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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 20:02


«Albahrou ouara akoum oua al ‘adou amamakoum»

Paroles attribuées à Tarek Ibn Zyad lors de son arrivée en Espagne en 711

Ça y est! Ce que l'on craignait est arrivé, les prix du pétrole ont plongé à moins de 30 dollars (29,09 $ le baril le 15 janvier 2016 pour le Brent et 2,13 le million de BTU pour le gaz naturel coté au Nymex). Une nouvelle baisse des prix «ne peut être exclue», a déclaré Carsten Fritsch, analyste de Commerzbank à Reuters Forum Global Oil. Il a averti que 25 $ le baril «est tout à fait possible, mais pas beaucoup plus bas que cela». La production américaine s'établissait à 9,227 millions de barils avec une quantité de raffinage de 16, 423 millions de barils/jour au 8/01/2016. (1)

La différence étant importée ce qui amène interrogation: d'un côté, le Congrès autorise les Etats-Unis à exporter, de l'autre, ce pays importe 7,196 millions de baril/jour! La seule certitude est que les stocks de sécurité sont pleins à 482 millions de barils soit 60 jours d'importation et plus de 100 millions de barils/jour par rapport à la même période de 2015. Cela veut dire que la recommandation de l'AIE aux pays de l'Ocde leur permet indirectement de manipuler les prix et absorber des chocs en déstockant. Adam Smith et sa main invisible sont une vue de l'esprit à moins d'admettre qu'Adam Smith nous a bernés et qu'en fait il est manchot.

Un chaos mondial

Par ailleurs, les Bourses ne sont pas épargnées, il y a une sorte de sauve-qui-peut. «Depuis le début du mois en effet, lit-on dans un éditorial du journal Le Monde, les Bourses de Chine ont chuté de 20%, tandis que, à New York, Wall Street a reculé de plus de 8%. Cette baisse brutale est le reflet d'une triple crise - chinoise, pétrolière, américaine -, qui menace l'économie mondiale.(...) Le système[chinois] ne s'effondre pas, mais la deuxième économie du monde connaît des soubresauts dangereux pour ses partenaires. A commencer par la baisse du yuan. Pour l'instant, Pékin se bat contre les marchés pour freiner la dévaluation de sa devise - ses réserves monétaires ont fondu de plus de 100 milliards de dollars en décembre -, mais combien de temps sera-t-il possible de résister à la spéculation?» (2)

Le baril de brut est passé sous les 30 dollars, en recul de plus de 15% depuis le début de l'année. Au plus bas depuis douze ans, il entraîne avec lui l'ensemble des matières premières. Pour mémoire, l'or noir s'échangeait encore à 115 dollars il y a dix-huit mois. N'en déplaise aux automobilistes, ce prix est beaucoup trop bas. Jusqu'à 70 dollars, un pétrole bon marché est favorable à la croissance mondiale. En deçà, il a des effets récessifs: les pays producteurs sont obligés de réduire leurs importations et leurs investissements, ils se trouvent exposés à de graves risques politiques et sociaux, tandis que les compagnies pétrolières sabrent dans les investissements. Ce double choc se répercute sur les Etats-Unis. Les entreprises sont chahutées en Bourse. Contre-choc pétrolier oblige, le secteur de l'énergie est en chute libre, et les faillites qui se multiplient affectent, par ricochet, les valeurs bancaires (...) Mais l'activité de l'industrie s'est contractée ces derniers mois, pour retomber à son plus bas niveau depuis 2009, et la consommation marque des signes d'essoufflement. Bref, l'Amérique freine dangereusement, alors que la Réserve fédérale vient tout juste de remonter ses taux d'intérêt après des années d'argent facile.»(2)



Comment les prix du pétrole pourraient augmenter?

Les rentiers de l'Opep ne savent pas que la perte occasionnée par un dumping qui met les prix au plancher est de loin plus importante qu'une réduction de quota. Un petit calcul montre qu'une réduction de 10% de la production de l'Opep soit 3,1 millions de barils à répartir d'une façon équilibrée en réduisant la part de l'Arabie saoudite qui a pris les quotas de l'Iran du fait des sanctions et de l'Irak, permettrait de faire remonter les prix jusqu'à 60, voire 70 $. Les pays industrialisés, notamment pétroliers, américains ne verraient pas cela d'un mauvais œil. Pour l'Algérie passer de 1 million de barils/j à 30 dollars, voire moins à 800.000 barils /jour à 60 dollars le gain est évident. Mais qui va faire entendre raison aux rentiers du Golfe? Seule alors une injonction américaine leur fera entendre raison. Cela ne se fera pas car les Américains ont pour objectif de terrasser économiquement la Russie. Les producteurs américains ont des moyens de rebondir le moment venu.



L'équation iranienne

Nous savons que l'Opep est à la fois clouée au sol par les problèmes de parts de marché imposées par les Saoudiens, mais aussi par la rivalité entre ces deux pays. Alors que le conflit entre l'Iran et l'Arabie saoudite continue, un renforcement des liens entre les acteurs improbables pourrait être en cours.Israël et l'Arabie saoudite ont trouvé un terrain d'entente dans leurs efforts pour combattre l'influence iranienne dans la région, selon le Wall Street Journal. Alors que ces deux pays n'ont pas de relations diplomatiques formelles.
Les sanctions internationales contre l'Iran ont été levées. Selon l'Aiea Téhéran a respecté ses engagements. C'est un bon jour pour le peuple iranien puisque les sanctions vont être levées», a déclaré Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence de presse Isna. Téhéran va revenir en force sur le marché pétrolier. «Elle va cibler l'Inde, et envisage d'augmenter les exportations de 500.000 barils par jour (bpj). L'Iran dispose de 22 très grands transporteurs de brut (Tgtb) flottant au large de ses côtes, avec 13 entièrement ou presque entièrement.» (3)



Les énergies propres: Embellie durable

Dans toutes ces incertitudes, le développement des énergies renouvelables ne connaît pas de ralentissement, au contraire! 2015 a été une bonne année pour l'installation de capacité d'énergie renouvelable, avec 64GW pour l'éolien et 57GW pour l'énergie solaire photovoltaïque soit une augmentation de près de 30% par rapport à 2014. Les investissements dans l'énergie propre ont bondi en Chine, en Afrique, aux Etats-Unis, en Amérique latine et en Inde en 2015. Les investissements ont atteint 328.9milliards de $, en hausse de 4% par rapport à 2 014. Parmi les pays émergents citons le Mexique (4,2 milliards $, en hausse de 114%), le Chili (3,5 milliards $, en hausse de 157%), l'Afrique du Sud (4,5 milliards $, en hausse de 329%) et le Maroc (2 milliards $, partant de zéro en 2014). Ceci est dû à la baisse du coût de l'énergie solaire photovoltaïque, ce qui signifie que plus de capacité pourrait être installée pour le même prix. Au cours des 18 mois à la fin de 2015, le prix du Brent a plongé de 67% à partir de 112,36 $ à 37,28 $ le baril. Le gaz naturel aux États-Unis a chuté de 48% sur l'indice Henry Hub de 4,42 $ à 2,31 $ par million de British Thermal Units.» (4)

« Michael Liebreich, président du conseil consultatif à Bloomberg New Energy Finance, a déclaré: «Ces chiffres sont une riposte magnifique à tous ceux qui attendaient l'investissement de l'énergie propre à caler sur la chute des prix du pétrole et du gaz. «Le vent et l'énergie solaire sont actuellement adoptées dans de nombreux pays en développement comme une partie naturelle et importante du mix de production: le plus grand financement dans l'éolien terrestre était pour 1.6GW Nafin Mexique, $ 2,2 milliards environ. Le solaire thermique ou CSP développé par NOORo au Maroc, à 350 MW de 1,8 milliard $.»(4)

«La Chine a de nouveau été de loin le plus grand investisseur dans les énergies propres en 2015, augmentant sa domination de 17% à 110.5 milliards $. Les États-Unis ont investi 56 milliards $, en hausse de 8% sur l'année précédente L'Europe vit de nouveau la baisse des investissements en 2015, à 58.5 milliards $, en baisse de 18% sur 2014 et son chiffre le plus faible depuis 2006. Le Royaume-Uni est de loin le marché le plus fort, avec des investissements en hausse de 24% à 23.4 milliards de $. L'Allemagne a investi 10,6 milliards $, la France a connu encore une plus grande chute de l'investissement, de 53% à 2,9 milliards $. L'Afrique et le Moyen-Orient sont deux régions avec un grand potentiel pour l'énergie propre, compte tenu de leurs populations croissantes, ressources solaires et éoliennes abondantes. En 2015, ces régions combinées ont vu l'investissement de 13,4 milliards $, en hausse de 54% sur l'année précédente.» (4)



Qu'en est-il du gaz de schiste?

