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6 août 2015 4 06 /08 /août /2015 12:17

«L'ancien monde est déjà disparu, le nouveau monde n'est pas encore là, et dans cet entre-deux les monstres apparaissent»

Antonio Gramsci

Depuis toujours, l'homme se bat avec son prochain, et à plusieurs reprises au cours de l'histoire, des guerres particulièrement meurtrières ont eu lieu, faisant plusieurs millions de victimes. Il est connu que le monde actuel va mal et que la fin du XXe siècle et ce XXIe siècle devaient nous amener à la sérénité, maintenant que la Guerre froide appartient au passé. Après le démantèlement de l'Urss, l'Occident promettait «Un Nouvel Ordre» une «Fin de l'histoire» et une «paix pour mille ans». Les guerres se sont multipliées en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie centrale; principalement visés les pays arabes et musulmans.

Il est primordial de dresser un bilan des guerres qui affligent plusieurs régions dans le monde afin de développer une conscience profonde d'indignation devant cette situation intolérable qui perdure et qui s'avère la poursuite d'un siècle marqué par plus de 200 guerres. Depuis le début du millénaire on compte jusqu'à ce jour 55 guerres, conflits armés, opérations militaires ou révoltes, cette période ayant été désignée par l'ONU comme un temps fort pour le développement avec les Objectifs du Millénaire. Mieux encore il semble qu'il n'y ait que 11 pays qui ne soient pas en guerre dans le monde. On y retrouve la Suisse, le Brésil, le Vietnam et curieusement le Qatar dont on sait qu'il est un exportateur net de la violence grâce à sa diplomatie du chéquier.

La militarisation planétaire s'intensifie

De fait nous dit le professeur Jules Dufour: «Avec le démantèlement de l'Urss on pensait que les dépenses militaires baisseraient; après une petite pause elles continuèrent d'augmenter de façon constante. Depuis le début du XXIe siècle le processus de militarisation de la planète s'est intensifié. La course aux armements ne s'est jamais arrêtée. Bien au contraire, plusieurs guerres sont venues alimenter les industries de guerre des grandes puissances. Aujourd'hui, nous sommes entrés dans une ère de grandes tensions entre les puissances occidentales et la Russie, mais aussi de la curée pour un redécoupage du Moyen-Orient et des pays arabes. 90% de décès dans toutes les guerres sont des civils et les États-Unis ont lancé 201 sur les 248 conflits armés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. (1)

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y a eu 248 conflits armés dans 153 endroits à travers le monde. Les États- Unis ont lancé des opérations militaires à l'étranger 201 entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 2001, et depuis lors, d'autres, notamment en Afghanistan et en Irak.» (2)


Les stocks nucléaires mondiaux

Le professeur Jules Dufour rapporte que: «Selon les données analysées par Robert S. Hans et M.Kristensen en 2006, «malgré les incertitudes, le total mondial des armes nucléaires entreposées est considérablement inférieur à ce qu'il était pendant le pic de la Guerre froide en 1986 avec 70.000 têtes nucléaires. Par le biais de toute une série d'accords sur le contrôle des armes et des décisions unilatérales, les Etats possédant des armes nucléaires ont réduit le stock mondial à son niveau le plus bas en 45 ans. «Nous estimons que neuf Etats possèdent environ 27.000 têtes nucléaires intactes, dont 97% font partie des stocks des États-Unis et de la Russie Environ 12.500 de ces têtes nucléaires sont considérées comme étant opérationnelles, le reste étant en réserve ou en attente d'être démantelée parce que plus opérationnelles.» En dépit des réductions annoncées des armes nucléaires, le Sipri souligne que, leur puissance ne cessant d'augmenter, elles demeurent une menace importante. Aujourd'hui, huit pays (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan et Israël) possèdent plus de 20.500 têtes nucléaires. «Plus de 5000 sont déployées et prêtes à l'emploi, dont 2000 sont maintenues dans un état de haute alerte opérationnelle.» (1) (3)

«Pour l'année 2010, les dépenses militaires globales ont atteint 1112 milliards d’euros. Malgré l'austérité budgétaire en Europe. Une réduction compensée par les pays du Sud, et les grands émergents en tête: Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud.


Les ventes d'armes

Centre névralgique de ce Sud qui s'arme, l'Asie a massivement importé l'année dernière. Des investissements qui sont liés au complexe équilibre régional. «La course aux armements à laquelle se livrent l'Inde et le Pakistan dure depuis plusieurs années, et participe de cette militarisation de l'Asie», témoigne Fabio Liberti, directeur de recherche à l'IRIS. Le montant des ventes d'armes et services à caractère militaire par les plus grandes firmes productrices le Top 100 du Sipri, s'est élevé à 395 milliards de dollars en 2012. «Ce chiffre record a été alimenté par une demande sans précédent des économies émergentes pour des avions militaires et la hausse des tensions régionales au Moyen-Orient et (dans la zone) Asie Pacifique», explique Ben Moores, de IHS Janes. En 2014, l'Arabie saoudite a fait des acquisitions pour une valeur de 64,4 milliards de dollars. Ce pays a dépassé l'Inde pour devenir en 2014 le premier importateur mondial d'équipements militaires.» (1)


Comment procède l'Occident pour créer le chaos constructeur?

L'Occident, à sa tête les Etats-Unis, est constamment en train de tenter de remodeler le monde (reshaping:) à sa convenance en fonction de ses intérêts (doctrine du PNAC Project for New American Century)). Ses vassaux sont là pour ramasser les miettes. Depuis le début du siècle conclut le professeur Jules Dufour. Ce sont principalement les membres de l'Otan qui ont semé la terreur et la mort sur cette planète. Ils l'ont fait directement ou par procuration. Le bras militaire de l'Occident exécute une veille permanente aux intérêts des pays membres et n'hésite pas à intervenir, avec les armes, pour les sauvegarder et ce peu importe les conséquences sur les établissements humains et sur les peuples affectés. Des pays détruits, des milliers de morts et des sociétés désintégrées.

Pour justifier aux yeux de l'opinion publique ses interventions, l'OTAN a mis en place un scénario diabolique pour évincer tout leader ou tout régime «infidèle» qui sera appelé «rogue state», Etat voyou. La technique est la suivante: (1)

1°Infiltration dans les réseaux sociaux de messages faisant appel au renversement du pouvoir en place et déstabilisation des institutions nationales

2°Accusations de crimes de guerre ou de crimes contre l'humanité contre le régime devant être évincé du pouvoir;

3°Constitution à l'étranger d'un gouvernement provisoire rendu légitime par une reconnaissance formelle de la part des gouvernements occidentaux;

4°Résolution soumise et approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU autorisant le recours à la force armée contre le régime en place dans le but de «sauver» des vies humaines; 5°Création dune zone d'exclusion aérienne (moyen utilisé dans la guerre contre la Libye), 6°Demandes répétées au Président ou au Premier ministre de quitter le pouvoir, par des menaces de sanctions; adoption de sanctions économiques et politiques;6°Interventions armées aériennes et terrestres; reconnaissance de la victoire obtenue par les combattants maintenant perçus par l'Occident comme étant des héros et même des «révolutionnaires».(1)

Le professeur Dufour oublie d'ajouter, selon nous, le rôle diabolique des médias mainstream qui martèlent en boucle la légitimité du magister dixit. On pourrait aussi compléter en parlant de main basse sur les ressources par l'envoi des sociétés multinationales pour s'approprier tout ce qui est comestible. Après avoir rendu exsangue le pays, il est abandonné à lui-même, la guerre civile, il devient une zone grise en se somalisant inexorablement.



Les guerres de basse intensité au XXIe siècle

Il est curieux d'appeler conflits de basse intensité des guerres qui fauchent des milliers de vies. Le label classant les guerres selon les intensités se base sur un étalonnage qui a pour référence les conflits des deux guerres mondiales du siècle dernier. Un constat: quel que soit le type de guerre, les armes ont été achetées par les belligérants et les vendeurs que sont les marchands de morts vendent certaines fois aux deux protagonistes. Le résultat étant le chaos.


Pour le professeur Jules Dufour, selon l'état du monde 2015, «seule une minorité (des guerres du XXIe siècle) peuvent être décrites comme des conflits interétatiques. Les autres mettent aux prises un État, souvent déliquescent, et une ou plusieurs rébellions, avec pour enjeu le contrôle du pouvoir, du territoire ou des ressources naturelles. Les divisions ethniques et religieuses alimentent ces nouveaux conflits. Mais ils s'enracinent surtout dans les conséquences de la mondialisation, qui enrichit les plus riches et appauvrit les plus pauvres. Dans la plupart des cas, les guerres du XXIe siècle procèdent de la décomposition institutionnelle et sociale, tout en s'inscrivant dans le cadre des rivalités entre les grandes puissances, anciennes ou nouvelles.(...)»(1)


En Afrique, le Maghreb n'a pas été épargné, avec la révolution salafiste djihadiste les révolutions en Tunisie et en Égypte en 2010 et 2011 sont des facteurs d'instabilité, l'intervention de l'Otan en Libye en 2011 a amené un chaos durable. Le Mali fait face à une guerre civile. Malgré l'intervention de la France, la situation est délicate avec les groupes séparatistes touareg depuis 2012. Malgré l'accord d'Alger de 2015, la guerre continue.

« La Corne de l'Afrique a continué de vivre dans un climat de terreur et, tout particulièrement en Somalie ou les Shebab poursuivent leur occupation d'une portion du territoire national depuis 1991. Il n'a plus d'Etat au sens institutions centrales. Le conflit inter-soudanais depuis 2011, les grands déplacements de populations et les nombreux camps de réfugiés fuyant la guerre ont marqué la guerre civile au Darfour à partir de 2002. Plus au coeur du continent, nous avons la première guerre civile en Centre-Afrique entre 2004 et 2007 ponctuée de massacres interconfessionnels, des combats fréquents en RDC, la guerre djibouto-érythréenne en 2008, la rébellion islamiste au Nigeria dès 2009, la guerre civile en Libye à partir de 2013.» (1) (4)


Le Moyen-Orient et l'Asie 27 conflits armés: de nouveaux Sykes-Picot?

Les conflits les plus meurtriers, poursuit Jules Dufour, ont eu lieu après 2001. L'Afghanistan a été à partir de 2001 jusqu'en 2014 par une coalition de 40 pays (Otan États-Unis). Des dizaines de milliers de morts. (1) Malgré le retrait de l'Otan la situation est chaotique.

« Les taliban sont aux portes du pouvoir. Le Moyen-Orient continue d'être un champ de bataille. Une véritable hécatombe s'abat sur cette région depuis trop longtemps. Israël a livré trois guerres contre les Palestiniens de Ghaza, une en 2008-2009 une seconde en 2012 et la troisième en 2014 faisant des milliers de victimes. L'Irak est en guerre depuis une trentaine d'années. Depuis 2003, c'est un état de guerre permanente même si les Etats-Unis se sont retirés en 2011. La guerre se poursuit contre l'EI devenu Daesh et dont on ne connaît pas la finalité. La Syrie est à feu à sang depuis 2011. Les différentes coalitions offshore dont Jebhat An Nosra sponsorisées par l'Occident ont permis l'avènement de Daesh dont la prospérité ne peut s'expliquer que par l'adoubement occidental. Le Yémen est dans un état d'instabilité chronique depuis 2001.» (1)


Depuis mars, une coalition menée par l'Arabie saoudite tente de chasser les Houtis. Des milliers de morts sans résultat. Selon l'ONU, plus de 21,1 millions de Yéménites ont désormais besoin d'assistance humanitaire - soit 80% de la population -, 13 millions d'entre eux souffrent de pénurie alimentaire et 9,4 millions ont un accès réduit à l'eau.

Les conséquences des guerres: les murs de la honte

Prenant exemple sur le mur de Berlin et sur celui érigé par Israël dans les territoires occupés, et celui de l'Egypte contre Ghaza, le projet de la Tunisie vise à ériger un mur en face de la Lybie. Pour rappel, le continent compte sept: Le mur des sables entre le Maroc et la République sahraouie, les murs autour des enclaves espagnoles de Melilla et de Ceuta, le mur entre le Zimbabwe et la Zambie, le mur entre le Botswana et le Zimbabwe aussi appelé le grillage de la discorde, le mur entre l'Afrique du Sud et le Zimbabwe et, enfin, le mur entre l'Afrique du Sud et le Mozambique. Une forte opposition à la construction de ce mur est venue de la Libye: pour les responsables de Fajr Libya (coalition de milices au pouvoir) dans l'ouest du pays, il n'y a pas de mots assez durs, c'est un nouveau «mur de Berlin»,

Le conflit centenaire israélo-palestinien

Enfin nous ne devons pas oublier de citer, un conflit dont on parle peu est celui opposant Israël aux Palestiniens depuis un siècle avec cette fameuse déclaration de Balfour qui vient implanter le sionisme au coeur de la Palestine.

«Sur quel ton et dans quelle langue faut-il vous le dire?», demande Gideon Levy aux États-Unis et à l'Europe, exigeant des sanctions contre Israël, seules à même de parvenir à une égalité des droits entre Israéliens et Palestiniens. (...) Les Américains ont plié bagage, les Européens ont renoncé, les Israéliens s'en réjouissent et les Palestiniens sont désespérés. (...) Jusqu'à présent, on a utilisé la flagornerie à l'égard d'Israël, lui présentant une carotte après l'autre pour tenter de lui plaire. Cela s'est avéré un échec retentissant. (...) Tant qu'ils n'ont pas à payer le prix de l'occupation et que les citoyens ne sont pas sanctionnés, ils n'ont aucune raison d'y mettre un terme et même de s'en préoccuper.» (5)



Les empêcheurs que sont les nouvelles puissances montantes

L'Empire ne perd pas son temps il cherche une autre proie. Il y aura des découpages à la Sykes-Picot mais leur durée de vie dépendra de la nécessité ou non pour l'Empire de créer un nouveau conflit - et de le gagner- pour s'accaparer ce qui reste de matières premières (énergie, métaux rares.). Cependant plus rien ne sera comme avant. Je pense que la machine impériale est grippée. L'Empire et ses vassaux seront de plus en plus contrés par des puissances qui comptent, à la fois sur le plan financier économique et même militaire comme c'est le cas de la Chine, de la Russie et de l'Inde.

Le tournant a commencé à être pris avec l'effondrement des tours jumelles qui a libéré les néo-conservateurs dans leur fuite en avant et ceci jusqu'en 2011. Pour la première fois deux pays du Conseil de sécurité ont mis leur veto à propos de l'attaque de la Syrie... Le conflit est loin d'être réglé, mais il montre que les Etats-Unis ne sont plus les seuls à décider. Le barycentre du Monde bascule inexorablement vers l'Asie.

Antonio Gramsci a raison d'écrire qu'entre l'ancien et le nouveau monde apparaissent les monstres. Une certitude: les faibles et les ratés vont périr, dixit Nietzche. Nous ne devons être ni faibles ni ratés et ce ne sont pas des combats d'arrière-garde sur la langue qui vont permettre à l'Algérie de répondre avec des arguments appropriés pour seulement espérer survivre dans un monde sans éthique.


1.Prof. Jules Dufour http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit/5440161 av 15

2. http://allainjules.com/2014/05/26/guerres-90-des-morts-sont-des-civils-sur-248-conflits-les-usa-en-ont-provoque-201/

3. (http://www.mondialisation.ca/stocks-nucl-aires-mondiaux/3504


4. https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_guerres#.C3.80_partir_de_2000


5.Gidéon Levy http://zamane.ma/fr/%E2%80%89arretez-de-vous-prosterner-devant-israel%E2%80% 89%E2%80%89/

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/222276-en-attendant-la-lutte-finale.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 20:37

Dis: "Nous croyons en Allah, à ce qu´on a fait descendre sur nous, à ce qu´on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, et à ce qui a été apporté à Moïse, à Jésus et aux prophètes, de la part de leur Seigneur: nous ne faisons aucune différence entre eux; et c´est à Lui que nous sommes soumis". Coran Sourate 3.84

Le 22 juillet un scoop ! Des fragments d’un ancien Coran qui auraient environ 1 400 ans ont été retrouvés par l’université de Birmingham. Selon l’université, qui a fait cette annonce il s’agirait de l’un des plus anciens manuscrits du Coran du monde. L’université de Birmingham a indiqué que le manuscrit consistait en deux pages de parchemin, contenant des parties des sourates – ou chapitres – 18 à 20, retranscrites à l’encre à l’aide d’une forme précoce d’alphabet arabe. (…) Grâce à une analyse au radiocarbone réalisée par le laboratoire de l’université d’Oxford et dont les résultats sont fiables à 95,4 %, il a été déterminé que le texte figurant sur les pages aurait été reproduit à la main entre 568 et 645 après Jésus-Christ. « La datation au radiocarbone a permis d’obtenir des résultats encourageants, qui contribuent de façon significative à notre compréhension des premiers exemplaires écrits du Coran. Nous sommes ravis qu’un document historique aussi important soit ici, à Birmingham, a déclaré la directrice des collections spéciales (bibliothèque de recherche de Cadbury) Susan Worrall, à l’université de Birmingham ». (1)

Les fragments ont été écrits sur la peau brebis ou de chèvre Les essais, réalisés par l’Accelerator de l’Université d'Oxford, ont montré que les fragments, écrits sur des moutons ou la peau de chèvre, ont été parmi les très anciens textes survivants du Coran. Ces tests fournissent une plage de dates, montrant que, avec une probabilité de plus de 95%, le parchemin était d'entre 568 et 645 ». (2)

Allant plus loin dans l’historicité, le professeur David Thomas, de l'Université de Birmingham déclare : « [ces feuillets] pourraient bien nous ramener à quelques années de la fondation réelle de l'Islam", la datation des folios Birmingham voudrait dire qu'il était tout à fait possible que la personne qui les avait écrites aurait été en vie à l'époque du Prophète Muhammad ». Elle pourrait avoir bien avoir connu le Prophète Muhammad Il aurait vu sans doute, il aurait peut-être entendu prêcher Il peut l'avoir connu personnellement. De plus, «les parties du Coran qui sont écrites sur ce parchemin peuvent, avec un degré de confiance, être datés à moins de deux décennies après la mort de Mohammed ».(2)

Pour sa part le Dr Waley, conservateur de ces manuscrits à la British Library, a déclaré: «ces deux folios, dans une belle et étonnamment lisibles main Hijazi, datent presque certainement du temps des trois premiers califes". Les trois premiers califes étaient chefs de file de la communauté musulmane entre environ 632 et 656. Durant le troisième califat Uthman ibn Affan, des copies de la "édition définitive" ont été distribués. Le manuscrit fait partie de la Collection Mingana de plus de 3000 documents du Moyen-Orient recueillies dans les années 1920 par Alphonse Mingana, un prêtre chaldéen né près de Mossoul en Irak moderne ».(3)

La première version écrite du Coran

De quand date la première compilation du Coran ? (…) Selon la tradition musulmane, Mahomet récitera le Coran en entier par cœur à chaque ramadan en présence de Gabriel . Après Mahomet, ce sera Abu Bakr qui fera rédiger une compilation intégrale officielle à Zayd ibn Thâbit, qui sera conservée chez lui, mais ni diffusée ni multipliée D'après certaines traditions musulmanes, le calife Uthman réunira une seconde fois tous les chapitres du Coran en une édition définitive et détruira toutes les autres variantes du Coran, dont certaines variantes figureront dans les livres d'exégèses et de hadith, selon les règles de la transmission des hadiths L'opinion la plus partagée dans le monde des chercheurs est que « l'initiative de constitution d'un codex coranique officiel, commencée apparemment sous le califat de Uthman semble avoir trouvé son achèvement sous le règne d'Abd al-Malik (685-705) ou un peu plus tard ». La tradition rapporte une destruction massive de manuscrits de corans, afin d'homogénéiser les manuscrits sous le califat d'Uthman ibn Affan, et la destruction de la variante d'ibn Mas'ud jusqu'en 1007 à Bagdad Bukhari rapporte les réticences d'Abdullah ibn Mas'ud sur le canon d'Uthman et ses encouragements aux Irakiens à utiliser sa propre compilation plutôt que le canon d'Uthman composée par Zayd ibn Thâbit , et les plus anciens manuscrits disponibles du Coran remontent à la seconde moitié du premier siècle hégirien d'après les techniques de datation modernes » (4)

« Selon la tradition musulmane déclare l'islamologue Claude Gilliot qui abonde dans le m, à la mort de Muhammad en 632 il n’existait pas d’édition complète et définitive des révélations que le Prophète avait livrées. Il est dit que ses Compagnons les avaient mémorisées, en les apprenant et en les récitant par cœur . Une première mise par écrit «complète» aurait été faite à l’instigation d’Omar qui craignait que le Coran ne disparût parce que ses mémorisateurs mouraient au combat. Il convainquit le calife Abû Bakr (632-634) de faire consigner par écrit ce que les gens en savaient et ce qui en avait été écrit sur divers matériaux. Ce travail de collecte fut dirigé par l’un des scribes de Muhammad, ? le Médinois Zaïd b. Thâbit. À la mort d’Abû Bakr, ces premiers feuillets du Coran furent transmis à Omar, devenu calife (634-644), puis à sa fille Hafsa, l’une des veuves de Muhammad. (…) L’objectif d’Omar était probablement de disposer d’un corpus et non de faire une «édition» définitive ». (5)

« C’est sous le califat suivant, celui d’Othman (644-656), qu’on prit conscience de divergences dans la façon de réciter le Coran. Othman reprit le corpus détenu par Hafsa et le fit compléter par d’autres personnages, toujours sous la direction de Zaïd b. Thâbit. Il fit ensuite détruire tous les matériaux originels, imposa une première version «canonique» du Coran en l’adressant aux métropoles les plus importantes du jeune Empire ».(5)

Claude Guillot ajoute que « les plus anciennes versions complètes du Coran dateraient du IXe siècle. Des fragments, très rares, pourraient remonter à la fin VIIe siècle ou du début du VIIIe » (5)

Le Coran d'Othman

Voilà donc une contradiction dans les dates anciennes et celle proposé par le scoop de l’université de Birmingham Dans l’histoire, on sait que beaucoup de ceux qui avaient mémorisé les révélations sont morts pendant les guerres de Ridda 632-34. Le troisième calife, Uthman, mis en place un comité pour compiler et de normaliser les révélations. Une copie a été maintenue à Médine et d'autres ont été envoyées à Kufa, Basra, Damas et la Mecque. 100 ans après , des copies avaient voyagé aussi loin que l'Inde et la Chine, l'Afrique du Nord, et l'Espagne .

« Othman en gardant une à Médine pour son usage. L'unique autre copie préservée est au palais de Topkapı en Turquie. Elle est considérée comme la plus ancienne copie du Coran au monde. Elle est réputée garder une trace de sang de Othman, troisième calife, qui en avait ordonné la recension et qui le lisait quand il fut assassiné. Ce manuscrit est conservé à la bibliothèque de la mosquée Telyashayakh dans le vieux quartier Hast-Imam de Tachkent (Ouzbékistan) près du tombeau de l'ouléma du Xe siècle Kaffel-Shashi ». (6)

« Ali a succédé à Othman et a emporté l'exemplaire à Koufa actuellement situé en Irak. Tamerlan a envahi la région et saisi l'exemplaire pour l'emporter à Samarcande. Il est resté là pendant plusieurs siècles. En 1868, les Russes ont envahi Samarcande et ont emporté le coran à la Bibliothèque impériale de Saint-Pétersbourg (actuellement la Bibliothèque nationale russe). Après la Révolution d'Octobre, Lénine, dans un acte de bonne volonté envers les musulmans de Russie, a donné le Coran à la population d'Oufa (situé dans l'actuelle Bachkirie). Toutefois, après d'importantes protestations de la population du Turkestan, le Coran est retourné à Tachkent, où il est resté depuis ». (6)

« Le Codex de Samarcande ne peut pas avoir été écrit plus tôt que 150 après la recension d'Othman ; c'est-à-dire pas avant la fin du VIIIe siècle ou le début du IXe siècle, en raison du style coufique utilisé pour sa rédaction . Certains musulmans affirment qu'il y a deux « recensions othmanes », ou copies originales du codex d'Othman du Coran : le manuscrit de Samarcande, à la bibliothèque de Tachkent en Ouzbékistan, et le manuscrit de Topkapi, au musée de Topkapi, à Istanbul en Turquie. Il est problématique qu'aucun fragment manuscrit du Coran ne peut être daté au plus tôt au premier quart du VIIIe siècle après J.-C., à part quelques-uns des manuscrits découverts dans la Grande mosquée de Sanaa en 1972 » (5)

Or, de nombreux Corans ont été découverts et datés du VIIe siècle comme le Parisino-petropolitanus daté de 670 à 705 Un autre exemplaire du Coran, le M a VI 165 de l'université de Tübingen en Allemagne, a récemment été daté de 649 à 675 . Récemment et avant le scoop de juillet 2015 , le 28/03/2014, Michael Marx qui codirige avec François Déroche et Christian Robin le projet Coranica révèle qu'il existe à ce jour entre 1500 et 2000 feuillets coraniques datant du 1er siècle de l'hégire ». (6)

On le voit encore la trouvaille de l’université de Birmingham n’est pas exceptionnelle puisque des exemplaires du Coran ayant moins de trente ans d’âge existaient

Les manuscrits de Sanaa

Une autre découverte concerne justement les manuscrits de Sanaa retrouvés en 1972 au Yémen Le texte est daté des deux premières décennies du VIIIe siècle , certains remontant même à la deuxième moitié du VIIe siècle. Ces manuscrits proviennent de 926 Corans En 1972, après de fortes pluies, un pan du mur de la Grande Mosquée de Sanaa au Yémen est tombé. Des ouvriers qui rénovaient le mur dans les combles de la Grande Mosquée sont tombés par hasard sur environ un millier de volumes différents, dont les plus anciens remontent au Ier siècle de l'Hégire, constitués de fragments sur parchemins et sur papiers .

