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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 13:47

« Avec le préfet Papon, il n'y a plus de «ratons» sous les ponts ».

Phrase qui circulait après les massacres du 17 octobre 1961 à Paris

Cette semaine a vu la visite en Algérie du Secrétaire d'Etat français aux Anciens Combattants, venu décorer six combattants algériens- indigènes - après 70 ans d'oubli -qui ont combattu pour la France. Dans le même package il fait, comme on dit - le minimum syndical - pour absoudre bien à l’avance, un supposé anniversaire du 8 mai 1945- la France de l'un de ses crimes de masse. Il s’agit, en l'occurrence, du crime contre l'humanité représenté par les milliers de morts à Sétif Guelma Kherrata, en quelques jours fruit de la furie des colons avec la bénédiction d'une France. Une France qui venait de tourner la page de l'humiliation de la Seconde Guerre mondiale, en déversant toute la haine et ses frustrations sur les damnés de la Terre sans défense qu'étaient les Algériens.

Nous sommes, de mon point de vue, loin du compte et on ne peut pas faire un solde de tout compte de 132 ans d'humiliation, de rapine, de vol, de meurtres de masse d’une façon clandestine à uen date qui ne correspond pas même symboliquement au 70e anniversaire de ces massacres/ Même symbolique fêté avec ostentation, concernant la libération et surtout les cérémonies ad nauseam qui n’ont considéré que les Juifs, à croire que toute la seconde guerre mondiale ne se résume qu’à leur tragédie. Les 20 millions de morts russes, ne comptent pas, l’Europe des vassaux boycotte même leur commémoration sur instruction de l’Empire.



Deux poids, mille mesures

Il est curieux de constater que la Droite comme la Gauche sont unanimes concernant la façon de traiter les évènements puis la guerre d'Algérie. Il a fallu attendre 50 ans pour que les évènements d’Algérie deviennent : la Guerre d’Algérie. Cet unanimisme transversal plonge ses racines, dont la certitude d’appartenir à la civilisation , en face des barbares mais, aussi au mépris souverain envers les colonisés maghrébins surtout , s’ils relèvent la tête. Rien à voir avec la façon dont la France commémore le moindre petit évènement concernant les juifs français, le dernier en date à Izieux - commémoration de la mort de 45 enfants en 1945 - même période que ceux de Sétif - a donné l'occasion au président Hollande de faire encore son mea culpa: «Il s'agissait pour lui à la fois de commémorer et de se recueillir sur «le théâtre d'un crime abominable» tout en saluant «un symbole de mémoire et de fraternité». «Les lieux de mémoire sont là pour mettre les consciences en éveil.» L'Elysée avait conçu cette commémoration comme un message actuel: «Plus que jamais, l'Histoire nous livre des leçons pour le présent. Elle nous rappelle qu'il y a besoin de combattants pour prévenir et pour vaincre la barbarie.» «Dans notre civilisation de l'image et de l'information continue, les lieux de mémoire et les outils qu'ils proposent sont aussi une indispensable école du discernement et du rappel aux faits historiques face à toutes les falsifications.»

De quelles civilisations parle-t-on? Il est temps que la déconstruction de cette gigantesque tromperie de civilisations occidentales civilisées héritière d’un soit disant siècle des lumières, qui donna lieu à un siècle des ténèbres pour les colonisés, soit mise en œuvre pour mettre à nu ce canular qui ne repose que sur du vent.

Qu'attend la France pour mettre en pratique ces belles phrases qui risquent de demeurer creuses, mais sonores et sans réelle portée s'agissant d'un passé algéro-français qui ne passe pas? Justement et dans le même ordre de la reconnaissance sans atermoiement sans chemins tortueux, , le président allemand Joachim Glauck avec le président Hollande, sont partis en septembre 2014 à Oradour-sur-Glanes un petit village de la France profonde, demander pardon et se recueillir pour les atrocités commises, mort de 642 personnes par la division Das Reich le 10 juin 1944. Pourquoi les Etats-Unis ont eu le courage de regarder le Vietnam en face?

Les massacres de masse à partir du 8 mai 1945

Le 8 mai 1945, que certains historiens situent comme le début de l'insurrection, fut le summum de la cruauté, de l'injustice et le plus grand contre-exemple de la France patrie autoproclamée des droits de l'homme. Le 8 mai 1945 n'a pas vu la vindicte du pouvoir colonial s'arrêter ce jour-là. Tout le trop-plein de haine et de lâcheté, par la compromission avec Vichy, s'est déversé sur un peuple sans défense. Il y eut une traque pendant plusieurs années. Krim Belkacem prit le maquis dès cette date. Il y eut des jugements et même des peines de mort qui furent prononcées. Boumediene en fut marqué: ce jour-là, dit il: «Ce jour-là, j'ai vieilli prématurément. Ce jour-là, le monde a basculé. Même les ancêtres ont bougé sous terre. Et les enfants ont compris qu'il faudrait se battre les armes à la main pour devenir des hommes libres. Personne ne peut oublier ce jour-là.»

La répression est d'une extrême brutalité. L'aviation elle-même est requise pour bombarder les zones insurgées. Après la bataille, les tribunaux ordonnent 28 exécutions et une soixantaine de longues incarcérations Officiellement, les autorités françaises estiment que le drame aura fait 103 morts chez les Européens et 1500 chez les musulmans. Les autorités algériennes parlent aujourd'hui de 45.000 morts Le même jour. Le quotidien communiste L'Humanité ne l'évoque que pour insinuer que les émeutiers seraient des sympathisants nazis!


Un criminel impuni: André Achiary

Nous n'avons pas accès au listing de tous ceux qui ont participé à la curée, qu'il nous suffise de retenir le nom du général Deval et celui du sous-préfet Achiary. Ce dernier mérite qu'on s'y attarde. En mai-juin 1945, André Achiary, sous-préfet de Guelma, conduit les massacres de Guelma. Le 22 mars 1945, il prend les fonctions de sous-préfet de Guelma, (...) Il organise le 9 mai 1945 une milice coloniale forte de plusieurs centaines d'hommes, pourvue par l'armée en armes automatiques, qui sévira dans la répression au cours des mois de mai et juin 1945. Il laisse s'organiser un Tribunal de Salut public qui, tous les jours, enverra à l'exécution cinquante à soixante musulmans algériens. Bien que responsable directement, ou indirectement, de 2000 à 3000 assassinats à Guelma et dans la plaine alentour, il est décoré en janvier 1946 de la Légion d'honneur, au titre de la Résistance. (...) Lié dès 1955 aux partisans de l'Algérie française Avec des membres de l'Union française nord-africaine, créée par Robert Martel, il monte l'attentat à la bombe de la rue de Thèbes dans la Casbah d'Alger, le 10 août 1956, qui fait 73 victimes et marque un tournant tragique dans la guerre d'Algérie levant les derniers scrupules de Larbi Ben M'hidi qui décide de porter le terrorisme au coeur de la ville européenne d'Alger, marquant ainsi le prélude de la «bataille d'Alger». (1)


Les «degrés de liberté» de la Commission Tubert

Une commission «indépendante» fut nommée pour évaluer la dimension de ces meurtres de masse. Elle fut empêchée de s'informer réellement de ce qui s'était passé dans l'épicentre de la révolte. Nous lisons: «Sans vouloir en rien s'immiscer dans l'enquête judiciaire. (..) il appartient à la justice militaire de rechercher les responsables (instigateurs et exécutants) des émeutes. La Commission a reçu l'ordre de revenir à Alger alors qu'elle s'apprêtait à partir à Guelma. Elle ne sait donc pas comment la répression s'est exercée dans cette ville. Elle peut seulement faire part d'une émotion généralisée dans les milieux musulmans qui prétendent que les Européens de Guelma ont exercé des représailles sanglantes et des vengeances personnelles, en arrêtant et exécutant, sans discernement, alors que les combats avaient cessé, 500 ou 700 jeunes indigènes.» «On le voit, le but de la Commission n'était pas d'enquêter d'une façon objective mais surtout de chercher les causes de ces manifestations - non pas, dans la misère, la malvie, et les persécutions- mais dans le travail des organisations politiques qu'elle dénonce en demandant indirectement la sanction de ceux qui ont laissé faire. Le but était d'abord, de rechercher les causes de ces troubles et ensuite, de mettre en valeur les décès des 105 Européens On le voit, ce n'est qu'en dernier que la commission enquête sur ce qui s'est passé du côté des insurgés. Cette partie répression est évacuée, une demi-page sur un rapport qui en compte 17. La Commission a été empêchée d'enquêter sérieusement sur les musulmans. La Commission conclut en faisant des recommandations visant à perpétuer l'ordre colonial.» (2)


Sommes-nous en présence de crimes de masse, de génocide???

Que dit le droit international face à l'horreur des hommes? Après Nuremberg, il y eut un long travail de qualification. Ainsi, le concept de génocide est né après la Seconde Guerre mondiale. Les génocides sont la forme extrême du crime contre l'humanité. Pour André Larané, le crime contre l'humanité est défini comme «l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation et tout autre acte inhumain commis contre toutes les populations civiles, avant ou pendant la guerre, ou bien les persécutions pour des motifs politiques, raciaux ou religieux» (article 4). «Sa conséquence juridique fondamentale est d'être imprescriptible: ses auteurs peuvent être poursuivis jusqu'au dernier jour de leur vie.» A partir de juillet 1998 le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) est publié. L'article 7 de son statut range parmi les crimes contre l'humanité les actes ci-après commis dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique contre une population civile: «Meurtre,- extermination,- réduction en esclavage,- déportation ou transfert forcé de population,- emprisonnement ou autre forme de privation grave de liberté physique en violation des dispositions fondamentales du droit international, - torture,- viol, esclavage sexuel, prostitution forcée, grossesse forcée, stérilisation forcée et toute autre forme de violence sexuelle de gravité comparable, - persécution de tout groupe ou de toute collectivité identifiable pour des motifs d'ordre politique, racial, national, ethnique, culturel, religieux ou sexiste, ou en fonction d'autres critères universellement reconnus comme inadmissibles en droit international, en corrélation avec tout acte visé dans le présent paragraphe ou tout crime relevant de la compétence de la Cour.» (3)


Une histoire algéro-française faite de sang, de larmes, de douleur

Nous ne devons pas nous cacher la réalité, la colonisation ne fut pas une oeuvre positive. Elle a eu son cortège sanglant. Dans cette contribution, sans aller dans le détail et à titre d'exemple, les mois de mai ont été funestes pour l'Algérie, A un siècle d'écart. Il y a 170 ans de cela, les hordes de Bugeaud, de Cavaignac et du plus sinistre d'entre eux, Saint Arnaud, dont Victor Hugo a dit qu'il avait les états de service d'un chacal ont tenté d'éradiquer les Algériens qui ne se résignaient pas à mourir, malgré les imprécations d'un certain cardinal Lavigerie qui, dans une de ces Lettres pastorales recommandait de les christianiser ou de les repousser loin dans le désert». Ce fut réellement une guerre d'épouvante.

Les crimes contre l’humanité : Les enfumades de mai 1845 dans le Dahra

Après les massacres de Bourmont le vaincu de Waterloo, les massacres de masse et la politique de la terre brûlée de Bugeaud, -une autre façon de donner la mort en brûlant les récoltes- ce fut le summum de l'horreur avec les enfumades du Dahra Il y a 170 ans de cela, en 1845. Par un curieux destin, les Algériens connurent comme un siècle plus tard, un massacre qui est le summum de l’horreur car l’agonie fut atroce. Imaginons un millier de personnes hommes, femmes, enfants, vieillards avec leurs troupeaux gazés par les fumées et le feu de bois qui bouche la sortie les condamnant à une mort atroce. Pour l’histoire et comme l’écrit Hanafi Si Larbi à propos des débuts de l’invasion coloniale : « A partir de 1832, une nouvelle ère de la colonisation commence. C’est la guerre d’extermination par enfumades et emmurements, l’épopée des razzias par la destruction de l’économie vitale, la punition collective et la torture systématique. En avril 1832, la tribu des Ouffia près d’El Harrach fut massacrée jusqu’à son extermination suite à un vol dont a été victime une ambassade, sans preuve ni enquête. Le butin de cette démonstration de la cruauté coloniale que le duc de Rovigo a laissé commettre, fut vendu au marché de Bab Azzoun où l’on voyait « des bracelets encore attachés au poignet coupé et des boucles d’oreilles sanglantes », comme en témoigne Hamdane Ben Athmane Khodja dans « L’Aperçu historique et statistique de la Régence d’Alger en 1833 ». (4).

«En effet, en 1845, un siècle avant les massacres du 8 mai 1945 le général de Cavaignac avait inauguré une année avant, l'ancêtre de la «chambre à gaz» que le colonel Pellisier utilisera pour mater l'insurrection des Ouled-Riah dans le Dahra.(...) Les insurgés avaient pourtant «offert de se rendre et de payer rançon contre la vie sauve», ce que le colonel refusa. (...) L'imagination déchaînée et bestiale des premières décennies de la conquête sera «très riche». Plus tard, un soldat raconte: «Rien ne pourrait donner une idée de l'horrible spectacle que présentait la caverne. Tous les cadavres étaient nus, dans des positions qui indiquaient les convulsions qu'ils avaient dû éprouver avant d'expirer. Le sang leur sortait par la bouche; mais ce qui causait le plus d'horreur, c'était de voir des enfants à la mamelle gisant au milieu des débris de moutons, des sacs de fèves...» (5)

Comment «oublier» de rendre hommage à toute une tribu, symbole de l'héroïsme. Les enfumades du Dahra furent l'objet d'un documentaire rehaussé par le témoignage de Hadja Zohra, arrière-petite-fille d'une survivante. Un recueil de poèmes «La Brûlure - Les enfumades de la Dahra» raconte le calvaire par le biais d'un «Goual» ou troubadour, allant de hameau en hameau, de souk en souk porter les bonnes et les mauvaises nouvelles. Quelques passages du livre: «Que veulent-ils chez nous? Que vont-ils faire de nous? se demandèrent bruyamment et nerveusement les uns et les autres...» «Et toi l'esclave qui obéit. Les bêtes qu'ils veulent et la volaille. Et toi, étranger dans ton pays.» «Nous étions mille et une personnes Avides de paix jusqu'à l'aumône, Coincées dedans les vieilles grottes, Cernées d'une force qui porte des bottes, «Nous étions mille et un cadavres, Virés du temps d'une vie macabre, Brûlés vivants d'un feu banal A l'ordre bref du général.» (5)


Les massacres du 17 octobre 1961

Comment ne pas citer aussi les massacres d'Algériens en octobre 1961? Lors d'une manifestation non violente contre le couvre-feu qui leur était imposé, des dizaines d'Algériens étaient assassinés à Paris par des fonctionnaires de police aux ordres de Papon préfet de Paris. Depuis 54 ans, ce crime contre l'humanité commis par l'État a été occulté et ceux qui l'ont organisé n'ont jamais eu à rendre compte ni de leurs décisions ni de leurs actes. Pour Jean-Luc Einaudy, les journées des 17 et du 18 octobre 1961 représentent le paroxysme de pratiques policières qui s'étaient installées et banalisées depuis bien longtemps. Le préfet de police Maurice Papon organisant un défoulement sans limites avec l'objectif de vider le sac du mécontentement de la police. (6)

Les massacres du 17 octobre 1961 ne sont pas une singularité, ils ont été précédés -le mot génocide est une marque déposée de la Shoah -par une série de massacres à grande échelle à Guelma, Kherrata, Sétif et aussi Alger en 1957 avec un Aussarresses que présente Pierre Vidal-Naquet dans La torture dans la République comme le chef de file d'une équipe de tueurs professionnels. Pendant 132 ans, la France autoproclamée des droits de l'homme -pétrie du, dit-on «siècle des Lumières» - et qui fut à bien des égards «un siècle des ténèbres» pour les peuples faibles- n'a cessé de réduire les Algériens par des massacres sans nom. Elle n'a cessé aussi de déstructurer le tissu social au point de problématiser, encore de nos jours,
l'identité des Algériens et d'avoir semé dans nos têtes le virus de la soumission intellectuelle.

Cette colonisation inhumaine avec son cortège funèbre a broyé des millions de vies humaines et traumatisé une société qui peine à se redéployer. En 2014 il se trouve encore et toujours des dirigeants qui font dans le déni et qui interdisent à la France de reconnaître sa faute qui a regretté dimanche que les dirigeants français s'excusent trop souvent pour l'histoire de France. Laissons Pierre Bourdieu conclure: «J'ai maintes fois souhaité que la honte d'avoir été le témoin impuissant d'une violence d'État haineuse et organisée puisse se transformer en honte collective. Je voudrais aujourd'hui que le souvenir des crimes monstrueux du 17 octobre 1961, sorte de concentré de toutes les horreurs de la guerre d'Algérie, soit inscrit sur une stèle, en un haut lieu de toutes les villes de France, Ecole, commissariat à titre de mise en garde solennelle contre toute rechute dans la barbarie raciste.»

Sans tomber dans la concurrence victimaire, c'est tout le bréviaire de la colonisation qui est en accusation. Du fait que ces faits sont imprescriptibles on se prend à rêver d'un tribunal qui rendrait justice aux morts et qui apporterait la paix aux vivants. Un tribunal à l'instar de ce que font les chasseurs de nazis, qui ont arrêté Klaus Barbie. Un tribunal qui jugerait même à titre posthume les Bigeard, les Achiary, les Bugeaud, tous les Aussarresses qui ont martyrisé l'Algérie. A quand un tribunal type Russel et où sont les klarsfeld algériens capables de poursuivre les criminels de guerre même si leur gouvernement les a absous?

Nous ne pouvons marcher ensemble sur le chemin du progrès de la coexistence pacifique, si nous ne mettons pas tout à plat d’un côté comme de l’autre. Cela se fera si notre partenaire laisse de côté son arrogance et aborde en toute humilité ce contentieux qui empêche ces deux nations souveraines d’envisager sereinement l’avenir. Dans ce deal la France a beaucoup à gagner, avec une Algérie qui, quoi qu’en dise est incontournable au plan maghrébin et africain. Les Algériens n’ont pas la mentalité qui veut qu’il faut faire payer le colonisateur ad vitam aeternam comme nous le voyons par ailleurs, avec ces réparations qui deviennent des véritables pompes à finance. Ce qu’elle demandera inlassablement de génération en génération, c’est l’égale dignité et le renoncement à cette morgue occidentale de dicter la norme et qu’avait dénoncé magistralement le diplomate singapourien Kishore Mahoubani dans son ouvrage « Le défi asiatique » (8)



1.André Achiary Encyclopédie Wikipédia

2.Rapport de la Commission d'enquête Tubert http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/ servlet/BM Dictionnaire?iddictionnaire=1731

3. http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=78&ID_dossier=121

4. Hanafi Si Larbi : L’histoire partielle et partiale El Watan, le 1er mars 2006

5 http://boudia2007.over-blog.com/article-la-brulure-les-enfumades-de-la-dahra-par-abdelkader-guerine-69423618.html


6. Chems Eddine Chitour http://bellaciao.org/fr/spip.php?article 92738

7.Chems Eddine Chitour http://www.legrandsoir.info/Algerie-1845-un-jour-de-mai-Il-etait-une-fois-les-enfumades.html

8. http://www.alternatives-economiques.fr/le-defi-asiatique -par-kishore-mahbubani_fr_ art_799_40497.html

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/214838-il-faut-une-vraie-reconnaissance-des-crimes-de-masse.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 15:07

«La fortune des aïeux s'épuisera, l'adresse des mains restera.»

Proverbe algérien

C'est une tradition des élèves ingénieurs de l'Ecole polytechnique de célébrer chaque année le 16 avril Youm el ilm ; la Journée du Savoir depuis une vingtaine d'années. 2015 est aussi l'anniversaire de la première promotion d'ingénieurs de l'Algérie Indépendante sortants de l'Ecole polytechnique. Cette «Journée» qui s'est faite sous l'égide de monsieur le Premier ministre a eu pour ambition de faire un plaidoyer pour une transition énergétique qui ne peut réussir que si la société entière adhère à cette nouvelle vision du développement durable qui nous recommande une sobriété énergétique qui se traduirait par des économies d'énergie, une utilisation pondérée des énergies fossiles, un plan Marshall des énergies renouvelables, l'objectif étant en définitif de sortir de la rente d'une façon intelligente et du même coup, laisser un viatique pour les générations futures

Cette Journée a été rehaussée par la présence de mesdames les ministres de l'Environnement et de l'Artisanat ainsi que monsieur le ministre de l'Energie, monsieur le chef de cabinet ainsi que monsieur le président du Cnes ainsi que monsieur le directeur général des enseignements supérieurs au ministère de l'Enseignement supérieur Dans son intervention, monsieur le ministre de l'Energie a décrit le Plan électricité prévu à différents horizons avec la place du renouvelable et a ensuite incité les élèves ingénieurs à faire des recherches dans le domaine des énergies renouvelables sur la spécificité des conditions d'installation dans le Sud, notamment concernant l'érosion des éoliennes par le sable, madame la ministre de l'Environnement a insisté sur la dimension environnementale qui doit être prise en charge, et a ensuite décrit, globalement les enjeux de la Conférence de Paris sur les changements climatiques et comment l'Algérie s'y préparait.

