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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 10:52

«Couronnez messieurs du Jury que je ne puis accepter vos couronnes»

Jean-Paul Sartre suite à son refus du prix Nobel

Le Nobel de la paix a été attribué vendredi au quartette d'organisations conduisant le dialogue national en Tunisie «pour sa contribution décisive à la construction d'une démocratie pluraliste à la suite de la Révolution de jasmin de 2011», a annoncé le comité Nobel norvégien vendredi 9 octobre 2015.

C´est de la fortune considérable de Nobel, inventeur de la dynamite, que proviennent les fonds qui permettent depuis 100 ans de décerner chaque année les prix Nobel (physiologie et médecine, paix, littérature, physique, chimie). Y a-t-il des pressions politiques de la part des nations intéressées? Oui et non, mais cela n'a rien à voir avec le prix Nobel de la paix et celui de la littérature. Il est connu que les prix Nobel de la paix sont attribués de façon nette sous l´influence de la politique décidée et imposée par les puissances occidentales en fonction d´un ordre impérial avec naturellement le monopole du sens. Justement cet ordre impérial est diaboliquement structuré. Le signal sous-jacent de toute la stratégie de l'Empire américain et de ses vassaux européens est le néolibéralisme qui doit être mondialisé.


La stratégie de l'Empire: de multiples moyens de réalisation

De ce fait, tout doit disparaître devant le marché, en premier lieu les identités - qui ont mis des centaines voire des milliers d'années à sédimenter - qui risquent de voler en éclats et être de plus en plus problématisées, les espérances religieuses de plus en plus laminées au profit de la seule religion du profit: le money-théisme. Pour y arriver il faut, d'après l'Ordre impérial, organiser le Monde en s'occupant, on l'aura compris, d'abord de l'économie et de la Finance, la mise en place de la Banque mondiale et du FMI sont là pour veiller à l'orthodoxie budgétaire et au besoin ajuster structurellement les mauvais élèves.

Comme corollaire à la mondialisation la circulation des matières premières du Sud vers le Nord à un prix dérisoire fixé- comme il se doit- dans les places financières prévues à cet effet (La City, New York, Rotterdam...) (confère, le pétrole les métaux...) et des biens manufacturées du Nord vers le Sud sans aucune restriction de coût si ce n'est fixé par une fausse concurrence qui est plus une répartition des marchés. L'OMC va donc veiller scrupuleusement à cela et dépouiller ce qui reste de comestible dans les pays du pauvre. Si d'aventure ces pays se rebiffent, il y a d'abord le bâton de l'Otan.

Pour cela, après avoir démoli l'Empire du mal (l'Urss), selon une expression chère à Reagan, en y créant des perturbations internes, comme ce fut le cas avec Solidarnosc, l'élection d'un pape polonais Jean-Paul II et une cinquième colonne au nom de la perestroïka et la glasnost ont eu raison de l'Empire soviétique. Si avec tout cela, l'Ordre n'est pas satisfait, il refait le monde (le reshaping cher à Bush et à son Mepi) ,il invente des révolutions colorées (orange) ou parfumées (jasmin) impose des saisons (les printemps arabes). Il se trouve naturellement une autre façon d'amener à la raison les récalcitrants. Une méthode que l'on pourrait qualifier de soft: la Cour pénale internationale qui ne peut et ne doit juger que les faibles (10 chefs d'Etat, africains sont jugés avec, il faut le signaler, pour faire bon poids, les anciens dirigeants de la Yougoslavie qui a été démolie). La dernière méthode est la carotte du prix Nobel de la paix qui a été cooptée pour servir la cause de l'Empire.

Ce n'est ni plus ni moins une machine de guerre, certes soft, mais aussi dangereuse en ce sens qu'on donne du jour au lendemain une légitimité à un opposant à l'ordre que l'on veut démolir. Le but final, sous prétexte de morale et d'éthique; il ne faut pas se le cacher c'est d'avoir de nouveaux marchés, de nouveaux débouchés, même si au passage on lamine des vies et des espérances.

Dans ce qui suit, nous allons donner quelques exemples de dessous de la désignation des Nobel . Deux lauréats déclinèrent personnellement le prix Nobel: Le Duc Tho à qui il fut attribué en même temps que Kissinger et Jean-Paul Sartre, le prix Nobel de littérature en 1964. Ce dernier écrit: «J´ai toujours décliné les distinctions officielles. [...] Pendant la guerre d´Algérie alors que nous avions signé le ´´Manifeste des 121 ´´, j´aurais accepté le prix avec reconnaissance, parce qu´il n´aurait pas honoré que moi mais aussi la liberté pour laquelle nous luttions. Mais cela n´a pas eu lieu et ce n´est qu´à la fin des combats que l´on me décerne le prix.» En théorie, le prix Nobel de la paix récompense «la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix». Certaines nominations ont eu une résonance particulière comme celle de Theodore Roosevelt en 1906 qui fut fortement contestée, car Roosevelt était militariste.

On se souvient aussi que Barack Obama avait reçu le 10 décembre 2009 à Oslo, le prix Nobel de la paix. Empêtré dans deux conflits en Irak et en Afghanistan, il est néanmoins distingué par l'Académie norvégienne du prix Nobel. Le Nobel d'Obama a débouché, en définitive, sur l'envoi de 30 000 soldats pour une paix des cimetières pour les Afghans harassés par tant de malheurs. Mieux encore et comme l'écrit Françoise Petitdemange: «Une fois empoché le prix Nobel de la paix, en octobre 2009, Barack Obama se rangeait, un an et demi plus tard, aux côtés du belliqueux Nicolas Sarkozy et de David Cameron pour renverser des régimes considérés comme indésirables, punir les peuples et détruire les pays trop développés de l'Afrique du Nord et du Monde arabe.» (1)

Quand il s´est agi de diaboliser l´empire soviétique, on «attribua» le prix Nobel de la paix à Lech Walesa, quand il s´est agi d´arracher le Timor oriental chrétien à l´Indonésie musulmane, il fallait donner une légitimité à Mgr Belo. Quand il a fallu conforter Israël on convainc Anouar Sadate d´aller à la Knesset, Anouar Sadate eut le prix Nobel avec Menahem Begin, le terroriste de l´Irgoun devenu fréquentable. Plus tard, Arafat eut le prix Nobel en compagnie de ses anciens adversaires mais son pays est toujours dans la tourmente. Les accords d'Oslo sans morts et les jeunes Palestiniens déclenchent l'Intifadha Web 2.0.


Le prix Nobel à l´Aiea ou à l'ONU a soulevé beaucoup de critiques, affaires du Rwanda et surtout de la Bosnie gérées de façon calamiteuse par l´ONU et Koffi Annan. Il en est de même pour l´Aiea avec Mohamed El Baradei dans la tragédie irakienne et la terreur que lui causait Israël. Dans le même ordre, la diabolisation de l´Union soviétique a fait que le prix Nobel 1970 a été attribué à Alexandre Soljenitsyne, dissident soviétique. Enfin, comble d´ironie, des prix Nobel sont attribués à des personnes qui se trouvent avoir un passé nazi comme Gunter Grass prix Nobel 1999 ou encore John Steinbeck (prix Nobel de littérature 1960) chantre le plus engagé pour la guerre au Vietnam.

En 2002 le bruit avait couru que Assia Djebar était nobélisable, elle n´avait aucune chance, car les lobbys ont un rôle majeur. Par contre, quand il y a une cause qui sous-tend la désignation en fonction d´une stratégie, il n´y a pas de contrainte ou d´obstacle. Ainsi, en 2003, l'Iranienne Shirin Ebadi a été choisie pour poser problème à l'Iran diabolisé pour persistance à avoir un programme nucléaire et aussi pour discuter de la condition de la femme en Islam. Dans le même ordre, pour mettre en valeur des musulmanes. Si le conflit du Sahara occidental intéressait l'Occident, si Aminatou Haïdar qui se bat pour l'indépendance de son pays le Sahara occidental, était chrétienne, toutes les foudres du monde s'abattraient sur le Royaume chérifien. La militante des droits de l'homme, qui eut plusieurs distinctions, a été persécutée et réprimée est appelée «la Gandhi sahraouie».

Par contre, quand il s'agit de faire subir des coups de boutoir aux Musulmans on sort du chapeau Tawakkol Karman journaliste yéménite qui eut elle aussi le prix Nobel en 2013. Cette jeune femme était membre du Conseil de la choura du parti d'opposition islamiste Al-Islah. Que reste-t-il du Yemen? Les milliers de morts n'émeuvent pas l'Occident qui ferme les yeux sur les massacres saoudiens. Il en est de même de Malala la jeune Pakistanaise de 16 ans qui eut le prix Nobel pour avoir été blessée par les taliban.


L'énigme de la non-attribution du Nobel à Gandhi

Les archives du comité Nobel s'ouvrant au bout de 50 ans, on connaît maintenant les finalistes auxquels le prix a échappé dans la dernière évaluation. Ainsi Adolph Hitler a-t-il été proposé en 1939, Mussolini en 1935 et Staline par deux fois, en 1945 et 1948. Que penser alors des politiques bellicistes de l'Empire si l'on se réfère à la non-violence de Gandhi qui a perturbé l'Occident au point de ne pas lui attribuer le prix Nobel? «Dès que nous perdons la base morale, écrit Gandhi, nous cessons d'être religieux.» «Les paroles de Mahomet sont un trésor de sagesse, pas seulement pour les musulmans mais pour l'humanité entière. Je suis hindouiste, je suis aussi un chrétien, un musulman, un bouddhiste et un juif.»

Dans son livre Hind Swaraj or Indian home rule (Leur Civilisation et notre délivrance) Gandhi montre que chaque progrès réalisé d'une part, correspond à une aggravation des conditions de vie, de l'autre, que la civilisation occidentale a laissé de côté la moralité et la religion, qu'elle a créé de nouveaux besoins liés à l'argent et impossibles à satisfaire, qu'elle accroît les inégalités et voue à l'esclavage une grande partie de l'humanité. Pour lui, ce type de civilisation est sans issue: «Cette civilisation est telle que l'on a juste à être patient et elle s'autodétruira.» Time Magazine a nommé Gandhi la «Personnalité de l'année» en 1930 et Gandhi fut derrière Albert Einstein comme «Personnalité du siècle». en 1999. Gandhi a été nommé en 1937, 1938, 1939, 1947 et 1948 au prix Nobel de la paix, mais sans jamais l'obtenir. L'énigme est entière et on dit que la Grande-Bretagne s'y est opposé.

Le prix Nobel de la paix 2012 a été attribué à l'Union européenne. On se demande encore pourquoi ce mérite? A quelles personnes réelles ce prix s'adresse-t-il? A des banquiers véreux qui dirigent l'Europe et qui imposent des mesures d'austérité à des peuples en souffrance? Ou à des chefs d'Etat qui subissent eux-mêmes les lois de la finance et qui acceptent de s'y soumettre? Qu'en pensent les Grecs, les Espagnols, les Portugais? Qu'en pensent les épaves humaines qui tapent à la porte de la forteresse Europe? Si l'Europe avait la moindre velléité de paix elle ne baserait pas son économie sur la vente de matériel de guerre et n'enverrait pas ses armées massacrer aux quatre coins du globe au nom de grands principes qu'elle ne respecte pas.

Dans le même ordre, Mme Aung San Suu Kyi, prix Nobel, devant le drame des Rohngya elle défend le bouddhisme: «Le bouddhisme ne promeut ni n'encourage aucune forme de violence.» Face à la violence islamophobe, elle n'a pas été au-delà de propos généraux sur le refus des extrémismes. Misant sur des élections législatives à l'automne 2015 elle ne veut pas risquer de s'aliéner la majorité bouddhiste. Son organisation a pris part à la discrimination des Rohingya en se mobilisant pour que ceux-ci soient privés du droit de vote lors des prochaines échéances électorales. Et l'islamophobie n'est pas absente des rangs du parti. Les prix Nobel de la paix octroyés à des Chinois ont une signification claire. Qui déclenche la colère de Pékin. Trois prix Nobel ont été attribués en vingt ans à des Chinois pour leur prise de position contre leur patrie. En réaction, la Chine a mis en place le prix Confucius.



De l'assassinat de Mouammar El Gueddafi à l'obtention du prix Nobel de la paix

Françoise Petitdemange nous parle de Souhayr Belhassen, de l'une des lauréates du quatuor tunisien ayant eu le prix Nobel. Cette dernière au plus fort de la curée contre Kaddafi affirmait sur la chaîne de télévision Arte: «Écoutez, comme vous le savez, en Libye, c'est très très difficile d'avoir des informations. Mais ce que nous savons, c'est que il y a une morgue près de l'hôpital principal de Tripoli, qui est aménagée dans une école et qui contient 450, 450 cadavres, qui contiendrait 450 cadavres. Bien évidemment, rien n'est vérifiable: ce sont évidemment des sources fiables, sûres, mais, est-ce que, c'est très très difficile de vérifier l'information. » Et puis, la voici qui pique au vif les chefs des États européens qui ne parlent pas encore d'intervenir en Libye.. ». Donc, les intérêts économiques et les intérêts financiers des Européens ont toujours prévalu par rapport à Kadhafi et, aujourd'hui, je crois que c'est le peuple libyen qui paie la facture´´.» (Idem.) »

Le peuple libyen a effectivement payé, de mars à octobre 2011, et, quatre ans après, il paie toujours la facture des bombes occidentales appelées sur son pays par la présidente de la Fidh, Souhayr Belhassen. Cette dernière, journaliste de métier, sera tout d'abord récompensée pour sa parfaite collaboration avec l'État français et sa probité exemplaire...Elle sera décorée par le successeur de Nicolas Sarkozy, François Hollande, de l'insigne de Chevalier de la Légion d'honneur en novembre 2012.

Aujourd'hui, autre nouvelle, plus fracassante encore... Quatre organisations tunisiennes viennent de se voir décerner le prix Nobel de la paix 2015 notamment la Ltdh (Ligue tunisienne des droits de l'homme) dont... Souhayr Belhassen a été vice-présidente et dont elle reste la porte-parole privilégiée. Quatre ans après le printemps arabe, qui a plongé les populations dans un bain de sang, qu'en est-il de la Tunisie, de l'Égypte, de la Libye, de la Syrie? Les deux premiers pays ont perdu toute souveraineté; les deux derniers, transformés en champs de ruines, avec l'appui sans modération de la Fidh, de la Ligue libyenne des droits de l'homme dont le siège était en Suisse et de l'Observatoire syrien des droits de l'homme qui observait depuis Londres». (1)

Mère Théresa méritait mille fois cette distinction. Le prix Nobel a un fondement explosif car s'il est couronné de couronnes suédoises, c'est aussi en définitive, des couronnes mortuaires pour ceux qui en ont payé le prix. Alfred Nobel était un marchand de mort qui, sur le tard, voulait, jouer au «pompier» après avoir été pyromane. Le prix Nobel de la paix est dans les faits un prix Nobel de la guerre contre les faibles du monde qu'ils soient au Nord, au Sud, à l'Est ou l'Ouest.. Nous ne devons pas être dupes!

Qu'ont fait tous ceux qui saluent cette avancée majeure en Tunisie? Ont-ils aidé financièrement la Tunisie à garder la tête hors de l'eau? Vont-ils le faire? Rien de tout cela. Il y a l'Algérie voisine qui, sans faire dans le m'as-tu-vu fait ce qu'elle doit faire sans rien en attendre en retour car c'est son devoir. Il eut été souhaitable de mon point de vue, si les donneurs d'ordre du Nobel étaient de bonne foi et voulaient vraiment la paix, d'inviter aussi le parti Ennahda à faire partie des lauréats. Ce qu'a fait Gannouchi pour la Tunisie est exceptionnel. Bien qu'islamiste pur et dur, il n'a pas fait dans l'aventure et a placé l'intérêt supérieur de la Tunisie au-dessus de tout.

L’énigme de dirigeants tunisiens ingrats enivrés par la folie des grandeurs

Ceci dit une dernière information nous a rendu triste. Voulant sans doute être dans les bons papiers d’un Occident sans état d’âme, la Tunisie se fait une virginité sur le dos de sa voisine en affirmant le plus sérieusement du monde, par la voie d’un ministre, que le terrorisme en Tunisie viendrait de l’Algérie. Nous avons eu déjà un avant gout de l’hypocrisie des dirigeants tunisiens qui n’ont pas réagi aux propos nauséabonds de Nicolas Sarkozy en voyage en Tunisie et qui affirmait d’une façon condescendante et compassion à l’endroit des Tunisiens : « Vous n’avez pas choisi vos voisins » . Il n’a même pas été fait crédit des trésors de diplomatie que le président algérien, a développée pour rapprocher des points de vue inconciliables au départ celui de Gannouchi et de Beji Caid Essebsi .

Pour bien consolider cette entente qui devait donner lieu au processus aujourd’hui couronné, l’Algérie s’est fendu de plusieurs dizaines de millions de dollars de dons, a conclu un accord avec la Tunisie pour un avantage commercial préférentiel. Elle ferme même les yeux sur un trafic de carburant en direction de la Tunisie qui fait et c’est la Banque Mondiale qui le dit, 25 % de l’essence tunisienne provient de l’Algérie

Dans le même ordre où c’est le sauve qui peut pour les touristes étrangers, plus d’un million et demi de touristes algériens ont sauvé la saison touristique en allant dépasser plus d’un milliard d’euros. Cerise sur le gâteau cette Algérie tant décriée pour ses terroristes- Pas de terroristes algériens chez Daech mais 3500 tunisiens de la trempe de ceux qui ont participé au nombre de 11 à la base de Tiguentourine- a intervenu plusieurs fois et continue de le faire de façon décisive pour protéger les arrières de la Tunisie ( au djébel Chaambi).

Il eut été plus sage voire plus honnête de rendre à César ce qui appartient à César. Ce n’est pas une révolution avec 200 morts – couronnée par un Nobel- qui peut, en toute vérité, faire ombrage avec une décennie noire algérienne où 200.000 jeunes sont passés de vie à trépas avec une Algérie qui trouve graduellement se repères. Ce n’est pas d’ailleurs la première fois que le peuple algérien a été mis à l’épreuve ; Peu de pays de par le monde peuvent se targuer d’avoir fait une révolution où l’Algérie perdit sa sève (près d’un million cinq cent milles morts). Mieux encore, aucun pays arabe n’a payé le prix du sang pour son indépendance, même nos voisins de l’Est décrochèrent leurs indépendances indirectement grâce à l’Algérie. La puissance occupante dans ces années de feu des années 1956 -1957, voulant avoir les coudées franches en Algérie, offrit alors, l’indépendance aux Tunisiens et aux Marocains.

Nous ne sommes pas pour autant ingrats envers le peuple tunisien. C’est de Tunis que rayonnait la révolution algérienne, après avoir quitté le Caire- l’Egypte ayant eu des velléités de piloter la révolution algérienne. La solidarité des liens entre les deux peuples a été mise à l’épreuve lors du bombardement de Sakiet Sdi Youssef. Le pouvoir colonial voulant bombarder une base de l’ALN en territoire tunisien. Nous souhaitons beaucoup de réussite au peuple tunisien, plus de modestie et un sens de la mesure aux dirigeants qui doivent évaluer en toute lucidité ce qu’ils perdraient en se mettant à dos l’Algérie. Cela ne diminue sincèrement en rien, la réelle solidarité envers les Tunisiens et nous observons, avec intérêt ce modèle de gouvernance qui peut, peut-être devenir un référent pour les dirigeants musulmans.


