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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 00:23

 

«Pour qu'un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible: c'est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible.»

 

Patrick Le Lay, Directeur de TFI

 

   Il est devenu d'usage d'admettre dans la plus pure tradition de la fatalité, que la civilisation est ce qu'elle est et qu'il faut s'adapter ou périr. Il en va ainsi de tous les « ismes » qui ont malmené la condition humaine à travers le siècle, notamment précédent et l'espace. En son temps, Jean-François Léotard avait fait l'inventaire de tous les récits de légitimité (communisme, stalinisme, nazisme... libéralisme) et comme épouvantail islamisme imposés par les puissants aux peuples. Parmi tous ces «ismes» le capitalisme triomphant après la chute du communisme pensait pouvoir formater la planète pour mille ans.

 

Souvenons-nous dans le droit fil dela « destinée manifeste » duXIXe siècle faisant dire à Dieu qu’il privilégie le peuple américain,   de «La fin de l'histoire»  au XXe siècle de Francis Fukuyama pour qui le modèle américain de néolibéralisme devait amener la prospérité et la démocratie «aéroportée» et les lumières droits de l'homme au reste du monde au besoin éclairée par le napalm...

 

On le sait, le Programme américain pour un nouveau siècle (Pnac) théorisé par les néoconservateurs avait justement, pour objectif de réaffirmer le leadership définitif de l'hyperpuissance américaine d'un Satan de rechange. Ce sera l'Islam(isme) et à bien des égards, l'attaque des tours jumelles, symbole du capitalisme triomphant, fut du pain bénit. Rien ne s'opposera ni à l'intérieur ni à l'extérieur à la tentation d'Empire et à la nouvelle religion le money-theïsme. Le capitalisme, le néolibéralisme  et la mondialisation ont besoin de mécanismes pour formater durablement le monde. Des institutions seront mises en place pour gouverner le monde, à la place des anciennes. D'abord, ce seront les deux grandes banques, celle qui «ajuste, structurellement les économies vulnérables le FMI, et la Banque mondiale». C'est ensuite le commerce confié à l'OMC. Il faut aussi mettre au pas les récalcitrants, soit par le soft power de la Cour pénale internationale  pour juger les faibles, ou la force brutale avec l'Otan et enfin la surveillance le formatage des esprits, qui est confié à Internet, et à l'addiction volontaire aux nouveaux médias. Nous allons justement traiter dans ce qui suit de la fabrique du consentement par les médias et la publicité sur tous les supports au premier rang desquels la télévision joue un rôle capital dans la «panurgisation» du monde.


Le marché et son installation: Les consommateurs « sous influence »

 

   Dans les pays dits développés, le marché, dans l'euphorie des «trente glorieuses» en Europe a permis le développement spectaculaire de la consommation débridée sous toutes ses formes. A titre d'exemple, l'installation des grandes surfaces qui a laminé définitivement les petits commerces s'est imposée au début des années 1960 et en mutant chaque fois pour serrer au plus près le consommateur On apprend qu'en France: «Le premier hyper est né le 15 juin 1963 en région parisienne sous la bannière Carrefour.. Dans les années 1970, les nouvelles technologies changent les modalités d'achat. L'apparition du code-barre, puis la naissance de la carte à puces et des cartes bancaires modifient. En 1976, Carrefour lance les «produits libres». En 2012, Carrefour teste un magasin virtuel à Lyon et à Paris. Il permet au consommateur de commander ses produits via son smartphone depuis un lieu de passage, une gare par exemple, et de se faire livrer à son domicile ou au point «drive» de son choix.» (1)

La fabrique du consentement

 

Dans cette lutte féroce pour vendre à tout prix, les firmes multinationales ne manquent pas d'imagination. Elles faisaient appel aux techniques antédiluviennes de la réclame puis de la publicité classique. Elles s'attaquent maintenant au cerveau et créent un besoin. Pierre Barthélemy rapporte l'expérience singulière - pour nous, mais rentrée dans les moeurs ailleurs - de mainmise sur le cerveau. Expérience qui montre que rien n'est définitivement acquis et qu'on peut être trompé tout le temps. Nous le suivons: «Comment les grandes marques influent sur nos cerveaux. Tellement brutale mais tellement vraie, la sortie de Patrick Le Lay, alors P-DG de TF1, avait fait grand bruit: il n'imaginait sûrement pas, c'est à quel point ce rapprochement entre cerveau et grandes enseignes commerciales était pertinent et profond. Une étude remontant au début des années 1980 a ainsi montré que des femmes souffrant de maux de tête se sentaient plus soulagées en prenant le cachet d'aspirine d'un groupe pharmaceutique très connu plutôt que celui d'une société moins célèbre, ce alors que la formulation et la présentation du médicament étaient exactement les mêmes.» (2)

 

Pierre Barthélémy cite une étude singulière: «Dans un article publié il y a quelques semaines par PLoS ONE, deux psychologues allemands se sont demandé si cet effet «grande marque» pouvait être transposé dans l'univers de l'alimentation et influencer une dégustation. Pour le déterminer, ils ont mis au point l'expérience suivante: des volontaires, allongés dans un appareil à IRM (imagerie par résonance magnétique) allaient goûter quatre sodas gazeux et les noter pendant qu'on observerait les zones de leur cerveau excitées par cette dégustation. (...) Les deux premières se passent de présentation. River Cola est la marque générique d'une chaîne de supermarchés allemands tandis que le T-Cola avait été présenté aux participants comme une boisson tout juste mise au point et pas encore sur le marché.» (2)
En fait, T-Cola n'était qu'une invention: l'idée consistait à proposer une boisson totalement inconnue, d'une marque non identifiable. Les quatre échantillons servis étaient en réalité rigoureusement identiques, un cocktail de Coca, de Pepsi et de River Cola. Un tiers de chaque. Pour rendre le scénario encore plus crédible, les expérimentateurs montraient avant le test quatre récipients dont le contenu était soigneusement étiqueté. Les quinze participants ont tous eu l'impression qu'il s'agissait de quatre sodas différents (avant qu'on leur dévoile le pot aux roses). Les échantillons estampillés Coca et Pepsi, les deux grandes marques, ont obtenu des notes significativement meilleures à celles des deux autres, un résultat pas très surprenant(2).

 

«  Le plus intrigant conclut Pierre Barthélémy,  n'est, en effet, pas là. Il réside dans ce qui est apparu à l'IRM. La dégustation de ce qui était présenté comme des marques peu ou pas connues a donné lieu à plus d'activité dans le cortex orbitofrontal, montrant que le sujet cherchait davantage à assigner une valeur au produit qu'il était en train de goûter, à décider s'il le trouvait bon ou pas, ce qui était moins le cas avec les pseudo-Coca et Pepsi. Comme si, dans le cas du River Cola et du T-Cola, la marque n'était pas un indicateur suffisant pour déterminer si la boisson plaisait ou ne plaisait pas. Pour les boissons connues, cette zone se révélait moins active, sans doute parce que, pour les avoir déjà goûtées auparavant ou en avoir vu les sujets savaient déjà plus ou moins à quoi s'en tenir. (...) Croyez-le ou pas, mais elles suivent de près la science du cerveau, au point qu'elles utilisent, elles aussi, l'IRM ou l'électroencéphalogramme pour... tester les réactions de consommateurs à de nouveaux produits ou comprendre comment ils prennent une décision d'achat. Cela s'appelle le neuromarketing.» (2)

 

Le dogme de cette religion, écrit Patrick Juignet, procède d'un axiome central: «Les vices privés font la vertu publique» que l'on doit à Bernard Mandeville (1740). Cet axiome déstructure les autres grandes fonctionnalités humaines: politique, symbolique, sémiotique et psychique. Par rapport à cette situation, Dany-Robert Dufour propose un droit de retrait des citoyens de la société devenue perverse (...) car poussant à toujours plus de compétition, de performance, pour plus d'argent afin de participer à l'idéal de la grande addiction consumériste. Il dénonce aussi la naturalisation généralisée,la perte des repères et interdits culturels, la réduction des individus à leur fonctionnement pulsionnel.» (3)



Les dégâts du néolibéralisme: Tout est conçu  contre la morale

 

Justement, pour Dany Robert Dufour l'échange marchand généralisé et libéralisé détruit ou dérégule les autres «économies»: l'économie discursive (échange du sens, des idées), l'économie sociale (donner, recevoir, rendre) et l'économie psychique (la limitation pulsionnelle, l'altruisme). La télévision forge-t-elle des individus ou des moutons? s'interroge-t-il ?

 

 «L'individualisme écrit-il  n'est pas la maladie de notre époque, c'est l'égoïsme, ce self love, cher à Adam Smith, chanté par toute la pensée libérale. (...) Vivre en troupeau en affectant d'être libre ne témoigne de rien d'autre que d'un rapport à soi catastrophiquement aliéné, dans la mesure où cela suppose d'avoir érigé en règle de vie un rapport mensonger à soi-même. Et, de là, à autrui. Ainsi ment-on effrontément aux autres, ceux qui vivent hors des démocraties libérales, lorsqu'on leur dit qu'on vient - avec quelques gadgets en guise de cadeaux, ou les armes à la main en cas de refus - leur apporter la liberté individuelle alors qu'on vise avant tout à les faire entrer dans le grand troupeau des consommateurs. Mais quelle est la nécessité de ce mensonge? La réponse est simple. Il faut que chacun se dirige librement vers les marchandises que le bon système de production capitaliste fabrique pour lui. «Librement» car, forcé, il résisterait. La contrainte permanente à consommer doit être constamment accompagnée d'un discours de liberté, fausse liberté bien sûr, entendue comme permettant de faire «tout ce qu'on veut». (4)

 

« Notre société  poursuit le philosophe est en train d'inventer un nouveau type d'agrégat social mettant en jeu une étrange combinaison d'égoïsme et de grégarité que j'épinglerai du nom d'«égo-grégaire». Il témoigne du fait que les individus vivent séparés les uns des autres, ce qui flatte leur égoïsme, tout en étant reliés sous un mode virtuel pour être conduits vers des sources d'abondance. Les industries culturelles jouent ici un grand rôle: la télévision, Internet, une bonne partie du cinéma grand public, les réseaux de la téléphonie portable saturés d'offres «personnelles»... La télévision est avant tout un média domestique, et c'est dans une famille déjà en crise qu'elle est venue s'installer. Certaines études nord-américaines l'appellent depuis longtemps déjà le «troisième parent». On pourrait se demander: après tout, pourquoi pas cette virtualisation des rapports familiaux? (...)» (4)


Le philosphe conclut son  constat amer en citant Bernard Stiegler : «Bernard Stiegler, dans un vif petit livre à propos de la télévision et de la misère symbolique, indique que «(l'audiovisuel) engendre des comportements grégaires et non, contrairement à une légende, des comportements individuels. Dire que nous vivons dans une société individualiste est un mensonge patent, un leurre extraordinairement faux (...). Nous vivons dans une société-troupeau, comme le comprit et l'anticipa Nietzsche. La famille en question serait donc en fait un «troupeau», qu'il ne s'agirait plus que de conduire là où l'on veut qu'il aille s'abreuver et se nourrir, c'est-à-dire vers des sources et des ressources clairement désignées.(...) A la liste des gardiens du troupeau avancée par Kant - le mauvais prince, l'officier, le percepteur, le prêtre, qui disent: «Ne pensez pas! Obéissez! Payez! Croyez!» -, il convient évidemment d'ajouter aujourd'hui le marchand, aidé du publicitaire, ordonnant au troupeau de consommateurs: «Ne pensez pas! Dépensez!» (4)

 

Trouve –ton le formatage des esprits uniquement dans la consommation des boiens matériels et l’entertainement ? Non !  Les ravages touchent aussi le libre arbitre.    L'autre pendant dangereux de la publicité est la propagande dont on connaît les ravages. «La propagande est aux démocraties ce que la violence est aux dictatures». Dans leur ouvrage: La fabrique du consentement, Noam Chomsky et Edward Herman nous donnent une analyse très éclairante du fonctionnement des médias aux Etats-Unis, mais parfaitement transposable en France. Les pouvoirs qui possèdent les médias, les financent par le biais de la publicité, définissent l'information a priori puis produisent tant les contre-feux que les experts sur mesure nous semblent être au coeur de la production de l'idéologie dominante.» (5)



Que faut-il faire face à cette course vers l'abîme?