Dans ma conférence, j'ai parlé de l'aventure humaine de l'énergie, j'ai ensuite tracé un tableau sombre de la scène énergétique mondiale, décrit brièvement les tensions actuelles qui amènent aux conflits, donné aussi mon point de vue sur la nécessité de ne pas compter sur une remontée des prix et présenté les communications à venir des élèves ingénieurs. Tout au long de la journée, les conférences des experts ont permis de tracer les termes du débat; c'est d'abord le docteur Mustapha Mékidèche qui a fait un exposé sur la situation des hydrocarbures.

Ce furent ensuite le professeur Fouad Chehat directeur général de l'Inra qui, dans une conférence remarquable, a parlé de la sécurité alimentaire et des défis de l'Algérie. Ce fut ensuite le professeur Yassa directeur général du Cder qui a traité des défis et promesses des énergies renouvelables. Le professeur Rabah Kerbachi a planté le décor des changements climatiques et les prévisions à 2030. Au tour de madame la directrice des ressources en eau de traiter des potentialités hydriques et des développements. Kamel Dali du plan de charge prévisionnel de l'Aprue (Agence pour la rationalisation de l'Energie). Abdelkader Yettou directeur central à la direction générale des forêts a clôturé la session des experts en traitant du patrimoine forestier et de son développement en Algérie

Les élèves ingénieurs ont proposé un modèle énergétique «fil de l'eau», continuation des tendances actuelles et ont fait des prévisions pour 2030,en présentant des propositions de développement des énergies renouvelables pour l'électricité mais aussi en suggérant des utilisations de tous les potentiels inexploités jusqu'à présent, la géothermie, les biocarburants à partir des déchets (dattes, olives,alfa..) les métiers de la forêt avec l'exploitation du bois, et bien sûr en insistant sur le plus grand gisement qui est celui des économies d'énergie qui peut atteindre 20%.

Comment libérer l'Algérie de la rente tout en utilisant les ressources de la rente pour amorcer cette transition énergétique? Nous devons aller vers le développement durable en mettant à profit d'une façon rationnelle les ressources de la rente pétrolière et gazière pour mettre en oeuvre une transition énergétique pouvant nous conduire à un développement durable. Tous les pays développés et certains pays en développement développent des modèles énergétiques qui permettent de prévoir à l'avance la consommation d'énergie en fonction des données actuelles et de l'évolution de plusieurs paramètres; la population, les réserves en énergies fossiles les potentialités en énergies renouvelables, l'évolution des changements climatiques mais aussi et surtout les habitudes et façon de consommer pour évaluer le taux de gaspillage de l'énergie.


La chasse au gaspillage

A titre d'exemple, les prix dérisoires de l'énergie sous toutes ses formes mais aussi les prix de l'eau font qu'il est pratiquement impossible de continuer à ce rythme de consommation débridé. Les économies d'énergie ne peuvent être opérationnelles que si un juste prix est pratiqué. Sait-on par exemple que le gaz naturel que nous payons est facturé 20 fois moins cher que son prix international, Que le prix du gas oil est facturé sept fois moins cher que celui de nos voisins? Que le prix de l'eau à 5 DA est dérisoire, que le même mètre cube est facturé 20 fois plus ailleurs. L'Algérie est l'un des rares pays où le prix de l'essence est le plus bas. La vérité graduelle des prix bien expliquée aux citoyens sera admise d'autant que les classes à faible pouvoir d'achat paieront proportionnellement à leurs revenus. Il est anormal que le soutien des prix profite à tout le monde. Même le FMI recommande de cibler les catégories à aider.

La transition énergétique est une vision nouvelle qui fait qu'il faut faire la chasse au gaspillage, payer le juste prix en fonction des tranches de revenus de chacun. Cette transition énergétique vers le développement durable nous permettra aussi de tenir compte de plusieurs paramètres, la protection de l'environnement, la rationalité dans la consommation le recours de plus en plus important aux énergies renouvelables à la fois d'une façon globale mais aussi d'une façon individuelle. Nous devons nous prendre en charge et être des citoyens responsables. Nos parents arrivaient à stocker l'eau de pluie. Nos parents faisaient des provisions de bois en été. Ce sont autant de réflexes qui existent dans les autres pays et que nous avons perdus. Nous menons un train de vie qui ne correspond pas à la rationalité.Notre autonomie nous permettra de faire durer ce qui nous reste en réserves d'hydrocarbures plus longtemps, ce qui nous permettra d'assurer l'avenir des générations futures.

Dans le modèle énergétique proposé, pour 2030, l'accent est mis sur toutes les énergies fossiles et renouvelables, (solaire, éolien, hydraulique,) mais aussi géothermie qui n'est pas exploitée. Nous avons 250 sources d'énergie géothermique qui peuvent contribuer valablement à remplacer les énergies fossiles (pétrole et gaz naturel) notamment dans le chauffage urbain, industriel mais aussi agricole: une excellente démonstration a été faite conjointement par le ministère des Ressources en eau et celui de l'Agriculture, à savoir le chauffage de serres pour les produits agricoles. Ce type d'initiative est à multiplier par centaines, notamment dans l'Algérie du Sud qui peut devenir grâce à notre détermination et notre volonté une seconde Californie.

Dans ce cadre du bouquet énergétique, le gaz de schiste est une énergie comme une autre. Il faut savoir qu'elle n'est pas génératrice de rente. L'exploitation de cette richesse se fera quand la technologie sera mature, et respectueuse de l'environnement. On parle de l'heptafluoropropane qui pourrait remplacer l'injonction d'énormes quantités d'eau avec des quantités importantes de produits chimiques (0,5%), tout en sachant que la nocivité de ces produits se mesure en ppm. Une autorité indépendante de l'environnement qui travaillerait avec un cahier des charges drastique concernant les précautions garantirait que la nappe phréatique ne serait pas polluée et qu'un traitement approprié serait dévolu aux rejets boues et produits chimiques. Le gaz de schiste aura toute sa place dans un bouquet énergétique avec les autres énergies fossiles, renouvelables, si on sait y faire, si on prend les précautions nécessaires par la mise en place d'une réglementation drastique, si on forme les compétences dans ce domaine et si enfin, on développe une vieille technologie à même de suivre les meilleures méthodes d'exploitation. L'exploration actuelle devra nous donner toutes les caractéristiques, débits, profondeurs, quantités et type de produits.

La transition énergétique, ce n'est pas seulement le plan de développement des énergies renouvelables qui vient d'être adopté par le gouvernement en mars. Pour le réaliser il faut justement un véritable plan Marshall en sachant bien que le modèle énergétique est plus large, car il englobe d'abord, un modèle de consommation à différents horizons 2030, 2050. A titre d'exemple, nous serons 55 millions d'habitants, nous consommerons peut-être 2000 kWh/hab/an, cela ferait 125 TWh soit trois fois la puissance installée actuelle en électricité. C'est dire la quantité de panneaux solaires d'éoliennes à mettre en place... Ceci ne concerne que l'électricité, il y a aussi les carburants mais surtout le plus grand gisement qui est celui des économies d'énergie évalué à 20%, en clair on peut économiser l'équivalent de 8 millions de tonnes de pétrole par des gestes écocitoyens.

Il n' a pas de petites économies! Tout est bon à prendre et une calorie d'épargnée, est une calorie disponible pour les générations futures ou disponibles pour l'exportation si elle est adossée à un transfert de savoir-faire auprès de locomotives à l'instar de la Chine, de l'Allemagne ou des Etats-Unis leaders dans le secteur des énergies renouvelables.
La problématique globale est celle de passer d'un modèle de consommation où tout est gratuit et que personne n'est responsable vers un modèle de consommation vertueux où chaque calorie est épargnée, grâce à des économies C'est cela le développement durable. Il ne faut pas oublier que notre meilleure banque en termes de retombées de la rente est et restera notre sous-sol.

De ce fait, cette transition énergétique devrait avoir le consensus du plus grand nombre, car au moment de l'application, ce sont les citoyens avec un comportement éco-citoyen qui feront que cette stratégie réussira. De plus, nous sommes convaincus que la transition énergétique est l'affaire de tous les départements ministériels, c'est l'école où l'apprentissage de l'écocitoyenneté se fera, c'est la formation professionnelle et l'enseignement supérieur qui auront à former les milliers de techniciens et d'ingénieurs dont la formation qui a disparu devrait en toute logique être réhabilitée. C'est aussi les affaires religieuses où les prêches porteraient sur les dégâts du gaspillage, c'est évidemment l'environnement, l'écotourisme mais aussi le commerce qui devrait contribuer avec l'industrie et l'énergie à l'interdiction des appareils électroménagers et véhicules énergivores en électricité ou en carburant. C'est enfin l'information qui devrait convaincre les chaînes publiques et privées de l'importance de cette cause nationale en faisant preuve de pédagogie



Prendre en charge le destin de ce pays

La journée s'est conclue sur les métiers et les recherches du futur. Nous avons notamment parlé d'un baccalauréat du développement durable, que l'on pourrait lancer, mais aussi des filières de graduation qui devraient être lancées si les formations d'ingénieurs et de techniciens qui ont disparu étaient réhabilitées Un débat a clôturé la journée et les intervenants ont insisté sur la nécessité de lancer, dans les meilleurs délais cette transtion en faisant participer tous les acteurs et notamment les citoyens, ce sont eux qui traduiront cette vision de la sobriété énergétique, de la nécessité de donner une seconde vie aux choses... ce «chantier du futur» sera bien perçu par tout le monde et nous permettra de lancer les fondations de cette transition énergétique, seule garante d'un développement durable harmonieux.

L'Algérie ne doit pas lier son avenir aux convulsions erratiques d'un baril de pétrole. Il nous faut sortir intelligemment de la rente, en allant vers le développement durable. Nous avons pour cela une dizaine d'années si on commence dès à présent à mettre en oeuvre cette transition énergétique... Ceci ne peut pas se faire sans vérité des prix. Avec un prix de gas oil à 13DA nous subventionnons les économies des pays voisins pour le gas oil qui coûte 6 fois plus cher,de plus il incite au gaspillage dans le modèle énergétique que nous proposons; des solutions, sont proposées pour rationaliser la consommation d'énergie, ceci naturellement en protégeant les classes vulnérables.

Je suis convaincu que la transition énergétique nous impose un changement total de vision de consommation de l'énergie. L'apprentissage vers l'écocitoyenneté est un combat de tous les jours. Il nous faut nous départir de la mentalité du beyleck (caractérise l’irresponsabilité dans la gestion de la cité à l’époque de l’administration ottomane), en passant de la situation actuelle où personne n'est concerné à la situation où chacun assume sa part de responsabilité, si on veut qu'il y ait un avenir pour ce pays.

La stratégie énergétique est une cause nationale, elle devrait faire si elle est bien expliquée l'objet d'un consensus qui transcende les clivages, car les faits sont têtus, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Nous devons prendre les devants dès maintenant. Nous sommes tous comptables devant l'Histoire et les générations futures nous seront reconnaissantes d'avoir pensé à elles en leur laissant une Algérie de l'intelligence qui tourne le dos à la mentalité où on attend tout de l'Etat. En définitive, ce qui restera une fois que la rente n'est plus qu'un souvenir, c'est, comme le dit le proverbe cité plus haut, le travail, l'éducation et la formation de qualité des femmes et des hommes qui seront là, pour prendre en charge le destin de ce pays.


Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/214646-le-plaidoyer-des-eleves-de-polytech.html

Professeur Chems eddien Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 13:17

«Les snipers sont des lâches.»

Michael Moore réalisateur américain

Il y a un peu plus de deux mois apparaissait un film aux Etats-Unis: «American Sniper» d' un réalisateur américain, Clint Eastwood. Il fut accueilli comme un chef- d'oeuvre aux Etats-Unis et même particulièrement en Europe où tous les nostalgiques de l'Empire des races supérieures, se sont identifiés à ce héros qui rappelle le bon vieux temps des colonies, de l'Indochine et de la nostalgértie. Il a rapporté 400 millions de dollars, En France, le 18 février, 2015 le film a enregistré plus de 160.000 entrées, un score sans précédent.

Dans cette contribution je propose de faire l'inventaire de cette façon moderne de donner la mort, de semer la désolation par milliers ,tout en prenant la précaution de ne pas voir en face son adversaire quel qu'il soit enfant ou autre au nom du principe de zéro mort chez soi et le maximum chez l'adversaire. Ce qui permet, on l'aura compris, d'avoir l'assentiment des partis de gauche ou de droite, modernes ou conservateurs.



La mort par entreprises privées de tueurs à gages interposées

Cette industrie lucrative du meurtre est rentable si l'on croit l'efflorescence de sociétés privées qui tuent par procuration, sans autre cause que celle de faire du chiffre donc d'engranger des dividendes On apprend que certains de ces tueurs lampistes, vraisemblablement, ont été condamnés.

Ainsi, aux Etats-Unis, un juge fédéral a prononcé les sentences visant les employés américains de la firme de sécurité Blackwater, déjà reconnus coupables de l'assassinat de 14 civils à Baghdad en 2007. Le juge fédéral de Washington, Royce Lamberth, a rendu son verdict. «Il s'agit d'un crime grave», a reconnu le juge Lamberth, avant d'ajouter: «Je soutiens pleinement la décision du jury dans cette affaire», a précisé le juge. (...) Ce carnage de la place Nissour à Baghdad avait déchaîné l'indignation de la population irakienne. (...) L'ancienne combattante de la guerre en Irak, Emily Yates, croit que les peines prononcées contre les agents de sécurité employés en Irak par la firme Blackwater ne sont qu'un écran de fumée et n'ont qu'une portée symbolique: «Les Etats-Unis se sont eux-mêmes livrés à de nombreux massacres de civils non armés par accident. Ces tireurs de Blackwater ont pu se sentir libres de le faire et ils l'ont fait. Je ne crois pas que cette tendance... vous savez... de punir ceux qui sont responsables de la mort de civils innocents va vraiment continuer, j'ai l'impression que ce n'est qu'un écran de fumée.»» (1)



La mort venant du ciel par F15 interposé

Dans une contribution précédente j'avais décrit un massacre de masse: «Un meurtre de plus, un cri de révolte de plus, une bavure de plus et des excuses de plus, voilà comment on peut résumer la guerre faite aux enfants en Afghanistan. On apprend qu'une dizaine d'enfants ont perdu la vie dans un bombardement délibéré pour traquer les taliban en avril 2013. Ces morts innocents nous rappellent les 400 enfants de Plomb durci à Ghaza. Un bombardement de l'Otan dans l'est de l'Afghanistan, a tué dix enfants afghans, ont déclaré le 7 avril plusieurs responsables (...) Le pire est cette accoutumance au crime. On l'aura compris, nous sommes en présence d'un dommage collatéral- autre mot forgé par la doxa impériale-, les enfants étaient au mauvais endroit et au mauvais moment. Le record de l'horreur a été dépassé. Le bombardement de Kunduz a eu lieu le 4 septembre 2009 effectué par un F-15E américain il visait deux camions d'essence pris par des taliban et a fait 142 morts, dont plus de 100 civils » (2)

« Les familles des victimes racontent: «Aux premières lueurs de l'aube, vendredi dernier, dans le district de Chardarah de la province de Kunduz dans le nord de l'Afghanistan, les villageois s'étaient rassemblés autour des carcasses de deux camions citernes qui avaient été bombardés par l'Otan. Ils se sont frayés un chemin à travers près de cent cadavres calcinés et de membres enchevêtrés mélangés aux cendres, à la boue et au plastic fondu des jerrycans, à la recherche d'un parent, d'un frère ou d'un cousin. (...)A l'heure qu'il était, il n'y avait plus de survivants. (...) Les parents en deuil ont commencé à se quereller et à se disputer les restes de ceux qui, quelques heures auparavant, cherchaient du carburant dans les carcasses des camions citernes.(...) «Nous n'avons reconnu aucun corps lorsque nous sommes arrivés,» a dit Omar Khan, le chef enturbanné du village d'Eissa Khail, Un vieillard afghan après la mort de son fils lors d'un bombardement écrit: «(...) Je n'arrivais pas à trouver mon fils, alors j'ai ramené un morceau de chair à la maison et je l'ai appelé mon fils. J'ai dit à ma femme que nous l'avions retrouvé, mais je n'ai pas autorisé ses enfants ni personne d'autre à le voir. Nous avons enterré le morceau de chair comme si c'était mon fils.» (2)(3)



La mort en joysticks

Un article du journal Le Monde a attiré mon attention, il raconte un cas de conscience d'un militaire américain qui, du fin fond d'une salle climatisée de l'Amérique profonde a décidé de voler la vie d'un enfant à 10.000 km de là en le ciblant «grâce» à un drone prédateur Cette autre technologique infernale concernant la mort est le drone avec des noms qui font froid dans le dos: drone predator, drones furtifs, drones reapers (faucheuses, les drones sont de plus en plus utilisés. Dans cet ordre, l'histoire que nous allons rapporter est celle d'une bavure parmi des dizaines:» Brandon Bryant était pilote de drone au sein d'une unité spéciale de l'armée de l'air américaine. Depuis l'Etat du Nouveau-Mexique, il a tué des dizaines de personnes. Jusqu'au jour où il a déclaré forfait. Pendant plus de cinq ans, Brandon Bryant a travaillé dans un container allongé de la taille d'une caravane, sans fenêtres, à température constante de 17 °C, Il suffisait que Brandon presse un bouton au Nouveau-Mexique pour qu'un homme meure à l'autre bout de la planète. A l'intérieur du container, des ordinateurs ronronnent. C'est le cerveau d'un drone. Brandon se souvient très précisément des huit que décrivait le Predator dans le ciel afghan, à plus de 10.000 kilomètres de l'endroit où il se trouvait »(4)

« Dans le réticule du drone, une maison aplatie en terre, avec une étable pour les chèvres, se rappelle-t-il. Lorsque l'ordre de faire feu tombe, Brandon presse un bouton de la main gauche, «marque» le toit au laser, et le pilote assis à côté de lui déclenche le tir à l'aide d'un joystick. «Plus que sept secondes, pas l'ombre d'un humain. Soudain, un enfant qui court à l'angle de la maison. Au moment de l'impact, le monde virtuel de Brandon et le monde réel d'un village situé entre Baghlan et Mazar-e Charif se télescopent. Brandon voit une lueur sur l'écran- l'explosion. Des pans du bâtiment s'écroulent. L'enfant a disparu. Brandon a l'estomac noué. «On vient de tuer le gamin?» demande-t-il à son collègue assis à côté. «Je crois que c'était un gamin», lui répond le pilote. «C'était un gamin?» continuent-ils de s'interroger dans la fenêtre de messagerie instantanée qui s'affiche sur leur écran. C'est alors que quelqu'un qu'ils ne connaissent pas intervient, quelqu'un qui se trouve quelque part dans un poste de commandement de l'armée et qui a suivi leur attaque: «Non, c'était un chien.» (4)



La mort par sniper interposé


Le dernier film de Clint Eastwood sur la guerre en Irak fait polémique depuis que le cinéaste dans «American sniper» fait le récit d'un américain moyen, un Texan, Chris Kyle, qui estime normal de s'engager dans l'armée pour protéger son pays, défendre ses valeurs contre ses nouveaux ennemis, ceux qui tuent au nom de l'Islam. Clint Eastwood retrace l'histoire vraie d'un sniper américain, qui a abattu plus de 160 personnes en Irak. Un sujet qui a créé la polémique, car le réalisateur est accusé de faire la propagande de l'armée américaine Pourtant, «American Sniper» n'en demeure pas moins un film qui se cache derrière un patriotisme forcené pour faire l'apologie de la guerre et de la violence. Il retrace l'histoire de Chris Kyle, «the most lethal man of America», un sniper hors du commun qui a tué plus de 160 personnes lors de ses missions en Irak. Le réalisateur signe ici un film ultra-républicain dont Sarah Palin ou George W.Bush pourraient tout à fait assurer la promotion. Ce film ne remet jamais en cause les raisons, plus que litigieuses, qui ont conduit à la guerre en Irak. Chris Kyle est présenté comme un véritable héros américain, «un berger», qui s'est battu toute sa vie pour protéger «ses brebis», comprenez sa famille et surtout, la sacro-sainte patrie américaine (...)À la fin de ses quatre missions il totalise 160 personnes tuées.» (5)



Qui était réellement ce tueur d'élite psychopathe?