1. http://reseauinternational.net/de-lassassinat-de-muammar-gaddhafi-a-lobtention-du-prix-nobel-de-la-paix/ 10 octobre 2015

Chems Eddine Chitour http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/prix-nobel-de-la-paix-ou-de-la-124391

Chems Eddine Chitour http://www.mondialisation.ca/l-ordre-occidental-imp-rial-strat-gie-d-attribution-des-prix-nobel/21398

Article de référence: http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour /227202-la-face-cachee-du-nobel.html

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du monde
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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 19:51

«Al Bahrou ouraakoum oua al ‘adou amamakoume», «La mer est derrière vous et l'ennemi est en face de vous»

Tarik Ibn Zyad l'Algérien lors de la conquête de l'Espagne

JST10 Sonatrach: 1200 communicants et exposants. Des conférences, des tables rondes, plusieurs dizaines de communications et posters. Toutes ayant un objectif: faire le point sur les métiers de l'art. Le thème de cette année a, en gros, trait aux innovations technologiques. On peut remarquer avec plaisir, l'étroite symbiose entre l'université et l'industrie. Ce qui est un gage pour le futur. Les 10es Journées scientifiques et techniques de Sonatrach ont été mises à profit pour débattre des enjeux et relever les challenges auxquels Sonatrach devra faire face. Ces 10es journées marquent le 20e anniversaire de ces journées débutées en 1994, à un moment où on était bien seul. Il fallait montrer au monde, par l'organisation des Journées scientifiques que l'Algérie était debout qu'elle pouvait parler science malgré la terreur...

Dans son allocution, le P-DG de Sonatrach le docteur Amine Mazouzi, a expliqué la feuille de route: «L'entreprise demeure engagée par ses missions traditionnelles. C'est dans ce sens que M.Mazouzi a estimé que le groupe Sonatrach est conscient que son «rôle est de soutenir la croissance économique du pays en accroissant de manière économique et significative nos réserves en hydrocarbures pour augmenter les niveaux de production et répondre à la demande nationale et internationale en énergie.» Le P-DG de Sonatrach relève les challenges que représente le «nouveau contexte doublement contraignant, caractérisé d'une part par une baisse des prix du pétrole et, d'autre part, par des ressources en hydrocarbures nécessitant des investissements de plus en plus importants, car plus complexes à développer et à exploiter». Des défis qui marquent de leur empreinte la stratégie du groupe, où «l'efficience et l'optimisation des pratiques et des processus (...), deviennent un axe essentiel».



Ce que j'ai dit

J'ai dans la conférence du lundi parlé des enjeux géopolitiques, expliqué pédagogiquement ce qui nous attend, les causes possibles de guerre. Des guerres pour l'énergie qui ont démarré depuis vingt ans, des guerres pour l'eau. Des recoupages des Etats, de l'imminence des changements climatiques avec les conséquences comme les réfugiés climatiques, la faim, la soif, le désert, les maladies. Bref un décor d'apocalypse qui va impacter essentiellement les pays vulnérables. J'ai parlé rapidement de la COP 21 pour dire qu'il n'y a malheureusement rien à attendre de concret. Chacun remettant aux calendes grecques ses engagements alors que la maison brûle comme le disait, en son temps, le président Jacques Chirac: «La maison brûle et on regarde ailleurs.» J'ai ajouté, que «Le fait est que la dépendance chronique de l'Algérie à la ressource hydrocarbure en fait une cible dans les guerres énergétiques à venir.» Il estime que l'Algérie est menacée par une conjoncture minée par une suroffre artificielle et créée de toutes pièces. Bien plus que la crise économique, nous devons sans tarder mettre en place les outils à même d'éviter une réédition du scénario du contrechoc pétrolier de 1986.


Le constat

Nos réserves actuelles sont sur le déclin, à moins de découvertes majeures, vingt ans tout au plus de production. J'ai fait un plaidoyer sur la nécessité de mettre en place cette transition vers le développement durable. Tous les pays développés et certains pays en développement ont des modèles énergétiques qui permettent de prévoir à l'avance la consommation d'énergie en fonction de données actuelles et de l'évolution de plusieurs paramètres comme la population, les réserves en énergie fossiles, les potentialités en énergie renouvelables, l'évolution des changements climatiques, mais aussi et surtout les habitudes et la façon de consommer pour évaluer le taux de gaspillage de l'énergie. Les prix dérisoires de l'énergie sous toutes ses formes mais aussi les prix de l'eau font qu'il est pratiquement impossible de continuer à ce rythme de consommation débridée.

Sait-on par exemple que le gaz naturel que nous payons est facturé 20 fois moins cher que son prix à l'international, que le prix du gasoil est facturé 7 fois moins cher que celui de nos voisins, que le prix de l'eau à 5 DA est dérisoire, que le même mètre cube est facturé 20 fois plus ailleurs? L'Algérie est l'un des rares pays où le prix de l'essence est très bas. La vérité graduelle des prix bien expliquée aux citoyens sera admise d'autant que les classes à faible pouvoir d'achat paieront proportionnellement à leurs revenus. Il est anormal que le soutien des prix profite à tout le monde. Même le FMI recommande de cibler les catégories à aider.

Pour une transition énergétique en Algérie

Que faire, avant qu'il ne soit trop tard? La transition énergétique vers le développement durable est une nécessité. Consommer mieux en consommant moins économiser, recycler payer le juste prix pour l'énergie, l'eau; les matières premières importés est une nécessité. C'est aussi une justice. Faire en sorte que les classes à faible pouvoir d'achat soient épargnées. Cependant et dans tous les cas, l'Etat ne pourra pas continuer à mettre à disposition de l'énergie même à ceux qui peuvent payer. Il nous faudra penser à rationaliser la consommation pour faire en sorte que l' énergie soit durable... pour les futures générations.
Les économies d'énergie ne peuvent être opérationnelles que si un juste prix est pratiqué. La transition énergétique est une vision nouvelle qui nécessite la chasse au gaspillage et le payement d'un juste prix en fonction des tranches de revenus de chacun.

Cette transition énergétique vers le développement durable nous permettra aussi de tenir compte de plusieurs paramètres, la protection de l'environnement, la rationalité dans la consommation et un recours important aux énergies renouvelables d'une façon globale et d'une façon individuelle à la fois. Nous devons nous prendre en charge et être des citoyens responsables. Nos parents arrivaient à stocker l'eau de pluie. Nos parents faisaient des provisions de bois en été. Ce sont des milliers de tonnes de bois qui pourrissent et que l'on ne ramasse pas; pour en faire un combustible, voire un isolant dans les habitations comme c'est le cas du liège..

Ce sont autant de réflexes qui existent dans les autres pays et que nous avons perdus. Nous menons un train de vie qui ne correspond pas à la rationalité. Notre autonomie nous permettra de faire durer ce qui nous reste en réserves d'hydrocarbures plus longtemps, ce qui nous permettra d'assurer l'avenir des générations futures. Dans les modèles énergétiques proposés par les élèves ingénieurs pour 2030,l'accent est mis sur toutes les énergies fossiles et renouvelables (solaire, éolien, hydraulique) mais aussi sur la géothermie qui n'est pas exploitée.

Dans le même ordre, les coûts de revient de l'énergie devraient être optimisés entre les pertes sur le réseau et la perte de chaleur par les cheminées des centrales; il y a des marges à récupérer peut être 1 à 2 TWH, c'est-à-dire au moins 5% de l'énergie; en clair, c'est l'équivalent d'une centrale électrique de 1000MW que l'on peut économiser en allant vers la cogénération en changeant le mode de production, notamment des turbines à gaz...
Par ailleurs, nous avons 250 sources d'énergie géothermique qui peuvent contribuer valablement à remplacer les énergies fossiles (pétrole et gaz naturel), notamment dans le chauffage urbain, industriel mais aussi agricole. Nous arriverons, ainsi, à un bouquet énergétique où outre les énergies fossiles, le développement des énergies renouvelables, nous mettrons en oeuvre le plus grand gisement de l'Algérie, celui des économies d'énergie.

Le gaz de schiste est une énergie comme une autre. Il faut savoir qu'elle ne sera pas génératrice de rente. L'exploitation de cette richesse se fera quand la technologie sera mature et respectueuse de l'environnement. Le gaz de schiste aura toute sa place si on sait s'y faire, si on prend les précautions nécessaires par la mise en place d'une réglementation drastique, si on forme les compétences dans ce domaine et si enfin, on développe une veille technologique - en demandant à Sonatrach de former dès maintenant les futurs cadres à même de maîtriser valablement cette technique à même de suivre les meilleures méthodes d'exploitation.

Un plan Marshall pour les énergies renouvelables

Il nous faut aussi un véritable plan Marshall en sachant bien que le modèle énergétique est plus large car il englobe d'abord, un modèle de consommation à différents horizons 2030, 2050.A titre d'exemple, nous serons 55 millions d'habitants, nous consommerons peut-être 2000 kWh par habitant. Par an cela ferait 125 TWh, soit trois fois la puissance installée actuelle en électricité. C'est dire la quantité de panneaux solaires et d'éoliennes à mettre en place. Ceci ne concerne que l'électricité, il y a aussi les carburants, mais surtout le plus grand gisement qui est celui des économies d'énergie évalué à 20%. On peut économiser l'équivalent de 8 -10 millions de tonnes de pétrole par des gestes éco-citoyens.



La stratégie énergétique est une cause nationale qui transcende les partis

Cette stratégie est de mon point de vue un sous-ensemble d'une problématique globale qui est celle de passer d'un modèle de consommation où tout est gratuit et où personne n'est responsable vers un modèle de consommation vertueux où chaque calorie épargnée grâce à des économies est une calorie disponible pour l'exportation ou pour les générations futures. Il ne faut pas oublier que notre banque est notre sous-sol. De ce fait, cette transition énergétique devrait avoir le consensus du plus grand nombre. Car au moment de l'application, ce sont les citoyens avec un comportement ecocitoyen qui feront que cette stratégie réussira.

De plus, nous sommes convaincus que la transition énergétique est l'affaire de tous les départements ministériels, c'est l'école où l'apprentissage de l'écocitoyenneté se fera, c'est la formation professionnelle et l'enseignement supérieur qui auront à former les milliers de techniciens et d'ingénieurs, dont la formation qui a disparu devrait en toute logique être réhabilitée. C'est aussi les affaires religieuses où les prêches porteraient sur les dégâts du gaspillage, c'est évidemment l'environnement, l'éco-tourisme mais aussi le commerce qui devrait contribuer avec l'industrie et l'énergie à l'interdiction des appareils électroménagers et véhicules énergivores en électricité ou en carburant.

C'est enfin l'information qui devrait convaincre les chaînes publiques et privées de l'importance de cette cause nationale en faisant preuve de pédagogie. Nous avons une fenêtre de quatre à cinq ans, au plus, pour pouvoir mettre en oeuvre une politique volontariste basée sur un mix, mais surtout une sobriété énergétique.

L'exemple du carburant perdu dans les embouteillages «de l'ordre de 500.000 dollars/jour à Alger, soit l'équivalent de 120.000 tonnes de carburant, d'où la nécessité d'une politique des transports mais aussi d'utilisation de sirghaz et GNC», est à méditer l'industrie du recyclage qui constitue un trésor et une alternative économique. «Un calcul montre que le gain généré par le recyclage peut atteindre 800 millions d'euros, si toutes les décharges étaient exploitées rationnellement Le recyclage des déchets ménagers permettrait la récupération d'une grande partie du un million de tonnes de plastiques, un million de tonnes de papier et plusieurs milliers de tonnes de verre et de métaux. A cela s'ajoutent les milliers d'emplois qui seront créés par la chaîne de recyclage.

Intervenant lors de la table ronde que j'ai présidée et organisée dans le cadre des Journées scientifiques et techniques de Sonatrach intitulées «Le monde de l'énergie, atouts et défis de l'Algérie», Le Pr Rabah Kerbachi, de l'Ecole polytechnique d'Alger, a souligné, hier à Oran, que «l'Afrique n'est pas responsable de la situation du réchauffement de la planète car, elle émet très peu de gaz à effet de serre», il a estimé que tous les pays doivent participer à l'effort mondial contre le réchauffement climatique. Comme solution intermédiaire sur la route vers les énergies propres,

Le Dr Mahfoud Belhamel, ancien directeur général, suggère d'aller vers le gaz naturel, l'énergie la moins polluante parmi les énergies fossiles. Dans ce cadre, l'orateur a proposé la mise en place d'installations hybrides (gaz/solaire), qui est une solution de transition avant d'aller vers le tout-solaire. «On peut également aller vers les autres énergies propres comme la géothermie et le vent».



Place pour l'Algérie dans l'Opep

L'attitude de l'Arabie saoudite au sein de l'Opep n'a rien à voir avec le texte fondateur de l'Opep? à savoir la défense des intérêts des pays producteurs. Nous assistons à une politique de bradage. La situation actuelle est bien complaisante comparativement aux positions passées nées du dialogue entre le regretté roi Fayçal et le président Houari Boumediene, et qui avait abouti au premier choc pétrolier de 1973. En effet, la dégringolade des cours du brut ne semble pas affecter la stratégie de l'Opep, les cours restent accrochés très en deçà de la barre des 50 dollars, car plombés par une surabondance de l'offre; le cartel ne bouge pas d'un iota pour en réduire l'impact.

Bien au contraire. Loin de respecter les quotas de production fixés à 30 millions de barils/ jour, l'offre Opep continue d'augmenter. La production septembre a atteint une moyenne 31,68 de millions de barils par jour, contre 31,57 millions de bpj un mois auparavant. Plus que jamais l'utilité de l'Opep, est à prouver. De ce fait, dans une institution où - mis à part les rentiers du Golfe - personne n'est écouté, la sortie de l'Opep est à étudier sérieusement.


L'avenir: l'entrepreneuriat des jeunes et le développement durable

Belle initiative d'Ooredoo sponsor officiel de Injaz El Djazair. Des prix à des élèves ingénieurs à GEC (Green Shall Prevail) de l'Enstp (Ecole nationale supérieure des Travaux publics) dont le projet consiste à utiliser des engrais à 100% naturels, à caractère écologique, produits à base de déchets urbains exclusivement végétaux et emballés dans du carton recyclé, destiné au jardinage biologique, l'horticulture et à l'agriculture. Le 2e Prix du meilleur impact social a été attribué à Replay de l'Ecole nationale polytechnique (ENP). Le principe du projet primé consiste en l'organisation de jeux de société avec trois avantages, à savoir la publicité car il offre une plate-forme pour les partenaires, son autre sous-produit consiste en le recueil de grandes quantités de déchets recyclables. Le troisième Prix ou Prix du Meilleur Produit de l'année a été remis à Green Phoenix de l'Ecole des hautes études commerciales-Ehec. L'idée traduite en projet consiste en la collecte, le tri et le compactage de PET et d'aluminium, permettant de convertir les unités introduites en bons de réductions.

Dans ce cadre, il est possible de mettre en oeuvre cette utopie du développement durable en incitant les jeunes à créer des «start up dans ce domaine», Nous aurons des Ansej du développement durable et chaque année le salon d'exposition devrait primer les plus porteuses des start up et les aider à démarrer...

Plus largement, l'avenir ce sera ce que nous voulons qu'il soit. Point de fatalité, du travail, de la sueur, de l'intelligence. L'Algérie ne doit pas lier son avenir aux convulsions erratiques d'un baril de pétrole. Il nous faut sortir intelligemment de la rente en allant vers le développement durable. Il faut nous départir de la mentalité du «beylek» en passant de la situation actuelle où personne n'est concerné à la situation où chacun assume sa part de responsabilité, si on veut qu'il y ait un avenir pour ce pays.

Elle devrait faire l'objet d'un consensus qui transcende les clivages, car les faits sont têtus, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Nous devons prendre les devants dès maintenant. Nous sommes tous comptables devant l'Histoire et les générations futures. Ces dernières nous seront reconnaissantes d'avoir pensé à elles en leur laissant une Algérie de l'intelligence qui tourne le dos définitivement à la rente.

La sentence prêtée à Tarik Ibn Zyad est plus que jamais d’actualité. Nous n’avons pas le choix, nous devons affronter la dure réalité. Changer aujourd’hui , c’est éviter de subir demain. Le développement durable est pour nous plus qu’une nécessité , un nouveau mode de vie qui nous fera renouer avec les valeurs, de solidarité, de non gaspillage de respect de la nature. En un mot il nous permettra de sortir de l’ébriété procurée par une rente qui n’est pas le fruit de l’effort, pour aller vers une sobriété, une frugalité dont le maitre mot est l’effort pour une récompense méritée qui ne compromet en rien l’avenir des générations futures .

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/226942-resilience-et-cap-sur-le-savoir.html

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Chems Eddine Chitour - dans algerie
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 21:11

La France était un «pays de race blanche avec des racines judéo- chrétiennes» «J'adore le couscous et les bricks à l'oeuf (...) Ce que j'attends d'un jeune musulman c'est qu'il ne parle pas verlan et ne mette pas sa casquette à l'envers»

Nadine Morano

Voilà, tout est dit! Pour des raisons bassement électoralistes, Madame Morano et son parti ratissent large en allant brouter sur les terres de l'extrême droite. Curieusement, Madame Morano parle de judéo-christianisme, et De Gaulle parlait, lui, de christianisme. Est-ce pour s'attirer les sympathies des Français de confession juive? Cependant, tout n'est pas perdu pour l'acculturation de Madame Morano qui aime le couscous...

De plus, curieusement, on s'aperçoit que son nom «Morano» pourrait bien avoir des racines qui ne sont pas souchiennes et, pire encore pour elle, ses racines seraient arabes et musulmanes. Dans l'Encyclopédie Wikipédia on lit: ««Morano» est un nom de famille catalan, sobriquet désignant celui qui est brun de peau comme un maure. Morin. Moreno est un nom d'origine hispanique signifiant «brun». Il s'agit du quinzième patronyme le plus répandu en Espagne. Étymologiquement, il provient de l'adjectif moro qui signifie «maure». À mettre en lien avec la longue présence arabo-musulmane dans la péninsule ibérique».



