fait que celles-ci possèdent la capacité de se reproduire et de réparer, ou de remplacer, d'autres tissus de l'organisme humain, du moins potentiellement. (...) Mais il y a aussi le dossier de la reproduction. «Il y a déjà 5 millions de Terriens issus d'une FIV dans le monde. (...) L'utérus artificiel serait aussi la porte ouverte de manière irréversible vers la création de corps définitivement post-humains. Toutes ces avancées biologiques promettent d'aller encore plus loin avec la possibilité de modifier le génome. Le premier génome humain a été séquencé en avril 2003 après des années d'efforts, et pour 2,7 milliards de $; dix ans plus tard, la même opération peut être conduite en quelques heures, et pour un coût inférieur à 1000 $» (3)


La singularité technologique: utopie ou réalité de demain?

La singularité technologique suppose que la technologie améliore la capacité d'élaborer une technologie plus avancée qui à son tour améliore etc. Le progrès doit suivre une loi exponentielle faisant que d'ici quelques dizaines d'années la nanotechnologie et les puissances de calculs seront telles qu'il sera possible de contrôler au niveau cellulaire la totalité d'un corps humain et de construire des ordinateurs conscients qui, à leur tour concevront des ordinateurs encore plus intelligents qui etc. La maladie, la vieillesse et la mort ne sont plus une fatalité. Les technologies peuvent nous aider à endiguer ou retarder ces «maux», de rester en bonne santé tout en augmentant nos capacités intellectuelles, physiques et émotionnelles. L'avenir de l'humanité va être radicalement transformé par la technologie. Nous envisageons la possibilité que l'être humain puisse subir des modifications telles que son rajeunissement, l'accroissement de son intelligence par des moyens biologiques ou artificiels, la capacité de moduler son propre état psychologique, l'abolition de la souffrance et l'exploration de l'univers ». (4)

Les androïdes, nos futurs compagnons

L'avenir sera de plus en plus robotisé et les robots feront partie de notre quotidien. Le combat homme-robot n'est pas loin Les robots aussi vont devenir plus intelligents, dit Hiroshi Ishiguro, un des grands spécialistes nippons de la robotique. Si nous avons assez de connaissances sur les hommes, alors nous pourrons créer plus de robots d'aspect humain»,. Et demain, des scientifiques nippons en sont persuadés, il y aura des humanoïdes serveurs dans des cafés, des androïdes de ménage ou hôtesses d'accueil. Mais, aux confins de la science et de la fiction, où s'arrêtent l'illusion et l'exploit technique, où commence l'anthropomorphisme? Mieux encore, le savant fait cette inquiétante prophétie: «Une fois que nous serons devenus amis, alors la frontière entre l'homme et le robot disparaîtra». Et c'est là que les problèmes moraux et/ou éthiques vont s'imposer à l'humain. «On hésitera à les débrancher», dit Ishiguro qui pousse la réflexion encore plus loin: «Imaginez que vous perdiez votre fille dans un accident de la route et que je créé un androïde à son image. Vous allez probablement l'aimer et l'accepter comme un être humain», prédit-il.» (5)


Que devient l'éthique et l'humanité telle que nous la connaissons?

Mais pourquoi cette course effrénée conclut l'auteur avec pour seul but de nous maintenir en vie et en bonne santé? «Cependant, tout cela reste insuffisant pour certains qui envisagent de se passer totalement du corps, cet organisme biologique trop fragile. (...) Si cette perspective fait rêver ceux qui souhaitent s'affranchir de notre condition humaine imparfaite, limitée et mortelle, elle en inquiète d'autres... Peut-on concevoir une humanité élargie incluant les animaux et les machines? Quelle place restera-il à cet humain, ni animal ni machine, revendiquant sa complexité et son intériorité comme attribut de sa liberté? (...) Plus largement, quelles incidences sur la société cela pourrait-il avoir de vivre jusqu'à 500 ans, voire davantage? Et quelles conséquences pour la planète?

Autant de questions qui dérangent. Dans ce cadre, le jeudi 30 mars 2006 s'est tenu à l'Unesco un colloque ayant pour thème «L'espèce humaine peut-elle se domestiquer elle-même?». Le directeur général de l'Unesco, M.Matsuura, a posé la problématique de la condition humaine en termes d'enjeu scientifique, et d'enjeu éthique: «Pour la première fois de son histoire, l'humanité va donc devoir prendre des décisions politiques, de nature normative et législative, au sujet de notre espèce et de son avenir. Elle ne pourra le faire sans élaborer les principes d'une éthique qui doit devenir l'affaire de tous. Car les sciences et les techniques ne sont pas par elles-mêmes porteuses de solutions aux questions qu'elles suscitent.