 

Est-ce que la croissance débridée est synonyme de confort? De bien-être? Penser une décroissance de ce qui n'est pas essentiel est ce, «revenir à la bougie» encore que cela soit poétique! Pour Vincent Liegley, il faut «aller vers des sociétés matériellement frugales, écologiquement soutenables. L'enjeu est de revenir à une société beaucoup plus simple, à un autre type de confort matériel, sans remettre en question les avancées de la société actuelle. Sortir de la méga-machine, de la technostructure, comme y invitait Ivan Illich, autre penseur de la décroissance. Retrouver aussi ce qui a été détruit: convivialité, solidarité, le «buen vivir», ce concept de la «vie bonne» développé en Amérique latine. (...) Nous sommes face à l'effondrement d'une civilisation. Mais aujourd'hui, l'ensemble de la planète est embarqué sur ce Titanic. (...) Ce sera un choc extrêmement violent. Nous essayons de comprendre cette crise anthropologique et de construire d'autres civilisations en rupture avec celle-ci. Avec une contradiction: il faut aller vite, tout en faisant quelque chose qui demande du temps. Un changement de nos habitudes, une décolonisation de notre imaginaire, une transformation de nos institutions qui sont toxico-dépendantes de la croissance... Le but de la décroissance, est d'ouvrir des possibles de pensée. Nous tentons de penser l'utopie, ce vers quoi on veut tendre - sans peut-être jamais l'atteindre. Définir un projet de transition qui part de la société actuelle, tout en étant complètement en rupture avec celle-ci. L'important est de savoir où l'on va et d'assumer ces contradictions pour transformer la société en profondeur.» (6)

D'où viendrait le salut en absence de décroissance « mot maudit » par la doxa occidentale qui fait du marché son veau d’or ? Nous appelons une fois de plus le philosphe Dany Robert Dufour qui dans es nombreux écrits, a analysé les comportements  humain en face de cette machine du diable qu’est le néo-libéralisme. Il écrit : «Pour sortir de la crise de civilisation, il convient de reprendre, propose-t-il, un élan humaniste. Comment faire advenir un individu qui, serait enfin «sympathique» c'est-à-dire libre et ouvert à l'autre. «Il nous semble qu'un des enjeux civilisationnels actuel soit précisément d'échapper à ce dilemme. (...) Je prédirais plutôt la survie du capitalisme au prix de la mort de notre civilisation et sa transformation en une vaste administration techno-marchande inhumaine, fonctionnant au service de l'oligarchie mondiale.» (7)

 

Pour Edgard Morin autre philosphe , il ne s'agit pas de concevoir un «modèle de société», voire de chercher quelque oxygène dans l'idée d'utopie. Il nous faut élaborer une Voie, qui ne pourra se former que de la confluence de multiples voies réformatrices, et qui amènerait la décomposition de la course folle et suicidaire qui nous conduit aux abîmes. La voie nouvelle conduirait à une métamorphose de l'humanité: l'accession à une société-monde de type absolument nouveau. Elle permettrait d'associer la progressivité du réformisme et la radicalité de la révolution.» (8)



1. Du chariot à la caisse automatique, un demi-siècle d'hypermarchés Le Monde 14.06.2013

 

2.PierreBarthélémy  http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/06/16/comment-les-grandes-marques-influent-sur-nos-cerveaux/


3.Patrick Juignet   http://www.philosciences.com/Societe/DanyRob.html, Philosciences,

2012[RTF bookmark start: mozTocId593207][RTF bookmark end: mozTocId593207]

 

4. http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/DUFOUR/15491 Janvier 2008


5. http://www.conflitssansviolence.fr/documents/lupourvous/lpv43-fabrication-du-consentement.pdf


6. Vincent Liegey Propos recueillis par Agnès Rousseaux  http://www.bastamag.net/article2987.html


7. Dany Robert Dufour  http://www.monde-diplomatique.fr/2008/01/DUFOUR/15491


8.Edgard Morin: Ce que serait ´´ma´´ gauche. Le Monde. 22.05.10

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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vérité et tolérance - dans anomie du Monde
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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 19:11

 

 

 

«Le livre de Marie-Monique Robin découvre une réalité qui fait mal aux yeux et qui serre le coeur, celle d'une entreprise à l'arrogance bien trempée, surfant avec désinvolture sur la douleur des victimes et la destruction des écosystèmes.»

 

Nicolas Hulot préface du livre «Le Monde selon Monsanto»

 

   Un débat récurrent dans le droit fil de l'agroalimentaire et des moyens d'augmenter les rendements rend incontournable l'appel aux engrais et, mieux encore, aux organes génétiquement modifiés que sont les OGM du maïs du blé du coton... Qu'en est-il exactement? Sommes-nous ingrats vers ses sauveurs d'un monde qui aura de plus en plus faim ou est-ce dangereux d'introduire sans beaucoup de recul ces variétés au lieu et place de semences qui ont mis des millénaires à s'établir, certes avec des problèmes notamment de sécheresses, de microbes ou de virus qui affectent dangereusement les récoltes. Il est vrai aussi que les firmes qui s'occupent des OGM (nouvelles semences) et même celles qui proposent des agents chimiques de lutte promettent le paradis, mais ne nous disent rien sur l'addiction voulue ou forcée de ceux qui mettent le doigt dans l'engrenage de la dépendance. Dans ce combat de géants des multinationales BASF, Bayer, Monsanto se détache.



Le Monde selon Monsanto

 

C'est le titre d'un documentaire et d'un ouvrage réalisé par Marie Monique Robin. L'auteur démonte avec brio toute la mécanique de Monsanto et son emprise sur le monde. Elle prend quelques exemples et décrit la stratégie de l'entreprise qui fait l'objet d'enquêtes et d'actions en justice concernant à la fois les produits chimiques ou issus du génie génétique qu'elle met sur le marché et ses méthodes de lobbying. Elle est accusée de promouvoir des produits nocifs pour la santé et l'écosystème et de falsifier les résultats d'enquêtes scientifiques.
L'auteure nous rappelle le passé de Monsanto et son implication dans la guerre du Vietnam en fournissant un défoliant: «Concernant l'agent orange herbicide et défoliant utilisé par l'armée américaine pendant la guerre du Viêt Nam, qui s'est révélé être cancérigène, Monsanto s'est vue intenter des procès par des vétérans américains et sud-coréens ainsi que par une association de victimes vietnamienne, dont certains ont abouti à une condamnation de la société. Tout le monde a en mémoire les dangers du PCB fabriqué par Monsanto: «En 1966, l'étude du Suédois Soren Jensen montre que le PCB est responsable de problèmes environnementaux majeurs en Europe du Nord à cause de sa capacité à s'accumuler tout au long de la chaîne alimentaire (...)» (1)

 

De son côté, forte de son bon droit, Monsanto attaque des fermiers qui réutilisent ses OGM sans sa permission: «Du milieu des années 1990 à 2004, Monsanto avait poursuivi, en Amérique du Nord, 147 agriculteurs et 39 entreprises agricoles pour violation de brevet en relation avec des OGM. La majorité de ces procès concerne l'utilisation d'une partie de la récolte comme semence pour l'année suivante. Cette pratique est possible avec le soja qui s'autoféconde. Selon un rapport du Center for good safety, quelques cas concernent des cultures de plantes qui auraient été, d'après les agriculteurs concernés, contaminées par dissémination. Le plus célèbre est Monsanto contre Percy Schmeiser qui a été condamné une fois la démonstration faite qu'il avait volontairement récolté sur une petite surface en bordure de route, traité et semé sur l'ensemble de son exploitation des graines qu'il savait OGM.»(1)

 

La liste des méfaits est longue La charité bien ordonnée doit donner selon Monsanto à un retour sur investissement: «Suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010 à Haïti, Monsanto a annoncé qu'il allait donner gratuitement 475 tonnes de semences aux paysans haïtiens (...). Un économiste haïtien a déclaré que «les paysans haïtiens ont traditionnellement la capacité de produire et de reproduire leur propre semence, organique et locale, à destination de leur famille et du marché de proximité. Monsanto veut intégrer les agriculteurs sur un marché qu'ils ne contrôlent pas en matière de qualité de semence et de prix [et] faire du paysan haïtien un assisté plutôt qu'un producteur.»(1)

 

Enfin, une clause diabolique problématise l'avenir des agriculteurs utilisant les semences Monsanto: «Le soja transgénique rendu tolérant à l'herbicide RoundUp de Monsanto, dit soja SRR est légalement commercialisé depuis 2004 au Brésil. Depuis cette date, Monsanto a déterminé les règles de production des semences SRR. Les agriculteurs produisant les semences ont des contrats exclusifs sur une variété bien précise avec un distributeur unique et ont donc l'obligation de vendre la totalité de leur production à ce même distributeur Il s'agit en effet d'un contrat de licence que les distributeurs fixent avec Monsanto. Ces distributeurs, souvent des filiales de Monsanto, fournissent les semences OGM, les engrais et les pesticides de la maison mère. Monsanto récupère ensuite des royalties, à l'achat des semences puis lors «d'un droit de commercialisation» lors du stockage etc... correspondant à 15% de la valeur des grains (1)

 

«Avec le Monsanto Act, écrit Olivier Berlanda le géant de l'agroalimentaire américain vient encore de franchir une étape dans la domination mondiale et la monopolisation agricole. Le savoir-faire de centaines de générations de cultivateurs sera demain effacé avec l'aide des gouvernements européens et nord-américains au profit d'un géant vert qui n'a rien d'amical. Chronique d'une inéluctable fin d'un monde: la mort programmée des paysans par une firme qui a sans doute le plus lourd pédigrée en matière de nocivité. (...) L'amendement dit «Monsanto protection Act» à la loi américaine (Plant Protection Act) précise que «sur simple demande d'un cultivateur, exploitant ou producteur, le ministère de l'Agriculture doit accorder une autorisation, ou une dérogation, même si l'autorisation a été précédemment annulée ou invalidée». (...) Monsanto devient en quelque sorte une exception à la règle universelle faisant du pouvoir judiciaire le garant de l'ordre public.» (2)


Dans les années 1980: «On retrouve Monsanto dans ce qui se fait de pire: l'hormone de croissance bovine, les PCB hautement cancérigènes (désormais interdits), les insecticides et herbicides dont le tristement célèbre «Round-up» accusé entre autres d'être la cause de la mort de 60% des abeilles aux USA, mais aussi en Europe; ce phénomène particulièrement alarmant remet en cause tout simplement le rôle primordial des abeilles dans l'agriculture.Le coup le plus réussi de cette firme est sans doute, pour l'instant, la céréale «round up Ready» savant mélange d'une plante génétiquement modifiée pour résister à l'herbicide total «round up «aussi commercialisé par Monsanto qui fait un coup de maître en vendant non seulement le poison mais également son antidote. Toutes les plantes sont détruites par Monsanto, sauf celles commercialisées par Monsanto. Le résultat est le suivant; le maïs OGM fut suivi par le colza, le soja et même le coton «round up ready» qui dominent actuellement le marché étasunien, mais s'attaquent également aux pays émergents (...)La mort des paysans, comme la disparition des abeilles, préfigurera l'ère du génétiquement manipulé: du précuit, du prémâché, du prédigéré, du précancéreux. Bref, le goût du cadavre dans la bouche»(2).


La diplomatie au service des OGM

 

C'est par ce titre que Christian Noisette nous décrit comment les diplomates américains jouent le rôle de facilitateurs pour imposer les multinationales américaines dans le marché des multinationales de l'agroalimentaire. Nous lisons: «En 2010, quand ont été publiés, sur le site WikiLeaks, des milliers de «câbles» étasuniens, la diplomatie de ce pays s'est révélée être au service des industries nationales et notamment de la promotion des plantes génétiquement modifiées (PGM). Inf'OGM écrivait alors: «Au Vatican, à Madrid, à Paris, mais aussi à Rome, au Caire, etc., les ambassades des États-Unis cherchent à imposer les PGM: c'est ce que nous confirment les dernières fuites obtenues par WikiLeaks». Ce rôle de lobbyiste qu'a endossé le département d'État étasunien vient, à nouveau, d'être confirmé par une étude approfondie menée par l'ONG Food and Water Watch. Cette dernière a en effet sélectionné les 926 câbles diplomatiques destinés à quelques 113 pays entre 2005 et 2009 qui contenaient le mot «biotech» ou «GMO.»(3)

 

L'auteur détaille ensuite quelques méthodes qui ont fait leur preuve quant à imposer d'une façon soft les PGM américains: «La diplomatie s'est aussi immiscée dans les colloques en les organisant, les finançant, ou en plaçant comme intervenants ses experts. (...)Une autre technique, connue elle aussi depuis des lustres: les voyages d'affaire «tous frais payés (...) D'autres câbles montrent que les États-Unis agissent pour éviter que des pays rendent obligatoire l'étiquetage des produits contenant des OGM.(3)



La destruction des abeilles:une conséquence tragique de la manipulation génétique.


Depuis l'Antiquité, l'Homme écrit Christian Magdelaine, a domestiqué les abeilles pour en récolter le précieux miel, mais depuis quelques années, les sources de dégradation de leur environnement et les atteintes à leur santé sont telles qu'il pourrait s'agir d'une combinaison de facteurs qui surpassent la capacité de résistance des abeilles. Dans un article du journal Le Monde du 29 août, M.Neumann, explique ainsi: «On peut supporter séparément une maladie, une mauvaise alimentation, un empoisonnement aux pesticides, mais quand tous les facteurs se conjuguent, il arrive un moment où la limite de résistance est atteinte». Or l'abeille est un excellent témoin de la qualité de l'environnement dans lequel elle évolue... Les abeilles, piliers de la pollinisation et donc de la présence des fleurs, fruits et légumes disparaissent massivement dans de nombreuses régions du monde (...) Le «syndrome d'effondrement des colonies» («colony collapse disorder» ou CCD) était né. (...) Une étude de fin mars 2012 de l'Inra poursuit Christian Magdelaine, a démontré que, même à une dose non létale, les abeilles sont mortellement désorientées par cet insecticide.» (4)

 

La destruction des abeilles est devenue une source potentielle de conflit au point que la Russie a protesté vigoureusement auprès de l'Administration américaine contre les agissements de ses multinationales. Nous lisons: «Au centre de cette dispute entre la Russie et les USA, annonce ce rapport du Mrne, sont les «preuves incontestées» qu'une gamme d'insecticides neuro-actifs liés à la nicotine, connue sous le nom de néo-nicotinoïdes, détruisent la population d'abeilles de notre planète, ce qui, laissé en l'état, pourrait anéantir la capacité de notre monde à faire pousser assez de nourriture pour nourrir ses populations. Cette situation est devenue si sérieuse, rapporte le Mrne, que la Commission européenne dans son ensemble a institué une interdiction de précaution de deux ans (devant commencer le 1er décembre 2013) sur l'usage de ces pesticides «tueurs d'abeilles«(...) Il est important de noter, dit ce rapport, que Syngenta, avec les géants de la bio-tech Monsanto, Bayer, Dow et DuPont contrôlent maintenant presque 100% du marché global de pesticides et de semences et plantes génétiquement modifiées. Relevable également à propos de Syngenta, poursuit le rapport, en 2012 (...) «Un seul grain de maïs enduit d'un néo-nicotinoïde peut tuer un passereau,» (..) «L'Union Européenne a voté une interdiction de deux ans de l'usage d'une classe de pesticides, associée avec la disparition des abeilles. Le rapport du gouvernement US, par contre, trouva des causes multiples à la disparition des abeilles mellifères.» (5)

 

Le fipronil, matière active du pesticide Régent de BASF, présente «un risque aigu élevé» pour la survie des abeilles lorsqu'il est utilisé en tant que traitement des semences de maïs, prévient l'autorité européenne pour la sécurité des aliments. (...) L'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (Efsa) a rendu lundi 27 mai un avis dénonçant le risque «aigu élevé» du fipronil pour la survie des abeilles.(6)

 

Pour ajouter à l'impunité des géants de l'agroalimentaire, une étude du professeur Gilles eric Seralini a montré la dangerosité à long terme des pesticides. Nous l'écoutons: «En partant du postulat que plus un principe est actif, plus il peut avoir des effets secondaires, il est impossible d'avoir un gros impact sur une cellule, sans avoir d'effets secondaires». Ainsi, cent mille mesures ont été testées sur les rats, via des pesticides dilués tel qu'ils le sont dans l'eau du robinet. C'est comme si nous mesurions l'impact de l'eau du robinet sur l'organisme d'une personne qui en a bu toute sa vie» explique le chercheur. Les résultats sont alarmants: après deux années d'expérience, seulement quatre-vingt-dix rats sur deux cents ont survécu.(...)»(7).