« Qadhi Ismail al-Akwa', alors président de l'Autorité des Antiquités yéménites, s'est rendu compte de ce que pouvait représenter cette découverte et a demandé une aide internationale pour examiner et sauvegarder les fragments » (7)

« En 1979 il a réussi à intéresser un chercheur ouest-allemand invité qui, à son tour a persuadé son gouvernement d'organiser et de financer un projet de restauration. Gerd-Rüdiger Puin donne une datation au Carbone 14 de 657 à 690 Le docteur Hans-Caspar Graf von Bothmer, spécialiste des manuscrits arabes de la période médiévale, a travaillé sur le projet de restauration et de catalogage des manuscrits de Sana’a. En étudiant les caractéristiques paléographiques, la décoration et l’enluminure des manuscrits, von Bothmer a daté le texte de la dernière décennie du Ier siècle de l'Hégire, vers 91-96 H, soit 710 - 715, sous le règne du calife omeyyade Al-Walid »(7).

Voilà encore une autre date à peu près un siècle après l’hégire !

Par ailleurs « Certains spécialistes soutenaient avant la découverte des manuscrits de Sana'a que le Coran actuel, serait le produit d'un long travail de rédaction débutant au plus tôt au VIIIe siècle, soit environ un siècle après le décès de Mahomet. Cependant cette lecture a été fortement nuancée depuis la découverte de milliers de très anciens fragments de Coran comme les manuscrits de Sana'a, ainsi François Déroche écrit : « Au cours de la période qui va jusqu'à la réforme d'Ibn Mujâhid (IVe/Xe siècle), la rédaction à proprement parler est achevée, mais le texte reçoit le complément de ces différents signes qui le précisent progressivement et le fixent. L'introduction systématique de la vocalisation et des signes orthoépiques marque véritablement la fin de cette « rédaction ». La chronologie traditionnelle de cette rédaction a été remise en question récemment. John Wansbrough a défendu l'idée selon laquelle le texte, tel que nous le connaissons, a été transcrit tardivement, et a suggéré comme date la plus haute envisageable pour cette opération la fin du IIe/VIIIe siècle. » François Déroche précise que le manuscrit de Sana'a est fidèle au corpus d'Uthman qui est connu et édité de nos jours ». (7)

« «Selon [Jones] le Coran de Sana'a pourrait n'être qu'une mauvaise copie qu'utilisaient des personnes auxquelles le texte othmanien n'était pas encore parvenu. « Il n'est pas exclu qu'après la promulgation du texte othmanien, il lui ait fallu beaucoup de temps pour se propager. »(7)

Que décrivent les deux feuillets « trouvés » ?

Les feuillets trouvés décrivent le récit des sept dormants Ahl al kef : les Gens d la caverne

C'est une légende commune aux chrétiens et aux musulmans; Cette sourate aurait été révélée au Prophète Mohammad à la suite du défi lancé par les Juifs de Médine de leur raconter cette histoire qui n’était, selon les sources historiques, pas connue par les Arabes de l’époque. Après avoir entendu la sourate, les Juifs confirmèrent que l’histoire correspondait avec celle qui leur avait été rapportée. elle met en scène des jeunes gens dormant dans une caverne pendant une très longue durée. Une sourate coranique raconte et décrit leur périple. L'empereur Dèce ordonnant l'emmurement des Sept Dormants. Pour les chrétiens vers l'an 500, Jacques de Saroug, évêque de Batnæ en Syrie, fait l'éloge des Dormants d'Éphèse. L'histoire se déroule au temps de la persécution de l'empereur Dèce (règne de 249 à 251) contre les chrétiens. Sept officiers du palais, originaires de la ville d'Éphèse, sont ainsi accusés: il s'agit de Maximien, Malchus, Marcien, Denys, Jean, Sérapion et Constantin. Alors que l'empereur est en voyage, ils distribuent leurs biens aux pauvres et se réfugient dans la montagne voisine. L'empereur, à son retour, fait rechercher les sept chrétiens. Ceux-ci, prenant leur repas du soir, tombent mystérieusement endormis: c'est dans cet état qu'ils sont découverts. Dèce les fait alors emmurer dans leur cachette ». (8)

« Et c'est en 418, qu'un maçon ouvre par hasard la grotte où sont enfermés les Sept Dormants. Ceux-ci se réveillent, inconscients de leur long sommeil. Aussitôt, l'empereur Théodose II accourt, et voit dans le miracle une preuve contre ceux qui nient la résurrection des morts. Dans l'Islam, le récit de la 18e sourate du Coran La Caverne évoque le récit de Jeunes Dormants, et diffère, sur certains points, de la légende chrétienne. Selon les dires rapportés dans le Coran, leur nombre est discuté et va de trois à sept, auxquels s'ajoute toujours un chien. Dans cette version, les Dormants sont restés dans une caverne en compagnie de leur chien durant 309 ans lunaires. Ils décident d'y demeurer car la société oppressive et corrompue, selon la foi pure en un Dieu unique, leur refuse le droit à la libre pensée et à la libre pratique religieuse. Ils ne se doutent pas cependant que le temps qui s'écoule en dehors est si long ».(8) (9)

Quelle est la signification de cette sourate?

Nous proposons au lecteur cette interprétation qui nous parait très indiquée: «Dans leur refus inconditionnel d'abjurer leur foi, les Sept Dormants figurent aux côtés des nombreux martyrs chrétiens des premiers siècles ayant défendu leur foi au prix de leur vie. Cependant, le fait qu'ils furent également les témoins de leur propre ´´résurrection´´ a contribué à conférer une portée extraordinaire à leur histoire. Ils figurent ainsi au plus haut rang des témoins de l'amour éternel divin, pour s'être abandonnés à Dieu et avoir été l'objet de sa miséricorde. Il existe un récit similaire dans la sourate XVIII du Coran intitulée Al-Kahf (La Caverne), qui évoque l'histoire des ´´Gens de la Caverne´´ également surnommés les ´´Gens de la Tablette´´ (Ashâb al-Raqîm). Cette sourate aurait été révélée au Prophète Mohammad à la suite du défi lancé par les juifs de Médine de leur raconter cette histoire qui n'était, selon les sources historiques, pas connue par les Arabes de l'époque. Après avoir entendu la sourate, les Juifs confirmèrent que l'histoire correspondait avec celle qui leur avait été rapportée.» (9)

«Les éléments majeurs de l'histoire telle qu'elle figure dans le Coran correspondent avec la version qui fut diffusée dans le monde chrétien. (...) En islam, les ´´Gens de la Caverne´´ incarnent les croyants opprimés par une force politique les empêchant de vivre librement leur foi, décidant alors de s'exiler volontairement et de s'en remettre à Dieu. Leur loyauté inébranlable aurait incité le Créateur à les sauver, soulignant la nécessité de se confier à Dieu même dans les cas les plus désespérés. Au-delà de leur religion ´´extérieure´´, les jeunes gens évoqués dans la sourate incarnent ici l'archétype du croyant parfait, ayant une confiance absolue en Dieu en toutes circonstances. La caverne évoque également le motif de l'exil, et la nécessité de quitter le monde terrestre afin de ´´mourir à soi-même´´ pour accomplir ensuite une renaissance spirituelle. Elle symbolise aussi l'amour et la miséricorde éternels, gardant vivante toute personne se réfugiant en eux » (9)

Enfin, le sommeil, qui implique l'´´endormissement´´ des cinq sens extérieurs noyant traditionnellement la conscience dans le flot des préoccupations du monde matériel, est l'état par excellence permettant aux ´´sens intérieurs´´ et spirituels de chaque être de se réveiller et de manifester à la conscience profonde de l'homme certaines vérités spirituelles qu'il ne saurait percevoir à l'état éveillé. Loin d'être une vieille légende tombée dans l'oubli, l'histoire des Sept Dormants d'Ephèse constitue une invitation universelle, comme l'atteste sa présence dans de nombreuses cultures et traditions spirituelles, à rejoindre ces jeunes croyants dans leur sommeil profond par rapport à ce monde pour s'ouvrir aux ´´sens intérieurs´´ et à la dimension spirituelle de l'homme.(9)

Les interrogations légitimes

Cette découverte a été saluée autant qu’accueillie avec scepticisme. Comme l’écrit Philippe Mischkowsky rapportant les propos de Juan Cole, chercheur américain sur son blog personnel. : « La découverte de deux pages d’un très vieux Coran, datant probablement de l’an 640, dans une bibliothèque universitaire britannique, a donné lieu à de nombreux articles dans la presse”, écrit Or, ajoute-t-il, “les plus vieux exemplaires connus du Coran se trouvent tout simplement à Sanaa (capitale du Yémen) [...]. Et Sanaa est presque quotidiennement bombardée par l’aviation saoudienne [qui soutient le président yéménite en exil, contre les milices houthistes]. Ella a déjà frappé des bâtiments civils, un camp de réfugiés et des parties du centre historique de la ville. Je suis pétrifié à l’idée que les bombes aient pu détruire également ces précieux ouvrages. » (10)

« Mais ce n’est que plus tard poursuit –il, qu’on a découvert qu’un de ces manuscrits était un palimpseste, c’est-à-dire qu’il avait été écrit sur le même support qu’un texte plus ancien. Et celui-ci doit dater d’avant 650 de notre ère. Il a en effet la particularité de ne pas suivre l’ordre des sourates tel qu’il a été fixé par le calife Othman, qui régna de 644 à 656. Ce qui en fait une pièce d’une importance majeure pour la recherche. Or, s’étonne Juan Cole, “même dans les milieux de la recherche au Moyen-Orient, on n’en a que très peu entendu parler”. Et de conclure : “Il faut espérer que cette guerre stérile du Yémen se terminera le plus tôt possible (on ne peut pas venir à bout d’un mouvement de guérilla avec des bombardements aériens), afin d’épargner des vies civiles et de sauver le patrimoine yéménite d’autres destructions. [...] Les Saoudiens se vantent d’être les gardiens de La Mecque et de Médine. Ils devraient également se considérer comme les gardiens du Coran, et arrêter de bombarder Sanaa » (10)

« Les archéologues écrit Jean Ansar, sont très souvent confrontés au poids du religieux pour établir une vérité historique autour de Moïse, Jésus ou Mahomet. Mais parfois la découverte d’un texte religieux éclaire le travail des scientifiques comme dans le cas des fameux manuscrits du Qumram. (…) Dans la communauté scientifique, beaucoup saluent cette nouvelle mais certains émettent des doutes. Saud al-Sarhan, directeur de recherche au centre de recherche et d’études islamiques du roi Fayçal de Riyadh (Arabie saoudite), explique au New York Times que le manuscrit comprenait des points et des séparations de chapitres, éléments d’écriture qui n’étaient pas utilisés à l’époque. Il ajoute que les parchemins étaient parfois lavés et réutilisés, la datation de la peau n’étant pas une preuve irréfutable d’ancienneté des écrits ». (11)

Pour François Déroche poursuit Jean Ansar , titulaire de la chaire « Histoire du Coran. Texte et transmission » au Collège de France, ces résultats sont aussi à prendre avec prudence. « Les feuillets de Birmingham proviennent d’un même manuscrit que certains, détenus à la Bibliothèque nationale de France», explique-t-il. «Or, d’après une analyse graphique, nous les avons datés du troisième quart du VIIe siècle. » Ce spécialiste des manuscrits arabes et de l’histoire des textes coraniques souligne que la datation au carbone 14 tend à vieillir les objets. « Avec cette méthode, certains manuscrits du Coran ont ainsi été datés d’avant la vie de Mohammed », relève-t-il. Ce qui est ennuyeux ».(11)

La découverte de ces feuillets : Une possible manipulation ?

La découverte d’un Coran, inconnu, dans une bibliothèque impériale, en 2015, est suspecte. Comment se fait il que cette découverte maintenant et pas dans un pays musulman censé être le sanctuaire du livre sacré ? Beaucoup de suspicion entourent cette découverte. L’avis général est que c’est une manipulation visant à perturber les Musulmans en créant une fitna leur faisant douter de l’unicité du texte. Sans verser dans la théorie du complot, pour beaucoup d’internautes la falsification est possible. Les architectes de la manipulation ont les moyens de se payer un spectromètre de masse qui permet de détecter les différents pigments de l’encre. Cette encre peut être fabriquée avec des procédés contemporains de la révélation et même utiliser des parchemins ou des peux de mouton ou des omoplates de chameau avec une datation au carbone 14 correspondant à la période visée au préalable, c’est à dire celle du tout début de la collation définitive du Coran .

Les « manipulateurs » iraient même plus loin, une fois fixés les paramètres de la datation, des linguistes et des graphologues peuvent écrire ce que veulent les architectes de ce projet diabolique visant à réformer l’Islam de l’intérieur. De plus on nous dit , que le texte trouvé est conforme aux sourates 18 et 20, d’accord, c’est peut être là le piège car à partir où on donne une vraisemblance rien n’interdit de trouver d’autres feuillets qui contiendront le fruit d’une imagination diabolique.. Ce qui d’une certaine façon est arrivé aux différents évangiles. Bien que l’Eglise n’en est retenu que quatre ( Luc , Jean , Mathieu, Marc) il existe beaucoup d’autres évangiles déclarés apocryphes ( Barnabé, Juda, Marie …) un linguiste et un graphologue qui vont écrire ce qu’ils veulent sur ces peaux ; pour fabriquer de faux artefacts qui aideront l’Empire a réformer l’Islam. Donc le fait que ce parchemin ou / et de son encre a / ont le même âge que Muhammad ne prouve rien.

Au moment où le Vatican compte es troupes comme l’indique ce communiqué : « Le Vatican annonce le 25 juillet : l’islam est officiellement devenu la première religion du monde, ses 1.322.000.000 de fidèles En d’autres termes, un peu plus de 19% de la population mondiale pratique l’islam contre 17,5% pour les catholiques » ; on est en droit de se demander pourquoi toute sollicitude non dénuée d’arrières pensées. L’affaire du manuscrit de Birmingham est de mon point de vue un non évènement.

Ce qu’il faut retenir de mon point de vue , c’est seulement le sens du message d’un hypothétique œcuménisme islamo- chrétien et à ce titre, tout ce qui peut diminuer les tensions favoriser le dialogue, devrait être encouragé. C’est à ce titre que l’on peut parler de paix pour les gens de bonne volonté. A tous les gens épris de paix ne tombons pas dans le piège diabolique du choc des civilisations prôné par ceux qui ne veulent pas d’un Islam apaisé qui pourrait renouer avec son essence propre ,celle d’un Islam de Dar el Hikma ( la maison de sagesse) de Bagdad et Cordoue où les trois religions révélées donnaient en symbiose la pleine mesure de leur talent

1.http://french.xinhuanet.com/2015-07/23/c_134437828.htm

2. Sean Coughlan http://www.bbc.com/news business-33436021

3.http://cdn.oxwordsblog.wpfuel.co.uk/wpcms/wp-content/uploads/Which-English-words-came-from-Arabic.png?9f5a24

4.https://fr.wikipedia.org/wiki/Critique_de_l%27islam

5. http://www.herodote.net/Aux_origines_du_Coran-synthese-1739.php

6.https://fr.wikipedia.org/wiki/Coran_d%27Othman

7.https://fr.wikipedia.org/wiki/Manuscrits_de_Sanaa

8.http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/178538-la-preuve-et-la-foi.html

9. Rencontres islamo-chrétiennes http:// www.teheran.ir/spip.php?article17

10.Philippe Mischkowsky http://www.courrierinternational.com/article/yemen-le-plus-vieux-coran-nest-pas-birmingham-mais-sous-les-bombes-saoudiennes

11.Jean Ansar http://metamag.fr/metamag-3064-UN-CORAN--DU-TEMPS-DU-PROPH%C3%88TE-Quand-l%E2%80%99etude-d%E2%80%99un-manuscrit-complete-l%E2%80%99archeologie.html

Professeur émérite Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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Chems Eddine Chitour - dans islam
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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 18:59

«Le FCE combien de divisions?»

Phrase prêtée à Staline excédé par ses conseillers l'informant que le Vatican est mécontent de l'Urss.

A tort ou à raison, le FCE fait depuis quelques mois le buzz. On met le FCE à toutes les sauces et il est effectivement présent partout jusqu'à susciter la gêne pour cette facilité avec laquelle il est reçu, la facilité avec laquelle il est écouté et naturellement, la jalousie et les craintes exprimées sur sa réelle valeur ajoutée. J'ai voulu en honnête courtier rapporter les faits. Partant du fait que toutes les initiatives sincères sont à examiner avec bienveillance, mais aussi rigueur; je propose aux lecteurs quelques faits, quelques propositions du FCE mais aussi...

Présentation du FCE

Le Forum des chefs d'entreprise (FCE) est une association à caractère économique créée en Octobre 2000 par un groupe de chefs d'entreprise, afin de contribuer à l'instauration de l'esprit d'entreprise au sein de l'économie nationale et de promouvoir les intérêts de l'entreprise algérienne. L'association est ouverte aux entreprises privées algériennes, aux entreprises étrangères de droit algérien et aux entreprises publiques. Le Forum regroupe à février 2015 environ 800 entreprises. Les sociétés membres du FCE cumulent un chiffre d'affaires global de plus de 25 milliards de dollars et emploient plus de 250.000 salariés.

De nombreuses entreprises membres sont leaders dans leur filière d'activité. Les principaux secteurs couverts (18 sur les 22 que comprend la classification nationale) sont notamment ceux des industries agroalimentaires, des matériaux de construction, des industries électriques et électroniques, des industries mécaniques, des industries pharmaceutiques, du papier et de l'emballage, du bois, des travaux publics et de la construction, de la grande distribution...72% des membres du FCE ont créé leur 1ére entreprise à partir de 1990. Près de 42% des membres du FCE sont de nouveaux chefs d'entreprise: la création de leur 1re entreprise a eu lieu à partir de 2000: 226 membres. Les membres du FCE sont à la tête de 499 entreprises.
«Le Forum des chefs d'entreprise s'est donné pour vocation essentielle de se constituer en une force de proposition et d'action au service de l'entreprise avec pour motivation principale de promouvoir une organisation crédible apte à faire valoir le point de vue des entreprises algériennes, tous statuts confondus (...) L'idée de base que le Forum tente de promouvoir, c'est que le développement des entreprises est la seule voie appropriée pour organiser une relance forte et durable de la croissance, des créations massives d'emplois et une lutte efficace contre la pauvreté » (1).

« C'est la raison pour laquelle il revendique que l'entreprise soit placée au centre de toutes les politiques économiques publiques.198 membres du FCE sur les 226, réalisent un chiffre d'affaires annuel de 1059,4 milliards de DA soit l'équivalent de 14,125 milliards de dollars US. Concernant les emplois, ils sont évalués à 105.000 dont 50% dans l'Industrie (52 743), 28,0% dans le Btph avec 29.259 emplois, 16,4% dans le commerce et les services avec 17 121 emplois et enfin 5,2% dans les transports et communications avec 5 469 emplois»(...) Le FCE s'est doté d'un Observatoire de l'information économique, dans le but de proposer une large gamme de statistiques et d'études économiques pour les chefs d'entreprise membres et non-membres du FCE, ainsi que les autres parties prenantes de leur l'environnement économique».(1)

Le FCE dans le tissu industriel algérien

Voilà pour la carte de visite du FCE. Il n'est pas le seul. Selon les chiffres officiels, « il existe 990.496 entreprises dont plus de 934.200 entités économiques sur le territoire national dont 16.800 pour le secteur public et le reste pour le secteur privé. Le recensement révèle que les personnes physiques sont majoritaires par rapport aux personnes morales avec un taux de 95%. De même que le secteur privé représente 98% du tissu industriel national. Le commerce et les services comptent le plus grand nombre d'entreprises en Algérie. Le commerce du détail vient en tête des activités commerciales avec un taux de 84% au moment où le secteur des services compte en première position le transport (18,8%) suivi de la restauration (14,5%), des télécommunications incluant les kiosques multiservices (10,3%), des activités juridiques et comptables (5,3%) et de la santé humaine (5,3%). L'industrie qui occupe la troisième position compte 95.445 entreprises. 24,8% d'entre elles opèrent dans les industries agroalimentaires, 23,4% dans la fabrication de produits métalliques, 11,1% dans l'habillement, 1,7% dans le travail du bois et 1,3% dans le textile. D'autre part, 9117 entreprises sont spécialisées dans le domaine de la construction.» (2)

Le tissu économique est fortement dominé par les personnes physiques (95,0%), alors que les personnes morales représentent près de 5%. Par ailleurs, le nombre d'entités industrielles recensées est de 95 445. A titre indicatif, 24,8% des entités industrielles activent dans les industries agroalimentaires (travail de grain, lait et produits laitiers, boissons etc.), 23,4% dans la fabrication de produits métalliques, 11,1% dans l'habillement, 1,7% dans le travail du bois et la fabrication d'articles en bois et en liège, 1,3% dans le textile, 1,3% dans la réparation et l'installation de machines et d'équipement.» (3)

Ces chiffres montrent que le FCE, aussi important, soit-il ne représente qu'une petite partie du vivier des entreprises du pays évalué à près d'un million. Cela n'exclut pas qu'il puisse constituer une force de proposition et pourquoi pas d'entraînement de l'ensemble du tissu industriel.

Les propositions du FCE: un Plan d'émergence

Nous reproduisons sans qu'elle ne soit exhaustive et en étant le plus fidèle possible à l'esprit du texte, les propositions du FCE. «Le Forum des chefs d'entreprise propose dans ce document un ensemble de solutions structurelles de nature à poser les bases d'un «Plan d'émergence» de notre économie. Le FCE se veut uniquement une plateforme de dialogue et de concertation, et une force de proposition (...) La mission qu'il s'est donnée est de militer pour l'intérêt général, pour la protection de notre économie, pour le développement et la prospérité de notre pays; il n'a jamais eu, et n'aura jamais, à défendre des intérêts catégoriels. «Sa ligne de conduite a consisté, de façon résolue, à recommander que notre pays mise sur l'entreprise dans la création de la vraie richesse, parce que sa conviction a toujours été que c'est là la seule issue pour l'économie nationale et, partant, pour notre société toute entière. Le FCE considère que c'est là également la seule solution pour préserver le modèle social algérien (...) Pour cela, les droits acquis doivent être préservés et l'Etat doit continuer à financer les transferts sociaux mais en ciblant de façon précise les bénéficiaires. (...).» (4)


Il y a là une contradiction: le démantèlement de l'Etat garant de la justice sociale ne nous garantit pas que la société privée peut le faire. Il est à craindre un démantèlement d'un certain nombre d'acquis sociaux qui- sans faire, dans la fuite en avant- sont consubstantiels d'une société juste où chacun est récompensé à l'aune de sa contribution réelle.

«Le Forum des chefs d'entreprise propose dans ce document un ensemble de solutions structurelles de nature à poser les bases d'un 'Plan d'émergence'' de notre économie. (...)» C'est dans cet esprit que s'inscrivent les propositions contenues dans ce document. Le FCE espère alimenter ainsi un débat économique qu'il souhaite le plus large possible, parce qu'il concerne tous les acteurs économiques et sociaux sur la scène nationale. En s'impliquant de nouveau dans le débat, le FCE n'a aucune velléité politicienne et, comme toujours, ne nourrit aucunement l'ambition de jouer un rôle politique quelconque. Il tient à le redire avec force: seul le renouveau économique de notre pays constitue sa préoccupation permanente et cet enjeu mobilise toutes les énergies de nos membres qui s'engagent d'une manière agissante pour l'édification d'une réelle économie de marché, prospère et solidaire.» (4)


La suite est plus problématique car le FCE donne l'impression d'énoncer des voeux pieux.
Les objectifs visés, à l'horizon 2020, sont les suivants: L'atteinte d'un taux de croissance moyen de l'ordre de 8%. La réduction de la facture d'importation de 15 milliards de dollars (objectif de réduction de 5 milliards de dollars dès 2015). L'augmentation des exportations hors hydrocarbures de 10 milliards de dollars. L'endiguement de l'économie informelle. L'intensification de la création d'entreprises avec pour objectif la création de 60.000 entreprises/an. La création d'emplois pérennes et la réduction du chômage. Objectif: deux millions d'emplois dans l'industrie, le BTP, l'agriculture et les services. Il est permis d'escompter, sur la base d'une moyenne de huit emplois par entreprise, la création de 2 millions d'emplois répartis selon les proportions suivantes: agriculture 15% soit 300.000. Industrie 20% soit 400.000. Btph 20% soit 400.000. Services 45% soit 900.000 > L'augmentation de la part de l'industrie dans le PIB pour atteindre 15%.» (4)


Comment faire pour une aussi belle affirmation? Le FCE a la solution, les subventions, l'amnistie fiscale - à l'exclusion du blanchiment- on se demande comment l'Etat pourra contrôler la provenance - et la mise à disposition du foncier: «(...) Lever le verrou du financement de l'investissement par la création d'un fonds d'investissement pour favoriser le développement des entreprises et l'expansion rapide du secteur privé, doté d'un montant équivalent à 10 milliards de $US. Un tel fonds permettrait d'utiliser un levier de 1 pour 10 et de mobiliser ainsi un volume de 100 milliards de dollars pour l'investissement. (...) Lancer un 'Grand Emprunt National'' de 2000 milliards de dinars, garanti par l'Etat, destiné au financement de projets prioritaires, notamment dans les domaines de l'économie numérique, des énergies renouvelables et du soutien aux PME innovantes.» (4)

«Dans l'immédiat, le FCE propose au titre des mesures urgentes le lancement d'une opération d'assainissement fiscal visant à réintégrer dans le champ légal les volumes financiers circulant dans les circuits informels en taxant à hauteur de 10% les montants déclarés puis déposés dans les banques. L'assainissement fiscal ne concerne pas, naturellement, les liquidités dont l'origine est criminelle. La réduction du taux de l'impôt sur le bénéfice des sociétés (IBS) pour le ramener à 15% pour les activités de production de biens et de services.» Parallèlement à la poursuite du programme étatique d'implantation de nouvelles zones industrielles, le secteur privé peut contribuer à la résorption de la pénurie en foncier industriel par le lancement d'un premier programme pilote portant sur 10 parcs industriels, de 3000 ha minimum soit au total 30.000 ha, à aménager.» (4) D'une façon plus explicite, le FCE demande à disposer de concessions de 1000 à 2000 ha par investisseur sur un total pouvant aller à 10 millions d'hectares pour assurer la sécurité alimentaire (mesure 13). Il en est de même du ciment et de l'acier pour lequel le FCE fait la proposition de produire l'essentiel de la demande. Pour terminer avec l'ouverture des télécoms, la fabrication des pièces détachées de voiture et même l'ouverture de l'espace aérien et maritime: c'est un véritable plan de gouvernement que nous propose le FCE.