La bonne race et la bonne religion pour être un bon Français

Comme lu sur le journal Le Monde: «Lorsque Nadine Morano a affirmé, durant l'émission «On n'est pas couché», sur France 2, que la France était un «pays de race blanche», elle s'attendait forcément à susciter des réactions indignées, mais elle ne pensait sans doute pas que l'UMP finirait par lui retirer l'investiture pour les régionales dans le Grand Est. L'ancienne ministre, soutenue par certaines figures d'extrême droite, assume: elle invoque le patronage de De Gaulle et revendique un certain «bon sens». Qu'en est-il? Nadine Morano se défend en affirmant citer le général de Gaulle. Le passage est en effet connu, et on le trouve très régulièrement cité sur Internet par la «réacosphère»». (1)

« D'où vient cette phrase? Elle est rapportée par Alain Peyrefitte, biographe de Charles de Gaulle - l'ancien ministre est d'ailleurs le seul à la citer, plus de trente ans plus tard (en 1994). Dans le tome 1 de C'était De Gaulle, il est écrit que le premier président de la Ve République aurait prononcé cette phrase le 5 mars 1959, en pleine guerre d'Algérie: «C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.» (...) Si le général a eu d'autres propos qui paraissent choquants quarante ou cinquante ans plus tard, il semblent davantage se rapprocher de l'usage sémantique en vigueur à l'époque que de propos racistes ou racialistes.» (1)

Si «race» se trouve, en effet, dans les dictionnaires, mais reste pour l'instant dans la Constitution. (...) Le terme de «race» ne recouvre donc aucune réalité scientifique précise: il est le résultat d'une construction sociale et/ou de perceptions visuelles: les «Noirs» ne constituent pas un groupe biologiquement homogène ou cohérent, pas plus que les «Blancs», les «Jaunes», etc. (...) Parler de «races» est donc tout sauf innocent, et la défense de Mme Morano consistant à s'abriter derrière le «bon sens» des différences physiques, ne suffit pas. Le racisme est, en soi, un délit. Et d'autres «dérapages», par exemple celui du socialiste Georges Frêche qui évoquait en 2006 «les Blancs (..) nuls en football», ou Manuel Valls parlant des «Blancs, white, blancos», ont été largement condamnés (mais pas forcément sanctionnés), comme celui de Mme Morano». (1)

Qu’en pense les Français ? Il semble qu’ils soient plus lucides que madame Morano. En effet, Un sondage Odoxa pour iTele et «Paris-Match» montre que près d'un Français sur deux a une mauvaise opinion de l'élue Les Républicains. C'est le constat d'un sondage Odoxa réalisé moins d'une semaine après le début de la polémique et dévoilé vendredi 2 octobre. Le sondage montre en tout cas que 60% de l'opinion publique trouve que le parti Les Républicains court après le Front national et ses idées. (2)



Les réactions : Le bal des hypocrites

Dans la plus pure tradition hypocrisie, c'est à la fois la gauche et une partie de la droite qui s'émeuvent. Même Nicolas Sarkozy, qui voudrait réviser les accords d'Evian, s'il venait à être réélu, l'a désavoué mollement, ce qui laisse à penser que tout a été voulu, su et adoubé.

La réaction la plus nette est venue d'une députée française de la Réunion. «A l'Assemblée nationale, la députée de La Réunion, Ericka Bareigts, a sévèrement critiqué Nadine Morano: «Cet épisode n'est que la suite d'une longue série de dérapages.» «Pour moi, députée noire de la République, la France décrite par Mme Morano, n'est pas la mienne», a lancé Ericka Bareigts, née sur une terre de métissage. «Cette expression [...] ne relève pas de l'erreur malencontreuse, elle a été préparée, répétée et confirmée», rappelant que Nadine Morano a prévenu qu'elle ne s'excuserait pas. L'élue a assuré qu'une partie du parti Les Républicains est sujette à une surenchère droitière. Elle déplore que «des digues sautent», et ce au mépris de «l'héritage et de la tradition» de la droite républicaine». (3)

L'archevêque de Paris critique, lui aussi, Madame Morano non pas sur la notion de race , mais sur la couleur du visage du Christ Il écrit : «Il y a plus d'Africains et d'Arabes chrétiens qui se font trouer la peau par fidélité au Christ, que de gens de race blanche. Je suis spécialiste en christianisme et je trouve que cela soit surprenant que Jésus n'ait pas son passeport pour la tradition judéo-chrétienne parce qu'il n'était pas de race blanche. Dans le monde il y a plus d'Africains, d'Asiatiques et d'Arabes chrétiens qui se font trouer la peau par fidélité au Christ que de personnes de race blanche.»(4)


Une belle réplique: lettre ouverte à Nadine Morano

Détruisant l’argumentaire de madame Morano, Nicolas Huguenin lui répond d'une façon élégante: «Vous parlez de «race blanche» et de religion, en associant l'une et l'autre. Passons sur le fait que la «race blanche» n'existe pas (...) Mais associer une religion à une couleur de peau, là, il fallait le faire! Les Albanais sont blancs et musulmans. Desmond Tutu est noir et chrétien. Le pays musulman le plus peuplé du monde est l'Indonésie, habitée par... des jaunes. Ah, c'est compliqué, hein! (...) vous laissez entendre que la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, la Réunion et Mayotte, ce n'est pas la France. (...) ça raye de la carte cinq départements d'un coup. Vous expliquez ensuite que la France a une identité judéo-chrétienne ». (5)

« Non, madame, la France n'est pas judéo-chrétienne. Elle est catholique. Et elle l'est parce que, pendant mille trois cents ans, on n'a pas permis aux Français d'être autre chose. Juifs, Cathares, Vaudois et protestants le savent bien. Entre 496, et 1790-1791, date à laquelle on s'est résolu à considérer les juifs et les protestants comme des citoyens à part entière, les Français n'ont pas voulu être catholiques. Ils ont été contraints de l'être. (...). Et tous ceux qu'on avait massacrés au nom de Dieu, avant eux; (...)... Au passage, je trouve parfaitement dégueulasse votre tentative minable de récupérer les juifs et les protestants pour alimenter votre petit commerce de la haine. Quand on sait ce qu'ils ont subi en France pendant des siècles... En laissant les Français librement choisir leur religion, ou choisir de ne pas en avoir, on a des surprises. Et alors? Cela porte un beau nom, madame Morano. Cela s'appelle la liberté de conscience» (5)

«Vous vous plaignez que, dans certains quartiers, on ne célèbre plus que cinq baptêmes, là où il s'en célébrait 250 il y a encore quelques décennies. Mais la faute à qui? Aux musulmans, qui «envahissent» nos villes, ou aux catholiques, qui renoncent à l'être et n'obligent plus leurs enfants à fréquenter le catéchisme? (...) Ou parce que le double discours d'une Église riche à milliards en faveur des pauvres n'est plus tout à fait pris au sérieux? Ou, tout simplement, parce que la foi, dans notre monde moderne, n'apporte plus de réponses suffisantes aux masses? Et d'ailleurs, rassurez-vous, les catholiques ne sont pas les seuls concernés. Tenez, je vous parie que, dans deux ou trois générations, les musulmans de France ne mettront pas plus souvent les pieds dans une mosquée que moi dans une église... Tout cela pour vous dire, madame, que votre vision d'une France réduite à ses seuls habitants «de souche» est non seulement insupportable moralement, mais aussi sacrément dépassée». (5)

Comment être Français au XXIe siècle

Qu'en est-il aujourd'hui de l'identité française au XXIe siècle? Doit-on la circonscrire uniquement aux Gaulois à têtes rondes pour paraphraser San Antonio dans «l'Histoire de France»? Doit-on au contraire faire du désir d'être ensemble le ciment d'une identité du XXIe siècle? On se souvient que le thème de l'identité a déjà été «vendu» lors des élections de 2007.

Cela a commencé, on s’en souvient, par une petite phrase: «La France: aimez-la ou quittez-la» plagiant la fameuse phrase de Ronald Reagan: «America love it or leave it» En fait il voulait insinuer «La France tu l'aimes chrétienne ou tu t'en vas» (6).

«Qui est en fait Français et depuis quand? Quelle différence y a-t-il entre un Bulgare un Hongrois, un Arménien, un Espagnol, un Italien au regard de l'intégration avec un Algérien ou un Marocain? La différence réside d'abord dans la non-maîtrise par les premiers de la langue et de la culture françaises. En fait, il n'est pas important qu'ils connaissent la «Ballade des pendus» de François Villon. Par contre, leur avantage décisif est l'identité religieuse qui, a bien des égards, berce d'une façon invisible la société française. On le devine. Tout ce beau monde est «compatible» avec le corps social français pétri par deux mille ans de cultures chrétiennes quand bien même ces ci-devant candidats à la nationalité n'ont qu'un rapport lointain avec la religion chrétienne, n'empêche ils sont «comme nous». Par contre, on peut être français depuis un siècle, le nom patronymique et surtout l'appartenance à une sphère cultuelle différente sont des «marqueurs indélébiles». (6)

«Doit-on tenir à distance le musulman au point qu'à la 4e génération on parle encore de l'origine des beurs? Nous donnons la parole à Jean Baubérot qui répond magistralement et avec humour au président Sarkozy: «Tu as écrit une tribune dans Le Monde (9 décembre) qui a retenu toute mon attention. En effet, tu t'adresses à tes «compatriotes musulmans», et c'est mon cas, moi Mouloud Baubérot, frère siamois de celui qui tient ce blog. Avant, par politesse, il faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine, ville française depuis 1834 et chef-lieu d'un département français depuis 1848. Nous sommes donc d'anciens Français. Mais, comme tu l'écris très bien, nous sommes très «accueillants», nous autres. Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l'avancée de l'Armée rouge en 1944. Nous sommes tellement «accueillants» que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République. (...) Quand les Sarkozy sont devenus Français, le ciel de Paris s'ornait d'une Grande Mosquée, avec un beau minaret. Je suis d'accord, moi Mouloud qui t'accueille, je dois te faire «l'offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire (ma) civilisation), (mon) art de vivre». Tiens, je t'invite volontiers à venir manger un couscous avec moi. (...)» (6)


«Contrairement à moi, poursuit le philosophe Jean Baubérot, puisque tu n'es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux «valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale». (...) Tu fais preuve d'une curieuse obsession des minarets et tu sembles assez ignorant à ce sujet. Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière-grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions: Algérie, Savoie, ou Limousin,...Car nous avons été environ 100.000, oui cent mille, musulmans à mourir au combat pour la France. Nous étions déjà tellement «arrivés» en France, que nous y sommes morts! Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément. Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée: construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr. Elle avait décidé, en 1905, de «garantir le libre exercice du culte». «Garantir», c'est plus que respecter. C'est prendre les dispositions nécessaires pour assurer son bon fonctionnement. (...) De plus, et je vais t'étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets. Quand on a posé la 1ère pierre de la mosquée, le maréchal Lyautey a fait un très beau discours. Il a déclaré: «Quand s'érigera le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l'Ile de France qu'une prière de plus dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses.» (6)

Nadine Morano et son parti qui n’arrêtent pas de courir après le Front National, il serait bon de leur rafraichir la mémoire en leur mettant sous le nez le discours du fondateur du FN Jean Marie Le Pen an 1958. Nous lisons : « Ce qu’il faut dire aux Algériens, ce n’est pas qu’ils ont besoin de la France, mais que la France a besoin d’eux. C’est qu’ils ne sont pas un fardeau ou que, s’ils le sont pour l’instant, ils seront au contraire la partie dynamique et le sang jeune d’une nation française dans laquelle nous les aurons intégrés. [...] J’affirme que dans la religion musulmane rien ne s’oppose au point de vue moral à faire du croyant ou du pratiquant...Je ne crois pas qu’il existe plus de race algérienne qu’il n’existe de race française.. ». (7)

C'est un fait! Ce rappel lancinant de la race au-delà des manoeuvres politiciennes a tout de même un fond rocheux. C'est le XIXe siècle qui a fait le lit du nazisme. Souvenons-nous de Renan, de Gobineau avec son ouvrage De l'inégalité des races, de Ferry et son Devoir des races supérieures. Souvenons-nous du «white man burden» de Kipling. Souvenons-nous de «la France juive» de Drummond. Souvenons-nous aussi que L'Eglise a longtemps adoubé cette vision de l'Histoire, même Pie XII s'est tu sur le martyre des juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Sophie Bessis a bien raison de dire que le nazisme n'a pas jailli du néant c'est le XIXe siècle qui a fait le lit du nazisme. Les musulmans seront au XXIe siècle les juifs du XXe siècle et des nuits de cristal sont partout organisées pour éteindre en prenant appui sur les monstres qu'ils ont créés (Daesh, Boko Haram, Al Nosra...)

Les Français-musulmans dans leur immense majorité veulent vivre avec dignité leur culte. Ils connaissent les fils rouges à ne pas dépasser, ils savent ou ils doivent savoir qu'ils sont dans un vieux pays de tradition chrétienne. Pourtant, leur identité religieuse n'est nullement un frein à leur patriotisme. Pour rappel, les Algériens qui montaient à l'assaut de la colline de Wissembourg avant la débâcle de Sedan en 1870, outre le fait qu'ils y ont été décimés pour conquérir un bout de colline et y planter le drapeau français étaient des musulmans à part entière et des patriotes - à leur corps défendant à part entière -, il fut de même de ceux qui eurent à combattre les Allemands dans l'enfer de Verdun.

Les descendants de ceux qui sont morts pour la France ont choisi de vivre en Europe, ils souhaitent le faire dans la dignité. Ils veulent vivre d'une façon apaisée et sans ostentation leur spiritualité à l'ombre des lois de la République. Ces attaques lancinantes à des Français-musulmans risquent de remettre aux calendes grecques l'utopie toujours recommencée de la Nation. Madame Morano a tort d’attiser les haines en prenant le risque de fracturer la République et sa répudiation des listes électorales, n’arrange rien, du fait qu’en ne s’excusant, calculant qu’elle va au devant d’une débâcle elle préfère jouer à la martyr pour une bonne cause. Du fait de ces atermoiements et des tentatives de prendre en otage un électorat, Le problème du vivre ensemble reste entier


1. http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/01/les-races-morano-et-de-gaulle-pour-clore-la-polemique_4780347_4355770.html# oktUDYGD0hIvrzE1.99

2. http://www.rtl.fr/actu/politique/race-blanche-nadine-morano-recueille-16-d-opinions-favorables-7779937004


3. http://www.lexpress.fr/actualite/politique/pour-moi-deputee-noire-cette-france-decrite-par-madame-morano-n-est-pas-la-mienne_1721284.html


4. http://www.rtl.fr/actu/politique/race-blanche-la-sortie-de-nadine-morano-n-est-pas-une-declaration-politique-selon-mgr-andre-vingt-trois-7779919034


5.Nicolas Huguenin·dimanche 27 septembre 2015 www.facebook.com


6. C.E.Chitour http://www.legrandsoir.info/Comm- ent-etre-Francais-au-XXIe-siecle.html

7. Jean Mari le Pen, Assemblée Nationale Française, 29 Janvier 1958.

https://www.youtube.com/watch?v=9JLhlefcXj8

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/226684-epitre-a-nadine-morano.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 21:25

«La Terre est le berceau de l'humanité... mais on ne peut passer sa vie dans un berceau...» Constantin Tsiolkovski (1857-1935, père de l'astronautique russe)

De l'eau salée a été repérée sur la planète Mars. Cette découverte relance l'hypothèse d'une forme de vie sur Mars. C'est une avancée significative. La Nasa l'a confirmé le lundi 28 septembre: de l'eau, sous forme liquide, coule encore régulièrement à la surface de la planète rouge, d'après la Nasa. Des coulées sombres ont été observées sur plusieurs centaines de mètres. Elles apparaissent en été et disparaissent en hiver, Mars ne serait donc pas une planète sèche et aride. «Nous savons maintenant que Mars était une planète très semblable à la Terre avec des mers chaudes, salées, avec des lacs d'eau douce, sans doute de la neige aux sommets», explique l'administrateur adjoint de la Nasa, John Grunsfeld.

Existe-t-il ailleurs des planètes propices à la vie?

L´enquête commence dans notre système solaire, parmi les nombreuses planètes, astéroïdes et comètes qui entourent le Soleil. Parmi ces astres, Mercure, Vénus et Mars sont nées à partir des mêmes ingrédients que la Terre, il y a 4,5 milliards d´années. Elles auraient pu lui ressembler. Certains indices suggèrent même que Vénus et Mars ont connu, au début de leur existence, une période où des rivières et des mers d´eau liquide recouvraient leur surface. A présent, Mars est devenue une planète glacée, et Vénus une fournaise brûlante et sèche. Pourquoi n´ont-elles pas pu garder un climat clément propice à l´eau liquide et à la vie telle que nous la connaissons? Mars était-elle trop petite? Vénus trop près du Soleil?

L'existence d'une vie extraterrestre est, depuis toujours, un objet d'interrogation et un terrain privilégié de l'imaginaire. Depuis que les radioastronomes écoutent le ciel, ils n'ont repéré aucun message de civilisation extraterrestre mais ils ont découvert une centaine de molécules différentes dans l'espace interstellaire, en grande majorité organiques et dont l'eau est parmi les plus abondantes. Il n'est, donc, pas déraisonnable de penser que la chimie du carbone, en présence de l'eau, n'est pas limitée à notre système solaire. Il reste à définir ce que c'est que la vie car il n'est pas exclu que d'autres métabolismes n'utilisant pas le carbone ou l'eau puissent exister. C'est le cas dans les abysses océanes où la vie existe en absence de photosynthèse.
Sur Terre, l'évolution biologique a permis l'émergence de quelques espèces vivantes dotées d'intelligence. L'espèce humaine n'est pas la seule. D'après les exobiologistes, les scientifiques qui cherchent les formes de vie dans l'espace, les conditions de vie sur les autres planètes, sur le modèle de la vie terrestre, doivent obéir aux contraintes suivantes: en plus d'une distance adéquate du Soleil, la planète doit avoir une atmosphère et une gravité qui permettent à l'eau (obligatoire) des océans de ne pas s'évaporer. De plus, cette planète doit être stabilisée lors de sa rotation(1).

Conditions d'émergence de la vie

L'eau, c'est avant tout un milieu dans lequel on peut trouver des traces éventuelles de vie. Traces de vie passée, ou de vie microbienne présente, c'est là où il faudrait envoyer des sondes afin de les détecter, si elles existent. «Une question à laquelle nous avons les moyens technologiques de répondre», assure John Grunsfeld, administrateur associé de la Nasa.
Pourtant, on a cru, longtemps, que la vie était liée à certaines conditions (température, pression, teneur en oxygène..) et on admet que la vie puisse se développer sur une planète, on admet généralement, comme conditions nécessaires, la présence d'eau liquide, d'azote, de carbone et éventuellement de silicium. Dans les conditions actuelles, la Terre est la seule planète du système solaire à posséder la vie. Cette singularité contraint l'exobiologie à la considérer comme un modèle unique, donc, indispensable. Cependant, la vie a-t-elle jailli, uniquement, sur Terre? L'expérience de Miller en 1953 a permis de simuler l'apparition de la vie sur Terre. Une chimie prébiotique pouvait, fort bien avoir été à l'origine de la vie sur Terre, Dans le même ordre, en analysant les grains de la comète de Halley avance Laurent Clause «les chercheurs ont en effet découvert 143% de carbone organique. Quant aux radioastronomes, ils ont identifié 83 molécules différentes dans le milieu interstellaire. Dans une météorite tombée en Australie, huit acides aminés ont, ainsi, été détectés parmi les vingt qui constituent les protéines connues sur Terre». (2)


Une vie extraterrestre

La vie existe-t-elle, ailleurs, que sur Terre? Il y a statistiquement des chances très élevées pour que la vie existe ailleurs, sachant qu'il existe plus de 100 milliards d'étoiles dans chaque galaxie et que, dans l'Univers tout entier, on dénombre plus de 100 milliards de galaxies. Les scientifiques commencent à découvrir des planètes telluriques, c'est-à-dire solides et de petite taille, qui ressemblent à la Terre... Quand Frank Drake lista toutes les conditions nécessaires à la communication avec d'autres civilisations: il faut des étoiles, des planètes, avec un écosystème pour que se développent la vie, puis l'intelligence, et la communication. Enfin, il faut que ces civilisations technologiques vivent, suffisamment, longtemps. Cette formule est devenue célèbre sous le nom d'Equation de Drake. Avec une valeur de N comprise entre 18 et 5000.000.000, autant dire que nous ne savons pas avec combien de civilisations nous pourrions communiquer.