Qui était le tireur d'élite écrit Ariane Nicolas, qui a inspiré le film de Clint Eastwood? Sa veuve le décrit comme un homme «aux facettes multiples», «qui lisait en elle comme personne». Chris Kyle, ancien sniper de l'armée américaine tué en 2013, à l'âge de 38 ans, a inspiré le film de Clint Eastwood Sa vie s'est déployée sur deux continents. D'un côté, une carrière hors normes de tireur d'élite en Irak, qui lui a valu la réputation de sniper le plus létal de l'histoire des Etats-Unis. De l'autre, la tentative de retrouver une vie familiale apaisée au Texas, après dix ans d'opérations meurtrières. Chris Kyle a 24 ans lorsqu'il s'engage. Très vite repéré pour ses qualités physiques et sa détermination, il intègre les Navy Seals Team 3. Cette armoire à glace de 1,88 mètre pour 110 kilos mène quelques opérations secret-défense avant d'être projetée en Afghanistan puis quatre fois en Irak, toujours en tant que sniper. Son premier «confirmed kill», tel qu'il le présente, remonte à mars 2003. Au total, il en compterait 160. Officieusement, certains parlent du double. Chris Kyle ne s'en cache pas, il aime la guerre. Quand la journaliste américaine lui demande s'il regrette d'avoir éliminé autant d'insurgés, il tranche sèchement: «Non, pas du tout. (...) J'ai péché tout au long de ma vie. Quand je serai auprès de Dieu, je devrai lui parler d'un tas de choses. Mais tuer ces gens n'en fera pas partie.» Lors d'un entretien avec le journal texan D Magazine (en anglais), il va plus loin: «Je regrette de ne pas avoir pu en tuer plus avant qu'ils ne tuent mes gars.» (6)



Le procès moral de ce criminel de guerre sociopathe


Après les éloges par les biens-pensants il se trouve et c'est heureux, des personnes qui nous parlent de l'inhumanité» de ce tueur. Laurent Dauré présente pour sa part, 10 raisons de sa détestation de ce film: «Non seulement American Sniper ne remet pas en cause la légitimité de la guerre en Irak, mais en plus il tend à la présenter comme nécessaire et juste. American Sniper est un hommage à Chris Kyle, le «sniper le plus redoutable de l'histoire militaire des États-Unis» (...) Ce «héros national» est en fait un tueur sociopathe qui n'a jamais manifesté le moindre problème de conscience pour ce qu'il a fait en Irak. Pis, Chris Kyle a dit dans son autobiographie et dans des interventions publiques qu'il a pris beaucoup de plaisir à participer à cette guerre - «c'était amusant» -, regrettant même de ne pas avoir tué plus de «sauvages» (il considérait les «insurgés» comme des individus «méprisables» incarnant «le mal»). Et dans l'interview qu'il a accordée à Bill O'Reilly, il dit à propos des ennemis de l'armée américaine en Irak: «Il est nécessaire de ne pas les considérer comme des êtres humains». Autre parole mémorable: «Je ne tire pas sur les personnes qui portent un Coran. J'aimerais le faire, mais je ne le fais pas.» (7)


«Reprenant l'argument utilisé un temps par l'administration Bush, poursuit Laurent Dauré, le film suggère fortement qu'il y a un lien entre les attentats du 11 septembre et la guerre en Irak..» American Sniper est un film nationaliste et rétrograde qui célèbre: les États-Unis, son armée, son drapeau, la famille, la religion (chrétienne), les armes à feu, la chasse, les cow-boys, le rodéo, le football américain... Le film a manifestement pour but de regonfler le moral des Américains, de les convaincre notamment que la guerre en Irak avait du sens et que les soldats US ne sont pas morts pour rien. Le film de Clint Eastwood s'inscrit tout à fait dans les représentations et l'idéologie propres à la dangereuse théorie du «choc des civilisations».
«Qu'est-ce qui justifie la présence de soldats américains sur le sol irakien? Le film «oublie» de montrer que Chris Kyle était un mythomane. Celui-ci, se présentant comme un «croisé de Dieu», a pourtant prétendu avoir tué une trentaine de pilleurs à la Nouvelle-Orléans en 2005 après l'ouragan Katrina. Au lieu de faire l'éloge d'un tueur sociopathe qui s'est illustré dans une guerre illégale et immorale, au lien de s'efforcer de redorer le blason des États-Unis et de sa politique étrangère criminelle, Clint Eastwood et plus globalement Hollywood devraient faire des films sur de vrais héros américains: Chelsea Manning, John Kiriakou ou Edward
Snowden.» (7)


Bruno Icher a interviewé le réalisateur Clint Eastwood qui droit dans ses bootes assume, la défense de son pays au détriment de la morale et de la dignité humaine. Pour lui, il y a eux « la civilisation occidentale, dépositaire d’une destinée manifeste et les autres », les ennemis qu’il faut réduire, éliminer, par tous les moyens mêmes les plus scandaleux et les plus répréhensibles, d’autant que le battage médiatique à travers des chaines comme Fox News ou CNN voire le Washington Post et le New York Times sont là pour conforter le troupeau dans leurs certitudes qu’ils sont dans leur bon droit. Morceaux choisis des pensées intimes: «Tout a été étonnamment facile et plaisant. Je voulais montrer la violence dans laquelle des jeunes gens ont été impliqués et dont ils ne sont jamais revenus. American Sniper explore l'équilibre entre ce qui se passe là-bas, dans ce pays étranger où sont partis les soldats, et ce qui se passe chez eux. (...) Les guerres ont toujours des origines politiques et sont même, parfois, l'aboutissement de graves erreurs. Mais cela finit toujours par nous dépasser et par provoquer une sorte de fascination pour la violence. On m'a dit et répété que nous avons envoyé des troupes là-bas pour le pétrole. Mais cela nous a coûté des milliards de dollars et des milliers de vies, bien plus que si nous l'avions acheté ». (8)

Quand le psychologue demande au tueur si le souvenir de ses 160 victimes n'est pas trop lourd à porter, il répond: « Non. Ce qui me hante c'est tous les gars que je n'ai pas pu sauver.» On retrouve là, la destinée manifeste pour la race des élus, les certitudes concernant le bien (la défense des potes et de la patrie et le mal, (les autres les infrahumains) qui ne comptent pas. Les guerres que mène l'Occident par tous les moyens possibles de la technologie ne sont pas justes et partant pas morales.

Cette guerre dissymétrique de 1 pour 1000 est encore plus amorale quand on utilise les satellites, les drones les snipers immoraux. On tue son adversaire sans le connaître avec la satisfaction du devoir bien fait, d'avoir été un bon patriote, pendant que dans l'autre camp c'est la terreur, le sang, les larmes la désolation, les vies volées. Assurément, nous vivons des temps déraisonnables. L'inhumanisme nouveau est arrivé. Il y a bien longtemps que le semblant de magister moral d’un Occident qui série, dicte la norme et décide du bien et du mal et qui a été martelé ad nauseam ,a volé en éclat.

Ce qui reste est un monde désincarné qui a perdu son humanité. Une guerre de tous contre tous dirait Hobbes, mais avec d’un côté zéro mort et de l’autre la furie holocauste que rien ne semble arrêter d’autant que la nouvelle stratégie de l’empire est « d’encourager les damnés de la Terre à s’étriper mutuellement avec les armes de l’Empire et de ses vassaux ; pour le plus grand bien du complexe mondial des armes sous l’oeil indifférent d’un secrétaire général des Nations Désunies en fin de parcours et qui compte les points pour voir de quel côté penche la balance en attendant une retraite après de bons et loyaux services qui font que sous ses deux mandats, le Monde est plus que jamais proches du chaos. Merci monsieur Ban pour vos efforts…



1. http://francais.rt.com/lemonde/1725-tueurs-blackwater-condamnes-lourdes-peines15042015

2.Ghaith A. http://www.guardian.co.uk/ world/2009/sep/11/afghanistan-airstrike-victims-stories

3.Chems Eddine Chitour: La guerre aux enfants en Afghanistan: Au nom de la ´´démocratie aéroportée´´ Mondialisation.ca, 15 avril 2013


4.Chems Eddine Chitour http://www.legrandsoir.info/les-guerres-intelligentes-du-XXIeme-siecle-mercenaires-et-drones-predator.html


5. Anaïs Chabalier, Charlotte Barbaza «American sniper» de Clint Eastwood: un film poignant, mais un message détestable 24-02-2015 Le Nouvel Obs.


6.Ariane Nicolas: La folle vie de Chris Kyle, Francetv info 18 02 05 15


7. http://www.legrandsoir.info/american-sniper-ou-l-eloge-d-un-criminel-de-guerre-sociopathe.html


8.Bruno Icher http://www.liberation.fr/culture/2015/02/13/la-guerre-suscite-une-fascination-pour-la-violence_1202272

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/214444-l-inhumanisme-nouveau-est-arrive.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 13:19

«Dieu ne joue pas aux dés.»

Albert Einstein

Une émission sur RMC, la semaine dernière, a tenté de donner une explication scientifique à un fait décrit dans la Bible comme étant une conséquence de la colère divine contre le peule de Loth coupable d'être inhospitalier et aussi d'avoir des moeurs dépravés. Sodome est une ville mentionnée dans la Genèse. «Son récit, lit- on sur Wikipédia, fait partie de la Genèse: Dieu, alerté par «le cri contre Sodome», dont le «péché est énorme», est résolu à détruire la ville pour punir ses habitants (Genèse 18:20-21). Il envoie alors deux anges vérifier si le «péché» est avéré. Ces anges arrivent à Sodome et Loth, le neveu d'Abraham, les invite à loger chez lui. Tous les hommes de la ville entourent la maison de Loth en demandant qu'il leur livre les deux étrangers pour qu'ils les «connaissent» (Genèse 19:5). Dans ce passage, les habitants de Sodome disent à Loth: «Où sont les hommes qui sont venus chez toi cette nuit? Amène-les nous pour que nous les connaissions.» Loth propose ses deux filles vierges en échange mais les habitants refusent. Convaincu de leur crime, Dieu détruit la ville par «le soufre et le feu» en même temps que la cité voisine de Gomorrhe: «Le soleil se levait sur la terre quand Lot entra dans le Tsoar. Alors l'Éternel fit tomber sur Sodome et sur Gomorrhe une pluie de soufre et de feu; ce fut l'Éternel lui-même qui envoya du ciel ce fléau. Il détruisit ces villes et toute la plaine et tous les habitants de ces villes. La femme de Loth regarda en arrière et elle devint une statue de sel. Abraham se leva de bon matin et se rendit à l'endroit où il s'était tenu en présence de l'Éternel. De là, il tourna ses regards du côté de Sodome et de Gomorrhe et vers toute l'étendue de la plaine; et il vit monter de la terre une fumée, semblable à la fumée d'une fournaise.» (1)



Le travail scientifique pour vérifier l'hypothèse


«L'objet initial du texte est de condamner la transgression des traditions de l'hospitalité, qui était une valeur fondamentale des civilisations antiques L'idée de la punition de toute une ville par un déluge est un thème de la mythologie antique attesté. Dans la tradition juive, l'accent est davantage mis sur le caractère «égoïste» des Sodomites, et leur rejet de l'hospitalité.
Dans la tradition chrétienne, ces passages bibliques sont invoqués comme fondements de la condamnation de la sodomie et de l'homosexualité. L'interprétation chrétienne est utilisée par les traités d'éthique chrétienne qui fondent sur cette lecture particulière du passage Genèse 19 et inspire la plupart des traités de droit criminel condamnant l'homosexualité jusqu'au xviiie siècle avec une rigueur inouïe» (1)

«Le Coran ne mentionne pas Sodome - pas plus que Gomorrhe - mais y fait allusion dans les récits présentant le personnage de Lût (Loth) dans une histoire dont le déroulement est assez proche dans ses indications factuelles de ce qui figure dans la Genèse. Dans le récit coranique (...) dans un prélude, Ibrahim reçoit la visite de «messagers» d'Allah qui lui annoncent la naissance de son fils Isaac et la destruction de la «cité de Lût» dont ce dernier et sa famille seront épargnés, à l'exception de son épouse dont un verset explique qu'elle a «trahi» son époux. Ensuite, le récit présente une scène d'émeute provoquée par le fait que Lot a accueilli des «hommes» chez lui alors que l'hospitalité est proscrite dans la ville. Les habitants massés autour de la maison le somment alors de leur livrer ses hôtes tandis que Lût tente de les raisonner allant jusqu'à leur proposer, en vain ses propres filles. C'est alors que les messagers révèlent à Lot, en plein désarroi leur vraie identité et la nature de leur mission, recommandant à celui-ci de fuir avec sa famille car la ville sera détruite à l'aube. C'est ainsi qu'aux premières lueurs du jour, le peuple de Lot est détruit, la cité est «renversée» et victime d'une série de phénomènes atmosphériques qui participent à l'anéantissement de la ville: une «pluie» de «pierres d'argile» - préalablement «entassées» et «gravées» -, un «nuage chargé de cailloux» et enfin un «cri» habituellement assimilé au claquement de la foudre, dans une richesse de vocabulaire qui tranche avec l'aspect plutôt sobre du récit, même si la scène de châtiment n'est pas très descriptive. (1)


S'il est avéré que Sodome ait été effectivement anéantie, diverses hypothèses ont été avancées pour expliquer sa destruction. Selon l'une des hypothèses énoncées, elle serait située sur les rivages de l'ancien lac salé entourant l'un des volcans submergé par la montée brutale de la mer Noire lors de l'effondrement du barrage du Bosphore il y a environ 9000 ans, en donnant naissance aux récits repris dans la fameuse épopée de Gilgamesh, ayant elle-même inspiré le récit de Noé dans la Bible hébraïque.

Un autre récit plus cohérent parce que basé sur une démonstration scientifique s'appuie sur une découverte. En effet, une tablette d'argile assyrienne fait référence à l'astéroïde de «Sodome et Gomorrhe»: «Cette tablette sumérienne défiait les tentatives d'interprétation depuis plus de 150 ans. Elle décrit un impact d'astéroïde qui a frappé Koefels (Autriche) en 3123 BC, laissant sur son passage une traînée de destruction, qui pourrait expliquer l'histoire biblique de Sodome et Gomorrhe. La tablette «Planisphère» (écrite aux environs de 700 BC) fut déterrée par Henry Layard dans les restes d'une bibliothèque du palais royal assyrien de Nineveh (Ninive) proche de la ville actuelle de Mosul (Irak). C'est la copie des notes nocturnes d'un astronome sumérien contenant des dessins de constellations et les «noms connus des constellations», mais ce n'est que grâce au recours a un ordinateur moderne que l'on a pu révéler sa signification exacte.» (2)

«Alan Bond, directeur de «Reaction Engines Ltd» et Mark Hempsell, conférencier senior en aéronautique à l'université de Bristol, ont soumis la tablette a un programme qui «peut simuler des trajectoires et reconstituer l'état du ciel des milliers d'années en arrière». Ils ont découvert qu'elle décrivait «des événements célestes avant le crépuscule du 29 Juin 3123 BC», dont plus de la moitié constituait «des positions de planètes et des couvertures nuageuses semblables à toute autre nuit». Cependant, l'autre moitié décrit un objet «suffisamment grand pour noter sa forme bien qu'étant toujours dans le ciel» et enregistre sa trajectoire par rapport aux étoiles, laquelle, «avec une marge d'erreur meilleure qu'un degré est cohérente avec un impact à Koefels». (2)


La destruction des deux villes confrontée à la science

«On suspectait depuis longtemps qu'un objet de grandes dimensions avait touché Koefels, à cause d'un éboulement gigantesque de 500 m d'épaisseur et 5 km de diamètre. Le site ne possédait pas de cratère d'impact pour appuyer cette théorie, mais les chercheurs croient maintenant détenir une explication plausible. Le compte rendu de l'université de Bristol explique: «L'observation suggère que l'astéroïde est de plus d'un kilomètre de diamètre et que son orbite originelle autour du soleil était de type «Aten». Cette trajectoire explique pourquoi il n'y a pas de cratère à Koefels. L'angle d'incidence était très faible (6 degrés) et a fait que l'astéroïde ait rasé une montagne appelée Gamskogel au-dessus de la ville de Laegenfeld, à 11 km de Koefels et c'est ce qui a provoqué l'explosion de l'astéroïde avant qu'il n'atteigne son point d'impact final.» «Alors qu'il progressait dans la vallée il s'est transformé en boule de feu d'environ 5 km de diamètre (la taille de l'éboulement). Lorsqu'il a touché Koefels il s'est créé une pression énorme qui a pulvérisé la roche et créé l'éboulement mais, comme ce n'était plus un objet solide, il n'y a pas eu de cratère d'impact classique.» (2)

«Mark Hempsell, évoquant le possible destin de Sodome et Gomorrhe, ajoute: «Une autre conclusion peut être tirée de la trajectoire. La partie arrière de l'explosion (le champignon) se serait courbée sur la Méditerranée, pénétrant à nouveau l'atmosphère vers le Levant, le Sinaï et l'Égypte du Nord. La chaleur au sol, bien que de très courte durée, aurait été suffisante pour enflammer toute matière combustible, humains et vêtements inclus. Il est probable que plus de personnes sont mortes du nuage que de l'impact même dans les Alpes.» Alors que le destin biblique des légendaires «repaires du vice» correspond bien avec l'hypothèse d'astéroïdes, il n'avait jamais été catégoriquement prouvé qu'ils existèrent dans cette contrée proche de la mer Morte. Les légendes d'ardentes destructions pleuvant du ciel ne sont pas, cependant, l'apanage de la Bible.» (3)



La théorie des terrains bitumineux couplés à des séismes


Cette hypothèse n'est pas la seule. Une autre qui tient compte de la nature pétrolière et gazière de la région donne des arguments de vraisemblance. L'auteur rejette toutes les autres explications mais comme celles-là il prend ses distances avec le récit biblique qui y voit une punition divine. Nous la restituons: «Mais alors que s'est-il passé? Dom Calmet nous met sur la voie, avec ses «exhalaisons sulfureuses enflammées» tombant sur un terrain bitumineux. Diodore de Sicile, Strabon, Pline et Tacite sont d'accord pour affirmer que le lac produisait du bitume. Diodore et Strabon mentionnent des éruptions de gaz fétide ternissant les métaux. Tacite parle d'une odeur pestilentielle. Tout cela est symptomatique d'éruptions périodiques d'hydrogène sulfuré. Ces éruptions semblent s'être calmées aujourd'hui et le bitume ne remonte plus que par petits morceaux, mais il est probable que dans la haute antiquité, elles étaient plus violentes que du temps de Diodore et Strabon. L'archéologie et la géologie viennent encore nous livrer des pièces du puzzle, en révélant l'existence de séismes dans la région, deux millénaires avant notre ère.» Une partie du puzzle se met alors en place: un séisme aurait ouvert des failles et fait jaillir d'importantes quantités d'asphalte et d'hydrogène sulfuré. Il ne suffit plus alors que d'un coup de foudre pour provoquer un embrasement général, d'où les traces de villes dévastées et de terrains brulées. Finalement, c'est à peu près l'hypothèse de Dom Calmet, en remplaçant Dieu par un séisme.» (4)



Localisation des villes de Sodome et Gomorrhe

La tradition biblique la situe au sud de la mer Morte, dans l'actuelle Jordanie, en face de la forteresse de Massada. Pas de trace archéologique même si le texte biblique situe les deux villes à proximité d'une plaine ou d'une mer de sel - qui suggère évidemment la mer Morte - dans une région alors florissante. Plusieurs sites ont été proposés pour situer la ville mais rien ne permet actuellement d'arrêter une localisation définitive. Les archéologues s'accordent pour dire qu'il semble y avoir eu un phénomène de régression de la civilisation urbaine en Palestine vers le milieu du troisième millénaire avant notre ère, les villes étant abandonnées et leurs habitants se tournant alors vers un mode de vie pastoral, nomade ou villageois. On a notamment proposé la localisation de Sodome sur le site archéologique de Bab edh-Dhra (en), en Jordanie, découvert dans les années 1920 dans la péninsule d'El Lisan et qui laisse apparaître dans la région les vestiges d'une cité forteresse très ancienne, habitée de 3200 à 1900 avant notre ère. (1)

Cela résout-il le problème de la destruction de Sodome et Gomorrhe? Pas vraiment, car il faudrait encore savoir où se trouvaient ces villes. Or si les récits des voyageurs parlent de zones brûlées à l'ouest, les fouilles archéologiques situent la pentapole à l'est, au niveau de la péninsule de Lisan. En effet, des tablettes cunéiformes découvertes à Ebla, mentionnent un itinéraire où figurent Adma et Sodome, deux villes de la pentapole biblique. Des fouilles archéologiques à Bab ed-Dhra, au niveau de la péninsule de Lisan, pourraient bien avoir retrouvé la mythique Sodome, qui se trouverait alors à bien plus de quatre lieues de Ségor/Zoar. Et par conséquent, les villes brûlées pourraient n'avoir rien à voir avec Sodome, qui de son côté aurait pu être détruite par le séisme. (3)


Les Livres religieux sont-ils en contradiction avec la science?