Notre conviction

Il y a loin de la coupe aux lèvres! Au vu de la force de frappe réelle du FCE, on peut penser qu'il présume de ses forces et vue l'extrême modestie entrepreneuriale, managériale et productive du FCE. Ceci s'apparente à s'y méprendre, si on ne fait pas attention, à une opération de blanchiment et des entreprises douteuses peuvent polluer les bonnes intentions du FCE. La liberté du renard dans le poulailler avec de l'argent public et des ménages, on finance des projets qui dans les faits n'apportent pas de création de richesse.
Et ceux qui ne sont pas dans le FCE? Ont-ils droit au chapitre? Quid des autres organisations patronales? Est-ce au forum de sérier les chantiers et d'exprimer sa disponibilité pour les prendre en charge à la place de l'Etat?

De notre point de vue, la compétition doit être ouverte transparente et créer de la vraie richesse, d'abord, en incitant les entreprises publiques ou privées à adopter un organigramme des compétences à recruter en fonction du plan de charge. Combien d'entreprises existent sans ingénieurs, sans techniciens? Peut-être que dans le cadre de la tripartite une partie raisonnable de ces propositions complétées par d'autres provenant du hors FCE pourraient être adoptées. Le FCE fait miroiter des solutions idéales mais il attend de l'Etat un désarmement total de ses prérogatives. Moins ou pas d'impôt, amnistie fiscale, foncier industriel à volonté, des financements importants et au total des promesses qui n'engagent que ceux qui y croient. C'est de cette façon que l'on pourra assurer un travail bien fait au vu des compétences, mais aussi pour pouvoir absorber une partie des dizaines de milliers de diplômés qui sortent chaque année.

On peut regretter qu'il n'est nulle part fait mention du système éducatif. Pourtant, aucune nation ne peut se développer sans un système éducatif fort qui s'appuie sur une recherche appliquée qui permet au pays de fabriquer ses propres équipements de laboratoire et pédagogique. Sait-on par exemple que les équipements pédagogiques représentent pour le système éducatif au bas mot 200 à 300 millions de dollars ceci sans compter les équipements et produits chimiques de laboratoire utilisés dans les hôpitaux, les laboratoires d'analyse des départements ministériels, notamment l'armée et le ministère de l'Intérieur. De même la fabrication d'un million d'ordinateurs à faible coût autour de 40-50 dollars permettra de donner une impulsion qualitative à notre système éducatif. Il y a là un gisement très important qui permet réellement de diminuer la dépendance de notre pays qui permettent enfin de réhabiliter l'outil de travail national.

Il est un autre domaine tout aussi fécond sinon non plus celui de la mise en place de la transition énergétique. Là encore, c'est une vision nouvelle qui nous permettra de consommer moins d'énergie en consommant mieux laissant ainsi un viatique pour les générations futures, le FCE se concentrant sur ce qu'il sait faire - pour le moment - en termes de métiers classiques, il ne se lance pas dans l'innovation dans le domaine du renouvelable des économies d'énergie, de la formation des cadres à même de prendre en charge cette utopie. Et pourtant, les métiers du développement durable c'est le carburant des entreprises de par le monde. Fabriquer des centaines de milliers de chauffe-eau solaire, de panneaux solaires, d'éoliennes, de système de refroidissement avec le solaire. C'est ça l'avenir qui nous permettra de sortir des sentiers battus. Ce que propose le FCE ne doit pas être ni exclusif ni rejeté, seul un débat global permettra de cerner les préoccupations du pays et les moyens de les concrétiser avec l'apport du FCE.


1. http://www.fce.dz/phocadownload/Dossier%20FCE.pdf

2. http://www.leconews.com/fr/actualites/nationale/services/plus-de-900-000-entreprises-en-algerie-02-08-2012-159107_296.php


3. http://www.ons.dz/img/pdf/resultats_definitifs_phase_i_re2011.pdf


4. http://www.fce.dz/phocadownload/plaidoyerfr.pdf

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/221734-cheque-en-blanc-ou-reelle-avancee.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 11:05

« Quand s’érigera, au dessus des toits de la ville, le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus, dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »

Discours de monsieur Maurice Colrat représentant du gouvernement français mars 1922 lors de la construction de la mosquée de Paris

«Dieu est toujours dans le camp de ceux qui souffrent.»

Jean-Paul II

Une manipulation c'est ainsi que l'on peut caractériser le tollé des manipulateurs professionnels qui pour le même adversaire commun, en l'occurrence les musulmans, font cause commune pour enfumer les Français en leur parlant d'Eglise devenue mosquée et de perte d'identité. Tout est parti d'une phrase - malheureuse dans le contexte actuel - de Dalil Boubekeur qui, devant le manque de lieux de prière s'interrogeait sur la possibilité de donner une seconde vie aux églises désaffectées en permettant aux citoyens français de confession musulmane d'y prier.

Le site Causeur résume assez bien la situation : « La récente polémique concernant la transformation d’églises en mosquées a fait couler beaucoup d’encre. Comme d’habitude, les promoteurs des mosquées ont ressorti l’argument mainte fois rebattu sur les effectifs de mosquées et d’églises en France. L’idée se veut imparable : il existerait près de 2 500 mosquées pour environ 3 millions de pratiquants (soit un ratio de 1 mosquée pour 1 200 fidèles) alors que 11 millions de catholiques pratiquants disposeraient de 40 000 églises (soit un ratio de 1 église pour 275 fidèles). S’appuyant sur cette comparaison arithmétique, chacun propose sa solution pour réparer cette injustice faite aux musulmans, les uns en soutenant la transformation d’églises en mosquées, les autres en réclamant un financement public de la construction de mosquées au mépris du principe de laïcité . (…) En fait, il est simplement absurde de comparer la situation de l’islam à celle du catholicisme et d’exiger une convergence immédiate des deux en s’exonérant de 1 500 ans d’histoire ». (1)

Le besoin de transcendance a accompagné l’humanité

L’homme a toujours été terrorisé par la mort et par l’existence de quelque chose qui le dépasse. Tout au long de son épopée à partir du moment où il a échappé définitivement à son ascendance simiesque, il a commencé à s’interrogé sur sa condition. L’homme écrit Rémy Chauvin est le « le seul animal qui enterre ses morts ». Devant la terreur que lui inflige la mort des autres, il a cherché un référent transcendant . Ce furent d’abord les éléments naturels, le feu, le vent, la Terre, .. Vinrent ensuite les dieux pour ces éléments naturels et devant lesquels il fallait invoquer les esprits en priant. Ce fut le début des civilisations moyen orientalles et orientales. La civlisation égyptienne, sumérienne akadienne, perse mirent en avant différents dieux Akhenaton, Mardoukh et bien plus tard Baal..

Le monothéisme dans le judaïsme n’excluait pas initialement les autres dieux mais donnait la primauté à un seul d’entre eux . L’invocation par la prière est donc le fondement du croyant. Cependant prier ne nécessite pas un lieu déterminé. Quand Jesus priait, il n’y avait pas de lieu de prière bien défini. Au contraire en tant que juif il s’est révolté contre les marchands du Temple qui instrumentaient le divin en créant une classe de privilégiés les prêtres.. L’église a été formalisée bien après. Même dans le Coran, il est dit que l’on peut faire la prière n’importe où sur Terre et même d’une façon « interne » par le recueillement.

De ce fait le lieu de prière a différentes dénominations. Pour les religions monothéistes, une synagogue du grec Sunagôgê, «assemblée» est un lieu de culte juif. L'église vient du mot Ecclesia, en grec, c'est la communauté qui se réunit. Les premières églises connues sont celle de Syrie orientale (241), du Saint-Sépulcre à Jérusalem (330) Le masdjed en arabe est un lieu de culte où se rassemblent les musulmans pour prier. Le mot «Masged» vient de l'araméen ancêtre de la langue arabe et de l'hébreu, signifiait «poser le front au sol». Traduit en espagnol ou italien: moschea qui a donné en français mosquée. Ce sont donc des lieux de culte qui dans l'absolu ne se distinguent pas les uns des autres.

L' appel « Touche pas à mon Eglise » et ses conséquences

La maladresse de Dalil Boubekeur a été prise au vol malgré son démenti Il y a eu d'abord cet appel « touche pas à mon église » non dénué d'arrière-pensées de Denis Tillinac dont nous reproduisons quelques extraits: «Certaines déclarations récentes appelant à ce que des églises soient transformées en mosquées ont provoqué chez les Français une émotion susceptible de favoriser les pires amalgames en ces temps où le terrorisme islamiste ensanglante la planète et commet des crimes en plein Paris. (...) Une église n'est pas une mosquée, croyants, agnostiques ou athées, les Français savent de la science la plus sûre, celle du coeur, ce qu'incarnent les dizaines de milliers de clochers semés sur notre sol par la piété de nos ancêtres: la haute mémoire de notre pays. Ses noces compliquées avec la catholicité romaine. Ses riches heures et ses sombres aussi, quand le peuple se récapitulait sous les voûtes à l'appel du tocsin. »(2)

« Son âme pour tout dire. (...) Elle racontait l'histoire de France dans une langue accessible à tous nos compatriotes. Ils tiennent à la laïcité de l'État et à la liberté de conscience et de culte qu'il lui incombe de protéger. (...) Elles continuent de témoigner; leur silhouette au-dessus des toits contribue à un enracinement mental dont nous avons tous besoin pour étayer notre citoyenneté. Du reste, rien ne prouve qu'elles resteront vides ad vitam aeternam. (...) La France n'est pas un espace aléatoire. Les églises, les cathédrales, les calvaires et autres lieux de pèlerinage donnent sens et forme à notre patriotisme. Exigeons de nos autorités civiles qu'il soit respecté! Le confusionnisme trahit une méconnaissance de notre sensibilité et ferait peser une menace sur la concorde civile s'il n'était clairement récusé au sommet de l'État.» (2)


Les réactions de tolérance

Curieusement, à ma connaissance, il n'y a pas un homme de culte chrétien qui a signé cette pétition. Au contraire, lit-on sur le Figaro: «Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry, comprend les réactions de certains fidèles à l'idée que des églises puissent être transformées en mosquées, mais soutient qu'il faut être cohérent avec la foi catholique. Les églises désaffectées de la ruralité française, sans curé ni paroissiens, et vouées à une dégradation certaine, pourraient-elles connaître un second souffle spirituel et résonner d'autres invocations, en l'occurrence musulmanes, sans que l'Hexagone n'en soit tout tourneboulé? (...) Mgr Michel Dubost, l'évêque d'Evry, traité de «dhimmi» par ses détracteurs à la dent dure, n'a pas craint de s'attirer les foudres de la bien-pensance hexagonale en estimant préférable, face aux portes closes et à l'état de délabrement de certaines églises de la France profonde, que ces édifices, sans ouailles et sans financements, «deviennent des mosquées plutôt que des restaurants».(3)

De même certains intellectuels , n’y voient pas le « mal » dans cette « occupation apaisée» d’un lieu désert voué à la décrépitude ou à la démolition. « Dans Libération, Laurent Joffrin estime que « la cession d’églises à l’islam serait un beau symbole de concorde et de fraternité » quand dans Le Monde Pierre Daum soutient ni plus ni moins que « transformer des églises en mosquées va dans le sens de la laïcité républicaine ». La République au service d’une religion, voilà un projet auquel même Pie X n’aurait osé croire dans ses rêves les plus fous ! »(1)


La manipulation politique actuelle la haine sioniste de l'islam et les dérives politiciennes

La signature par Sarkozy de cet appel pour des raisons bassement électoralistes – chasser sur les terres du Front National- n'a pas fait l'unanimité, à droite: «Au sein même du parti Les Républicains, la signature de l'ancien président de la République de l'appel lancé dans Valeurs actuelles est loin de faire l'unanimité. En signant la pétition de Denis Tillinac dans Valeurs actuelles, qui demande que les églises françaises ne soient pas transformées en mosquées, Nicolas Sarkozy a provoqué l'ire d'une partie de sa propre formation. «Je ne signerai pas cette pétition parce que je trouve qu'on essaie (...) d'exciter autour de ce sujet qui n'existe pas vraiment, a réagi Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-président du parti, sur France Info. (...) C'est pas un sujet d'une immense actualité, c'est pas une question qui se pose tous les jours (...) Alors pourquoi le faire? Pourquoi chercher à cliver? Pourquoi chercher à en faire un sujet alors que ça n'en est pas vraiment un?» (4)

«C'est pas mieux quand une église devient une boîte de nuit ou un restaurant», a-t-elle aussi constaté avant d'attaquer, semblant viser Nicolas Sarkozy: «Tous ces gens qui nous parlent de civilisation à propos de l'Eglise, est-ce qu'ils rentrent vraiment dans les églises? Ceux qui ramènent l'Eglise à un projet de civilisation ont parfois oublié le message évangélique. Le message évangélique, il est fait d'universalisme, pas de nationalisme. Le message évangélique, il est fait de projections vers l'avenir, pas de passéisme.» Même l'ancienne plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, estime, selon Le Parisien, «qu'alimenter ce débat ne me paraît pas de nature à apaiser les tensions». Le député des Yvelines a, comme Nathalie Kosciusko-Morizet, rappelé que Dalil Boubekeur, qui avait proposé de transformer certaines églises en lieux de culte musulmans, était «revenu sur ses propos». (4)

Dans le même ordre, Bruno Roger-Petit écrit: «Dans Valeurs actuelles, Denis Tillinac lance l'appel «Touche pas à mon ringardise franchouillarde ou le grand huit des Bidochon.En tout cas, la liste prête à sourire. Ou à pleurer. On y trouve le ban et l'arrière-ban du réac bien de chez nous, baguette, béret et saucisson. Ce n'est plus une pétition, c'est le train fantôme de la ringardise franchouillarde, le grand huit des Bidochon, le Space moutain des Super-Dupont: Charles Beigbeder, André Bercoff, Jeannette Bougrab, Alain Finkielkraut, Gilles-William Goldnadel, Basile de Koch, le Père Alain Maillard de La Morandais, Élisabeth Lévy, Sophie de Menthon, Jean Raspail, Ivan Rioufol, Nicolas Sarkozy, Jean Sévillia, Philippe de Villiers, Éric Zemmour. Les vieux grenadiers de la bien-pensance réac. Mais que diable Nicolas Sarkozy est-il allé faire dans cette galère identitaire?» (5)


Dans une lettre ouverte François Guillaume ancien ministre s’est ému des déclarations de l'évêque d'Evry, Mgr Dubost, qui a dit « préférer que les églises deviennent des mosquées plutôt que des restaurants », Il écrit : « À tout prendre, je préférerais l’inverse parce que c’est moins dangereux. Mais comment peut-on envisager une telle reconversion de nos édifices religieux construits par des chrétiens pour témoigner de leur foi en un Christ d’amour, quand les dignitaires musulmans se refusent à condamner clairement le massacre des chrétiens d’Orient ? Veut-on faire de la France la fille aînée de l’islam ? » « Le clocher, pour nous, c’est la durée ; c’est la concrétion des siècles ; c’est l’unité des vivants et des morts ; c’est la beauté et c’est la fragilité confiée au goût et à la force des hommes. Il suffit de pousser la porte pour que le silence du lieu saint vous invite à la méditation et vous pénètre de sa paix. » (6)


L’histoire de la mosquée de Paris raconte en creux l’apport positif de l’émigration algérienne

Dans une remarquable lettre à Nicolas Sarkozy le philosophe Jean Bauberot écrit à propos des émigrés de dernières générations , de la fixation de Sarkozy sur l’islam et des mosquées un texte d’une brulante actualité : « Faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine, ville française depuis 1834 et chef lieu d’un département français depuis 1848. Nous sommes donc d’anciens Français. D’autres nous ont rejoints peu de temps après et sont devenus Français, en 1860, tel les Niçois et les Savoyards. Nous avons intégré volontiers ces "nouveaux arrivants" et avons ajouté la pizza à nos coutumes alimentaires. Et au siècle suivant, d’autres sont encore venus. Certains de l’Europe centrale, bien différente de notre civilisation méditerranéenne. Mais, comme tu l’écris très bien, nous sommes très « accueillants », nous autres. Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l’avancée de l’Armée Rouge en 1944 ». (7)

« Nous sommes tellement « accueillants » que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République. Comment être plus accueillants ? Mais faudrait quand même pas tout confondre : entre lui et moi vois-tu, c’est moi qui accueille, et lui qui est accueilli. (…) Quand les Sarkozy sont devenus Français, le ciel de Paris s’ornait d’une Grande Mosquée, avec un beau minaret. Je suis d’accord, moi Mouloud qui t’accueille, je dois te faire « l’offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire [y compris en classe de terminale], (ma) civilisation), (mon) art de vivre (…) Contrairement à moi, puisque tu n’es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux « valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale ». Vu ta fonction, il faut que tu l’apprennes vite car « tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ses valeurs condamnerait à l’échec. » Mais, je ne suis pas inquiet : tu es très doué ». (…) La laïcité, ce n’est nullement « la séparation du temporel et du spirituel » comme tu l’écris. Cette expression, elle fleure le Moyen Age, la société de chrétienté, bref l’exact contraire de la société laïque. (…) » Tu fais preuve d’une curieuse obsession des minarets et tu sembles assez ignorant à ce sujet ».(7)

Pour être concret poursuit Jean Bauberot, , je vais te raconter l’histoire de France en la reliant à ma propre histoire d’ancien Français, du temps où toi, tu ne l’étais pas encore. Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions : Algérie, Savoie, ou Limousin, « petite patrie » de mon frère siamois. Mais si je te raconte cela, ce n’est pas pour me cantonner dans la petite histoire, celle de ma famille, c’est pour rappeler l’Histoire tout court. Car nous avons été environ 100 000, oui cent mille, musulmans à mourir au combat pour la France. Nous étions déjà tellement « arrivés » en France, que nous y sommes morts ! Ces combats avaient lieu dans cette partie de la France appelée « métropole ». Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément. Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée : construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr ». (7)

« Elle avait décidé, en 1905, de « garantir le libre exercice du culte » (Article I de la loi de séparation). « Garantir », c’est plus que respecter. C’est prendre les dispositions nécessaires pour assurer son bon fonctionnement. Pourquoi passes-tu tant de temps, dans ton texte, à nous parler des minarets ? Cela n’a vraiment pas été un problème. Bien au contraire. Et pourtant, ils étaient très laïques, tu sais, plus laïques que toi, mon cher chanoine, les rad’soc (radicaux-socialistes), les Edouard Herriot, ou Léon Bourgeois (un des « pères » de la morale laïque) qui ont pris la décision de consacrer des fonds publics à la construction de cette mosquée, de ce minaret ». (7)

« Tu sais, j’aime bien fréquenter les bibliothèques. J’y ai trouvé un ouvrage d’un historien qui retrace l’histoire de cette construction. Et c’est fort intéressant.« Il est à remarquer, écrit son auteur, Alain Boyer, que personne n’a soulevé à l’époque le problème de la compatibilité de cette subvention avec l’article 2 de la loi de 1905, concernant la séparation des Eglises et de l’Etat qui dispose la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ; il aurait pu d’ailleurs être répondu que l’Etat ne finançait que la partie culturelle, l’institut, et non pas la mosquée proprement dite, c’est-à-dire le lieu de culte. » (7)

«(..) On s’est dit : étant donné tout ce que l’on consent financièrement pour garantir l’exercice des cultes catholique, juif, protestant, c’est bien le moins de donner des subventions publiques pour une Grande mosquée et son minaret. D’ailleurs le père de la loi de 1905, Aristide Briand, avait dit à son propos : « En cas de silence des textes ou de doute sur leur portée, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. » De plus, et je vais t’étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets. Quand on a posé la 1ère pierre de la mosquée, le maréchal Lyautey a fait un très beau discours. Il a déclaré : « Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de France qu’une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »(7)

« Et tous les dirigeants et militants laïques présents, conclut Jean Bauberot, l’ont chaleureusement applaudi. Ils étaient comme cela les laïques : ils assumaient, mais ne voulaient pas « valoriser » les « racines chrétiennes de la France ». Ils estimaient, au contraire, que le pluralisme religieux faisait partie de son histoire, de son identité nationale laïque. Le 15 juillet 1926, la grande mosquée a été inaugurée en présence de ton prédécesseur, Gaston Doumergue, le président de la République ».(7)

Voilà pour la mosquée comme reconnaissance pour service rendu par les tirailleurs algériens et marocains à la république en payant le prix du sang. Ces mêmes tirailleurs qui devinrent des tirailleurs béton pour assurer le développement de la France pendant les trente glorieuses

Quand les soeurs prêtaient leur chapelle aux musulmans...

Un autre exemple nous montre que la tolérance a existé à une certaine époque quand les hommes politiques et les intellectuels faussaires sionistes et qui sont en croisade contre la deuxième religion de France, n’avaient pas, comme maintenant, droit de sévir sur tous les plateaux de télé, de sévir dans les journaux et d’avoir une visibilité bâtie sur la haine de l’autre, à savoir à boulets rouges, sur l’Islam le tiers exclus de la révélation abrahamique.

Souvenons- nous depuis que le judéo-christianisme –sous l’impulsion de Vatican 2 qui absous les Juifs du péché originel du déicide – par Caiphe interposé- a commencé à formater durablement l’imaginaire des Français et pour que les évènements sanglants de terroristes sous faut drapeau islamique donnent du grain à moudre à ces moteurs de haine que sont des émigrés de la première ou deuxième génération, « plus royalistes que le roi » qui viennent dire aux Français ce qu’ils doivent penser, ce qu’ils doivent haïr et ceux à qui ils doivent obéir sans discussion –sous peine de déclencher un cataclysme sur leur tête-

Dans ce sens nous lisons dans le Nouvel Obs. : «Pour notre chroniqueur Olivier Picard, l'ancien chef de l'État et le polémiste agissent pour faire tourner leurs fonds de commerce et pour attiser cyniquement les tensions (...) L'abrutissement dû à la chaleur sûrement... Il n'est pas surprenant que Nicolas Sarkozy se soit jeté comme un affamé sur cette nouvelle «cause» du peuple. Fidèle, désormais, à sa devise intellectuelle «plus c'est gros, plus ça passe», il a enfourché ce nouveau cheval de bataille pour être parmi les premiers signataires. On va pas gâcher. En clair, Sarkozy et Zemmour nous prennent pour des crétins finis pour faire tourner leurs petites boutiques respectives. Faire leur petite cuisine sur leur petit feu, comme aurait dit De Gaulle, sans trop se soucier des dégâts de leur manipulation sur le mental, très vulnérable, de leur pays». (8)

Pour Vincent Mongaillard: «Transformer les églises inoccupées en mosquées. La proposition de Dalil Boubekeur divise, mais, à Clermont-Ferrand, elle a été une réalité pendant plus de trente ans. Une expérience unique en France. De 1977 à 2010, une chapelle de la congrégation des soeurs de Saint-Joseph,, a été mise à la disposition des musulmans de la cité auvergnate qui n'avaient pas de lieu de culte. «Ils n'avaient pas de véritable lieu de culte, donc, à la demande de l'évêque, une autorité légitime, nous leur avons prêté gracieusement notre chapelle qui ne servait plus puisqu'il y avait une église paroissiale toute proche. Lors du vote, notre conseil avait accepté à l'unanimité», se souvient soeur Thérèse, 88 ans, dans les ordres depuis près de sept décennies».(9)

«A l'époque, la seule salle de prière se trouvait dans une petite cave fréquentée par quelques chibanis, elle n'était pas du tout adaptée», explique Karim Djermani, secrétaire général de la grande mosquée de Clermont-Ferrand. C'est lorsque celle-ci est sortie de terre en 2010 que les locataires de la petite église ont quitté les lieux avant d'organiser une cérémonie d'adieu un an plus tard, remettant symboliquement les clés de l'édifice aux religieuses. L'aventure a été enrichissante du côté des musulmans comme des catholiques. «Symboliquement, cela a renforcé le dialogue interreligieux. On se croisait souvent avec les soeurs, elles m'appelaient mon cher ami, on se faisait la bise. Plusieurs fois, on a partagé l'iftar (rupture du jeun)», s'enthousiasme Karim Djermani, vice-président du (Crcm) en Auvergne. Pour lui cet exemple unique n'est pas pour autant «la solution» au nombre insuffisant de mosquées dans l'Hexagone. (...) l y a aussi le risque que ce soit perçu par les concitoyens comme une conquête de plus, de manière négative, avec une Eglise catholique qui recule et une Eglise musulmane qui avance», souligne-t-il»(9)



Le patrimoine religieux de l'Algérie après l'invasion et à l'indépendance

Les lieux de culte se suivent selon l'histoire du lieu et il faut bien le dire le rapport de force qui a abouti pour le vainqueur à imposer ses lois et sa religion. Tout au long de l’histoire les lieux de culte ont changé de propriétaires. Souvenons- nous pour les plus connues . La cathédrale Sainte Sophie de Constantinople du Vie siècle qui « changea de main » en devenant une mosquée au XVᵉ siècle sous l'impulsion du sultan Mehmet I. Il en est de même de la mosquée de Cordoue devenue cathédrale après la Reconquista espagnole Dans l’histoire Les maisons des premiers chrétiens, sont parfois édifiées à l'emplacement d'anciens lieux de culte païen. En Algérie Mila (Milev romaine) fut conquise en 1837. L'armée française détruisit une partie de la mosquée. Et convertit la mosquée en caserne. Cette mosquée construite par Abou Mouhadjer Dinar en 59 de l'Hégire vers 680 après J.-C a la particularité d'être édifiée sur les décombres d'une ancienne église construite sous Optat à la fin du troisième siècle. Cette Eglise elle-même a été construite sur les décombres d'un Temple dédié aux dieux notamment Milou.» (10)

Pour la période « récente »A la veille de l'invasion de l'Algérie en 1830 , à Alger il y avait 172 mosquées vingt-cinq ans après il n'en restait plus qu'une douzaine. L’occupant faisant montre d’un rare mépris pour la religion du vaincu , n’eut aucun scrupule à démolir les mosquées d’une façon sadique et joussive. Pourtant le maréchal de Bourmont l’envahisseur mais aussi le traitre à Napoléon lors de la bataille de Waterloo quinze ans plus tôt en 1815, avait une proclamation aux habitants d’Alger : « je prend l’engagement sur l’honneur de ne rient toucher aux lieux de cultes et à la propriété privée »….