Plus, récemment encore, en avril 2015, le site Atlantico rapporte l'information suivante: Ellen Stofan, scientifique en chef de la Nasa affirme que la recherche de formes de vies extraterrestres n'était plus qu'une question de temps. Vingt ans au plus.. Olivier Sanguy spécialiste de l'astronautique et rédacteur en chef d'Enjoy Space, à la Cité de l'espace à Toulouse déclare: «: (...) Depuis quelques années, l'étude de notre système solaire avec des sondes ou avec des télescopes a montré, plusieurs endroits susceptibles d'héberger le vivant. Certes, plutôt, sous une forme très simple, comme des microbes, mais ce serait déjà une avancée extraordinaire. De même, on trouve, de plus en plus d'exoplanètes, ces planètes qui tournent autour d'autres soleils que le nôtre, «bien placées» et qui pourraient, en théorie, abriter du vivant si d'autres conditions sont réunies». (3)


La Nasa a-t-elle découvert et caché des preuves de vie sur Mars en 1976 et en 2015?


Il semble que depuis près d’une quarantaine d’années la Nasa avait des fores présomptions quant à la présence d’eau sur Mars . Les différentes missions dont la dernière avec Curiosity n’auraient fait qu’apporter plus de preuve.

Dans une interview sur ce qu'il pense être de la rétention de l'information par la Nasa de la possibilité d'existence d'une vie sur Mars, Gilbert Levin ingénieur à la Nasa, de la Mission Viking déclare: «La sonde Viking 1 est lancée par la Nasa en 1975. Elle doit se poser sur Mars pour y trouver des traces de vie. L'atterrisseur est programmé pour détecter des signes de vie grâce à une solution radioactive déposée sur les échantillons prélevés avec le godet articulé. L'idée était de nourrir d'éventuels micro-organismes. S'ils métabolisaient ce qu'on leur avait donné, le gaz qu'ils expulseraient serait radioactif, ce qui les rendrait faciles à détecter. (...) Et puis brusquement on a obtenu un résultat: des milliers de coups par minute, trahissant la présence d'un gaz radioactif qui émanait de notre échantillon. Pour la Nasa c'est une preuve concluante.» (4)


Pour Nick Pope (analyste militaire) la réponse est la même: «C'était une expérience et une mission approuvées par la Nasa. Les résultats étaient nets, il y avait de la vie! C'est peut-être une des découvertes les plus importantes de tous les temps! Alors pourquoi n'en a-t-on pas parlé? Si c'est faux, qu'on le dise. Pourquoi ce silence? La Nasa a, donc, tout fait pour étouffer l'information. Depuis, la Nasa a détecté des grands dépôts de sel à la surface de la planète rouge (en 2008). (...) Une forme bizarre de sel. Une fois qu'on chauffe ce sel, toutes les molécules biologiques qu'il contient se dissolvent. Donc, même s'il y avait bien des formes de vie dans le sol martien salé, elles auraient été détruites... Le sel martien ne fait, peut-être, pas que masquer la présence de la vie... Il pourrait être l'un de ses ingrédients fondamentaux. Sur la Terre, nous savons que certains organismes ont besoin de sel.» (4)


L'existence d'une vie extraterrestre et les religions

L'exemple de Mars est intéressant, car l'eau liquide a existé à sa surface aux débuts de son histoire, avant de disparaître, assez, rapidement, peut-être même, sous forme d'océans. Mais du fait de la faible taille de Mars, la majeure partie de cette eau s'est enfuie, depuis cette époque. (...) Mais comment se fait-il que la vie n'ait été possible que sur Terre?»(5)

L'Objectif de Curiosity est de trouver, aussi, des traces d'une vie ancienne sous forme de molécules organiques. D'où l'intérêt de se poser sur un terrain sédimentaire. Ce sera Gale, un cratère. L'argile et les dépôts de sulfate situés à plusieurs niveaux d'altitude, à l'intérieur du cratère Gale. La Vie a jailli partout dès que les conditions le permettent... Elle essaie, transforme, mute, s'adapte, ou disparaît au profit d'autres formes de vies. Par ailleurs, il a été constaté que les molécules organiques de départ (ARN et ADN), ne peuvent être synthétisées, sans support. Il est possible de faire appel à des surfaces minérales, comme les micas, les argiles qui se trouvent, abondamment, sur Terre et sont constituées d'un empilement de couches fines. Entre les différentes couches de l'argile, peuvent se glisser certaines petites molécules organiques, ce qui permet une absorption importante première étape vers la réaction de synthèse.

«D'après les chercheurs interrogés par Life's Little Mysteries, si la vie existait sur Mars, il ne serait pas exclu que nous soyons, nous-mêmes, des Martiens. Si la vie n'était apparue qu'une seule fois, cela indiquerait qu'elle est très rare mais si elle était apparue deux fois dans un seul système solaire, alors cela nous dirait que la vie est en fait très commune. (...) Au vu de l'importance d'une telle découverte pour la science, une question se pose: quel impact aurait une telle annonce sur l'humanité? (...) Les conséquences majeures seraient, ainsi, davantage, de l'ordre de la religion ou de la philosophie.» (6)

Pour Hubert Reeves, la vie serait venue de Mars à travers des météorites. «Imaginons, écrit-il, un caillou avec des bactéries éjecté de Mars à la suite d'un choc, qu'il ait tourné pendant des millions d'années avant de débouler sur notre planète pour l'ensemencer et donner le départ de la vie sur Terre. Pourquoi Mars? Parce que la vie sur Terre apparaît il y a 3,8 milliards d'années au moment où notre planète traverse une mauvaise passe, bombardée encore de tout côté par des météorites....(...) Notre proche voisine aurait pu nous céder, facilement, un peu de vie. Nous sommes peut-être tous des petits Martiens.» (7)

Les grandes religions terriennes ne réprouvent pas l'idée de l'existence d'autres mondes habités dans l'Univers. Beaucoup de textes anciens, y font référence. Et si des extraterrestres avaient été pris pour des Dieux ou Dieu qui est dans le ciel, le très haut? La lecture des premiers chapitres de la Bible fait apparaître de nombreux récits des visites sur Terre de visiteurs venus sur des chariots de feu, porteurs de messages d'une grande sagesse. En décembre 1992, deux mois après la «réhabilitation» de Galilée par Jean-Paul II, à laquelle il avait oeuvré, Coyne avait déclaré: «L´Église n´exclut plus l´existence d´autres êtres intelligents dans l´univers... Dans un texte consacré aux origines de la création, le talmudiste Hervé Elie Bokobza souligne que le Zohar, un des ouvrages majeurs de la Kabbale, fait état de créatures humaines résidant sur des planètes situées «en dessous» de notre Terre». (8)

Les grandes religions ne réprouvent pas l´idée de l´existence d´autres mondes habités dans l´Univers. Beaucoup de textes anciens y font référence: les machines volantes décrites par Ezéchiel (La Bible I 4-14 et 15-28), la guerre aérienne du Ramayana, l´épopée de Gilgamesh, les Elohim de la Genèse (La Bible VI 1 -4), les Veilleurs du ciel dont parle Hénoch (Livre des secrets d´Hénoch VI 1-2, 6; VII 1-2; VIII 1-3; X 10).

Le Coran fait, explicitement, mention de la pluralité des mondes dans le sens où ils obéissent à Dieu. Ainsi, les mondes habités sont cités dans neuf sourates. (Coran: Sourate I, verset1; II, 3; V, 109; VI, 101; X, 3; XI 108; XIII, 15; XXI, 16; XXXVI, 36). Pourquoi, en effet, la vie existe uniquement sur une seule planète, la Terre, alors que des centaines d´autres planètes existent dans le système solaire et autour d´autres étoiles, ceci est prouvé également. L'islam va plus loin, en faisant la «prédiction», non seulement de l'existence de la vie extraterrestre, mais d'une rencontre avec les Terriens: «Parmi Ses Preuves est la création des cieux et de la terre et des êtres vivants qu'Il y a disséminés. Il a en outre le pouvoir de les réunir quand Il voudra.» (42, 29)


La conquête de Mars

On pense à une mission humaine sur Mars aux environs de 2030. On estime à entre 100 et 300 milliards de dollars cette mission. La Nasa en appelle à la collaboration internationale pour aller sur Mars, histoire de partager la note. «Encore faudrait-il être capable d'aller jusqu'à la planète rouge, et d'en revenir. La fusée SLS développée actuellement pourrait être utilisée, mais «il faudrait encore 10-15 ans pour développer un vaisseau», anticipe Jacques Villain.(...) Resteraient la question des radiations, la nécessité de gagner de la vitesse pour réduire la durée du périple, l'impact d'un tel voyage sur les muscles et les os des membres de l'équipage... Sans oublier leur santé mentale, dans une telle promiscuité au cours de ces deux années, quand le record individuel est de 438 jours dans l'Espace. Viendrait également le problème de l'atterrissage, l'étape la plus difficile de ce périple. «L'atmosphère est si ténue et méconnue que le comportement des sondes est difficilement prévisible», commente le président du Cnes. «Et poser une sonde de 200-300 kg, ce n'est pas la même histoire que poser un vaisseau de 10-20 tonnes»»(9)

En supposant qu'on y trouve la vie. Comment sera-t-elle? Comment allons-nous l'accepter nous les prédateurs terrestres? Quelles sont les modes de vie dans cet astre où la gravité est plus faible? Y a-t-il une forme de spiritualité? Autant de questions qui vont déconstruire la condition humaine telle que nous l'avons connue depuis l'avènement de l'Homme, ce qui, d'une certaine façon, amènerait à relativiser peut-être sa place dans le dessein de la création. Sombre présage!



1. http://chemseddine.over-blog.com/2014/07/sommes-nous-seuls-dans-l-univers-l-eternelle-question-sans-reponse.html


2.Laurent Clause: Les météorites extraterrestres. Sciences & Avenir N° 654 1/8/2001

3. http://www.atlantico.fr/decryptage/rencontre-extra-terrestres-dans-20-ans-ceux-qui-croient-ou-pas-match-astrophysiciens-olivier-sanguy2086724.html#MVptqtK9GdljoAl4.99


4.Miona http://www.agoravox.tv/culture-loisirs/ etonnant/article/la-nasa-a-t-elle-decouvert-et-50651 13 08 2015


5. http//www.futura-sciences.com/fr/doc/t/astronomie-1/d/eau-liquide-vie-univers_ 995/c3/221/p9/

6. http://www.maxisciences.com/rover-curiosity/ et-si-curiosity-trouvait-des-traces-de-vie-sur-mars_art26063.htmlInfo rédaction, publiée le 06 août 2012


7.H. Reeves: la naissance de vie sur Terre. Science et Avenir n°654. 1er aôut 2001


8. http://www.lemondedesreligions.fr/archives/2008/09/01/nos-freres extraterrestres, 9515903

. php

9. Marie Simon2030: L'Odyssée vers Mars: film ou réalité? L'Express 29/09/2015

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/226420-que-deviendrait-l-humanite.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 14:23

Lors d’une interview sur la chaine 3 francophone, J’ai tenu à mettre l’accent sur trois principes essentiels qui pourraient permettre à l’Algérie de rebondir et de traverser cette mauvaise passe.

En premier lieu il y a lieu de militer inlassablement, pour conjurer l’effritement identitaire pour le vivre ensemble dans un monde de plus en plus inhumain et féroce envers les faibles. j’ai notamment appelé avant toute chose à édifier une nation. Un plébiscite de tous les jours dirait Ernest Renan. De ce fait il ne devrait y avoir ni opposition ni pouvoir : il y a le pays l’Algérie.

Je suis convaincu que la nation algérienne possède les atouts propres à la faire sortir de la crise, à la condition qu’il soit mis un terme à la dualité entre pouvoir et opposition et que des décisions politiques courageuses soient mises en branle. J’en appelle à un élan impliquant l’ensemble des Algériens, « qui doivent tous se sentir concernés », la jeunesse en particulier, à laquelle, il faut , avant tout expliquer les enjeux « du vivre ensemble » et la nécessité de s’accepter que l’on soit du Nord ou du Sud, de l’Est ou de l’Ouest.

En deuxième point j’ai beaucoup insisté sur le développement durable et la nécessité deconsommer moins en consommant mieux. Il faut changer de paradigme et aller vers la sobriété. J’ai donné quelques exemples de gaspillages notamment la nécessité de tris sélectifs et la responsabilité des collectivités locales

J’ai prôné une lutte sans merci contre l’« énorme » gaspillage observé dans différents secteurs, Il est impératif d’avoir une perception nouvelle par rapport aux richesses énergétiques et hydriques du pays. « L’énergie a un coût, l’eau a un coût, et il en est de même de tout ce que nous importons » Nous achetons le gasoil à 1$ le litre nous le bradons au consommateur à 13 Da soit 8 fois moins ! Le gaspillage se fait en partie par une hémorragie aux frontières du fait des couts élevés dans les pays limitrophes. Il y a nécessité de revoir tout cela et faire en sorte que les aides puissent aller à ceux qui ont en besoin ; car jusqu’à présent il est admis que 75 % de ces subventions de ces produits (eau, électricité, carburants, pain) profitent en priorité à ceux qui ont un fort pouvoir d’achat.

J’ai ensuite parlé de la vérité des prix et de la nécessité de cibler justement les aides aux classes nécessiteuses au lieu de faire des aides sur les couts.

Mettant en avant quelques chiffres, j’ajoute : « nous consommons, 1 million de tonnes de plastique chaque année qui demandent à être recyclés ». 1 million de tonnes de papier des dizaines de milliers de tonnes de verre. Le taux de recyclage est très faible.

Je parle enfin du défi du gasoil et de ses méfaits : Alger compte 2 millions de véhicules dont 1/4 est en circulation permanente, « une heure d’embouteillage entraine une perte en carburant d’une valeur de 500.000 dollars/jour. Soit près de 80 millions de dollars /an pour la seule ville d’Alger ! Sans compter la pollution occasionnée par les particules lors du la combustion du diesel, un problème de santé publique. J’ai pointé du doigts le fait que le métro et le tramway ne favorisent que les gens intra-muros qui en principe n’en ont pas besoin, car tous les ministères et les sièges sont concentrés au centre-ville . Ce sont ceux qui sont à la périphérique qui on en besoin. La politique de transports en commun est à adapter à cela

Enfin j’ai traité de la Ressource humaine et j’ai appelé à une économie de la Connaissance en citant le fameux exemple de Bill Gates reçu par le président français François Mitterrand :L’internet c’est le futur baril de pétrole. Nous devrions miser sur la technologie et les sciences exactes en réhabilitant les sciences de l’ingénieur laminées par la mise en place sans garde fous du LMD qui nous a fait perdre « nos défenses immunitaires » que constituent les formations d’ingénieurs et de techniciens ; Seules quelques écoles ont échappé à la curée.

Parlant des élites marginalisées j’ai affirmé que « nous avons, un gisement de connaissances et de savoir qui peut encore être mis à contribution même si les cadres sont à la retraite. L’Université doit jouer son rôle et rentrer dans la mêlée en contribuant au développement du pays et la formation des créateurs de richesses à la place de demandeurs d’emplois.

En définitive, sans avoir la prétention de jouer les pythies, j’ai affirmé que si nous continuons sur cette lancée de consommation débridée « dans trois années nous seront à sec ».

Seule une utopie mobilisatrice qui fédère tout le monde autour d’un projet, une transition énergétique vers le développement durable adossée à la sollicitation de l’université et des compétences quelques soient leurs latitudes pourra donner des raisons d’espérer à une jeunesse en panne d’espérance, qui a besoin de repères pour aller de l’avant

Amen.

Source de la vidéo : http://www.radioalgerie.dz/player/fr/video/invité-de-la-rédaction-de-la-radio-chaîne-3-chems-eddine-chitour

Pr. Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans algerie
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 13:04

«La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre.»

Albert Einstein

Un coup d’éclair dans un ciel serein ! Volkswagen a fauté. C’est dire si nous tombons de haut. Le nec plus ultra de la précision du travail bien fait, de la rigueur venait de montrer sa face sombre, celle de faire de l’argent à tout prix , au risque de démolir une réputation bien établie mais écorné par cette affaire. Si dans l’absolu , c’est répréhensible, dans la réalité –surtout chez les constructeurs-, c’est de bonne guerre au nom de la nécessité du toujours plus. Plus de part de marché, plus d’argent, plus de personnes besogneuses écrasées dans la plus pure idéologie néo-libérale.

Le groupe automobile Volkswagen a reconnu avoir utilisé un logiciel pour fausser les résultats des tests antipollution pratiqués aux États-Unis sur ses véhicules à moteur diesel. L'entreprise a par la suite avoué que 11 millions de modèles à travers le monde étaient équipés de ce dispositif. Le groupe allemand vient d'admettre qu'il avait délibérément faussé les tests antipollution pratiqués aux États-Unis par l'Agence fédérale de protection de l'environnement (EPA) pour mesurer le niveau d'émission de gaz polluants des véhicules à moteur. La tricherie s'opérait grâce à un logiciel capable de détecter la procédure de test antipollution et d'activer les contrôles d'émission de gaz pour se conformer aux normes en vigueur. Comme l'explique l'association de consommateurs Consumer Report, les voitures munies de cet algorithme disposaient d'un «mode route» et d'un «mode test». Ce dernier est utilisé lors des contrôles d'émissions polluantes et de consommation qui s'effectuent sur des bancs de roulage où seules les roues motrices sont en mouvement. Cette situation devrait créer une alerte pour l'informatique du bord. En effet, les systèmes d'assistance à la conduite de la voiture interprètent cette situation comme dangereuse et pourraient activer les contrôles de traction et de stabilité (1).

D'où la présence d'un mode test pour que la procédure de contrôle puisse se dérouler sans encombre. Volkswagen n'est pas le seul constructeur à recourir à cette technique. Mais il se trouve que ce mode test a été configuré pour produire des résultats qui n'ont rien à voir avec l'utilisation en conditions réelles. Sur le banc de test, les voitures équipées de ce logiciel trompeur sont dans les clous des normes antipollution. Mais une fois sur la route, les émissions d'oxydes d'azote (NOx) atteignent quarante fois la norme. La supercherie a été découverte grâce aux travaux de chercheurs de l'université de Virginie-Occidentale qui ont collaboré avec l'ONG International Council on Clean Transportation (ICCT).(1)


Cet électrochoc mondial, car Volkswagen (la voiture du peuple) c'est à la fois le fleuron de l'industrie automobile allemande -c'est sous le IIIe Reich que les premières coccinelles sont sorties - mais aussi mondial, tant il est vrai que l'industrie allemande est synonyme de rigueur, de précision, de travail durable et sans commune comparaison avec ce que font les autres pays, mis à part peut-être Rolls Royce, ou dans les voitures de course Ferrari. Cette perturbation qui a fait perdre au groupe près de 25 milliards de dollars en trois jours, plus une éventuelle amende aux Etats-Unis de 16 milliards de dollars, laissera des traces. Curieusement, les autres constructeurs ne portent pas plainte pour tromperie et concurrence déloyale? Peut-être ne se sentent-ils pas très propres non plus?


Volkswagen: la partie émergée de l'iceberg du mensonge global!