Plombée par des prix du pétrole bas, l'industrie des gaz de schiste a mangé son pain blanc. Il semble que de graves problèmes commencent à être visibles, à la gabegie d'eau douce utilisée, aux centaines de produits chimiques ajoutés, au non-traitement correct des eaux récupérées avec toutes les conséquences en termes de nuisances et de détérioration de la santé, il faut ajouter un phénomène dangereux celui des tremblements de terre. Une publication récente montre le sort peu enviable des habitants de l'Oklahoma: «Pour les habitants de l'Oklahoma, c'est presque devenu une routine. La terre tremble régulièrement. Le 6 janvier, deux séismes d'une magnitude de 4,7 et 4,8 ont secoué la région septentrionale de cet Etat du centre des Etats-Unis. En 2015, l'Oklahoma a recensé plus de 900 tremblements de terre d'une magnitude proche de 3, soit deux et demi par jour. Pour 2016, les prédictions ne sont pas meilleures ».(5)

« Selon le National Earthquake Information Center de Golden, dans le Colorado, la barre des mille séismes devrait être franchie. La région centrale du pays n'avait enregistré que 21 séismes de magnitude 3 et plus entre 1973 et 2008. L'Oklahoma n'est pas le seul Etat touché par des séismes induits par l'activité pétrolière et gazière. La Californie, le Dakota du Nord ainsi que le Texas connaissent le même type de phénomène. Dans certaines régions du Texas, des pétitions demandant l'arrêt du 'fracking'' ont été signées.» (5)


Outre ces anomalies, les gens ont du méthane et autres produits toxiques dans leurs eaux. Ils ont même mis en place des systèmes de ravitaillement en eau potable parce qu'ils développaient des maladies à force de consommer celle du robinet.


Que devons-nous faire dans le pays?

70% de la consommation énergétique nationale sont consacrés aux ménages, au transport et autres consommations sans production de valeur ajoutée, et seulement 30% dans l'industrie, cette tendance va dangereusement perdurer à moins d'une politique énergétique destinée à la réduire, à diversifier sa nature. Cela ne peut pas se faire sans une vision d'ensemble et la transition énergétique n'est pas de la responsabilité unique du ministère de l'Energie, mais de tous les autres secteurs. Nous devons aller vers le développement durable en mettant à profit d'une façon rationnelle les ressources de la rente pétrolière et gazière pour mettre en oeuvre la transition énergétique du pays.

Cette transition énergétique, qui nécessite l'adhésion de la société entière pour sa réussite, doit aussi se traduire par une sobriété énergétique et une utilisation pondérée des énergies fossiles». L'objectif étant de sortir définitivement de la rente d'une façon intelligente et, en même temps, laisser un viatique aux générations futures. En un mot, l'économie algérienne ne doit pas lier son avenir aux convulsions erratiques d'un baril de pétrole. Pour les experts, la réalisation de cette transition énergétique, une sorte de «plan Marshall», est nécessaire, englobant un modèle de consommation allant jusqu'à 2050.

Ce «plan Marshall» doit également revoir la question du soutien aux prix de l'énergie, qui est anormal car profitant aussi aux classes aisées. Les économies d'énergie, qui vont mettre fin à une consommation débridée, ne peuvent être opérationnelles que si un juste prix est pratiqué, Savons-nous que le prix du gaz naturel est facturé en Algérie 20 fois moins cher que son prix à l'international et que celui du gasoil est facturé 5 fois moins cher que dans les pays voisins?

La transition énergétique vers le Développement humain durable (il faut s'efforcer de ne laisser personne sur le bord de la route) que nous appelons de nos voeux doit aussi tenir compte de plusieurs paramètres, un large recours aux énergies renouvelables, la protection de l'environnement et surtout la rationalité dans la consommation. Il faut savoir en effet, que notre plus grand gisement d'énergie est celui des économies d'énergies évalué entre 10 et 20%. Cela veut dire que près de 5 à 10 millions de tonnes pourraient être épargnées et laissées aux générations futures.

Le solaire et l'éolien sont largement rentables dans tous les pays sauf, curieusement dit-on en Algérie! Pourquoi? Est-ce que la main-d'oeuvre est chère? Alors qu'elle est au moins trois fois moins chère! Est-ce que parce que le gisement solaire n'est pas assez incitatif, alors que l'on sait qu'il est presque trois fois plus important que celui de l'Allemagne en intensité et dix fois en surface! Est-ce que parce que nous n'avons pas de matière première (le silicium, alors qu'on nous annonce la découverte d' un gisement de 6 millions de tonnes). Est-ce que parce que nous n'avons pas les compétences? Nous produisons bon an mal an 150 000 diplômés! Que font-ils sinon verser dans l'informel! Est-ce qu'il n'y a pas d'entreprises qui s'y sont lancées dans le solaire malgré toutes les entraves bureaucratiques? non, rien de tout cela!

La raison est que les pouvoirs publics sans vision d'ensemble qui toucherait tout les départements ministériels,- c'est cela la transition énergétique vers le Développement humain durable que nous appelons de nos voeux - veulent tout faire et ne laissent pas l'initiative aux entreprises privées de se lancer moyennant des dispositifs d'accompagnement dans la production de panneaux solaires et de participation à cette stratégie d'ensemble dans le cadre d'une transition énergétique à expliquer aux citoyens et faire en sorte que chacun prenne sa part de responsabilité.

Une utopie mobilisatrice serait de décider dans les faits, pas dans le verbe, du développement du Sahara (un véritable Snat); Création de villes nouvelles adossées à des périmètres développés pour l'agroalimentaire avec la disponibilité d'eau d'électricité renouvelables. Si seulement 10% des 300.000 logements étaient dédiées aux villes nouvelles, ce sera une sorte de conquête intelligente du Sud. Plus globalement s'il est demandé aux citoyens de rationaliser leurs dépenses, notamment d'énergie, d'eau, alimentaires, ils le feront quand ils auront acquis la certitude qu'il y a une stratégie d'ensemble qui touche les faibles comme les puissants à des degrés divers.

Le citoyen lambda est prêt à faire des sacrifices si le fardeau de ces mesures d'ajustement est réparti d'une façon appropriée. A commencer par le train de vie de l'Etat qui peut et qui doit être réduit d'au moins 20%. Une mesure spectaculaire serait par exemple que la flotte de véhicules de l'administration se mette au sirghaz, que les véhicules importés possèdent la double carburation (avec le sirghaz) et que les dépenses de prestige sans valeurs ajoutées soient supprimées. Vive la crise si elle nous permet de nous réveiller ! Ce plan Marshall est encore finançable. «Albahrou ouara akoum oua al adou amamakoum» se serait exclamé Tarik Ibn Zyad lors de son arrivée en Espagne en 711. Mutatis Mutandis nous sommes dans la même situation. Le moment est venu de donner une utopie mobilisatrice à cette jeunesse en panne d'espérance.


1. http://oilprice.com/newsletters/free/opintel15012016


2. Le retour des tempêtes financières. Le Monde du 17 janvier 2016


3. http://www.reuters.com/article/us-iran-oil-exports-idUSKCN0UT098


4. http://about.bnef.com/press-releases/clean-energy-defies-fossil-fuel-price-crash-to-attract-record-329bn-global-investment-in-2015/


5.Stéphane Bussard http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/15/dans-l-oklahoma-le-gaz-de-schiste-provoque-des-seismes-arepetition_4847904_3244.html#l51Fs3YAXOSKZbwO.99

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/233549-il-faut-un-plan-marshall-du-developpement-durable.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 12:59

«Nous devons être honnêtes et reconnaître qu'une grande partie de l'argent dans nos banques vient précisément de l'exploitation du continent africain.»

Jacques Chirac ancien président de la République française

L'actualité ces jours-çi a remis sur le devant de la scène un dossier récurrent, celui des causes de la mort du leader libyen Mouammar El Gueddafi. On aura tout dit sur les conditions abjectes de sa mort et comment l'impunité mondiale fait que les assassins sont dans la nature et les commanditaires pas inquiétés. C'est dire si la Cour pénale internationale est défaillante et au final n'est véritablement conçue que pour juger les faibles de ce monde.

Les causes de l'invasion de la Libye et du meurtre d'El Gueddafi

On sait que les médias main stream nous servent en boucle une version soft celle de l'humanisme des pays occidentaux vis-à-vis de la barbarie d'El Gueddafi envers son peuple. Qu'en est-il exactement? C'est un fait qu'El Gueddafi n'était pas un enfant de coeur, il a dû éliminer ses opposants pour asseoir un pouvoir sans partage de 40 ans en pensant le léguer à ses enfants. Une sorte de Jamahiriya dynastique. Mais le peuple profond était-il malheureux? Mangeait-il à sa faim? La Libye avait le deuxième niveau de vie en Afrique. Une nouvelle monnaie unique africaine serait la véritable cause de l'intervention française en Libye. En effet, d'après les éléments trouvés dans les lettres de Hillary Clinton déclassifiées le 31 décembre, la vraie raison de l'intervention en Libye était l'or qui aurait pu empêcher les plans de Nicolas Sarkozy de répandre son influence dans la région.