De ce fait, Le percement de routes, la construction d'édifices amenèrent la démolition, la conversion de la majorité des mosquées. Trois grandes mosquées furent affectées au culte catholique dont la mosquée Djamaâ Ketchoua rue du Divan, sa transformation fut commencée dès le début de la conquête et dura environ un quart de siècle. Elle devint cathédrale en 1838. La mosquée Ali Betchin qui devint d'abord un entrepôt de la pharmacie centrale de 1830 à 1843, puis fut convertie en Eglise sous le nom de Notre-Dame des Victoires. Ecoutons Devoulx nous parler de la démolition de deux mosquées: «..Ce n'est pas sans un sentiment de honte que j'ajoute nous nous sommes empressés de faire disparaître ces deux charmants et élégants produits de l'architecture algérienne, d'autant plus précieux qu'ils étaient uniques en leur genre.» (11)

De même, la ville de Bougie comptait avant 1830 72 mosquées. Il existait 75 mosquées à Constantine. D'après Auguste Cherbonneau en 1861, les travaux d'alignement de la rue Leblanc ont enlevé une grande partie de la mosquée de Sidi Makhlouf. Pendant plus de dix ans la mosquée a été convertie en écurie pour le service régulier des spahis...» (12)

Cependant, il faut signaler qu'il existait des villages où il n'y avait ni mosquées ni églises ni synagogues. A Sidi Aïssa, les fidèles priaient simplement dans des salles et nous dit le grand historien Mustafa Lacheraf dans son ouvrage: «Des noms et des lieux», l'entente était parfaite» sans le cérémonial des clergés s'agissant d'une relation entre le fidèle et Dieu

Les mosquées en Algérie à l'indépendance

A l’indépendance, le phénomène inverse eut lieu du fait de la diminution du nombre de fidèles chrétiens, les églises furent fermées «Indépendante en 1962 nous dit Dalila Senhadji Khiat, l'Algérie a «hérité» de la période coloniale d'un important parc immobilier constitué de nombreuses églises catholiques, de temples protestants et de synagogues. La conquête de l'Algérie a été vécue par l'Église catholique comme une reconquête d'une terre jadis chrétienne, celle de saint Augustin et des six cents évêques (...) À l'indépendance du pays en 1962, L'État français a laissé plus de quatre cents églises à l'État algérien. De 567 en 1962, leur nombre se réduit à 167. La cathédrale Saint-Philippe d'Alger est l'un des premiers lieux de culte chrétien récupéré à l'indépendance de l'Algérie. Cette ancienne mosquée ottomane dite mosquée de Hassen Pacha, construite avant 1612 sur les restes d'un temple romain et reconstruite en 1795. La grande Cathédrale d'Alger redevient officiellement la mosquée Ketchaoua. (...) La grande synagogue d'Oran a été édifiée en 1880. Elle est considérée comme le plus grand édifice religieux juif de toute l'Afrique du Nord. Elle est convertie en mosquée en 1972 sous le nom de mosquée Abdallah Ben Salem, du nom d'un riche juif médinois converti à l'islam» (13)


Dans l'appel «touche pas à mon église Tout y est, patriotisme, citoyenneté, identité, sensibilité. C'est dans l'absolu un cri du coeur que l'on peut comprendre. J'ai toujours affirmé que le fond rocheux de l'identité française était bercé d'une façon invisible par la religion chrétienne et c'est normal pour la fille aînée de l'Eglise.

Ce qui l'est moins c'est la manipulation. Que Sarkozy - émigré de la deuxième génération - surfe sur tout ce qui peut lui permettre l'accès au pouvoir en flattant la droite extrême il est dans son rôle. Ce qui l'est moins c'est la croisade des sionistes plus royalistes que le roi. L'émigré de la première génération qu'est Alain Finkielkraut et son acolyte Eric Zemmour un paléo berbère émigré de la deuxième génération qui font du zèle et n’arrêtent pas d’avoir dans le collimateur les Arabes, les Noirs, et l’islam d’autant plus que logorrhée est juteuse, et fait vendre

Cependant, le problème des lieux de culte reste posé. Comment résoudre sans passion cette apparente quadrature du cercle. On peut comprendre que la France fille ainée de l’Eglise veuille protéger son fond rocheux chrétien même sous forme culturelle et qu’elle est quoiqu’en dise laîcs entre « français de souche » mais furieusement croisée quand il s’agit de l’islam d’autant que les boutefeux ne manquent pas entre les Houllebecque les Zemmour et autres Finkielkraut elle n’a que l’embarras du choix pour être confortée dans sa haine de l’autre. D’autant que les autres, les humanistes, es tolérants, tels qu’Edgard Morin, Esther Benbessa, et tant d’autres sont rendus inaudibles apr les médias bien tenus en main qui disent aux Français ce qu’il doivent penser

On peut comprendre qu'il faille interdire les financements externes avec l'importation de doctrine qui vont avec. Mais, faut-il le savoir - sauf en Alsace Lorraine -, la République laïque ne construit pas des lieux de culte. Le patrimoine de l'Eglise fort des 40 000 églises, la richesse des dons potentiels n'ont rien à voir avec l'islam des caves, et la pauvreté de ses ouailles. D'autant que certaines églises sont des monuments historiques et à ce titre l'Etat s'en occupe. Que faire? Il fut une époque bénie où l'Islam n'était pas diabolisé. Pour rappel, la mosquée de Paris a été construite en hommage aux tirailleurs algériens qui ont donné leur sang pour la France au chemin des Dames.. .Mais cela est une autre histoire...


1.http://www.causeur.fr/mosquees-eglises-islam-33832.html

2.Daniel Tillinac Appel Touche pas à mon Eglise Valeurs actuelles juillet 2015

3. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/06/15/01016-20150615ARTFIG00380-mgr-michel-dubost-je-prefere-que-les-eglises-deviennent-des-mosquees-plutot-que-des-restaurants.php


4. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ump/eglises-transformees-en-mosquees-sarkozy-sous-le-feu-des-critiques_1698010.html


5. http://www.challenges.fr/politique/20150708.CHA7722/touche-pas-a-mon-eglise-cette-petition-que-sarkozy-n-aurait-pas-du-signer.htm

6.http://www.valeursactuelles.com/lettre-ouverte-a-mgr-dubost-54109

7.http://oumma.com/Lettre-de-Mouloud-Bauberot-a

8 http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1395350-sarkozy-et-zemmour-appellent-a-defendre-les-eglises-ils-nous-prennent-pour-des-cretins.html


9. Vincent Mongaillard 16 Juin 2015 http://www.leparisien.fr/societe/religion-quand-les-soeurs-pretaient-leur-chapelle-aux-musulmans-16-06-2015-4865805.php


10 http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/143779-une-perle-archeologique-meconnue.html


11.A.Devoulx: les édifices religieux de l'ancien Alger: Revue africaine. n°6, p. 375, 1862.


12.A. Cherbonneau. Epitaphe de Sidi Makhlouf. Revue africaine. Vol.3. p194, 1869.


13.Dalila Senhadji Khiat, https://anneemaghreb.revues.org/907 2010

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/220707-la-quadrature-du-cercle.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 20:13

«Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau!»

Victor Hugo (Hymne)

Ces belles phrases de Victor Hugo sont intemporelles, elles s'appliquent douloureusement bien à notre tragédie par la perte de nos enfants. En effet, neuf de nos enfant sont morts dans la fleur de l'âge fauchés par le destin, eux qui avaient des rêves plein la tête, qui de se marier, qui de faire plaisir à sa maman pour l'envoyer faire une Omra. Je pense à la détresse de leurs parents pour qui la fin du monde est arrivée. Que Dieu les aide à supporter cette terrible épreuve.
Farah Madaure, du journal Le Soir d'Algérie, a à sa façon rendu hommage. Je le cite: «(...) Ne pleurez pas, mamans de nos héros. Lancez un youyou debout pour dire à ceux qui se battent, aux gardes communaux et aux Patriotes aussi: «C'est nous la République. Dites aux télés réactionnaires que l'armée a sauvé le pays en 1991 et que leur discours révisionniste en faveur des assassins ne passera pas!» C'est ça: je l'entends d'ici ce youyou! Etrange: il a la même tonalité, la même intensité que ceux de 1957... 1994... Tant que ces mères-courage seront là, la race des héros ne s'éteindra jamais!» Maamar Farah Le Soir d’Algérie

Nous devons nous recueillir pieusement à la mémoire de nos chers enfants disparus pour le confort de chacun de nous, pour que nous puissions jouir de la liberté, de la paix, nous devons leur en être reconnaissants, chacun à notre façon. Si nous devons éviter les spectacles de type « Je suis Charlie » et par mimétisme «Je suis Bardot » nous devons être dignes de défiler en silence, chacun chez soi, en même temps, à la même heure pour communier tous ensemble avec ceux qui sont morts pieusement pour la patrie.


Ce que fait l'armée

Notre armée est sur tous les fronts. D'aucuns ont reproché à la grande muette d'avoir été muette 48 heures, c'est de mon point de vue un mauvais procès car ce qui est important c'est de tirer les leçons de cette attaque. Rappelons-nous que les fréquentes randonnées du vice-ministre de la Défense, chef d'état-major, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, montre, que le risque sécuritaire est omniprésent, en Algérie. Il ne cesse de répéter à «ses troupes» qu'elles doivent se tenir prêtes à toute éventualité. On ne peut que se réjouir que la vaillante Armée nationale populaire digne héritière de l'ALN assure. Notre armée met tout en oeuvre pour défendre le pays.

Des achats importants d'équipements ne doivent pas être marchandés. Il faut ce qu'il faut. La sécurité du pays est à ce prix. On apprend que l'Algérie sera le premier acheteur étranger des missiles russes S-400. Le S-400 Triumph (code Otan: SA-21 Growler) est un système de missiles sol-air de grande et moyenne portée destiné à abattre tout type de cible aérienne: avions, drones et missiles de croisière hypersoniques. Le système est capable de tirer simultanément 72 missiles sur 36 cibles éloignées à une distance de 400 km. (1)

Commentaire d'un internaute: les Algériens sont des loups entre eux, mais archi unis contre les menaces extérieures... on n'a peur de personne et notre révolution qui n'a que 52 ans a soudé le peuple du nord au sud, de l'est à l'ouest.. avec un S-400 en poche, aucune bombe atomique, aucun chasseur de l'Otan, aucun drone ne violera l'espace aérien sacré de l'Algérie. La seule façon de nous battre ce sont des bombes atomiques partout... et même comme ça, tôt ou tard d'autres se lèveront contre l'injustice.» (1)



Les adversaires sans éthique ne désarment pas

Encore une fois après le karcher après la déchéance de la nationalité qui visait les beurs et donc indirectement les Algériens, encore une fois après « l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire » Nicolas Sarkozy l’ancien président de la France nous agresse d’une façon délibérée En déplacement en Tunisie, estime que la Tunisie a le malheur de partager sa frontière avec l'Algérie et la Libye! «Vous n'avez pas choisi votre emplacement», a-t-il fait savoir sur un ton ironique et moqueur. Nicolas Sarkozy exprime une profonde inquiétude vis-à-vis de l'Algérie. Un pays qui le préoccupe beaucoup et suscite en lui de nombreuses craintes. ´´L'Algérie, qu'en sera-t-il dans l'avenir? De son développement, de sa situation? C'est un sujet qui, me semble-t-il, doit être traité dans le cadre de l'Union de la Méditerranée».

«Il pense, lit-on sur Algérie focus, que les Tunisiens ont oublié qu'il fut l'ami de Ben Ali à qui il avait proposé l'aide sécuritaire au plus fort du Printemps arabe, comme il fut celui d'El Gueddafi le temps d'une campagne électorale, dont les casseroles nous livrent petit à petit les subtilités de l'amitié en politique. Quelqu'un pourrait-il lui répondre que si la Tunisie est à la mauvaise place entre la Libye et l'Algérie, M. Sarkozy, lui, est à la bonne place entre Eric Zemmour et Finkielkraut. C'est avec ces deux-là qu'il pétitionne dorénavant. Peut-être pense-t-il les recycler en stratèges militaires, comme il l'a fait avec BHL, pour son expédition en Libye. (...) s'il devait revenir un jour au pouvoir, comment s'y prendrait-il pour prétendre à une place de partenaire dans le développement de l'Algérie?» (2)

Quant aux officiels tunisiens qui l'ont accueilli avec chaleur il y a une énigme; autant nous avons une empathie pour le petit peuple qui souffre, autant nous sommes scandalisés par le discours à géométrie variable de ses dirigeants, notamment le président qui n'a jamais porté l'Algérie dans son coeur. Souvenons-nous de Bourguiba et de sa borne 233 qu'il est allé négocier en vain avec De Gaulle. Les Tunisiens doivent se satisfaire du discours haineux de Sarkozy dont le père légionnaire à sévi à Bel Abbès. «Vous avez des voisins que vous n'avez pas choisi» une allusion qui les exonère de ce qui se passe chez eux en faisant l'impasse sur les milliers de Tunisiens qui ont rejoint Daesh. Sarkozy parle ainsi de l'Algérie en Tunisie, c'est qu'il surfe sur l'air du temps, il aurait eu vent de ce qui se dit a Tunis. D'ailleurs, sur une chaîne française, la vice-présidente de la Ligue internationale des droits de l'homme qui est tunisienne, a dit que le terrorisme en Tunisie lui vient de la situation en Algérie. Nous aurions pensé que les officiels tunisiens fassent le minimum syndical en protestant comme ils savent bien le faire en finesse non pas pour nous défendre, nous sommes assez grands pour le faire, mais au moins pour témoigner que dans les coups durs c’est le voisin que l’on trouve pour boucler des fins de mois ou pour faire un ratissage, ce n’est certainement pas Sarkozy le pyromane

S'agissant de justement de Sarkozy, nous n'avons rien à attendre d'un personnage aussi détestable qui nous fait détester cette morgue chez les Français qui avec toujours la mentalité coloniale dicte la norme, sans un minimum d'éthique en politique. Souvenons-nous d’un de ses méfaits: On apprend, qu'il aurait été tenté d'utiliser les relents nostalgiques de certains Français. Les faits remontent à 2012, durant la campagne présidentielle qui a vu François Hollande prendre la tête de l'Etat français. Le candidat UMP était alors conseillé par Patrick Buisson, ancien journaliste d'extrême droite. Ce dernier, lui aurait glissé l'idée de «dénoncer les accords d'Evian» ainsi que de «revenir sur le titre de séjour spécifique dont bénéficient les ressortissants algériens depuis ces accords». Une idée à laquelle Nicolas Sarkozy était très réceptif, envisageant même d'en parler lors d'un passage sur la chaîne France 2 avant de se rétracter»...(3) Chiche !



L'union sacrée des Algériens

Devant ces nuages qui s'accumulent au plan économique et sécuritaire et ces provocations qui ne sont pas innocentes, plus que jamais, l'union sacrée. Je fais mien cette analyse de Saïd Boucetta qui résume mieux que mille discours et d'une façon pertinente les défis de l'Algérie: «Des signaux forts doivent être envoyés à la société par les leaders des partis au pouvoir et ceux de l'opposition. L'attentat de Aïn Defla vient rappeler à l'opinion nationale la complexité de la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays. l'activité terroriste de ce jour d'Aïd El Fitr, impose une conjoncture exceptionnelle au double plan sécuritaire et économique qui appelle la plus grande vigilance de tous les acteurs de la société. Que ce soient les partis politiques, les syndicats ou encore le patronat, l'ensemble des organisations doivent montrer une solidarité sans faille pour affronter les quatre ou cinq prochaines années, inscrites sous le signe de la déprime économique et de la menace terroriste permanente. Les prochaines années seront difficiles. (...) (4) »

« Le marasme économique générera immanquablement un malaise social, terreau fertile pour le développement du discours salafiste aux accents terroristes. La situation régionale n'appelle pas à l'optimisme avec une Tunisie fragilisée, une Libye disloquée, un Maroc revanchard et pourvoyeur des terroristes en drogue. C'est dire qu'au niveau sécuritaire, le risque d'une sérieuse dégradation n'est pas à écarter, même si les éléments de l'Armée nationale populaire et les autres corps de sécurité accomplissent parfaitement bien leur mission(...) Des signaux forts doivent être envoyés à la société par les leaders des partis au pouvoir et ceux de l'opposition. Les spécialistes de la chose politique imaginent une sorte de grande conférence nationale pour la stabilité et la solidarité. Il s'agit de montrer un visage uni et fort face au double défi qui attend l'Algérie. (...) Cette union sacrée sera certainement difficile à obtenir, en raison des suspicions, mais elle est nécessaire pour éviter de retomber dans la tragédie des années quatre-vingt-dix, recommandent les observateurs».(4)


Qui sommes-nous en tant qu'Algériens?

Il est curieux de constater que les intellectuels que nous sommes sont plus enclins à signer des pétitions que de se sentir interpellés par des causes autrement plus importantes. Plus que jamais nous devons nous unir pour conjurer les périls. L'effritement identitaire est un projet planétaire, notamment décrit dans le rapport Lugano qui postule en direction des nations faibles; les citoyens de ces pays doivent passer leur temps à se demander ce qu'ils sont, qu'à se mettre au travail, à s'instruire, à s'éduquer.

Nous ne nous sommes jamais posés la question de savoir ce que nous sommes réellement. Qu'est-ce qu'être algérien au XXIe siècle? Plus que jamais nous sommes victimes d'un Rapport conçu par l'Empire et dont le message global est celui de provoquer l'errance identitaire qui touche à des degrés divers tous les pays et d'une façon dangereuse les pays vulnérables. Sommes-nous algériens par la naissance, par la religion, par l'ethnie ou par la présence lointaine dans le pays? Toutes ces questions attendent d'être résolues. Sommes-nous une nation? Nous sommes en 2015, il y a encore des Algériens qui s'identifient à leurs tribus, leurs régions, leurs quartiers, mais jamais en tant qu'Algériens. Comment conjurer les démons de la division et aller vers le vivre-ensemble? Renan formule l'idée qu'une nation repose à la fois sur un héritage passé qu'il s'agit d'honorer, et sur la volonté présente de le perpétuer. L'avènement d'une nation passe par une Histoire assumée par tous. La nation devrait être un plébiscite de tous les jours selon la belle formule de Renan.

En définitive, qu'on prenne garde! La bête immonde de la partition qui a eu raison de civilisations millénaires aussi prestigieuses, comme l'Irak, la Syrie, ne nous fera pas de cadeaux. Le jacobinisme en Algérie a montré ses limites. Il nous faut imaginer un modèle de vivre-ensemble qui libère les initiatives par une décentralisation intelligente. Les partis politiques ont une mission historique, celle de contribuer à sauver le pays. Le peuple se souvient le moment venu de ceux qui jouent les Ponce Pilate alors que le feu est dans la maison.

Comment souder cette nation?

Nous devons tout faire pour favoriser le vivre-ensemble par le brassage qui permettra aux Algériennes et aux Algériens de se connaître et de s'estimer et de se sentir solidaires envers le pays et envers l'Histoire. Les opportunités suivantes peuvent être mises en oeuvre. Sur le plan scientifique par des compétitions scientifiques en développant le sport à l'université et à l'école en favorisant les compétitions scolaires et universitaires, inter-lycées, inter-villes inter-wilayas, l'Algérie sera alors une immense ruche où l'appartenance identitaire à l'algérianité sera tout à fait naturelle. Sur le plan culturel par la mise en place de semaines culturelles inter-wilayas. Enfin, l'immense rôle du Service national véritable creuset de la nation qui a fait ses preuves par le passé dans ce brassage et dans l'édification du pays (Barrage vert, Transsaharienne, 1000 villages, et prise en charge de notre destin pétrolier en 1971).

Pour moi, tout est une question d'éducation; le meilleur capital, la meilleure richesse de ce pays consiste en la mise en place graduelle d'un système éducatif performant. Rien ne doit être refusé à la formation, à la recherche. Quelle que soit la santé financière du pays, nous devons former et protéger l'élite en y mettant les moyens. Nous ferons émerger des lycées d'excellence, des Ecoles d'ingénieurs d'excellence, des Ecoles de médecine, de droit, de sciences économiques d'excellence. Nous devons de plus en plus récompenser l'effort et le mérite, faire émerger les légitimités du savoir, de la compétence seuls critères pour avancer dans un monde de plus en plus compétitif qui ne fait pas de place aux faibles.

En définitive, la plus grande richesse du pays est sa jeunesse à qui nous devons expliquer les enjeux pour la faire participer aux défis du pays. Nous sommes convaincus que nous devons mobiliser les jeunes autour d'un défi, celui d'aller à la conquête du savoir. Nous devons faire émerger une conscience d'appartenir à un grand pays avec une histoire prestigieuse de plus de 3000 ans. Les défis exaltants auxquels est confronté le pays nous commandent d'être unis pour les grandes causes, il s'agir d'assurer à l'Algérie de garder sa place dans le concert des nations et de préparer l'avenir.


Toujours dans le recueillement, ces vers tirés des Misérables toujours du grand Victor Hugo sont tout à fait appropriés pour chacun de nos enfants martyrs parti trop tôt

«Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange,
Il vivait. Il mourut quand il n'eut plus son ange;
La chose simplement d'elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jo
ur s'en va.»


1. http://fr.sputniknews.com/defense/20150721/1017136748.html#ixzz3gaqixVFy


2. http://www.algerie-focus.com/blog/2015/07/sarkozy-lance-une-fatwa-sur-lalgerie/#sthash.hdsRYGNh.dpuf


3. http://www.alterinfo.net/notes/France-Algerie-Nicolas-Sarkozy-a-failli-denoncer-les-accords-d-Evian_b7580371.html


4.Saïd Boucetta http://www.lexpressiondz.com/actualite/220894-l-union-sacree-des-algeriens.html

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/221177-plaidoyer-pour-un-pays-uni-et-fascine-par-le-savoir.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 20:11

«Purifie-toi des attributs; du moi, afin de pouvoir contempler ta propre essence pure et contemple dans ton propre coeur toutes les sciences des prophètes, sans livres, sans professeurs, sans maîtres.»

Jalal Eddine Ar Roumi, immense soufi iranien

Avec un suspense digne des films à la Hitchcock, le feuilleton iranien avec une superproduction qui a mobilisé pas moins de sept acteurs, s'est achevé sur une note optimiste, un accord à l'arraché où chacun était pressé de conclure. Cet accord sans qu'il ne soit parfait, ferme en théorie le champ à une éventuelle fabrication dont on nous a annoncé régulièrement dans les deux mois et ceci depuis cinq ans. Unanimement salué par la presse iranienne toutes tendances confondues et célébré dans les rues de Téhéran.



Que dit l'accord?