En fait, Volkswagen n’est qu’un maillon d’une chaine de kleptocrates à l’échelle mondiale .Nous avons plus que jamais la certitude des actions maléfiques du marché du toujours plus, du tricher constamment, de l'obsolescence programmée... La contribution suivante résume magistralement les manoeuvres des fraudeurs qui se trouvent partout: «Volkswagen donc nous aurait menti et de fort belle manière, en insérant un petit programme informatique chargé de détecter les séquences de tests anti-pollution pour avoir de meilleures notes. Enfin, à mon avis, chez Volkswagen ils ne sont pas les seuls à mentir! (...) Non, mais il faut juste se rendre compte d'un truc, c'est quand même qu'on nous ment, juste en permanence... Si vous êtes soumis à un matraquage publicitaire c'est parce qu'il s'agit de vous faire acheter très cher, de mauvais produits, dont vous n'avez pas besoin, avec de l'argent que vous n'avez pas. Depuis le temps que l'on fabrique des voitures, les moteurs pourraient faire 1 million de kilomètres sans problème... (Obsolescence programmée)». (2)

«Donc on vous ment, tout simplement, à tous les niveaux et les entreprises ne sont pas en reste.L'ancien P-DG de la Pomme (Apple) vous vantait lors de show à l'américaine ses produits et ses tablettes type i-pad pour vous les vendre à vous et à vos enfants, tout en mettant ses enfants dans une école sans outils numériques comme toutes les stars de la silicon Valley car ils connaissent pertinemment les dangers du numérique sur le développement intellectuel. Les sociétés de téléphonie mobile passent tous les ans des provisions pour «risques sanitaires» tout en vous affirmant que vous coller un appareil à micro-ondes contre le cerveau est une excellent idée et que tout va bien se passer. L'industrie automobile vous ment, celle de la téléphonie vous ment. L'industrie pharmaceutique vous ment aussi. Ils ont besoin de malades, pas de bien-portants, principe que mon grand-père pharmacien avait bien compris, lui qui attendait comme le Messie la grippe... comment vont les affaires? «On aurait bien besoin d'une petite grippe»! L'industrie informatique vous ment, le complexe médiatique vous ment, les politiciens vous mentent.» (2)

«Nous vivons dans un monde de mensonge permanent guère reluisant. Volkswagen est l'une des plus grandes et des plus belles entreprises allemandes, voilà donc à quoi ils en sont réduits. De quoi relativiser le miracle allemand. Mais ce mensonge n'est que la toute petite partie émergée de l'iceberg du mensonge global. Vous n'êtes qu'un chiffre d'affaires potentiel. Votez avec votre consommation. N'achetez plus, car en consommant vous soutenez le complexe politico-médiatico-industriel qui vous ment, saccage la planète, détruit les liens entre les hommes et réduit notre humanité à ses plus bas instincts.» (2)



Qu'en est-il des normes de pollution incriminées?

On sait que les voitures consomment des carburants et émettent des gaz dangereux et des particules. La réglementation les normalisant a commencé aux Etats-Unis il y a quarante ans et en Europe depuis 1993. L'avenir c'est la voiture à LPG (sirghaz) ou mixte (avec l'électrique en ville, le sirghaz sur la route). Les normes antipollution évoluent régulièrement, pour être plus strictes, mais d'une manière générale, les pays européens, ont été extrêmement lents à mettre en place une législation coercitive. Euro 1: 01/01/1993. Euro 6: 01/09/2014. On aimerait aussi d'une future norme Euro 7, qu'elle règlemente les émissions de CO2, qui sont toxiques pour l'homme à partir de 5000 ppm, et gravement dangereuses pour la planète aux taux actuels. Les composés organiques volatils (C.O.V.) devraient également être règlementés, puisqu'ils sont aussi à la cause de sérieux problèmes de santé publique.» (3)

Et en Algérie?

Globalement, nous carburants ne répondent pas aux normes européennes de plus en plus drastiques. Cependant, il est évident que nous ne pouvons pas continuer ainsi. Le parc véhicules en Algérie étant en grande partie en diesel, la consommation dépasse les 10 millions de tonnes en diesel et 4 millions de tonnes en essence. Mieux encore, une partie de ces hydrocarbures s'évaporent par les frontières et l'hémorragie a fait qu'en 2013, nous avions importé pour 3,5 milliards de tonnes soit 3, 5 milliards de dollars. Nous achetons en dollars le litre le gas oil et nous le vendons à 13 DA soit près de huit fois moins; Il ne faut donc pas s'étonner de l'hémorragie aux frontières Ouest, Est,et Sud. Chez nos voisins le gaz oil est facturé à 80 DA. De plus notre gas oil ne répond pas aux normes Si on devait comparer les limites admissibles, on s'apercevrait que nous en sommes loin en Algérie. En Europe, les normes sont à 6 euros pour le Diesel, elles sont de 0,005 ppm (particules) et en Algérie, les normes Euro 2? de 0,08ppm (soit seize fois plus). S'agissant des Nox, en Europe la norme Euro 6 pour le diesel est de 0,17. Pour la norme Euro 2 en Algérie elle est de 0,7 (quatre fois plus). Ce qui se paiera inéluctablement au niveau de la santé des citoyens. Enfin il faut signaler que les essences contiennent une proportion d'aromatiques importante, certes elle gonfle l'indice d'octane, mais c'est encore un problème de santé publique inévitable.

Pour une stratégie du développement durable concernant les transports

Les transports en Algérie, c'est 40% de la consommation d'énergie. L'Algérie est le pays des paradoxes. L'Algérien est prêt à se saigner aux quatre veines pour avoir une voiture. Que vous soyez riches au point de vous permettre un véhicule à 5 millions de DA ou à 1 million de DA, vous payez l'essence bradée de la même manière. L'Algérie c'est le deuxième pays au monde (après le Vénezuela) où les carburants sont bradés. Dans l'environnement maghrébin, le gaz oil algérien est payé sept fois moins cher. Le gas oil algérien est payé douze fois moins cher qu'en France au cours officiel et près de vingt fois moins cher au cours parallèle. Du fait de la boulimie et de l'hémorragie aux frontières, Le gaz oil est importé à 1 dollar le litre et il est vendu huit fois moins au cours officiel et offert gratuitement à nos voisins... Cette situation ubuesque ne doit pas durer, l'ébriété énergétique devrait être derrière nous.

L'idéal, c'est de ne pas utiliser sa voiture mais circuler grâce aux transports en commun. C'est tout le challenge du futur. Les gains sont de 1à 10 en termes de carburants de pollution en moins, d'usure du moteur, de fatigue du chauffeur. On peut de même installer des stations pour le gaz naturel véhicule (GNV). GDF Suez en 2006 avait proposé de permettre à des particuliers d'installer un compresseur chez eux et d'alimenter leur véhicule GNV. Pourquoi ne pas doter les habitations de prises pour chargement de gaz naturel normal. Laissons le pétrole pour ses usages nobles, notamment la pétrochimie, voire pour exporter des carburants à forte valeur ajoutée au lieu d'importer des carburants.



Si on change de modèle de consommation vers le développement durable
Le sirghaz (GPL) pollue deux fois moins que l'essence et le gas oil, de plus il n'y a pas de NOx dangereux il n'y a pas émission de particules encore plus dangereuses, il n'y a pas d'aromatiques cancérigènes, il n'y aura pas d'hémorragie aux frontières car nos voisins ne sont pas outillés en systèmes de sirghaz, de plus il est impossible de le transporter en contrebande.

Si on veut réellement impulser rapidement l'utilisation du sirghaz (GPL) , les actions suivantes de bon sens énoncées et expliquées à travers les médias lourds et légers emporteront l'adhésion:

1°Limiter l'achat à ceux des véhicules ne consommant pas plus de 120g de CO2 au km (actuellement nous perdons près de 20% de la consommation car une étude faite à l'Ecole polytechnique a montré que sur les 25 marques de voitures entrant en Algérie, ma moyenne est de 140 à 145g de CO2/km en avertissant que nous allons à terme (2 à 3 ans) nous caler sur les normes européennes de 100 g au CO2.

2° L'installation de dispositif de sirghaz qui est au coeur de cette stratégie pourra être prise en charge dans le cadre de start-up avec obligation graduelle d'intégration en commençant par la cuve, les canalisations jusqu'à arriver au dispositif de pression et là les entreprises comme celle d'El Eulma des compteurs pourrait participer. L'Etat doit donner l'exemple à travers sa flotte captive des administrations, de la police des douanes de l'armée en essayant de convertir une grande partie du parc au moins en double carburation. Il en est de même des chauffeurs de taxis et des entreprises de transports publics (Etusa, bus, cars...)

3°Pour cela la prime de 20.000 DA en moins pour le sirghaz à l'achat de la voiture est dérisoire. Il y a un prix moyen qui doit être indexé sur le prix du sirghaz par rapport aux autres carburants. Si on garde les coûts actuels des carburants, un calcul simple celui qui veut placer un dispositif sirghaz à 100.000 DA ne gagne par an pour 20.000 km à 7 litres au cent, que 5000 DA,

Pour pouvoir amortir le prix de l'installation, il lui faudra vingt ans! Il n'attendra pas. De ce fait, les 20.000 DA octroyés ne sont pas significatifs. La prime devrait être égale au dispositif d'installation avec même une vignette verte deux fois moins chère que pour les véhicules utilisant l'essence et trois fois moins chère que le gas oil qu'il faut graduellement réduire en alignant dans une première étape son prix sur celui de l'essence autour de 35 DA, ce qui va créer un différentiel avec le sirghaz qui pourra être proposé à 15 DA

4° Il faut donner le temps aux opérateurs importateurs de véhicules de se retourner. Ils doivent faire partie de cette stratégie. Dans un premier temps un quota de 30% en double carburation devrait leur être demandé.

Pourquoi ne pas miser aussi sur le Gnlc?

Nous avons des réserves. Le GNLC ( Gaz naturel liquéfié carburant) est disponible. C'est une possibilité de valoriser le pétrole et les carburants qui pourront être exportés et qui rapportent beaucoup plus que le gaz naturel. Depuis trente ans il n'y a à ma connaissance que les deux pompes au GNC inaugurées en 1986.

Il a aussi beaucoup d'avantages comme le montre cette publication: «Le gaz naturel, produit lors de sa combustion 96% de particules fines et 70% d'oxydes d'azote (NOx) en moins qu'un moteur diesel, un moteur GNL émet également moins qu'un moteur diesel Euro. Ces quelques pourcentages confèrent au GNL un potentiel considérable. De plus, en termes de nuisances sonores, les moteurs gaz sont au moins deux fois plus silencieux. Certes, une motorisation GNL demande des investissements plus lourds qu'un camion diesel ou qu'un camion hybride (30% à 40% supplémentaires à l'achat). Ce surcoût est notamment dû aux réservoirs cryogéniques. Mais le GNL présente un avantage concurrentiel important par son prix très compétitif. Ce gain à la pompe permet aux transporteurs d'obtenir des retours sur investissements très rapides. Dès une utilisation annuelle de 50.000 km/an, la solution GNL offre un retour sur investissement de 5 ans. Pour un kilométrage supérieur à 150.000 km/an, c'est deux ans. Les premiers projets pilotes français permettant de démontrer l'intérêt et le confort de ces véhicules ont été lancés par Iveco en 2011 et Volvo en 2012 (en partenariat avec GNVert). Depuis, la réglementation concernant les véhicules circulant au GNL a été adoptée et la société Iveco sera le premier constructeur en France à offrir en grande série ses camions «tout GNL» dès la fin 2014 suivi par Renault Trucks (Groupe Volvo) et Scania l'année suivante. Aujourd'hui, plus de 200 camions. (4)

On le voit, L’Algérie devra plus que jamais compter sur soi . La panoplie des possibilités est féconde, l'essentiel est d'expliquer pédagogiquement aux citoyens cette transition énergétique vers le développement durable. Tous les secteurs sont concernés par la sobriété en tout. Le ministère de l'Information a une responsabilité particulière dans la préparation des espaces de discussion qui devraient concerner tous les médias publics et privés. Il ne s'agit pas d'un programme d'un gouvernement, il s'agit de trouver les voies et moyens à l'Algérie pour s'en sortir par le haut. Plus que jamais le consensus de la nation toute entière est indispensable.

Pour en revenir à Volkswagen, ce sera un feu de paille, car les loups ne se mangent pas entre eux. Un nouveau président du directoire a été élu rapidement, La chancelière demande une enquête qui aboutira à un non-lieu. Volkswagen paiera, et se remettra au travail. La ministre de l’écologie demande des contrôles aléatoires sur les véhicules. Nous lui souhaitons bonne chance…



1.Marc Zaffagni, Futura-Sciences Tests antipollution: comment Volkswagen a triché à l'aide d'un algorithme 22/09/2015

2.Charles Sanna http://insolentiae.com/2015/09/21/ volkswagen-la-partie-emergee-de-liceberg-du-mensonge-global-ledito-de-charles-sannat/

3.http://www.moteurnature.com/actu/normes.php

4° http://www.energie.sia-partners.com/20140924/ le-gnl-comme-carburant-routier-quel-potentiel-pour-la-france#sthash.Aunxmptv.dp

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/225967-comment-l-algerie-s-en-sortira.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 16:22

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a estimé que la crise actuelle constitue une opportunité pour l'Algérie afin d'opérer un cap vers une économie portée par le travail et la création des richesses.

Dimanche 20 septembre a eu lieu une réunion importante. Il s'agissait de se pencher sur la situation économique actuelle à la lumière des bouleversements que connaît la scène économique énergétique et politique internationale. Nous vivons en effet, une ère où l'énergie est devenue une variable d'ajustement des stratégies géopolitiques. La majorité des conflits a un soubassement qui a pour enjeu la disponibilité ou non de l'énergie. Les nations du monde doivent faire le choix d'une nouvelle ère énergétique.

Comme noté dans la note conceptuelle du Conseil National Economique et Social (CNES) : «Le retournement spectaculaire du marché international des hydrocarbures, a fortement impacté les indicateurs fondamentaux de l'économie nationale (déficit budgétaire en hausse constante, réserves de changes en baisse, trend inflationniste avéré, etc.), soulignant ainsi la forte vulnérabilité de notre économie aux chocs exogènes, notamment ceux résultant des fluctuations des cours internationaux des hydrocarbures et des denrées alimentaires. La croissance économique a été, jusqu'à présent, essentiellement tirée par la dépense publique, financée par les revenus des hydrocarbures.


Toujours d'après le Cnes, «les stratégies propres à renforcer la résilience de l'économie nationale, par une atténuation de son excessive dépendance nécessitent d'allumer de nouveaux moteurs de croissance, diversifier l'économie et la rendre compétitive en même temps que veiller à une répartition équitable des fruits de cette croissance, notamment par une politique pertinente des transferts sociaux, Face à l'amenuisement de ses ressources et aux multiples défis qui lui sont imposés par les bouleversements du marché pétrolier mondial, l'Algérie n'a d'autre alternative que celle d'adapter ses moyens aux besoins socio-économiques, mais aussi d'optimiser les instruments de sa croissance, en tenant compte de l'évolution des paramètres macroéconomiques, la crise du pétrole risquant de perdurer».

Le discours du Premier ministre

Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a estimé que la crise actuelle constitue aussi une opportunité pour l'Algérie afin d'opérer un cap vers une économie portée par le travail et la création des richesses. «Ce n'est pas une question d'argent, mais de mentalités. Il faut faire une révolution dans les mentalités. Il faut travailler plus, il faut que les gens apprennent à dire je vais travailler, et non je vais au travail», a-t-il déclaré. Le Premier ministre a aussi esquissé les contours de cette révolution mentale. «Nous devons rationaliser l'utilisation des ressources et aux citoyens de ne plus gaspiller l'eau, ni le pain ni l'énergie. Que le fonctionnaire se mette en tête qu'il est au service du citoyen et qu'il n'est pas son tuteur. Que les banques comprennent que leur rôle est d'aller chercher des clients pour pouvoir mobiliser leurs épargnes.»

«Nous n'avons pas de positions dogmatiques ou figées mais nous maintenons le cap pour construire un État fort qui organise une société libre et solidaire avec les démunis. La justice sociale est partie intégrante du combat des Algériens, nous ne pouvons pas les heurter, il faut y aller doucement Nous avons réalisé une croissance de 6% hors hydrocarbures en 2014 et l'objectif de 7% est à notre portée.» Pour faire face à la chute des recettes budgétaires, le Premier ministre a évoqué la bancarisation de l'argent qui circule dans la sphère informelle de l'économie qui pourrait être mobilisé, selon lui, pour financer et le budget de l'État et les secteurs de l'économie formelle.(1)

L'Algérie a les moyens de surpasser la crise et d'opérer sa transition économique. La chute des prix du pétrole accentuée au second semestre 2014, pour poursuivre sur la même cadence à la baisse en 2015, sur la base d'un pessimisme prédisant le maintien de la tendance à la baisse des cours de l'or noir à moyen terme, a fait que l'État ait entrepris une série de mesures anticipatives destinées à amortir le choc. Rationalisation des dépenses, révision budgétaire et contrôle de la facture des importations sont parmi les mesures décidées pour juguler les effets de cette crise.

Le professeur Sid Ali Boukrami, ancien ministre, qui a piloté le premier panel a d'emblée situé les enjeux en décrivant la situation internationale et en affirmant que l'essentiel de la croissance en Europe est dû au transfert de rente des pays exportateurs vers les pays consommateurs.

Mourad Preure spécialiste de l'énergie, directeur du cabinet Emergy, a fait une projection des prix du pétrole à moyen terme. Pour lui, la chute des prix par le ralentissement de la croissance économique mondiale (+3% en 2014) et le fléchissement de la demande, l'abondance de l'offre et la forte progression du dollar américain. S'agissant des pétroles et gaz de schiste, il rejoint notre analyse que les ressources non conventionnelles sont portées par une bulle. La production des schistes américains atteindra son plafond l'année prochaine et leurs puits déclineront à la fin de la décennie. Il est vrai que le déclin des gisements conventionnels est un fait. Les super géants comme Gawahr en Arabie saoudite, Hassi Messaoud, sont sur le déclin.

Pour un baril découvert, on en consomme trois. Sur 2700 milliards de barils (le potentiel total de la Terre) 1700 milliards ont été consommés. Nous sommes réellement sur la pente déclinante, même si ça et là il y a des petits rebondissements (plateau ondulé). Comme je l'ai observé en intervenant, aucun des panélistes, mis à part Pr Omar Aktouf, n'a parlé indirectement des changements climatiques. Il faut savoir en effet, que si on veut régler le problème des 2°C d'élévation de température, comme certains spécialistes le recommandent il ne faut plus consommer d'énergie fossile.


La COP 21 va nous présenter des scenarii où on continuera toujours à brûler du gaz, du charbon et du pétrole. Ce dernier pouvant donner lieu en aval à des milliers de produits pétrochimiques est considéré comme un combustible. D'ailleurs, l'investissement dans l'aval a été proposé par une professeure d'économie de Annaba.

Abdelmadjid Attar ancien ministre, a mis en garde contre la hausse de la consommation énergétique en Algérie qui augmente selon ses termes, à un taux insupportable. Il a également souligné que l'Algérie n'est plus en mesure de produire les mêmes volumes qu'avant vu la dégradation des plus importants gisements pétroliers à cause leur surexploitation.