La correspondance de l'ancienne secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a montré qu'en 2011, Mouammar El Gueddafi possédait 143 tonnes d'or et 143 tonnes d'argent avec lesquels il souhaitait créer une nouvelle monnaie unique pour l'Afrique et fournir aux pays francophones africains «une alternative au Franc CFA». «L'or avait été rassemblé avant la révolte actuelle et devait être utilisé pour la création d'une monnaie panafricaine basée sur le dinar libyen», lit-on dans le courriel de l'ex-secrétaire d'Etat américain, Le courriel confidentiel d'Hillary Clinton sur les vraies raisons de l'engagement français en Libye: au total, la valeur de ces réserves s'élevait à près de 7 milliards de dollars.(1) (2)

D'après le même document, le gouvernement de Nicolas Sarkozy craignait que cette nouvelle monnaie permette à l'Afrique du Nord d'acquérir une indépendance économique, qui n'aurait pas fait les affaires de la France et de toute l'Europe. L'intervention militaire en Libye a commencé en 2011 sous l'égide de l'Organisation des Nations unies et s'est déroulée entre le 19 mars et le 31 octobre 2011 pour mettre en oeuvre la résolution 1973 du Conseil de sécurité pour ^protéger les populations libyennes.» (1)

Pour Nicolas Sarkozy: «Pas question de laisser les colonies françaises d'Afrique avoir leurs propres monnaies!» Apparemment, l'ancien président de la République française s'est à nouveau illustré dans des propos choquants. Lors d'une interview à BFMTV, Il aurait dit que le meilleur moyen de préserver la bonne sante de l'économie française, c'était de maintenir le FCFA comme la seule monnaie utilisable dans les colonies francaises en Afrique. (2)

Les menaces que constituent le pétrole et l'or libyens face aux intérêts français

On prétait à El Gueddafi outre son rôle de mécène et d'aide sans contrepartie aux pays africains au point d'avoir pu stabilisr dans une certaine mesure l'immigration sahélienne, le désir de doter les Etats «CFA3 d'une nouvelle monnaie. C'est sans doute cela qui a dû signer son arrêt de mort.

«Un e-mail envoyé à Hillary Clinton en avril 2011 avec pour objet «les clients de la France et l'or de Kadhafi» révèle des ambitions beaucoup moins nobles. L'e-mail identifie le président français Nicolas Sarkozy en tant que leader de l'attaque sur la Libye avec cinq objectifs précis en tête: obtenir le pétrole libyen, assurer l'influence française dans la région, accroître la réputation de Sarkozy au niveau national, affirmer la puissance militaire française, et éviter l'influence d'El Gueddafi dans ce qui est considéré comme «l'Afrique francophone». Le plus étonnant est la longue section relatant l'énorme menace que l'or et l'argent des réserves d'El Gueddafi, estimées à «143 tonnes d'or, et un montant similaire en argent» pourraient poser au «franc français» (CFA) en circulation comme monnaie africaine en Afrique francophone. Ce plan a été conçu pour fournir aux pays africains francophones une alternative au franc (CFA).

On sait qu'en Afrique, les zones francs constituent des espaces monétaires et économiques sur le territoire de plusieurs Etats de l'ancien Empire colonial français. Après l'accession à l'indépendance, la plupart de ces nouveaux Etats sont restés dans la sphère française. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy craignait que cette nouvelle monnaie permettte à l'Afrique du Nord d'acquérir une indépendance économique, qui n'aurait pas fait les affaires de la France. Ces données seraient l'«un des facteurs qui a amené l'intervention en Libye et jusquà l'élimination inhumaine d'El Gueddafi pour qu'il ne parle pas au vu des secrets qu'il détenait, notamment la campagne pour la présidentielle française qu'il aurait sponsorisée.

Le discours prémonitoire d'El Gueddafi

On prête à El Gueddafi des propos prémonitoires d'une rare lucidité: «Chacun de nous peut être pendu par les Etats-Unis comme l'a été Saddam Hussein, ancien président d'Irak», a prévenu le défunt colonel Mouammar El Gueddafi lors de son discours prémonitoire au sommet de la Ligue des États arabes en 2008. ´´Une puissance étrangère vient chez nous, occupe un pays arabe, pend son président et nous tous, simplement, le regardons de l'extérieur. Pourquoi n'a-t-on pas fait d'enquête sur l'exécution de Saddam Hussein? Comment peut-on pendre un prisonnier de guerre, un président d'un pays arabe qui fait partie de cette même Ligue des États arabes?´´, a-t-il fustigé ».

«Chacun de vous peut être le suivant´´, a prévenu M.Kadhafi. Il a rappelé que les Etats-Unis avaient lutté contre l'ancien guide de la Révolution de l'Iran Rouhollah Khomeini avec Saddam Hussein, qu'ils qualifiaient alors d'ami. M.Hussein était lié d'amitié avec l'ancien vice-président des États-Unis Dick Cheney et l'ancien secrétaire de la Défense Donald Rumsfeld. ´´Finalement, ils l'ont trahi et ils l'ont pendu. Vous êtes amis de l'Amérique. D'accord, pas ´´vous´´ mais ´´nous´´ - mais un jour l'Amérique peut nous pendre, nous aussi´´.
Dans son discours M.Kadhafi s'adresse également aux Etats-Unis pour les interpeller sur le pourquoi de l'intervention précisément en Irak. ´´Où est la raison de l'occupation de l'Irak? Ben Laden est citoyen d'Irak? Non. Ceux qui ont fait l'attentat à New-York étaient-ils irakiens? Non. Ceux qui ont attaqué le Pentagone étaient-ils irakiens? Non. Est-ce que l'Irak possédait des armes de destruction massive? Non. Même s'il y en avait...L'Inde, le Pakistan, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis ont des bombes nucléaires. Faut-il détruire tous ces Etats?´´, s'est-il exclamé ».

Ces propos étaient prémonitoires pour Mouammar El Gueddafi lui-même, car il trouva la mort 3 ans après ce discours. En Libye c'est actuellement le chaos. Avec plus de 55 morts cette semaine dans deux attentats, début janvier 2016 la Libye s'enfonce de plus en plus dans les affres d'un État failli. Ingouvernable avec ses deux gouvernements qui s'opposent, le vide politique profite aux partisans de l'État Islamique (EI) qui cherchent à s'implanter durablement aux portes de l'Europe. Le nombre de morts libyens se compte désormais par dizaines de milliers, sans compter les centaines de milliers de refugiés et de bléssés.»



14 pays africains contraints par la France à payer l'impôt colonial

On sait qu'après les indépendances, la France a imposé à ses ancienens colonies d'Afrique le monopole sur les finances de ces pays à travers la monnaie créée, le CFA «Pour les pays nouvellement indépendants il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, trouva une solution susceptible de calmer les Français: ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte de colonisation proposé par De Gaulle, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française. Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d'Afrique), et créa la monnaie du pays. Le 13 Janvier 1963, trois jours après, qu'il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s'empara et tua le premier président élu de l'Afrique indépendante: Olympio fut exécuté par un ex-légionnaire français, le sergent de l'armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l'ambassade française locale pour le succès de sa mission. (..) Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d' un coup d'Etat mené par un...» (5)

En fait, au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups d'Etat qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61% des coups d'Etat en Afrique ont été initiés dans d'anciennes colonies françaises. (...) 14 pays africains sont obligés par la France, à travers le pacte colonial, de mettre 85% de leurs réserves à la Banque centrale de France sous le contrôle du ministère des Finances français. Jusqu'à maintenant, en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France. (... La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961: selon les termes de l'accord qui a été mis en place par la Banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65% de ses réserves de changes dans un «compte d'opérations» tenu au Trésor français, ainsi qu'un autre 20% pour couvrir les passifs financiers. (..) »

« En bref, plus de 80% des réserves de changes de ces pays africains sont déposées dans les «comptes d'opérations» contrôlés par le Trésor français. Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n'ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenue par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement. La France leur permet d'accéder à seulement 15% de leur argent par an. S'ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argent détenu au Trésor français.(5)

« La France, lit-on dans la même contribution, a la priorité en matière d'achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l'équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 (près d'un siècle et demi) pour les pertes causées aux marchands d'esclaves français suite à l' abolition de l'esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.» (5).

La Russie casse le monopole de Wall Street sur la cotation du pétrole


Le problème de la monnaie est en fait consubstantiel de l'hégémonie des puissances occidentales. A côté du soft power britannique à travers le Commonwealth, de la brutalité de la méthode de la francafrique pour maintenir l'esprit de l'Empire, nous avons le dollar qui règle les pulsations du monde. Depuis Bretton Woods jusqu'en 1971 date à laquelle il est désindexé de l'or.

On voit que le problème de l’utilisation d’une monnaie n’est pas neutre. Quand on est un pays faible comme l’Irak qui en a payé le prix, accusé d’armes de destructions massives factices, mais en fait coupable de disposer, aussi, de réserves de pétroles importantes (Plus de 100 milliards de barils) , et qui de plus a la prétention de sortir de l’orbite dollar , c’est assurément être suicidaire, c’est ce qui est justement arrivé à Saddam Hussein occis à l’aube de l’Aid el Adha comme un mouton.