Les OGM alliés de la FAO contre la famine ?

 

Il semble cependant que les OGM ont permis et permettent , nous dit-on, de sauver des millions de vies humaines de la famine, comme c'est le cas en Inde et en Afrique. Ainsi, la carence en vitamine A affecte, d'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) entre 100 et 200 millions d'enfants. Cette carence est responsable de graves troubles oculaires, de cécité infantile et du décès de plus d'un million d'enfants chaque année. C'est pourquoi des chercheurs ont travaillé sur l'enrichissement en vitamine A, (ou en précurseurs de vitamine A) de composants de base de certains régimes alimentaires. C'est le cas d'un riz transgénique appelé «riz doré». Par l'introduction de trois gènes dans du riz, des chercheurs allemands ont réussi à restaurer une voie de biosynthèse du bêta-carotène.Une fois assimilé, le corps humain transforme le bêta-carotène en vitamine A. (8)

 

À divers degrés, l'invasion des transgéniques et l'adoption de lois sur les semences et la propriété intellectuelle renforçant le contrôle des entreprises sur l'agriculture se répandent dans l'ensemble du continent Il est clair que ces produits chimiques ont le potentiel d'affecter des chaînes alimentaires entières. La persistance dans l'environnement des néo-nicotinoïdes, leur propension au ruissellement et à l'infiltration dans les eaux souterraines, et leur mode d'action cumulatif et grandement irréversible chez les invertébrés soulèvent des inquiétudes écologiques sérieuses.

 

On prête à Albert Einstein cette sentence prophétique : « « Si l'abeille disparaît, l’humanité en a pour quatre ans ».  Dans une lettre adressée au président de la république française à l’occasion du Grenelle de l’environnement, on lit : « Le compte à rebours est en marche. Et pendant que les abeilles disparaissent par milliards partout dans le monde, notre avenir, en matière de sécurité sanitaire et alimentaire, est désormais entre vos mains. Entendez la demande de l’immense majorité des Français qui exigent le moratoire sur les OGM, qui se préoccupent des effets des pesticides sur leur santé et sur l’environnement, et qui revendiquent le libre choix de consommer sans OGM. 80 % des fleurs, fruits ou végétaux répertoriés, qui constituent la base de l’alimentation mondiale et de la biodiversité, dépendent exclusivement de la pollinisation des abeilles. En sauvant l’abeille, vous assurerez durablement la protection de tous. Les générations actuelles et futures comptent sur votre choix visionnaire. Quatre ans, c’est si court ! » (9)

 

 A vouloir jouer les apprentis sorciers l'éthique en prend un coup. Mais que reste t-il de cette dernière dans un monde où le laminoir de la prédation fait fi du patrimoine génétique de la faune et de la flore de l'humanité  pour le plus grand bien de ces mercenaires du vivant et pour le plus grand malheur du monde.



1.Le Monde selon Monsanto Encyclopédie Wikipédia


2. http://www.legrandsoir.info/monsanto-massacre-a-la-moissonneuse.html

 

3.  http://www.mondialisation.ca/etats-unis-la-diplomatie-au-service-des-ogm/53359582105


4.C.Magdelaine   http://www.notreplanete.info/actualites/actu_1312_abeilles_disparition.php


5. Will Summer La Russie avertit Obama: une guerre globale sur la disparition des abeilles menace Mediapart 15 mai 2013

 

6. Thomas Stüber    http://www.actu-environnement.com/ae/news/avis-efsa-pesticide-fipronil-abeilles-regent-basf-18611.php4#xtor=EPR-128 mai 2013


7.  http://lesmoutonsenrages.fr/2013/05/26/gilles-eric-seralini-les-compositions-des-pesticides-sont-secretes-cest-une-honte-scientifique/


8.http://www.ogm.org/OGM%20et.../OGM%20et%20pays%20en%20voie%20de%20d%C3%A9veloppement/la-production-de-vitamine-a-par-du-riz-transgenique.html

 

9. http://grenelle.20minutes-blogs.fr/archive/2007/10/20/albert-einstein-%C2%AB-si-l-abeille-dispara%C3%AEt-l-humanit%C3%A9-en-a-pou.html

 

Prof. Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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vérité et tolérance - dans anomie du Monde
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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 08:51



 

«Nous vivons à une époque où il est rare de suivre un seul plan de carrière tout au long de notre vie professionnelle. La société exige à présent que nous nous formions continuellement et que nous acquérions sans cesse de nouvelles compétences afin d'assurer notre employabilité à long terme.»

 

Devise du Système éducatif australien

 

Une anomie de plus dans le quotidien des Algériens ballotés dans tous les sens et avec la crainte du lendemain du fait de l'opacité actuelle. Justement, l'un des derniers repères symboliques auxquels s'accrochaient les Algériens, à savoir l'examen du baccalauréat, vient de rendre l'âme sous les coups de boutoir d'une désastreuse gestion de l'éducation. Est-ce la faute uniquement à la tutelle ou avons-nous tous ensemble, par des «ma'aliche» « cela ne fait rien », ravageurs et des accommodements non raisonnables, été complices de cette dérive?

 

Qu'est-ce que le baccalauréat?

 

Dans l'encyclopédie Wikipédia nous lisons: «Le baccalauréat (altération du bas-latin bachalariatus, désignant un rang de débutant d'abord dans la chevalerie, et puis dans la hiérarchie religieuse et universitaire ou de bacca laurea, baie de lauriers) est un grade de l'enseignement supérieur correspondant à différents niveaux suivant les pays et selon le système d'enseignement: système français, anglo-saxon ou international. Il est souvent abrégé en «Bac». Il désigne généralement le premier degré dans une faculté. Le baccalauréat confère le grade de bachelier. Il peut être accompagné de la mention d'une discipline: baccalauréat ès arts (baccalauréat ès lettres), baccalauréat ès sciences, baccalauréat en droit..» (1)

Le baccalauréat dans tous les pays a une charge symbolique. «En Corée, en ce jour si particulier, c'est tout un pays qui retient son souffle. L'examen revêt une importance telle que le gouvernement prend des mesures exceptionnelles pour assurer le bon déroulement des épreuves ».(2)

(...) Au cours de la journée, pendant les épreuves orales d'anglais, aucun avion n'a le droit de décoller ou d'atterrir dans la péninsule: les autorités craignent que le bruit des réacteurs ne nuise à la bonne compréhension des questions par les candidats. En vue de ce rendez-vous, les magasins se sont également spécialisés dans la vente de boîtes cadeau, contenant des gâteaux de riz: une croyance veut que les gâteaux de riz gluant aident les leçons apprises à rester «collées» au cerveau des étudiants. Aller dans les meilleures écoles permet également de forger des liens qui pourront se révéler utiles au cours de leur carrière. Un système parfaitement bien compris par les familles sud-coréennes, qui imposent à leurs enfants des emplois du temps démentiels. En plus des heures de cours «normales», ils doivent suivre des cours privés et des cours du soir d'autant plus intensifs qu'ils approchent de l'examen d'entrée à l'université. (...) En Corée du Sud, avoir un diplôme est avant tout un statut car la population considère que c'est l'éducation qui est à l'origine du développement spectaculaire de leur pays ces dernières années.» (2)

 

 La Corée du Sud avait le même développement que nous il y a cinquante ans, elle est actuellement la dixième puissance mondiale. Nous sommes à la 111e place



Que s'est-il passé de grave?

 

A l'unanimité, il a été rapporté que le déroulement des épreuves du baccalauréat a connu de graves dépassements. Il semble que les élèves n'ont pas voulu composer, qu'ils sont sortis dans la cour, d'autres ont profité pour s'informer, d'autres ont copié au vu et au su des enseignants qui pourtant, auraient été menacés. Le cri de colère de Bachir Hakem nous interpelle: «Le silence sur la tricherie générale est un autre coup fatal pour la crédibilité du Bac après celui du seuil des programmes. Tout le monde sait que l'élève, même lors des épreuves ordinaires de devoirs surveillés ou de compositions, vient non pas pour composer mais pour frauder et avec violence. L'élève fait maintenant la loi, il emploie tous les moyens pour réussir en toute impunité. Le CLA appelle aujourd'hui à sauver le Bac et l'éducation en Algérie» (3)

 

Mustapha Hammouche nous décrit avec nostalgie le Bac d'antan: «Des candidats au baccalauréat sont sortis des salles d'examen, ont manifesté, téléphoné, parfois menacé et sont retournés plancher sur leurs épreuves, après plus d'un quart d'heure d'absence. Dans beaucoup de centres, des scènes de rébellion et de saccage ont été observées et des couteaux ont été exhibés! Par endroits, des candidats ont imposé une tricherie généralisée.! (...) On savait que le baccalauréat avait beaucoup perdu de ce qu'il représentait au plan du savoir, mais là, il vient de renoncer aux derniers apparats qui entretenaient le mythe du ´´sésame´´. Maintenant qu'on peut l'obtenir en s'armant d'un téléphone mobile et d'un canif, plutôt que d'une équerre et d'un compas (...)» (3)

 

Je pensais que nous avions atteint le fond en termes de gabegie dans l'éducation. Apparemment, l éducation nationale a fait plus fort qu'avant du temps béni de vingt ans d'anomie. En effet, l'innovation cette année est un concentré de toutes les tares latentes qui se sont manifestées au grand jour à l'occasion de la « zerda », la grande bouffe, du baccalauréat. Mais est-ce de la faute uniquement de la tutelle ou est-ce une responsabilité collective des différents gouvernants mais aussi de la société, je veux parler des parents d'élèves et de tous les pyromanes que chacun à sa façon, tente de formater avec les tribunes officielles ou officieuses les imaginaires des enfants?

 

Nous pensions avoir pensé notre pain noir avec la période des enseignants du Moyen-Orient appartenant à différents pays, nous avons eu en conséquence un formatage des enfants à l'irakienne, à la syrienne, à la palestinienne et à l'égyptienne qui a fait le plus de dégâts. Ce que nous retenons surtout de cette période c'est l'irrationalité qui a été lourdement inculquée au nom de la « ‘accabya », esprit tribal, mythique  Nous n'avons que ce que nous méritons!

 

Il faut tout de même noter l'aphonie des partis politiques dans leur immense majorité, notamment ceux qui font dans l'agitation s'occupant de se tirer dans les pattes, de faire des lectures dans la boule de cristal pour essayer de miser sur le bon cheval au lieu de parler de l'avenir. Il est vrai que la plupart d'entre eux ont assuré les arrières de leurs enfants, soit par des rentes douteuses, soit par des envois à l'étranger.

 

Dans tout ce désastre, chacun a une responsabilité particulière. Je veux citer un fait admis comme naturel qu'un joueur reçoive pour la signature de son contrat, en un mois, le salaire d'un professeur en une année, étant peut être exclu du système éducatif, quelle belle revanche sur l'école et combien nos médias et nos hommes politiques surfent sur la pente dangereuse de la facilité qui présente ces exemples de réussite en dehors de l'Ecole.

 

Dans mes multiples écrits, j'ai dénoncé le fait qu'un footballeur puisse à l'occasion d'une coupe, en l'occurrence celle d'Afrique, toucher en une fois le gain d'une carrière d'un enseignant que les parents ne croient plus dans l'école en Algérie, exception faite de ceux qui ont un projet pour leurs enfants quitte à les mettre dans des écoles privées, véritable mercenariat du fait des rançons prohibitives demandées aux parents, sans naturellement garantir le résultat. On comprend alors que d'autres parents misent sur les clubs de foot et on dit que ce n'est pas facile d'inscrire un enfant dans un club sportif, tellement c'est encombré...