Sur un autre plan, le spécialiste en économie El-Mouhoub Mouhoud a estimé qu'il faudrait plutôt diversifier l'économie en s'intégrant dans la chaîne de valeur internationale. Pour ce faire, il a recommandé de surfer sur la vague de relocalisation à proximité des marchés, des usines ayant migré en Asie au début du mouvement de la mondialisation. Une relocalisation favorisée par la hausse des coûts de transport et de main-d'oeuvre.

Pour Areski Rabah, économiste au FMI, tout porte que nous sommes dans un scénario baissier le baril peut même descendre jusqu'à 20 dollars le baril. Pour lui des transitions sont en train de se faire; le fait de ne pas développer les énergies fossiles à temps peut se traduire, si la voiture électrique se développe, par l'inutilité de ces énergies. L'économiste du FMI parle enfin du choc de simplification de gouvernance et de formation à mettre en place.

Le Pr Khelif appelle à ne pas être obnubilé par la crise actuelle. C'est une crise comme par le passé. Lui aussi appelle à la diversification et au décloisonnement intersectoriel tant il est vrai que le problème de l'énergie est transversal. Ce que nous avons toujours proclamé.

Trois interventions ont retenu mon attention

Tout d'abord celle de Monsieur Morte Zabouri, de la division d'innovation et d'intégration de Ottawa Canada. Ce dernier a placé son intervention en décrivant une rupture avec l'ordre ancien. Il prend pour exemple la Chine qui a développé le concept de civilisation écologique versus Civilisation noire. Le scoop est que le monde passe graduellement à une économie post- carbone. Il cite le cas du Brésil qui investit des milliards de dollars dans la recherche. Il cite le cas de l'Allemagne qui arrive à produire 30% de son énergie à partir des énergies renouvelables. Pour lui 2020 est le moment de la rupture d'avec l'ordre ancien. Ce n'est plus la croissance qui est recherchée mais le développement qui peut augmenter même si la croissance est faible. S'agissant de l'Algérie, son avenir passe par le développement résolu de l'agriculture. Il est à remarquer que très peu ont parlé de l'agriculture parmi les panélistes.

Le professeur Taieb Hasni de HEC Montréal a fait parvenir sa contribution et nous a gratifiés à partir de Montréal de conseils pertinents et judicieux, notamment concernant la formation des hommes qui est le pivot de tout développement

Pour le Pr Omar Aktouf professeur à HEC Montréal, il faut repenser l'évolution de ce monde. La conception néoclassique libérale est dépassée. Il cite Einstein qui dit qu'on ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui l'a créé. En clair, il faut changer de paradigme. Le pétrole n'est pas un combustible ni même un carburant, c'est la matière de base de plusieurs milliers de produits pétrochimiques. Par ailleurs, il cite le rapport de l'Ocde qui parle du mythe de la création du profit.

Pour lui, il faut penser l'économie autrement et tordre le coup au mythe du rattrapage. C'est le seul qui parle de la capacité de la Terre en parlant de l'overshoot day qui a été dépassé le 13 août de cette année. Depuis, nous vivons à crédit. A juste titre, si on continue comme cela il nous faudrait trois planètes en 2050. S'agissant de l'Algérie il note des causes structurelles. Il propose un emprunt national avec la condition de confiance du peuple. Il demande enfin à prendre exemple sur la Malaisie et sur la politique du Premier ministre Mahatir sur le développement auto centré tout en s'appuyant sur la formation et l'éducation


Développement durable et économie de la connaissance

Dans mon exposé, j'ai surtout insisté sur la nécessité d'une transition énergétique vers le développement durable sur les économies d'énergie qui sont à notre portée et qui peuvent nous permettre de faire des économies en millions de dollars, notamment le traitement des déchets, l'introduction du sirghaz et du CNC et la nécessité d'une politique graduelle mais résolue de vérité des prix. J'ai ensuite parlé de la formation.

Comment prendre appui en prenant résolument appui sur la connaissance? Le savoir et l'innovation demeurent assurément les garants ultimes d'une émergence légitimement revendiquée par l'Algérie. En 1977 le président Jimmy Carter évoque la crise énergétique et déclare: Si nous indexons le dollar sur les matières premières, son potentiel est grand, mais limité; si nous indexons le dollar sur la connaissance, alors son potentiel est infini.»

Il m'est agréable de signaler le cas d'un jeune Français, Idriss, Aberkane, brillant ingénieur mathématicien dont la devise est:«L'imagination vous emmène partout.» «Imaginez écrit-il, une économie dont la ressource est infinie. Imaginez une économie où, si vous donnez quelque chose, il vous appartient encore. Imaginez une économie où deux et deux font cinq. Imaginez une économie où le chômeur possède plus de pouvoir d'achat que le salarié. Si les matières premières sont finies, la connaissance est infinie. l'économie de la connaissance recouvre la totalité du développement durable. Car une économie croissante indexée sur les ressources, même renouvelables, n'est pas durable. Une économie croissante, indexée sur la connaissance, est durable. (...) En 1984 Steve Jobs rencontre François Mitterrand et affirme

«le logiciel, c'est le nouveau baril de pétrole». Trente ans plus tard Apple possède une trésorerie de la taille du PIB du Vietnam ou plus de deux fois et demie la totalité du fonds souverain algérien. L'homme le plus riche du monde n'est pas un pétromonarque mais un magnat du logiciel. La Corée du Sud, dont l'économie croit exponentiellement depuis les années 1950 sans quasiment aucune réserve de matière première, a expérimenté un ministère de l'Economie de la Connaissance, où quand Barack Obama courtise les meilleurs geeks de son pays comme Elon Musk et Taylor Wilson, et qu'il en nomme même - comme Steven Chu et Ernest Moniz - ministre de l'Energie, un poste autrefois dévolu aux vieux briscards des hydrocarbures.» (1)


On doit à Mohamed Seghir Babès, président du Cnes, d'avoir pu et su ménager les avis qui étaient au départ, divergents et les amener graduellement à un consensus admis partout et qui peut et qui devrait servir de feuille de route. Tant il est vrai qu'il est l'émanation d'avis d'experts, dont la seule ambition est de servir leur pays en dehors de toutes rodomontade ou de stratégies du ya qu'à...

Toutes les recommandations faites sont bonnes, mais nécessitent du temps pour les mettre en oeuvre. C'est notre plus grand adversaire. Nous devons inculquer un niveau paradigme basé sur la sobriété. Et le développement durable. Il nous faut nous engager sans atermoiements dans une transition énergétique qui nous permettra de mettre en place la vérité des prix de l'énergie de l'eau, tout en nous lançant d'une façon résolue dans les énergies renouvelables et le développement durable.

Nous devons revoir les programmes pédagogiques, particulièrement dans l'éducation et penser notamment au baccalauréat du développement durable dont les prolongements seront pris en charge dans les métiers aussi bien à la Formation professionnelle que dans l'enseignement supérieur. Retenons la nécessité de réhabiliter les mathématiques au même titre d'ailleurs que la formation d'ingénieurs qui a été laminée par le LMD pour pouvoir s'attaquer à la nouvelle économie qui n'est plus celle de l'industrie lourde mais celle de la Robotique, de l'intelligence artificielle, des nanotechnologies, des énergies du futur? Toutes contribuant à un développement durable lié à une sobriété qui laisserait un viatique aux générations futures.

La situation du pays impose un consensus politique sur les grands défis. La transition énergétique, le sauvetage du système éducatif ne doivent souffrir de mon point de vue aucun calcul, il y va de l'avenir de ce pays. En allant vers la science et en parlant vrai on incitera les jeunes à l'effort, à l'endurance et à la performance à partir du moment où ils adhèrent à la démarche. C'est par une adhésion de tout un chacun que nous surmonterons la crise qui peut, si elle est bien pensée, une réelle opportunité pour rebondir en tournant le dos à la mentalité du beylik et à l'illusion de la rente.


1. http://www.liberte-algerie.com/ actualite/le-gouvernement-a-lecoute-des-experts-233185


2 http://www.huffingtonpost.fr/idriss-j-aberkane/economie-de-la-connaissance_ b_5443212.html

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/225799-l-avis-pertinent-des-experts.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 12:22

«Parmi les hommes, le plus faible est celui qui ne sait pas garder un secret; le plus fort, celui qui maîtrise sa colère; le plus patient, celui qui cache sa pauvreté; le plus riche, celui qui se contente de la part que Dieu lui a faite.»

Proverbe algérien

Nous vivons depuis la fin du siècle dernier une ère où l'énergie est devenue une variable d'ajustement des stratégies géopolitiques. Chacun sait que la majorité des conflits a un soubassement qui a pour enjeu la disponibilité ou non de l'énergie. Les nations du monde doivent faire le choix d'une nouvelle ère énergétique. De grands enjeux et incertitudes sont dictés par des besoins grandissants et des pressions environnementales accrues et ce n'est pas la conférence COP 21 dont on nous dit que c'est le miracle qui va y faire quelque chose.

Au risque de rappeler une Lapalissade, nous gaspillons allégrement une ressource sur le déclin et qui pour des raisons qui nous dépassent est maintenue contre toute logique à un prix international bas. Je reviens sur un certain nombre d'économies possibles qui nous permettraient de consommer moins en consommant mieux et sur la nécessité d'un cap vers le développement durable qui ne peut réussir qu'avec l'aide de chacun des citoyens d'où la nécessité pédagogique d'expliquer où on veut aller et comment y aller. Je propose ci-après des pistes pour non seulement atteindre cet objectif mais de plus, économiser cette ressource pour nous permettre de la laisser aux générations futures.



Les performances discutables de la téléphonie mobile

A priori parler des TIC dans le cadre de l'énergie, est hors sujet! Il n'en est rien; l'opportunité m'est donnée d'attirer l'attention sur un certain nombre de travers que nous pourrions corriger tous ensemble en allant vers la vérité des choses et ce qui est utile et prioritaire pour le pays. On nous annonce des performances dans l'éphémère. Nous sommes peut-être l'un des rares pays à utiliser le portable pour ne rien dire, pour bavarder - «ahadrou» - comme nous incite une publicité. En fait, notre bavardage profite aux opérateurs qui en profitent en devises. Le secteur de la téléphonie mobile a réalisé un chiffre d'affaires de 324,09 milliards de dinars (environ 3 milliards $) durant l'exercice 2014. Le nombre d'abonnés (GSM & 3G) a dépassé les 43, 28 millions, en hausse de 9,26%. En clair, il y a au moins deux puces par individu pour une puce si on compte les bébés. L'opérateur OTA (Djezzy) demeure en tête avec 18.6 millions d'abonnés, (22%) contre 13,02 millions pour ATM (Mobilis) et 11.6 millions d'abonnées pour WTA (Ooredoo). 24% des ménages algériens ont un accès Internet. Le parc abonnés Internet compte près de 1.6 million d'abonnés dont 1.5 pour l'Adsl.



Le chiffre des internautes est discutable

La réalité de l'Internet est que selon l'encyclopédie Wikipédia, le nombre de serveurs Web raccordés à l'Internet dans le monde a dépassé les 200 millions en janvier 2009: en Norvège de 95%, aux Etats-Unis de 84%, en France de 82%, en Arabie saoudite de 60%, au Maroc de 56%, en Tunisie de 43,8%, en Algérie de 16,4%. La moyenne mondiale est de 40,4% en 2014. Nous sommes donc le pays à niveau le plus faiblement connecté et nous ne devons pas faire dans le triomphalisme de pacotille. De plus et c'est le tragique, que faisons-nous avec l'Internet? C'est plus un divertissement à la limite du voyeurisme qu'un réel apport. Est-ce normal que des joueurs soient payés à des prix exorbitants pour quelques heures passées en Algérie avec l'argent du contribuable; non seulement ils n'apportent rien en termes de valeur ajoutée si ce n'est un coup de pub discutable à l'entreprise, mais ils enfoncent durablement les vertus du travail, de l'effort, en étant des contre-exemples de ce qu'il ne faut pas faire, tout ceci sous les yeux complices de leurs responsables.



Ce que nous attendons des TIC


Avons-nous l'Internet dans les écoles, dans les lycées? Utilise-t-on les technologies du Web pour faire des téléconférences et éviter les réunions qui sont dans les faits des consommations évitables d'énergie de carburants, de nuitées d'hôtels, de journées de travail. et aussi d'un gain d'énergie synonyme. Quand des responsables se réunissent c'est toute une logistique qui demande des moyens que l'on peut économiser. C'est tout cela et encore que l'on attend d'un ministère censé nous propulser dans le troisième millénaire avec les cours en ligne (comme aux Etats-Unis, les MOOC) comme le cartable électronique, que l'on nous avait promis depuis quelques années. C'est la e-poste avec les paiements en ligne. C'est dire s'il faut raison garder et se mettre en toute humilité au travail avec l'engagement de tout le monde vers les choses utiles qui ne font pas dans l'éphémère.



La conférence climat COP 21: le programme de la «zerda»


Deux ans de préparation, deux mois de chantier, 40.000 participants attendus: la COP21, prévue du 30 novembre au 11 décembre au Bourget, sera «l'une des plus grandes conférences sur le climat jamais organisée «, soulignent les organisateurs. Le centre de conférence officiel comprendra notamment deux salles plénières, 32 salles de négociation et un centre de presse (pour 3000 journalistes). Quelque 2000 ONG, dont plusieurs ont statut d'observatrices aux négociations climatiques, sont attendues. L'organisation annonce ainsi une offre quotidienne de 70.000 places supplémentaires chaque jour en bus et trains. Le budget est fixé à 170 millions d'euros, avec un objectif de 15 à 20% de mécénat d'entreprises).L'événement devrait rapporter environ 100 millions d'euros à la région Île-de-France du fait des dépenses diverses des participants (hébergement, restauration etc.), selon l'Office de tourisme de la Ville de Paris. Quelque 51.000 nuitées d'hôtel ont été réservées. (1)

Voilà pour la grande bouffe et comme on le dit en Algérie, une zerda pour signifier une boustifaille sans lendemain! La réalité est toute autre! En fait chaque pays essaie de se débrouiller par lui-même. On pourrait y ajouter la débauche d'énergie et de CO2 qui sera émis. Chaque participant dépensant l'équivalent d'une tonne de CO2 c'est au total près de 10.000 tonnes de CO2 qui vont être émises dans une conférence censée parler de la diminution de la consommation d'énergie !! Il y a donc urgence à ne pas polluer plus. A ce jour, 60 pays seulement ont remis leurs engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. Mais comme le dit si bien l’ancien président français Jacques Chirac, « les promesses n’engagent que ceux qui y croient » Depuis Copenhague, certains paramètres fondamentaux ont changé. Ce n’est pas pour autant que la pollution a diminué. Pour maintenir le seuil des 2°C il faut absolument que le dégagement de CO2 soit supérieur à 3,5 %. On n’en est loin. ( 1,3 % ?) Pourtant, l'urgence est là. Plus personne, ou presque, ne conteste que le dérèglement est d’origine principalement anthropique. Mais personne ne se sent concerné en dehors des vœux pieux et des effets d’annonce. Notons que le but est de limiter la température à 2°C est un coup parti car il faudrait pour cela ne pas dépasser les 5 tonnes de carbones par habitant et par an, nous en sommes plus loin que jamais.

Pourtant, à quelque chose malheur est bon, l'AIE annonce que le nucléaire repart. Selon les dernières prévisions faites par l'Agence internationale de l'énergie atomique (Aiea), L'énergie nucléaire – fait son miel des changements climatiques . Elle devrait continuer à bénéficier de la volatilité des prix des combustibles fossiles, La capacité nucléaire mondiale pourrait passer de l'actuelle 376 niveau GW (2014) à 380 GW (hypothèse basse) - 441 GW (scénario haut) en 2020 et de 385 à 632 GW en 2030. Dans la région de l'Asie du Sud, la Chine et la Corée du Sud contribueront à la croissance rapide des capacités (ils construisent 24 et 4 réacteurs, respectivement), qui devraient atteindre 132 à 219 GW d'ici 2030.

La transition énergétique vers le développement durable

La transition est définie comme le passage d'une civilisation humaine construite sur une énergie essentiellement fossile, polluante, abondante, et peu chère, à une civilisation où l'énergie est renouvelable. L'Algérie doit sans tarder quitter ce modèle de consommation basé sur le gaspillage et la paresse, fruit d'une rente mal utilisée pour aller vers la rationalité.
On annonce que l'Algérie s'engage officiellement à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7 à 22% en 2030, par rapport à un scénario business as usual. Nous devons exploiter rationnellement ce qui nous reste d'énergie fossile. Même le gaz de schiste pourrait faire partie du bouquet énergétique si la technologie actuelle est abandonnée au profit d'une technologie respectueuse de l'environnement, on oublie que le Sahara; est un écosystème qui vit, où existent une faune, une flore et il y a des citoyens qui y vivent. De plus, pour un pays en stress hydrique, notamment avec les changements climatiques de plus en plus récurrents, chaque goutte d'eau compte, la gaspiller ou pire, risquer de polluer la nappe phréatique est irréversible surtout pour le Grand Sud où un grand nombre de puits seront forés.

Pour y arriver il nous faut changer de paradigme. La transition énergétique reposera sur les piliers suivants: faire la chasse au gaspillage sous toutes ses formes, recycler et donner une seconde vie aux choses, n'extraire du sous-sol que ce qui est nécessaire «notre meilleure banque est notre sous-sol», mettre sans tarder en place un plan Marshall pour les énergies, arrêter par une série de normes et de mesures administratives l'importation d'équipements énergivores. Agir graduellement sur les coûts de l'énergie pour inverser la tendance, paramètre important qui peut contribuer à la sobriété énergétique. Valoriser le gaz propane butane (sirghaz) pour diminuer la pression sur l'essence et le gaz oil. La stratégie énergétique n'est pas de la seule responsabilité du ministère de l'Énergie. Chaque département ministériel a une responsabilité particulière, notamment le ministère du Commerce car de lui dépendent les achats qui peuvent être normalisés ou non


Le trésor des décharges

« La grandeur d’un pays disait le grand Bismarck, se mesure à l’ épaisseur des épluchures des pommes de terre ». Voulant signifier par là qu’il faut économiser la pomme de terre en enlevant que la peau qui doit être aussi fine que possible. La politique du laissez aller et de l’économie de bazar due à une manne insolente qui est repartie pour de bon afin que l’Algérie gaspille sans retenue,. C’est d’ailleurs, le plus sûr marqueur d’un pays sous développé. Quand on ne sue pas pour mériter, et qu’on dépense d’une façon frénétique dans le cadre de l’assistanat et de la perfusion de l’Etat, on ne connait pas la valeur du travail et du mérite. Il vient que les Algériens gaspillent d’une façon scandaleuse comptant sur l’Etat pour alimenter leur gabegie ! Cela ne va pas durer ! Il sera nécessaire de revenir aux fondamentaux pendant que nous avons encore un peu de marge

De ce fait , récupérer, recycler, donner une seconde vie aux choses devrait être la vertu cardinale de toute démarche éco-citoyenne. A titre d’exemple, sur les 13,5 millions de tonnes de déchets produits annuellement en Algérie, 60% sont récupérables. Seuls 5% sont récupérés. Aux Etats-Unis, c'est 40% que l'on recycle, en Europe de l'Ouest 50%, et en Asie de l'Est c'est plus de 60%... Les décharges algériennes contiennent en moyenne 62% de matière organique qui peut fournir du gaz combustible et le reste pouvant servir de composte, 12% de plastique, (1,5 million de tonnes), 9% de papier et carton (1,1 million de tonnes), 2% de métal, (270.000 tonnes), 1% de verre (135 000tonnes). Chacun de ces produits importé (plastique, et papiers) dépasse les 1000 dollars la tonne.