Le problème se pose autrement pour les pays émergents, notamment ceux du Bric, qui devant les convulsions économiques et financières du dollar ont décidé de s'en affranchir. C'est ainsi que la Chine a pu imposer sa monnaie même dans le panier des monnaies du FMI. La Russie a la même tentation: sortir du dollar:

«La Russie écrit F. William Engdahl a tout simplement pris d'importantes mesures qui, au moins pour une énorme partie du marché pétrolier mondial, briseront le monopole actuel de Wall Street sur la cotation du pétrole. (...) Cela fait partie de la démarche de dé-dollarisation discrètement lancée par la Russie, la Chine et un nombre croissant d'autres pays. La cotation standard du pétrole est au coeur de la méthode utilisée par les grandes banques de Wall Street pour contrôler les prix mondiaux du pétrole. Depuis août 1971, le rôle du dollar première monnaie de réserve a essentiellement permis au régime US d'entretenir un déficit budgétaire apparemment infini, (..) En fait, cela a permis à Washington de créer sans grand souci une dette fédérale de 18.600 milliards de dollars. Aujourd'hui, la dette du régime US se monte à 111% de son PIB . La capacité de Washington à maintenir le dollar dans le rôle de première monnaie de réserve, une priorité stratégique pour Washington et Wall Street, est liée avant tout à la cotation des prix pétroliers mondiaux.» (6)

«(...) La Russie étant le plus grand producteur pétrolier mondial, la création d'un standard pétrolier russe indépendant du dollar est importante, pour ne pas en dire plus. (...)La démarche des Russes visant à coter en roubles, au St. Petersburg International Mercantile Exchange, le prix des grandes exportations de pétrole vers les marchés mondiaux, en particulier vers l'Europe occidentale, et de plus en plus vers la Chine Comme le russe, le standard chinois ne sera pas libellé en dollars, mais en yuans chinois. Il sera coté au Shanghai InternationalEnergy Exchange. Étape après étape, la Russie, la Chine et d'autres économies émergentes prennent des mesures pour réduire leur dépendance au dollar US, pour se «dé-dollariser». (...)Peut-être que cela ouvrirait la porte à des idées plus pacifiques, du genre dépenser l'argent du contribuable pour reconstruire l'infrastructure économique de base horriblement détériorée aux USA» (6)

La «dé-dollarisation» des transactions pétrolières entamée en son temps par Saddam Hussein, et envisagée par Mouammar El Gueddafi leur a coûté la vie, ainsi que la destruction de leurs pays respectifs revenus à l'âge de pierre... De fait, les dirigeants occidentaux ont toujours eu la volonté de bien faire comprendre que la destinée de l'Afrique, comme à l'époque de la Conférence de Berlin et du partage de l'Afrique en 1885, se décidait encore de nos jours dans les capitales occidentales.

La prochaine guerre à laquelle participera l'Italie, celle contre la Libye, cinq ans après la première est sur les rails. La Libye va être de nouveau ré-envahie par des forces spéciales Sas -rapporte le Daily Mirror- qui sont déjà en Libye pour préparer l'arrivée d'environ 1000 soldats britanniques. L'opération -«dans un accord Etats-Unis, Grande-Bretagne, France et Italie»- impliquera 6000 soldats et marines états-uniens et européens avec l'objectif de «bloquer environ 5000 extrémistes islamistes, qui se sont emparés d'une douzaine des plus grands champs pétrolifères...) le but réel est l'occupation des zones côtières économiquement et stratégiquement les plus importantes. Guerre qui, comme en 2011, sera présentée comme «opération de maintien de la paix humanitaire». (7)

Rien de nouveau sous le soleil. Il n'y a ni morale, ni droit de l'homme dans cette ère du capitalisme néolibérale sans état d'âme. Périssent les faibles et les ratés. Ainsi va le monde.



1.Département d'État américain affaire F-2014-20439
Doc. No. C05779612 Date 31/12/2015. publication de la partie B6

2.. http://francais.rt.com/france/13476-hillary-clinton-intervention-france-libye [RTF bookmark start: forum121599][RTF bookmark end: forum121599]

3. http://levantreport.com/2016/01/04/new-hillary-emails-reveal-propaganda-executions-coveting-libyan-oil-and-gold/

4. http://fr.sputniknews.com/international/20150916/1018206938.html#ixzz3wlt4eTKe


5.Mawuna http://www.mondialisation.ca/le-saviez-vous-14-pays-africains-contrain...


6. http://reseauinternational.net/la-russie-casse-le-monopole-de-wall-street-sur-la-cotation-du-petrole/

FWilliam Engdahl journal-neo.org/2016/01/09/ russia-breaking-wall-st-oil-price-monopoly/

7.Manlio Dinucci

http://www.mondialisation.ca /libye-le-plan-de-la-conquete/5500899

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/233349-encore-une-fois-la-rapine-des-puissants.html

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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12 janvier 2016 2 12 /01 /janvier /2016 17:56

«Pitié pour la Nation qui porte un habit qu'elle n'a pas tissé, mange un froment qu'elle n'a pas récolté, et boit un vin qui ne vient pas de son pressoir. (...) Pitié pour la nation dont les sages ont été rendus muets par les années, et dont les hommes forts sont encore au berceau. Pitié pour la nation divisée en fragments, chaque fragment se considérant lui-même comme une nation.»

Khalil Gibran.

Plus d'un an et demi plus tard après un avis sollicité sur ce que devrait être la Constitution, je vais ? dans cette contribution ? donner mon avis global sur ce qui m'a paru essentiel sur cette révision. Je ferai ensuite un commentaire sur quelques oublis et je donnerai mon avis sur ce que je crois être bon d'ajouter si ce n'est pas trop tard. L'impression globale est qu'au niveau de la quantité des propositions, il y a indéniablement une réflexion et un désir d'avancer vers l'asymptote d'une Constitution parfaite, encore que la perfection dit-on n'appartient qu'à Dieu.

Trois articles ont retenu mon attention, d’abord la constitutionnalisation du tamazig comme langue officielle, ensuite le sort peu enviable qui est fait à la diaspora algérienne et enfin le déni du futur par l’oubli assumé d’une disposition gravée dans le marbre quant à la marche vers le progrès, l’éducation et l’irréversibilité d’une démarche vers le développement humain durable

Bref rappel de la richesse de l'Algérie par sa dimension amazighe

Il est indéniable en tant que citoyen lambda, j’ai accueilli avec beaucoup de satisfaction , peut être naïve dans une première lecture, la reconnaissance comme langue officielle le tamazigh langue première de toute l’Afrique du Nord. L'Algérie a une profondeur historique qui plonge dans le passé lointain. Les premiers peuples qui ont vécu en Algérie ne se sont pas tous installés à la même période. Certains auteurs, comme Arembourg, font reculer les premiers peuplements aux origines mêmes de l’humanité (ancien lac de Sétif à Aïn Hanech). Comme l’écrit Hachid: «A cette époque, l’Atlas entrait dans le cadre de la Berbérie présaharienne, pays des Gétules, plus nomades que sédentaires, plus africains que méditerranéens. Les gravures rupestres reflètent ces turbulents cavaliers aux chevaux piaffants, échappant à la puissance même de Massinissa.»(1)


On dit souvent que l'avènement des Berbères à l'histoire aurait débuté avec le pharaon Schichnaq. L'an 2966 que nous fêtons le 12 janvier est pour nous un repère identitaire. Massinissa battait monnaie quand l'Europe n'avait pas encore émergé de la préhistoire. Dans un argumentaire à la fois captivant et scientifique, le professeur Belkadi nous convainc qu'il y avait bien une culture berbère plus de 9 siècles avant J.-C., en tout cas antérieure à la venue des Phéniciens.

«Selon nous, écrit le professeur Belkadi, la plus ancienne trace parlée de la langue berbère remonte au VIIIe siècle avant J.-C. Elle figure dans le sobriquet Dido, qui fut attribué à la reine phénicienne Elissa-Elisha par les anciens Berbères de la côte tunisienne. Ce surnom, Dido, qui sera transcrit par la suite Didon, replacé dans le cadre du système morpho-syntaxique berbère, est un dérivé nominal de sa racine Ddu, qui signifie: ´´marcher´´, ´´cheminer´´, ´´flâner´´, ´´errer´´. Il indique dans les parlers berbères de nos jours, la ´´pérégrination´´, synonyme de voyage, et de périple. En conséquence, la plus ancienne trace de la langue des Berbères remonte à l'arrivée de cette reine sur le rivage tunisien. Ce pseudonyme ne figure pas dans l'anthroponymie et l'épigraphie funéraire des Puniques. Certainement parce qu'il était jugé dévalorisant. Le sens Tin Ed Yeddun ´´l'errante´´, ´´celle qui erre´´, et ses passim ´´vadrouiller´´, ´´vagabonder´´, Eddu appliqué à cette reine ne convenant pas à la société punique». Le professeur Belkadi nous apprend aussi que le youyou berbère n'est pas de création récente ou une tradition importée, ce «fait culturel» a été rapporté sous le nom de «ologougmos» par Eschyle et Hérédote qui vécurent, faut-il le rappeler au sixième et au cinquième siècle avant Jésus-Christ (-526) et (-482)». (2)

Alors qu’on voit souvent dans le catholicisme romain une religion européenne, il n’est pas inutile de se souvenir que la fonction de pape, le plus haut dignitaire de l’Église, a été occupée à trois reprises par des chrétiens originaires d’Afrique du nord. Victor Ier (189 -199), Il fut le 14e évêque de Rome , Miltiade ou Melchiade, né en Afrique du nord, fut pape de 311 à 314. Gélase 1er, 49ème pape, de 492 à 496 est né en Kabylie De Tertullien un autre auteur berbère , il a le goût de la controverse et aussi les talents, la verve et la vigueur. Il rétablit l’ascendant du Pape devant l’autorité des empereurs ».(3)

L’acculturation apaisée

Il est admis que les auteurs berbères utilisaient souvent la langue latine pour s’exprimer. Apulée père du théâtre universel et saint Augustin l’un des pères de l’Eglise, s'exprimaient en latin, mais pensaient en Amazighs. La fameuse phrase de Terence Poète comique latin d'origine berbère né vers 190 av. J.-C. décédé en 159 av. J.-C traduit toute cette acculturation « Homo sum; humani nil a me alienum puto»: «Je suis un homme et rien de ce qui est humain, je crois, ne m'est étranger» traduit cette acculturation.

