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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 14:23

Lors d’une interview sur la chaine 3 francophone, J’ai tenu à mettre l’accent sur trois principes essentiels qui pourraient permettre à l’Algérie de rebondir et de traverser cette mauvaise passe.

En premier lieu il y a lieu de militer inlassablement, pour conjurer l’effritement identitaire pour le vivre ensemble dans un monde de plus en plus inhumain et féroce envers les faibles. j’ai notamment appelé avant toute chose à édifier une nation. Un plébiscite de tous les jours dirait Ernest Renan. De ce fait il ne devrait y avoir ni opposition ni pouvoir : il y a le pays l’Algérie.

Je suis convaincu que la nation algérienne possède les atouts propres à la faire sortir de la crise, à la condition qu’il soit mis un terme à la dualité entre pouvoir et opposition et que des décisions politiques courageuses soient mises en branle. J’en appelle à un élan impliquant l’ensemble des Algériens, « qui doivent tous se sentir concernés », la jeunesse en particulier, à laquelle, il faut , avant tout expliquer les enjeux « du vivre ensemble » et la nécessité de s’accepter que l’on soit du Nord ou du Sud, de l’Est ou de l’Ouest.

En deuxième point j’ai beaucoup insisté sur le développement durable et la nécessité deconsommer moins en consommant mieux. Il faut changer de paradigme et aller vers la sobriété. J’ai donné quelques exemples de gaspillages notamment la nécessité de tris sélectifs et la responsabilité des collectivités locales

J’ai prôné une lutte sans merci contre l’« énorme » gaspillage observé dans différents secteurs, Il est impératif d’avoir une perception nouvelle par rapport aux richesses énergétiques et hydriques du pays. « L’énergie a un coût, l’eau a un coût, et il en est de même de tout ce que nous importons » Nous achetons le gasoil à 1$ le litre nous le bradons au consommateur à 13 Da soit 8 fois moins ! Le gaspillage se fait en partie par une hémorragie aux frontières du fait des couts élevés dans les pays limitrophes. Il y a nécessité de revoir tout cela et faire en sorte que les aides puissent aller à ceux qui ont en besoin ; car jusqu’à présent il est admis que 75 % de ces subventions de ces produits (eau, électricité, carburants, pain) profitent en priorité à ceux qui ont un fort pouvoir d’achat.

J’ai ensuite parlé de la vérité des prix et de la nécessité de cibler justement les aides aux classes nécessiteuses au lieu de faire des aides sur les couts.

Mettant en avant quelques chiffres, j’ajoute : « nous consommons, 1 million de tonnes de plastique chaque année qui demandent à être recyclés ». 1 million de tonnes de papier des dizaines de milliers de tonnes de verre. Le taux de recyclage est très faible.

Je parle enfin du défi du gasoil et de ses méfaits : Alger compte 2 millions de véhicules dont 1/4 est en circulation permanente, « une heure d’embouteillage entraine une perte en carburant d’une valeur de 500.000 dollars/jour. Soit près de 80 millions de dollars /an pour la seule ville d’Alger ! Sans compter la pollution occasionnée par les particules lors du la combustion du diesel, un problème de santé publique. J’ai pointé du doigts le fait que le métro et le tramway ne favorisent que les gens intra-muros qui en principe n’en ont pas besoin, car tous les ministères et les sièges sont concentrés au centre-ville . Ce sont ceux qui sont à la périphérique qui on en besoin. La politique de transports en commun est à adapter à cela

Enfin j’ai traité de la Ressource humaine et j’ai appelé à une économie de la Connaissance en citant le fameux exemple de Bill Gates reçu par le président français François Mitterrand :L’internet c’est le futur baril de pétrole. Nous devrions miser sur la technologie et les sciences exactes en réhabilitant les sciences de l’ingénieur laminées par la mise en place sans garde fous du LMD qui nous a fait perdre « nos défenses immunitaires » que constituent les formations d’ingénieurs et de techniciens ; Seules quelques écoles ont échappé à la curée.

Parlant des élites marginalisées j’ai affirmé que « nous avons, un gisement de connaissances et de savoir qui peut encore être mis à contribution même si les cadres sont à la retraite. L’Université doit jouer son rôle et rentrer dans la mêlée en contribuant au développement du pays et la formation des créateurs de richesses à la place de demandeurs d’emplois.

En définitive, sans avoir la prétention de jouer les pythies, j’ai affirmé que si nous continuons sur cette lancée de consommation débridée « dans trois années nous seront à sec ».

Seule une utopie mobilisatrice qui fédère tout le monde autour d’un projet, une transition énergétique vers le développement durable adossée à la sollicitation de l’université et des compétences quelques soient leurs latitudes pourra donner des raisons d’espérer à une jeunesse en panne d’espérance, qui a besoin de repères pour aller de l’avant

Amen.

Source de la vidéo : http://www.radioalgerie.dz/player/fr/video/invité-de-la-rédaction-de-la-radio-chaîne-3-chems-eddine-chitour

Pr. Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans algerie
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