L'accord sur le nucléaire ouvre un nouveau chapitre dans les relations entre l'Iran et la communauté internationale, a déclaré mardi 15 juillet le président iranien Hassan Rohani. Par ailleurs, malgré les demandes visant à réduire drastiquement le nombre de ses centrifugeuses, l'Iran en maintiendra 5.000 dans l'usine de Natanz et 1.000 à Fordow. D'après cet accord, l'Iran sera reconnu par les Nations unies comme une puissance nucléaire menant un programme nucléaire civil pacifique, comprenant un cycle d'enrichissement d'uranium, D'après l'agence, toutes les sanctions financières et économiques de l'ONU seront levées en même temps via une nouvelle résolution de l'ONU. Les sanctions de l'Union européenne et des Etats-Unis frappant les secteurs bancaire, pétrolier, gazier, pétrochimique, commercial, mais aussi de l'assurance et des transports seront levées dès que l'accord sera appliqué concrètement, tandis que des dizaines de milliards de dollars de revenus iraniens seront dégelés. Cependant, l'embargo sur les armes sera remplacé par un régime surveillé d'importation et d'exportation de matériels sensibles qui durera cinq ans.

L'Iran pourra également entreprendre une coopération internationale pour construire de nouveaux réacteurs nucléaires, des réacteurs de recherche et d'autres centrales nucléaires de pointe. En vertu de l'accord, le site d'Arak conservera son réacteur à eau lourde, mais sera modernisé et équipé des technologies les plus modernes et les plus sûres au monde, L'Iran sera reconnu comme producteur de produits nucléaires, notamment d'uranium enrichi et d'eau lourde. (1)

Les conséquences de l'accord: changement d'alliance en perspective

L'accord de Vienne déplaît aux Israéliens, aux Arabes et au Congrès américain: «Ce qui alarme le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écrit Joshua Keating ainsi que les dirigeants du Golfe, c'est au moins autant le programme nucléaire iranien qu'une convergence des intérêts iraniens et américains. Au cours de l'été 2012, quand les diplomates iraniens et américaines commencèrent leurs pourparlers secrets à Oman, lançant le processus qui vient d'aboutir par un accord sur le nucléaire iranien, le Proche-Orient était très différent de ce qu'il est aujourd'hui. Quelques mois auparavant le dernier convoi de troupes américaines avait quitté l'Irak et leur retour à Baghdad apparaissait inconcevable. La chute de Bachar el-Assad, combattu par les rebelles syriens, semblait n'être plus qu'une question de temps. Al-Qaîda avait l'air totalement déconfite après la mort de Ben Laden (...) »

« En d'autres termes, il y a trois ans, il était raisonnable de considérer que la question du nucléaire iranien et d'une éventuelle guerre régionale à son sujet, était le sujet le plus préoccupant du Proche-Orient. Le président des Etats-Unis évoque à présent l'accord comme un moyen de «voir si cette région qui a connu tant de souffrances, tant d'effusions de sang, peut emprunter une nouvelle voie.» L'accord sur le nucléaire iranien semble presque anecdotique. L'Iran est parvenu à étendre son influence régionale sans posséder l'arme nucléaire. Les rebelles chiites soutenus par l'Iran sont en pointe de la lutte contre Daesh en Irak, Assad est toujours au pouvoir en Syrie et malgré des mois d'attaques aériennes saoudiennes les rebelles Houthi contrôlent toujours la capitale du Yémen. Le chaos de la région convient bien à l'Iran et les adversaires de l'accord affirment que la levée des sanctions va encore accroître son influence » (2).



La paille nucléaire iranienne et la poutre nucléaire israélienne

Sans surprise nous trouvons parmi les mécontents de l'accord, Israël, le Congrès américain et Hillary Clinton. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dénoncé une «erreur historique pour le monde». «Israël n'est pas lié par cet accord car l'Iran continue à vouloir notre destruction. Nous saurons toujours nous défendre», a-t-il prévenu.

«Netanyahou lit-on sur le site europalestine, fulmine après l'accord concernant le nucléaire iranien. (....) Pourtant, on sait qu'Israël, contrairement à l'Iran, ne se prive pas d'attaquer ses voisins et de recourir à des armes prohibées extrêmement létales, bombes au phosphore, à fragmentations, gaz toxiques.. pour perpétrer ses massacres de populations civiles. Israël possède au moins deux sites nucléaires interdits, Dimona, un cadeau du gouvernement socialiste français de Guy Mollet en 1956, et le centre de recherches nucléaires de Nahal Sorek, à l'ouest de Jérusalem, offert par Eisenhower. En 2007, un journal italien dévoilait un scandale d'importance: le professeur palestinien Mahmud Saâda, expert, et membre d'une commission internationale chargée de la «sauvegarde à l'égard des guerres nucléaires et des radiations», rapportait que des «radiations émanant du réacteur israélien de Dimona, et les scories nucléaires de trois dépôts souterrains adjacents étaient sans doute la cause de très rares formes de tumeurs aux yeux et au cerveau chez des enfants palestiniens à Daheriyeh, au sud d'Hébron. L'augmentation de 60% de ces cancers ne s'expliquerait pas autrement. Alors, pourquoi ne parle-t-on que de l'Iran? Et à quand les sanctions contre Israël? ce pays qui a refusé de signer le traité de non-prolifération nucléaire et qui teste des armes effrayantes sur les Palestiniens, constitue le plus grand danger nucléaire de la planète.» (3)

Même le chef de la Ligue arabe a qualifié l'accord sur le nucléaire iranien de «premier pas» vers l'éradication des armes de destruction massive au Moyen-Orient, appelant néanmoins la communauté internationale à faire pression sur Israël considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient. «Le temps est venu pour la communauté internationale d'arrêter la politique des deux poids, deux mesures et de prendre ses responsabilités en faisant pression sur Israël pour qu'il adhère au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires» et «pour que ses installations nucléaires soient soumises au système de garanties de l'Agence internationale de l'énergie atomique».(4)

L'accord est «inacceptable», a lâché le président de la Chambre des représentants, John Boehner: «Si l'accord est aussi mauvais que je le pense à cet instant, nous ferons tout pour l'arrêter. Le Congrès, a le pouvoir d'en bloquer un élément central: la suspension des sanctions américaines, contrepartie des engagements iraniens... «. La candidate à l'investiture démocrate Hillary Clinton a affirmé que l'Iran n'aurait «jamais» l'arme nucléaire si elle était élue présidente des Etats-Unis.


La recomposition du Moyen-Orient

Il semble que les Américains soient lassés par l'Arabie saoudite du fait de son exportation de la terreur salafiste. Ils se tournent alors vers l'Iran héritier de Darius, Une relation plus amicale entre l'Iran et l'Occident peut ouvrir des avenues à d'éventuelles opérations sur
d'autres questions, comme la résolution de la crise en Syrie.

Pour les Etats-Unis et leurs alliés, l'accord est un pari: celui que l'ouverture de conversations avec Téhéran va permettre de pacifier la région et de donner davantage la parole aux modérés du régime. Une position partagée par le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, selon qui l'accord rend possible une coalition «élargie» pour combattre ce groupe extrémiste sunnite, qui est hostile à l'Iran chiite autant qu'à l'Occident. «Le président américain voulait à tout prix cet accord historique. Il est conforté par l'opinion publique américaine puisque dans une enquête menée pour le Washington Post et ABC, 59% des personnes interrogées soutiennent l'idée de lever la quasi-totalité des sanctions à l'égard de l'Iran en échange d'un accord qui limiterait le programme nucléaire de façon à empêcher la production d'armes nucléaires.» (5)

Pour Gilles Munier: «C'est une indubitable victoire pour l'imam Ali Khamenei. Le mélange de fermeté, de souplesse et de pragmatisme a payé face à l'arrogance occidentale et aux menées occultes israéliennes. Laurent Fabius qui jouait le jusqu'au-boutiste a dû ravaler sa morgue. C'est aussi une victoire diplomatique pour Barack Obama, à 18 mois de la fin de son mandat.(...) L'accord signé à Vienne entrera en vigueur 30 jours après son adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU, c'est-à-dire vers la fin de cette année. Certes, l'Iran n'a pas obtenu tout ce qu'il demandait, mais les Etats-Unis non plus, et tout le monde devra faire avec, y compris les ennemis de Téhéran. (...) On peut compter sur la prochaine administration américaine pour traîner des pieds quand il s'agira de lever certaines sanctions, pour mettre en doute les rapports de l'Aiea qui se rendront en Iran, pour menacer à nouveau le pays.» (6)

Même l'Arabie saoudite par le biais de son agence de presse SPA s'est fendu d'un communiqué rassurant: «Etant donné que l'Iran est un pays voisin, l'Arabie saoudite espère bâtir avec lui de meilleures relations dans tous les domaines sur la base du bon voisinage et de la non-ingérence dans les affaires internes. Les tensions ont été vives récemment entre l'Arabie saoudite et son principal rival régional, notamment sur le conflit au Yémen où Ryad mène une campagne de frappes aériennes contre des rebelles chiites soutenus par l'Iran. En Syrie, l'Arabie saoudite soutient les rebelles qui tentent de renverser le régime alors que Téhéran demeure le principal allié régional de Bachar al-Assad.


Le marché pétrolier et le futur chaos des rentiers

L'Iran est un grand pays technologiquement avancé. Il détient la quatrième réserve pétrolière mondiale avec plus de 160 milliards de barils (13/14% des réserves) 34.000 milliards de mètres cubes gazeux 16% des réserves mondiales. La population est d'environ 80 millions. Le taux d'alphabétisation est de 93% pour les Iraniens de 19 à 40 ans, l'Indice de développement humain est 0,707 ayant été classé au 88e rang mondial. Le PIB par habitant 2013/2014) est de 4 748 dollars avec un produit intérieur brut (PIB (2013/2014 de 366,1 milliards $. Le PIB est ventilé comme suit: agriculture: 11,3% -industrie: 37,6%- services: 51%.

L'Iran est donc un pays industrialisé contrairement à l'Algérie ou le taux d'industrialisation représente 5%. L'économie est dépendante cependant des revenus pétroliers 75% environ des recettes de l'Etat. Pour éviter le gaspillage le gouvernement a mis en place des aides ciblées pour les couches à faible pouvoir d'achat et à commencé à arrêter progressivement les subventions sur l'énergie.


Les prochains mois et années seront pénibles pour les rentiers. Les exportations de brut iranien étant plafonnées à 1 million de b/j environ selon les termes de l'accord intérimaire de Genève. L'Iran produisait plus de 2,5 millions de barils/jour. Ces facteurs ajoutés à une production hors Opep (67%) importante l'entêtement de l'Arabie saoudite pour ses parts de marché et le combat perdu contre les pétrole/gaz de schiste américain, et pour couronner le tout la non-reprise de la croissance de l'économie mondiale, peuvent aboutir à une dégringolade encore pire du prix du baril. L'entrée en force de l'Iran sur le marché pétrolier et gazier mondial aura un impact sur l'économie algérienne. Pourtant, selon les calculs du FMI, la baisse des cours du pétrole devrait entraîner un manque à gagner de 300 milliards de dollars cette année pour les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). La question est de savoir pendant combien de temps ces pays pourront financer leur déficit sans envisager de baisser leurs dépenses. D'autant que le pétrole ne semble pas décidé à remonter.

La manne pour les pays industrialisés

On dit que le malheur des uns fait le bonheur des autres. «Une manne tombée du ciel.». C'est ainsi que les analystes qualifient la chute vertigineuse des prix du pétrole sous le seuil symbolique des 50 dollars le baril. A titre d’exemple, la facture énergétique de la France qui s'est élevée en 2013 à environ 66 milliards d'euros, pourrait considérablement s'alléger, on peut envisager une économie de l'ordre de 20 milliards d'euros sur les importations. De plus, l'encre de l'accord n'a pas encore séché que les investisseurs se préparent à revenir en Iran et c'est la course aux offres de service; de belles opportunités s'ouvrent aujourd'hui, particulièrement en matière d'infrastructures (eau, routes, énergie) mais aussi pour remettre en état l'appareil de production de pétrole et de gaz. Ces 20 milliards sont une manne inespérée pour la France qui peut ainsi boucler un budget avec un déficit à 4 % proche de celui nécessaire pour répondre aux critères de Maastricht imposée par Bruxelles


Qu’en est il de l'Algérie ?

On le voit, si les pays du Golfe peuvent tenir du fait de leur matelas évalué à plus de 1000 milliards de dollars. ce n'est pas le cas de l'Algérie pour qui le retour de l'Iran avec seulement 1 million de barils risque de faire chuter le prix du baril à 40 dollars. Dans ces conditions, on sait que l'Arabie saoudite qui arme et finance le terrorisme international a placé l'Algérie sur la liste noire des pays qui supportent le terrorisme.

Pour Eric Draitsen, l'État algérien subit l'assaut d'Al Qaîda et d'autres groupes terroristes depuis longtemps. La guerre contre le terrorisme en Algérie remonte à plus de vingt ans. À ce titre, le gouvernement de l'Algérie doit comprendre clairement la menace sérieuse que l'Arabie saoudite représente, car les Saoudiens sont les principaux bailleurs de fonds et les patrons des groupes terroristes, y compris Aqmi et beaucoup d'autres. La nature robuste des structures militaires et policières algériennes ont permis au pays de rester ferme face à la guerre permanente du terrorisme. L'Algérie demeure résolue à lutter contre le terrorisme quels qu'en soient les coûts, c'est précisément la raison pour laquelle elle est diabolisée par les Saoudiens. (7)

Il est regrettable de le dire, la transition énergétique vers le développement durable n'est pas encore opérationnelle. Une stratégie qui permet de freiner le gaspillage actuel, qui rationalise la consommation et qui investit dans les énergies renouvelables. Un exemple? le Danemark a réussi à produire 140% de ses besoins en électricité... rien qu'avec du vent. Qu'attendons-nous pour mettre en place cette transition? Nous n'allons pas passer notre temps à guetter les mouvements erratiques d'un prix du baril. Le changement c'est maintenant. Un espoir? Il est possible au vu des changements que l'Arabie saoudite par réalisme du fait que l'Iran redevient le pivot de la nouvelle alliance des Etats-Unis, du fait aussi de son enlisement dans le dossier yéménite, du fait de son déficit abyssal en vienne à faire raviver l'Opep avec une entente des grands, c'est-à-dire avec l'Iran pour raffermir les prix du pétrole.



1. http://french.xinhuanet.com/monde/2015-07/14/c_134412252.htm


2.Joshua Keating http://www.slate.fr/story/ 104407/accord-iranien-proche-orient#xtor=RSS-2 Traduit par Antoine Bourguilleau 17.07.2015

3. http://www.europalestine.com/spip.php?article10803


4. Nucléaire iranien: un «premier pas» vers le désarmement dans la région (Ligue arabe)


5. http://www.algerie1.com/affaires/impacts-geostrategiques-et-energetiques-apres-laccord-historique-entre-le-groupe-51-et-liran/


6. http://www.france-irak-actualite.com/2015/07/accord-de-vienne-sur-le-nucleaire-une-indubitable-victoire-pour-l-iran.html

7. https://www.oximity.com/article/Eric-Draitser-L-Alg%C3%A9rie-demeure-r-1?utm_campaign= it&utm_source=it-5-folDig&utm_medium=email

Article de reference: http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/220885-le-desarroi-des-rentiers-du-petrole.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 20:05

Lundi 20 juillet 2015

Chems-Eddine Chitour, professeur émérite à l’École Polytechnique d’Alger :

En matière de consommation énergétique, «si nous ne faisons pas attention, nous serons déstabilisés», à terme, a indiqué le professeur émérite Chems-Eddine Chitour, docteur ingénieur, docteur ès sciences et directeur du Laboratoire de valorisation des énergies fossiles à l’Ecole Polytechnique d’Alger. Estimant que le pays «manque de visibilité concernant la transition énergétique que nous devons mettre en place», le professeur Chitour plaidera dans cet entretien pour la rationalisation de la consommation énergétique, le passage d’un modèle d’«ébriété» à celui de la «sobriété».

L’opportunité selon cet universitaire en thermodynamique et économie d’énergie de plaider la mise en œuvre d’une stratégie énergétique, le réajustement des tarifs et la promotion des énergies renouvelables. Cela, tout en insistant sur la nécessité de bien en expliquer les enjeux aux Algériens, de manière pédagogique, graduelle et consensuelle. Chems-Eddine Chitour explicitera à titre d’exemple l’utilité de la carte-carburant, une carte à puce qui fixe un plafond annuel de consommation des carburants sur la base d’un prix administré mais revu légèrement à la hausse.



Le Soir d’Algérie : Comment se présente la situation énergétique du pays ?

Pr Chems-Eddine Chitour : La situation est délicate. Nos dépenses sont supérieures à nos entrées en devises. Actuellement, nous sommes, à peu près, à 58 dollars le baril. Nous avons perdu l’équivalent de 60 dollars depuis un an. Ce qui veut dire que, dans le meilleur des cas, nos recettes tourneraient, à la fin de l’année, autour de 40 milliards de dollars. Donc, on ne peut pas, de cette façon, continuer à dépenser comme par le passé. Avec une facture des importations qui tourne autour de 60 milliards de dollars, il y aura forcément un déficit. Comment on compense ce déficit ? En puisant évidemment dans le Fonds spécial (Fonds de régulation des recettes). La Banque d’Algérie vient de tirer la sonnette d’alarme en nous informant que 19 milliards de dollars ont été nécessaires pour équilibrer les dépenses. C’est normal qu’on dise que si nous continuons à ce rythme, dans trois ans nous serons en butée. Avec l’arrivée d’au moins 1 million de barils/jour iranien qui vont tirer encore plus le pétrole vers le bas, ce serait un miracle si le niveau des prix se stabilise à 55-60 dollars. Est-ce la solution de pomper de façon frénétique ou faut-il prendre le risque de dire la vérité aux Algériens en leur proposant un nouveau paradigme qui nous permette de consommer beaucoup moins en consommant mieux ?


L’Algérie est dépendante des hydrocarbures à 100%. Pourra-t-elle encore en dépendre ? Justement, quelle évaluation faites-vous de la situation du marché pétrolier mondial ?


La tendance globale, historique et géologique, c’est que le pétrole est sur une tendance baissière. L’opulence actuelle et qui peut durer fait apparaître un excédent de l’offre qui est dû principalement à trois facteurs. La situation de l’énergie aux Etats-Unis, le ralentissement de la croissance même en Chine ainsi que les facteurs géopolitiques déstabilisants orchestrés par l’Arabie Saoudite qui veut régenter elle seule le marché, l’Opep étant virtuellement morte depuis qu’elle a perdu son marker crude «l’Arabian Light» au profit du Brent.

Nous avons dépassé le peak-oil (pic pétrolier, le moment où la production plafonne avant de commencer à décliner du fait de l’épuisement des réserves exploitables) dans beaucoup de pays et notamment en Algérie pour les puits exploités dans le monde. Ce qui veut dire forcément que le pétrole, le gaz, les énergies fossiles vont devenir de plus en plus chers. Nous vivons, présentement, une situation spéciale. La perturbation du marché par les Etats-Unis est due à l’augmentation de la production de pétrole et de gaz de schiste. D’aucuns disent que le développement du gaz de schiste est une bulle, et qu’à un moment ou à un autre, elle va exploser. Les gisements américains aussi bien conventionnels et non-conventionnels sont sur le déclin.

Ce qui signifie que dans l’attente de ce déclin, les prix vont chuter encore plus surtout avec le retour de l’Iran, peut-être de la Libye et même de l’Irak. Cette attente peut être catastrophique pour notre pays qui est mono-exportateur dépendant à 98% du pétrole. Mais que l’on ne s’y trompe pas, nous n’exportons pas de la richesse fruit de notre labeur, voire de notre intelligence. Nous exportons des minerais (phosphates, fer…), des dattes, du vin. Bref, principalement des produits du sol et du sous-sol si on excepte les exportations encourageantes.

Soit un autre choc externe pour l’Algérie comme en 1986 ?

Si on ne fait rien, c’est la situation de 1986 qui risque de se reproduire, avec toujours le même pays pour nous déstabiliser. En 1986, l’Arabie Saoudite voulait concurrencer les hors-Opep (principalement le Royaume-Uni) en noyant le marché. Résultat des courses, le pétrole est descendu au-dessous de 10 dollars le baril et un petit pays comme l’Algérie a perdu 18 milliards de dollars entre 1986 et 1990. En raison de l’augmentation de l’offre de l’Arabie Saoudite, les prix de l’or noir ont chuté. Nous avons été obligés de nous endetter pour importer de la nourriture. Mais les prêts pour «manger» sont beaucoup plus chers que ceux pour investir.

Nous avons subi des plans d’ajustement plusieurs fois. Certes, avec la remontée des prix, nous avons bénéficié d’une manne inouïe depuis 2001, quelque 750 milliards de dollars. Soit au total, près de 1 000 milliards depuis l’indépendance. Mais force est de constater que ces 750 milliards de dollars, nous ne les avons pas investis. On a fait beaucoup de social (construction de 3 millions de logements, achats de véhicules… feuilleton de l’autoroute). C’est bien. Mais j’observe que l’Algérien de 2014, de 2015 croit que tout lui est dû sans effort, il pense que c’est sa part de pétrole. Or, regardez la Norvège qui dispose d’un Fonds spécial de 250 milliards de dollars et dont les exportations d’hydrocarbures ne représentent que 25% des ventes. Chez nous, les exportations représentent 98%. A part cela, nous n’exportons que 100 millions de dollars de richesses créées, comparativement à 60 milliards de dollars de ventes. Ajoutez à cela la facture alimentaire (8 milliards de dollars), le coût des services. Nous allons droit dans le mur !



C’est un scénario assez sombre que vous évoquez…

Regardez l’état de la consommation énergétique dans le pays. Dans les hydrocarbures, nous consommons 1,2 tonne de pétrole par habitant, par an. Dans ces conditions, on ne peut pas continuer comme ça. Le meilleur gisement de l’Algérie est celui des économies d’énergie que l’on peut évaluer à 25%. Concernant l’électricité, l’on observe 7 à 10% d’augmentation de la consommation, soit 1 300 kWh/h/an. Le plan de développement des énergies renouvelables de 22 000 mW projetés à l’horizon 2030 est pratiquement impossible à atteindre, parce que le rythme de construction de ces usines, le rythme de mise en place du plan solaire ne permettent pas de construire un minimum de 1 500 mW/an. On sait seulement que 500 mW de solaire vont être installés sans transfert de savoir-faire par les Chinois. Et après ? Mais il n’y a pas une industrie de création de richesses dans ce domaine.

Nous faisons dans l’urgence. L’on compte construire 8 000 mW de centrales thermiques, alimentées à partir du gaz naturel. C’est une erreur de croire que le gaz naturel sera là ad vitam æternam (à jamais). La réalisation d’une telle centrale nécessite 40 ans. Qui garantit que le gaz naturel sera là d’ici 2055 ? C’est un problème de fond. J’ai bien peur que le plan énergie renouvelable n’intéresse pas les responsables de l’énergie, d’autant, et c’est ma conviction, la transition énergétique vers le développement durable est une nouvelle vision de société basée sur la sobriété en toutes choses, les économies multiformes, la nécessité de donner une seconde vie aux choses. Mais aussi en n’étant pas obnubilé par l’éphémère, telle cette incitation à bavarder dans le vent avec un budget publicitaire faramineux (2 milliards de $) tandis que l’agence chargée des économies d’énergie n’a pas de budget pour inciter les Algériens et les Algériennes à ne pas gaspiller, ceci dans l’attente de la vérité des prix de l’énergie…

Comment résoudre ce problème ? En sommes-nous conscients ?

Il serait opportun de parler alors d’une stratégie énergétique, d’une transition énergétique. Il faut passer d’une situation d’ébriété en toutes choses notamment énergétique vers une situation de sobriété énergétique. L’ébriété, c’est quand tout est gratuit et qu’il n’y a pas de garde-fous. L’aide, le soutien des prix profite aux classes aisées à 78% et à 22% aux classes démunies. Il y a là quelque chose qui ne va pas ! D’un côté, certains vous disent que c’est «la révolution» si vous agissez. Mais si l’on fait de la pédagogie, si vous expliquez de quoi il s’agit, ce sera différent. Sachez que le kWh en France, c’est l’équivalent de 60 dinars. Ici, c’est à 6 dinars ! Le mètre cube d’eau, c’est 4,5 euros, l’équivalent de 600 dinars contre 60 dinars ici, soit 100 fois plus cher. Le litre d’essence en Europe, c’est 1,6 à 1,7 euro, soit dix fois plus cher qu’en Algérie. Au Maroc et en Tunisie, c’est 0,8 euros le litre. Comment voulez-vous qu’il n’y ait pas d’hémorragie aux frontières ? Nous avons acheté pour 3,5 milliards de dollars en 2014 à l’étranger avec un gasoil à 1 dollar le litre que nous bradons, 7 fois moins cher.



Situation irrémédiable ?

Rien n’est irréversible si on s’y prend à temps ! Nos ressources ne sont pas infinies. Expliquons simplement la situation. Nous avons 12 milliards de barils de pétrole d’après BP 2014, et au rythme de consommation moyen de 1 million de barils/jour en l’absence de découvertes majeures, nous en avons pour 15 ans. Nous avons 4 000 milliards de m3 de gaz naturel dont on a consommé quelque 2 000 milliards. A la cadence actuelle, si on continue sur le même rythme, nous consommerons 100 milliards de m3 par an, sans prendre en considération ce qui peut être exporté. Nous en avons pour 20 ans. Or, le rythme de consommation est trop effréné, il n’y a pas d’efficacité énergétique. On gaspille beaucoup. Parce que c’est gratuit ! Regardez les transports, la circulation routière, les embouteillages. Nous avons noté que les bouchons dans les trois grandes villes font perdre 150 millions de dollars au pays ! Pour chaque heure passée dans les embouteillages, c’est quelque 0,5 litre d’essence qui est perdu. Soit un litre perdu en deux heures d’attente. Il y a 500 000 véhicules qui circulent de manière continue, soit 500 000 litres d’essence qui partent en fumée chaque jour. Regardez le secteur du commerce, c’est devenu par la force des choses une passoire. N’importe quoi rentre. Nous importons des climatiseurs qui consomment 3 fois plus que la norme. Au lieu d’acheter des climatiseurs de type A ou A+, nous importons des appareils de type H ou G. A la limite, c’est une question de coût. Nous achetons des fours qui consomment quatre fois plus que ceux de marques réputées. Ça ne fait rien, l’électricité est gratuite.