Chaque fois qu'une tonne de papier est recyclée, 1,41 tonne de bois est économisée, ainsi que 48,2 m3 d'eau et 10,25 MWh d'énergie. Une tonne de verre recyclée représente 0,66 tonne de sable et 0,1 tonne de calcaire et 1,46 MWh conservés soit 0,46 tonne d'équivalent CO2 évitée. Une tonne de PET recyclé représente 0,61 tonne de pétrole brut et 0,2 tonne de gaz naturel et 10,96 MWh soit 2,29 tonnes d'équivalent CO2 évitées. S'agissant des sacs plastiques près de 5 millions/an, il n'y a aucune stratégie à part celle de lui changer de couleur! En France d'après la ministre, l'interdiction des sacs à usage unique «va permettre de développer des industries de fabrication de sacs bio-dégradables et créer des emplois «au lieu d'importer, comme le sont 80% des sacs plastiques consommés en France, intégralement en provenance d'Asie. Le principe de base: donner une seconde vie aux choses. Nous voyons donc comment on peut faire à la fois des gains financiers, mais aussi en termes d'énergie. Nous gagnons sur tous les plans, même celui de la non-émission de CO2.


Les énergies renouvelables: pour un plan Marshall

Dans le cadre justement, d’une stratégie énergétique pour aller vers le développement durable, stratégie énergétique Il nous faut mettre en place, sans tarder, un modèle énergétique flexible . Dans ce cadre, au-delà du gisement des économies d’énergie qui est au moins de 20 %, nous devrions penser à développer un plan Marshall pour les énergies renouvelables S'entendre avec les compagnies qui veulent le gaz et le pétrole pour que chaque calorie fossile exportée soit adossée à une calorie renouvelable dans le pays d'une façon pérenne avec un réel transfert de savoir-faire où on mobilise tous les Algériens publics et privés l'université pour prendre en charge cette utopie qui est à notre portée

Est-il normal par exemple que l’Algérie soit l'un des derniers dans le développement de l'éolien. Dans le même ordre, la France qui pourtant traîne les pieds justement en raison de l'avance que lui donne le nucléaire, vient de dépasser les 10.000 MW en éolien. Le Maroc à installé 15 fermes pour 885MW la Tunisie (neuf fermes 242.36 MW) L'Algérie (une ferme 10MW) l'Egypte (neuf fermes 744.82 MW), la Libye (une ferme, 20.00 MW) la Jordanie (trois fermes 115 MW), la France (999 fermes 10.565 MW), l'Allemagne (7397 fermes 41.482 MW)Les Etats-Unis (1236 fermes 71.735. MW) la Chine (1083 fermes 56.535 MW). Même dans le solaire nous n'avançons pas! A peine 450 MW qui vont être installés alors que l'on promet 23000MW d'ici 15ans

Pour rappel le mégaprojet Desertec qui consistait à approvisionner toute l'Europe en électricité produite par des centrales solaires au Sahara a fait long feu lit-on sur une publication: «L'énergie solaire produite sur cette surface du Sahara fournirait assez d'énergie pour couvrir les besoins du monde entier.» Le Sahara est dépeint comme une vaste surface vide, faiblement peuplée, Le projet Desertec a été présenté comme une solution aux problèmes du changement climatique, aux conflits liés au gaz entre la Russie et l'Ukraine en 2006 et 2009, aux craintes d'un pic pétrolier et à la crise alimentaire mondiale de 2009. (...) la vision portée par le concept Desertec reste d'actualité avec des projets en Tunisie, au Maroc et en Algérie. En dépit des idéaux déclarés d'approvisionner l'Afrique en électricité, la fondation Desertec soutient le projet Tunur en Tunisie. (...) Le gouvernement marocain, assisté de certains membres du consortium Dii, a obtenu des financements de bailleurs internationaux pour développer la plus grande centrale solaire à concentration du monde à Ouarzazate.» (2)


Il n'y aura pas de réussite de cette stratégie énergétique si on n'explique pas les enjeux aux citoyens par une pédagogie qui devrait être faite à travers les médias lourds. Il n'y a pas de petites économies et il n'y a pas de sots métiers! Enfin, on ne peut pas ne pas parler de la vérité des prix qui donne une fausse idée de la consommation réelle en Algérie. Il faut aller graduellement vers les prix réels ne reportant les subventions non pas sur les prix mais sur les utilisateurs vulnérables. Il faut savoir que sur 10 dollars de subvention, 8 vont aux classes aisées qui consomment ou gaspillent plus à moindres frais. Sinon on continuera à entretenir l'hémorragie par les frontières, notamment en gasoil. L'alternative pour le pays est dans la sobriété, le changement de rythme, la décroissance qui suggère un changement de valeur:

Tournons le dos à l'ébriété énergétique, allons vers la sobriété énergétique, consommons vert. Pour consommer «éco-citoyen», et non «égo-citoyen» il faut retrouver le temps des saisons, le goût de la consommation des productions de sa région de son pays. C'est cela le développement durable voire le patriotisme économique, dans les faits. La formation des hommes est de ce fait, déterminante dans la prise de conscience que le futur se forge ici et maintenant. C'est là tout le défi que nous avons à relever. Changer maintenant, c'est éviter de subir demain, enfants. Antoine de Saint-Exupéry écrivait: «Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants.»



1.http://www.goodplanet.info/actualite/2015/09/11/la-conference-climat-chiffres-infrastructures-et-evenements/#sthash. 6pUSuRIz.dpuf

2. http://www.bastamag.net/Desertec-vers-un-accaparement-des-sources-d-energie-renouvelable-en-Afrique-du-Sud

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour /225451-comment-s-en-sortir-en-dehors-des-voeux-pieux.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 14:59

«Mon père chevauchait un chameau, je roule en Cadillac, mon fils vole en jet, son fils chevauchera un chameau.»

Proverbe saoudien

Encore une fois la gabegie saoudienne est à l'honneur. Une grue s'est effondrée vendredi, jour de repos et de prière chez les musulmans, sur la Grande mosquée de La Mecque, en Arabie saoudite. Au moins 107 personnes ont été tuées dont un hadji algérien L'accident a également fait près de 240 blessés Le mauvais temps pourrait avoir causé la chute de l'engin. L'Arabie saoudite s'apprête à accueillir des centaines de milliers de pèlerins pour le Hadj, L'an dernier, le royaume avait limité le nombre de fidèles autorisés à faire le Hadj, pour des raisons de sécurité, en raison du chantier engagé pour agrandir l'édifice qui fait déjà 400 000 mètres carrés et dont la partie la plus ancienne date du XVIe siècle. L'objectif: accueillir à terme jusqu'à 2,2 millions de personnes à la fois. Le porte-parole des deux saintes mosquées (La Mecque et Médine), Ahmed Ben Mohamed Al-Mansouri, a indiqué que la grue était tombée) «en raison de vents violents et de fortes pluies». Gouverner, c'est prévoir. Une fois de plus, le pouvoir saoudien a failli. Une fois de plus, ce sera l’impunité au nom du fait du prince et du mektoub (la fatalité) synonyme de renoncement par paresse intellectuelle, on s’en remet à Dieu pour les fautes des hommes qui devaient en toute, justice répondre de leurs actes



Les précédents accidents

Les autorités ont fait preuve de négligence face au danger que représentaient ces grues estime Irfan al-Alawi, co-créateur de la Fondation pour la recherche du patrimoine islamique, «Ils ne se préoccupent pas du patrimoine et ils se moquent de la santé et de la sécurité». Pour l'histoire, en janvier 2006, 364 pèlerins étaient morts piétinés lors d'un mouvement de panique, et 251 deux ans auparavant. En juillet 1990, 1426 pèlerins avaient péri, la plupart étouffés lors d'un mouvement de panique dans un tunnel. Le 09 avril 1998: 107 pèlerins sont morts dans une bousculade à Mina, à 10 km de La Mecque, où se déroulait le rite de la lapidation. On doit y ajouter les appréhensions causées par le stras (le coronavirus) Il ne faut pas oublier non plus l'attaque le 20 novembre 1979, premier jour de l'an 1400 (1er Mouharram) un groupe d'environ 200 fondamentalistes islamistes, composé de Saoudiens et d'Égyptiens étudiants à l'université islamique de Médine, lourdement armé prend par la force le contrôle de la mosquée Al-Masjid al-Haram à La Mecque. À la tête de cette prise d'otages, qui implique aussi bien des hommes que des femmes, se trouve Juhaiman ibn Muhammad ibn Saif al Utaibi, caporal retraité de la Garde nationale saoudienne (en). En premier lieu, il souhaite la reconnaissance de son beau-frère Mohammed Ben Abdallah Al Qahtani, présent avec eux, comme le Mahdi censé apporter la justice sur terre. Il justifie ses actions par le fait que la dynastie des Al Saoud a perdu sa légitimité, puisqu'elle est corrompue, qu'elle vit dans le luxe et qu'elle a détruit la culture saoudienne par sa politique d'ouverture à l'Occident. L'aide des commandos français permettra de sauver le trône.


Pour éviter l'intervention de non-musulmans dans le périmètre sacré, les gendarmes du Gign ont dû se soumettre à une rapide cérémonie de conversion à l'islam. Au soir du 4 décembre, les forces françaises et saoudiennes reprennent le contrôle du lieu saint, après une bataille qui a fait selon le bilan officiel 304 morts (177 terroristes, 127 Saoudiens).» (1)

C’est dire si une spiritualité est marchandisable pour sauver le trône, dans l’avion les policiers se convertissent à l’Islam, et dans l’avion du retour, ils redeviennent ce qu’il étaient !!

La Mecque: entre la cité de Dieu et la cité des hommes


Selon la tradition musulmane, La Mecque est une cité choisie par Dieu comme «bénédiction et direction pour les mondes». En cela, elle est la «mère des cités» et le «nombril de la terre». Mais elle est aussi une création des hommes, qui ont fait d'elle, au fil des siècles, ce qu'elle est aujourd'hui. Restait à en écrire l'histoire.

C'est à quoi s'est attaqué, nous dit Ruth Grosrichard directrice de recherche au CNRS Ziauddin Sardar, intellectuel britannique, et musulman d'origine pakistanaise, dans son Histoire de La Mecque, de la naissance d'Abraham au XXIe siècle, publiée aux éditions Payot. « Pour ériger ce «clinquant architectural», écrit-il il aura fallu détruire quelque 400 édifices, soit 95% de l'héritage millénaire de la ville. La Mecque est, depuis plus de 80 ans, la chasse gardée de la dynastie saoudiennne qui en a fait l'instrument de sa légitimité politique et religieuse, et a choisi, écrit l'auteur, d'agir comme si cette ville «n'avait ni préhistoire ni histoire avant Mahomet, ni histoire après lui». En 1973, cette volonté d'effacer toute trace du passé a conduit l'Etat saoudien à raser au bulldozer des quartiers entiers qui abritaient des sites historiques, anéantissant du coup un irremplaçable patrimoine culturel. Et ce n'était pas fini: en 2005, la mosquée Bilâl, probablement édifiée à l'époque du prophète Mahomet, est démolie sous un prétexte purement sécuritaire: elle jouxtait le palais du roi Fahd; en 2010, la maison supposée de Khadija, première épouse du prophète, se voit recycler en un bloc sanitaire, au sein d'un luxueux complexe résidentiel, Makkah Clock Royal Tower.» (2)

«Sardar poursuit la chercheuse Ruth Grosrichard, entreprend de démythifier une telle représentation: «Ce livre n'est donc pas consacré à La Mecque telle qu'elle a été idéalisée. Son propos est d'évoquer cette Mecque périphérique et négligée, ce lieu où des vies ont été vécues, où des héros mais aussi des gredins ont prospéré, ou des atrocités ont été commises, et où cupidité et intolérance étaient la norme.» (...) A cet enfermement dans un mode de pensée unique s'est ajoutée l'instauration par le pouvoir en place d'une hiérarchie raciale, pour ne pas dire raciste, au sein des musulmans, en fonction de leur origine ethnique ou nationale. A en croire Sardar, les plus mal lotis seraient les Africains. De nos jours encore, «il ne fait pas bon être noir dans la ville sainte». Paradoxe surprenant s'agissant de ce lieu censé symboliser l'unité fraternelle de la Oumma et l'égalité de chacun de ses membres devant Dieu. Ne parlons pas des juifs et des chrétiens: ils en sont carrément exclus, en dépit de leur filiation abrahamique revendiquée aussi par le Coran. La tradition islamique n'assure-t-elle pas qu'Abraham et son fils Ismaël ont construit la Kaâba, et que l'islam est la religion d'Abraham restaurée dans sa vérité?»(2)



La Mecque d'aujourd'hui: une Las Vegas des sables

«La Mecque d'aujourd'hui, poursuit Sadr, est la quasi-propriété privée de la monarchie saoudienne originaire du Najd (région centre de l'Arabie). A partir des années 1970, celle-ci livrera la «mère des cités» à des spéculateurs immobiliers et à des entrepreneurs avides, dont le fameux clan Ben Laden. La mosquée sacrée elle-même est atteinte par ce gigantisme: «La cité comptait un nouveau Dieu: l'argent. La manne pétrolière semblait consumer La Mecque», déplore Sardar en comparant ce développement débridé à celui de Houston et de Las Vegas. (...) La Mecque connaîtra des crises tout aussi déchirantes, dues notamment à l'hostilité entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite. Et rien n'exclut que Daesh la prenne pour cible un jour. Ce qui amène l'auteur à conclure que les événements qui s'y produisent sont un concentré de la condition des musulmans du monde entier et des difficultés qui sont les leurs: «Quand la ville sainte, coeur de l'islam, est souillée, polluée, culturellement aride et envahie par la corruption, le reste du monde islamique ne s'en sort guère mieux.» (2)

Du point de vue architectural et patrimoine, on s'étonne et on est scandalisé par les destructions archéologiques de Daesh. L'exemple vient de la famille saoudienne. Est à bien des égards édifiant . Nous lisons à ce propos : «Les villes saintes de La Mecque et de Médine n'ont pas échappé au puritanisme wahhabite. Iconoclaste au point de se méfier des vieilles pierres, ce courant religieux s'est appliqué à détruire la majeure partie de leur patrimoine architectural. « Quand les talibans avaient détruit les statues des deux bouddhas à Bamiyan en Afghanistan, le monde entier s'en était ému », rappelle Al-Quds Al-Arabi. Or le fondamentalisme islamique ne s'en est pas seulement pris aux symboles d'autres religions, mais également aux vestiges de l'histoire musulmane elle-même: « En Arabie saoudite, on peut estimer que près de 90% des vestiges islamiques ont été détruits par le courant wahhabite, y compris des mosquées, des écoles et des tombes. Quand, en 1924, le roi Abdelaziz ben-Saoud a occupé la ville de La Mecque, l'une des premières choses qu'il ait faite fut de détruire le tombeau de Khadidja l’épouse du prophète (...)» (3) La demeure d'Abou Bakr , le premier calife de l’Islam a fait place à un... hôtel Hilton.. Si dans l’Islam le croyant n’a pas besoin d’intercesseur avec Dieu, il n’en demeure pas moins que les saints hommes ont une dimension particulière et ,sont vénérés, en tout cas dans le Maghreb.


La marchandisation du divin

Comme on le voit, l'islam, à l'instar des autres religions, n'échappe pas à la marchandisation du sacré. Le néolibéralisme y voit une autre manne inépuisable, l'essentiel est de donner au pèlerin ce qu'il veut avec en plus un supplément d'âme pourvu qu'il ait les espèces sonnantes et trébuchantes. Nous nous souvenons tous de la comédie humaine chère à Balzac même dans le sacré , concernant ce qu’on appelait les indulgences du pape ; Plus on payait plus on pouvait ête absous pour les pires abominations .

«Pour Lionel Obadia: auteur de l'ouvrage La marchandisation de Dieu. (Edit du Cnrs). L'approche économique du fait religieux est un domaine émergent (...) On peut considérer Adam Smith comme le précurseur en la matière, notamment sa Théorie des sentiments moraux, où il étudie l'influence de la religion et des croyances sur l'économie. Mais la figure tutélaire de l'économie des religions, c'est évidemment Max Weber, pour son Introduction à l'éthique économique des religions universelles, où il tente de reconstituer les liens que chaque grande religion a entretenus avec l'économie, ouvrant la voie à une modélisation économique des comportements religieux. C'est la Mondialisation qui est aujourd'hui le facteur déterminant. Rien d'étonnant à cela car c'est à la fois au capitalisme et à l'expansion religieuse que la mondialisation a le plus massivement profité. mondialisation et expansion du religieux se sont vite rencontrées, par exemple dans la montée en puissance de la finance islamique ou l'apparition d'une «finance chrétienne». Pour la petite histoire, en guise d'illustration du pouvoir de développement économique des religions, la dernière mode est un tapis de prière avec boussole ( ndR) électrique qui s'oriente automatiquement vers La Mecque».(4)

La manne religieuse pour conforter un régime moyenâgeux avec l’indulgence de l’Occident


La curée na pas de limite pour dénaturer l Mecque et lui faire perdre sa dimension transcendante pour les musulmans Une première tranche de travaux, de 2002 à 2012, a donné naissance à un complexe de gratte-ciel, dominé par une tour de 601 mètres abritant un hôtel et surmontée d'une horloge six fois plus grande que celle de Big Ben. «Selon les prévisions de l'Institut du Serviteur des Lieux Saints pour les Etudes sur le pèlerinage, le total des flux financiers qui seront générés en Arabie saoudite par le Hadj à l'horizon 2015 s'élèveraient à plus de 34 milliards de dollars, soit le double des profits tirés de cette opération durant ces deux dernières années. L'estimation en question est faite à base d'un calcul, la dépense moyenne par haj s'élèverait à 1906 dollars, tout compris. Officiellement le nombre total des pèlerins «autorisés» a atteint l'an dernier 3 millions. Mais il faudrait y ajouter de nombreux autres croyants venus des différents coins d'Arabie saoudite et d'ailleurs portant ainsi les effectifs totaux à pas moins de 4 millions de hajs, selon certaines estimations. Alors qu'entre Hadj et Omra, le nombre total des visiteurs peut dépasser annuellement les 12 millions et devrait atteindre les 17 millions à l'horizon 2025. Par ailleurs, il est noté que l'industrie du pèlerinage représenterait 50 milliards de dollars pour le royaume saoudien, soit le deuxième pôle de recettes financières après le pétrole.» (5)


Il existe 276 hôtels à La Mecque. Le site propose même des circuits touristiques.