 

Deux décennies durant, les réformes ont disloqué l'école déboussolée et déstructurée de toutes parts. D'une école qui ouvre l'esprit au monde merveilleux de la connaissance et éveille sa curiosité, on en fit une serre où l'enfant étouffe sous l'effet du bourrage de crâne imposé pour en faire un médiocre. Ce que nous retiendrons du passage de monsieur Benbouzid c’est la diversion par des artefacts tels que  « l'année du drapeau » et « l'année du tablier » pour paraphraser Amin Maâlouf dans Leon L’Africain , alors que le système éducatif sombrait inexorablement


Ce qui se passe ailleurs s’agissant de l’organisation du baccalauréat

 

La rigueur du baccalauréat ne souffre aucun compromis. En France, par exemple, les sujets distribués aux candidats au mois de juin sont l'aboutissement d'un processus qui a débuté plus d'un an auparavant. Le ministère répartit l'élaboration des sujets pour la session de l'année suivante entre les académies une année avant. Dans chaque académie, les divisions d'examen mettent en place des commissions d'élaboration et de choix de sujets dont la présidence est confiée conjointement à un inspecteur général de l'éducation nationale et à un universitaire. Il n'y a donc pas comme en Algérie de concept de atba, de seuil de minima indexé sur les convulsions sociales qui font que le sujet s'aligne sur le programme minimal, en clair inexorablement, l'année se réduit à deux trimestres et encore. Ce sont, par voie de conséquence, des étudiants défaillants que nous recevons dans le supérieur. Les jurys sont présidés par des universitaires. Il ya  bien longtemps que les présidences de jury du baccalauréat ont été retirées aux enseignants du supérieur



Les causes de la faillite scolaire

 

On ne peut pas dans le cadre d'une contribution avoir la prétention de faire le procès du système éducatif en accusant uniquement la langue d'enseignement. Ce n'est qu'une composante de la débâcle. Pour Abderrazak Dourari, professeur en sciences du langage à l'Université d'Alger, «la faillite scolaire relève d'abord d'une politique d'arabisation «aberrante» du pays. La langue arabe n'est plus «fonctionnelle» dans nombre de champs de recherche, étant donné que le Monde arabe ne produit plus de pensée élaborée, tant en sciences sociales qu'en sciences exactes, depuis le Xe siècle, affirme ce spécialiste de la sémiotique. (...°) Lorsqu'on lui demande quelles solutions permettraient de réduire la «fracture linguistique» qui déchire le pays et menace le bon déroulement de la scolarité de milliers d'étudiants algériens, ce professeur en sciences du langage avoue être convaincu que l'équilibre se situe dans un bilinguisme assumé. (5)

 

En fait, il est de notre point de vue excessif d'accuser une langue des méfaits de ceux qui sont censés la mettre en valeur. Ce que l'école et partant, la société a perdu, c'est la rationalité, c'est l'aventure de l'approximation qui tourne le dos à la rigueur. C'est le fatalisme ravageur, du «Allah Ghaleb» à la place de «Oua Khoudhou Hadrrakoum». Prenez vos précautions armez vous des outils de la science et du savoir pour naviguer dans un monde de plus en plus dur qui ne fait pas de place à l'approximation. On donne à l'enfant des réflexes de soumis, de tabous qu'il ne faut pas déranger sous peine d'exclusion. D'autre part, qu'on le veuille ou non, l'anglais s'imposera de plus en plus même en France où les universités ont obligation avec la dernière loi d'offrir des enseignements en anglais. Mieux, pour nos diplômés candidats à l'émigration choisie en France, un test d'anglais est demandé.

 

Le monde a profondément changé. L'éducation doit suivre et en termes de contenu et de contenant, les méthodes pédagogiques nouvelles font la part belle aux nouvelles technologies. Cependant, tout dépend des maîtres et c'est là où le bât blesse. Nos enseignants n'évoluent pas pour la plupart. Il n'y a pas d'échelle de compétence, si ce n'est l'ancienneté. A titre d'exemple, cinquante ans après l'indépendance il n'y a pas d'agrégation malgré une tentative, avortée il y a vingt-cinq ans. Que transmettre? A qui le transmettre? Comment le transmettre? s'interroge le philosophe Michel Serres. Jadis et naguère, le savoir avait pour support le corps du savant, aède ou griot. Une bibliothèque vivante... voilà le corps enseignant du pédagogue. Peu à peu, le savoir s'objectiva: d'abord dans des rouleaux, sur des vélins ou parchemins, support d'écriture; puis, dès la Renaissance, dans les livres de papier, supports d'imprimerie; enfin, aujourd'hui, sur la Toile, support de messages et d'information. Ces enfants habitent donc le virtuel. Les sciences cognitives montrent que l'usage de la Toile, lecture ou écriture au pouce des messages, consultation de Wikipedia ou de Facebook, n'excitent pas les mêmes neurones ni les mêmes zones corticales que l'usage du livre, de l'ardoise ou du cahier. Ils peuvent manipuler plusieurs informations à la fois.(6)

 

A ce titre en France, le ministre de l'Education Vincent Peillon a détaillé les dispositifs de son plan pour le numérique à l'école, qui seront installés dès la rentrée. Il comprend notamment 20 collèges pilotes. A la rentrée, onze services numériques seront mis en place. En primaire, des films d'animation de deux minutes développés par le Centre national de documentation pédagogique (Cndp) expliqueront ´´de façon ludique´´ des notions fondamentales en français, maths ou sciences: (...) Il y aura aussi à la rentrée vingt sites pilotes, des ´´collèges connectés´´, qui développeront les usages pédagogiques du numérique. Cela se traduira notamment par une utilisation quotidienne du numérique, en moyenne une à deux heures par jour, des équipements comme des tableaux numériques interactifs ou tablettes, une communication régulière avec les familles, un plan de formation des enseignants et un projet d'établissement intégrant le numérique». (7)

 

La compromission  qui semble avoir gagné toute la société ,s’agissant du baccaulauréat qui est devenu un rituel : Réusssir à tout prix ! quelqu’en soit le prix , même celui de la gabegie et de la fuite en avant qui fait que le système éducatif ressemble à un train fou que personne ne peut ou ne veut arrêter ; Justement à propos de cette compromission générale Saint Augustin   écrivait il y a plus de seize siècles dans un autre contexte ,mais qui s’applique à la situation d’anomie actuelle : «A force de tout voir on finit par tout supporter... A force de tout supporter on finit par tout tolérer... A force de tout tolérer on finit par tout accepter...A force de tout accepter on finit par tout approuver.» Le résultat est là , nous sommes en pleine défaite de la pensée.

 

Pour l'avenir de ce pays, pour le devenir des nouvelles générations, il est temps de mettre l'éducation au centre des préoccupations principales du pays. Un programme présidentiel qui ne fait pas dans les faits la part, la place la plus importante est non seulement immoral mais de plus il compromet durablement l'avenir de nos enfants. Plus que jamais, il est important de tourner le dos à l'impunité, les responsables devraient répondre de leurs actes. C'est à cette seule condition que nous arriverons par l'effort, le dialogue, à une école tournée vers l'avenir, qui ne fait aucun complexe d'étudier dans les langues porteuses d'avenir, une école qui fait réussir dans la vie, une école qui donne un but à ces jeunes en panne d'espérance.

 

On l'aura compris, le regard de la société sur l'éducation devrait changer, mais aussi celui des princes qui nous gouvernent qui doivent cesser de caresser les jeunes dans le sens du poil en leur donnant l'illusion que tout leur est dû, le bus, l'appartement, le Bac, sans labeur, sans sueur, sans nuits blanches. Cette fuite en avant se paiera plus vite qu'on ne le pense. Le tonneau des Danaïdes des réclamations ne peut suffire. Nous entrons dans une zone de turbulences durables avec le bouleversement du monde de l'énergie, et la baisse inexorable de nos réserves. Nous ne pourrons survivre qu'en créant. Il est tant que le Mahdi prochain mette les Algériens au travail. C'est la seule façon de barrer la route à l'aventure qui hypothéquera définivement le devenir de ce pays qui nous tient à cœur.

1. Le baccalauréat / Encyclopédie Wikipédia

 

2. http://www.lefigaro.fr/international/2010/11/18/01003-20101118ARTFIG00616-en-coree-du-sud-le-bac-c-est-sacre.php


3. B. Hakem. Porte-parole du CLA La tutelle n'en finit pas de faiblir devant les caprices des élèves. http://forumdesdemocrates.over-blog. com/article


4. http://www.liberte-algerie.com/contrechamp/apres-le-vote-la-fraude-massive-entre-a-l-ecole-201255


5. http://forumdesdemocrates.over-blog. com/article-l-enseignement-superieur-en-panne-la-faute-a-l-arabisation-excessive-de-l-algerie-118350892.html

 


6.Michel Serres.  http://www.scoop.it/t/entrepreneurship-education-2-0/p/449685956/eduquer-au-xxie-siecle-michel-serres-philosophe  -12 09 2011 

 

7.   http://lexpansion.lexpress.fr/high-tech/ numerique-a-l-ecole-ce-qui-sera-mis-en-place-a-la-rentree-2013_388830.html

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

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vérité et tolérance - dans Algérie
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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 10:59

 

 

«Afin de gouverner et de contrôler une population autrement que par la violence, il faut obtenir son consentement au moyen des appareils idéologiques de l'État: le système éducatif, le divertissement, la religion, le système politique...»

 

Louis Althusser

 

Depuis une vingtaine d'années, la sociologie a exploré un domaine longtemps resté mystérieux, voire tabou, celui de la détermination sociologique d'un individu et par conséquent ses choix sont-ils dictés par la nature ou sont-ils le résultat d'un construit social. « La théorie queer ou théorie du genre est une théorie sociologique née aux Etats-Unis au début des années 1990. Cette théorie qui critique principalement l'idée que le genre et l'orientation sexuelle seraient déterminés génétiquement en arguant que la sexualité mais aussi le genre social (masculin ou féminin) d'un individu n'est pas déterminé exclusivement par son sexe biologique mais également par tout un environnement socio-culturel et une histoire de vie. Cette théorie différencie donc sexe et genre (masculin/féminin), par rapport à une société qui tendrait à considérer comme anormaux les individus qui ne se situent pas dans la normalité d'une hétérosexualité perçue comme naturelle et innée, avec un genre découlant du seul sexe acquis à la naissance. S'appuyant sur l'idée de la féministe Simone de Beauvoir qu'on «ne naît pas femme, on le devient», Judith Butler a été la première théoricienne queer à aborder cette séparation de sexe et de genre. La théorie queer veut avant repenser les identités en dehors des cadres normatifs d'une société envisageant la sexuation comme constitutive d'un clivage binaire entre les humains.Elle considère le genre comme un construit et non comme un fait naturel, et s'intéresse à la manière dont une identité de genre peut être le résultat d'une construction sociale.(1).


D'où nous venons?


Avant d'aborder dans le fond les conséquences de cette mutation sociologique de l'humanité. La science nous dit que notre plus ancien ancêtre vivait bien il y a 7 millions d'années. Comme le laissaient supposer les datations relatives, l'utilisation de la méthode de datation absolue à l'aide d'isotopes confirme qu'un des ancêtres probable de l'humanité trouvé au Tchad en 2001, Toumaï, vivait bien il y a environ 7 millions d'années. Toumaï était-il bien un hominidé ou s'agissait-il d'un singe, comme le laissait par exemple penser le volume de sa boîte crânienne? L'évolution de l'homme est assez souvent comparée visuellement à un buisson: plus on s'éloigne dans le temps, plus le nombre d'individus diminue Homo sapiens, une espèce ´´chanceuse´´ C'est donc une ´´chance´´ que l'une de ces branches se soit développée vers l'Homo sapiens! Sans ce hasard, la Terre ne pourrait être peuplée que de chimpanzés.»(2)

Pourquoi l'homme a-t-il pris une avance décisive sur ses cousins singes?  Pour la science ´´Les humains ont connu une évolution de leurs aptitudes cognitives non pas suite à quelques mutations accidentelles mais par l'opération d'une très grande quantité de mutations dans des conditions de sélection exceptionnellement intenses favorisant des aptitudes cognitives plus complexes,´´ a déclaré Bruce Lahn, professeur à l'Université de Chicago ´´Nous avons tendance à considérer notre espèce comme différente, se situant au sommet de la chaîne alimentaire; il y a quelque fondement à cela,´´ ajoute-t-il. L'évolution humaine, parce qu'elle a nécessité un grand nombre de mutations affectant un grand nombre de gènes, serait le fruit d'un processus unique. ´´Accomplir autant en un laps de temps évolutionnaire si court, quelques dizaines de millions d'années, requiert un processus sélectif qui serait très différent du point de vue des processus habituels d'acquisition de traits biologiques,´´ La tendance évolutionnaire se serait transformée en bond soudain à l'occasion de l'évolution humaine».(3)

Pourquoi? Qui a fait que l'espèce humaine a pour ainsi dire été choyée.La science ne répond pas, elle constate. Certains penseurs pas interdit de penser à un «accordeur transcendant».



La théorie du Genre progresse

 

Ce détour par les origines va nous permettre d'aller rapidement à l'aventure humaine civilisationnelle pour arriver à ce début en ce début de XXIe siècle où les repères sociologiques qui ont mis des millénaires à sédimenter sont remis en cause.  La dérive du construit par rapport à l’inné- ce que Dame  nature nous a légué amène à des dérives qui ouvrent la porte sur un chamboulement fondamental  des sociétés occidentales , et avec un retard sur les autres  sociétés encore «  naïves » au sens du  développement  synonyme  de  débâcle de la cellule familiale traditionnelle   en Occident  Ainsi,  on  apprend à titre d’exemple qu’en Suède,  « plusieurs crèches mettent en pratique la théorie du genre, un couple élève son enfant sans révéler son sexe. Fille ou garçon? On ne sait toujours pas. En 2009, un couple de Suédois déclenchait une polémique en indiquant qu'il ne voulait pas révéler le sexe de son enfant de 2 ans. «Nous voulons que Pop grandisse librement, et non dans un moule d'un genre spécifique, ont raconté ses parents au quotidien Svenska Dagbladet.»(4)

 

La théorie des genres est devenue bien plus séduisante, et donc problématique, lorsqu'elle s'est attachée à prôner une totale déconstruction du lien sexe/genre, mais également des catégories ´´genrées´´. Il s'agit de faire une place égalitaire aux situations qui ne trouvaient pas leur place dans les catégories historiques. (...) Dans la récente résolution du Parlement européen du 12 décembre 2012 sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union européenne, les Eurodéputés se sont employés à une légère redéfinition de cet article 2. Ils considèrent que ce dernier ´´fonde l'Union sur une communauté de valeurs indivisibles et universelles de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité de genre, de non-discrimination, de solidarité,. Le terme genre est cité 22 fois´´.» (5)

 

Ce changement vers une nouvelle «civilisation» ne va pas s'arrêter là! Pour Jacques Attali, c'est une évolution normale et irréversible: «Plutôt que de nous opposer à une évolution banale et naturelle du mariage, il est urgent de nous préoccuper de permettre à l'humanité de définir et de protéger le sanctuaire de son identité. Comme toujours, quand s'annonce une réforme majeure, il faut comprendre dans quelle évolution de long terme elle s'inscrit. Et la légalisation, en France après d'autres pays, du mariage [pour tous, ndr] s'inscrit comme une anecdote sans importance, dans une évolution commencée depuis très longtemps,: après avoir connu d'innombrables formes d'organisations sociales, dont la famille nucléaire n'est qu'un des avatars les plus récents, et tout aussi provisoire, nous allons lentement vers une humanité unisexe, où les hommes et les femmes seront égaux sur tous les plans, y compris celui de la procréation, qui ne sera plus le privilège, ou le fardeau, des femmes»(6)