L’État est-il défaillant ?

Dans ce domaine, il faut des normes. Il faut que tout ce qui rentre corresponde aux normes. Le domaine des voitures aussi. En France, les véhicules qui consomment plus de 120 grammes de CO2 au kilomètre sont interdits. En Algérie, la moyenne est de 145 grammes pour les véhicules qui rentrent. C'est-à-dire qu’on perd 20% d’énergie d’essence pour rien. Qu’est-ce qui empêche l’Etat de dire aux concessionnaires dans le cadre d’une concertation qu’à partir de 2016, ne seront admis que les véhicules consommant moins de 120 grammes ? Ce qui permettra de réduire la pollution et de répondre aux normes internationales.

L’institution de la carte-carburant est justement évoquée pour une meilleure maîtrise de la consommation, la lutte contre la contrebande.

On n’innove pas concernant la carte-carburant. Les Égyptiens l’ont déjà mise en place. En Égypte, la carte à puce sert à se nourrir, à l’énergie, à faire des achats. Elle indique ce à quoi vous avez droit pour le mois. Si vous ne le consommez pas, vous pouvez en faire ce que vous voulez. A titre d’exemple, nous avons voulu aller plus loin. Le modèle élaboré par des élèves ingénieurs de l’Ecole polytechnique prend en charge l’analyse historique et établit différents scénarios. C’est de dire quelle est la consommation moyenne de chacun, ce que l’Etat peut lui donner en termes de subventions. On a noté que l’Algérien consomme en moyenne 20 000 km par an en carburant. Avec 7 litres aux 100 km, pour une voiture qui roule normalement, cela représente une consommation de 1 200 litres d’essence (1 tonne d’essence), soit une tonne de pétrole. Vos 1 200 litres, l’Etat vous les fait payer à un prix administré qui est dérisoire, 25 à 30 dinars.



Mais si l’automobiliste dépasse ce niveau de consommation ?

L’Etat vous garantit environ cette tonne d’essence à un prix administré avec la carte-carburant. Elle équivaut à 30 000 dinars ou 36 000 dinars pour une consommation de 1 200 litres dans l’année. Cette somme représente environ 5% du budget. Comme une carte bancaire, elle déterminera le niveau de consommation et sera octroyée pour une année. Si vous ne le dépassez pas, vous pourrez reporter le restant. Mais si vous le dépassez, si vous épuisez votre quota, vous payerez l’essence à un prix différent, de 20 à 30% plus élevé au départ. Toutefois, certaines niches (taxis, transporteurs en commun…) doivent être protégées et ne seront concernées par la carte-carburant que pour 100 000 km.



Un premier pas vers le prix réel du carburant ?

Pour un parc de 6 millions de véhicules, et donc 6 millions de tonnes à un prix subventionné, le reste de la consommation sera au prix réel. Dans la mesure où l’Algérie consomme quelque 14 millions de tonnes d’essence, les 8 millions restants seront distribués à un prix qui se rapprochera, graduellement, du prix réel. Il faudra commencer par mettre en place une politique progressive qui s’étale sur 15 ans, de telle façon à arriver au prix réel (80 dinars le litre). Nous pourrions commencer dans un premier temps à nous aligner sur la tarification de nos voisins qui n’ont pas les mêmes moyens que nous mais qui payent les carburants 4 à 7 fois plus cher que nous. Notez qu’en 2013, nous avons importé pour 3,5 milliards de dollars de carburant dont une grande partie a servi à «aider» nos voisins. Avec un prix à la pompe de 80 dinars, la fuite sera minime ou nulle.



Serait-ce suffisant ?

La transition énergétique, c’est en gros la rationalisation de la consommation pour arriver encore une fois à consommer d’une façon optimale une ressource de plus en plus rare. Il n’y a pas que la mise en place de la carte. Il y a aussi la question des vignettes automobiles. Actuellement, nous observons que le différentiel entre les vignettes est assez faible, variant de 1 à 4 selon le type de véhicules alors que c’est un rapport de 1 à 20 en fonction du coût de l’automobile. A ce titre, il va falloir arriver à trouver une indexation de la vignette sur le coût du véhicule. Nous devons peut-être, dans le même ordre, octroyer une vignette verte gratuite pour les véhicules roulant au sirghaz. La question concerne également le diesel. C’est une horreur du point de vue santé.

En Algérie, le diesel algérien est très polluant (800 ppm de particules dangereuses) alors qu’en Europe, la norme Euro 5 est de 5 ppm. Les Algériens par la force des choses peuvent être malades. Il y a un coût réel pour la santé (asthmes, maladies cardiovasculaires, problèmes respiratoires). Pour inverser graduellement la tendance, le parc automobile qui est diésélisé à 78%, il est nécessaire de diminuer la consommation de carburant gasoil. Il s’agira de même d’aligner le prix du diesel sur celui de l’essence à un niveau que l’Etat décidera, de l’ordre de 30 dinars par exemple, et continuera à supporter, et de faire en sorte de rendre le sirghaz attractif à 10 dinars et permettre au citoyen aidé par l’Etat d’installer un dispositif de sirghaz à un prix raisonnable. L’Etat aura de ce fait à économiser de l’essence ou du gasoil qui sera disponible pour l’exportation ou encore mieux, à laisser dans le sous-sol, tant il est vrai, comme je n’arrête pas de le marteler aux élèves ingénieurs de l’Ecole, «notre meilleure banque est notre sous-sol».


Mais le citoyen risque d’être réfractaire à ces ajustements…

Le citoyen adhérera si nous lui expliquons que l’Etat ne peut aider tout le monde mais continuera de soutenir les citoyens à faible pouvoir d’achat. Il faut y aller graduellement au prix réel, ne pas brusquer mais il faut expliquer. Il faut de la pédagogie. Si vous expliquez bien, posément, que le prix de l’essence ne restera pas à 25 dinars mais rejoindra le prix réel, et que la protection des classes laborieuses sera maintenue, il n’y aura pas de risque. Ça marchera. C’est la même chose pour l’électricité et l’eau, il faut revoir les tarifs mais avec pédagogie. Il faut éduquer notre nation, en matière de développement durable, et ça commence à l’école. Il faut former l’éco-citoyen de demain. Revoir les tarifs, avec préparation. Celui qui veut consommer davantage, on ne le lui interdit pas. Ce n’est pas du rationnement mais de la rationalisation. La rationalisation, c’est consommer mieux en consommant moins. Vous consommez plus, soit, mais il faudra payer. Il s’agit également d’acheter des véhicules qui consomment moins d’énergie, de favoriser les transports en commun, le covoiturage. C’est une stratégie d’ensemble.


Faudrait-il alors revoir la politique de soutien ?


Ne pas maintenir les prix administrés ? Oui. Il y aura un moment où les prix administrés rejoindront le prix réel. Mais il ne faut pas attendre qu’il ne reste plus de pétrole ! Rappelons que les carburants sont subventionnés à hauteur de 10 milliards de dollars. Décider l’arrêt de la politique de subventions ? C’est une question de pédagogie. Le meilleur gisement d’énergie réside dans l’économie d’énergie, dans la rationalisation de la consommation. Sur 40 millions de tonnes de pétrole qu’on consomme annuellement, une moyenne de 10 millions de tonnes sous différentes formes (essence, gasoil, électricité, gaz naturel...) est gâchée. C’est ce qu’il faut expliquer aux Algériens. On va demander à chacun de la sobriété. Nous lui demandons de ne pas gaspiller, de consommer de manière rationnelle.



Un plan de développement des énergies renouvelables a été lancé ?

Le problème est qu’on ne parle pas de développement durable, on ne parle que de ce qu’on va manger. Je plains les futures générations. En 2030, le paysage énergétique de l’Algérie va changer. L’énergie ne sera plus le facteur déterminant. Or, la transition, c’est faire durer, développer les énergies renouvelables à marche forcée. Au-delà du solaire, de l’éolien, nous avons 250 sources d’énergie géothermique recensées mais on ne fait rien ou si peu ! Or, il serait opportun de valoriser ces sources. Ce qui permettra de ne plus avoir besoin d’utiliser le gaz naturel pour la génération d’énergie. Mais aussi créer des niches d’activité pour les jeunes. Autre opportunité, l’installation de chauffe-eaux solaires (CES).

Dans la mesure où un appartement consomme une tonne de pétrole, l’implantation de CES permettra un gain d’énergie fossile. Alors que plus de 100 000 chauffe-eaux solaires sont installés en Tunisie, il n’y en a pas une centaine ici en Algérie. Or, l’utilisation des CES peut contribuer au développement d’une industrie du chauffage thermique, l’Etat pouvant aider les promoteurs. Nonobstant le problème du coût, il faut créer de la richesse, voire créer une Ansej de l’intelligence. Certes, des dispositifs d’encouragement à l’utilisation du GPL, de Sirghaz ont été initiés mais ils manquent, cependant, de souffle. L’Etat devrait donner l’exemple, concernant la gestion de son parc véhicules. C’est toute une vision. Mais à chaque fois, il y a un problème de pédagogie. Quand vous expliquez de cette manière aux Algériens, le peuple va adhérer, il sera même imaginatif.



Comment mettre en œuvre cette stratégie ?

La stratégie énergétique, voire la transition énergétique vers un développement durable n’est pas l’affaire du ministère de l’Energie. C’est l’affaire de tout le monde. Chaque département ministériel est concerné. Chacun doit se sentir concerné. Même les partis politiques doivent aussi s’emparer de cette cause nationale qui concerne l’avenir du pays. La société civile aussi. Il faut, à vrai dire, un consensus dans le pays sur les grands problèmes, et donc il eût été normal que l’on consulte. Il va falloir mettre tout le monde autour d’une table pour leur expliquer la stratégie énergétique. C’est une vision nouvelle qui, si elle est bien expliquée, sera féconde. Cela permettra de créer un lien entre les pouvoirs publics et la société civile. Mais il faut informer. Expliquer, de manière pédagogique. Il faudra faire de la publicité dans les médias, expliquer par des spots bien faits. Faire comprendre la nature de l’enjeu : la situation actuelle et le risque que si on continue comme ça, c’est le chaos dont on ne veut pas pour notre patrie. Il s’agit d’œuvrer à convaincre et non à contraindre. Je pense qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.



Une telle stratégie aurait pu être impulsée sous l’égide du Conseil national de l’énergie. Or, ce conseil n’est pas opérationnel…

De mon point de vue, le Conseil national de l'énergie érigé sous la présidence précédente est une instance consultative sur ce que devraient être les grandes lignes d'une stratégie énergétique dynamique, évolutive et qui s'adapte constamment à la réalité mondiale de la disponibilité, de la psychologie des grands acteurs de l'énergie. La vocation de cette instance est d’agir en vue d'optimiser la ressource énergétique et assurer une transition énergétique vers le développement durable qui permettrait de garantir un avenir acceptable aux générations futures. C'est de mon point de vue une boussole qui guide le pays. Ce ne sont donc pas des fonctionnaires qui «fonctionnent» épisodiquement, mais un immense think tank qui réfléchit constamment et qui avertit le gouvernement périodiquement sur les enjeux et les défis pour le pays. Son utilité technique scientifique économique est indiscutable. Son opportunité politique est un autre débat qui n'a rien à voir avec l'avenir du pays.

Pour conclure, Professeur…

L’heure est grave. Il est nécessaire de ne pas perdre de temps. Tous les départements ministériels sont concernés par cette transition énergétique vers le développement durable pour pouvoir laisser un viatique aux générations qui seront là en 2030. La stratégie énergétique devra déboucher sur un «bouquet énergétique» dans lequel chaque énergie sera exploitée rationnellement, y compris le gaz de schiste si d’ici là la technologie devient mature, respectueuse de l’environnement et ne compromettra pas le capital humain, faunesque et floral au Sahara. L’école aura un rôle à jouer en formant l’éco-citoyen au lieu de l’ego-citoyen actuel, en mettant en place un baccalauréat du développement durable. L’université devra s’approprier les métiers féconds du développement durable. Le commerce, par une mise en place de normes d’économies d’énergie notamment pour les appareils électroménagers, est en première ligne dans les achats. Enfin, même les prêches devraient aussi parler du développement durable et de la nécessité de ne pas gaspiller. Ce plan Marshall ne peut réussir que si tout le monde s’y met. Nous n’avons pas le choix, l’avenir du pays est à ce prix.

Entretien réalisé par Cherif Bennaceur

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2015/07/20/article.php?sid=181548&cid=50

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Chems Eddine Chitour - dans algerie
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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 01:21

«L'âne vint à son tour et dit:

J'ai souvenance Qu'en un pré de Moines passant.

La faim, l'occasion, l'herbe tendre.(..).

Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.

Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.

A ces mots on cria haro sur le baudet. (...)

Selon que vous serez puissant ou misérable,

les jugements de cour vous rendront blanc ou noir»

Jean de la Fontaine: Les animaux malades de la peste

Ça y est, c'est dit-on, la reddition en rase campagne - sans contrepartie d'AlexisTsipras en face de la machine de guerre allemande, celle de l'Eurogroupe et celle du FMI. Le Premier ministre grec a donné l'illusion au peuple grec qu'il avait le droit à la parole et en définitive renié une à une toutes les promesses, Les propositions soumises par Alexis Tsipras reprennent largement, les propositions formulées par l'Eurogroupe le 26 juin. Toute cette tragédie pour rien! On a caressé l'espoir de voir enfin la parole du peuple dans le cadre de la démocratie qui prit naissance d'ailleurs chez eux, écoutée. Il n'en fut rien. Tsipras aurait organisé un référendum en Grèce pour ensuite ne pas revenir devant le peuple et se suffire du vote des députés pour accepter globalement les injonctions de Mme Merkel. Pourtant, la demande de la Grèce était on ne peut plus réaliste. Celle d'arrêter les dégâts de la politique d'austérité qui lui a été imposée à cause de sa dette et repartir d'un bon pied. Curieusement, les Etats-Unis qui surveillent du coin de l'oeil les Européens, ont tenté d'intervenir. Le FMI - c'est-à-dire de fait les Etats-Unis - reconnaît aujourd'hui que la voie à suivre est celle d'une restructuration de la dette pour qu'elle soit supportable. En effet, la directrice générale du FMI et le secrétaire au Trésor américain, appellent à la résolution de la crise financière grecque et à l'allègement de sa dette colossale.

La dette grecque expliquée simplement

La situation grecque est inhumaine. On connaît la situation sociale de la Grèce: hausse de 45% de la mortalité infantile, hausse de 42% du taux de suicides, baisse de trois ans de l'espérance de vie, 44,6% de retraités vivant en dessous du seuil de pauvreté. Comment les banques allemandes et françaises ont financé la banqueroute de la Grèce? «La Grèce, lit-on dans cette contribution, doit maintenant aux créanciers 323 milliards d’euros, ce qui représente environ 175 pour cent du PIB. Comment est-on arrivés à une dette si élevée? «Nous devrions clairement le reconnaître: presque rien des sommes énormes qui ont été prêtées à la Grèce, n'ont, en réalité, pas fini en Grèce,» a rappelé le prix Nobel d’économie et ancien économiste en chef de la Banque mondiale, Joseph Stiglitz, dans un entretien au quotidien The Guardian. «elles ont été dirigées vers le paiement des créanciers du secteur privé, y compris les banques allemandes et françaises.»» (1)

Parlant de la tentation des banques grecques: «Un récent rapport de l'organisation CorpWatch appelée les profiteurs de la zone euro peut éclairer quelque peu cette réalité. Il est certes vrai que de ces banques, les politiciens grecs corrompus ont emprunté des milliards pour leurs projets gouvernementaux douteux, mais en même temps il y avait une très bonne raison pour laquelle ces financiers n'ont pas évité ces prêts téméraires: ils étaient sous la pression des bureaucrates de l'Union européenne pour concurrencer sur le marché mondial les banques britanniques et américaines. (...) Mais, les banques françaises savaient, qu'elles n'allaient pas se faire des milliards en allant à la bataille concurrentielle en Allemagne, de même que l'Allemagne n'attendait pas le triomphe en France ».(1)

« Au lieu de cela, elles se sont cherché un marché plus simple et plus facile, auquel elles allaient prêter ces masses d'argent qu'elles avaient, et ce marché devait être celui formé par les Etats plus pauvres, la plupart des Etats de l'Europe du Sud, qui en 1999 avaient accepté l'adhésion à la monnaie commune appelée l'euro. La logique était claire: au milieu des années quatre-vingt-dix, les taux d'intérêt, par exemple, en Grèce ou en Espagne étaient autour de 14 pour cent, et idem en Irlande durant la crise monétaire de 1992 et 1993.. Les candidats aux prêts ont donc accueilli avec enthousiasme les banquiers du Nord avec des ressources apparemment illimitées de disponibilités à bon marché à un taux d'intérêt compris entre un et quatre. (..)» (1)

La tentation était forte et le piège s'est refermé sur le peuple qui s'endette en payant les banques. On sait que depuis plusieurs années, l'ampleur de la dette publique européenne ne cesse d'augmenter.



La dette publique des Etats de l'Union européenne

«Au dernier trimestre de 2014, la dette des 28 Etats membres se porte à 86,6% du PIB. Celle de la zone euro équivaut quant à elle à 92,1% du PIB. Individuellement, six pays affichent un niveau de dette publique supérieur à 100% du PIB. Il s'agit de la Grèce (176%), de l'Italie (131,8%), du Portugal (131,4%), de l'Irlande (114,8%), de la Belgique (108,2%) et de Chypre (104,7%). En France, la dette publique est supérieure à celle de l'Union européenne et de la zone euro, et s'élève à 95,3% du PIB en 2014. Le pays ne cesse de s'approcher de la barre des 100%.» (2) «La dette publique grecque est de loin la moins élevée d'Europe. En valeur absolue, la Grèce n'est pas la lanterne rouge de l'Europe. Athènes se fait largement devancer par les grandes économies du continent: Espagne, France, Grande-Bretagne, Allemagne et l'Italie qui cumulent parfois plusieurs milliers de milliards de dette. La Belgique qui peut compter sur le même nombre d'habitants que la Grèce, traîne 387 milliards d'euros de dette, soit 101,5% de son PIB. la Belgique fait peser à ses habitants une dette de 34.875 euros contre 28.217 euros pour les Grecs. (...) »(3)

‘ Alors que l'Espagne et le Portugal sont régulièrement épinglés par Bruxelles pour laisser filer leurs comptes publics, ces pays imposent à leurs citoyens une dette moins élevée que l'Allemagne, pourtant érigée en vertu en matière de contrôle des dépenses publiques. Le poids de la dette qui repose sur les épaules des Portugais atteint 15.780 euros contre 24.896 euros pour les Allemands Par habitant la dette de la Grèce est inférieure à celle de La France, de l'Italie, du Royaume-Uni, de la Belgique, des Etats-Unis et du Japon. Les Français sont à 29 300 euros par personne, les Anglais (31.712 euros). Les Etats-Unis dont le plafond de la dette est régulièrement relevé pour éviter le «shutdown», a cumulé 12.600 milliards d'euros de dette, soit 39.850 euros par citoyen américain. Quant au Japon, le ratio est le plus élevé au monde avec 245% du PIB soit (71 015 euros) par habitant» (3).


L'intransigeance et le mépris allemand pour la Grèce

Pour le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, les négociations avec Athènes sont ´´extrêmement difficiles´´. Il dénonce ´´une confiance détruite de manière incroyable et il met en doute clairement la fiabilité du gouvernement grec. Non sans ironie, il rappelle à Washington que dans les Caraïbes, Porto Rico avec une dette de 73 milliards de $ est en train de sombrer. Obama refusant de l'aider: «Ces jours-ci, j'ai proposé à mon ami Jack Lew de prendre Porto Rico dans la zone euro si les Etats-Unis étaient prêts à accepter la Grèce dans le système du dollar.»

« Enfin, selon une source citée par l'AFP, les Allemands pensent qu'«au cas où la soutenabilité de la dette et les propositions de réformes ne seraient pas réalistes, il faudrait proposer à la Grèce une sortie temporaire de cinq ans de la zone euro, avec une possible restructuration de sa dette, si nécessaire dans un club de Paris». C’était il y a trois jours !


La dette de guerre allemande: des effacements successifs

La volonté de puissance est affirmée. Justement, la chancelière allemande qui gouverne l'Europe dirige un pays qui lui-même à trois dettes majeures qu'il n'a jamais totalement honorées. Nous allons les citer en honnête courtier. Il est curieux de constater qu'au sortir de la guerre, l'Allemagne a demandé et obtenu des Alliés l'effacement en partie de sa dette.

Laurent Martinet de Reuters écrit à ce sujet: ««L'Allemagne est Le pays qui n'a jamais remboursé ses dettes. Elle n'est pas légitime pour faire la leçon aux autres nations.» La phrase est de Thomas Piketty. D'autres voix se font un plaisir de rappeler que Berlin n'a jamais payé entièrement les réparations que les vainqueurs ont exigé en 1919. Et pour cause: à la fin des années 20, malgré un bon redémarrage économique, les caisses sont vides. Les réparations sont réduites d'un tiers et rééchelonnées, explique La Tribune. En 1932, l'économie ayant replongé, les Alliés renoncent même à exiger leur paiement. Trop tard pour éviter l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Et la question de la dette contractée dans les années vingt et trente sur les marchés poursuit l'Allemagne jusqu'en 1953. Cette année-là, à Londres, le chancelier Konrad Adenauer obtient des Alliés un nouveau rééchelonnement, et surtout, un remboursement en dollars au taux actuel, qui permet d'économiser 40% par rapport au mark-or des années vingt. La dette allemande est réduite de moitié par rapport à son poids d'avant-guerre, estime un chercheur de l'université de Yale cité par La Tribune. La dette allemande sera officiellement complètement payée en 2010, après la réunification. «L'Allemagne a été le plus mauvais payeur de dette du XXe siècle», dénonçait en 2011, au début de la crise grecque», l'économiste allemand Albert Ritschl.» (4)

On remarquera que l'Allemagne aura mis plus de cinquante ans pour purger sa dette.» sans qu’elle n’ait sur le dos la pression des Etats créanciers et encore moins les banques spéculatrices, les fonds de pension vautour. Tout une faune prédatrice qui sont , dans le cas de la Grèce prêts à la dépecer..



La dette allemande de l'occupation de la Grèce pendant la guerre

Qu'en est-il de la dette envers l'occupation inhumaine de la Grèce? Alexis Tsipras en fait un argument de négociation: « La Grèce dit ils, a «l'obligation morale et historique» de réclamer à l'Allemagne des indemnités de guerre, auxquelles elle a échappé à la fin de la Seconde Guerre mondiale. C'est la première fois qu'Athènes évoque une évaluation précise des réparations de guerre qu'elle réclame à Berlin. Ce travail d'expertise grec ne devrait toutefois rien changer à la réponse allemande. Pour la première fois, Athènes a évoqué un chiffre: 278,7 milliards d’euros. Devant le Parlement grec à l'occasion de la mise en place d'une commission parlementaire sur l'origine de la dette du pays, le secrétaire d’État au budget Dimitris Mardas a mentionné une évaluation précise des réparations de guerre réclamées par la Grèce à l’Allemagne. Pour le gouvernement grec, l'emprunt forcé qu'Athènes a dû accorder en 1942 au régime nazi et qui n'a jamais été remboursé s'élève aujourd'hui à 10,3 milliards d'euros. Le reste de la somme citée par Mardas correspond aux dédommagements dus aux victimes et au coût des infrastructures détruites par l'occupant, entre 1942 et 1944. Selon le gouvernement grec, 50.000 documents ont été examinés par une équipe de six personnalités. La Grèce «pourrait aller jusqu'à un procès. Le travail d'expertise grec ne changera rien à la réponse de Berlin, pour qui le dossier des réparations de guerre est «juridiquement et politiquement clos», comme l'a redit la chancelière Angela Merkel au Premier ministre Alexis Tsipras le 23 mars. Les traités de 1953 puis de 1990, acceptés par la Grèce, ont fermé la porte à tout recours.» (5)

Pourtant, on s'en souvient, le président allemand n'avait pas totalement fermé la porte à cette demande qui par la suite fut définitivement enterrée avec le «nein» allemand.

La dette concernant le coût de la pollution chimique allemande à l'Europe

Stephane Fouccart du journal Le Monde, nous informe d'une dette autrement plus importante de l'Allemagne: «Un fait plus discret est que la vertueuse et intransigeante Allemagne traîne elle aussi quelques impayés, dont il n'est pas déraisonnable de penser qu'ils surpassent de très loin l'ardoise grecque. Et on ne parle pas ici de l'Allemagne exsangue de l'après-guerre. On parle bel et bien de l'Allemagne d'aujourd'hui, avec sa puissante industrie, son budget impeccable, etc.(...) il faut se pencher sur un numéro récent du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (JCEM). En avril, la revue publiait une série d'études conduites par une vingtaine de chercheurs internationaux et coordonnées par Leonardo Trasande, spécialiste de santé des populations, professeur à l'université de New York. Leur but était d'évaluer le coût économique des dégâts sanitaires dus aux pollutions chimiques dans l'Union européenne. Avec 2010 comme année de référence, leur estimation chiffre la valeur médiane de ces dégâts à 1,3% du produit intérieur brut des Vingt-Huit ».