Face aux dérives éventuelles d'une pseudoscience, nous devons réaffirmer le principe de dignité humaine. Il nous permet de poser l'exigence de non-instrumentalisation de l'être humain.» Sans garde-fous éthiques, voire religieux, nul doute que les apprentis sorciers risquent de précipiter l'humanité à sa perte (6).

Où s’arrête l’humain ? Où commence le cyborg ? La question reste posée car en absence d’une éthique et d’une définition claire de ce que c’est que l’humain, en absence d’une éthique de la vie à la fois philosophique et /ou religieuse le mythe prométhéen. ne peut être contenu sans justement une éthique à toute épreuve. Il pourrait amener l’humanité à une dérive de tous les dangers.


1.Katherine Pollard: Qu'est-ce qui nous rend humains? Pour la Science N°382 - août 2009

2.Richard Gildas http://philo.pourtous. free.fr /Articles/Gildas/non_humain.htm

3. Jean Philippe Bocquenet 18/05/2014 http://post.sapiens.free.fr/?p=9462

4.Jean Philippe Bocquenet 27/12/2011 http://post.sapiens.free.fr/?p=175

5.http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20140717.OBS4051/a-l-avenir-tout-le-monde-au-japon-aura-un-androide.html?cm_mmc=EMV-_-NO-_-20140720_ NLNOACTU17H-_-a-l-avenir-tout-le-monde-au-japon-aura-un-androide#xtor=EPR-3-[Actu17h]-20140720

6.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/160668-la-destinee-humaine-a-l-epreuve-des-apprentis-sorciers.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 15:37

«Les nanotechnologies sont un nouvel avatar de la course aux armements. Les nano-armes seront à la bombe atomique ce que celle-ci était à la fronde»

Jean-Pierre Dupuy, philosophe

Une nouvelle révolution est en train de voir le jour dans les pays industrialisés, celle des nanotechnologies. Les enjeux sont immenses, mais l'éthique est absente. Des matériaux aux gadgets technologiques en passant par notre alimentation, les nanotechnologies, envahissent notre vie quotidienne. Une révolution qui soulève des questions sur leur sûreté... Dans le cadre du projet Nanopinion auquel ont participé plusieurs journaux, projet financé par la Commission européenne, des opinions ont été exprimées par différents spécialistes. Déjà dans l'Antiquité... Les ouvriers de l'époque savaient fabriquer des composites contenant des nanoparticules. Et aujourd'hui les chercheurs s'inspirent de ces techniques ancestrales. Avec ces technologies, on pourra bientôt fabriquer de la nourriture moléculaire ou éviter le gaspillage. Mais la question de la dangerosité reste en suspens. La nanotechnologie en chiffres: les domaines sont connus Biotechnologie, Matériaux et électroniques se partagent l'essentiel des applications à titre d'exemple dans le marché de l'emballage alimentaire les nanotechnologies représentaient 25% avec 77 milliards d'euros en 2008; les principales inventions sont détenues par les entreprises avec 61%, 20% pour les universités et à peine 13% pour les Etats d'après le Guardian.» (1)


Les nanotechnologies envahissent notre vie quotidienne.


Les nanotechnologies dans la médecine: Des cellules souches prélevées sur le patient sont placées sur une matrice-un nano-échafaudage - en forme de rein. Au sein d'un bioréacteur rempli de substances nutritives. Les cellules se multiplient en prenant appui sur la matrice et se différencient - les unes en vaisseaux sanguins, les autres constituant un complexe appareil de filtration rénal. La matrice biodégradable disparaît au fur et à mesure. En 2013, une équipe de Massachusetts Général Hôspital de Boston a ainsi mis au point le premier rein fonctionnel au monde et l'a testé avec succès sur des rats.. Par ailleurs, une équipe du MIT est parvenue à doper la photosynthèse en introduisant une nanomachine à l'intérieur de cellules végétales, explique New Scientist. Dossier spécial nanotechnologies. Les nanotechnologies pénètrent désormais à l'intérieur même des cellules et de leurs organites. Propulsés, guidés avec précision, ces robots moléculaires vont accroître les capacités des végétaux, détruire les cellules malignes de l'intérieur, nettoyer les vaisseaux obstrués... Et à plus long terme, avec le développement de matériaux biocompatibles comme le graphène, nous verrons sans doute apparaître les premiers organismes hybrides dans lesquels des nano-circuits serviront d'interfaces entre l'homme et les machines.(2)


Les nanotechnologies dans l'économie

En 2004, d'après l'ouvrage de R. Moret du Cnrs, le chiffre d'affaires des nanotechnologies était de 13 milliards de dollars, en 2009, il était de 292 milliards de dollars, en 2014 il est de 2600 milliards de dollars, une multiplication par 200 en 10 ans. Les principaux pays développant les technologies sont en 2009 d'après l'Ocde, les Etats-Unis avec 875 entreprises, le Canada avec 651, le Royaume-Uni avec 95 entreprises, l'Allemagne avec 110 entreprises et la Chine avec 30 entreprises. Nul doute que la situation a totalement évolué, le nombre d'entreprises se comptant par milliers dans les pays industrialisés mais aussi dans les pays émergents. Les PVD ne se sentent pas concernés par ces métiers du futur pour le meilleur et peut-être aussi pour le pire.(3)