Il est admis que les livres religieux et la science présentent deux approches de la réalité en apparente contradiction. La science permettrait de comprendre le monde naturel à l'aide de la raison, sur la base d'observations objectives. Les Livres sacrés sont à accepter par la foi, sans justification logique. En fait,les interférences sont nombreuses. Souvenons -nous de l'affolement de l'Eglise quand Galilée annonce que c'est la Terre qui tourne autour du soleil et non l'inverse. Le mythe géocentrique de la Terre venait de s'écrouler et du même coup le récit de Gabaon demandant à Dieu de laisser le jour durer pour qu'il puisse terminer d'occire ses ennemis, tombait définitivement Galilée et son télescope ont triomphé sur l'Église catholique qui persistait dans l'affirmation que la terre ne bouge pas. De même la théorie du Big-bang a relégué l'idée d'une création en six jours au rang des mythes primitifs.

Qu'en est-il?: «Dans la pratique, il existe écrit Jonathan Vaughan, très peu de passages bibliques qui touchent à des domaines scientifiques -contrairement au Coran ndr-. (...) Une interprétation est donc nécessaire des deux côtés et puisque les êtres humains ne sont pas infaillibles, il y aura toujours un risque d'erreur. La science peut se tromper quant à l'interprétation des phénomènes de la nature, et les lecteurs de la Bible peuvent se méprendre sur son sens. (...) Pour les passages où le sens n'est pas évident, il existe des principes d'interprétation qui peuvent servir de guides. Prenons pour exemple le conflit entre la théorie du Big-bang et une interprétation littérale des premiers chapitres de la Bible. La première donne à l'univers un âge d'environ 13 milliards d'années, la seconde voit une création de l'univers dans son état actuel en six jours de vingt-quatre heures. Quelle démarche devons-nous adopter? On aurait tort de supposer d'office que l'interprétation scientifique est juste et que la Bible ne dit pas vrai. De même, on aurait tort de dire que les données scientifiques sont nécessairement fausses, parce que la Bible est la Parole de Dieu et donc sans erreur. (...) Cependant, la plupart s'accordent pour dire que l'univers date de plusieurs milliards d'années. La lecture littérale du début de la Bible, d'autre part, est loin d'être la seule proposée par les théologiens. Un bon nombre d'entre eux pensent que le récit de la Création en six jours est une présentation «littéraire», une sorte de poème ordonné, sans prétention chronologique.» (5)

On l'aura compris, il ne faut pas parler de concordisme, car la science évolue. Les anomalies ne peuvent être expliquées que par l'interprétation et là, la foi est déterminante dans le jugement. Ce qui est en jeu, c'est en fait la nécessité ou non, pour le croyant, d'un accordeur transcendant et la nécessité d'un ordre, d'une mélodie secrète qui exclut le hasard. La boutade d’Einstein traduit la condition du scientifique qui fut dérouté quand d’autres scientifiques comme Niels Bohr et Heisenberg parlent de la création du monde en terme de probabilité….



1.Sodome et Gomorrhe: Encyclopédie Wikipédia


2.http://www.elishean.fr/?p=8521

3. http://www.elishean.fr/?p=8521, http://wikistrike.over-blog.co


4. http://oncle-dom.fr/paranormal/ovni/catalogue/prod-1913.htm


5. http://www.publicroire.com/croire-et-lire/bible/article/la-bible-est-elle-en-contradiction-avec-la-science

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/214041-la-science-en-face-de-la-foi.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 14:12

«Le pouvoir a plus besoin des conseils des sages que les sages de la faveur du pouvoir.» Proverbe iranien

Enfin pourrait-on dire, l'Iran a signé l'accord de reddition à la Munich à Lausanne !. Cet accord stérilise toute velléité de l'Iran de posséder un jour la même puissance atomique que les membres du Conseil de sécurité qui s'arrogent le pouvoir de gouverner le monde et d'interdire aux autres- sauf à Israël- le droit de détenir une arme atomique comparable aux milliers qu'ils détiennent et qui renforce leur assurance et leur arrogance. On présente cet accord de Munich pour les Iraniens comme une victoire et on se félicité çà et là d'y être enfin, arrivés. Mieux encore, pour se donner bonne conscience on diffuse en boucle des scènes de liesse de jeunes sur le trajet de l'aéroport pour accueillir le sauveur - un peut comme Daladier et Chamberlain. Après l'humiliation de Munich. Cerise sur le gâteau; on diffuse aussi en boucle le refus d'Israël de cautionner cet accord et Netanyahu exige en prime que l'Iran reconnaisse l'Etat d'Israël. Rien que ça!

Les médias mean stream enfument les citoyens du monde en présentant cette victoire du bon sens. Pour Jean-Pierre Perrin: après un an et demi de tractations et huit jours de discussions à Lausanne, en Suisse, les grandes puissances et l'Iran ont annoncé les «paramètres clés» pour résoudre le dossier du nucléaire iranien. «C'est un grand jour. Retour au travail bientôt sur un accord final. L'UE, les 5 + 1 et l'Iran ont maintenant les paramètres pour résoudre les principales questions du programme nucléaire», a tweeté le secrétaire d'Etat américain, John Kerry. Du côté de Téhéran, on retrouve une satisfaction qui n'est guère différente de celle de John Kerry. «Des solutions sur les paramètres clés du dossier nucléaire de l'Iran ont été trouvées. L'écriture [d'un accord final] doit commencer immédiatement, pour être terminée d'ici le 30 juin», a déclaré le président Hassan Rohani sur Twitter.» (1)



Le rôle trouble de la France

Curieusement, la France est en première ligne elle se sent plus concernée. Le ministre des Affaires étrangères israélien l'a dit en déclarant: «La France et nous partageons la même inquiétude. C'est un fait que Laurent Fabius ait été sceptique: «Cet accord est un accord d'étape qui comporte des avancées positives incontestables, mais il reste encore du travail à faire.» «La France veillera, à ce que [les modalités précises de mise en oeuvre] soient établies dans le souci d'aboutir à un accord crédible et vérifiable afin que la communauté internationale soit assurée que l'Iran ne sera pas en situation de se doter de l'arme nucléaire.»

En donneur de leçons Laurent Fabius se permet de traiter de menteur l'Iran.: «Quelle durée pour cet accord? C'est «la» grande question. Au nom d'une France revendiquant son rôle précurseur de fermeté, Laurent Fabius assume le costume forcément caricatural du «mauvais flic», marqué par des décennies de suspicion. Il rappelle les mensonges passés de la République islamique sur son programme nucléaire clandestin et exigeait encore récemment un contrôle méticuleux des installations scientifiques iraniennes, pendant une durée considérée comme «humiliante» par l'Iran: un quart de siècle. Washington se contenterait très bien d'un accord sur dix ans.» (2)



Les quatre points clés de l'accord sur le nucléaire iranien

L'Iran a accepté de réduire des deux tiers le nombre de ses centrifugeuses, les machines servant à transformer l'uranium qui, enrichi à 90%, sert à la fabrication d'une bombe. Téhéran maintiendra ainsi 6 104 centrifugeuses en activité. Téhéran va, par ailleurs, réduire son stock d'uranium faiblement enrichi (LEU) de 10.000 kg à 300 kg enrichi à 3,67% pendant quinze ans. Téhéran a accepté de ne pas construire de nouvelles installations d'enrichissement d'uranium pendant quinze ans. (3)

En ce qui concerne les sites existants, l'Iran a accepté de ne plus enrichir d'uranium pendant la même durée dans le site de Fordo, Natanz, la principale installation d'enrichissement iranienne sera l'unique installation d'enrichissement du pays. Le coeur du réacteur à eau lourde, qui aurait pu produire du plutonium, sera détruit ou sera déplacé en dehors du territoire iranien. L'Aiea sera chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens. Ses inspecteurs pourront accéder aux mines d'uranium et aux lieux où l'Iran produit le yellowcake (un concentré d'uranium) pendant vingt-cinq ans.(3)

Sur la très délicate question de la levée des sanctions, l'accord prévoit que les mesures unilatérales américaines et européennes seront suspendues dès que le respect de ses engagements par l'Iran aura été certifié par l'Aiea. Elles seront rétablies si l'accord n'est pas appliqué. M.Nétanyahu, estimant que l'accord d'étape «ne bloquerait pas la voie de l'Iran vers la bombe, mais l'ouvrirait». «L'accord augmenterait les risques de prolifération nucléaire et exposerait aux risques d'une guerre horrible», selon lui. Aux Etats-Unis, les républicains du Congrès ont également exprimé jeudi leur scepticisme. «L'Iran, qui verra la suspension des sanctions économiques occidentales si le pays respecte ses engagements, juge au contraire que l'accord met un terme à un «cercle vicieux qui n'était dans l'intérêt de personne», selon son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Les négociations de Lausanne ont démontré qu'un «vrai dialogue» pouvait «résoudre les problèmes, ouvrir de nouveaux horizons», a-t-il ajouté» (3)

D'une façon magistrale, le professeur Jules Dufour, nous décrit l'état guerrier de la planète et nous apprend que le réarmement permanent des pays producteurs de mort est florissant autant d'ailleurs que le marché des armes de mort aussi bien conventionnelles que non conventionnelles. Il écrit: «Il est primordial écrit-il, de dresser un bilan des guerres qui affligent plusieurs régions dans le monde qui s'avère la poursuite d'un siècle marqué par plus de 200 guerres. Depuis le début du millénaire on compte jusqu'à ce jour 55 guerres, conflits armés, opérations militaires ou révoltes, (...) Depuis le début du XXIe le processus de militarisation de la planète s'est intensifié. La course aux armements ne s'est jamais arrêtée. Bien au contraire, plusieurs guerres sont venues alimenter les industries de guerre des grandes puissances. On a su trouver les justificatifs pour lui donner un nouvel élan. Et ce fut une hécatombe dans plusieurs pays. Aujourd'hui, nous sommes entrés dans une ère de grandes tensions entre les puissances occidentales et la Russie. Il faut dire la vérité. Les États-Unis d'Amérique, ne représentant qu'un peu plus de 4% de la population mondiale, sont les principaux responsables de l'état lamentable dans lequel se retrouve la planète et humanité. Selon le Sipri, entre 2000 et 2013, les dépenses militaires mondiales sont passées de 1119 à 1747 milliards de dollars US. Celles des (USA et Canada) ont grimpé de 410 à 659 milliards de dollars, celles de l'Europe de 358 à 410, celles du Moyen-Orient de 80,8 à 150 milliards et celles de l'Asie-Océanie ont doublé passant de 202 à 407 milliards de dollars (4).

«Selon l'état du monde 2015 poursuit-il, «seule une minorité (des guerres du XXIème siècle) peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres mettent aux prises un État, souvent déliquescent et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeu le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles. Depuis le début du siècle ce sont principalement les membres de l'Otan qui ont semé la terreur et la mort sur cette planète. Ils l'ont fait directement ou par procuration.» (4)

Pour les armes non conventionnelles il cite neuf pays ayant des bombes nucléaires opérationnelles dont Israël. L'auteur écrit à ce sujet: «Selon les données analysées par Robert S. Hans et M.Kristensen en 2006, le nombre d'Etats puissances nucléaires est passé de 3 à 9. «Nous estimons que neuf Etats possèdent environ 27.000 têtes nucléaires intactes, dont 97% font partie des stocks des États-Unis et de la Russie. Environ 12.500 de ces têtes nucléaires sont considérées comme étant opérationnelles. Aujourd'hui, huit pays (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan et Israël) possèdent plus de 20.500 têtes nucléaires. «Plus de 5000 sont déployées et prêtes à l'emploi, dont 2000 sont maintenues dans un état de haute alerte opérationnelle». Le montant des ventes d'armes et services à caractère militaire par les plus grandes firmes productrices, le Top 100 du Sipri, s'est élevé à 395 milliards de dollars en 2012.» (4)



La réalité du monde d'aujourd'hui

Justement, Israël qui insiste pour punir l'Iran, mais que personne n'interroge sur son stock de bombes atomiques on est en droit de se demander où est la conscience du monde. Déjà, en novembre 2013, Israël et l'Arabie saoudite étaient mécontents du déroulement des négociations concernant le dossier nucléaire iranien, estimant que l'éventuel accord entre l'Iran et les six médiateurs internationaux ne sera pas assez contraignant et ne privera pas Téhéran de sa capacité à fabriquer des armes nucléaires. On apprend ainsi que: «Le service de renseignement israélien Mossad et les autorités saoudiennes coopèrent pour mettre au point un plan d'attaque contre l'Iran, écrit le journal britannique Sunday Times se référant à des sources diplomatiques. D'après le journal, Riyadh est disposé à mettre ses bases aériennes à la disposition d'Israël en cas d'attaque contre la République islamique. L'Arabie saoudite envisage également de fournir à l'Etat hébreu des drones, des hélicoptères de sauvetage et des avions de transport.» (5)

Gilles Munier s'interroge pour sa part, sur la réalité de cet arsenal nucléaire israélien et sur la réalité du double standard. Il écrit: «Les médias israéliens ont repris un document déclassé et rendu public par le Pentagone, détaillant le programme nucléaire secret d'Israël. Le rapport en date de 1987 et intitulé «Évaluation technologique critique en Israël et dans les nations de l'Otan», décrit le développement de l'infrastructure et de la recherche dans le nucléaire en Israël tout au long des années 1970 et 80 ». (6)

« L'article inclut également des références au rapport de 1987, discuté aujourd'hui comme si c'était une nouvelle révélation Il affirme que «les laboratoires de recherche nucléaire en Israël pendant les années 1970 et 80 étaient «équivalents à [nos] laboratoires nationaux de Los Alamos, Lawrence Livermore et Oak Ridge.» «Le Traité de non-prolifération nucléaire devrait de nouveau être l'objet d'un examen minutieux, comme devrait l'être l'exagération constante répandue par les médias dominants à propos du programme nucléaire iranien. La prétendue crainte occidentale «d'une bombe iranienne» a placé l'Iran sous un régime de sanctions et a mené à de multiples initiatives diplomatiques pour limiter sa recherche et son développement dans le domaine nucléaire, en dépit de l'insistance de Téhéran que son programme n'a que des buts pacifiques. Le rapport publié aux États-Unis a au minimum pour effet de mettre en évidence cette paranoïa et les doubles standards qui sont ceux de l'Occident sur de tels sujets. (..) À la différence d'Israël, l'Iran jusqu'ici n'a jamais manifesté aucune ambition agressive.» (6)


La comédie humaine et le vrai pouvoir

Les médias occidentaux présentent cet accord comme une victoire d'Obama qui aura été le seul président à signer cet accord. Pour Thomas Cantaloube, en se félicitant de l'accord sur le nucléaire trouvé avec l'Iran, jeudi 2 avril, le président des États-Unis reprend ce qu'il avait initié au début de son mandat, au nom d'une approche pragmatique qui lui est souvent reprochée. Ce réalisme est en passe de bouleverser les alliances américaines au Proche-Orient. Il lui reste à surmonter nombre de réticences aux Etats-Unis. En football américain, on appelle cela une «hail mary pass». C'est-à-dire une passe hasardeuse, dans des conditions très difficiles, où le joueur espère qu'elle va atterrir entre les mains d'un de ses coéquipiers et non entre celles d'un adversaire... Si le geste réussit, il peut bouleverser durablement l'état des alliances et des conflits au Moyen-Orient; s'il échoue, le statu quo néfaste perdure et la Maison-Blanche accumule un échec supplémentaire. (7)

«L'accord-cadre conclu jeudi dernier poursuit Thomas Cantaloube ne résout rien pour l'instant. Mais parce qu'il laisse espérer un nouveau Proche-Orient, il se heurte à l'hostilité revendiquée d'Israël, Il faudra attendre trois mois pour savoir si l'accord-cadre politique, est réellement un événement historique. L'accord de Lausanne ne met pas un point final à la négociation d'un accord définitif d'ici à la fin juin. Mais il représente une véritable percée qui, surtout, permet à l'Iran d'entrevoir la levée progressive des sanctions qui plombent son économie en ces temps de déprime des prix du pétrole.(7)

On dit que Benyamin Nétanyahu a toujours entretenu des relations difficiles avec les administrations américaines. On se souvient que James Baker ne portait pas Benyamin Netanyahu dans son coeur, il l'avait déclaré un temps persona non grata au département d'Etat. Avec Barack Obama, la mésentente s'était également très vite installée. Netanyahu passe outre la Maison-Blanche et vient aux Etats-Unis à l'invitation du Congrès sans voir le président Obama. Le Premier ministre israélien a été d'une virulence extrême contre les négociations avec l'Iran. De plus, il annonce urbi et orbi qu'il est contre un Etat palestinien. Curieusement, en guise de représailles et de mésentente, en décembre 2014, M.Obama a signé une loi qui prévoit une aide militaire à Israël de 3,1 milliards de dollars. C'est à se demander si finalement ce n'est pas la comédie: «Je t'aime moi non plus» avec un partage diabolique des rôles.



Pourquoi l'Iran a signé cet accord de reddition?

On peut invoquer plusieurs raisons. D'abord, la situation économique délicate du fait des sanctions occidentales notamment en ce qui concerne le secteur bancaire et celui de l'approvisionnement en pièces détachées, voire en équipement pour l'industrie pétrolière. On peut aussi y ajouter la situation financière délicate du fait de la réduction des rentrées en devises dues à la chute drastique des prix du pétrole. On peut aussi y ajouter, la trop grande dispersion de la politique étrangère iranienne qui a plusieurs fronts ouverts comme la Syrie, l'aide à l'Irak, voire aussi le nouveau front avec l'Arabie saoudite qui se déclare ennemi de l'Iran. Le président iranien n'avait pas donc d'autres choix que de «sauver les meubles».

Le risque est de voir le président iranien se mettre dans les pas de Gorbatchev, c'est le début de la fin pour l'Iran qui va finir par être «normalisé».



1. http://www.liberation.fr/monde/2015/04/02/un-accord-final-sur-le-nucleaire-iranien-en-ligne-de-mire_1234016?xtor=epr-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&

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2. http://www.liberation.fr/monde/2015/03/31/nucleaire-iranien-les-cinq-points-cles-d-une-negociation-laborieuse_1232475

http://www.liberation.fr/ monde/2015/04/02/un-accord-final-sur-le-nucleaire-iranien-en-ligne-de-mire_1234016?xtor=epr-450206&utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm%20_campaign=quot


3.Les quatre points clés de l'accord sur le nucléaire iranien AFP et Reuters 02.04.2015


4. Jules Dufour 2 avril 2015 http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit/5440161


5 . http://www.mondialisation.ca/iran-israel-et-larabie-saoudite-preparent-une-operation-militaire/5358514

6.Israel's nuclear arsenal highlights Western paranoia over Iran


7.Thomas Cantaloube http://www.mediapart.fr/ journal/international/030415/obama-est-en-passe-de-bouleverser-la-donne-au-proche-orient?utm_ source=dlvr.it&utm_medium=twitter

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/213824-un-marche-de-dupes-dans-un-monde-immoral.html


Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 13:32

«L'Angleterre n'a pas d'amis ou d'ennemis, elle n'a que des intérêts permanents.»

Winston Churchill

Une information passée inaperçue. La Chine a proposé la création d'une Banque (l'AIIB), l'Asian Infrastructure Investment Bank, Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII) dotée d'un capital initial de 100 milliards de dollars, elle a pour objectif celui de répondre aux besoins croissants d'infrastructures (transports, barrages, ports, etc) de la région asiatique. Créée en 2014 sur l'initiative de la Chine, elle est destinée à financer les projets d'infrastructures dans la région Asie-Pacifique.

La Russie participera à la fondation de la Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures (AIIB), a annoncé samedi 29 mars à Bo'ao, en Chine, le premier vice-Premier ministre russe Igor Chouvalov. L'AIIB sera dotée d'un capital de 100 milliards de dollars Elle vient surtout concurrencer la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement (BAD), deux organisations contrôlées par les Occidentaux, qui en détiennent les principales parts de vote et les postes clés. Traditionnellement, la Banque mondiale est dirigée par un Américain, le FMI par un Européen, la BAD par un Japonais.


Les conséquences d'un système financier en bout de course

On est en droit de s'interroger sur le pourquoi de cette initiative mal vue, on le comprend, par les Etats-Unis. Pour rappel, les accords de Bretton Woods sont des accords économiques ayant dessiné les grandes lignes du système financier international en 1944. Ils furent signés le 22 juillet 1944 à Bretton Woods. Le système monétaire mondial est organisé autour du dollar américain, mais avec un rattachement nominal à l'or. Les Etats-Unis étant les seuls habilités à faire marcher la planche à billets...Et il y a bien longtemps que la quantité d'or n'a plus d'équivalent avec la masse de dollar papier. On sait que tous les pays du monde détiennent des réserves de changes majoritairement libellées en dollars. Une «ruine de l'Amérique, et du dollar, signifierait une ruine du monde.