« Soit 157 milliards d'euros par an, en frais de santé(...)e pays domine de très loin le secteur avec des géants comme Bayer ou Basf, et il est très clair qu'une grande part de ces 157 milliards d'euros lui incombe. L'Allemagne aurait beaucoup à perdre, si les mesures adéquates étaient prises pour éviter ces dégâts collatéraux(...)». (6)

Cette information a permis au professeur d'économie Jean Gadrey d'analyser finement les données , il écrit: «157 milliards d'euros par an comme coût supporté par les Européens, 1,3% du PIB. Chiffre qui se limite à un périmètre restreint de coûts sanitaires vraiment évaluables sur des pathologies bien identifiées. Sur les dix dernières années, cela ferait un coût cumulé de 1570 milliards. (...) Pour le compléter, j'ai été regarder le poids de la chimie allemande en Europe et c'est environ 25%. Si on appliquait cette proportion aux 1570 milliards, cela ferait presque 400 milliards d'euros, plus que la totalité de la dette grecque actuelle (320 milliards)! » (6)

« Estimations à la louche poursuit Jean Gadrey ? Assurément, mais quand «y a pas photo» la louche fait l'affaire, pas besoin de balance de précision. Méthodes critiquables? Comme je suis assez chatouilleux sur certaines valorisations monétaires douteuses (voir mon billet «Quand la monétarisation de tout - pour la bonne cause - tourne au délire économique», je suis allé à la source de l'article scientifique qui fournit les chiffres cités par Stéphane Foucart. Pour moi, c'est du sérieux, il s'agit bien de coûts réels mesurés et observables, avec comme toujours dans ces estimations des hypothèses et des conventions, mais l'ordre de grandeur obtenu est fiable. (...) Un dernier chiffre pour la route: quel est le coût par Européen des dégâts sanitaires de la chimie sur dix ans? Réponse:1570 milliards d'euros divisés par 510 millions, soit en gros 3000 euros».(7)

Le clap de fin : La Grèce plus que jamais en coupe réglée

On apprend ce lundi matin que la messe était dite : C’est la reddition en rase compagne. Le gouvernement grec accepte des conditions encore plus drastiques que celles du 25 juin qu’il avait refusées en déclenchant le referendum. Cpt Anderson nous en en parle et ne se dit pas étonné au vue de la connaissance du mécanisme de prédation mis en place par les banksters : « Le bal des vampires peut continuer : Bruxelles a sauvé momentanément tous les spéculateurs de la ploutocratie mondiale. La fanfare des marchés financiers a salué d’un bond de plus de 2% en quelques minutes l’accord largement prévisible sur la dette grecque, Tsipras n’ayant pas la carrure d’un chef d’État. (…) Pourrait-on lui en vouloir quand c’est le lieu commun dans le monde occidental de ne proposer aux urnes qu’un fossoyeur de liberté et de la dignité de son peuple ? »

« Quel chef d’État actuellement n’est pas à la solde de la finance internationale. Poser cette simple question, revient à reconnaître les chefs de « l’axe du mal ». Le drame grec a été commenté et analysé à sens unique par des journalistes aux ordres de ceux qui les paient, ressassant à temps et à contretemps que les grecs ne sont que des feignants, des profiteurs, quand ils ne sont pas des fraudeurs ».

La Grèce a tout simplement été victime d’un attentat financier.

L’auteur poursuit en citant les propos d’un trader : « Les confessions de l’ex-assassin financier, John Perkins se retrouvent dans la mise à sac de la Grèce : Pour l’essentiel, mon boulot consistait à identifier les pays détenant des ressources qui intéressent nos multinationales, et qui pouvaient être des choses comme du pétrole, ou des marchés prometteurs, des systèmes de transport. Il y a tant de choses différentes. Une fois que nous avions identifié ces pays, nous organisions des prêts énormes pour eux, mais l’argent n’arriverait jamais réellement à ces pays ; au contraire, il irait à nos propres multinationales pour réaliser des projets d’infrastructures dans ces pays, des choses comme des centrales électriques et des autoroutes qui bénéficiaient à un petit nombre de gens riches ainsi qu’à nos propres entreprises. Mais pas à la majorité des gens qui ne pouvaient se permettre d’acheter ces choses, et pourtant ce sont eux qui ployaient sous le fardeau d’une dette énorme, très semblable à celle de la Grèce actuellement, une dette phénoménale ».

« Et une fois [qu’ils étaient] liés par cette dette, nous revenions, sous la forme du FMI – et dans le cas de la Grèce aujourd’hui, c’est le FMI et l’Union européenne – et posions des exigences énormes au pays : augmenter les impôts, réduire les dépenses, vendre les services publics aux entreprises privées, des choses comme les compagnies d’électricité et les systèmes de distribution de l’eau, les transports, les privatiser, et devenir au fond un esclave pour nous, pour les sociétés, pour le FMI, dans votre cas pour l’Union européenne ».

« John Perkin l’a très bien décrit dans son ouvrage en prenant exemple sur l’Argentine ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine qui ont été victimes du même processus. Ceci explique certainement les changements politiques survenus en Amérique du Sud depuis une vingtaine d’années. (…)La seule différence qu’il y a entre un pays en crise ou un autre se retrouvant sous les fourches caudines de l’austérité, ne dépend que de la souplesse d’échine de ceux qui détiennent un mandat du peuple. Quand la mise à sac d’un pays se fait sans attentat, c’est que l’affaire est menée par une équipe aussi brillante que celle du Fouquet’s. Durant les années Sarkozy, outre l’or de la France, toute son infrastructure a été bradée dans un silence assourdissant pendant que la dette explosait de plus de 600 milliards d’euros ».

« Après l’écrasante victoire du « non » au référendum grec, la démission de Varoufakis paraissait étonnante. (…) Son testament politique se retrouve dans sa dernière intervention et sa mise en garde pour la France : « Ma conviction est que le ministre des finances allemand veut que la Grèce soit évincée de la monnaie unique pour susciter une crainte de tous les diables chez les français et leur faire accepter son modèle d’une zone euro disciplinaire. Les Grecs doivent accepter toutes les conditions au détriment de leur peuple, les prétentions de la finance internationale qui ne leur remettra jamais leur dette. Ce serait remettre en question celle de tous les peuples. Aujourd’hui la Grèce, demain l’Espagne, l’Italie ou la France ? Quel peuple se révoltera ? Contre l’asservissement bancaire, aucun ! »

Le pape, la Grèce et sa vision de la place de l’Homme

Il est intéressant dans le cadre de cette prédation à ciel ouvert, de connaitre l’avis d’un prélat , dernier rempart contre l’immoralisme en l’occurrence le pape. Philippe Rodier Docteur en droit écrit à propos du pape et de la crise grecque Le pape François a produit avec sa dernière encyclique dénommée Laudato si’ un texte équilibré et pragmatique sur le rapport que nous entretenons avec notre maison commune – la Terre – et la conception de l’économie et de l’activité productive fondées sur l’immédiateté en vigueur. Rappelant que le marché ne garantit pas en soi le développement humain intégral ni l’inclusion sociale, le pape alerte sur un marché divinisé et des pouvoirs économiques qui font primer la spéculation et la recherche exclusive du revenu financier sans responsabilité sur les effets et la dignité humaine. La sauvegarde de notre environnement « suppose un regard qui aille au-delà de l’immédiat car lorsqu’on recherche un rendement économique rapide et facile, la préservation n’intéresse alors personne ». En cela, François note que le développement économique a engendré un immense progrès technologique qui n’a pas été accompagné d’un développement corrélatif des responsabilités, valeurs et consciences de l’être humain. Il met en garde contre l’utopie de vouloir apporter aux enjeux écologiques des solutions purement techniques et ciblées alors que la vraie réponse réside dans un profond changement culturel individuel et collectif afin de remettre l’humain à sa juste place »(9)

« Le pape François, poursuit Dominique Rodier s’inscrit dans une véritable logique anthropologique, met l’homme au cœur de tout, critique le culte de la liberté individuelle exacerbée qui engendre le matérialisme et le productivisme. Il rappelle, une fois encore, que l’argent n’est qu’un moyen et non une finalité. Nous devrions faire lire le pape François aux bataillons de banquiers, fonctionnaires internationaux et politiciens qui traitent la crise grecque avec les raisonnements financiers qui ont participé à créer cette situation – l’appât du gain et l’intérêt immédiat à prêter inconsidérément à la Grèce – en espérant qu’ils adoptent enfin une analyse de développement humain avant de commencer à négocier de fausses solutions.(9)

Que faut-il en conclure?

Personne ne peut contredire l'Allemagne qui , avec ses alliés du Nord , dicte la norme. Rien de nouveau sous le soleil! Le peuple grec traité de tous les noms, paresseux, non besogneux, n'en peut plus de souffrir, il a donné mandat à un Premier ministre qui a présumé de ses forces face à une troïka qui a changé de masque en euro-groupe et FMI mais qui est toujours sans pitié pour les faibles. La Grèce mise en coupe réglée, on lui demande de privatiser à tour de bras, même les Îles et les prédateurs sont là pour les bonnes affaires. Est-ce cela la vocation de l'Europe? Ou est-ce le début de la fin pour cette utopie qui ne peut résister au laminoir néolibéral? Souvenons-nous! Il n'y a pas de justice pour les faibles. Jean de la Fontaine a mille fois raison ;Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir », Et pourtant, La Grèce est le berceau de la civilisation occidentale, mais le néo-libéralisme prédateur n’en a cure. Ainsi va le monde


1. https://citizenactionmonitor.wordpress. com/2015/07/01/how-german-and-french-banks-financed-greeces-bankruptcy/

2. http://www.touteleurope.eu/actualite/la-dette-publique-des-etats-de-l-union-europeenne.html


3. http://www.challenges.fr/economie/20140509.CHA3601

/
4. http://www.lexpress.fr/actualite-economique/ crise-en-grece-quand-l-allemagne-faisait-effacer-une-partie-de-sa-dette_1696548.html# 5jTe3V7c7X0I63SW.99


5. Nicolas Barotte: La Grèce réclame 278,7 milliards d'euros à l'Allemagne le figaro.fr 07/04/2015


6. http://www.lemonde.fr/idees/article/2015/07/06 /une-dette-allemande_4672279_3232.html# iV4XrkZ0BM9oCmxW.99


7. http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey /2015/07/08/dettes-allemagnegrece-merci-a-stephane-foucart-du-monde/

8. http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/grece-les-banksters-ont-gagne-169710

9. 9.http://www.bvoltaire.fr/philipperodier/pape-lecologie-grece-lhomme-coeur-de,185918?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=6ab8f2943a-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-6ab8f2943a-30599789&mc_cid=6ab8f2943a&mc_eid=51be024106

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/220400-deux-poids-deux-mesures.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 15:45

«Quand ils sont venus chercher les communistes. Je n'ai rien dit. Je n'étais pas communiste. Quand ils sont venus chercher les juifs. Je n'ai pas protesté. Je n'étais pas juif. Quand ils sont venus chercher les catholiques, Je n'ai pas protesté, Je n'étais pas catholique. Puis ils sont venus me chercher. Et il ne restait personne pour protester»

Pasteur Niemoller

Encore une fois, dans l'Algérie du Sud, la situation à Guerrara et Ghardaïa s'est dégradée. Cette fois le seuil critique est dépassé: 25 morts dans des accrochages qui donnent de Ghardaïa l'image d'une ville en guerre civile. Au-delà des motifs qu'il faudra nécessairement chercher dans le cadre d'une enquête impartiale, le sang des Algériens a coulé pour un motif que l'on pensait ne pas toucher : l'identité.

Pour l'histoire, pendant la période de l'indépendance et jusqu'à la mort de Boumediene il n'y eut pas de problèmes pour le vivre-ensemble, le premier grand clash a eu lieu durant le Ramadhan de 1985 entre les Mozabites de Ghardaïa et les M'dabih . Il est donc malvenu de restreindre ces évènements à seulement ces deux dernières années. La brusque flambée de violences a été déclenchée mardi peu avant minuit lorsque des hommes aux visages masqués et armés de fusils de chasse ont ouvert le feu sur des habitants, selon une version des faits non confirmée.

Il est curieux de constater que les intellectuels que nous sommes sont plus enclins à signer des pétitions dans tous les sens - comme celle de protéger la fac des sciences objet de la dernière pétition - que de se sentir interpellés par le drame de Ghardaïa. Faut-il rappeler mes multiples mises en garde contre cette bête immonde de la division? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, un feu mal éteint depuis trente ans. Comme le dit le proverbe amazigh «Isgharen irqaqen serghayen izuranen». «Les brindilles mettent le feu aux grosses bûches.»

Les racines de la mal-vie

Indépendamment de la manipulation que l’on ne peut pas exclure eu égard, l’atmosphère internationale de la guerre de tous contre tous les citoyens de Ghardaïa estiment que l'Etat n'assure pas leur sécurité et que le problème dure depuis trop longtemps. Les causes classiques sont connues: manque de perspective, manque de projets de développement, propagation des fléaux sociaux. La majorité des jeunes Ghardaouis sont insatisfaits des projets de développement réalisés dans leur wilaya. Les élus et notables dénoncent la drogue. Ce sont les barons de la drogue et du crime qui sont derrière ces incidents.

Pourquoi nous en sommes arrivés là? Est-ce que la morale à l'ancienne est suffisante avec une jeunesse facebookisée qui étouffe et qui ne voit pas de perspective. La gestion de la crise par la «tribalisation» de la société, avec des accords avec des chefs qui ont de moins en moins de légitimité ne mène pas loin. Car les vrais interlocuteurs devraient être les citoyens, c'est à l'Etat régalien d'affirmer la citoyenneté de chacun. De plus, dans ces heures graves on ne peut pas faire l'économie de l'apport bien compris des partis politiques, des associations des intellectuels, bref de tout ceux qui sont interpellés par la dangerosité de cette situation et de la nécessité de contribuer à ramener la paix et la concorde.



Le modèle sociologique et de développement des citoyens algériens de rite ibadite

Le modèle social mozabite est basé sur une forte solidarité entre membres de la communauté. Il est perçu parfois comme un «empêchement à l'adhésion à la nation» dans un pays dirigé par un pouvoir politique centralisé où l'injonction est faite à la renonciation à sa spécificité vue comme un processus de désintégration.

« Depuis sa création, écrit l'universitaire Rostom Djazaïri, le M'zab est devenu une terre de repli, de paix et une fin en soi. Et les Mozabites s'abstenaient de tout prosélytisme pour leur rite. C'est l'Islam humble, attractif, non démonstratif, serein, et loin de tout positionnement social, politique ou autre. L'attachement sans fin des Mozabites au M'zab n'a jamais été exclusif de leur enracinement profond dans leur Algérie à travers les siècles, durant lesquels leur disponibilité totale pour la servir est indiscutable. Le M'zab venait de faire généreusement don au peuple algérien de l'un des Symboles de tout Etat indépendant: l'Hymne national. C'est pour le M'zab, un témoignage es-qualité de son identification à cet être (l'Algérie) qui est le sien.» (1)

«Sur le plan de l'effort et du sacrifice humain: dans le néant du désert aride, où les eaux pluviales sont d'une grande rareté, et les sécheresses se relaient de manière cyclique, atteignant souvent jusqu'à sept ans d'absence de crue, surgit, dans une incroyable aventure de la création humaine, une oasis artificielle, verdoyante et défiante, mettant au pas les ingratitudes des terres et des cieux dans un élan de courage et d'abnégation qui dépassent l'entendement. Cette oasis, témoin vivant du génie humain, est l'expression conjuguée du labeur, de la persévérance, de la patience, et de l'endurance, fruit de l'amour n'tmourt.[ du pays, ndt] C'est par touches successives, opiniâtrement, plants après plants, lopins après lopins, puits après puits, parcelles après parcelles que les palmeraies du M'zab ont jailli. En outre, le système du partage des eaux, rajoute au génie humain et au travail valeur suprême, l'admirable ingéniosité de l'esprit imaginatif et l'équité du partage du don de Dieu que sont les pluies pourtant rares.»(1)


Justement les jeunes Algériens de rite ibadite sont comme les autres jeunes du pays en contact avec la blogosphère facebook. Je me souviens que pendant la parenthèse de l'ouverture des médias de la libération de la parole en 1990, les autres citoyens algériens découvraient un orchestre de musique des jeunes Mozabites. Ils doivent certainement se poser des questions et interroger la place de la religion dans leur épanouissement.

Nous le voyons avec les universitaires algériens de ce rite quand ils sont dans les grandes villes ils s'adaptent et globalement leur spécificité est diluée dans le vivre-ensemble et ce qu'on appelle la modernité. De mon point de vue, un aggiornamento de ces citoyens algériens de rite ibadite s'impose. Il est vrai que le challenge est de taille comment aller vers la modernité et la crainte de la dilution de la spécificité sans perdre son âme. Il faut bien le dire que l'Etat ne fait rien pour accompagner les citoyens vers l'ouverture de la modernité. Les citoyens algériens de rite ibadite savent ce qu'ils vont perdre en termes de cohésion de solidarité, mais ils ne savent pas ce qu'ils peuvent gagner en larguant les amarres de leur «identité».

Au risque de m’occuper des choses qui ne me regardent pas, mais n’est ce pas le propre de l’intellectuel de s’occuper- pour paraphraser Jean Paul Sartre- des choses qui ne le regardent pas, les Algériens de rite ibadite devront dans tous les cas domestiquer la modernité avant de la subir. C’est un phénomène planétaire qui lamine même les identités que l’on croyait gravés dans le marbre. Cet aggiornamento devra définir un nouveau être ensemble qui préserve l’essentiel. Cela ne se fera pas sans remise en cause, mais aura le mérite de rapprocher ces Algériens des autres Algériens sur un certain nombre de fondamentaux à l’ombre des lois de la république qui devra prouver au quotidien son fort potentiel d’unification pour asseoir dans les faits le vivre ensemble. C’est assurément un chantier qui mérite d’être ouvert grâce à la sollicitude de l’Etat de droit que nous appelons de nos vœux


Qui sommes-nous en tant qu'Algériens?

Justement pour conjurer cette errance identitaire à l’échelle du pays, nous devons nous remettre en cause par nous même pour empêcher toute intrusion génératrice de partition basée sur des critères sensibles parce que jusqu’à présent tabous. Notre indépendance a atteint l'âge de raison. Il n'est pas normal que le 53e anniversaire de l'indépendance nous rappelle que nous ne sommes pas encore indépendants de nos vieux démons de la division. Nous ne nous sommes jamais posés la question de savoir ce que nous sommes réellement. Les différents gouvernements ont toujours occulté cette interrogation au nom de l'unité et des «urgences».

Qu'est-ce qu'être algérien au XXIe siècle? Plus que jamais nous sommes victimes d’un Rapport conçu par l’Empire et dont le message global est celui de provoquer l’errance identitaire qui touche à des degrés divers tous les pays et d’une façon dangereuse les pays vulnérables. Sommes-nous Algériens par la naissance, par la religion, par l'ethnie ou par la présence lointaine dans le pays? Toutes ces questions attendent d'être résolues. Sommes-nous une nation? Le jeune Algérien dont la conscience est ouverte à tout vent, du fait d'une éducation désastreuse, de médias indigents et d'une sous-culture, s'identifie au gré des vents à son quartier, à sa tribu, à son ethnie, rarement il ne se sent algérien. (2)

Pourquoi? Nous sommes en 2015, il y a encore des Algériens qui s'identifient à leurs tribus, leurs régions, leurs quartiers, mais jamais en tant qu'Algériens. Il y a ceux qui sont encore arrimés mentalement à une sphère moyen-orientale au nom d'une arabité de la résurrection (El Baâth), mâtinée de religiosité, il y a ceux qui pensent qu'il faut en revenir au socle rocheux amazigh maghrébin. Mieux encore. Ben Bella a clos le débat identitaire d'un véhément: «Nous sommes arabes, nous sommes arabes, nous sommes arabes!». (2)


On se souvient que Ferhat Mhenni l'initiateur et promoteur du projet d'«autonomie-indépendance» de la Kabylie, n'a pas hésité à parler de «malentendu» entre la France et la Kabylie. Nous lisons: «La Kabylie n'ayant pas récupéré sa souveraineté à l'indépendance de l'Algérie, en 1962, (...) L'émergence d'une Kabylie de laïcité et de liberté ne peut que renforcer la communauté internationale éprise de paix et de stabilité. Le Gouvernement provisoire kabyle a besoin du soutien de tous pour la réalisation de ce noble objectif. (...) ce qui oppose aujourd'hui le pouvoir algérien à la Kabylie est bien plus lourd que le malentendu qui a pu exister de 1857 à 1962 entre la Kabylie et la France.» Pour l'orateur qui met sur le même plan le pouvoir algérien et le système colonial, la colonisation en Algérie et notamment en Kabylie ne fut pas une «oeuvre positive». Il n'y a pas de malentendu.(...) (3)


On se rappelle qu'il a fallu cinquante ans, pour que le pouvoir lâche du lest et admette qu'il existe un «fond rocheux berbère trois fois millénaire dans ce pays». L'écriture de l'histoire et l'avènement d'un projet de société restent à écrire. Comment conjurer les démons de la division et aller vers le vivre-ensemble? Renan formule l'idée qu'une nation repose à la fois sur un héritage passé qu'il s'agit d'honorer, et sur la volonté présente de le perpétuer. L'avènement d'une nation passe par une Histoire assumée par tous.



Les dangers qui guettent l'unité du pays

On annonce çà et là des partitions en cours dans les pays arabes. Nous avons tous en tête la partition de l'Irak en trois régions, la partition du Soudan et le chaos qui s'en est suivi; la guerre civile en Libye qui n'a plus les attributs d'un Etat, le calvaire syrien et dit-on, le projet de partition actuel du Yemen en six régions. Tout ceci est la conséquence de l'incurie arabe qui a donné lieu au Mepi (Middle East Partenaireship Inititiative). S'agissant des nuages qui s'accumulent autour de l'Algérie, les événements de Ghardaïa ne sont pas à minimiser, nous nous souvenons avec douleur de Tiguentourine, nous croyons à tort que nous ne sommes pas concernés, que nous avons payé, que le «printemps arabe» pour nous c'était octobre 1988 et que non satisfaits de cela nous nous sommes étripés à qui mieux mieux, pendant une dizaine d'années sous le regard indifférent de l'Occident qui comptait les points. 200.000 morts plus tard, nous en sommes au même point.

Les graves évènements de Ghardaïa ne doivent pas être minimisés. Il est très possible ne plus de notre incapacité à régler nos problèmes par nous même qu’au risque d’invoquer la théorie du complot extérieur, le sort de l’Algérie est l’objet de tractations dans les officines . Ainsi « Le célèbre journaliste palestinien Abdel Bari Atwan a lancé un véritable pavé dans la mare ce jeudi. Dans son éditorial il est revenu sur les événements tragiques et sanglants qui ont secoué l’Algérie à travers la région de Ghardaïa. “Il y a un plan diabolique qui vise à transformer l’Algérie en une autre Syrie”, avertit tout simplement Abdel Bari Atwan qui a dirigé pendant des années le célèbre journal arabophone al-Quds al-Arabi, un prestigieux quotidien basé à Londres. “L’Algérie est visée. Et quand nous disons qu’elle est visée, c’est parce que les informations en notre possession sont très fiables. Les promoteurs du scénario sanglant qui est en train de ravager la Syrie veulent l’exporter vers l’Algérie”, détaille encore celui qui est considéré comme l’un des éditorialistes les plus importants de la presse arabe. Un éditorialiste qui a affirmé toute sa solidarité avec l’Algérie et son peuple en ces moments très cruels ».(4)

Nous sommes plus que jamais vulnérables. Le grand drame des Algériens, c'est qu'ils ne se connaissent pas pour s'apprécier. Il fut une époque où ce type de conflit peut-être latent n'avait pas cours. Des institutions comme le Service national outre le fait qu'elles participaient à l'édification du pays étaient le creuset du vivre-ensemble et ciment de la nation. Cette instance ne remplit son rôle comme par le passé. Il y a peut-être nécessité d'en revoir le fonctionnement

De plus, le développement des lycées et des écoles ne s'est pas conçu comme une instance à la fois de savoir et de brassage. Résultat des courses, chaque «communauté», ce mot est cependant dangereux, a ses propres écoles et lycées, voire institutions culturelles. Les deux communautés à Ghardaïa ne se rencontrent qu’à l'interface commerciale réduite à sa plus simple expression. Il y a nécessité de bannir la duplication et de favoriser dans les administrations les recrutements sur des bases strictement de compétence.



Quelles seraient les solutions?

Avant de parler des solutions potentielles, il nous faut une bonne fois pour toute tourner le dos à l’approximation et à l’obligation de faire plaisir à tout le monde au détriment de la rigueur A titre d’exemple de l’errance actuelle plonge ses racines dans la ghettoïsation des régions les unes par rapport aux autres Cet atavisme qui consiste,- pour faire plaisir aux élus locaux – à flatter les spécificités à l’extrême au lieu d’individualiser les fondamentaux de la nation basées entre autre sur le brassage et le métissage. Comme l’écrit si bien Michel Foucault « le métissage c’est la paix ».