Les possibilités apparemment illimitées

«Avec ces technologies, lit-on dans une contribution de David Gressey, on pourra bientôt fabriquer de la nourriture moléculaire ou éviter le gaspillage. Mais la question de la dangerosité reste en suspens. Imaginez, écrit-il, un grain de riz. Réduisez-le mille fois et il aura la taille d'une cellule de la peau. Réduisez-le encore mille fois et vous aurez une idée des dimensions de la matière à l'échelle nanométrique, c'est-à-dire à l'échelle du milliardième de mètre. Au cours des trente dernières années, les scientifiques ont développé une multitude de techniques permettant de concevoir et de construire des structures à l'échelle nanométrique. Ils appliquent maintenant ces techniques à la transformation des aliments.» (4)


A l'avenir, les nanoparticules pourraient être utilisées pour introduire des vitamines dans notre régime quotidien, aider à acheminer des médicaments là où ils sont nécessaires dans le corps ou contribuer à réduire le gaspillage alimentaire. ´´Les possibilités semblent infinies´´, assure Jeffrey Card, expert en toxicologie chez Intertek, une multinationale de conseil très active dans le domaine des nanotechnologies. ´´On pourrait fabriquer des filtres pour éliminer les bactéries du lait et d'autres boissons sans avoir à les faire bouillir, par exemple. Certains groupes se lancent même dans la fabrication de nourriture moléculaire.´´ Cela implique de créer des aliments à partir des composants atomiques de base - carbone, hydrogène, oxygène, etc. - sans utiliser de terre, de semences ou d'animaux». (4)


Les impacts sur la santé humaine

Il y a cependant le revers de la médaille. «Les ´´nanoaliments´´, poursuit l'auteur, peuvent sembler relever de la science-fiction, mais en réalité ils sont déjà dans nos assiettes. Les procédés naturels employés pour fabriquer du fromage produisent en effet des particules nanométriques. Mais les consommateurs sont plus préoccupés par les nanoparticules artificielles qui pourraient être ajoutées dans leurs aliments. ´´Le problème, c'est que les caractéristiques qui rendent les nanomatériaux si intéressants pour les chercheurs et l'industrie, notamment dans le secteur de la transformation alimentaire, sont aussi celles qui pourraient les rendre dommageables à la santé humaine´´, souligne Kathy Jo Wetter, qui travaille pour une organisation militante qui s'intéresse à l'impact des technologies sur la santé et l'environnement». (...) Clara Silvestre, spécialiste des matériaux à l'Institut de chimie et de technologie des polymères de Naples, estime que ce genre de nanotechnologie pourrait jouer un rôle, clé dans l'amélioration de la durabilité. On estime en effet qu'environ 30 à 40% des aliments sont actuellement gaspillés.»(4)

«Dans un avenir plus lointain, ´´nous pourrions modifier la nourriture elle-même ou la manière dont elle est absorbée et interagit dans notre organisme´´, précise Norman Roy Scott, professeur émérite de bio-ingénierie à l'université Cornell d'Ithaca, dans l'Etat de New York. Les chercheurs apprennent déjà à encapsuler de minuscules gouttes de liquide dans un autre liquide afin de faciliter leur incorporation dans un aliment, puis leur absorption par le corps. Des nanocapsules introduites dans les aliments pourraient aussi être conçues pour libérer progressivement leur contenu et faire durer le sentiment de satiété(...)» (4).

«Certains soulignent toutefois l'insuffisance des données concernant l'innocuité à long terme des nanoparticules (...) Selon Ian Illuminato, l'expert en nanotechnologies de l'organisation Les Amis de la Terre, il est déjà prouvé que certaines nanoparticules parviennent à ´´pénétrer dans des organes dans lesquels elles ne devraient pas pénétrer´´, comme le cerveau et le foie. ´´Il existe de nombreuses études qui tirent la sonnette d'alarme.´´ (...) De nombreux chercheurs exigent eux aussi des preuves solides de l'innocuité à long terme des nanoaliments avant leur introduction sur le marché. (...) Les scientifiques soulignent cependant que les nanoparticules doivent être évaluées au cas par cas.» (4)


La nanotechnologie: nouvelle menace alimentaire?