 

Jacques Attali énumère quelques arguments: «La demande d'égalité. D'abord entre les hommes et les femmes. Puis entre les hétérosexuels et les homosexuels. Chacun veut, et c'est naturel, avoir les mêmes droits: travailler, voter, se marier, avoir des enfants. Et rien ne résistera, à juste titre, à cette tendance multiséculaire. Mais cette égalité ne conduit pas nécessairement à l'uniformité. La demande de liberté. Elle a conduit à l'émergence des droits de l'homme et de la démocratie. Elle pousse à refuser toute contrainte; elle implique, au-delà du droit au mariage, les mêmes droits au divorce». (6)

 

Pour Jacques Attali, la sexualité se séparera de plus en plus de la procréation: «Plus généralement, l'apologie de la liberté individuelle conduira inévitablement à celle de la précarité; La demande d'immortalité, qui pousse à accepter toutes mutations sociales ou scientifiques permettant de lutter contre la mort, ou au moins de la retarder. Les progrès techniques découlent en effet de ces valeurs et s'orientent dans le sens qu'elles exigent: cela a commencé par la pilule, puis la procréation médicalement assistée, puis la gestation pour autrui. Le vrai danger viendra si l'on n'y prend garde, du clonage et de la matrice artificielle, qui permettra de concevoir et de faire naitre des enfants hors de toute matrice maternelle. Et il sera très difficile de l'empêcher, puisque cela sera toujours au service de l'égalité, de la liberté, ou de l'immortalité. De plus un problème majeur qui freine l'évolution de l'humanité est que l'accumulation de connaissances et des capacités cognitives est limitée par la taille du cerveau, elle-même limitée par le mode de naissance: si l'enfant naissait d'une matrice artificielle, la taille de son cerveau n'aurait plus de limite. Après le passage à la station verticale, qui a permis à l'humanité de surgir, ce serait une autre évolution radicale, à laquelle tout ce qui se passe aujourd'hui nous prépare. Telle est l'humanité que nous préparons, indépendamment de notre sexualité, par l'addition implicite de nos désirs individuels.»(6)


Allons-nous vers le Meilleur des Mondes de Aldous Huxley?

 

Dans cette anomie prévisible, où on ne sait plus qui est qui, un autre dilemme dans le même ordre est le fait que l'homme peut être réparé, il peut recevoir comme une voiture des pièces détachées d'une autre personne indifférenciée voire même d'un animal pour certaines maladies. Le trans-humanisme sonne le glas de l'Unité des peuples dans la diversité et le triomphe des modèles formatés, standardisés, étiquetés. Deviendrons-nous des pièces montées interchangeables que l'on ramène quand ça ne fonctionne pas? Quand des êtres mi-robots, mi-humains se placent comme modèle parfait de la mutation naturelle de l'homme et du robot, il ne s'agit pas là d'évolution mais de l'extinction de la race humaine, de sa richesse due à sa diversité, de la perte des identités culturelles et de l'ensemble de ses manifestations intellectuelles et artistiques. Notre société ressemblera de plus en plus au Meilleur des Mondes: les hommes y appartiennent à une nouvelle race, produite en bocal, et améliorée. Mais il ne faut pas oublier que, dans Le Meilleur des Mondes, seuls les alpha et les bêtas sont ´´améliorés´´: les autres sont des sous-hommes destinés aux tâches physiques qui, même dans une société ultra-technologique, restent indispensables. Mais la marche de l'Histoire ne s'arrête pas là. A chacune de ses étapes correspond un modèle familial, une urbanisation, une forme de propriété et une forme de pouvoir.

 

Après le clan matriarcal, puis le clan patriarcal, et la famille nucléaire conjugale, place à la famille mono-parentale et à la disparition totale de toute forme de famille. Bientôt la procréation industrielle par génie génétique, et l'euthanasie des inactifs trop coûteux à la collectivité (chômeurs, handicapés, retraités...)? (7)

 

Dans «L'avenir de la vie» (1981) Jacques Attali écrivait déjà: «Dès qu'il dépasse 60-65 ans l'homme vit plus longtemps qu'il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n'est pas solvable. L'euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures.» Ne resteront que les Aryens! Ceci nous rappelle l'époque des SS-Kinder (´´enfants SS´´) du parti National-Socialiste allemand? Les SS allemands, sous le nom de Lebensborn, ´´fontaines de vie´´, voulaient donner le jour à des enfants parfaits! Blonds, aux yeux bleus, ils étaient censés incarner la future élite du IIIe Reich. Une race supérieure' destinée à régner sur le monde pendant mille ans... On sélectionnaient d'une manière raciale, les femmes qui allaient tomber enceinte d'un SS.» (8)

 

Pour le professeur Maffesoli Membre de l'Institut universitaire de France: «Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Tout cela a un côté hystérique. Un petit grain de folie qui traverse la France. Croyance qui est au fondement même du mythe du Progrès. Mais ce que l'on oublie par trop souvent, c'est que ce dernier n'est que la forme profane du messianisme d'origine sémite. (...) Ainsi, est-ce faire injure aux progressistes de tous poils que de leur rappeler qu'ils sont en pleine régression: retourner à l'état embryonnaire de l'indifférenciation sexuelle. Mais contre toute orthodoxie, il faut savoir penser le paradoxe. En la matière, le progressisme régressif repose, essentiellement, sur la prétention, quelque peu paranoïaque qui veut construire le monde tel que l'on aimerait qu'il soit, et non s'adapter, tant bien que mal, à ce qu'il est. Tout simplement, rien n'est donné, tout est construit. (...) La nature doit être gommée par la culture ». (9)

 

Le professeur Maffesoli regrette que : « Le «don» d'une richesse plurielle effacé au profit d'un égalitarisme sans horizon.(...) Ce qui est certain, c'est qu'en plus de l'ennui, ce qui va résulter du prurit du nivellement, de la dénégation du naturel est immanquablement ce que M.Heidegger nommait la «dévastation du monde». A quoi l'on peut ajouter la dévastation des esprits dont la folie actuelle est une cruelle illustration. C'est au nom d'un monde à venir, lointain et parfait, le «meilleur des mondes» en quelque sorte, que, en un même mouvement, l'on construit /détruit la féconde diversité de ce qui est. Tout cela reposant sur le vieux fantasme postulant la liaison du Progrès et du bonheur. Entre l'égalité pour tous et le nivellement, la différence est ténue, qui aboutit, de fait, à la négation de la vie, reposant elle, sur le choc des différences. (..) »(9)

 

 « On ne peut faire fi de la tradition conclut le professeur Mafesolli, elle est gage de la continuité de la vie. Contre le fantasme «légalitaire» par essence mortifère, la concrétude de la vie se contente de rappeler que seul le paradoxe est créateur (...) Dans la foultitude des lois, cause et effet d'une civilisation décadente, celle qui est en cours d'examen, et les théories du genre lui servant de fondement, sont insensées, parce que, elles croient au sens de l'histoire».(9)

Conclusion

La théorie du genre est ce qu'on  l’on pourrait appeller une boîte de Pandore et elle n'a donc pas fini d'être ouverte. On peut dire que les sociétés occidentales inversent les valeurs, détruisent les fondamentaux de la civilisation humaine patiemment établie depuis plusieurs millénaires que sont le couple, la famille. Les sociétés sont donc attaquées par ce qu'un internaute a appelé justement le «libertarisme» qui est l'autre arme «libérale» de la mondialisation. Libérer les marchés, les capitaux, les travailleurs, et puis maintenant libérer les religions et la sexualité. Toujours dans la logique tu es ton seul maître, ton seul Dieu et tu as le droit de faire ce que tu veux.

 

Que répondent les différentes spiritualités?  Pour Jacques Attali, il faut déconstruire à tour de bras pour reconstruire. De fait, écrit-il: «Le mot ´´mariage´´, introduit en français au XIIe siècle, utilisé d'abord par l'Eglise catholique, a été ensuite repris par les autorités laïques. A des degrés divers, les religions sont tétanisées, En France, l'Eglise suit sans suivre, quant au judaïsme et l'islam français, il semble qu'ils soient dans l'expectative Wait and see. C'est le plus grand des défis auxquels sont confrontées les religions qui risquent de disparaître avec la théorie du genre, maintenant qu'il est interdit d'interdire et que pour Nietzsche le « surhomme »  ou la « surfemme » doit s'élever  du fait de la mort de Dieu jusqu'à ce que les étoiles soient au-dessous de lui.

1. La théorie queer Encyclopédie Wikipédia


2. Laurent Sacco, http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/notre-plus-ancien-ancetre-vivait-bien-il-y-a-7-millions-dannees_14793/

 

3.  http://www.futura-sciences.com/fr/news/ t/vie-1/d/lhumanite-une-evolution-aux-caracteres-bien-specifiques_5340/

 

4.  http://fr.news.yahoo.com/pop-6-ans-lenfant-su%C3%A9dois-sexe-185200284.html 170213

 

5.  http://www.observatoiredeleurope. com/ UE-Conseil-de-l-Europe-comment-la-theorie-du-gender-a-fait-son-entree-en-droit-francais_a1890.html

 

6. J. Attali   http://www.slate.fr/story/67709 /humanite-unisexe-biologie-immortalite

 

7. http://matricien.org/patriarcat/histoire/mondialisme/


8. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/ france-1944-la-fabrique-des-enfants-parfaits_763222.html


9. http://metamag.fr/metamag-1380-Aux-origines-de-la-theorie-du-%C2%ABgender%C2%BB-il-n%E2%80%99y-a-rien-de-nouveau-sous-le-soleil.html

 

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole polytechnique enp-edu.dz

 

 

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vérité et tolérance - dans anomie du Monde
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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 10:57
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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 10:20




 

«La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre contre les Etats-Unis.... Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans morts apparemment, et pourtant une guerre à mort.»  

 

François Mitterrand (1916-1996),

 

   Cette semaine l'actualité de l'énergie nous a montré les conséquences d'un combat de titans. En effet, dans sa marche forcée vers le développement, la machine de guerre économique et technologique a porté un coup sévère à l'industrie des panneaux solaires européenne. On dit que les entreprises européennes ferment par milliers ne pouvant pas soutenir la concurrence des panneaux solaires chinois. Certains parlent de bradage (40% moins chers) du fait du dumping de l'Etat chinois qui subventionne à tour de bras. Ceci est normalement interdit par l'OMC et fausse les règles du marché. Mais qui s'en soucie? Souvenons-nous du temple du libéralisme (les Etats-Unis) qui décide de subventionner leur acier. Souvenons-nous d'une escroquerie toujours actuelle de la politique agricole commune européenne qui a ruiné les pays africains qui ne peuvent être compétitifs. Bref, l'Europe a réagi en sanctionnant les importations des panneaux chinois.

 

La Commission européenne ´´sort prudemment les griffes face à Pékin´´, écrit Le Soir au lendemain de la décision de l'exécutif européen d'imposer provisoirement des droits de douane sur les importations de panneaux solaires, ´´la Commission espère toujours parvenir à une solution à l'amiable´´. Elle a ainsi ´´opté pour une réponse graduée´´: dès le 6 juin, les droits de douane seront fixés à 11,8%, et pourraient être portés à 47,6%, si aucun accord n'est trouvé dans les deux mois avec Pékin.(1)


Les professionnels européens divisés sur ces mesures

 

Les installateurs ne sont pas d'accord car ils pensent que c'est un mauvais procès. Pour Jade Lindgaard, «Selon EU Pro Sun, les panneaux chinois représentent 80% du marché européen».
«On est dans une situation de surcapacité de production organisée par les Chinois qui vendent leurs produits en dessous de leurs coûts de production. Fin 2012, les autorités américaines ont mis en place une taxation anti-dumping et anti-subvention courant de 24 à 250% sur les panneaux chinois. Et pourtant, la réaction des professionnels français du solaire est mitigée. «C'est comme si on disait qu'on va réinstaller l'industrie textile en France, c'est un peu la méthode Coué.» En réalité, ce syndicat professionnel est divisé. Les intérêts sont contradictoires entre les quelques producteurs français de cellules et de panneaux (Photowatt, Bosch, MPO, Sillia, Fonroche, Solarezo, et Sunpower, propriété de Total) qui souffrent de la concurrence chinoise et le reste de la filière: installateurs, vendeurs d'énergie, développeurs de projets... qui en profitent. Si bien que Jean-Pascal Pham-Ba, secrétaire général de SolaireDirect, installateur de panneaux et vendeur d'énergie, ironise: «On dit qu'avec ses aides publiques aux renouvelables, l'Europe subventionne l'industrie chinoise, mais on pourrait très bien dire à l'inverse, que c'est la Chine qui subventionne l'électricité renouvelable en Europe en payant pour que ses panneaux soient si bon marché(…) .» (2)

 

«Pour Jean-Pascal Pham-Ba, la production de modules photovoltaïques s'est mondialisée, et ce mouvement est irréversible. L'industrie chinoise du photovoltaïque repose sur une fabrication low cost en très grosse quantité, avec très peu de marges pour le producteur, et une stratégie commerciale très agressive. Cette offre répond aujourd'hui aux besoins européens car ces «panneaux pas chers et de bonne qualité sont intéressants pour la filière». (2)

On l'aura compris, ces mesures de rétorsion risquent de produire l'effet inverse de celui qui est attendu. Ainsi dans une récente tribune, l'ancien ministre socialiste Paul Quilès et le président de la fédération d'associations Planète Éolienne, Benoît Praderie, expliquent: «Que pèsent deux à trois cents millions d'euros de modules chinois importés face aux 69 milliards du déficit énergétique du pays? L'immense majorité des emplois de la filière provient d'abord de l'ingénierie des projets, de la fabrication des composants, de la construction, des logiciels, de la maintenance, tous non délocalisables et à haute valeur ajoutée. Imagine-t-on que la France puisse un jour concurrencer les Chinois dans la fabrication de PC ou de smartphones? Malheureusement, non. Par contre, nous le faisons dans leurs multiples utilisations (R&D, sociétés de services informatiques, opérateurs, développement d'applications...).» (2)