Plus tard, avec la venue de l'Islam, les érudits écrivaient dans la langue liturgique qu'était l'arabe. Bien plus tard, ce fut le français avec, pour certains, notamment les poètes, une expression linguistique purement amazighe. Nous tenterons, modestement, de rapporter quelques faits qui font l’unanimité concernant cette culture amazighe, qui n’est le monopole de personne mais, qui devrait être, de notre point de vue, la préoccupation de tous.

Il est indéniable qu'il y avait un fonds culturel de type berbère et qui a bien traversé le temps, malgré les vicissitudes de l'histoire, jusqu'à nos jours. En battant monnaie, les rois berbères ont témoigné de leur fascination pour les valeurs des cultures et des civilisations dominantes. Cependant, l'apport de la nouvelle langue n'a pas réduit ou même annihilé les coutumes locales et la langue primitive. Mohammed Ben Abdallah Ibn Toumert, fondateur de la dynastie almohade, traduisit en berbère des ouvrages qu'il avait composés lui-même en arabe.»(2)

«Dans le même ordre et pour témoigner de la présence des parlers berbères dans l'histoire de l'Algérie depuis près de trente siècles, nous allons rapporter le témoignage, celui du regretté professeur Mostefa Lacheraf qui parle avec autorité et respect du gisement ancien en langue amazighe: «Des noms et des lieux: revenons-y alors que l'ignorance chez nous bat son plein au sujet de ce pays, de ses noms et pas seulement au niveau d'un état civil désastreux, mais aussi à travers le choix des parents saisis par des mimétismes orientaux, occidentaux et rarement maghrébins. Noms berbères anciens et berbères punicisés par l'attrait culturel de Carthage. Noms berbères arabes berbérisés ou greffés d'amazigh.» Mostefa Lacheraf décrit ce que l'on pourrait appeler l'acculturation croisée, il écrit: «(...) Pour nous permettre d'évaluer à sa juste mesure, l'empreinte séculaire du fonds berbère, suivons aussi Mostefa Lacheraf qui parle d'un «gisement» ancien en langue amazighe. Il écrit: Dans l'épigraphie nord-africaine à laquelle se réfère Gustave Mercier à propos de ce qu'il appelait en 1924 «La langue libyenne (c'est-à-dire tamazight) et la toponymie antique de l'Afrique du Nord», des noms propres d'hommes et de femmes surgissent et parmi eux, il en est de moins reconnaissables comme ce Tascure, découvert gravé en latin et dont les doublets linguistiques actuels sont Tassekkurt et Sekkoura signifiant «perdrix» en kabyle». (2)



Tamazight reconnue comme identité: le plus dur reste à faire

Depuis l'indépendance, l'identité algérienne a été mutilée il a fallu plus de cinquante ans pour qu'à dose homéopathique les différents pouvoirs se disant jacobins et surtout arrimés à une sphère civilisationnelle qui n'est pas celle de l'Algérie millénaire, ont décidé d'ignorer cette dimension première de l'Algérie. L'amazighité n'est pas orpheline il faut savoir qu'elle recouvre toute l'Afrique du Nord de l'Atlantique jusqu'aux oasis de Siwa en Egypte et sa profondeur plonge ses racines au Mali, au Niger, au Sénégal. Il est donc faux d'en faire une excroissance régionale cantonnée à tort à la Kabylie.

Il me semble qu'au-delà des avis politiques et des avis du simple citoyen il est indéniable de mon point de vue que ce qui restera de cette Constitution c'est cette reconnaissance, enfin de l'identité première de l'Algérie. Celle identité attestée du fond des âges pour au moins dix siècles avant Jésus-Christ On peut dire qu'elle a été arrachée au pouvoir mais le fait est là l'Algérie fait les premiers pas pour la réconciliation avec son histoire.

Cette Algérie est celle de Min Ta Lata chère à Nahnah celle de Tlemcen à Tébessa et de Tizi Ouzou à Tamanrasset. Cette reconnnaissance est de mon point de vue une avancée majeure qui devrait être revendiquée par les Algériens sans exclusive. La joie de simples citoyens à travers le pays témoigne de cet oecuménisme qui devrait barrer la route à tous les aventuriers tentés par la partition. Il est dans la nature des choses d'évoluer. Cette avancée amènera, nous l'espérons, la sérénité.

Cependant, le plus dur reste à faire et il est recommandé de ne pas se précipiter pour asseoir le socle réel de l'identité de ce pays «L'Académie, lit-on dans la Constitution, qui s'appuie sur les travaux des experts, est chargée de réunir les conditions de promotion de Tamazight en vue de concrétiser, à terme, son statut de langue officielle. Les modalités d'application de cet article sont fixées par une loi organique», précise l'Article 3 Bis de cet avant-projet qui sera soumis au Parlement pour qu'il soit adopté.

Il est vrai comme lu sur le journal électronique «Le Matin»: « Une langue n'est pas réellement officielle si elle n'est pas la langue utilisée par les institutions de l'État, en particulier dans un pays où tout le pouvoir est très centralisé et que les institutions locales sont quasiment des coquilles vides. Si l'arabe est la langue officielle de l'État et que tamazight ne l'est pas, on est alors en droit de se poser la question suivante: si l'arabe demeure LA langue officielle de l'État, tamazight est langue officielle de qui?» (4)

Cela pose on l'aura compris, le devenir de cette langue par la pratique au quotidien, notamment le type d'alphabet à utiliser. Il est vrai que c'est un travail de scientifiques, mais il ne faut jamais oublier que l'identité algérienne est fragile et tout ce qui permettra aux deux langues d'aller à la rencontre l'une de l'autre doit être fait. Dans ce cadre faut-il l'alphabet tifinagh, l'alphabet arabe ou l'alphabet latin? N'oublions pas par exemple que l'hébreu qui était une langue morte il y a moins d'un siècle est devenue une langue technologique.

Tout dépendra de la part du pouvoir, de la cinétique avec laquelle cette langue sera prise en charge en évitant les pièges de la fuite en avant de l'Académie de langue arabe. Il ne faut pas se leurrer si la langue arabe avec son patrimoine et sa pesanteur à la fois culturelle et cultuelle n'a pas pu s'imposer dans le domaine de la science (notamment dans les pays arabes qui l'utilisent uniquement pour le discours qu'il soit culturel ou cultuel). Je fais confiance pour ma part au temps et à l'acculturation heureuse car comme le faisait le regretté Ait Ahmed, il parlait en arabe tout en demandant à ses amis arabophones de faire l'effort de parler en berbère.

L'apport des nationaux résidents à l'étranger: des citoyens à part entière ou entièrement à part ?

Une anomalie qui nous parait dangereuse est celle de l’article 51 qui dénie des droits aus nationaux expatriés. Au moment où dans le monde chacun compte ses ouailles ou ses troupes qui d’une façon ou d’une autre ont un feeling avec la terre natale, cet article est là pour diviser pour créer des citoyens avec des sous droits .

Sofiane Ait Iflis du journal Liberté a soulevé deux anomalies importantes: Les rédacteurs du texte écrit-il, ont bien formulé l'article 73 comme suit: ´´Pour être éligible à la présidence de la République, le candidat doit: (...) justifier de la nationalité algérienne d'origine unique du conjoint. Justifier d'une résidence permanente exclusive en Algérie durant un minimum de dix années précédant le dépôt de candidature.´´ Cet article est en contradiction avec les articles 24 bis et 31 qui stipulent respectivement que ´´l'État oeuvre à la protection des droits et des intérêts des citoyens à l'étranger dans le respect du droit international, (...) L'État veille à la sauvegarde de l'identité des citoyens résidant à l'étranger, au renforcement de leurs liens avec la nation, ainsi qu'à la mobilisation de leur contribution au développement de leur pays d'origine´´ et ´´les institutions ont pour finalité d'assurer l'égalité en droits et en devoirs de tous les citoyens et citoyennes en supprimant les obstacles qui entravent l'épanouissement de la personne humaine et empêchent la participation effective de tous, à la vie politique, économique, sociale et culturelle´´.(3)

Pourquoi alors, exclure de la haute fonction les binationaux au moment où le monde est devenu un village au moment où les compétences sont sollicitées quelles que soient les latitudes où elles sont. Porter l'Algérie dans son coeur ne signifie pas être cloué au sol simplement en Algérie . On peut être citoyen du monde avoir une autre nationalité et cependant se sentir algériens Au contraire, nous avons besoin de tous et notamment ceux qui peuvent permettre une valeur ajoutée au pays peuvent être sollicités. Il y a une ambivalence, d'un côté l'Etat fera tout pour les protéger, de l'autre ils sont exclus de la vie politique dans le pays. Ceci tombe d'ailleurs assez mal. En France, la déchéance pour les binationaux est envisagée…..