C'est en tout cas la crainte de deux chercheurs, Georgia Miller et Scott Kinnear qui ont mis en exergue les dangers des nanotechnologies alimentaires. Ils écrivent: «À la suite du génie génétique, la nanotechnologie représente la dernière tentative de la haute technologie de s'infiltrer dans nos réserves de vivres. Pourtant, sans débat public, contrôle ni réglementation, des aliments non étiquetés, fabriqués en utilisant la nanotechnologie, commencent à apparaître sur les rayons de nos supermarchés. (..) Aujourd'hui, la nanotechnologie introduit une nouvelle vague de menaces dans notre alimentation.» (5)

La nanotechnologie est une puissante technique nouvelle de démontage et de reconstruction de la nature au niveau atomique et moléculaire. Elle incarne le rêve selon lequel les scientifiques peuvent refaire le monde au niveau de l'atome, en utilisant la manipulation au niveau atomique pour transformer et construire une vaste gamme de nouveaux matériaux, dispositifs, organismes vivants et systèmes techniques. La nanotechnologie et la nanoscience impliquent l'étude des phénomènes et des matériaux, et la manipulation des structures, dispositifs et systèmes qui existent à l'échelle nanométrique, inférieure à la taille de 100 nanomètres (nm). Pour replacer 100nm dans son contexte: un brin d'ADN fait 2,5nm de large, une molécule de protéine fait 5nm, un globule rouge 7.000nm et l'épaisseur d'un cheveu humain fait 80.000nm. (...) À quoi ressembleront notre nourriture et la technologie futures? Nous sommes dans une bataille épique pour le contrôle de notre approvisionnement alimentaire. Corporatif ou propriété communautaire, global ou local, petit contre géant, transformé contre salubre. Ce sont les paradigmes que nous devons choisir. (...) Il existe de nombreuses façons de créer un avenir alimentaire sain. (...) Il est essentiel d'obtenir le décret d'un moratoire sur l'usage de la nanotechnologie jusqu'à la mise en place d'un système de réglementation pour protéger la santé humaine et environnementale(...) Ensemble, nous pouvons créer une alimentation future saine, qui profite à notre communauté, et non pas aux entreprises.» (5)


La nécessité de garde-fous

On l'aura compris. Si des limites éthiques ne sont pas posées, nous risquons d'engendrer des surhommes, comme cela inquiète l'expert britannique. Kostas Kostarelos, directeur du Nanomedicine Lab de l'University College de Londres (UCL). «Les ingénieurs sont formés, écrit-il, à chercher comment accomplir des choses que les êtres humains ne peuvent pas faire. Le défi est le même en nanoscience et dans les nanotechnologies. Nombre des avancées les plus excitantes en la matière visent à réduire les handicaps humains dans des domaines comme la mémoire, l'audition, l'énergie ou l'intellect. (...) Les avancées technologiques permettront très bientôt de disposer d'appareils interagissant avec le corps humain. Les nanomatériaux permettront de réduire la taille des dispositifs qui pourront être implantés par simple injection ou tatouage. La première génération de ces systèmes servira à surveiller divers paramètres relatifs à la santé (température, pression artérielle, glycémie, etc.) et pourra se connecter sans fil avec le smartphone du patient et l'ordinateur de son médecin. (...) »(6)

« Les personnes qui porteront des implants cérébraux pour améliorer leur vision ou leurs capacités intellectuelles seront-elles traitées différemment de celles qui auront choisi de s'en passer? Serait-il réaliste d'instaurer une réglementation, et jusqu'où devrait-elle aller? Le défi sera de fixer une ligne claire qui, dans le monde entier, ne pourra être franchie, et qui limitera l'´´amélioration humaine´´ aux personnes qui en ont besoin pour des raisons médicales, quels que soient leur notoriété ou leurs moyens financiers.»(6)


Débat éthique sur les nanotechnologies

Nous ne pouvons pas faire l'économie d'un débat. «À l'instar des autres innovations scientifiques, lit-on sur l'Encyclopédie Wikipédia, telles que les OGM, la téléphonie mobile, et le nucléaire, les nanoparticules font l'objet d'une controverse publique. (...) Le développement de ces technologies, qui pourrait annoncer une nouvelle révolution industrielle est aussi, selon leurs critiques, l'occasion de remettre en question la position des sciences et de la libre entreprise dans une démocratie et de reprendre un débat presque aussi vieux que l'humanité. Posé en termes économiques, le débat sur les nanotechnologies s'attache à poser les coûts et les bénéfices attendus pour en tirer un rapport risque/bénéfice.»(7)