Le système bancaire en bref

Pour avoir une idée du fonctionnement du système actuel qui génère une financiarisation lisons cette contribution qui en explique le mécanisme et ses perversions: «Le système bancaire actuel fonctionne selon un principe très simple. Celui qui veut emprunter de l'argent promet au banquier qu'il remboursera et sur cette promesse le banquier lui crée un avoir. Sur cela l'emprunteur doit des intérêts. La Banque centrale européenne (BCE) oblige les banques d'avoir 2 centimes en réserve pour chaque euro qu'elles doivent à leurs clients. Nos avoirs bancaires sont maintenant couverts pour quelques pourcentages d'argent réel, le reste de l'argent n'existe pas. Nous n'avons donc pas d'argent à la banque, mais un avoir de la banque, une promesse du banquier, qu'il nous donnera du vrai argent en échange si nous lui demandons. Les banques empruntent le vrai argent de la BCE. C'est l'argent dans notre porte-monnaie. Le vrai argent est également utilisé sous forme électronique dans les paiements entre banques. Dans le trafic de paiements interbancaires quotidien, les banques annulent les montants qu'elles se doivent mutuellement et le soir elles ne se paient que les différences. Ainsi, avec un tout petit peu d'argent les banques, entre elles, peuvent payer des millions.» (1)

«Dans l'argent'' en circulation, les prêts s'entassent toujours plus... Les intérêts pour les épargnants sont payés par les emprunteurs. Ces intérêts aussi portent des intérêts. A 3% d'intérêts l'épargne double en 24 ans, à 4% en 18 ans. Donc les riches deviennent de plus en plus rapidement plus riches. Aujourd'hui 10% des Européens les plus riches détiennent 90% des richesses. La masse de pseudo-argent ne cesse de croître. Aux alentours de 1970 elle avait atteint le stade où les avoirs dépassent le Produit intérieur brut. Cela menait au développement d'un secteur financier, où l'on gagne l'argent avec l'argent, c'est-à-dire avec des intérêts et en soufflant des bulles à la Bourse. (...) Les banquiers ont réussi à convaincre les gouvernements, que ce serait mieux s'ils n'empruntaient plus à leur banque centrale (ce qui dans la pratique revenait à emprunter sans intérêts) et, à la place, d'emprunter à des banques commerciales, donc à intérêts». (1)

«Dans tous les pays qui l'ont accepté la dette publique croissait exponentiellement. (...) Les gouvernements devaient réduire leurs dépenses pour faire face à la charge croissante des intérêts. Mais contre l'effet de la croissance exponentielle des intérêts on ne pourra pas gagner avec des réductions de dépenses. Les gouvernements devaient vendre des services publics pour rembourser les dettes..(...) Les pays faibles se retrouvent endettés, sans possibilité de s'en sortir. Les banques profitent de ces montagnes de dettes croissantes et font porter les risques par les payeurs d'impôts.(1)

Quelle serait la solution?: «La solution de tous ces problèmes est aussi simple que sa cause. Nous devons ériger une banque à nous tous, une banque d'Etat, qui a le droit exclusif de créer de l'argent. Il faut interdire les prêts d'argent inexistant. Une banque d'Etat n'a pas besoin de capital, ni de bénéfices. Aussi, les intérêts peuvent rester très bas ou être compensés fiscalement. (...) Le gouvernement ne sera plus dépendant des banques.» (1)

Il est tragique de voir comment des pays sont ruinés, qu'ils laminent les dépenses sociales au profit des remboursements d'intérêts et ceci ad viternam puisque le principal est encore hors de portée du remboursement Par contre, et sans faire dans un prosélytisme déplacé le mécanisme de la finance islamique, l'usure (intérêt n'existe pas) et les risques son partagés entre l'emprunteur et sa banque.


La naissance d'une banque en dehors de l'hégémonie américaine

Les Chinois sont devenus les plus grands créanciers de la Terre: une réserve de plus de 3000 milliards de dollars en devises. Elle achète des obligations d'État mais aussi des entreprises privées, des hôtels, des cliniques, des monuments historiques, des tableaux, des châteaux, des infrastructures (aéroports, ports) etc. La Chine représente maintenant 15% de l'économie mondiale et a conquis la deuxième place devant le Japon.

La Chine a annoncé, être désormais la première puissance commerciale mondiale. La Chine n'a jamais vraiment considéré l'UE comme un partenaire politique de premier plan. Et malgré sa rivalité avec les Etats-Unis, elle estime que Washington est le seul véritable interlocuteur sur la scène internationale. Pour rappel, les pays du Brics dont fait partie la Chine forment un bloc important à l'échelle mondiale. Leur poids démographique atteint 3 milliards de personnes, soit 42% de la population mondiale et leur PIB représentait en 2010, quelque 14.000 milliards d'USD, ou 18,5% du PIB mondial. Leur réserve de devises est estimée à 5000 milliards d'USD, dont 3200 milliards pour la seule Chine.

La Chine a décidé de sortir en douceur, de l'orbite du dollar et du système de Bretton Woods, On sait que les Etats-Unis s'opposent, en vain, à la nouvelle puissance montante du monde, la Chine. Par les investissements qu'elle opère dans le monde, la Chine devient presque un pays prédateur, à l'affût des bonnes affaires dans le monde. Et surtout avec sa politique «gagnant-gagnant» et grâce à sa main-d'oeuvre très peu coûteuse. Elle opère dans tous les continents y compris en Europe et aux États-Unis. Deuxième puissance du monde depuis 2010, détentrice de plus de 4000 milliards de réserves de change, la Chine, qui a commencé à internationaliser sa monnaie, le yuan, sait que «le temps travaille pour elle». Et les États-Unis en sont conscients. Partant d'une «vérité» que le dollar américain ne peut rester indéfiniment la monnaie-centre du monde, la Chine vise à surpasser l'Amérique et devenir la première puissance économique, financière et monétaire du monde.

Le 17 mars, à Pékin. Martin Schulz Le président du Parlement européen a qualifié de «bonne chose» les adhésions européennes à la banque d'infrastructure asiatique. A ce jour, une trentaine de pays figurent dans cette liste, parmi lesquels l'Inde, Singapour, l'Indonésie et l'Arabie saoudite. Lorsqu'il a été lancé par la Chine en octobre 2013, le projet de Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures avait fait des vagues dans le monde des organisations multilatérales. Il était difficile de ne pas voir dans ce projet «anti-Bretton Woods» la volonté du président XI Jinping d'affirmer et de voir reconnue la puissance chinoise dans le monde des institutions multilatérales, aujourd'hui encore largement dominé par les Américains et les Européens.(2)

Alors que le délai pour souscrire s'achève mardi 31 mars 2015 au soir, l'Égypte a annoncé, la veille, lundi 30 mars 2015, sa décision de rejoindre la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII - AIIB). Elle en deviendra officiellement le 14 avril 2015 un membre fondateur. La Turquie a posé sa candidature vendredi 27 mars 2015. La BAII devrait commencer ses activités fin 2015.

Les Etats-Unis jettent l'éponge. Ils vont coopérer avec la BAII

Le lundi 31 mars, la date butoir pour le dépôt des candidatures pour devenir membre fondateur de la BAII, le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, a déclaré que son pays prévoyait de coopérer avec la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII). Cette annonce s'est faite après un entretien d'une heure que M.Lew a eu avec le Premier ministre chinois Li Keqiang ce lundi à Beijing, selon le vice-ministre chinois des Finances Zhu Guangyao. M.Zhu a confirmé, à l'Agence de presse Xinhua que le secrétaire américain au Trésor souhaitait la bienvenue à la Chine pour jouer un plus grand rôle dans les affaires économiques internationales. C'est une passation de pouvoir, pour ne pas dire une capitulation. Après avoir vu ses alliés les plus solides partir, l'un après l'autre, rejoindre le projet chinois, les Etats-Unis ont fini par faire un constat amer; ils ont été tout simplement ignorés et traités comme quantité négligeable dans cette affaire. Avec ou sans eux la BAII se fera et le monde entier, hormis le fidèle Japon et quelques petits satellites, sera là pour y participer. Que faire d'autre maintenant sinon tenter de jouer avec les instruments qui sont encore en sa possession, le FMI et la Banque mondiale, avec lesquels la BAII aura à coopérer d'une manière ou d'une autre? (3)

Le Japon, justement, s'interroge sur sa participation à la BAII. L'administration Obama a été prise de court par le ralliement de plusieurs poids lourds européens (Royaume-Uni, France, Allemagne...) à cette banque qui compte déjà une trentaine d'Etats membres, comme l'Australie ou la Corée du Sud et l'Egypte. D'ailleurs, Séoul prendrait 4 à 5% de la Banque asiatique d'investissement. La France, l'Allemagne et l'Italie ont décidé, après le Royaume-Uni, de rejoindre la nouvelle Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures. Cette décision des trois capitales européennes, est à l'évidence un revers diplomatique pour les Etats-Unis. Constatant leur isolement, les Etats-Unis ont commencé à infléchir leur position en ouvrant la porte à une coopération avec la banque chinoise. (4)

Mon Dieu protégez moi de mes amis, mes ennemis ; je m’en charge !

Cette citation attribuée à Talleyrand illustre d’une façon parfaite, la perfidie des vassaux visà vis de l’empire. «Il fallait bien que ça explose un jour lit-on sur le journal Le Monde, mais la déflagration est partie de là où on ne l'attendait pas. La rivalité entre les Etats-Unis et la Chine pour la domination économique du globe a fait, le 12 mars, un détour surprenant par la Grande-Bretagne qui, bravant la fatwa de Washington, a annoncé son intention de rejoindre la nouvelle banque régionale de développement chinoise AIIB comme membre fondateur. Epidermique et un peu ridicule, la réaction des Etats-Unis ne s'est pas fait attendre. Un responsable américain, s'abritant derrière l'anonymat, a accusé Londres d'être «dans des arrangements constants avec Pékin», (...). Une fois que les Britanniques, censés entretenir une relation privilégiée avec les Etats-Unis, avaient ouvert la brèche en rejoignant l'AIIB, trois autres pays européens s'y sont engouffrés.» (5)

On est toujours par définition écrit Philippe Bernard, trahi par ses alliés, mais le coup a néanmoins été rude pour Washington. Jeudi 12 mars, le chancelier de l'Echiquier, George Osborne, a créé la surprise en annonçant la décision de faire du Royaume-Uni un membre fondateur de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII) que la Chine a lancée en octobre 2014. Rejoindre la BAII représente «une chance sans équivalent pour le Royaume-Uni et l'Asie d'investir et de dégager ensemble de la croissance», s'est félicité M.Osborne. (6)

Après Londres, ce sont donc Paris, Berlin et Rome qui ont décidé de rejoindre le 17 mars la Banque asiatique lancée par la Chine, en octobre 2014. Paris, Berlin et Rome soulignent qu'elle aura «vocation à travailler en partenariat avec les banques multilatérales d'investissement et de développement existantes».


Les relations de l'Algérie avec la Chine: du commerce mais pas de transfert de savoir


La Chine est le premier fournisseur de l'Algérie en tout. La liste est longue, tant la Chine produit tout et l'Algérie, en revanche, importe presque tout. Sur le volet économique, 8 milliards de dollars en 2012. 20% de nos importations en 2014. «Au lieu de donner un poisson à quelqu'un apprend lui à pêcher» Mao Tsé Toung. Fort de cette citation, l'Algérie a tout à apprendre de la Chine. Pékin veut consolider sa place en Algérie. Mais il n'y a pas transfert de technologie. Il est curieux que l'Algérie n'ait pas demandé à adhérer à cette banque comme membre fondatrice à l'instar de l'Arabie saoudite, l'Egypte et du Qatar. Nous avons bien aidé le FMI à «fonds perdus». Ne peut-on pas contribuer à 2% du capital de cette banque (100 milliards de dollars). Il n'est peut être pas trop tard si on fait vite et si on ouvre véritablement le dossier d'une vraie coopération sud-Sud; qui tourne le dos au tout commerce.

1 .http://reseauinternational.net/le-systeme-bancaire-en-bref/ 15 mai 2013

2. http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/18/les-chinois-rallient-les-europeens-a-leur-banque_4595899_ 3234.html#Vq7mh5XYZd8UIAfk.99


3. http://reseauinternational.net/les-etats-unis-jettent-leponge-ils-vont-cooperer-avec-la-baii/


4. http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/31/le-japon-s-interroge-sur-sa-participation-a-la-banque-asiatique-d investissement_4606153_3234.html#l2kul4MWdQ0B pey0.99

5. http://www.lemonde.fr/idees/article/ 2015/03/21/embuscade-sur-la-route-de-la-soie_4598508_3232.html#mK2lDWD5cdYuSc66.99


6. http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/03/14/la-banque-asiatique-divise-washington-et-londres_4593630_3234. html#hTgroIh2kMLkOmeq.99

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/213623-le-declin-de-bretton-woods.html

Professeur Chems Eddine Chitour

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 15:11

«Ittafaka el'Arab an la Yattafik» «Les Arabes se sont mis d'accord pour ne pas se mettre d'accord»

Ibn Khaldoun, le père de la sociologie universelle

Pour une fois Ibn Khaldoun n'a pas tout à fait raison, il est vrai que les dirigeants arabes - pas les peuples qui sont quels qu'ils soient toujours respectables- sont toujours forts vis-à-vis des faibles. Encore une fois les potentats arabes se distinguent par leur anomie et gabegie. Encore une fois ils sont la risée du monde et le désespoir de leur peuple pour illustrer ce chaos arabe, une photo sur Internet montre Obama et Netanyahu en train de rire à gorges déployées avec une phrase : La punition infligée au Yémen. Nous sommes loin de l'Arabie heureuse qui désignait pour les Grecs et Romains, l'Arabie du Sud (actuel Yémen), relativement humide grâce à ses montagnes et à un important système d'irrigation, centre de la riche civilisation des Sabéens.

L'Arabie heureuse représentait, pour les Romains, le plus souvent une terre semi-fabuleuse, où habitait le phénix et d'où provenait l'encens nécessaire aux actes religieux, ainsi que d'autres épices: «Au-delà du débouché du Nil à Péluse se trouve, baignée par la Mer Rouge, l'Arabie dite heureuse, regorgeant de parfums et de richesses. On désigne ainsi le pays des arabes Cattabanes, Esbonites et Scenites et hors ses frontières avec la Syrie elle est désertique, sans autre relief notable que le mont Casius.» Pline l'Ancien, Histoire Naturelle, livre V, chap. xii, L'Arabie heureuse (Arabia felix) s'opposait par son nom aux autres «Arabies» connues par les Romains: l'Arabie pétrée, ancien royaume des Nabatéens l'Arabie déserte, constituée de déserts parcourus par les Arabes, immenses territoires arides qui s'étendaient jusqu'en Mésopotamie et étaient voués au nomadisme.(1)

La riche civilisation caravanière de la myrrhe et de l'encens, c'était bien avant l'avènement du pétrole. Cet excrément du diable pour paraphraser une expression judicieuse d'Hugo Chavez...



Une précédente guerre du Yemen entre l'Egypte et l'Arabie saoudite

Le Yémen contemporain a fait face depuis son unification, en 1990, à de formidables problèmes politiques, économiques et sociaux. Pour rappel, ce pays n'a pas connu la paix ces dernières cinquante années: «La guerre du Yémen ou guerre civile du Yémen du Nord lit-on sur l'Encyclopédie Wikipédia est livrée entre les royalistes du Royaume mutawakkilite du Yémen et les républicains de la République arabe du Yémen entre 1962 et 1970. Elle voit l'établissement de la République arabe du Yémen, mettant fin à cette guerre par procuration entre l'Égypte et l'Arabie saoudite. Le conflit débute suite au coup d'État de Abdullah as-Sallal contre le roi Muhammad al-Badr en 1962. Le roi s'exile en Arabie saoudite où il obtiendra le soutien des Saoudiens et des Occidentaux. L'Arabie saoudite et le Royaume-Uni soutiennent alors militairement les royalistes tandis que les républicains sont soutenus par l'Égypte de Gamal Abdel Nasser et par l'URSS qui leur aurait livré des avions pendant le conflit (...) Malgré cela, le conflit se transforme rapidement en une guerre d'usure. Les pertes égyptiennes jusque-là s'élèvent à 15 194 soldats tués (..) En 1967, les républicains parviennent finalement à prendre Sanaa après un siège de trois mois. En 1970, la guerre est terminée après signature d'un cessez-le-feu. L'Arabie saoudite et les puissances occidentales reconnaissent alors le nouveau gouvernement républicain.» (2)


Ce qui s'est passé ensuite

Comment a évolué le Yémen? «Pour saisir l'originalité de la transition vers moins d'autoritarisme en cours au Yémen, écrit François Burgat, il faut rappeler comment a été modelé ce pays à l'histoire duelle (Yémen du Sud et Yémen du Nord), unifié il y a moins d'un quart de siècle, en 1990. Le colonialisme britannique a marqué le Sud, devenu en 1970 république démocratique et populaire, sous influence soviétique; l'imamat zaydite a gouverné le Nord pendant près d'un millénaire, y compris sous la domination ottomane, dans un extrême isolationnisme religieux. (...) S'il fallait retenir une seule des originalités dont il a hérité, ce serait le caractère «inachevé» de l'autoritarisme de M. Ali Abdallah Saleh, président de la République arabe du Yémen (1978-1990), puis de la République du Yémen lors de l'unification. La révolte lancée par la «jeunesse révolutionnaire» avec l'aide d'une opposition appuyée par les structures tribales, qui ont longtemps constitué une sorte de «société civile en armes», l'a obligé à renoncer au pouvoir en 2012». (3)

«Cette opposition, en partie institutionnalisée au sein du parti Al-Islah, le parti yéménite pour la réforme (des Frères musulmans à la mode locale, nationalistes et démocrates), a réussi à constituer un garde-fou solide aux velléités absolutistes du régime et à protéger les fragiles premiers acquis de la jeunesse révolutionnaire. Depuis, deux dynamiques sont en cours. L'une, politique et constitutionnelle, est inclusive. En prenant appui sur l'option nouvelle et risquée du fédéralisme, elle s'emploie à redistribuer la part de pouvoir laissée vacante par le départ de M.Saleh. Une recomposition partielle des alliances intérieures et régionales s'opère. De nouveaux rapports de forces s'établissent entre le «sortant» - loin d'être réellement sorti -, le camp du nouveau président, M.Abd Rabbo Mansour Hadi, les rebelles houthistes en pleine réhabilitation politique, les leaders tribaux et leur allié le parti Al-Islah, les régionalistes sudistes, ainsi que les voisins, toujours très présents - Saoudiens, Iraniens et Conseil de coopération du Golfe. L'autre dynamique se déploie dans un registre presque exclusivement guerrier. Marquée par l'ingérence décisive de drones américains, au nom de la «lutte contre le terrorisme», elle risque de limiter, à terme, les bénéfices que la (re)construction institutionnelle laisse entrevoir». (3)


Le chaos actuel: tempête «décisive» ou tempête dans un verre d'eau

Devant l'avancée houtiste, le président Abd Rabbo Mansour Hadi s'est enfui en Arabie saoudite. Pour ce pays il faut conjurer le péril iranien qui est à la manoeuvre. Une coalition de dix pays, emmenée par l'Arabie saoudite, a lancé, dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 mars, une intervention militaire. L'ambassadeur saoudien, à Washington, Adel Al-Joubeir, a donné le coup d'envoi à une opération aérienne, «limitée par nature», «contre le coup de force des houthistes». Comme un seul homme, L'Egypte qui est redevable de la manne saoudienne de 12 milliards de dollars vole au secours et curieusement à quarante ans d'intervalle est le camp de l'Arabie saoudite contre le même Yémen. Il en sera de même du Soudan et de la Jordanie, du Maroc, du Koweït, des Emirats arabes unis, du Qatar, du Bahreïn et du Pakistan.

100 avions de guerre et 150.000 soldats saoudiens participent à la curée. En plus de son aviation, quatre navires de la marine égyptienne auraient franchi jeudi le canal de Suez. L'opération baptisée «Tempête décisive» a été déclenchée dans la nuit par des frappes sur différentes positions des Houthis, les miliciens chiites qui ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes, dont la capitale Sanaa, au cours des derniers mois. Les forces américaines, sans participer directement aux opérations, ont établi «une Cellule de planification conjointe avec l'Arabie saoudite pour coordonner le soutien américain», a précisé Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil national de sécurité (NSC) de la Maison-Blanche. L'aéroport d'Aden, brièvement occupé par les houthistes, a été repris après d'intenses combats par les forces loyales au président Hadi. Alliée à l'Arabie saoudite, l'Egypte abrite à partir de samedi à Charm El-Cheikh le sommet annuel de la Ligue arabe, qui sera dominé par le projet de création d'une force militaire arabe.