Pour un Conseil supérieur de l'économie de la connaissance

On peut regretter que le Conseil sur l'économie de la connaissance n'ait pas été retenu. En effet, pour éviter certaines fois les dérives inévitables des départements ministériels il serait indiqué de graver dans le marbre un cap celui de l'économie de la connaissance. D’abord qui fait réussir, qui est réellement un ascenseur social avec cette dimension de partage qui n’est pas lié à la naissance et à la fortune excluant du même type les autres. Par ailleurs, il est important de mettre un coup d’arrêt à l’aventure qui consiste à faire dans la massification en abaissant d’une façon populiste, les niveaux requis pour les savoirs. A titre d'exemple, dans tous les pays scientifiquement évolués il est impossible de soutenir une thèse sans publications dans des revues avec des comités de lecture et ayant un impact factor (cités). On se plaint de ne pas être classé dans le classement mondial. Ce sera encore pire si comme il se dit l'enseignement supérieur envisage de ne plus exiger de publications pour une soutenance de thèse. La lente dégringolade verra de ce fait un coup qui va achever l'Université algérienne.

Déjà que beaucoup de thèses se font avec des publications dans des journaux d'information, notamment en langue arabe et qui de ce fait montrent le réel niveau des sciences sociales en tout cas de ceux qui ne publient pas dans des revues internationales françaises anglaises ou autres. Même certains pays arabes ont une haute opinion de la thèse et les publications par exemple des pays arabes dans des revues anglaises à comité de lecture sont de qualité. Nous n'avons pas cela chez nous. Déjà que le plagiat est un sport national , il n'y a plus de limites à la dégénérescence si au niveau de la constitution on place les gardes fous éthiques et scientifiques

Dans ce cadre, il est de la plus haute importance de donner un coup d'arrêt à cette fuite en avant. Il s'avère plus que jamais nécessaire de mettre au niveau le plus haut une instance d'économie de la connaissance qui non seulement va sanctionner sévèrement ce type de dérives, mais qui dans le même coup nous indique le cap scientifique et l'adaptation toujours renouvelée de l'université. On l'aura compris, ce n'est pas une langue qui donne la compétence, ce n'est qu'un véhicule de la connaissance. Ce qui compte c'est la connaissance et si nous devions choisir soit continuer un combat d'arrière-garde pour redorer le blason scientifique d’une langue arabe abandonnée de ses 300 millions de locuteurs arabes, soit aller vers le savoir, nous ne devons avoir aucun état d’âme à aller vers les langues scientifiques..


Pour un Conseil du développement humain durable

De même pour être en phase avec ce qui se passe dans les pays scientifiquement avancés, il est important de s'inscrire dans la dynamique impulsée par les Nations unies et les 17 objectifs sur le Développement durable qui ont été énoncés en juin 2015. C'est d'autant plus important que cette demande s'inscrit dans la durée et permettra d’offrir une perspective aux futures générations. Pour cela et pour tourner le dos à la rente en développant de la richesse. Il nous faut une transition énergétique- basée sur le développement des énergies renouvelables et la sobriété énergétique- et économique pour créer de la richesse. Une institution cerveau, une sorte de banque de données, mais aussi de planification est plus que jamais nécessaire. Elle permettra aux gouvernants d'avoir un cap sur la base de données fiables. Aucune politique ne peut être pérenne si elle n'est pas adossée à un gisement d'intelligence. Le monde est dangereux et pour être en phase nos meilleures défenses immunitaires, notre meilleure richesse c'est l'éducation.

En définitive, nous devons inlassablement militer pour passer des moi personnels à un Nous national et à ce titre la reconnaissance de cette dimension essentielle de l'Algérie est une pierre angulaire pour la consolidation du vivre ensemble. Le Graal c’est arriver à redonner à l'Algérien cette fierté d'être algérien et réconcilier ce peuple avec lui-même; prôner en toute chose l'altérité. Ne voulant pas d'une autre patrie de rechange, il nous faut inventer un modus vivendi loin du miroir aux alouettes constitué par un mode de vie à l'européenne, débridé, loin de notre identité et loin aussi d'une métropole moyen-orientale qui est à des années- lumière de notre génie propre. Une culture assumée, revendiquée est le plus sûr moyen de lutter contre l'errance identitaire. Un peuple uni fascinées par l’avenir sera fort des mutuelles différences de ses composantes. Le monde va vers l’épanouissement des spécificités toutes d’accords sur un socle de valeurs communes, l’identité les langues et surtout le désir d’être ensemble. Les exemples sont nombreux ( Les Etats américains, canadiens, les länders allemands ou suisses..). Le jacobinisme à la française n’a pas d’avenir.

Une constitution aussi parfaite soit elle , n’est qu’une étape. La voter n’amènera pas le pain. Berthold Brecht disait qu’ « un bulletin de vote ça ne se mange pas » Cela ne sera donc cependant pas suffisant, il faut réhabiliter l’effort, il nous faut nous remettre au travail, il ne faut pas compter sur le pétrole dont les prix vont de plus en plus plonger. Seul le savoir et la connaissance permettront à l'Algérie d'aller vers le développement humain durable.


http://www.alterinfo.net/L-apport-de-la-culture-amazighe-a-l-identite-des-Algeriens_a26176.html#KJUfKhpcfL5RFsfD.99

2. http://mobile.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/39600-L%E2%80%99homme-%C3%A0-plusieurs-dimensions.html Jeudi 18 Janvier 2007


3.http://iflisen2008.over-blog.com/article-rome-a-eu-trois-papes-berberes-et-le-pere-de-l-eglise-saint-augustin-etait-aussi-d-origine-amazigh-d-77382717.html

4 http://www.lematindz.net/news/19550-nouvelle-constitution-une-petite-porte-pour-tamazight-et-de-gros-verrous-pour-proteger-larabe.html


3.S.Aït Iflis http://www.liberte-algerie. com/actualite/incoherences-et-contradictions-23974

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/233167-ma-part-de-verite.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour
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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 19:14

« Si quelque chose égale la sobriété des Arabes, c'est leur gloutonnerie. Admirables estomacs , qui tantôt ne mangent pas de quoi satisfaire un enfant, et tantôt se satisfont tout juste de ce qui étoufferait un ogre ».

Eugène Fromentin Un été dans le Sahara (1857)

Les experts pétroliers en tout genre et de tout poil prédisent l’apocalypse pour les pays rentiers qui ne vivent que de la rente. Ceci est vrai et il n’y a pas à être devin pour le prédire. Dans cette réflexion nous allons planter le décor de l’état des lieux de la scène pétrolière et pourquoi subitement après des années de matraquage sur le décli du pétrole de peak oil en vuex tu en voilà on nous annonce qu’il ne faut s en faire, le pétrole coulera à gogo pendant de longues années, du fait disent encore les spécialistes, de plusieurs facteurs qui sont la réalité des fondamentaux actuels en oubliant de dire qu’ils sont manipulables

Etat des lieux de la scène énergétique mondiale

Le monde consomme environ 15 milliards de tonnes équivalents pétrole ( tep) toutes énergies confondues soit environ 2 tep/habitants et par an. Nous trouvons des pays qui sotn autour de 8 tep/hab/an/an ( 20%de la consommation mondial) alors qu’il fut uen époque où elle avoisinait les 40 %, Nous trovuons la Chine avec 1,7 tep/hab/an. Nous trouvosn les roitelets du Golfe avec plus de 10tep/hab/an ; l’Algérie dix fois moins (1tep/hab/an et les pays du Sahel avec moins de 2OO kg de éptrole /an.

Justement s’agissant du pétrole nous serions autour de 93,5 millions de barisl/jour notamment parce que l'offre, dont la surabondance est une des causes de la chute des prix, L'AIE, qui défend les intérêts des pays consommateurs, avait annoncé à 57,4 mbj. Et lz production de l l'Opep a dépassé le plafond officiel de production de 30 mbj pour se placzer autour de 31, 7 milliobns de barils/jour/ Devant uen situation économique des grands consommateurs, morose, l’offre estde loin supérieur à la demande d’au moins 2 milmlions de barils.jour. Sans compter le retour de l’Iran avec 500.000 puis 1 million de barils /jour, celui de l’Irak, de la Libye car malgré le chaos dans ces pays le pétrole coule à flot . les puis sont autrement plus sécurisés que les personnes. Si on ajoute enfin, le bradage du pétrole par Daech ( amalgamé avec les bombardements) Daech arriva à écouler le pétrole syrien sans problème et les acheteurs occidetaux qui ont toujours deux fers au feu , bombardent d’un côté et achètent de l’autre grâce notamment à des intermédiaires..