«Les nanotechnologies sont récentes, leurs effets sur la santé ne sont pas bien connus puisque jusqu'alors très peu d'études ont été effectuées sur le sujet. De nombreux théoriciens ont réfléchi aux implications de la science pour l'Homme, notamment Jacques Ellul, en 1977, dans Le système technicien (Calmann-Lévy). Pour eux, à l'instar des OGM ou de l'énergie nucléaire, les nanotechnologies ne relèvent pas du domaine strictement scientifique, car la science a une influence (négative comme positive) sur notre vie quotidienne (...) Les nanotechnologies ont aussi soulevé des questions philosophiques et éthiques liées au remplacement de l'homme par les robots, à la mutation de l'homme, à son hybridation avec la technique. On parle alors de transhumanisme. Le dépassement de l'Homme par une forme de vie et d'intelligence supérieure est envisagé par certains. Au travers de la nanotechnologie, des «engins de création», les assembleurs moléculaires, seraient capables d'assembler, atome par atome, n'importe quel objet - à commencer par des répliques d'eux-mêmes».(7)

«La reproduction et la propagation des nanorobots sont limitées par les sources d'énergie et de matières premières. Or, quelles mesures devrions-nous adopter pour contrer ces probabilités si nous développions des nanorobots utilisant la lumière comme source d'énergie? En 1999, l'informaticien Bill Joy, créateur du langage Java a publié dans Wired un article qui a fait date intitulé: «Pourquoi le futur n'a pas besoin de nous» et en sous-titre: «Les technologies les plus puissantes du XXIe siècle: le génie génétique, la robotique et les nanotechnologies menacent d'extinction l'espèce humaine.»(7)

Nous sommes donc avertis. Devra-t-on au nom d'un consumérisme débridé permettre que l'humanité aille se livrer sans éthique au marché? Le moment n'est-il pas venu pour un gouvernement du monde respectueux de la pérennité de l'humanité?


1. http://www.courrierinternational.com/article/2013/07/04/tout-est-nano-dans-notre-vie


2. L'ère des nano-organismes. Courrier International 12 juin 2014


3. http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/12/les-nanotechnologies-en-breves


4. Daniel Cressey: The Guardian http://Www.Courrierinternational.Com/Article/ 2013/07/04/Vous-Reprendrez-Bien-Un-Peu-De-Nanopuree


5. Georgia Miller et Scott: Nanotechnology - the new threat to food, 30 octobre 2008.

6. Kostas Kostarelos The Guardian le 3 juin 2013 http://www.courrierinternational.com /article/2013/07/04/il-nous-faut-des-garde-fous


7.Débat sur les nanotechnologies Encyclopédie Wikipédia

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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31 mai 2014 6 31 /05 /mai /2014 20:22

«Tour ce que la nature a fait acquérir ou perdre aux individus [...] elle le conserve pour la génération de nouveaux individus»

Jean-Baptiste de Lamarck

Dans un article récent rapporté par Elsa Abdoun: «ADN, il transmet aussi nos souvenirs!» paru sur le magazine Science et vie de mars 2014, une découverte importante: des souris soumises à une expérience désagréable, ont transmis via leur ADN, la mémoire de cet évènement à leur progéniture. Un héritage «épigénétique» qui interroge la notion de l'inné... Pour ceux qui reprochent aux jeunes gens de faire peu de cas des leçons de leurs aînés et qui s'offusquent que la mémoire des événements passés se dissolve dans l'agitation du présent, la nouvelle devrait singulièrement apaiser leurs craintes: le souvenir de ce qu'ont vécu nos ancêtres, loin d'être perdu se trouve tapi au plus profond de nous. Mieux, c'est en droite ligne que chacun profiterait en droite ligne de l'expérience de ses aïeux...Par exemple, vous avez peur des chiens, il se peut que votre grand-père ait été douloureusement mordu par un chien dans sa jeunesse. Vous aimez particulièrement manger gras? C'est peut être que votre arrière grand-mère a connu les affres de la faim.


Nos souvenirs transmis génétiquement

Cette idée de la transmission par hérédité des caractères acquis- transmission épigénétique- est en contradiction avec la théorie de Darwin de l'évolution. Qu'en est-il exactement? Il est connu que les caractères sont transmis à travers le génome. Mais c'est la première fois que l'on parle de souvenirs d'actes -surtout désagréables- qui se perpétuent dans la descendance. Comment sont-ils imprimés dans l'ADN, et comment certains souvenirs sont plus privilégiés que d'autres pour la transmission?

Darwin et Lamarck: qui a raison?

La sélection naturelle, proposée par Darwin, trie les variations aléatoires et permet l'adaptation de la population. Alors, comment interpréter l'hérédité épigénétique et la concilier avec le modèle de Lamarck? L'épigénétique ne cautionne pas l'hérédité des caractères acquis mais permet d'envisager une plus grande souplesse dans l'adaptation d'un génome à un environnement donné. «L'épigénétique est l'ensemble des mécanismes moléculaires ayant lieu au niveau du génome et de la régulation de l'expression des gènes qui peuvent être influencés par l'environnement et l'histoire individuelle ainsi qu'être potentiellement transmissibles d'une génération à l'autre, sans altération des séquences nucléotidiques(ADN), et avec un caractère réversible.»» (1) On peut sans doute comparer la distinction entre la génétique et l'épigénétique à la différence entre l'écriture d'un livre et sa lecture. Une fois que le livre est écrit, le texte (les gènes ou l'information stockée sous forme d'ADN) seront les mêmes dans tous les exemplaires distribués au public. Cependant, chaque lecteur d'un livre donné aura une interprétation légèrement différente de l'histoire, qui suscitera en lui des émotions et des projections personnelles au fil des chapitres. D'une manière très comparable, l'épigénétique permettrait plusieurs lectures d'une matrice fixe (le livre ou le code génétique), donnant lieu à diverses interprétations, selon les conditions dans lesquelles on interroge cette matrice.» (2)