Les USA et les Saoud au secours de Daesh et Al Qaîda au Yémen

Curieusement et malgré les attaques récurrentes des drones américains contre Al Qaîda au Yémen le journaliste Bahar Kimyongür nous apprend, de nouvelles alliances. Les ennemis d'hier sont les amis d'aujourd'hui: «Dans le monde arabe et musulman écrit-il, rien de nouveau. On se bat entre Arabes et musulmans au plus grand bonheur de leurs ennemis américains et israéliens. Les USA et les Saoud sont à l'offensive dans tous les pays qui leur résistent principalement en Syrie, en Irak et au Yémen. En Syrie, les forces saoudiennes attaquent sur deux fronts: le Nord et le Sud. Au Nord, la ville loyaliste et majoritairement sunnite d'Idlib est encerclée par des milices liées à Al Qaîda. Ces milices utilisent des armes américaines, notamment des missiles TOW pour venir à bout de la résistance de l'armée syrienne et des forces populaires qui défendent leur ville et leurs terres. L'un des commandants d'Al Qaîda de l'opération d'Idleb est un cheikh saoudien dénommé Abdallah al Mouhaisni. Au Sud, c'est la ville antique de Bosra al Cham au coeur de laquelle trône un amphithéâtre romain, qui vient de tomber aux mains d'une coalition de groupes djihadistes pilotés par le Front al Nosra, filière d'Al Qaîda en Syrie. Comme le révèle la dépêche Reuters du 23 mars dernier signée Tom Perry, les armées occidentales ont même intensifié leurs livraisons d'armes à Al Qaîda sur le Front Sud. C'est par la frontière jordano-syrienne que ces armes, pour la plupart offertes par l'Arabie saoudite, le plus grand importateur d'armes au monde, parviennent à la coalition anti-Assad du Front Sud. Israël n'est pas en reste puisque des sources officielles reconnaissent désormais fournir de l'aide aux forces anti-Assad dont Al Qaîda dans le mont Bental sur le plateau du Golan.» (4)

«Par hostilité atavique envers l'Iran, les Saoud ont longtemps encouragé Daesh. Aujourd'hui, la dynastie wahhabite cultive l'attentisme avec une crainte grandissante face au prestige accumulé par Téhéran parmi les populations de Syrie et d'Irak vivant sous le joug de Daesh. C'est finalement au Yémen, leur arrière-cour, que les Saoud ont décidé de lancer leurs bombardiers contre la résistance anti-Daesh. (...) Alors que Daesh a massacré près de 200 chiites dans une quadruple attaque kamikaze visant les mosquées vendredi dernier, alors qu'Al Qaîda dans la péninsule Arabique (Aqpa) massacre à tour de bras, cette nuit, le régime wahhabite a lancé une opération militaire aérienne contre les forces rebelles du Yémen(.)» (4)

Que fait l'armée israélienne dans ce chaos?

L'armée israélienne n'est pas en reste. Dans cet étripement interarabe elle tire les dividendes en aidant Al Qaîda ou Al Nosra. On lit sous la plume de Asa Winstanley: «Un article publié la semaine dernière et qui n'a pourtant pas reçu tout l'intérêt qu'il suscitait a confirmé les soupçons soulevés auparavant et les fortes implications des troupes israéliennes dans l'aide et l'assistance au Front al-Nusra, l'affilié officiel d'Al Qaîda en Syrie. Dans son entretien avec les troupes d'occupation israélienne la semaine écoulée, un journaliste du Wall Street Journal présent sur le mont Bental a constaté que les troupes israéliennes accueillaient les combattants blessés d'Al Qaîda et les soignaient dans les hôpitaux israéliens. Une fois guéris, ils sont renvoyés sur la frontière pour poursuivre leurs combats contre le gouvernement syrien. Au mois d'août dernier, le Front al-Nusra a pris le contrôle du point de passage de Qunaitra, un checkpoint situé entre les parties du plateau du Golan occupées par Israël et contrôlées par la Syrie. A ce titre, un responsable militaire israélien, resté anonyme, a précisé au sujet de la prise en charge médicale des combattants d'Al Qaîda: «Nous ne les contrôlons pas ni leur demandons qui ils sont. Une fois le traitement terminé, nous les reconduisons à la frontière et ils continuent leur chemin [en Syrie].» C'est une alliance tactique destinée principalement et surtout à laisser le pays saigner jusqu'à sa dernière goutte et perpétuer la guerre civile.(...)» (5)

L'Iran dénonce une agression sunnite contre les chiites

On sait comment les Bahreinis chiites ont été étouffés par le roi et par l'intervention de l'Arabie saoudite en mars 2011, devant le silence assourdissant de la communauté internationale qui se limite à l'Empire et principalement ses deux vassaux, la perfide Albion et le Tintin français de la démocratie qui s'est illustré aussi vis-à-vis des faibles en Libye avec des velléités de punition de Bachar mais aussi avec une complicité nette avec le régime égyptien pour cause de 24 Rafale achetés par ce dernier et peut-être financés par l'Arabie saoudite. Si on ajoute à cela le conflit schismatique qui date de Ali, nous avons les ingrédients d'une guerre de religions avec le Web 2.0. Pour nous convaincre, le ministre Riyadh Yassine a agité la menace d'une prise de contrôle du Yémen par l'Iran, principal soutien des Houthistes. «Contrariée nous dit Hélène Sallon par l'influence croissante de Téhéran en Irak, au Liban, en Syrie et désormais au Yémen, l'Arabie saoudite ne peut voir l'Iran la défier dans son pré carré. Le conflit yéménite menace en effet de déborder la frontière saoudienne et de gagner la province orientale d'Ach-Charkiya, dont une partie de la population est chiite. Le président iranien, Hassan Rohani, a condamné jeudi après-midi l'«agression militaire». (...) Toutefois, la polarisation chiite/sunnite est en train de recouvrir tous les autres clivages yéménites. Un tel scénario renforcerait les djihadistes d'Al Qaîda dans la péninsule Arabique (Aqpa) et de l'Etat islamique (EI), très implantés dans certaines tribus sunnites. Autre facteur de complication: une bonne partie des forces de sécurité d'élite, indispensables à la contre-offensive sunnite, sont restées fidèles au dictateur déchu Ali Abdallah Saleh, qui a discrètement soutenu les Houthistes dans un passé récent.» (6)

En pleines négociations sur le nucléaire l'Iran est engagée dans plusieurs théâtres d'opérations en Syrie, en Irak, notamment à Tikrit qui, dit-on, a été prise grâce aux Iraniens. Il est fort à faire et il est très possible qu'elle lâche du lest sur son programme nucléaire ce qui est tout bénéfice pour les Occidentaux et pour Israël.

Que dire en conclusion? La situation n'est pas limpide loin s'en faut! Cependant quelques faits objectifs: les potentats arabes ont atteint le fond en termes de dignité. Au lieu d'être fascinés par la science et le savoir, ils s'équipent jusqu'aux dents pour porter la guerre soit à leur peuple soit entre eux. Qu'il nous suffise de savoir que l'Arabie saoudite a acheté aux Etats-Unis pour plus de 70 milliards de dollars d'armement. Il en est de même des autres potentats qui dépensent l'équivalent de 200 milliards de dollars en armes fournis gracieusement par un Occident qui divise pour régner. Les Iraniens; eux, sont une puissance technologique qui avance malgré toutes les entraves occidentales et israéliennes. Quel est le pays arabe qui peut lancer des satellites? Qui peut fabriquer son propre armement? Qui peut maîtriser l'atome? Les peuples arabes n'ont pas des dirigeants éclairés, c'est cela leur malheur.



1.L'Arabie heureuse: Encyclopédie Wikipédia

2.Le Yemen: Encyclopédie Wikipédia

3.François Burgat, http://www.monde-diplomatique.fr/ 2014/09/BURGAT/50816

4.Bahar Kimyongür http://www.mondialisation.ca/ les-usa-et-les-saoud-au-secours-de-daech-et-al-qaeda-au-yemen/5439071 27 mars 2015


5.Asa Winstanley http://www.mondialisation.ca/ larmee-israelienne-reconnait-appuyer-al-qaida-en-syrie/543836623 mars 2015


6.Hélène Sallon http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/26/l-arabie-saoudite-intervient-militairement-au-yemen-pour-contrer-liran_4601876_3218.html#EzyOc HWZXHI g0szE.99

Article de référence :http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_ du_professeur chitour /213418-adieu-l-arabie-heureuse.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique nep-edu.dz

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 14:18


«Il est un fait qu'en certains cas bien déterminés, nous pouvons déployer les antennes de notre âme au - delà des limites corporelles et avoir des pressentiments. Et même davantage: une vision réelle de l'avenir immédiat.»

Goethe

L'histoire de la précognition est aussi vieille que celle de l'humanité parce qu'elle est inséparable de l'énigme que pose l'existence humaine. Dans le monde classique rapporte Leo Talamonti, elle était une véritable institution, un reflet de la religiosité des temps. Quelques prémonitions attribuées à des oracles ont traversé le temps et sont arrivées jusqu'à nous.(1)

Souvenons-nous des «Ides de Mars», des pythies des oracles , et autres devins. Le fait que la précognition compte au nombre des phénomènes «les plus rigoureusement établis» pour reprendre l'expression du Pr Richet, n'empêche pas qu'il soit l'un des moins admissibles sur le plan rationnel. Nous sommes en effet habitués à considérer cet avenir «comme une chose qui n'existe pas encore», alors que la précognition nous suggère avec insistance l'idée que les événements futurs, comme l'écrivit Sir Arthur Eggar «sont là, prêts à nous attendre, tandis que nous allons à l'aveuglette, en dehors de petites lueurs occasionnelles qui nous laissent apparaître quelques fragments de la réalité future». (2)

Selon Thornstein H Weireide, les incursions de l'esprit dans l'avenir sont plus nombreuses chez les populations des régions montagneuses et d'accès plus difficile. Cela ne veut pas dire que la précognition est définitivement fermée aux «adeptes de l'ipad, de l'iphone...et autres tablettes sans oublier l'Internet». Il est des cas, où certaines personnes prédisposées ou simplement «entraînées» peuvent se soustraire au cours illusoire du temps. Ces personnes arrivent alors «à se plonger dans une dimension, où il perd toute réalité et où on a l'impression de pouvoir vivre au même moment dans le passé et dans l'avenir»(3).

Précognition et fait réel immédiat

En fait, la question que nous nous posons est la suivante: par quel phénomène la connaissance d'une situation peut-elle précéder le moment où elle aura lieu effectivement et deviendra de ce fait un fait réel? L'absurde dans la conception cartésienne, voire newtonienne d'un univers à trois dimensions où le «passé n'existe plus» et où «l'avenir n'existe pas encore», l'unique serait dans cette conception: le présent. Qu'est-ce que donc le présent?

Nous allons nous appuyer sur la théorie de la relativité, dans laquelle le présent est subordonné à la position de l'observateur de ce...présent. Que ce présent se place au bord d'un chemin où passe la procession. Pour lui le présent s'identifie au petit groupe de personnes qu'il peut voir à un moment donné. Mais s'il se déplace selon la troisième dimension de l'espace - en montant par exemple en haut d'un bâtiment- c'est la procession toute entière qu'il découvre alors: et il aperçoit en même temps aussi bien la partie, qui pour l'observateur placé en dessous de lui, est déjà passée, que celle, qui pour ce dernier est «encore à venir». Comme pour l'observateur du dixième étage, tout le passé et tout l'avenir existent en même temps.

De la même façon, nous pourrons faire l'analogie avec les phénomènes de rétrocognition (passé, de présent et précognition (avenir). Ceci nous amène à admettre que, par analogie, et dans une dimension supérieure à celle de l'espace (c'est-à-dire dans «le continuum spatio-temporel»), tout le passé et l'avenir existent.

Le libre arbitre et le destin sont ils contradictoires ?

Cela nous amène à revenir sur le problème de la destinée que toutes les religions révélées ont traité. Pour les esprits «rationnels», il ne peut y avoir vision de l'avenir puisqu'il «n'existe pas encore». Comme l'écrit Sir Arthur Eggar: «Les événements futurs, sont là prêts à nous attendre, tandis que nous allons à l'aveuglette, en dehors de petites lueurs occasionnelles qui nous laissent apparaître un fragment de la réalité future.»

Une question particulièrement délicate liée à la précognition concerne les limites de la volonté et du libre arbitre. Le futur existe, mais seulement en ce que chacun de nous concourra librement à son actualisation. L'acceptation du schéma d'existence totale implique une existence une bonne fois pour toutes et les événements sont prédéterminés, nous n'avons donc qu'à les subir. Il n'y a donc pas de libre arbitre. Pour Laplace, cependant, l'avenir est inexistant mais il est prédéterminé par une succession rigoureuse de causes. Pour William James, l'avenir n'est pas figé, il est à l'état de «projet non rigide» avec des variantes possibles qui toutefois n'ont aucune conséquence sur ses développements essentiels.

Les conséquences des actes qui nous sont dictés par notre libre volonté et dont le moi conscient, ne sait encore absolument rien parce qu'il n'est pas encore parvenu «à les vivre», existent déjà encore en des points éloignés du continuum espace-temps. Il est bien connu que les faits pour le moins insolites mis en évidence par le spiritisme ont posé des interrogations aux religieux et hommes de science soucieux de connaître et de décrypter les mystères insondables de la destinée de l'homme. Pour les religions monothéistes, les réponses données faisaient plus appel à la confiance ou la foi aveugle qu'à une réelle prise en charge des inquiétudes légitimes de l'homme. La notion de libre arbitre qui d'une certaine façon contredit la fatalité ou le «mektoub» des Musulmans a été étudiée par des penseurs musulmans tels que Mohamed Ben Sidi Youcef Ben Sidi Amer Essenouci El Hasseni (1427-1490) Parmi les écoles musulmanes les plus avancées concernant la Providence, deux surtout se partagèrent les esprits: «Les Kadriites» appelés aussi «les Mo'tazilites» qui affirment que l'homme est libre; il est maître de son choix, (Moukhiar).Ils citent pour cela, un passage du Coran: «On ne demandera pas compte à Dieu de ses actions; mais lui leur demandera compte des leurs.» (4)

L'autre courant de pensée: les «Djebriites», affirme au contraire, que l'homme n'est pas libre (Madjbir). Dieu seul peut ce qu'il veut. Ils citent deux autres versets du Coran: «Ton seigneur crée ce qui lui plaît et Il agit librement, mais, eux n'ont pas de volonté.» (5)

Aux confins de l'intellectuel et du spirituel, des scientifiques de renom ont pris le risque dès le siècle dernier de mettre en jeu leur réputation de scientifique connu et reconnu pour se jeter avec confiance et vigilance dans cet univers qui non seulement sent le soufre, mais de plus n'obéit pas à la mesure de la rationalité. Des scientifiques comme Crookes (physicien), Richet (physiologue), Rhine et bien d'autres ont défié la science iconoclaste et tenté de mettre de l'ordre dans cet univers de la métapsychique. Des phénomènes qui sortent des lois de la science vulgaire se manifestent de toutes parts et révèlent dans leur cause l'action d'une volonté libre et intelligente. (6)


Les destins de Lincoln et Kennedy: pure coïncidence ou synchronicité

Pour illustrer cette inéluctabilité du destin, une énigme qui est, jusqu'à présent; encore sans explication rationnelle est l'analogie entre les destins tragiques des deux présidents américains : Abraham Lincoln et John Fitzgerald Kennedy. Deux destins, sans libre arbitre mais connectés entre eux par des évènements significatifs.

Dix faits différents à un siècle d'intervalle ont eu lieu selon un même protocole, avec les mêmes dates à un siècle d'intervalle et les mêmes noms de protagonistes de ce drame, dans les mêmes circonstances. Les contributions suivantes à ce sujet, extraites de l'ouvrage de François Rothen La face cachée de la Lune, ainsi que les données de Wikipédia nous permettent d'en saisir toute l'intrigue. Nous avons gardé parmi les multitudes que quelques-unes qui nous semblent indiscutables: les deux anciens présidents des Etats-Unis, Abraham Lincoln et John Kennedy ont eu à «partager» les faits suivants:

- «Ils ont été élus à la présidence à exactement 100 ans d'intervalle (en 1860 et 1960). Auparavant, ils avaient été élus au Congrès à 100 ans de distance (en 1846 et 1946). Ils ont tous les deux perdu un enfant pendant qu'ils étaient à la Maison-Blanche.


-«Tous les deux étaient impliqués dans la défense des droits civils. Lincoln défend l'abolition de l'esclavage et Kennedy défend l'émancipation des Noirs. L'aboutissement de cette lutte: le 13e amendement de la Constitution qui abolit l'esclavage est ratifié le lundi 18 décembre 1865.

-«Aucun des deux présidents n'a vu le résultat de sa lutte de son vivant, survenu dans un même délai après leur décès. Huit mois après la mort de Lincoln, alors que le Civil Rights Act reconnaissant les droits civiques aux noirs est voté en juillet 1964, huit mois après la mort de Kennedy.

- «Ils ont tous les deux été assassinés un vendredi, en présence de leur épouse. Ils sont morts d'une balle dans la tête, tirée par derrière.

- «Robert et Edward sont les prénoms de deux des fils de Lincoln (Robert Todd Lincoln (1843 -1926) et Edward Baker Lincoln (1846-1850)), et de deux des frères de Kennedy (Edward Kennedy et Robert Kennedy)

-«Les deux assassins furent eux-mêmes assassinés avant d'avoir été jugés.

-«Le successeur de Lincoln s'appelait Andrew Johnson et celui de Kennedy Lyndon Johnson. Les deux Johnson étaient nés à 100 ans de distance (en 1808 et 1908). Andrew Johnson est mort 10 ans après Lincoln, et Lyndon Johnson est mort 10 ans après Kennedy.

-«Le secrétaire de Lincoln s'appelait (John) Nicolay. La secrétaire de Kennedy s'appelait Evelyn (Lincoln).

- «Les noms de Lincoln et Kennedy comportent 7 lettres, et les noms et prénoms de leurs assassins comptent 15 lettres (John Wilkes Booth et Lee Harvey Oswald).

-«La voiture dans laquelle Kennedy fut assassiné était une Lincoln. La Lincoln de Kennedy était fabriquée par Ford.

-Stephen Douglas concurrent de Lincoln battu à l'élection présidentielle de 1860, était né en 1813, Richard Nixon concurrent de Kennedy battu à l'élection de 1960 était né en 1913» (7)

Que faut-il en conclure? Est-ce une coïncidence ou existe-t-il une liaison irrationnelle? «Quand on les met en perspective lit-on dans la contribution suivante, on découvre une analogie frappante entre les vies des deux présidents. Mais il ne faut pas d'emblée crier au miracle. (...) les coïncidences sont nombreuses et l'analogie qui en résulte surprenante. Mais une question se pose immédiatement. Faut-il les attribuer au hasard? A contrario, une influence mystérieuse s'est-elle manifestée en semant tant de points de convergence le long des vies des deux malheureux présidents?» (8)

«(...) On peut voir poursuit le commentateur, dans cette suite de coïncidences une preuve de la réincarnation. Mais ce n'est pas la seule explication possible. Peut-être existe-t-il ce qu'on pourrait appeler des «âmes corrélées», c'est-à-dire des liens quantiques entre des êtres régis par une matrice commune à un niveau d'organisation supérieur. Le mot «quantique» est ici particulièrement révélateur. L'auteur attribue un pouvoir magique à un phénomène dont il ignore tout. Pour ceux qui refusent ce clinquant de pacotille, les coïncidences qui jalonnent les vies de Lincoln et de Kennedy ne sont que le fruit du hasard, un mot que Le Petit Robert définit ainsi: Hasard: [...] Cause fictive de ce qui arrive sans raison apparente ou explicable, souvent personnifiée au même titre que le sort, la fortune, etc. «Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité» (Monod)». (8)

La synchronicité : Un immense standard de la partie immergée de l’iceberg

«L'esprit rationnel poursuit l'auteur rejette tout lien autre que fortuit en ce qui concerne la synchronicité, un terme consacré par Carl Gustav Jung, un grand nom de la psychiatrie et de la psychanalyse helvétique, qui en donne un exemple vécu (...). Dans un moment décisif de son traitement, une jeune patiente eut un rêve où elle recevait en cadeau un scarabée doré. Tandis qu'elle me racontait son rêve, j'étais assis le dos tourné à la fenêtre fermée. Soudain, j'entendis derrière moi un bruit, comme si quelque chose frappait légèrement à la fenêtre. Me retournant, je vis qu'un insecte volant à l'extérieur heurtait la vitre. J'ouvris la fenêtre et attrapai l'insecte au vol. Il offrait avec un scarabée d'or l'analogie la plus proche qu'il soit possible de trouver sous nos latitudes (...). (8)

« Dans cet événement mineur, Jung voit un signe difficile à décrypter, certes, mais qui va au-delà du hasard et qui est à même de jeter un pont entre matière et psychisme. Il le classe parmi les exemples de coïncidences entre deux événements qui sont «liés par le sens», mais n'ayant pas de connexion causale. Pour exprimer les choses d'une autre manière: certains phénomènes «sont caractérisés par la coïncidence pleine de sens d'un phénomène physique avec un phénomène psychique sans qu'on puisse imaginer une raison ou un mécanisme de causalité évident.» Le terme important, ici, c'est l'expression «pleine de sens». Ce qui peut surprendre, c'est que, dans son étude de la synchronicité, Jung ait été soutenu par le physicien théoricien Wolfgang Pauli, prix Nobel de physique de 1945. En réalité, il n'y a pas lieu d'être étonné. Rien ne s'oppose à ce que les hommes de science aient des croyances, quelle que soit leur nature.» (8)

«(...) Pour le rationaliste conclut l'auteur, la similitude des destins de Lincoln et de Kennedy ainsi que l'anecdote du scarabée doré s'interprètent comme des coïncidences fortuites. (...) Le rationaliste déjà évoqué en conclut qu'elles peuvent parfaitement relever du seul hasard, compte tenu du fait que la fonction présidentielle de Lincoln et Kennedy les exposait tous deux à certains risques et notamment à celui d'être tués en cours de mandat. (8)

En fait, si on devait simplement expliquer la synchronicité, il nous faut imaginer deux esprits qui, en surface sont différents et n'ont aucune relation apparente, mais qui sont en profondeur reliés comme le seraient des fils téléphoniques individuels - . En surface cet iceberg présente des individualités - à un immense standard dans les profondeurs du psychisme

L'être humain est friand de merveilleux. Il n'est pas toujours sensible à celui qui nous entoure au quotidien, le miracle permanent que constituent l'existence de l'homme et celle de la nature, ce merveilleux que Kant a résumé d'une seule phrase: «Deux choses emplissent l'âme d'une admiration et d'un respect qui croissent à mesure que l'on y pense: le ciel étoilé au-dessus de ma tête et la loi morale dans mon coeur.» En définitive, existe-t-il un moyen de décider si les coïncidences en jeu sont fortuites ou significatives?» (8)


La question reste posée.