On annonce aussi que le site de La Mecque, verra l'ouverture en 2017 du plus grand hôtel du monde. Le complexe hôtelier, dénommé Abraj Kudai, proposera 10 000 chambres et suites sur 60.000 m². L'édifice, d'un coût de 3,5 milliards de dollars, sera bâti à 2,2 km du plus grand lieu de culte musulman du monde, la mosquée Masjid al-Haram, et battra le record détenu par The Venetian à Las Vegas. Les familles musulmanes les plus fortunées seront invitées à réserver dans l'établissement, où elles pourront se rendre via notamment les 12 héliports présents sur les douze tours de l'hôtel, dont dix abriteront des chambres quatre étoiles et deux, des suites cinq étoiles. Plusieurs étages seront réservés à la nombreuse famille royale saoudienne. Parmi les équipements, on comptera 70 restaurants, un centre commercial, une salle de congrès, des lieux de prière. (6)



Le big brother saoudien

À leur arrivée à l'aéroport de Djeddah, les pèlerins confient leurs passeports à leurs guides en échange d'un bracelet d'identification. Cette logistique impressionnante est désormais informatisée, un formidable dispositif de sécurité est mobilisé, qui ne compte pas moins de 100 000 policiers et 1500 caméras de surveillance sont braquées vers les divers recoins des lieux. Il sera bientôt obligatoire de porter un bracelet électronique à La Mecque. Selon les autorités, cet outil offrira des services aux pèlerins et facilitera la gestion des flux. Mais il permettra aussi de mieux surveiller le public. ´´Le ministère du Pèlerinage [Hadj, en arabe] saoudien demandera à tous les pèlerins de porter un bracelet électronique´´, rapporte le site de la télévision saoudienne Al-Arabiya. ´´Le bracelet offrira, dans plusieurs langues, des services tels qu'un GPS, des alertes pour les horaires de prière, une boussole pour indiquer la direction dans laquelle il faut prier, des instructions sur le rite à suivre et les préceptes à prononcer.´´ (...) au détriment de variantes apportées par des pèlerins en provenance par exemple du Maghreb ou d'Afrique.» (7)

Pour l'histoire, au début du XXe siècle le roi Ibn Saoud se plaignait à la France de la suppression de la «zakat» des Algériens qui n'étaient plus envoyée aux Lieux Saints aux pauvres de La Mecque et de Médine. Tout changea dans les années 1930 avec la découverte de l'immense gisement de Gawhar et la concession- qui recouvre pratiquement tout le territoire saoudien- donnée aux Américains qui ont créé une société, l'Aramco.

Il n'ya pas de pays, ou les libertés individuelles sont aussi bafouées ! Il en est ainsi des pélerins traités comme du bétail surtout s'ils viennent d'autres pays arabes. Si les flux gigantesques de pèlerins posent des problèmes de logistique aux autorités saoudiennes, ils doivent aussi être gérés en amont par les pays émetteurs. La règle des mille pour un million n'a bien sûr pas les mêmes répercussions dans chacun des pays concernés. Les pays non- musulmans, mais qui comptent sur leur sol des populations musulmanes, ne sont pas soumis à la règle des mille pour un million. La France, 5 millions de musulmans dont une bonne partie non pratiquant, a un quota équivalent a celui du Maroc 30 millions.

Nous trouvons toujours le même atavisme des Arabes installés dans les temps morts, plus égoïstes que jamais, nous l'avons vu avec la crise des migrants où aucun pays du Golfe ne s'est senti concerné par la démolition de la Syrie qu'ils ont réalisée et par les cohortes d'épaves humaines jetées sur les routes, bravant la mer à l'instar de Aylan. Ce qu'ils savent faire c'est «écraser leurs coreligionnaires et s'aplatir devant l'Occidental».

L’image de l’Islam qu’en donne ces potentats du Golfe est à des années lumières du vrai Islam. A titre d’exemple l’Islam maghrébin tolérant n’a rien à voir avec cet islamiste qui a fermé la porte de l’Ijtihad (l’effort dans la connaissance), il y a de cela mille ans . Nous avons en tant qu’Algériens, résisté, seuls pendant dix ans. 200 000 morts plus tard il a fallu septembre 2001 pour que l’appel de l’Algérie soit audible et qu’elle combattait non pas l’Islam mais l’extrémisme islamique



1 . https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_de_la_Grande_Mosqu%C3%A9e_de_La_Mecque

2.Ruth Grosrichard http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/28/la-mecque-entre-la-cite-de-dieu-et-la-cite-des-hommes_4739160_3212.html#S2xcyI1rRmq2CGXW.99


3. http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2006/05/19/les-wahhabites-se-heurtent-aux-vieilles-pierres-de-la-mecque


4. http://www.franceculture.fr/emission-l-essai-et-la-revue-du-jour-la-marchandisation-de-dieu-revue-socio-anthropologie-2014-03-12


5 http://www.algerie1.com/actualite/le-hadj-rapportera-plus-de-34-milliards-de-dollars-par-an/


6. http://www.egaliteetreconciliation.fr/Le-plus-grand-hotel-du-monde-ouvrira-a-La-Mecque-en-2017-33137.html


7. http://www.courrierinternational.com/article/arabie-saoudite-un-bracelet-electronique-pour-les-pelerins-de-la-mecque

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour /225208-cite-de-dieu-ou-cite-marchande.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique Chitour

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Chems Eddine Chitour - dans islam
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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 10:19

«Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.»

Guillaume d'Orange

Dans le droit fil de mes contributions précédentes sur les vertus du développement durable qui appelle à une prise de conscience nouvelle, un nouveau paradigme qui doit nous faire sortir des temps morts actuels et de l'illusion de la rente, je veux, dans cette contribution, attirer l'attention sur l'opportunité offerte par le recyclage qui consiste à redonner une seconde vie aux choses. Mon plaidoyer concernera, cette fois-ci la possibilité de récupération de trois matières premières qui nous coûtent l'équivalent de plusieurs milliards de dollars, je veux parler du papier, des matières plastiques et du verre. Sans oublier bien entendu les matériaux ferreux et non ferreux qui peuvent aussi être récupérés.

Sur les 13,5 millions de tonnes de déchets produits annuellement en Algérie, 60% sont récupérables. Seuls 5% sont récupérés. S'agissant du papier, à peine 15% seulement sont récupérés soit environ 100.000 tonnes de papier. Aux Etats-Unis, c'est 40% que l'on recycle, en Europe de l'Ouest 50%, et en Asie de l'Est c'est plus de 60%... Il faut apprendre à ce même citoyen, qu'en France, la fabrication de la pâte à papier utilise 40% de bois et 60% de papiers et cartons recyclés. Les décharges algériennes contiennent en moyenne 62% de matière organique qui peut fournir du gaz combustible et le reste pouvant servir de composte, 12% de plastique, 9% de papier et carton, 2% de métal, 1% de verre 14% en autres produits non valorisables

Le principe de base: Donner une seconde vie aux choses

Chaque fois qu'une tonne de papier est recyclée, 1,41 tonne de bois est économisée, ainsi que 48,2 m3 d'eau et 10,25 MWh d'énergie. Une tonne de verre recyclée représente 0,66 tonne de sable et 0,1 tonne de calcaire et 1,46 MWh conservés soit 0,46 tonne d'équivalent CO2 évitée. Une tonne de PET recyclé représente 0,61 tonne de pétrole brut et 0,2 tonne de gaz naturel et 10,96 MWh soit 2,29 tonnes d'équivalent CO2 évitées. Nous voyons donc comment on peut faire à la fois des gains financiers, mais aussi en termes d'énergie. Nous gagnons sur tous les plans, même celui de la non-émission de CO2.

Le modèle circulaire qui permet de valoriser sans rien jeter repose sur une approche biomimétique. Les règles du jeu indispensables qui doivent être mises en place dans la perspective d'un développement durable:

Cinq principes fondateurs:

*Déchet = nourriture. La nature ne connaît pas le concept de déchet.

*Chaque élément biologique, doit être conçu dans la perspective de son désassemblage et de sa réutilisation. La diversité est une force.

*Les systèmes complexes dotés de connections et de strates multiples sont plus résistants aux chocs extérieurs que les systèmes conçus pour leur seule efficacité.

*Fonctionner à l'énergie renouvelable. À l'image de tout organisme vivant, chaque système devrait tendre à fonctionner à partir d'énergie renouvelable.

*Les prix doivent refléter la réalité. Les prix sont des indicateurs, pour utiliser les ressources de manière rationnelle, ils doivent refléter le véritable coût (1).



Consommation de papier en Algérie et recyclage

600.000 tonnes importées de papier sont consommées chaque année en Algérie. Le recyclage du papier et autres déchets est une question qui sera de plus en plus récurrente si on veut consommer moins en consommant mieux le manque à gagner généré par le non-recyclage des déchets en tous genres est considérable. La facture de l'ordre de 600 millions de dollars.

Pourquoi nous gaspillons le papier? Ce n'est pas une question de matière à recycler qui fait défaut en Algérie, c'est plutôt une question d'éducation et de persuasion du citoyen à lui faire entendre raison pour ne pas jeter de grosses quantités de sa consommation de papier dans les ordures Si chaque individu économisait 2/3 du papier qu'il utilisait on peut récupérer 432.000 tonnes de pâte. Pour compléter cette quantité et la dépasser largement, il y a la richesse de l'alfa qui couvre 4 millions d'hectares sur les Hauts-Plateaux, La production était de 200.000 tonnes en 1930. L'exploitation de l'alfa a été abandonnée à l'indépendance. 4 millions d'hectares qui peuvent donner 250.000 tonnes de papier. L'alfa est une matière de choix elle contient en moyenne 50% de fibres de papier. Peut-être qu'il faille examiner la possibilité de la réutiliser en même temps d'ailleurs que tous les déchets de bois qui pourrissent

D'après le P-DG de Tonic industriel on peut faire mieux et récupérer jusqu'à 200.000 tonnes d'ici 2016. Nous l'écoutons: «Une campagne aussi qui sera lancée avec les municipalités pour essayer de faire le tri à la source, c'est-à-dire au niveau des ménages avec des bacs de papier, verre, plastique, etc. ensuite, aller vers les écoles pour former l'élève en tant que citoyen. Il y a aussi un programme de communication et d'information soutenue et qui est déjà lancé pour lui inculquer l'éducation environnementale et lui expliquer que rien ne se perd, tout est à récupérer, à recycler et à se transformer.(2)

Le manque à gagner pour le non-recyclage du papier estimé, aujour-d'hui, à 300.000.000 d'euros. soit 3,5 milliards de dinars de perte. Les raisons sont connues l'absence de collectes régulières des déchets qui provoque inéluctablement l'amoncellement des ordures. L'incivisme de certains citoyens en toute impunité, font qu'aucun plan ne pourra réussir sans prise de conscience. C'est en tout cas le rôle du wali et de l'APC qui se doit de tout faire pour une gestion harmonieuse de la cité. Un plan opérationnel avec une approche de développement durable permettra la mise en place d'un marketing environnemental ciblant tous les acteurs: associations entreprises, citoyens, éducation ´´Il y va aussi de la santé, de la sécurité alimentaire, de la potabilité de l'eau. C'est dire si le plan de charge de la wilaya à travers les daïras et les APC devra être rigoureux. Pour cela, nous n'inventons rien. Les responsables à commencer par le wali, les présidents d'APC et les responsables à quel échelon qu'ils soient devraient s'imprégner de cette culture du développement durable.


L'industrie des plastiques

Une autre mine d'or inexploitée est le recyclage du plastique. C'est surtout dans les pays très industrialisés que le recyclage est efficace contrairement aux pays du Sud qui gaspillent. Les Algériens utilisent 7,5 milliards de sacs en plastique soit l'équivalent de 35.000 tonnes. Le moment est peut-être venu de reconvertir les unités de production et revenir à la bonne vieille «koffa» ( le panier en osier) qui est utilisable des dizaines de fois.

Avec une consommation annuelle d'un million de tonnes, dont la moitié est importée d'Asie et d'Europe, le potentiel du marché algérien des plastiques est considérable. La consommation par tête se situe entre 8 et 10 kg.

L'Algérie est leader africain dans l'importation des technologies de l'emballage. Avec des importations d'une valeur de 131,1 millions de US$ en 2013 l'Algérie figure parmi les Top 3 importateurs les plus importants de la technologie de la plasturgie en Afrique, Avec des importations d'une valeur de 301,3 millions US $ en 2013 (+ 58,9%), l'Algérie est l'importateur le plus important de la technologie d'emballage en Afrique. loin devant l'Afrique du Sud, l'Egypte et le Nigeria. L'Italie est le deuxième fournisseur de l'Algérie en machines et produits en plastique et caoutchouc, derrière la Chine, a rappelé le même responsable, précisant qu'en 2010, les exportations italiennes vers l'Algérie en la matière ont été estimées à 21 millions d'euros. Plus d'une soixantaine de chefs d'entreprises algériennes spécialisées, publiques et privées, tentent de créer des partenariats dans ce créneau.

Le secteur de la plasturgie tarde à atteindre le niveau de développement escompté, en dépit des potentialités existantes et les facilités accordées par l'Etat aux PME, relèvent des professionnels. Avec une consommation annuelle estimée à 1 million de tonnes de produits en plastique, l'Algérie importe plus de 500.000 tonnes d'Asie et d'Europe. Les importations en produits de plastique sont estimées à 71,2 millions de dollars, alors que celles des machines de conditionnement ont atteint 132,9 millions de dollars en 2011, selon les chiffres du Centre national de l'informatique et des statistiques (Cnis). (3)

L'Algérie importe chaque année pour près de 1 milliard de dollars en produits et d'équipements d'emballage dont ce dernier occupe les 60% de la facture. Une facture d'autant plus lourde que la transformation du papier importé ne représente que 15% du total des importations. Les importations en papier et cartons sont passées de 93 millions de dollars en 2005 à 610 millions de dollars en 2014, soit une évolution de 655%.

L'Algérie représente en 2011 un marché avec un volume d'importation de 200 millions de dollars portant sur le seul secteur des technologies de l'impression, du papier et de l'emballage, 132, 9 millions de dollars pour les machines à emballer et 67,1 millions de dollars pour les technologies de l'impression et du papier. L'emballage représente parfois jusqu'à 50% du prix du produit pour un matériau , dans le cas du verre, recyclable à l'infini, le verre coûte le même prix ou plus cher que le produit net.

Par exemple, le prix d'une bouteille de jus en verre coûte environ 110 dinars le litre, contre 65 dinars le litre pour une bouteille de jus en PET. Un kilogramme emballé dans une boîte en plastique coûte environ 350 dinars alors que le même produit emballé dans un flacon en verre coûte 650 dinars, soit pratiquement le double. Il en est de même du plastique. En moyenne, un fardeau contenant six bouteilles d'eau minérale de 1,5 litre (soit 9 litres au total) coûte 135 dinars contre une bouteille de 5 litres d'eau de la même marque qui revient à 60 dinars.

Le consommateur paye environ 25 dinars pour l'emballage des six bouteilles, soit environ 5 dinars pour chaque bouteille. Enfin un sachet de 3kg de poudre de lavage de vêtements pour machine à laver coûte 595 dinars contre le même produit en carton vendu à 730 dinars. Soit 135 dinars de plus ce qui représente le coût des 6 bouteilles d'eau minérale.

La consommation annuelle d’eau minérale est passée de 0.5 litre habitant en 2003 à 23.7 litres en 2012 (41% du volume des boissons consommées), 21 marques pour les eaux minérales naturelles 28 marques pour les eaux de source soit 1.5 milliard de litres en 2012. Cinq marques (Ifri, Saïda, Lalla Khedidja, Guedila, Nestlé) se partagent 70% des parts de marché. (4)

Si seulement ce sont des bouteilles de 1 litre cela donne 1,5 milliard de bouteille à 35g chacune soit 50 milliards de grammes ou encore 50.000 tonnes; nous jetons la majorité des bouteilles de plastique. Le prix du PET sur le marché mondial est estimé à plus de 1300 dollars soit 130 et 160 dinars pour le kilogramme. C'est au total plus d'un milliard de dollars en matières plastiques acquis chaque année.


Le gros problème de la collecte

Maintenant que nous avons les données sur ce que nous perdons potentiellement, nous avons le devoir de récupérer cette manne. Les sociétés qui commercialisent devraient être partie prenante du recyclage et favoriser autant que possible les formats de 5 litres qui utiliseront moins de plastique. Ce que nous pourrions gagner aussi si on mettait en oeuvre une politique hardie de récupération de recyclage, reste le problème de la collecte. De par le monde en France, les taux de collecte sont différents d'un produit à un autre. Ainsi, le taux de collecte du verre d'emballages ménager est arrivé à près de 50% de 38% en 1995 à 55% en 2005. Ceci est dû à L'augmentation permanente de l'implantation de conteneurs d'apport volontaire. Actuellement en France, il y a plus de 100.000 conteneurs d'apports volontaires du verre implantés pour la couverture de l'ensemble du territoire.



Tout repose sur la wilaya et les collectivités

Le développement durable est un levier pour aussi créer de la richesse. Il n'est que de voir comment le tri sélectif permet de récupérer, les métaux, le plastique, le verre, le papier à qui il est possible de donner une seconde vie en réduisant les importations. De plus, l'engagement citoyen dans certains pays, chaque citoyen donne une demi-journée par mois de son temps à sa commune. La commune, en tant qu'entité vivante, implique un mode de gouvernance participatif qui s'appuie sur la concertation et le dialogue et facilite les dynamiques collectives.

Le développement durable donne envie de s'impliquer. Il parvient même à cultiver une dimension «épanouissante» et conviviale en montrant une pratique éco-citoyenne, dans le travail partagé, et les challenges à relever collectivement. Chaque wilaya doit avoir une stratégie en fonction de ses atouts. Elle doit, par principe, tout recycler, ne jeter que le minimum, emportant l'adhésion des citoyens en donnant exemple, en sanctionnant positivement ou négativement toute action.

La création de richesse à travers l'exploitation des décharges pour en retirer tout ce qui peut être utile au pays, peut lui permettre si la volonté y est, si l'adhésion des citoyens est acquise par une pédagogie de tous les jours de faire gagner au pays globalement près d' un milliard de dollars entre le papier, le verre, les plastiques, le métal. C'est en gros la moitié de ce que l'on achète chaque année.

Donner une seconde vie aux choses en recyclant sans acheter, en organisant des opérations de foire semestrielle, pour les échanges en favorisant des projets porteurs, en consommant moins, en consommant mieux et en étant solidaire d'une commune à une autre en mutualisant des moyens lourds. Cela donnera une rentabilisation des moyens et un meilleur entretien. Chacun devrait faire l'inventaire de ce qu'il a pour éviter les doubles emplois et les doubles acquisitions au niveau des wilayas et des daïras.

Il peut s'avérer utile à nos édiles de suivre une formation sur le développement durable qui sera certainement profitable à la cité. C'est tout le voeu que nous faisons. Entre les tenants d'un catastrophisme de la fatalité, et ceux qui veulent faire quelque chose pour ce pays, il n' y a pas à hésiter. Plus que jamais, nous devons nous unir pour traverser cette mauvaise passe où pour une fois nous allons vraiment faire preuve d'intelligence pour gérer sous contrainte, indépendamment de nos chapelles et de nos états d'âmes.



1. http://www.ellenmacarthurfoundation.org/fr/economie-circulaire/les-principes/2e-partie-principes-fondateurs-du-modele-circulaire


2. Mustapha Merzouk, P-DG de Tonic Industrie L'éco n°113 / du 1er au 15 juin 2015


3. http://www.leconews.com/fr/depeches/plastiques-et-caoutchouc-les-entreprises-italiennes-pretes-a-s-installer-en-algerie-27-11-2012-160930_312.php


4. http://agrifood-innovation. blogspot.com/2013/10/industrie-de-leau-embouteillee-en.html

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/224940-la-solution-a-la-crise.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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