L'étude de Brian Dias et Kerry Ressler Les souvenirs hantent les descendants de souris

Dans la publication des chercheurs Brian Dias et Kerry Ressler de l'Université Emory d'Atlanta (Géorgie, Etats-Unis), nous lisons les principales observations: «Certaines craintes peuvent être héritées par les générations, une étude de provocation de souris: rapports http://www.nature.com/news/fearful-memories-haunt-mouse-descendants-1.14272 - b1. Les auteurs suggèrent que le même phénomène pourrait influer sur l'anxiété et la toxicomanie chez les humains. Mais certains chercheurs sont sceptiques sur les résultats, car un mécanisme biologique qui explique le phénomène n'a pas été identifié. (...) Pourtant, certaines études ont laissé entendre que les facteurs environnementaux peuvent influencer la biologie plus rapidement grâce à des modifications «épigénétiques», qui modifient l'expression des gènes, mais pas leur séquence nucléotidique réelle. Par exemple, les enfants qui ont été conçus au cours d'une famine en temps de guerre dure aux Pays-Bas dans les années 1940 sont à risque accru de diabète, de maladie cardiaque et d'autres conditions.»(3)(4)


« Kerry Ressler, s'est intéressé à la transmission épigénétique après avoir travaillé avec des gens pauvres qui vivent dans les centres-villes, où les cycles de la toxicomanie, maladie neuropsychiatrique et autres problèmes semblent souvent se reproduire chez les parents et leurs enfants. «Il y a beaucoup d'anecdotes à suggérer qu'il y a transfert intergénérationnel du risque, et qu'il est difficile de briser ce cycle,» dit-il. L'étude de la base biologique de ces effets chez les humains serait difficile. Donc Ressler et son collègue Brian Dias ont opté pour étudier l'hérédité épigénétique chez les souris de laboratoire formés à craindre l'odeur de l'acétophénone. Ils mirent une odeur en présence de souris auxquelles ils faisaient des petits chocs électriques à des souris mâles. Les animaux finalement ont appris à associer l'odeur à la douleur, frissonnant dans la présence d'acétophénone même sans choc. Cette réaction a été transmise à leurs bébés: Dias et rapport Ressler aujourd'hui dans Nature Neuroscience. Malgré que ces descendants n'aient jamais rencontré d'acétophénone dans leur vie. (...) Une troisième génération de souris - les «petits-enfants» - a également hérité de cette réaction. (...) Les chercheurs veulent maintenant déterminer depuis combien de générations de la sensibilité à l'acétophénone dure, et si cette réponse peut être éliminée. Le scepticisme que le mécanisme d'héritage est réel sera probablement persistant, Ressler dit, «jusqu'à ce que quelqu'un puisse vraiment l'expliquer d'une manière moléculaire», dit Ressler. «Malheureusement, il va probablement être compliqué et il va probablement prendre un certain temps.»(3) (4)


Quelle est la relation entre la génétique et la mémoire?

«Pourquoi on bâille quand on est endormi? Pourquoi avons-nous envie de nourriture, quand nous avons faim? Pourquoi avons-nous un sentiment d'insécurité et de peur quand nous sommes dans l'obscurité totale? (...) En biologie, la mémoire est présente si l'état d'un système biologique dépend de son histoire passée et des conditions actuelles. Si cette mémoire est enregistrée dans le matériel génétique et de manière stable héritée de la division cellulaire (mitose ou la méiose). Cette mémoire génétique est héréditaire dans notre ADN qui est le seul moyen de stockage impliqué dans le transfert de l'information à la prochaine génération.»(5)

Et chez l'homme?