1.L. Talamonti.:Universo prohibito. référence citée p. 93

2. A. Eggar dans Universo prohibito. p.91. Editions J'ai Lu. Paris. 1974.

3.Thornstein H Weireide, dans L. Talamonti. Universo Prohibito Editions J'ai Lu. Paris. 1974

4.Coran: Sourate Al Anbia, les Prophètes 21,verset 23.

5. Coran: Sourate El Kissas, Les récits, 28.verset 68

6.Y. Castellan. la parapsychologie. p. 7. Editions Que sais-je?. P.U.F. Paris.1974

7. fr.wikipedia.org/wiki/Coïncidences_entre_Lincoln_et_Kennedy

8. http://science.blog.lemonde.fr/2014/02/12/lincoln-et-kennedy-qui-sinteresse-aux-coincidences/ Extrait du titre de François Rothen La face cachée de la Lune Presses polytechniques et universitaires romandes

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/213217-y-a-t-il-une-place-pour-le-libre-arbitre.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 18:06

«Objets inanimés avez-vous donc une âme ? Qui s'attache à notre âme..et la force d’amer»

Lamartine (Milly ou la terre natale)

Ce nouveau siècle a vu une accélération des sciences NBIC (Nanotechnologie, Biotechnologie, Informatique Sciences cognitives) notamment celle de l'intelligence artificielle où le mot vivant est de plus en plus galvaudé du fait de son attribution aux machines. On dit que les objets électroniques deviennent «intelligents» s'ils s'adaptent à l'utilisateur et même «vivants» quand ils communiquent avec nous de manière naturelle. Nous devons définir ce que c'est un objet vivant qu'il ne faut pas confondre avec un robot automate aussi sophistiqué soit-il. Le terme s'oppose alors à «vivant»: les objets ne sont pas animés, ils ne sont pas en vie. Ils ne méritent pas le traitement particulier qu'on réserve aux vivants et en particulier celui qu'on réserve aux personnes humaines.

Pour Jean-Claude Heudin, directeur de l'Institut de l'Internet et du Multimédia et spécialiste de l'intelligence artificielle, une tendance décisive est la manière dont ces objets, voitures, maisons ou autres, gèreront eux-mêmes leur énergie, particulièrement dans le cadre d'un smart grid. A propos d'objet intelligent et d'objet smart, il déclare: «Je fais une distinction entre les deux. Dans notre école, le terme 'smart'' correspond à une partie de l'enseignement du Design Interactif. En d'autres termes, ces objets doivent être parfaitement adaptés aux usages des utilisateurs. Leur utilisation doit être simple et évidente. Un objet intelligent, lui, doit en plus être capable de s'adapter à son propriétaire, par exemple en détectant et en mémorisant ses habitudes, en personnalisant ses services...»(1)

«Pourquoi dit-on qu'ils sont «vivants»? C'est une étape supplémentaire poursuit-il, celle des objets capables de dialoguer selon nos propres modes de communication verbale et non-verbale. En d'autres termes, il s'agit de tirer parti de notre tendance naturelle à considérer ce qui nous entoure comme faisant partie de notre groupe social. Cet anthropomorphisme est le résultat de notre évolution en tant qu'animal social. Cette démarche est très étudiée, en particulier en robotique avec les robots humanoïdes.» (1) «On doit prendre garde à ne pas vouloir pousser trop loin la ressemblance. Ainsi, les androïdes conçus par Hiroshi Ishiguro sont comme des clones humains, mais leur ressemblance inquiète plus qu'elle ne rassure. (...) «L'autonomie des machines, associée au recueil massif des données (le «big data») va créer des scénarios inédits que le législateur devra prendre en compte. l'un des domaines où les objets intelligents vont apparaître le plus rapidement est celui de l'automobile, en particulier avec les futures voitures autonomes sans conducteur. (...) Si une voiture autonome a un accident, qui est responsable? (...) Ces technologies coûtent cher à développer et, d'autre part, tous les objets n'ont pas à devenir intelligents». (1)

La maison smart est une réelle avancée technologique. De la cuisine à la chambre à coucher, des toilettes au salon, le meilleur des nouveautés numériques garnit ce lieu que l'on visite comme un petit musée du futur. Impossible de passer à côté du «mur de service connecté», espace stratégique où l'homme (pourvu d'un smartphone comme excroissance naturelle). (2)

De même, avec l'allongement de la durée de vie, les établissements adaptés aux seniors devraient se multiplier. À quoi ressemblera la maison de retraite du futur? Les «signaux faibles» de 2013 nous renseignent, et EDF Pulse en déduit trois scénarios. Avant de couler des jours heureux à jouer à la belote avec des amis au minimum octogénaires, encore faut-il savoir dans quel habitat nous vivrons. Trois possibilités se présentent et font l'objet d'expérience en Suisse en France et au Japon (3)

A côté de ces avancées somme toute utiles pour l'humanité et pour le bien-vivre Après le coeur artificiel, il se murmure que c'est au tour du cerveau de quitter le monde organique pour rejoindre celui de l'artifice. Le cerveau pourrait être composé de neurones en nanotubes de carbone, selon des chercheurs américains. À la tête de ce projet les professeurs Alice Parker et Chongwu Zhou, spécialisés en génie électrique à l'université de Californie du Sud. Ils sont parvenus à fabriquer une synapse (zone de contact entre deux neurones) fonctionnant grâce à des nanotubes de carbone, réalisant une avancée significative dans l'utilisation des nanotechnologies pour la construction d'un cerveau synthétique. Pour atteindre ce résultat, qui pourrait révolutionner la science en général en offrant une seconde vie à tous ceux victimes de dommages cérébraux. (4)

«Mais cette trouvaille n'est que la première étape d'un long processus de recherche et de test. Si les scientifiques sont parvenus à construire un circuit pouvant agir comme un neurone, une question de taille demeure: comment réaliser des structures indépendantes de ces circuits qui imiteraient le fonctionnement du cerveau (celui-ci possède 100 milliards de neurones et 10.000 synapses par neurone!). Le but du jeu, à terme, serait bien sûr de rendre cette exacte copie de notre bon vieux cerveau plus puissante et plus intelligente. Alors certes, le cerveau artificiel, ce n'est pas pour demain, mais une chose est sûre: avec ce genre de découverte, la voie de l'intelligence artificielle est ouverte et passera certainement par la prothèse nanotechnologique. À la clé, la guérison de traumatismes ou de troubles cérébraux. Vivement demain. (4)

Le revers de la médaille

Toute médaille a son revers. Un site intéressant liste les technologies dangereuses pour l’humanité. Nous les résumons ici sans oublier naturellement l’intelligence artificielle : « Tout d’abord l’armement nanotechnologique . S'il y a bien une chose qui pourrait détruire la race humaine sur Terre, c'est l'utilisation des nanotechnologies à des fins militaires. Le risque vient de deux facteurs importants : l'auto-réplication incontrôlée et la croissance exponentielle. Que ce soit les aérovores (qui bloqueraient les rayons du soleil), le plancton gris (qui dévorerait l'écologie sous-marine), le lichen gris (qui détruirait la géologie terrestre) ou les destructeurs de biomasse (qui s'attaqueraient à divers organismes), il ne faudrait pas plus de 20 mois pour une "écophagie globale". La seul défense possible serait de créer un système qui perturberait les mécanismes internes des nanorobots. La plupart des experts sont donc d'accord pour instaurer un moratoire sur les nanotechnologies utilisées comme arme ».(5)

« Ensuite et dans l’ordre : « des machines conscientes C'est l'un des rêves des scientifiques : intégrer une conscience artificielle dans une machine. Cependant, il faut absolument réfléchir à ce sujet avant de se lancer. Selon le philosophe Thomas Metzinger, "aucun comité éthique dans un monde démocratique n'acceptera que de tels recherches soient lancées" ». Une super-intelligence artificielle Comme le disais Stephen Hawking l'intelligence artificielle pourrait être la plus grande erreur de notre histoire . Les voyages dans le temps N'importe quel film de SF traitant de voyages dans le temps nous montre les potentiels dégâts que cela pourrait générer, en particulier les paradoxes temporels. Un dispositif de lecture de l'esprit L'idée que des machines puissent lire les pensées et les souvenirs des gens sans leur consentement n'est pas complètement farfelue (…) L'année dernière, aux Pays-Bas, des scientifiques ont croisé des imageries mentales avec des algorithmes informatiques pour déterminer quelles lettres une personne regardait. L'idée est de reconstruire la pensée humaine à un niveau sans précédent, permettant de montrer ce que vous avez vu, pensé ou enregistré » (5)

En sixième position propose l’auteur : « Un dispositif de piratage cérébral .Par extension, il serait également possible d'altérer nos esprits sans que nous le sachions, de la même façon que dans le jeu Remember Me. Dès que nous implanterons des puces dans notre crâne et en supposant que nous n'arrivions pas à développer des pares-feu suffisamment efficaces, nos cerveaux seraient directement exposés à internet et tous ses maux. Une équipe internationale de chercheurs en neurosciences a mis en place une expérience qui a permis aux participants de s'engager dans une communication entre cerveaux sur internet. Bien sûr, c'est excitant, mais cette forme de télépathie pourrait ouvrir la boîte de Pandore ». (5)

« En septième position : « Des robots autonomes conçus pour tuer les humains. L'idée que des machines puissent tuer des humains sans que personne n'appuie sur la détente est effrayante. (…) Le plus grand danger se cache dans une hypothétique course à l'armement. Après quelques cycles d'amélioration, le développement de robots pourrait franchir un seuil dans lequel la dernière génération serait en mesure de dépasser tout système militaire contrôlée par l'homme. (…) Ensuite nous avons d’après l’auteur : « Les armes bactériologiques Un autre sujet perturbant... Comme indiqué par Bill Joy et Ray Kurzweil en 2005, laisser les génomes de virus mortels à portée du premier venu, c'est précipiter la destruction de notre planète. Certains scientifiques parlent même de virus agissant directement sur le génome humain ». Des peines et emprisonnements virtuels Et l’enfer technologique Dans une perspective d'espérance de vie indéfinie, cet avenir est particulièrement effrayant, avec des possibilités de tortures physiques et psychologiques sans limites ». (5)

Les espoirs des apprentis sorciers sur l'intelligence artificielle

Il est de ce fait évident, malgré les assurances des apprentis sorciers, il nous faire très attention. Les conséquences de certaines avancées peuvent constituer un danger pour la condition humaine. Pour Ray Kurzveil de Google en charge des Nbic et du transhumanisme lors d'une annonce en juin 2013 lors du Global Furures 2045 International Congress à New York qui avait pour but de présenter le monde de 2045, il a été indiqué que l'Humanité connaîtrait dans les années à venir, une croissance technologique totalement nouvelle et largement supérieure à celle que l'on connaît aujourd'hui plus connue sous le nom de «Singularité Technologique». Ce concept tend à l'immortalité digitale, en conservant l'intelligence et le cerveau de l'Homme pour l'éternité. L'Homme a rendu indispensable les nouvelles technologies à sa vie. Kurzweil explique que «nous allons devenir de plus en plus «non-biologiques», au point où les parties non-biologiques domineront et que les parties biologiques ne seront plus importantes. En fait, la partie machine, sera si puissante, qu'elle pourra totalement modeler et comprendre la partie biologique. Du coup, même si cette partie biologique était retirée, cela ne ferait aucune différence. (...) Nous aurons également des corps non biologiques - nous pouvons créer des corps virtuels et une réalité virtuelle aussi réaliste que la réalité réelle. Nous serons donc capables de changer de façon routinière de corps, mais aussi d'environnement, très rapidement. (6)


L'intelligence artificielle: Premier risque d'extinction de l'humanité?

Après ces aspects somme toute positifs, beaucoup de scientifiques s'interrogent sur les «bienfaits et surtout les limites de l'intelligence artificielle. Ainsi une équipe de scientifiques du Future of Humanity Institute et de la Fondation des enjeux mondiaux de l'université d'Oxford, a déterminé les différents scénarios qui pourraient entraîner une extinction de l'humanité. Douze événements apocalyptiques amèneraient la fin de toute vie sur Terre. Pour eux la grande majorité de ces causes pourrait être contrôlée par l'homme, comme c'est le cas pour le réchauffement climatique ou encore la guerre nucléaire. Ce ne sera pas évident s'agissant de l'intelligence artificielle qui peut échapper au contrôle humain. Parmi les autres causes possibles d'extinction de l'humanité, on peut retrouver, une immense pandémie, l'irruption d'un super-volcan, la collision de la Terre avec un astéroïde géant, ou encore un effondrement simultané de tous les fondements de notre société dû à de mauvaises politiques locales. Nous voilà prévenus... «Au lendemain d'une lettre ouverte de la communauté scientifique internationale, recueillant les signatures de grands noms du secteur comme Elon Musk fondateur de Tesla et Space X ou Jaan Talinn, co-fondateur de Skype, l'analyse de l'équipe d'Oxford conforte un point crucial: il est indispensable de développer l'intelligence artificielle avec précaution et dans une démarche positive pour l'humanité. Car si, selon les chercheurs, l'élaboration de machines toujours plus intelligentes pourrait mener l'humanité à sa perte (dans un scénario très proche de celui de la trilogie «Matrix»), il est également avéré que cette même intelligence artificielle pourrait être l'outil le plus adéquat pour empêcher les autres possibilités d'apocalypse imaginées par les scientifiques. (7)


Intelligence artificielle: Pourquoi avoir peur?

Les progrès de l'intelligence artificielle menacent la survie de l'espèce. C'est en tout cas les avis autorisés de Bill Gates, Stephen Hawking et Elon Musk. Quel est le point commun entre Stephen Hawking, Bill Gates et Elon Musk? Le scientifique, le co-fondateur de Microsoft, et celui de Tesla et SpaceX pensent que l'intelligence artificielle constitue une menace pour l'humanité. ««Je ne comprends pas dit Bill Gates pourquoi les gens ne sont pas inquiets.» «Je suis de ceux qui s'inquiètent de la super-intelligence. Dans un premier temps, les machines accompliront de nombreuses tâches à notre place et ne seront pas super-intelligentes. Cela devrait être positif si nous gérons ça bien. Plusieurs décennies plus tard cependant, l'intelligence sera suffisamment puissante pour poser des problèmes. Je suis d'accord avec Elon Musk et d'autres, et je ne comprends pas pourquoi les gens ne sont pas inquiets».» (8)

«Elon Musk joue depuis quelque temps le rôle du Cassandre de l'intelligence artificielle. 'Je pense que nous devrions être très prudents. Si je devais deviner ce qui représente la plus grande menace pour notre existence, je dirais probablement l'intelligence artificielle. Je suis de plus en plus enclin à penser qu'il devrait y avoir une régulation, à un niveau national ou international, simplement pour être sûr que nous ne sommes pas en train de faire quelque chose de stupide. Avec l'intelligence artificielle, nous invoquons un démon''.» (8)

«Le célèbre physicien Stephen Hawking, se montre lui aussi pessimiste. «Réussir à créer une intelligence artificielle serait le plus grand événement dans l'histoire de l'homme. Mais ce pourrait aussi être le dernier», prévient-il. Ou encore: «L'impact à court terme de l'intelligence artificielle dépend de qui la contrôle. Et, à long terme, de savoir si elle peut être tout simplement contrôlée». Mais le plus préoccupant, ce n'est pas cela. C'est la possibilité que la machine se retourne contre l'homme, non parce qu'elle aurait acquis comme par magie une conscience maléfique, mais parce que les capacités de calcul limité des programmeurs ne peuvent pas éviter l'apparition d'effets pervers.» (8)

«Une super-intelligence artificielle pourrait employer des moyens, logiques mais pervers et dangereux, d'atteindre son but (...) Ce genre de bug est inévitable, selon Gérard Berry, informaticien et professeur au Collège de France. Dans une interview à Rue89, il explique: «L'homme est incomplet, incapable d'examiner les conséquences de ce qu'il fait. L'ordinateur, au contraire, va implémenter toutes les conséquences de ce qui est écrit. Si jamais, dans la chaîne de conséquences, il y a quelque chose qui ne devrait pas y être, l'homme ne s'en rendra pas compte, et l'ordinateur va foncer dedans. C'est ça le bug.» (7) L'astrophysicien Stephen Hawking persiste: Pour lui,: «L'intelligence artificielle (IA) est une menace pour le genre humain. L'astrophysicien avait déjà indiqué ses craintes dans une tribune cosignée avec trois autres chercheurs en mai dernier. Interrogé par la BBC le savant estime que «le développement de l'intelligence artificielle pourrait signifier la fin de le genre humain». Cet avertissement venait en réponse à une question sur la technologie qu'il utilise pour communiquer, qui implique une des formes de base de l'intelligence artificielle.» (9)

«Tout en saluant l'utilité de cette nouvelle technologie, le professeur Hawking dit «craindre les conséquences de la création d'un outil qui pourrait égaler ou dépasser les humains». Ce type de technique 'pourrait se lancer seule et se reproduire, à une vitesse accélérée''. 'Les humains, limités par la lenteur de leur évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés''.» (9)

Face à ces dangers, la communauté scientifique se mobilise. A la suite d'une conférence internationale organisée par l'Institut du Futur de l'Humanité, le 2 janvier 2015, l'Institut a publié une lettre ouverte pour inciter le monde de la recherche à ne pas se concentrer uniquement sur le développement des capacités de l'intelligence artificielle, mais aussi sur ses bénéfices pour la société et la constitution de garde-fous. Ces technologies sont à l'évidence utiles mais demandent un temps pour accepter de les intégrer dans l'environnement. L'assistance à l'humain dans des tâches répétitives et usantes ou pour accompagner moralement des personnes isolées est positive.

La place des robots dans notre vie quotidienne est inéluctable: l'éducation des enfants dès la naissance, les actes de chirurgie, la production des biens de consommation. Il faut cependant faire attention que ces objets vivants ne soient pas amenés à nous «échapper» en prenant des décisions à notre place. S'agissant de l'immortalité promise dans trente ans, elle n'aura pas les aspects actuels. Les trans-humanistes nous promettent le téléchargement d'un disque dur de tout ce qui existe dans le cerveau. Bienvenu dans le monde d'Orwell où les biens nés, les riches et les puissants resteront immortels. Les autres resteront esclaves et serviront continuellement de variable d'ajustement. Ainsi ira le monde que nous promet une science prométhéenne à moins d’une prise d conscience universelle où l’égoïsme fait place à l’empathie d’autant plus nécessaire que nous sommes embarqués sur le même vaisseau. A trop jouer avec le feu, on risque de perdre ce qui est notre patrimoine le plus précieux ; notre humanité.

1. http://pulse.edf.com/fr/les-objets-intelligents-deviendront-ils-vivants?utm_ source=Futura-Sciences&utm_medium=Emailing&utm_campaign=ExpertHeudin


2. http://pulse.edf.com/fr/bienvenue-dans-la-maison-smart


3. http://pulse.edf.com/fr/la-maison-de-retraite-de-demain


4. http://pulse.edf.com/fr/un-cerveau-artificiel-en-2050

5.fandeloup http://fandeloup.centerblog.net/6531169-les-10-technologies-qui-ne-doivent-jamais-voir-le-jour 14/09/2014

6. http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/2045-l-homme-sera-immortel-147343

7. http://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-2953478/12-ways-world-end-likely-causes-Apocalypse-identified-scientists-include-mega-virus-nuclear-holocaust-SUPERVOLCANO.html jeudi 19 février 2015


8. Raphaële Karayan 02/02/2015 http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/intelligence-artificielle-attention-danger-meme-bill-gates-a-peur_1647411.html?