 

«Benoît Praderie compare la taxation anti-dumping au blocus sur les magnétoscopes japonais imposé en 1982 par Laurent Fabius, alors ministre du budget. Cette nouvelle«bataille de Poitiers» incarne à l'époque le «néo-protectionnisme» de la gauche au pouvoir. (...) Concrètement, les producteurs d'électricité solaire gagnent de moins en moins d'argent avec cette activité. Pour Thierry Mueth, l'Allemagne et l'Italie «installent autant de solaire en trois semaines que tout notre objectif annuel». (...) Comment souhaitons-nous produire notre énergie dans vingt ans? Et à quels prix, économiques, sociaux et environnementaux? Pour en discuter sérieusement, il faut chausser des lunettes à double focale, aussi fiables en microéconomie qu'en prospectives macro».(2)

 

Mieux encore, il semble que les produits chinois «n'enlèvent pas» ils rapportent. Selon le NRC Handelsblad, ´´les panneaux solaires chinois rapportent étonnamment gros à l'Europe´´. Aux Pays-Bas, le secteur de l'énergie solaire connaît même´´une croissance spectaculaire´´, malgré la crise économique. Le journal explique que: les entrepreneurs et les entreprises d'installation électrotechniques, qui ont beaucoup souffert de la crise dans le bâtiment, se sont précipitées en masse sur l'installation de panneaux solaires. Grâce au matériel chinois, ils arrivent pour l'instant à garder la tête hors de l'eau. Ils n'ont vraiment pas besoin d'une taxe européenne qui rendra les panneaux solaires plus chers [...] L'Afase craint que les taxes ne mènent à quelque 242.000 suppressions d'emploi dans toute l'Europe». (3)


«Les Américains avaient déjà largement pris les devants en taxant de 31 à 250% les panneaux solaires chinois. La Chine a fait jouer aussi la carte juridique en déposant une plainte auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). En investissant massivement sur ce secteur d'avenir que sont les panneaux photovoltaïques les Chinois ont largement fait baisser leurs coûts de production et sont rapidement devenus le 1er producteur mondial de panneaux. A ce jour, avant toute décision de la Commission européenne, la Chine vendait pour 21 milliards de panneaux solaires à l'Union européenne, soit 60% de ses exportations dans ce domaine.»(«)

La cacophonie européenne : Des stratégies économiques divergentes

 

Bien que l'Union européenne ait sévi. Il n'est pas sûr si le bras de fer continue avec la Chine que la cohésion européenne tienne. Sur Agoravox nous lisons: «(...) Il ne peut pas y avoir de protectionnisme européen, même si la Commission européenne cessait d'être à tout prix libre-échangiste et libérale. Car les intérêts des pays européens sont fortement divergents en la matière. (...) Certains pays et l'Allemagne en particulier, ne veulent pas de la mise en place de telles mesures qui selon eux pourraient entraîner des rétorsions chinoises contre leurs propres exportations. Car l'Allemagne exporte beaucoup de matériels d'équipements en Chine! Peu importe à nos voisins d'Outre-Rhin que la plupart des pays européens et l'Union européenne en général soient largement déficitaires vis-à-vis de la Chine (122 milliard d'euros en 2012! dont 26 milliards pour la France). Quant à eux, ils ont de forts échanges avec les Chinois et malgré un déficit de 11,7 milliards d'euros en 2012 avec la Chine, ils tiennent à leurs 66,7 milliards d'euros d'exportations vers ce qui est désormais leur troisième partenaire commercial. Et ils rêvent à terme de continuer à augmenter leurs exportations vers ce nouvel eldorado! Ceci prouve bien qu'il ne peut y avoir une seule politique commerciale européenne et a fortiori une politique protectionniste!»(4)


La puissance de la Chine

 

La réussite chinoise n'a pas jailli du néant. Les produits chinois malgré le dénigrement ne sont pas plus mauvais dans leur ensemble que ceux de l'Europe ou des Etats-Unis. «La Chine lit-on sur agoravox, s'est donnée pour objectif de devenir le leader mondial du photovoltaïque.
En 5 ans, elle est passée de 0% à 80% de parts de marché mondial. (...)Aujourd'hui, les produits photovoltaïques chinois sont beaucoup moins chers que les produits européens. Dans le même temps, on apprend que le coût de la main-d'oeuvre ne représente que 10% du prix du produit final. La domination écrasante chinoise établie en seulement 5 ans ne s'explique pas donc pas par un dumping salarial. L'appareil de production chinois est totalement surdimensionné par rapport aux besoins actuels: la Chine est capable de produire 45 gigawatts (GW) de cellules photovoltaïques chaque année alors que la demande mondiale atteint à peine 28 GW. Résultat: avec ses immenses sites de production capables de produire 1 gigawatt par an. La Chine joue la quantité pour faire d'immenses économies d'échelle. Elle peut ainsi inonder le marché mondial avec des produits de qualité à prix imbattables et casser la concurrence.»(5)

La réponse du grand berger à la petite bergère

 

On l'aura compris, la réaction ne s'est pas fait attendre. Les Chinois ont pris les premières mesures de rétorsion. Dans un article de Chinois Daily rapporté par Presse europe nous lisons: «En réponse à la taxe sur les produits chinois annoncée par la Commission européenne, Pékin a décidé de lancer une enquête sur les importations de vin européen. Et si les Vingt-Sept ne comprennent pas le message, d'autres mesures de rétorsion suivront, prévient le quotidien officiel chinois. La décision de la Chine de lancer une enquête sur les subventions et le dumping favorisant les importations de vin en provenance de l'Union européenne traduit une volonté de préserver ses grands intérêts économiques. Et Pékin ne manque pas de moyens pour le faire.»(6)

 

´´Le ministère du Commerce a déclaré que la mesure a été prise à la demande des producteurs locaux. Avec cette enquête sur le vin, la Chine entend rappeler que l'industrie solaire européenne ne serait pas la seule victime si l'UE s'en tient à sa politique protectionniste. La Chine n'a pas ménagé ses efforts pour apaiser les tensions en initiant des négociations avec l'UE, et elle a clairement démontré son désir de résoudre le litige par la consultation et la négociation. Pas par une guerre commerciale. Mais en imposant une taxe sur les importations chinoises, l'UE n'a pas manifesté un engagement similaire. Ce geste va entraîner de nombreuses fermetures d'entreprises en Chine, et celle-ci n'a d'autre choix que de contre-attaquer. Les exportations viticoles ne sont pas aussi importantes pour les Européens que celles des produits solaires pour les Chinois. En 2012, plus des deux tiers des 430 millions de litres de vins importés en Chine provenaient de l'UE, portant sur plus d'un milliard de dollars [762,056 millions d'euros ]. Parallèlement, le pays a exporté pour 27 milliards de dollars [20,577 milliards d'euros] de matériel photovoltaïque vers l'UE. L'enquête sur le vin pourrait être suivie d'autres actions si l'UE continue d'ignorer les intérêts chinois. Les importations chinoises de biens européens, toutes catégories confondues, se sont élevées à 212 milliards de dollars [161,595 milliards d'euros] en 2012, ce qui lui donne une grande marge de manoeuvre. Pour La Croix, les conséquences d'une taxation du vin européen par la Chine seraient donc une véritable ´´catastrophe´´ pour les viticulteurs bordelais, qui ´´tremblent´´ face à une telle éventualité (6).



Les combattants du futur et les autres

 

Le président Mitterrand a mille fois raison. Dans ce combat de géants, les pays du Sud, à des degrés divers, comptent les points d'une façon fataliste et attendent les résultats. C'est une vraie guerre invisible qui se déroule sous nos yeux. C'est la compétition qui est en oeuvre. Non pas une compétition brutale mais tout en finesse, celle d'un savoir technologique adossé à un Etat stratège contre un autre savoir technologique adossé aussi à un autre Etat stratège.

 

Nul doute que les Chinois et les Européens arriveront à s'entendre notamment sur le dos des plus faibles. Il s'agit de ceux qui n'ont pas pris à temps le dur chemin de la remise en cause de la stratégie énergétique à mettre en place qui seront définitivement rélégués dans les zones grises. C'est le cas de l'Algérie engluée dans une anomie totale en termes de cap multidimensionnel. Les défis sont connus L'eau, l'énergie, l'environnement et la sécurité alimentaire sont les invariants autour desquels devrait s'articuler, dans une grande mesure, le développement économique scientifique du pays pour les prochaines décennies.

 

Au vu des défis qui nous attendent, L'enseignement supérieur devrait être fondamentalement revu, notamment dans les disciplines technologiques pour prendre en charge les nouveaux défis. Nul doute que ce seront des milliers d'emplois qui permettront de mettre en musique ce plan Marshall pour une stratégie énergétique pour les vingt prochaines années. Reculer les échéances, certes, fera gagner du temps et acheter une paix sociale précaire, mais l'addition ne sera que plus salée, quand la réalité nous condamnera à appliquer par exemple la vérité des prix d'une façon brutale et irréversible.

 

Si nous ne faisons rien, ce sera de plus une bataille perdue parce que nous ne battons pas! Nous prenons le chemin du chaos inéluctable maintenant que des politiciens qui pensent que -quand on est ministre, on est automatiquement compétent et on a la science infuse - se mêlent de parler d'environnement, de gaz de schiste en traitant d'ignares les lanceurs d'alerte que sont les scientifiques et qui « décident » sans savoir qu'il n'y a qu'à suivre les Américains. Pauvres de nous! L'Algérie ne mérite pas d'être aussi mal servie!


1. http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/3784441-la-taxe-surles-panneaux-solaires-ne-plait-pas-aux-installateurs- 5 juin 2013

 

2. http://www.mediapart.fr/es/journal/economie/310513/la-querelle-autour-du-solaire-chinois-montre-les-limites-du-patriotisme-economique

 

3. http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/bras-de-fer-en-perspective-entre-l-136848


4. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/photovoltaique-europe-1-chine-0-la-136822


5. http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/photovoltaique-la-lecon-des-131541


6. Nicolas Vadot http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3852311-europeens-cedez-sinon

 

7.Chems Eddine Chitour http://www.legrandsoir.info/L-energie-et-les-changements-climatiques-expliques-a-nos-gouvernants.html

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger enp-edu.dz

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 10:19
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 13:27

 

 

«L'érudition n'est pas la science, de même que les matériaux ne sont pas l'édifice.»

 

Proverbe turc

 

 Des émeutes de plus en plus incontrôlables eurent lieu ces derniers jours en Turquie . Mis en cause un projet d’urbanisation et aussi la dureté de la répression par la police. La résistance face aux projets de construction dans le parc Gezi, dans le quartier Taksim à Istanbul, s'est transformée, ce week-end, en une remise en cause globale de la politique du gouvernement turc, et la révolte s'est propagée dans toute la Turquie.

 

Les médias occidentaux pensaient et pensent  que le dernier «domino» allait tomber. Ils ont présenté cette colère comme celle d'une Turquie ultralaïque qui en a marre de l'AKP et tout est fait pour forcer l'analogie avec les places Tahrir et partant avec les tyrans arabes. Pas un mot d'une analogie avec mai 1968 en Europe au sortir des trente glorieuses bâties sur la sueur des émigrés. Quand Daniel Cohn-Bendit et ses camarades avaient mis à mal le gouvernement de De Gaulle ce n'était pas pour du pain comme la plupart des révoltes dans les pays arabes, mais c'était pour secouer un ordre ancien en interdisant d'interdire...

 

Les journalistes voulaient ainsi, montrer que ce mouvement «spontané» touchait toutes les couches de la société, toutes sensibilités, jeunes ou vieux, mais en filigrane on sent l'attaque contre l'Islam,avec les allusions à l'alcool à la laïcité, au mode de vie à l'européenne Florilèges de quelques impressions le plus souvent sollicitées par les journalistes occidentaux qui avaient un cap: «Il y avait longtemps que le ´´peuple´´ n'avait pas réagi, malgré les restrictions sur l'alcool, l'annulation de certaines fêtes nationales par le gouvernement, l'impossibilité d'organiser le 1er-Mai... » (1)

 

« A croire que tous les esprits s'étaient accordés: dans les rues d'Ankara, jeunes actifs, étudiants, pères et mères de famille, issus des classes moyenne et populaire marchaient ensemble pour soutenir Istanbul sans mauvaises intentions. A la base de toutes les manifestations qui se sont multipliées en Turquie pendant trois jours, il y a une colère irrésistible qui s'est développée pendant le gouvernement de l'AKP (le Parti pour la justice et le développement d'Erdogan). Les citoyens turcs sont confrontés à une attitude et une politique de renoncement par le gouvernement de plusieurs valeurs morales importantes pour les Turcs. Tout d'abord, des attitudes hostiles contre Atatürk et ses valeurs, comme la République, les fêtes nationales, la laïcité. (...) Les hommes dans ces manifestations ont essayé de souligner que nous n'avons pas seulement des valeurs religieuses, mais aussi celles nationales, sociologiques et plus profondément des valeurs réelles. Nous ne voulons pas une Istanbul qui devient un bazar de bâtiments et de shopping centers'. Nous ne voulons pas vivre dans une ville où les arbres sont coupés au nom d'une régularisation de l'environnement sans prendre l'avis des Stambouliotes.»(1)