En clair d’après ces paramètres la chute du pétrole n’est pas prête de s’arrêter et plus de la moitié de la rente pétrolière espassédans la poche des pays consommateurs. Un pays comme la France a fait des economies de 25 milliards de dollars qui ont été pour elle une bouffée d’oxygène qui lui a permit d’atténuer la colère de Bruxelles du fait que son déficit est autour de 4% du PIB Dans cette affaire Les recettes pétrolières peuvent permettre d'acheter la paix sociale mais, avec un prix du Brent qui est passé de $115 par baril en juin 2014 à $43/b à présent, soit une chute de 63%, cela devient mission impossible pour de nombreux pays. L'Algérie a des réserves de change très importantes mais elles sont en train de diminuer rapidement puisqu'elles étaient de $160 milliards à la fin mars 2015, contre $195 milliards un an auparavant. Les pays du Golfe jouent sur le temps long quitte à ruiv ner les autres pays en défendant « d’hypothètiques parts de marché » . Il en est de même pour la Russie qui subit La chute des cours du brut, et des prix du gaz naturel indexé sur le pétrole brut

Les dangers des énergies non conventionnelles

On présente l’exploitation démesurée des gaz de schiste et pétrole de schiste comme étant un nouveau graal qui permet de ne plus parler de la tendance lourde prévue par King Hubbert du déclin irréversibles du pétrole. Nous ne connaissons pas les vrais réserves des pays de l’Opep on ne peut se fier qu’à ce qu’ils déclarent et on dit que le plus grand gisement saoudien est sur le déclin à moins de financement massif, ce qui ne peut se faire avec des prix actuels. De plus la bulle des pétroles et gaz de schiste va arriver car , malgré le black out il est impossible que cela continue avec les dégâts faits à l’environnement On ne peut pas nier cela car les dangers du forage des pétroles et gaz de schiste sont toujours là . Il y a toujours une opacité dans les produits injectés dans la récupération des eaux usées contenant les produits chimiques et même les conséquence sismiques. Dans l'Oklahoma, par exemple, le nombre des tremblements de terre a fait un bond de % en 2015 par rapport à un an plus tôt, atteignant un total de 881, avec d'une magnitude de 3 ou plus. Pour toutes ces raisons, il est mathématiquement impossible que les producteurs américains de plus en plus ruinés acceptent cela. Il est donc nécessaire d’atteindre un prix d’équilibre autour de 60 $ avec une croissance continue du prix .

Le maitre du Jeu : Les Etats Unis

Chacun sait que les Etats Unis plus grands consommateurs de pétrole et de gaz, détenant la monnaie suprême : le dollar sont au cœur de la problématique de tout ce qui touche au pétrole , de rationnel , d’irrationnel ( politique) de scientifique , d’économique. En fait tout doit être fait pour que les approvisionnements ne faiblissent pas à un prix étudié compatible avec ce qu’ils veulent bien payer. On dit par exemple, que les prix sont maintenus à un certain niveau pour ne pas ruiner les petits producteurs américains, mais il faut croire que le gouvernement des Etats Unis a trouvé le moyen de compenser leur perte par l’achat d’un pétrole bradé à l’extérieur. Cependant on assiste à quelque chose de nouveau, la production décline.

Pour Gérard Vespierre : « Les producteurs américains devant la chute des cours mondiaux créée en partie par l'accroissement de leur production de pétrole de schiste, ont commencé par réduire le nombre de puits en exploitation, de façon spectaculaire, comme le nombreuses de foreuses est passé de 1600 à moins 800 . La courbe de production américaine, après avoir atteint le niveau record de 9,61 Millions de barils jour en juin, a finalement commencé sa baisse ce même mois. Mais, alors même que l'Agence américaine de l'information sur l'énergie annonçait une poursuite de la baisse de production américaine et un passage sous la barre des 9 Millions de barils début 2016, la production américaine, contre toute attente, et toujours dans un marché mondial excédentaire repartait à la hausse.... en repassant au-dessus des 9,2 millions de barils. Les Etats-Unis ont commencé à augmenter leur niveau de stock au-delà de sa valeur moyenne dès le mois de janvier 2015. En 4 mois les stocks américains sont passés de 380 millions à 490 millions de barils.... ! Plus de 25% d'augmentation ! Sans cette mise en stock, le cours du baril remonté à plus de 60 dollars en mai 2015 n'aurait pas dû revenir à ce niveau. 100 millions de barils sur environ 100 jours ouvrables, cela correspond à l'approvisionnement de 1 million de barils par jour au-delà des besoins .... soit un peu plus de 1% de la consommation mondiale... (1)

En fait les prix du pétrole n’ont jamais reflété les fondamentaux du marché, l’offre la demande, la main invisible d’Adam Smith et une main manipulatrice. La création de l’AIE qui défend les intérêts des pays occidentaux industrialisés sert justement à créer des stocks de sécurité de trois mois qui permettent dit-on de réagir en temps de crise en ne coupant l’approvisionnement, en fait ces stocks sont surtout là pour créer une abondance artificielle qui, le cas échéant le marché pour déprimer les prix du pétrole. On le voit actuellement avec les stocks américains qui n’ont jamais été aussi élevés. Les Etats Unis ont stockés en l’espace d’une année ( crise) plus de 100 millions de barils amenant à des stocks qui frisent les 500 millions de barils soit près d’un mois de consommation. Un pétrole acheté à moins de 40 $.

L’autre grand paramètre qui perturbe conjoncturellement le temps long du pétrole est l’arrivée des gaz de schiste et des pétroles de schiste. C’est uen réalité les rentiers de l’ Opep n’ont jamais peru la réalité du danger en prenant les précautions de se discipliner pour ajuster les quotas en laissant place au pétrole de schiste qui est conjoncturle ce qui aurait permit de stabiliser les prix Les Etats Unis annoncent même qu’ils vont exporter du pétrole. C’est plus un coup psychologique qu’une réelle certitude, ce qui a eoncreplus fragilisé les prix.

Que font l’Arabie Saoudite et ses satellites ? Elles misent sur le volume et pense encore parts de marchés croyant naivementà la fois discipliner les récalcitrants de l’Opep, garder ses parts en missant sur le volume. Résultat des courses la conjoncture actuelle est totalement différente et cela va encore durer. Cela va durer jusquà ce que le prix de l’extraction soit supérieur au prix où est actuellement bradé le pétrole

Dans le même ordre de la débâcle des producteurs américains et dans une contribution de Réseau International nous lisons : « Deux choses deviennent claires quand on analyse la santé financière de la production d’hydrocarbures aux États-Unis : 1) le secteur n’est pas du tout homogène, il présente un large éventail de santé financière ; 2) une partie du secteur semble agonisante, les bouées de sauvetage pourraient inclure des capitaux propres venant des marchés publics, des ventes d’actifs, des private equity ou des consolidations. Si tout le reste échoue, le Chapter 11 [équivalent américain des tribunaux de commerce, NdT] pourrait être nécessaire. Voilà l’évaluation de Citi sur la révolution du schiste en Amérique, que les Saoudiens ont désespérément tenté d’écraser depuis plus d’un an maintenant. Comme Citi et d’autres l’ont noté, un an ou deux après que nous avions longuement discuté de cette question, les producteurs non rentables aux États-Unis sont presque entièrement dépendants des marchés de capitaux pour leur survie. «Le secteur du schiste est maintenant financièrement sous stress-tests, exposant le secret caché du schiste : de nombreux producteurs de schiste dépendent d’injections du marché des capitaux pour financer leur activité courante, car ils ont dépensé sans compter leur trésorerie jusqu’ici», a écrit CitiGroup en septembre ».(2)

« Bien sûr, tout cela fonctionnait bien dans un environnement caractérisé par des prix du pétrole brut relativement élevés et une politique monétaire ultra accommodante. Le coût du capital était faible et les investisseurs affamés de rendements étaient indulgents, permettant à l’industrie pétrolière des États-Unis de maintenir le forage et le pompage longtemps après qu’elle aurait du être en faillite. Maintenant, c’est selon l’adage il faut payer les pots cassés. Dans le sillage de la hausse de la Fed les High Yield[hauts rendements, NdT] capotent [ils ne sont plus refinançables, NdT] et comme UBS l’a noté au cours de l’été, «les industries liées aux matières premières pèsent 22,8% du total de l’indice du marché High Yield sur une base nominale pondérée ; les secteurs les plus risqués, concernés par un éventuel défaut pèsent 18,2% de l’indice et incluent les producteurs de pétrole et de gaz (10,6%), de métaux, les mines (4,7%) et les services autour du pétrole dont les industries d’équipement (2,9%)». (…) L’Irak pompe à des niveaux record, l’offre iranienne est prête à se déverser sur les marchés à partir du mois prochain et l’OPEP a une politique complètement décousue. En outre, les producteurs vont aller au maximum de la limite du nombre d’emplois qu’ils peuvent supprimer et de la réduction des dépenses en capital ( C’est incontournable : les faillites arrivent. Comme le note la Fed de Dallas dans ses dernières perspectives trimestrielles sur l’énergie, les risques de faillites sont maintenant à leur plus haut niveau depuis la crise et les choses semblent sombres pour l’avenir ». (2)

Le prix du pétrole est bas ? C’est pourtant sa fin.