8.Catherine Gouëset 02/12/2014 http:// www.lexpress.fr/actualite/sciences/pour-stephen-hawking-l-intelligence-artificielle-menace-le-genre-humain_1628230.html #ZoQYRd9z0T5 JDKaG.99

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/212890-une-arme-qui-pourrait-detruire-l-humanite.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 12:19

«Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.» Ecclésiaste 1

« Ceux qui sont contre nous… il faut prendre une hache et lui couper la tête »

Avigdor Lieberman à propos des Arabes

Ce qui était prévisible est arrivé pour la quatrième fois: Benyamin Netanyahu va présider aux destinées d'Israël en s'alliant aux parties extrémistes, notamment celui d'Israël Beitanou ((Israël notre maison) d'Avigdor Lieberman Lithuanien de naissance et qui a déclaré récemment qu'il faut éliminer les Arabes israéliens reprenant la rhétorique de Daesh. Les Palestiniens plus atomisés que jamais avec un leader totalement dépassé et qui s'accroche encore aux velléités de traduire Israël devant la Cour pénale internationale sont au désespoir. De l'autre côté à Ghaza, plus que jamais asphyxiée, le Hamas prend en otage les Ghazaouis qui attendent toujours l'argent promis pour la reconstruction. Même les salaires ont été bloqués par Israël qui les distille au compte-gouttes.


Deux Israël face à face

La veille du scrutin, Netanyahu abat sa dernière carte, s'il est réélu il promet qu'il n'y aura pas d'Etat palestinien. Le message politique de Netanyahu se résume en deux phrases, c'est moi ou le néant. Les différents acteurs sont toujours les mêmes, une droite et une gauche réunies dans le même mépris des Palestiniens. On dit que la coalition:-l'Union sioniste- Tsipi Livni et Ytzhak Herzog, récemment mis, en oeuvre aurait le vent en poupe. Qu'en est il exactement?
«Ce sont, écrit Aude Marcovitch, deux Israël qui sont face à face.(...)Dimanche soir, ce sont lesdits religieux qui ont rempli à leur tour la place, à l'appel de la droite. Une majorité de familles, beaucoup de jeunes adolescents, kippa au vent, venus par cars entiers depuis les colonies soutenir le leader du Likoud. (...) Au micro, le Premier ministre a agité une fois encore le chiffon de la peur si d'aventure la gauche arrivait au pouvoir (...) Le ministre de l'Industrie, Naftali Bennett (Foyer juif, ultranationaliste religieux), a déployé son charisme pour faire vibrer la foule, évoqué son credo, «le peuple d'Israël, la terre d'Israël, la Torah d'Israël» pour marteler qu'aucune terre ne serait rendue aux Arabes - «on ne peut pas coloniser sa propre terre». (1)

«Pour la première fois depuis longtemps, ces législatives s'accompagnent d'une grande inconnue sur le score final. Mené aux voix dans les sondages par l'Union sioniste (centre gauche), le Likoud et son leader Benyamin Nétanyahou sentent souffler le vent du boulet. A l'inverse, l'Union sioniste a fait du remplacement de Bibi, le centre de sa campagne. Récemment, plusieurs personnalités israéliennes ont annoncé leur volonté de voter pour le changement incarné par l'Union sioniste: l'ex-président Shimon Pérès, l'ancien chef du Shin Beth (le renseignement intérieur) Yuval Diskin et celui du Mossad Meïr Dagan.» (1)
«Une défaite de la droite, veulent croire les partisans de la paix avec les Palestiniens, offrirait enfin un filet d'espoir pour relancer les négociations. Au total, 5 881 696 électeurs sont invités à désigner leurs futurs 120 députés à la Knesset.

Tout est parti de la dissolution de la 19e Knesset le 8 décembre 2014. Nethanyahu voulant une majorité plus confortable a convoqué des élections législatives anticipées. «L'absence de cohésion idéologique serait devenue ingérable. Elle est apparue au grand jour en novembre 2014 lors des débats sur un projet de loi controversé, définissant Israël comme un Etat juif. (...)» «Benyamin Nétanyahou poursuit Aude Marcovitch, n'a formulé aucune proposition, aucune idée nouvelle pendant la campagne, se contentant de prétendre au titre de garant unique de la sécurité nationale. (...) Comme à son habitude, le chef du gouvernement a utilisé l'instrument de la peur pour dissuader les électeurs de voter pour l'opposition. Cet extrait d'un post publié le 13 mars sur sa page Facebook donne une idée de la tonalité de ses discours. «Ces organisations étrangères comprennent que la seule chose empêchant un retrait aux frontières de 1967, la division de Jérusalem, l'établissement d'un ´´Hamastan B´´ sur les collines au-dessus de Tel-Aviv, de l'aéroport Ben-Gourion et de l'ensemble d'Israël, et l'acception d'un Iran nucléaire, c'est un gouvernement Likoud.» Mais ce chantage à la sécurité nationale ne semble plus fonctionner auprès d'une majorité d'électeurs(1).

«Quant à Meretz, il est victime à la fois de la quasi-disparition du «camp de la paix», provoquée par la lassitude de négociations stériles avec les Palestiniens, et du réalisme de nombreux électeurs. Mus par le rejet de Nétanyahou, ils cherchent l'efficacité en votant, sans enthousiasme, pour le duo Herzog-Livni, à la tête de l'Union sioniste. (...) Les petites formations ultra-orthodoxes et le Foyer juif de Naftali Bennett espèrent attirer son aile radicale. Au contraire, les déçus plus modérés du Likoud pourraient être séduits par une nouvelle formation, Koulanou, lancée par un ancien ministre de M.Nétanyahou, Moshe Kahlon. (...)» (2)

Il faudra réunir 61 sièges sur 120. L'affaire est extrêmement complexe, en raison de l'affaiblissement continu depuis trente ans des deux piliers historiques de la politique israélienne, les travaillistes et le Likoud. (;..) Le président Reuven Rivlin a d'ailleurs fait appel à la mise en place d'un gouvernement de coalition ce dont ne veut pas Benyamin Netanyahou qui a annoncé sur sa page Facebook sa victoire et qui a commencé ses consutlations avec les parties d'extrême droite Moshe Kahlon, le président de Koulanou, apparaît comme «le faiseur de rois «de ces élections (avec 9 ou 10 sièges). Zehava Gal-On, la chef du parti Meretz, à la gauche des travaillistes, appelle Moshe Kahlon à se rallier au centre gauche pour la formation d'une coalition. Il refuse si le parti arabe en fait partie.



Que pèsent les Arabes israéliens?

L'autre force qui devrait peser est la Liste unie des partis arabes. Pour la première fois, les quatre petits partis arabes ont pu se féderer et présenter une liste unique «Pour la première fois de l'histoire, ces formations ont surmonté leurs ambitions et leurs divergences idéologiques. C'est la peur de ne pas franchir la nouvelle barre de 3,25%, indispensable pour entrer à la Knesset, qui les a motivés. En cas de forte mobilisation chez les Arabes israéliens (20% de la population), ils pourraient atteindre jusqu'à 14 sièges, selon les sondages. (...)
Justement, les dernières estimations leur donnent 13 sièges. en troisème position.

Quelles sont leurs revendications? Il faut bien en convenir, le sort des Palestiniens de Cis-jordanie et de Ghaza ne les intéresse pas outre mesure, c'est surtout leur situation sociale et la réalité de leur place dans une société israélienne d'apartheid où le taux de chomage, les emplois bas de gamme, sont leur lot. Les disciminations sont importantes aussi pour les falashas pourtant juifs... On le voit, le drame des autres Palestiniens n'est pas une préoccupation majeure pour ces Arabes israéliens qui rentrent dans le moule d'une société qui ne leur fait pas de classe. Une sorte de colonisation in situ.

Ce qu’il y a de sûr c’est qu’une bonne partie des Israéliens les considère comme des infa-humains. Le racisme style celui d’Avigdor Lieberman cet Israélien né dans les pays baltes leur promet de leur couper la tête. Rien que cela et comme l’écrit Gédeon Levy , Dans les pays européens une déclaration pareille amènerait la démission


Benyamin Netanyahu, enfermé dans ses certitudes

Tout le message politique de Netanyahu conforté par son voyage aux Etats-Unis où- invité par le Sénat sans l'accord de la Maison-Blanche; pour la première fois dans l'histoire des Etats-Unis, un chef d'Etat étranger vient aux Etats-Unis et ne rencontre pas le président,- il s'est permis de faire la leçon au président en tentant par tous les moyens de torpiller l'éventuel accord sur le nucléaire iranien.

«En fait, son acharnement écrit Piotr Smolar résume bien l'offre limitée qu'il propose aux électeurs pour obtenir un quatrième mandat: c'est moi ou le néant, comprendre la gauche. La gauche qui abandonnera vos enfants, vendra vos meubles et détruira les fondations de la maison Israël. La gauche, meilleur ennemi de «Bibi» depuis vingt-deux ans et sa prise de contrôle du Likoud. En décidant de saborder son gouvernement en décembre 2014,. (...) Malgré son expérience, son opportunisme et la domination idéologique de la droite, il n'est plus capable de surprendre. Ses atouts sont devenus ses travers. Lui qui avait dynamité les codes de la communication politique pour obtenir son premier mandat, en 1996, puis avait reconquis le pouvoir en 2009, ressemble à un homme cerné. Arrive un âge - il a 65 ans - où l'on ne peut plus se réinventer; tout juste se caricaturer. «Nétanyahou est comme un avion volant vers nulle part, un avion chic, avec lit double et excellent vin, expliquait, il y a quelques semaines, le secrétaire général du Parti travailliste, Hilik Bar. Les citoyens ne sont pas conviés à bord, mais le pilote les avertit que l'avion pourrait s'écraser, alors ils mettent de côté leurs problèmes de vie quotidienne. C'est la plus grande fraude de l'histoire.» (3)

«Isaac Herzog, le travailliste à l'allure d'enfant sage, Tzipi Livni, la centriste réputée pour sa fermeté, forment une drôle d'alliance. Une alliance qui porte le nom d''union sioniste', revendique le patriotisme, un Etat juif et démocratique', et veut incarner l'alternance politique. (..;) Isaac Herzog est au coude-à-coude avec le poids lourd de la politique que représente Benjamin Netanyahu. Pourtant, Isaac Herzog n'a que peu d'expérience comparé au Premier ministre sortant et encore moins son charisme. Mais il mise sur le tout sauf Netanyahu'': (...) (...) Tsipi Livni est un peu la dame de fer israélienne. Egalement diplômée en droit, c'est comme agent secret qu'elle débute sa carrière, au sein du Mossad. Elue députée en 1999, (...) » (3)

« En 2006, poursuit Piotr Smolar, elle entre au gouvernement Olmert sous les couleurs de Kadima. Elle est à nouveau ministre des Affaires étrangères et vice-Premier-ministre. Tantôt colombe tantôt faucon, Livni soutient l'opération Plomb Durci' à Gaza en 2008, estimant qu'il n'y a pas d'autre option que l'option militaire. Pour autant, la même année, elle propose à Mahmoud Abbas un plan de paix fondé sur la création d'un Etat palestinien. (..)Ministre de la Justice dans le gouvernement de Netanyahu, elle est limogée en décembre dernier. Le binôme Herzog/Livni, a axé son programme sur la justice sociale, proposant la baisse du coût de la vie et du prix des logements, sans pour autant négliger la question sécuritaire. Par ailleurs, ils ont fait campagne en faveur de la reprise du processus de paix israélo-palestinien.» (3)

«Les tonnerres d'applaudissements recueillis au Congrès américain le 3 mars à Washington, lors de son réquisitoire contre un accord avec l'Iran sur le nucléaire, ont été un délicieux répit dans une campagne éprouvante. M.Nétanyahou connaît mieux que quiconque les arcanes du Congrès. (...) «Aux Etats-Unis, les gens disent que s'il était né en Amérique, il aurait pu facilement devenir président, assurait sa femme Sara, dans une conversation privée enregistrée à son insu durant l'été 2014 et dévoilée récemment par le quotidien Maariv. Le monde entier l'admire.» Tirade lunaire, alors qu'Israël n'a jamais paru aussi isolé sur la scène internationale.» (3)

Piotr Smolar analyse la psychologie de Benyamin Netanyahu: «(...)Ce tropisme américain de M.Nétanyahou écrit-il, ne doit pas cacher l'essentiel: son empreinte idéologique forte, mélange de nationalisme vindicatif et de conservatisme. (...) Son père, l'historien Bension Nétanyahou, mort à 102 ans en 2012, fut son phare idéologique. Figure intellectuelle de la droite dure, il cultiva un profond pessimisme sur le destin des juifs et considérait les fondateurs socialistes d'Israël comme de dangereux rêveurs. Il n'admit jamais la moindre concession aux Palestiniens. A la fin des années 1950, il choisit d'émigrer en famille aux Etats-Unis. Le professeur enrageait de ne pas trouver sa place dans le milieu universitaire, à cause de la domination de la gauche israélienne. L'idée de revanche contre ces élites a souvent été soulignée par les biographes de «Bibi». Il en est persuadé.» (3)

«A ses yeux, cette gauche ne serait pas légitime pour défendre le pays contre les menaces extérieures: Hezbollah au nord, Hamas dans la bande de Gaza, et l'Iran partout, pieuvre voulant la destruction d'Israël, dans ce Proche-Orient en éruption. (...) L'émergence de l'organisation Etat islamique a renforcé M.Nétanyahou dans ses convictions. Depuis toujours, la peur est l'encre de ses discours. Elle permet d'évacuer au second plan la justice sociale, les droits individuels ou les colonies illégales en Cisjordanie. Il aime trop Israël pour aimer les Israéliens.» (...) Bibi juge que Tzipi Livni et Isaac Herzog, les leaders de l'opposition, sont «indignes» de diriger le pays. Ils «ne tiendraient pas une journée sous la pression», a-t-il confié au grand quotidien gratuit Israel Hayom, «Nétanyahou a lavé le cerveau de la population en faisant croire que l'Etat d'Israël était dans la même situation que celle des juifs d'Europe avant l'Holocauste», a expliqué récemment Mme Livni à la télévision, elle qui fut sa ministre de la Justice jusqu'en décembre 2014. (3)

«L'Iran: son obsession, sa croisade, sa «mission», selon son propre mot. (...) Les rares conseillers qui le côtoient deviennent mutiques à la moindre question relative à sa psychologie. (...) Nétanyahou est prudent avec les gens, car il a tiré les leçons d'expériences passées.» (...) Benyamin Nétanyahou apparaît aujourd'hui comme un homme sur la défensive, replié dans un bunker(...) De nombreux cadres du Likoud, susceptibles de lui faire de l'ombre, ont quitté la formation. Tel Dan Meridor, figure historique et modérée du parti, horrifié par sa pente nationaliste et le culte de la conquête territoriale, au détriment de la paix. Mais pourquoi prendre le risque de la paix? Elle serait grosse d'un autre danger: celui de se priver d'ennemis.(3)

Depuis quelque temps, les dirigeants israéliens multiplient les pressions et déclarations visant à faire d'Israël la patrie du peuple juif. Ce vocable d'Etat du peuple juif- lourd de signification et de danger pour les Palestiniens- commence à faire son chemin dans l'imaginaire occidental qui n'a pas de réticence à l'admettre au nom de la dette éternelle à la fois pécuniaire et morale. Les groupes sionistes dont l'idéologie est raciste prennent comme bouclier le Judaïsme et, afin de «protéger» l'Etat d'Israël et de masquer ses violations du droit international, traitent d'antisémites tous ceux qui ne sont pas d'accord avec la politique de cet Etat dont les gouvernants pratiquent manifestement l'apartheid envers la population palestinienne. Shlomo Sand s'étonne pourtant qu'aujourd'hui, les mythes fondateurs juifs continuent à être considérés comme absolument véridiques.

Nous ne pouvons qu'être sincèrement admiratifs devant la démocratie israélienne pour les Israéliens juifs mais blancs de peau. Tout y est la transparence, le respect de l'alternance. S'agissant des autres Israéliens de seconde zone, c'est une autre affaire.

Comme l’écrit si bien Gédéon Levy dans le Journal israélien de gauche « Haaretz » Les sommets atteints par l’expression de la haine contre les Arabes sont choquants, tout comme leur acceptation par le public israélien. (…) Le fléau du racisme s’étend bien au-delà de l’extrême droite : notez ce qui a été dit (et non dit) par la gauche et par le centre. Il faut commencer, bien sûr, par ce grand pollueur du langage, Avigdor Lieberman. Son hébreu est sommaire, son anglais une plaisanterie, ses expressions répugnantes dans quelque langue que ce soit. Et même pire que ses diarrhées verbales, qui ont touché le fond du fond, est l’apathie israélienne face à elles ».(4)

« (…)Seuls des dictateurs africains dépassés parlent de haches et de décapitation – et les leader de l’État islamique bien sûr. Mais tel est l’univers intellectuel, culturel et moral du ministre israélien des affaires étrangères, une brute qui a eu une condamnation pour avoir attaqué un enfant. Le monde ne peut pas comprendre comment la remarque de Lieberman a été acceptée avec une telle sérénité en Israël, où certains commentateurs très suivis continuent à croire que ce politicien cynique et écoeurant est un homme d’État raisonnable. Son attaque n’a pas été moins répugnante, lors d’un débat télévisé, contre Iman Odeh, tête de la « Liste conjointe », qu’il a traité de « cinquième colonne » et auquel il a dit « On ne te veut pas ici », « va à Gaza ». Aucun des autres chefs de partis présents, y compris ceux des listes de gauche et du centre, qui avaient l’avantage dans le débat, ne s’est manifesté pour arrêter la tirade de Lieberman. (Zehava Galon du Meretz, l’a dénoncé après coup). Le silence vaut aveu de culpabilité. Nous sommes tous Lieberman ».(4)

Gédéon Levy avance – à notre sens- que le racisme est consubstantiel des sentiments des dirigeants israéliens. Il poursuit : « Le racisme de la période électorale a été planté bien au-delà des jardins pourris et puants de Lieberman, Naftali Bennett, Eli Yishai et Baruch Marzel. Il est presque partout. Nos villes ont récemment été souillées par des affiches dont les messages diaboliques sont à peu près égaux aux slogans tels que « Kahane avait raison » « Mort aux Arabes ». « Avec Bibi Bennett, nous serons à jamais coincés avec les Palestiniens » menacent les affiches collées sur chaque pont et palissade, par l’Association pour la Paix et la Sécurité des experts de la sécurité nationale. Il est impossible de savoir quel est le niveau de leur expertise en matière de paix et de sécurité, mais ils sont clairement experts en incitation. Le message et ses signataires sont considérés centre-gauche, mais eux aussi sèment la haine et le racisme ».(4)

Parlant des Arabes israéliens il ajoute : « « On sera coincés à jamais avec les Palestiniens » ? Oui. Les Palestiniens n’iront nulle part. Même si un État palestinien est établi, certains d’entre eux resteront en Israël. Que sont supposés ressentir les Arabes du pays quand des annonces aussi haineuses leur sont adressées ? Et qu’y a-t-il de si terrible à être « coincés » avec eux ? Sont-ils infectés par une maladie ? Etre coincé avec Lieberman est bien pire. (…) Même le cher Amos Oz que j’aime, qui dans Haaretz (« Les rêves qu’Israël devrait abandonner – vite », 13 mars) a appelé à un divorce juste avec les Palestiniens (…) Et quid des citoyens arabes d’Israël ? Que peuvent-ils ressentir quand un des plus importants intellectuels du camp de la paix en Israël dit qu’il veut le divorce ? Vont-ils rester parmi nous comme des lépreux ? » (4)

On dit que la Maison Blanche a accueilli froidement la nouvelle de la réelection de Netanyahu. En fait ce dernier n’a plus à écouter Obama, puisque sa position est claire concernant la naissance d’un Etat Palestinien. Ses interlocuteurs aux Etats Unis sont le lobby de l’Aipac et le Sénat.

Rien de nouveau sous le soleil pour les Palestiniens. Pis encore, Netanyahu aura les coudées franches pour faire aboutir justement son obsession d'un Etat juif aseptisé de toutes ses scories de l'histoire. On l'aura compris, les Arabes israéliens seront les futures variables d'ajustement, et à terme, ils auront vocation à quitter Israël, n'étant pas juifs. Une deuxième Nekba se profile à l'horizon. Qui s'en soucie?



1. Aude Marcovitch http://www.liberation.fr/monde/2015/03/16/un-pays-aux-deux-visages-et-des-elections-a-plusieurs-inconnues_1222002?xtor=EPR-450206&utmsource= news letter&utm_medium=email&utm_campaign=quot


2. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/16/bibi-ou-bouji-les-electeurs-israeliens-appeles-aux-urnes_4594499_3218.html#D5Oi4TCi6c4ofXih.99


3. Piotr Smolar http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/03/14/benyamin-netanyahou-enferme-dans-ses-certitudes_4593598_3218.html#DU1KaIXHDcWiXiqs.99

4. Gideon Lévy: To see how racist Israel has become, look to the left http://www.haaretz.com/ opinion/.premium-1.646914 15 mars 2015

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/212822-le-mepris-souverain-de-netanyahu-pour-les-palestiniens.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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