Il y a cependant d'autres causes objectives: «Cette révolte peut être résumée par deux réalités: la jeunesse étudiante, se réclamant de Mustafa Kemal Atatürk, est dans la rue pour dénoncer la pratique trop longue du pouvoir de l'AKP. Mais il y a aussi la réalité alévie, niée par les médias: cette minorité religieuse en Turquie dénonce la politique fondée sur le sunnisme de M.Erdogan, qui se traduit par sa politique contre Bachar Al- Assad et le nom choisi au futur pont à Istanbul: Selim Ier ou Yavuz Sultan Selim, le sultan génocidaire des Alévis... La population veut simplement que le gouvernement respecte leur mode de vie, sans les insulter ni tenter d'islamiser la société. Beaucoup parlent de ´´démocratie à reculons´´, car les droits et les libertés sont de plus en plus limités. Depuis onze ans, nous sommes chaque jour un peu plus pris en étau par Erdogan, qui est le seul acteur dans toutes les lois et les sanctions grâce à son fort pouvoir au Parlement. (...) il insulte Mustafa Kemal Atatürk, notre grand héros et fondateur de la Turquie moderne et laïque, et ses sympathisants. (...) Nous sommes des socialistes, des républicains, des communistes, des libéralistes, des démocrates, des anarchistes. Nous sommes musulmans, athées, chrétiens, juifs. Nous sommes des gens qui nettoient les rues le lendemain de ´´la guerre´´.» (1)

 

Parti du parc Gezi à Istanbul, le mouvement de contestation en Turquie a surpris, autant par sa soudaineté que par son ampleur et son expansion à plus de quarante villes de province. ´´A Istanbul, comme à Ankara ou Izmir, cela était attendu depuis des mois. Les journaux étaient inondés de signaux alarmants à destination du pouvoir indiquant que les choses ne pouvaient continuer comme cela en matière de contrôle du corps et de l'espace public´´, analyse Hamit Bozarslan, historien à l'Ehess. (...)Parmi ces manifestants, nombreux sont sans affiliation politique mais ont une sensibilité de gauche libérale, écologiste, défendent les droits de l'homme, ´´Ces contre-pouvoirs se sont émoussés ces dernières années´´, indique Jean Marcou. ´´La dérive autoritaire est très claire depuis 2008-2009. Il y a un culte de puissance. Individuel: Recip Tayyep Erdogan est devenu très puissant et dans son amour-propre, il n'arrive pas à comprendre pourquoi il est défié. National: de la Turquie qui se projette comme une superpuissance mondiale. Du parti: l'AKP est un super-parti avec 50% d'opinions favorables après onze ans au pouvoir. ´´On n'est pas dans un processus de soulèvement, de printemps turc' comme on a pu le lire ici et là, car le pouvoir est politiquement et électoralement légitime´´, indique Jean Marcou. La société turque est devenue extrêmement conservatrice au cours des vingt dernières années. ´´Elle a été marquée, comme dans le reste du Moyen-Orient, par une crise identitaire violente allant dans le sens d'un conservatisme social face aux transformations socio-économiques considérables. Ce qui explique l'hégémonie de l'AKP´´, explique Hamit Bozarslan» (2).

 

Pour rappel, samedi 1er juin, tard dans l'après-midi, les forces de police se sont retirées de la place. Les bars de la rue de Pera sont envahis de jeunes gens exprimant leur frustration à grand renfort de bière. Les gens se pressent autour de moi pour me parler, l'air frondeur et déterminé. Ils demandent le départ du gouvernement d'Erdogan et sont résolus à rester sur la place Taksim tant qu'il le faudra. ´´Tous les Turcs ne sont pas pareils, me disent-ils. Il y a des Turcs, des Kurdes, des alévis et d'autres minorités, les gays, les hétéros et tout ça. Nous voulons que tout le monde soit respecté et accepté.» (3)

 

Pourquoi les manifestations contre un projet d'urbanisme à Istanbul se sont-elles transformées en protestations contre le pouvoir du Premier ministre? Parce que celui-ci s'est isolé dans un refus des critiques et semble avoir choisi la fuite en avant, estime un éditorialiste. Erdogan, qui s'est enfermé dans une tour d'ivoire où aucune critique ne peut plus l'atteindre, ne veut pas voir que les projets qu'il a décidés et qu'il estime utiles à la collectivité suscitent en réalité de sérieuses objections dans de nombreuses franges de la société. Il ne veut pas non plus entendre que cette société n'accepte plus que tous les mécanismes de décision ne se trouvent plus que dans les mains d'un seul homme. (...) Il n'a pas compris que ménager la minorité, même s'il dispose d'une majorité confortable, n'est pas le signe d'un manque de puissance mais bien une preuve de vertu, et que le pouvoir faire montre de souplesse quand il le faut n'est pas un signe de faiblesse mais bien d'une grande intelligence politique.
Après avoir, littéralement, contribué à la fitna dans le Monde arabe, se permettant de donner des leçons çà et là dans le Monde arabe, Erdogan subit lui-même la colère de son peuple.»(4 )

 

Erdogan commence à subir l'effet retour de sa politique d'ultralibéralisme défavorable aux pauvres et d'ingérence coûteuse dans les affaires syriennes. Le peuple turc ne veut pas de la politique d'Erdogan qui a coupé ses contacts commerciaux via la Syrie. Il veut la paix, le bon voisinage. Toutes les tendances ont des griefs: les laïcs, les Kurdes, les Alévites, les Arabes, les communistes en ont assez, mais aussi les partis islamistes d'opposition en ont assez de l'alliance entre la Turquie à l'Otan et à Israël. Tout cela sous couvert hypocrite d'islam. (4).

La réalité du « modèle turc »

 

Pourtant, Erdogan c'est 52% des voix et 70% d'opinions favorables en Turquie, c'est l'homme qui a sorti le pays du tiers-monde et son gouvernement est considéré comme le plus populaire depuis l'avènement de la Turquie. Il y a une réalité: cet ancien empire est en train de revenir sur le devant de la scène. La Turquie de par son histoire, sa profondeur stratégique, son poids démographique, près de 80 millions, est en train de s'affirmer comme un pays émergent qui a toute sa place dans le Bric's. Pour rappel, la Turquie d'Atatürk avait octroyé le vote aux femmes dès les années 30 bien avant la plupart des pays européens

 

«Contrairement à l'Union européenne, en plein marasme économique et politique, écrit José Ignacio Torreblanca, c'est un pays sûr de lui et en plein essor économique qui se rend aux urnes le 12 juin. Une puissance émergente érigée en modèle par les démocraties moyen-orientales naissantes et que l'UE n'a pas su garder dans son giron. Cela faisait des années qu'on se demandait si la Turquie était européenne ou asiatique, si elle était tournée vers l'Occident ou vers l'Orient, et on a enfin trouvé la réponse. En fait, la question était mal posée. La Turquie ne va ni vers l'est ni vers l'ouest, elle va vers le haut. En seulement une décennie, la Turquie a vu son PIB multiplié par quatre, passant de 200 à 800 milliards de dollars (550 milliards d'euros); elle a triplé son revenu par habitant, qui est passé de 3000 à 10.000 dollars; elle a réduit sa dette publique de 75% à 40% du PIB et ramené sa prime de risque très en dessous du niveau de la plupart des pays du sud de l'Europe. Entre-temps, l'Union européenne stagne, et beaucoup se demandent si elle n'a pas cessé de progresser, si son avenir n'est pas marqué par le déclin, si les Européens ne sont pas résignés à un recul de leur niveau de vie.(5)

« Poursuivant son plaidoyer, sur le feuilleton de l'adhésion à l'Europe depuis 1959, Ignacio Terreblanca écrit: «Alors même que l'Europe débattait sur l'adhésion de la Turquie, s'offrant le luxe de négliger ce pays, voire de le mépriser ouvertement, les Turcs ont battu en brèche tous les stéréotypes et ont volé de succès en succès. (...) Cette Turquie pauvre et analphabète qu'on nous a si souvent dépeinte, qu'on disait peuplée de paysans anatoliens ignorants, avides de prendre d'assaut la forteresse du bien-être européen, appartient au passé. Dans les rues de Rabat, de Tunis ou du Caire, l'Europe a cessé d'être le modèle à suivre au profit de la Turquie, un pays qui démontre qu'il peut être à la fois musulman, démocratique et prospère, et même avoir une politique extérieure indépendante, non soumise aux diktats de l'Occident. Apparue dans un espace méditerranéen sous le joug de dictatures serviles, la Turquie [du Premier ministre] Recep Tayyip Erdogan laisse présager un avenir où de nombreux régimes indépendants et fiers n'hésiteront plus à montrer du doigt l'Europe quand elle appliquera deux poids, deux mesures face à Israël, à l'ouverture des marchés, aux droits de l'homme, à la prolifération nucléaire ou à l'immigration».(5)

 

Il est vrai que nous sommes toujours à la promesse d'adhésion en 1999, les négociations durent depuis huit ans et des pays autrefois communistes sont maintenant adoubés, même la partie cypriote grecque fait partie de l'Union. Juste retour des choses, cette partie envie l'autre partie cypriote turque et il n'est pas sûr que les Turcs veulent bien encore d'une adhésion, à moins que cela l'Europe du déclin en fasse la demande.



Erdogan à Alger malgré le chaos place Taksim

 

Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc, est arrivé à Alger pour une visite d'une journée dans le cadre d'une tournée maghrébine qui l'a conduit, au Maroc et en Tunisie. A la tête d'une importante délégation comprenant plus de 200 acteurs et chefs d'entreprise.

 

Pour rappel, écrit Said Rabia décrivant l'ingérence turque dans le printemps arabe: «Aux côtés du Qatar, la Turquie a joué un rôle important dans la chute des régimes dictatoriaux. Dans le cas de la Libye, elle y a participé pleinement. Les Turcs voyaient d'un si bon oeil l'arrivée au pouvoir, au Maghreb et ailleurs dans le Monde arabe, des Frères musulmans prêts à ouvrir les portes aux frères de l'AKP plus qu'à n'importe quel autre. (..) En Algérie, la mayonnaise de l'AKP, bien qu'elle ait ses adeptes, n'a pas pris. C'est donc dans un contexte politique totalement différent de celui d'il y a deux ans que Recep Tayyip Erdogan arrive dans les pays du Maghreb. En Algérie, les Turcs sont depuis longtemps dans le secteur du bâtiment et viennent de mettre le paquet dans le textile avec plusieurs usines. Plus de 200 entreprises turques prendront part, aujourd'hui à Alger, à un forum pour explorer les opportunités de partenariat avec leurs homologues algériennes.» (6)

 

Le Premier ministre a prononcé, à cette occasion, un discours devant les élus de la nation. Au plan économique, cette visite permettra aux deux responsables de l'exécutif, de passer en revue l'ensemble des volets de la coopération bilatérale, notamment dans d'autres secteurs comme l'énergie, les transports, le commerce, la pêche, l'industrie, la construction des infrastructures économiques et sociales. Le Premier ministre turc, Recep Tayyib Erdogan, a émis mardi à Alger le voeu de supprimer les visas d'entrée entre l'Algérie et la Turquie. ´´Nous avons supprimé les visas d'entrée avec 70 pays, alors pourquoi pas avec l'Algérie´´, a-t-il indiqué La suppression des visas d'entrée entre l'Algérie et la Turquie va encourager les échanges entre les deux pays, notamment dans le domaine touristique. On peut regretter cependant que l'aspect culture et archives historiques soit absent de ce deal.


  Aux dernières nouvelles, et malgré les excuses la tension ne faiblit pas. La porte-parole de la haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Navy Pillay, a demandé à la Turquie de mener une enquête ´´rapide, complète, indépendante et impartiale´´ sur ´´les policiers qui auraient violé la loi et les normes internationales des droits de l'homme´´.

 

Nul doute, le croyons-nous du fait des institutions légitimes-  que la Turquie surmontera cette crise, mais rien ne sera comme avant. L'autoritarisme devrait laisser la place au dialogue et pourquoi pas à l'alternance. Les Turcs ne meurent pas de faim. Le chômage n'est pas structurel comme en Europe, mais il est important que toutes les sensibilités se sentent en sécurité, libres. Ils pourront alors défendre cette vision d'un Islam en phase avec le monde et qui demeure un repère moral pour l'Etat.


1. http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/03/on-se-sent-chaque-jour-un-peu-plus-pris-en-etau-par-erdogan_3422878_3214.html


2. http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/04/en-turquie-le-ras-le-bol-face-a-la-marche-triomphante-de-l-akp_3423050_3214.html


3. Ariana Ferentinou Hürriyet Gouvernement démission!´´ scande la foule à Istanbul
Daily News 3 juin 2013

 

4. http://www.courrierinternational.com/chronique/2013/06/03/erdogan-assiege-dans-sa-tour-d-ivoire


5. José Ignacio Torreblanca http://www.presseurop.eu/fr/content/article/705901-ni-l-est-ni-l-ouest-mais-vers-le-haut


6.Said Rabia: Quand les affaires font oublier la politique El Watan 4 06 2013

 

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Alger  enp-edu.dz

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vérité et tolérance - dans anomie du Monde
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 13:25
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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 08:23


 

 

«Une nation dont le peuple est incapable de concevoir l'avenir est condamnée à périr.»

 

Miyamoto Musashi, un samouraï du XVIe siècle:

 

Un scoop s'il en est! Desertec qui devait amener les lumières à la région Mena (Afrique du Nord,Moyen-Orient) a décidé de jeter l'éponge en abandonnant ce projet pharaonique qualifié pour certains d'un retour du colonialisme sous couvert d'éco-économie avec ce fameux slogan trompeur winn-winn. Nous allons dans ce qui suit expliquer ce qui a conduit ce consortium à arrêter l'aventure de l'électricité saharienne sans que des signes avant-coureurs ne soient apparus, si ce n'est peut-être le retrait de la multinationale Siemens du groupe en novembre dernier.

Qu'est-ce que Desertec? (Desertec International Initiative)


C'est une initiative au départ typiquement allemande qui avait pour objectif de couvrir les besoins de ce pays à l'horizon 2050. Ces besoins remontaient dans la stratégie initiale à 15% que l'Allemagne se devait d'importer de deux sources possibles: soit de la Finlande à partir de l'électricité d'origine hydraulique, soit à partir du «Sud» à partir du renouvelable (solaire et éolien) du Sahara. Le scénario DP 2050, suppose un bouleversement du mix énergétique actuel des pays concernés.