«Des phénomènes analogues peuvent-ils être identifiés chez l'homme? Les gènes ne font pas tout! Des découvertes récentes dans ce domaine nous interpellent beaucoup plus que nous pouvons l'imaginer. Il a été longtemps dit que notre apparence est déterminée par la combinaison des gènes de nos parents. En outre, nos aptitudes, musicales et sportives, et même nos traits émotionnels sont sensiblement affectés par nos racines génétiques. Ces dernières années, les généticiens se sont aperçus que l'environnement (l'alimentation, les conditions climatiques, le stress..) pouvait laisser des traces dans le génome des plantes et des animaux et de l'homme sous forme de modifications, appelées épigénétiques, de l'expression des gènes. Ces modifications sont transmissibles et réversibles et elles ne s'accompagnent pas de changements dans le support génétique, (de l'ADN)» (5)

«Ces résultats montrent que l'héritage transgénérationnel existe et est médié par l'épigénétique mais d'autres études sont nécessaires avant de pouvoir extrapoler ces résultats à l'homme» explique Wolf Reik, un généticien qui a commenté l'étude. «Mais peut-être qu'un jour nous aurons à disposition des thérapies pour adoucir la mémoire de l'héritage» ajoute-t-il. D'autres spécialistes pensent que cette étude pourrait permettre de mieux comprendre des troubles comme les phobies, l'anxiété ou le stress post-traumatique. Cette idée que l'expérience des parents peut constituer un héritage biologique transmis à la descendance n'est d'ailleurs pas nouvelle même si elle est tombée en désuétude au XXème siècle. (...) Nous ne comprendrons pas la hausse des troubles neuropsychiatriques ou l'obésité, le diabète et les perturbations métaboliques sans prendre en compte une approche multigénérationnelle» estime pour sa part Marcus Pembrey, un généticien britannique.(5)


Ceci dit, normalement, il y a une atténuation en très peu de générations (c'est d'ailleurs logique, sinon ça serait un frein à l'évolution). Et n'oublions pas l'importance non négligeable de la transmission de comportements, et tout ce qui se passe dans le ventre de la mère. il y a plus de chances que certains phénomènes soient de l'ordre de la transmission culturelle mais aussi génétique. (6) (7)



Epigénétique et victimes des violences. « L’exemple de Holocauste »

L'épigénénétique expliquerait aussi bien des choses pour les gens dont les parents ont vécu la guerre (les guerres, dans certains cas) avec les horreurs qu'on connaît. En tout cas, je pense à un cas précis, et ça me permet d'envisager certaines explications. Extrait du lien vers le National Geographic: En 2002, l'épidémiologiste suédois Gunnar Kaati a étudié l'impact de l'alimentation d'hommes nés entre 1890 et 1920 sur leurs descendants. Conclusion: quand les grands-pères ont subi des restrictions alimentaires entre 8 et 12 ans, leurs petits-fils ont une mortalité cardio- vasculaire plus faible et une espérance de vie accrue. Ceux dont les aïeux ont été bien nourris ont quatre fois plus de diabète et vivent moins vieux. La santé des petits-enfants est donc influencée par des conditions de vie qu'ils n'ont pas connues, dont leur organisme garde la mémoire. (6)(7)

Ariane Giacobino s'est intéressée aux victimes de l'Holocauste. Depuis peu écrit-elle, des stress psychologiques intenses, traumatismes, abus, maltraitances, guerres ou conflits, et catastrophes naturelles majeures ont pu être mis en lien avec des modifications épigénétiques (affectant le fonctionnement des gènes sans modifications de leur séquence ADN). Fragilité, anxiété, risque accru de développer des états de stress post-traumatiques, des troubles psychiatriques, ou encore une moins bonne immunité, seraient des conséquences possibles. Il a été suggéré que ces changements épigénétiques pouvaient, dans certains cas, être également retrouvés dans la descendance des personnes directement exposées à ces évènements délétères hors normes. (...) Bon nombre d'études se sont penchées sur les survivants de l'Holocauste, leur descendance, mais cet aspect épigénétique potentiellement transgénérationnel n'a pas encore été clairement exploré. (...) Tout récemment, c'est un article d'une revue israélienne de psychiatrie et sciences apparentées qui soulève la question fort pertinente, de la transmission de marques épigénétiques par les survivants de l'Holocauste à leur descendance, soulignant qu'il y a bien eu les récits, la communication, l'éducation, faite à ces enfants, devenus maintenant des adultes, mais peut-être bien aussi des éléments biologiques, comme des modifications épigénétiques. De là, une vulnérabilité accrue?»(8)

«Bien entendu, poursuit-elle, la génétique est aussi impliquée de manière directe dans l'effet qu'un stress environnemental majeur, ou traumatisme, peut avoir sur un individu, dans la mesure où certains individus ont déjà, de par leurs variations génétiques, une vulnérabilité (ou au contraire peut-être une faculté de résilience) plus grande que d'autres, et que ce facteur génétique pourrait être transmis. Mais on estime que le facteur héréditaire n'explique qu'une moindre proportion de la réponse au traumatisme: le 30% environ. Si l'on met tout cela ensemble: génome, épigénome, générations, individus et traumatismes, on est tenté de croire qu'une compréhension plus claire de facteurs de vulnérabilité chez des sujets et descendants de sujets exposés à des traumatismes majeurs, comme l'Holocauste, viendra de l'épigénétique. Par ailleurs, comment comprendre cet étonnant constat: une étude scientifique a rapporté que les survivants de l'Holocauste (20 ans ou moins à l'époque) auraient une longévité plus grande que ceux qui n'ont pas été exposés à ce traumatisme. Un effet discuté non pas comme une conséquence mais comme un cumul de facteurs génétiques, psychologiques, physiques et de tempérament, qui mis ensemble, auraient permis la survie.» (8)