Ainsi en implantant en dehors de toute logiques, toute rationalité pédagogique des lycées dans chaque village un centre universitaire pratiquement par wilaya , c’est assurément est un non-sens pour le vivre-ensemble, on condamne le jeune à naître, à faire sa scolarité, son lycée et ses études «universitaires» ou réputées telles et à y mourir dans la même ville ne connaissant rien de l'Autre algérien son alter égo. L’Algérie se réduit pour lui à sa ville à ses traditions, aussi nobles soient elles mais, qui pour certaines tournent le dos à la modernité et de ce fait, contribuent à lui briser les ailes s’il veut s’élancer vers la modernité

Pire encore, on donne l'illusion à ce centre universitaire qu'il fait un enseignement supérieur. Avec un corps professoral inexistant et surtout une vulnérabilité du corps enseignant aux injonctions de la ville, ses élus, ses responsables... Où est dans tout cela le vivre-ensemble?

Le jacobinisme a montré ses limites. Peut-être que l'instauration d'un État fédéral trouvera sa justification. L'Algérie ne connaîtra pas le repos tant qu'elle n'aura pas réglé l'épineux problème du vivre-ensemble. Dans l'immédiat, le gouvernement serait inspiré à réfléchir sans délai à un véritable plan Marshall avec un «ministre des provinces du Sud» installé à demeure. Ce sera le premier pas vers une réflexion de fond pour une organisation du pays type Landers allemands, Etats américains où chaque région dispose d'une autonomie dans le cadre d'un État fédéral qui est garant des fondamentaux, l'identité, les langues et religions, les fonctions de défense régaliennes.

Les partis politiques ont une mission historique, celle de contribuer à sauver le pays sans rien demander en échange. Le peuple se souvient le moment venu de ceux qui jouent les Ponce Pilate alors que le feu est dans la maison Pourquoi pas des meetings tout partis confondus avec une délégation qui se déplace à Ghardaïa. Dans ce type de situation, la politique de l'autruche n'est pas une option. Dans les pays démocratiques dans les crises graves du pays, l'opposition est consultée. Pourquoi pas chez nous?

Plus que jamais nous devons nous unir pour conjurer les périls. L'effritement identitaire est un projet planétaire, notamment décrit dans le rapport Lugano qui postule en direction des nations faibles; les citoyens de ces pays doivent passer leur temps à se demander ce qu'ils sont qu'à se mettre au travail, à s'instruire, à s'éduquer. C'est ce qui nous arrive!!!! Le M'zab, bâti depuis des siècles sur des valeurs arabo-islamiques, fait partie intégrante de l'Algérie. Et à ce titre, tous les citoyens de Ghardaïa sans discrimination aucune, sont des Algériens à part entière; ils ont le droit imprescriptible d'y vivre dans la sécurité et la paix, sous la protection de la loi et du droit qui garantissent l'inviolabilité de leur vie et de leurs biens, Il n'y a pas de raison pour que ce qui a été possible pendant des siècles, ne subsiste pas dans l'Algérie devenue indépendante.

Qu'on prenne garde! Cette fois- çi l’armée a intervenu et a ramené le calme. Mais est ce son rôle ? Elle a déjà fort à faire avec 7000 km de frontière à surveiller. Les institutions responsables doivent reprendre leur mission. Cependant, nous ne sommes pas pour autant indemnes ! La citation quant à la responsabilité de chacun du Pasteur Niemoller est d’une brulante actualité . J'en appelle plus que jamais à l'unité! Personne ne nous laissera tranquille si on ne barre pas la route à l'aventure et surtout qu'on ne se gargarise pas de mots - l'Algérie du million de martyrs, nous avons déjà payé…. - La bête immonde de la partition qui a eu raison de civilisations millénaires aussi prestigieuses, comme l'Irak, la Syrie, ne nous fera pas de cadeaux. «Oua khoudhou hadhrakoum», « Prenez vos précautions » est-il dit dans le Coran Avec des convictions pareilles partagées par le plus grand nombre. Les tentatives de fitna (chaos) n'ont pas d'avenir.

Nous sommes tous des Ghardaouis et nous devons le prouver chacun à sa façon, pour appeler à la concorde et se convaincre que les vrais défis du pays ne sont pas d’ordre identitaire –encore qu’il faille prendre le temps dans le calme et la sérénité de définir le contours d’une identité basée sur un socle rocheux-mais aussi et surtout d’ordre éducationnel , scientifique et technologique.



1.Rostom El Djazaïri. De la responsabilité du pouvoir algérien dans la crise du M'zab Ghardaïa, Janvier2015


2.Chems Eddine Chitour http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_ professeur_chitour/189581-comment-eviter-la-partition.html


3. Chems Eddine Chitour http://www.mondialisation.ca/le-vrai-malentendu-alg-rien-comment-r-concilier-les-alg-riens-avec-leur-histoire/28823 23 janvier 2012

4.http://www.algerie-focus.com/blog/2015/07/abdel-bari-atwan-avertit-les-algeriensils-veulent-transformer-lalgerie-en-une-autre-syrie/

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/220206-nous-sommes-tous-des-ghardaouis.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 20:35

«Tuez les tous Dieu reconnaitra les siens»

Arnauld Amalric

Qui n’a pas été saturé depuis quelques temps par toute une doxa sur l’intégrisme islamique ? Dans cette contribution nous allons montrer que les intégrismes sont consubstantiels des religions car comme l’écrit Alain Finkielkraut «La barbarie n'appartient pas à la préhistoire de l'humanité, elle est l'ombre qui l'accompagne à chaque pas.» C’est donc depuis l’avènement de l’humanité, une guerre de tous contre tous.

La phrase citée plus haut a été prononcée lors du terrible massacre de Béziers, par Arnauld Amalric, légat du pape chargé de réprimer l'hérésie cathare. Les cathares, originaires d'Orient, croyaient en un dieu unique et en deux principes opposés régissant le monde, ceux du Bien et du Mal. ils sont vite devenus une menace pour l'Eglise catholique, qui décida donc de les éliminer. (...) Ses hommes lui demandèrent comment distinguer les Cathares des catholiques. Il aurait résolu le problème en recommandant à ses hommes de tuer tout le monde. Ce massacre, qui fit entre 20.000 et 60.000 morts, marqua le début de la «Croisade des Albigeois». (1)


L'intégrisme


La définition de Wikipédia fait surtout référence à l’intégrisme dans la religion catholique . Nous lisons : « L'intégrisme est un courant au sein de l'Église catholique romaine, particulièrement en France, et dont l'appellation remonte au début du XXe siècle, lors de la crise moderniste, lorsque le courant conservateur de cette Église oppose aux partisans d'une ouverture au monde moderne un catholicisme dit «intégral» qui défend le maintien des vérités catholiques traditionnelles telles qu'elles ont, selon eux, toujours été enseignées. (...) Par analogie, le terme «intégrisme» peut désigner plus généralement toute attitude doctrinale de conservatisme intransigeant (...) Le champ sémantique du vocable s'est ainsi étendu dans des usages impropres désormais répandus, toujours à connotation péjorative, comme ceux de l'«intégrisme musulman» pour désigner le fondamentalisme musulman». (2)


L'intégrisme dans le christianisme

Il y a besoin de retour aux fondamentaux quand la société est jugée «dépravée», voire moderne et qu'elle s'écarte du dogme. Ceci est valable dans tous les cultes monothéistes ou autres. Les avancées triomphales de la science, participent, elles aussi, à l'errance identitaire et religieuse.

Rappelons d'abord l'illustration la plus cruelle de ce que peut être l’intégrisme a amené l'intolérance et les croisades. Comme l'écrit si bien le docteur Gustave Lebon dans son ouvrage : « la civilisation des Arabes » : «Une des plus funestes conséquences des croisades fut d'avoir établi pour des siècles l'intolérance dans le monde, et de lui avoir donné ce caractère de cruauté barbare qu'aucune religion n'avait connu encore. Avant les croisades, l'intolérance était assez grande, mais il était rare qu'elle allât jusqu'à la cruauté. Pendant les croisades, elle acquit un degré de frénésie furieuse qui se prolongea presque jusqu'à nos jours. Habitué à verser le sang, le clergé appliqua bientôt à la propagation de la foi et à l'extinction des hérésies les procédés d'extermination appliqués d'abord aux infidèles. La moindre velléité d'opposition lui paraissait digne des plus affreux supplices. Les massacres des juifs, des Albigeois et des diverses catégories d'hérétiques, l'Inquisition, les guerres de religion et toutes ces luttes qui ensanglantèrent l'Europe pendant si longtemps, furent les conséquences du funeste esprit d'intolérance développé par les croisades.» (4)

Les religions, notamment révélées, s'anathématisent au lieu de présenter une réponse cohérente face aux avancées sans état d'âme de la science. Ainsi, l'affirmation de Copernic: «C'est la terre qui tourne autour du Soleil» a été catastrophique pour le pouvoir de l'Eglise, elle détruisait du même coup la théorie géocentrique de l'univers. Le refus de la science par l'Eglise a amené les différents papes à refuser toute discussion visant à gêner scientifiquement la révélation des Evangiles. Ainsi, le Vatican déclare en 1899: «Les principes catholiques ne se modifient pas ni parce que les années tournent, ni à cause de nouvelles découvertes, ni par raison, d'utilité. Ils sont toujours ceux que le Christ a enseignés...Il convient de les prendre comme ils sont, de les laisser en l'état. Qui les accepte dans toute leur plénitude et leur rigueur est catholique; celui qui balance, louvoie, s'adapte au temps, transige pourra se donner à lui-même le nom qu'il voudra, mais devant Dieu et devant l'Eglise, il est un rebelle et un traître.»(3)

Dans le même ordre, les pouvoirs temporels ont toujours tenté d'instrumenter le religieux. A titre d'exemple l'invasion de l'Algérie en 1830 avait, au-delà de l'aspect rapine, un soubassement religieux. En 1827 le marquis de Clermont Tonnerre, ministre des Affaires étrangères de Charles X écrivait: «La providence a permis que Votre Majesté fut brutalement provoquée dans la personne de son consul, par le plus déloyal des ennemis du nom Chrétien. Ce n'est peut -être pas sans des vues particulières qu'elle appelle ainsi le fils de Saint-Louis à venger à la fois la religion, l'humanité et ses propres injures...Tout porte à croire qu'une véritable croisade est prête à éclater. (...) En résumé, Alger doit périr. C'est pour tous ces motifs que je supplie Votre Majesté...de prendre une détermination par suite de laquelle vous vengerez la chrétienté en même temps que vos injures.»

Au nom du Christ constamment invoqué par les militaires des boucheries il y eut des exécutions, des enfumades et le rasoir national ( guillotine) fut utilisé pour anéantir un peuple qui ne voulait pas mourir. C'est donc tout naturellement que la politique du sabre et du goupillon se mit en place. Ce qui permit une tentative de conquête des âmes comme la voyait le cardinal Lavigerie dans sa Lettre pastorale du 6 avril 1868. «Il faut relever ce peuple, il faut cesser de le parquer dans son Coran, comme par tous les moyens possibles, il faut lui inspirer, dans ses enfants du moins, (...) il faut que la France lui donne, je me trompe, lui laisse donner l'Evangile, ou qu'elle le chasse dans les déserts, loin du monde civilisé....Hors de là, tout sera un palliatif insuffisant et impuissant».

Sans tomber dans la concurrence victimaire l'invasion et la colonisation aura eu raison de la vie de plusieurs millions d'Algériens un véritable génocide à bas bruit sur 130 ans et tout cela au nom entre autres de la charité chrétienne!

Ceci pour l'histoire on peut penser que les intégrismes appartiennent au passé. Il n'est que de voir l'intégrisme bouddhiste qui fait des Rohingyas, les damnés de l'Asie du Sud-Est. Les Rohingyas, décrits par l'ONU comme une des minorités les plus persécutées au monde, sont des musulmans apatrides dont le groupe le plus important se situe dans l'ouest de la Birmanie. Des bouddhistes extrémistes attisent la haine contre les musulmans. De violentes émeutes sont régulières contre les musulmans. Le dalaï-lama lui-même a appelé les bouddhistes de Birmanie et du Sri Lanka à mettre fin aux violences contre les musulmans. «J'exhorte les bouddhistes de ces pays à avoir à l'esprit l'image du Bouddha avant de commettre ces crimes», «Le Bouddha prêche l'amour et la compassion. Si le Bouddha est là, il protégera les musulmans des attaques des bouddhistes».

Enfin même l'hindouisme connaît ses extrémistes Le 27 février 2012, l'Inde célèbre un sombre anniversaire. Il y a exactement 10 ans, au Gujarat, théâtre de conflits interreligieux récurrents, l'incendie d'un train déclenchait l'un des pogroms les plus violents de l'histoire du pays. Plus de 2000 musulmans ont trouvé la mort dans ces émeutes. Des milliers d' hindous sont arrivés armés, en chantant à la gloire de Râma.


L'intégrisme dans le judaïsme

L'intégrisme juif est le plus ancien. Certains psaumes sont de véritables appels au meurtre. De nos jours ce que font les Israéliens aux Palestiniens de Ghaza est d'après Jimmy Carter abominable. Il y a un an la folie meurtrière d'Israël basée sur une lecture littérale du Livre de Josué s'est soldée par la mort de 1500 personnes dont 400 enfants en 21 jours. Justement. Le Livre de Josué a provoqué l'ire de l'abbé Pierre qui déclara en 1993, dans un entretien avec Bernard Kouchner: «Alors là, je toucherai le fond du problème de la sensibilité d'un juif, en lui disant: toutes vos énergies se trouvent mobilisées par la réinstallation du grand temple de Salomon à Jérusalem, bref, de l'ancienne cité du roi David et du roi Salomon. Or, vous vous basez pour cela sur tout ce qui dans la Bible parle de Terre promise. Or, je ne peux pas ne pas me poser cette question: que reste-t-il d'une promesse lorsque ce qui a été promis, on vient le prendre en tuant par de véritables génocides des peuples qui y habitaient, paisiblement, avant qu'ils y entrent? Les jours... Quand on relit le livre de Josué, c'est épouvantable! C'est une série de génocides, groupe par groupe, pour en prendre possession! Alors foutez-nous la paix avec la parole de Terre promise! Les massacres... Ils n'invoquent pas le fait qu'ils ont tué pour dire: «Ça nous appartient.» Ils invoquent le fait que Yaveh leur aurait dit: «Je vous donne cette terre.»

Il nous faut aussi décrire Les Haredim juifs Les Haredim représentent quelque 20% de la population de la ville. Régulièrement ils rentrent en conflit avec le pouvoir qui les instrumentalise. Il faut savoir en effet, qu'ils ne font pas le service militaire. Il y a souvent des heurts entre juifs ultra orthodoxes et le pouvoir israélien à propos de tenues vestimentaires. Les Haredim ou «Craignant-Dieu» (en hébreu), vivent généralement en marge des sociétés laïques environnantes, même juives, (...) Quand les Haredim s'implantent en nombre dans un nouveau quartier, et c'est un mouvement permanent, ils tendent à y imposer leurs règles. Ils nous demandent de retirer de la vente des robes qu'ils jugent trop courtes. (...) Si on veut faire des affaires dans le quartier, il faut se plier aux règles: nos vêtements ne doivent rien laisser entrevoir de la peau, mis à part les mains et le visage.» (5)

Plusieurs thèmes tels que le voile, la lapidation sont communs aux trois religions. Mais quand il s'agit de diaboliser, seul l'Islam est voué aux gémonies. S'agissant du Voile dans l'Epître aux Corinthiens Paul déclare: «Je veux cependant que vous sachiez que Christ est le chef de tout homme, que l'homme est le chef de la femme, et que Dieu est le chef du Christ. (...) Car si une femme n'est pas voilée, qu'elle se coupe aussi les cheveux. Or, s'il est honteux pour une femme d'avoir les cheveux coupés ou d'être rasée, qu'elle se voile». La lapidation existait comme châtiment avant que le Code d'Alliance ne soit donné par Dieu à Moïse.

Je ne peux m'empêcher aussi de citer une lettre d'un auditeur qui s'interroge s'il faut appliquer à la lettre ce que dit la Bible. Il écrit: «J'apprends beaucoup à l'écoute de votre programme Mais j'aurais besoin de conseils. Par exemple, je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans le livre de l'Exode, chapitre 21, verset 7. A votre avis, quel serait le meilleur prix?» «Le Lévitique aussi, chapitre 25, verset 44, enseigne que je peux posséder des esclaves, hommes ou femmes, à condition qu'ils soient achetés dans des nations voisines. Un ami affirme que ceci est applicable aux Mexicains, mais pas aux Canadiens. Pourriez-vous m'éclairer sur ce point? Pourquoi est-ce que je ne peux pas posséder des esclaves canadiens? »(6)

« J'ai un voisin qui tient à travailler le samedi. L'Exode, chapitre 35, verset 2, dit clairement qu'il doit être condamné à mort. Je suis obligé de le tuer moi-même? Pourriez-vous me soulager de cette question gênante d'une quelconque manière? Quand je brûle un taureau sur l'autel du sacrifice, je sais que l'odeur qui se dégage est apaisante pour le Seigneur (Levitique. 1:9). Le problème, c'est mes voisins: ils trouvent que cette odeur n'est pas apaisante pour eux. Dois-je les châtier en les frappant?» (6)

Un dernier conseil. Mon oncle ne respecte pas ce que dit le Lévitique, chapitre 19, verset 19, en plantant deux types de culture différents dans le même champ, de même que sa femme qui porte des vêtements faits de différents tissus, coton et polyester. De plus, il passe ses journées à médire et à blasphémer. Est-il nécessaire d'aller jusqu'au bout de la procédure embarrassante de réunir tous les habitants du village pour lapider mon oncle et ma tante, comme le prescrit le Lévitique, chapitre 24, versets 10 à 16? On ne pourrait pas plutôt les brûler vifs au cours d'une simple réunion familiale privée, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches, tel qu'il est indiqué dans le livre sacré, chapitre 20, verset 14?»(6)


Cathos, protestants, juifs, musulmans : la montée des intégrismes religieux

Jean Matouk explique que Malraux en 1955, répondant à un journaliste danois à propos du fondement religieux de la morale il a prononcé la phrase suivante : « Je pense que la tâche du prochain siècle, en face de la plus terrible menace qu’ait connue l’humanité, va être d’y réintroduire les dieux » Pour faire court, et abominablement caricatural, Dieu, que les hommes devenus citoyens au cours des XIXème et XXème siècles ont écarté, sous diverses formes, de la sphère publique, ce qui est le fondement même de la laïcité, tente un peu partout un retour, sous forme de divers intégrismes ».

« Intégrisme catholique, qu’on a vu resurgir bizarrement de la part de certains prélats, (…) Intégrisme protestant, ensuite, notamment aux Etats-Unis. (…) Intégrisme orthodoxe même, renaissant en Russie. (…) Intégrisme juif aussi, en France, comme en Israël ! (…) le soutien à l’Etat d’Israël a pris bizarrement aussi cette forme. Israël n’est pas un Etat laïc, même s’il intègre des citoyens musulmans. (…) Mais, depuis les accords d’Oslo, les dérapages réciproques –attentats du Hamas, grignotage permanent de la Cisjordanie par des constructions avec expulsion de paysans palestiniens, mur…– se sont multipliés consolidant peu à peu le Likoud de Netanyahou. Celui-ci est contraint d’appuyer sa majorité sur les partis ultra-religieux. (…) Cet intégrisme musulman est l’application française du troisième intégrisme mondial des religions du Livre, qui prend la forme des divers « salafismes » , et de leur forme terroriste extrême, le « djihadisme » (…) Disons que, dans l’islam comme dans toutes les religions, des intégristes ont toujours entretenu la flamme contre une laïcisation qu’on peut presque dire naturelle, associée à la modernité, à la société de consommation.(…)

« Bref conclut l’auteur , dans le monde euro-méditerannéen, c’est un peu « Dieu , le retour ». Est-ce favorable au progrès et au développement économique ? On peut fortement en douter. Tout comme l’intégrisme catholique au XVIe siècle entravait le développement économique de l’Europe, l’intégrisme musulman, s’il l’emporte, tirera les pays « conquis » en arrière. Le refus idéologique et religieux des mœurs touristiques, par exemple, les quelques agressions dont ont été victimes des touristes, plombent cette activité qui est la plus à même de ramener une peu de valeur ajoutée dans de brefs délais »(7)


Que faut-il en conclure?

Jean Matouk réduit le dilemme de l’Islam tiraillé entre deux visions, celle d’une sécularisation qui l’aligne sur les deux autres religions du Livre, ou celle d’un Islam des premiers âges qui tourne le dos à la modernité représenté entre autres par le tourisme.. Pourtant les intégrismes religieux sont consubstantiels des religions, ils sont en quelque sorte le fond rocheux de la pureté des origines, mis à mal par une modernité qui ne respecte pas même les fondamentaux de la dignité humaine comme le respect, la famille, les us et coutumes codifiées dans les religions et qui pour certains sont des héritages sociologiques qui ont mis des siècles à sédimenter. On le voit avec la perte des fidèles des églises qui se vident L’intégrisme dans l’islam existe, c’est le tard venu dans version sanguinaire Daesh, c'est surtout la mise en scène macabre amplifiée généreusement par les médias occidentaux qui font leur miel d'un Islam indexé sur la mort, la détresse. La décapitation est un produit dérivé des civilisations occidentales comme La guillotine

Le débat sur la modernité de l'Islam est récurrent et est toujours d’actualité. Lors d'un colloque organisé par le Sénat français sur le thème: «L'Islam peut-il s'adapter à l'Europe?» Jean-Paul Charnay, islamologue pour qui l'Islam doit emprunter le même cheminement de sécularisation que le christianisme, répond à Malek Chebel: «Vous proposez un islam à la carte. Mais est-ce toujours de l'islam? Les versets juridiques dont nous parlons ne représentent, certes, que 3% du Coran, mais ils constituent une épine dorsale éthique. La charia décrit la cellule familiale, son patrimoine, tout comme la morale sociale et la répartition des droits et des devoirs entre individus ». (8)

« Elle propose conclut l’auteur, une ´´islamitude´´ qui ne coïncide pas avec ce que nous appelons la modernité. En remettant en cause cette structure juridique, on affaiblit l'islam Mais que reste-t-il d'une religion lorsqu'on la réduit à une suite de festivités et à une sorte de morale générale dans laquelle nous pouvons tous communier? Il va y avoir une évaporation de l'islam aussi forte que le fut celle du christianisme. Je me souviens d'une phrase de François Mauriac dans son Bloc-notes, un 24 décembre: ´´Ce soir, l'Occident s'empiffre.´´ (...) Si un nouveau modèle d'interprétation du Coran voit le jour, il se fera au prix d'un schisme dans l'islam ». (8)


Que faut-il faire … en attendant?

On le voit, les choses ne sont pas simples. Vouloir par effraction bouleverser les fondements d'une religion quelle qu'elle soit ne peut que perpétuer le chaos entretenu généreusement par ceux qui ne veulent pas que cela s’arrange, c’est-à-dire que l’islam autant que les autres religions puisse montrer ce qu’il sait faire. Ceci n’est pas nouveau, Pourtant dans l'histoire, il y eut des périodes heureuses où l'islam était un référent. L'Occident poursuivant sa conquête du Monde au nom de règle des 3C (Christianisation, Commerce, Colonisation) a tout fait pour casser une dynamique d'aggiornamento soft de l'Islam commencée avec Al Afghani, Il me semble que les conquêtes positives de la Science doivent être revendiquées par les Musulmans. L'Islam revendiqué par les intellectuels musulmans de service en Europe est un Islam mondain, culturel, dilué dans une doxa et une modernité occidentales.

Nous pensons que l'Islam en Occident ne doit pas faire dans le m'as-tu vu, chaque musulman en Europe - dans des pays d'essence chrétienne- doit être convaincu qu'il est un invité qui n'est pas chez lui.- Il n'est que de voir comment les Chrétiens sont traités dans les pays musulmans- Il doit respecter pour se faire respecter. Les croyants et les athées peuvent et doivent dialoguer. Au lieu de s'anathématiser- parce que manipulés d'une façon ou d'une autre- Ils doivent consacrer leur énergie aux vrais problèmes du vivre ensemble et combattre ce faisant le veau d'or responsable du malheur de la planète: un money-théisme, cette mondialisation dimensionnée à la taille des plus nantis, ce néolibéralisme qui fait son miel du désordre du monde et qui lamine les espérances.


1 . http://vdaucourt.free.fr/Mothisto/Amalric/Amalric.htm

2.L'Intégrisme: Encyclopédie Wikipédia


3. http://www.alterinfo.net/De-l-eau-sur-Mars-Sommes-nous-seuls-dans-l-Univers_a22436.html


4. Docteur Gustave Lebon: La civilisation des Arabes http://www.korpa.fr/lebon/ indexc.htm

5.Chems Eddine Chitour http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_ professeur_ chitour/145711-une-autre-facette-de-l-integrisme.html


6. http://www.mleray.info/article-a-tous-les-homophobes-citant-la-bible-93507982.html


7 http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/150765-le-debat-en-europe.html

8. http://blogs.rue89.nouvelobs.com/matouk/2013/07/11/cathos-protestants-juifs-musulmans-la-montee-des-integrismes-religieux-230721

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/220108-l-islam-a-la-croisee-des-chemins.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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