 

L'Europe, pour sa part, s'etait fixé comme objectif, une part de 20% des énergies renouvelables dans son mix énergétique d'ici 2020, dans le cadre du paquet énergie-climat.
Desertec représente la vision d'un approvisionnement énergétique durable dans les déserts du monde entier. DII compte toujours des partisans, dont le conglomérat allemand RWE, qui souhaite étendre son secteur de l'énergie renouvelable. Au Maroc, le pays maghrébin qui soutient le plus Desertec, RWE négocie actuellement avec des partenaires afin de créer une coalition, la première étape d'un projet de construction de centrales photovoltaïques et d'éoliennes de 50 MW dans le royaume.(1)


Le Royaume du Maroc bénéficiaire de l'expertise de Desertec

 

Il y a trois semaines nous avons pris connaissance de la Déclaration Paul Van So P-DG de DII sur le lancement de la construction d'une centrale solaire à Ouarzazate: «Nous sommes ravis d'assister au lancement de la construction de la première usine de 160 MW de l'énergie solaire... Cet événement marque un jalon important non seulement dans le développement du plan solaire marocain ambitieux, mais aussi dans sa transition du concept à la réalité, le développement d'actifs de production d'énergie renouvelable à l'échelle des services publics dans la région Mena» Dans ce cadre une étude de stratégie énergétique prévoit que d'ici 2050, la demande marocaine en électricité domestique pourrait atteindre 130 t Wh. En plus d'une forte dépendance aux énergies fossiles, le Royaume importe 20% de sa consommation d'électricité. Selon l'étude de DII, les différents projets vont créer une croissance interne et de nouveaux postes d'emploi.

 

«Le Maroc pourrait se concentrer dans un premier temps sur la fabrication de composants relativement simples et multi-usages», recommandent les experts. Il s'agit plus exactement de câblages électriques pour les éoliennes et les structures support pour les panneaux photovoltaïques. Le rapport démontre que chaque milliard d'euros investi dans les différentes variantes des énergies renouvelables offre d'importantes perspectives d'emploi. Ainsi, pour le termo-solaire (CSP) par exemple, qui est la technologie utilisée pour la centrale d'Ouarzazate, 35.000 emplois seront créés annuellement. Les plus importantes créations se feront dans le secteur de la construction, dans les mines (pour les miroirs), dans la métallurgie (structure de fixation et tubes) et dans le secteur des équipements électroniques. Pour sa part, le photovoltaïque devra générer 23.000 emplois répartis équitablement entre la construction, la métallurgie et les équipements. Toutefois, la technologie qui est supposée drainer le plus d'emplois est l'éolien (46.000 postes). Il est question de production de nacelles, de mâts, de vis, de générateurs d'électricité et de pales d'éoliennes. Cependant, l'étude de Desertec se base sur une hypothèse de taux d'intégration à 60%.» (2)



Le revirement de l'Allemagne

 

Pourtant, les experts mettent l'accent de plus en plus sur la compétitivité du solaire. Pour les experts de Globaldata, c'est dès 2014 que le prix de l'électricité produite par certains projets solaires américains sera équivalent à celui de sources d'énergie conventionnelles (charbon, centrales à cycle combiné ou nucléaire). Et cette «parité réseau» devrait concerner l'ensemble du territoire américain d'ici à 2017. L'évolution en Chine pourrait être comparable, avec une parité réseau dans la plupart des régions à partir de 2015 ou 2016. A eux cinq, le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, ils ont pour la première fois, en 2012, consommé autant d'électricité que les sept pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Canada, Italie), selon une étude... L'an passé, les Brics ont consommé 6.800 térawattheures, soit autant que le G7, alors que leur consommation avoisinait les 3.000 térawattheures en 2002. Le besoin de courant semble néanmoins ralentir un peu: la croissance de la demande d'électricité des cinq pays a été de 5% l'an passé, contre 8% en moyenne depuis 2000.

 Le problème c'est que Desertec, outre des problèmes importants de financement, avait en face au Sud des pays aux politiques énergétiques confuses. Les objectifs en termes de capacités installées des programmes nationaux des pays du Maghreb sont loin d'atteindre les 388 GW prévus par le scénario DP 2050, à moins que le rythme d'investissement dans les EnR dans ces pays s'accélère de façon considérable durant la période 2030-2050. Ce qui est loin d'être le cas. De plus, les responsables reconnaissent que l'Europe peut fournir l'essentiel de son énergie.

 

«Il y a trois semaines lit-on dans une publication d'«Eur'Activ», Desertec inaugurait une station solaire au Maroc, trois semaines plus tard elle annonce qu'elle abondonne tout le projet de Desertec. L'initiative industrielle Desertec (Dii) a abandonné sa stratégie d'exportation d'énergie solaire du Sahara vers l'Europe, ce qui anéantit les espoirs du Vieux Continent d'augmenter la part d'électricité renouvelable à l'aide d'approvisionnements externes bon marché. Lors d'un entretien téléphonique avec EurActiv, le P-DG de DII, Paul van Son, a reconnu que l'approche initiale du projet sur l'exportation représentait une «vision unidimensionnelle». Même si l'alliance industrielle a été créée afin d'accroître l'approvisionnement en énergie renouvelable au Maghreb en vue de contribuer à 20% de la demande européenne en électricité d'ici 2050, DII admet à présent que l'Europe peut subvenir à la plupart de ses besoins localement. «Si nous parlons d'énergie renouvelable d'Afrique du Nord, seule une petite partie sera en fin de compte acheminée vers le marché européen», a déclaré M.van Son. Il a ajouté que le marché européen pourrait fournir jusqu'à 90% de sa propre demande en électricité. «Honnêtement, il y a quatre ans, l'acheminement de l'énergie depuis l'Afrique du Nord était la raison d'être de Desertec. Nous avons abandonné cette vision unidimensionnelle. Il s'agit à présent de créer des marchés intégrés dans lesquels l'énergie renouvelable apportera ses avantages [...] C'est l'objectif principal», a-t-il indiqué. Desertec abandonne ses projets d'exportation d'énergie solaire du Sahara.» (3)


Les détracteurs et les causes objectives de l'abandon

 

Dés le départ, le consortium eut affaire à des détracteurs. Certains pays mirent en place un projet concurrent, c'est le cas du Transgreen dont on ne connaît pas pour le moment la finalité maintenant que Desertec a abandonné son projet. De plus, Les détracteurs de Desertec mettent en doute la viabilité d'un projet de 400 milliards d'euros qui vise à produire 100 GW d'ici 2050. Les doutes se sont accentués lorsque l'actionnaire fondateur Siemens s'est retiré de l'initiative en novembre 2012. Des acteurs du secteur européen de l'électricité doutent du modèle d'entreprise initial de DII. Ils affirment que son approche sur l'exportation est incompatible avec l'interconnectivité actuelle du réseau entre le Maghreb et l'Europe, et au sein de l'Europe elle-même. Ils ajoutent que le marché éprouve déjà des difficultés à intégrer une capacité supplémentaire d'énergie renouvelable. «Nous manquons toujours de lignes et de capacités pour l'exportation à un niveau très élémentaire», selon Susanne Nies, (...) «Il est difficile d'affirmer que l'UE a besoin de capacité supplémentaire de SER [source d'énergie renouvelable]», a-t-elle poursuivi. Paul van Son souhaite que Desertec se concentre sur les effets de synergie. Il affirme que le chemin est encore long avant l'intégration du marché de l'électricité en Europe, mais précise que des arguments commerciaux convaincants peuvent être avancés. L'engagement entre l'Algérie et DII en faveur d'une centrale solaire à concentration (CSP) ne s'est pas matérialisé.» (3)

 

Susanne Nies, directrice du département de politique énergétique à Eurelectric, l'association qui représente le secteur européen de l'électricité, y voit une autre cause celle des rythmes de production. Pour elle, l'Europe consommera de moins en moins d'électricité nouvelle, nous l'écoutons: «En termes de consommation d'électricité, le monde est actuellement divisé en deux. D'un côté, les économies émergentes (la Turquie, le Brésil, la Chine, l'Inde, etc.) connaissent une croissance impressionnante et rapide de 8 à 10% par an dans la consommation d'électricité. L'Afrique du Nord et l'Afrique dans son ensemble font en fait, partie de cette tendance. De l'autre côté, le monde de l'Ocde, dont l'UE, prévoit des tendances négatives de consommation d'énergie jusqu'en 2020. La récession persistante, les changements démographiques et l'amélioration de l'efficacité énergétique sont à l'origine [de cette situation], même si l'électrification devrait augmenter.» (3)


Les autres causes: la politique énergétique nébuleuse de l'Europe

 

Ceci étant dit, les changements climatiques ne sont plus une priorité de l'Europe. Sa hantise est la compétitivité de ses entreprises polluantes ou pas. D'ailleurs, à l'instar des Etats-Unis, les lobbys pétroliers sont en passe de gagner la bataille des gaz de schiste par le revirement prévisible de l'Europe au nom de la compétitivité. Nous lisons cette contribution qui prend le contrepied de la déclaration des responsables de Desertec, du journal Le Monde: «(...) Quant à la Commission européenne, elle s'est longtemps contentée d'aborder la question sous l'angle de la concurrence et du réchauffement climatique. Or, sur fond de crise et de chômage massif, la lutte contre le dérèglement climatique est reléguée au second plan. Les instruments développés par les Européens, comme le système d'échange des permis de polluer qui a vu l'effondrement des prix du carbone, montrent de surcroît leurs limites. Les Vingt-Sept se sont engagés à tirer 20% de leur consommation d'énergie des renouvelables d'ici à 2020, et sont en passe d'y parvenir. Cependant, les détracteurs des éoliennes et des panneaux solaires dénoncent le coût de ces productions et leur caractère irrégulier. (...) «L'Europe risque de devenir le seul continent à dépendre d'énergie importée, a averti le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. En 2035, notre dépendance sera supérieure à 80% et cela va avoir des conséquences pour la compétitivité de nos entreprises.»» (4) 

 

Chacun a en esprit le scoop de l'AIE, à savoir, que les Etats-Unis vont bouleverser durablement le marché de l'énergie en créant un «choc d'offre». Pour l'économiste Thomas Porcher, il n'y a pas de danger: «Selon ses prévisions, les Etats-Unis deviendront le premier producteur de brut entre 2017 et 2020, et exportateur net en 2030. Par conséquent, l'augmentation de la production américaine de pétrole entraînerait un déplacement du centre de gravité mondial de la fourniture d'énergie du Moyen-Orient aux Etats-Unis et redistribuerait les cartes au niveau géopolitique. L'offre de pétrole au niveau mondial s'est mise à augmenter et la part de l'Opep est passée de 55% en 1973 à moins de 30% en 1985. La structure de l'offre mondiale ressemblait fortement à celle anticipée.» (5)

 

Pour Thomas Porcher qui croit en le rôle stabilisateur de l'Opep: «La situation historique a toujours conféré à l'Opep un rôle géopolitique majeur au niveau mondial est le fait d'être la seule organisation capable de jouer le rôle de swing supplier, de producteur capable de remplacer la production de tout autre pays qui viendrait à manquer. (...) Or, la plupart des pays hors Opep produisent à pleine capacité et ne disposent pas de marges de production suffisantes et directement mobilisables pour exercer un pouvoir sur le marché. (...) Dans ces conditions, il est à parier que même si les Etats-Unis augmentent fortement leur production, ils ne deviendront pas le centre de gravité mondial de l'énergie, car, en cas de tensions géopolitiques, d'incertitude ou de flambée des prix du brut, la seule organisation capable de modifier significativement l'offre mondiale de pétrole restera l'Opep.» (5)

 

On l'aura compris, on compte sur l'Opep quand il y a problème et les prix du pétrole sont ceux que les pays occidentaux veulent bien payer indépendamment des manipulations des prix qui ne sont jamais absentes. Dans tout ce «remue-méninges» sur la façon de s'en sortir, les rentiers de l'Opep planent: «Ils ont affiché leur sérénité face au bond de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, mais ce phénomène risque, selon des experts, d'exacerber les rivalités au sein du cartel dont les membres seront diversement affectés. «L'Opep sera là longtemps après le pétrole de schiste», a lancé le secrétaire général de l'Opep, qui s'est réunie vendredi à Vienne et a maintenu à cette occasion son plafond de production à 30 millions de barils par jour (soit un peu plus du tiers de l'offre mondiale), a relativisé ce phénomène. «Je ne pense pas que ce soit une grande menace» pour le cartel, a déclaré M.El-Badri. «C'est un nouvel ajout au bouquet énergétique et nous le saluons», a-t-il ajouté». (6)

 

Quel malheur pour les peuples rentiers que de lire dans les boules de cristal et de faire dans l'auto-assurance sans préparer l'avenir!! Desertec est venu, il est parti, les pays maghrébins eco-colonialisme ou pas se retrouvent démunis pour n'avoir pas préparé l'avenir et n'avoir pas mutualisé leurs moyens, ils continueront à servir de variables d'ajustement de stratégies décidées ailleurs. Ainsi sera le destin de ceux qui errent sans prise sur le futur.

1. http://www.scoop.it/t/acteurs-de-la-transition-energetique 


2.http://www.leconomiste.com/article/907055-energies-renouvelablesles-opportunit-s-pour-les-entreprises


3.http://www.euractiv.com/node/528166?utm_source=EurActiv+Newsletter&utm_campaign=b520586861newsletter_infos_de_la_semaine&utm_medium=email&utm_term=0_bab5f0ea4e-b520586861-245437701  Published 31 May 2013

 

4. http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/21/les-vingt-sept-face-a-un-risque-accru-de-dependance-energetique_3411997_3234.html


5. http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/05/26/pourquoi-le-gaz-de-schiste-americain-ne-changera-pas-la-donne-mondiale_3417715_3232.html


6. http://lexpansion.lexpress.fr/economie/l-opep-face-au-choc-du-petrole-de-schiste-americain_387581.html

 

Professeur Chems eddine Chitour

 

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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