Notre comportement pourrait être dicté par les souvenirs des générations précédentes, impliquant l'existence d'une mémoire génétique. Si nos aïeux nous transmettent leurs traits physiques, ils nous transmettraient aussi leurs souvenirs, bons ou mauvais. Ces découvertes pourraient faire avancer les recherches l'anxiété ou les troubles de stress post-traumatique. Ces symptômes pourraient ainsi être directement liés aux souvenirs de nos parents.

Dans le même ordre, l'épigénétique appliquée à tous les conflits ouvre un champ d'étude intéressant mais peut amener à une nouvelle vision des dommages de guerre que l'on pourrait faire supporter à l'agresseur et que les descendants jusqu'à une génération à définir seraient en droit de revendiquer, puisque ce qui leur arrive est un héritage et qu'ils n'y sont pour rien.

L’exemple algérien concernant les souvenirs

Comme autre exemple concernant les Algériens, il n'est pas interdit de penser à l'immense tremblement de terre, qu'ont subi les Algériens un matin de juillet 1830 du fait de l’invasion de la France. Les répliques de ce tremblement de terre à savoir les errances actuelles, les traumatismes et les névroses des Algériens de ce XXIe siècle seraient dus en partie au tsunami subi au XIXe siècle. La France est elle en droit de parler de solde de tout compte comme l’avait affirmé à l’époque Lionel Jospin de la Gauche et Nicolas Sarkozy. Il nous suffit de rappeler les génocides brutaux puis silencieux sur le temps long qu’à durer la colonisation et s’apercevoir qu’en définitive que notre imaginaire fruit d’un héritage ne peut s’accommoder à l’injonction du solde de tout compte

Une question importante qui de mon point de vue n’a pas été abordée : Pourquoi ne peut-on pas transmettre par l'ADN des événements heureux? Les études actuelles ne répondent pas. En définitive, cette découverte ouvre bien des portes, tout en minimisant notre responsabilité intrinsèque. La Conscience universelle enveloppe les humains parfois d'étranges phénomènes qui la mettent en évidence. Ce qui peut nous motiver de manière inexplicable qui reste visiblement, malgré toute notre bonne volonté, du domaine de l'inné. On peut effectivement penser à se «reprogrammer». Que devient alors le destin si le parcours d'un descendant est programmable, reprogrammable, au-delà du fait qu’ll est connu déjà que l'hérédité intervient ?. Il lui reste la culture et le savoir qui dépendent de son aptitude et de sa résilience à se battre.

La prédestination est de ce fait, interrogée. Dans la religion musulmane nous trouvons les versets suivants « Sais-tu que Dieu connaît ce qui se trouve dans le ciel et sur la terre, tout cela se trouve inscrit dans un Livre. Ceci est pour Dieu chose facile. » (Al-Hajj). Le pèlerinage Sourate 22. Verset 70. Il est dit aussi dans le Coran que l’homme a un libre arbitre, puisqu’il sera jugé sur ses actes : « Dieu n'impose à chaque âme que ce qu'elle peut porter, elle sera rétribuée selon se qu'elle peut porter, elle sera rétribuée selon ce qu'elle aura accompli et elle sera punie selon le mal qu'elle aura fait. » (Al-Baqarah) , la Vache Sourate 2. Verset 286. Comment alors, réconcilier Mektoub ( Ce qui est écrit) et libre arbitre ? L'homme est-il maître de son destin ou se contente-t-il de gérer une feuille de route remise à sa naissance?


1.Epigénétique: Encyclopédie Wikipédia


2.ThomasJenuwein: Epigénétique: http:// epigenome.eu /fr/1,1,0


3.Dias, BG & Ressler, KJ Nature Neurosci. http://dx.doi.org/10.1038/nn.3594 (2013)

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4.E.Callaway http://www.nature.com/news/fearful-memories-haunt-mouse-descendants-1.14272 1 Décembre 2013


5.http://www.expertstourisme.fr/relation-genetique-b1010051.htm

6. http://www.nationalgeographic.fr/4114-epigenetique-heredite genes/

7.http://www.inserm.fr/thematiques /genetique-genomique-et-bioinformatique/dossiers-d-information/epigenetique.

8.Ariane Giacobino http://www.huffingtonpost.fr/ariane-giacobino/ epigenetiqueetholocaust_b_3934338.html18/09/2013

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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