Cette boutade est là pour signaler que normalement quand une ressource est rare, elle devient chère. Le tort des spécialistes de l’énergie est de ne pas considérer que les fondamentaux du pétrole. Ce n’est pas vrai ! les décisions quat au niveau des prix ne se décident pas techniquement par le simple jeu de l’offre et de la demande mais par un certain nombre de mécanismes qui ont permit par exemple, la création politique de l’AIE comme l’avait promit Kissinger en 1974 : Dans dix ans disait il, il n’y aura plus d’Opep », l’histoire lui a donné raison. On attend toujours l’annonce du décès de l’Opep. L’autre exemple est celui des gaz et pétrole de schiste qui n’auraient pas pu se développer aussi spectaculairement- nous verrons plus tard les dégâts causés à l’environnement- si la FED américaine avait augmenté les taux d’intérêt comme elle s’est décidée à le faire récemment.

Tout ceci pour dire que la croissance a une limite non pas physique uniquement mais obéit à des mécanismes qu’un spécialiste du pétrole Mathieu Auzanneau expose : « Et si nous atteignions les limites de la croissance économique ? écrit –il : les cours très bas du pétrole rendent impossible les investissements nécessaires pour puiser dans les réserves encore disponibles. Le moteur de la croissance, l’énergie fossile, va donc bientôt caler. Entraînant la chute de l’économie. De lourds nuages s’amoncellent (encore) au-dessus de l’économie mondiale. Tandis que des experts de la Banque des règlements internationaux s’inquiètent de l’avenir d’un monde « dans lequel les niveaux d’endettement sont trop élevés, la croissance de la productivité, trop faible, et les risques financiers, trop menaçants », la banque britannique HSBC constate tout simplement :« Nous sommes déjà en récession. » (3)

« L’alternative à laquelle le capitalisme mondial paraît voué se résume ainsi : soit la bulle gigantesque de la dette explose d’elle-même ; soit elle explose à cause d’une remontée des taux d’intérêt ».(3)

Faisant un parallèle avec l’étude de Denis Meadows il écrit que l’on pourrait avoir l’inverse des causes des limites de la croissance. : « Et si l’actuel ralentissement de l’économie était en passe de révéler les « limites à la croissance » annoncées dans le rapport du club de Rome de 1972 ? On a souvent considéré qu’une limite à la croissance devrait se manifester par une hausse sans fin des cours du pétrole et des autres grandes matières premières. Au contraire, les limites de la croissance pourraient être révélées par un prix des matières premières trop bas, c’est-à-dire par une demande globale trop faible pour que reste rentable l’extraction sans cesse plus coûteuse des flux de matières requis par la croissance. Un prix trop bas, autrement dit, pour financer la nécessaire quête de nouvelles sources intactes de pétrole à très grande profondeur au large du Brésil ou sous le pôle Nord, ou bien encore pour financer le déploiement massif des énergies renouvelables ».(3)

« À mon sens, poursuit il, le symptôme décisif est précisément cet effondrement du prix du pétrole brut, passé depuis l’été 2014 de plus de cent dollars à une cinquantaine de dollars seulement. Si, en dépit d’une croissance chinoise que l’on croyait encore être fulminante, les cours du brut étaient capables de chuter autant, cela voulait forcément dire que nous étions en train d’entrer dans une nouvelle ère d’abondance énergétique et matérielle. Aux yeux des économistes, tout dès lors redevenait possible, sinon envisageable. Grâce à la fracturation hydraulique et aux hydrocarbures de schiste, Preuve était faite que la technologie était capable d’à peu près n’importe quoi. (…) »

Mathieu Auzanneau rapporte que la chute des prix ne touche pas que le pétrole , ce sont toutes les matières premières qui sont concernées : « Si l’effondrement des cours du brut est un symptôme décisif de l’état réel de l’économie, il n’est pas pour autant isolé. Car outre le pétrole, ce sont les cours de toutes les grandes matières premières industrielles qui ont chuté, signe évident du ralentissement de l’activité industrielle chinoise et mondiale, et non du début d’une nouvelle ère d’abondance. La grave crise dans laquelle l’effondrement des prix du brut plonge l’industrie pétrolière mondiale promet d’avoir de graves conséquences sur le futur de l’économie de croissance toute entière. Les investissements dans les pétroles non-conventionnels et extrêmes (sables bitumineux canadiens, pétroles de schiste aux États-Unis, puits offshore ultra-profonds au Brésil, forages en Arctique), censés suppléer le pétrole conventionnel, sont à peu près à l’arrêt aujourd’hui. Et si les cours ne remontent pas, le déficit d’investissements finira aussi par avoir un lourd impact sur les grands producteurs de pétrole conventionnel, dont beaucoup – Venezuela, Mexique, Algérie, Norvège, Indonésie, Gabon, etc. – se trouvaient déjà dans l’incapacité de maintenir leurs extractions lorsque le prix du baril planait à plus de cent dollars ».

Mettant en garde que le pétrole sera de plus en plus difficile à trouver, plus de gisements super-géants ou même géants, il écrit : « Tel est le fond de la question du « pic pétrolier ». En bref, (1) si les investissements s’arrêtent aujourd’hui, la production chutera demain, et surtout (2) tenter de maintenir cette production deviendra de plus en plus coûteux, nécessairement. Pour quelle raison ? À cause d’un tropisme bien naturel : ce que n’est qu’une fois que l’on a cueilli les plus beaux fruits à portée de main que l’on se résout à risquer chaque année des dizaines de milliards de dollars pour aller forer au-delà du cercle polaire ou jusqu’à dix mille mètres sous la surface des flots, et pour fracturer les roches mères et excaver les sables bitumineux avec une intensité et sur des superficies toujours plus phénoménales ».(3)

« Il cite trois indices d’une telle éventualité :

« 1. Les majors occidentales du pétrole sont en déclin. Faute d’obtenir des retours suffisants sur leurs investissements, la plupart des grandes compagnies pétrolières occidentales ont décidé simultanément, début 2014, de réduire leurs investissements dans la production six mois avant la chute des cours du brut, alors même que le baril se maintenait depuis quatre ans au plus haut. À l’instar du groupe français Total, depuis le milieu des années 2000, ces pétroliers se sont en effet avérés incapables de maintenir leurs extractions de brut, en dépit d’un accroissement historique de leurs efforts d’investissement rendu possible par une envolée non moins historique du prix du baril » (3).

« 2. Le pétrole russe est menacé de déclin. Par une dépêche laconique en 2014, toujours avant la chute des cours, le Kremlin mettait en garde contre une imminente chute « attendue » de la production russe d’or noir » (3).

« 3. Derrière le miracle des gaz et pétroles de schiste, la politique de la FED, la Banque centrale des États-Unis. Last but not least, la plupart des experts s’accordent à considérer que le boom du gaz et des pétroles de schiste n’aurait pas eu lieu sans la politique monétaire plus qu’accommodante mise en place par la FED, en réponse à la crise de 2008. Il se trouve que la chute des cours du baril coïncide aussi bien avec le début de retour à la normale décidé par la Banque à l’automne 2014, qu’avec le coup d’arrêt du boom des hydrocarbures de schiste. Les pétroles de schiste étaient jusqu’alors considérés comme la forme de pétrole non-conventionnel la plus prometteuse (car la moins chère) pour compenser le déclin de nombreuses importantes sources de pétrole conventionnel parvenues « à maturité ». La planche de salut est en fait une planche à billets, et elle s’avérerait pourrie si elle ne pouvait perdurer que dans le contexte de politiques monétaires exceptionnellement généreuses » (3).

« La crise de 2008, conclut-il , dite crise des subprimes, a coïncidé avec l’atteinte du record absolu des cours du brut, et avec le plafonnement jugé depuis irrémédiable de la production mondiale de pétrole conventionnel (…) Depuis les années 1970, l’étalon-or a été supprimé, remplacé dans sa fonction par le pétrodollar. Les subterfuges monétaires mis en place en réponse à la crise de 2008 auraient dès lors servi à masquer l’avènement des premières limites à la croissance. Jusqu’à l’automne 2014 (c’est-à-dire jusqu’au début de la fin de la politique d’« assouplissement quantitatif » de la FED et jusqu’à la chute concomitante des cours du baril), ces subterfuges auraient permis au prix du pétrole de se maintenir au niveau très élevé nécessaire au financement du développement très coûteux de nouvelles sources de carburant, indispensable afin de compenser le déclin de quelques-unes des plus grandes zones traditionnelles de production de pétrole « facile » ». (3)

Baisse ou hausse : évolution du pétrole en 2016

Tout d’abord, et pour abonder dans le même sens que Mathieu Auzanneau, il est indéniable que l’activité de forage a diminué partout et surtout aux Etats Unis . L’industrie ne peut pas continuer avec un cout de baril aussi faible de plus il compromet le recours aux énergies renouvelables malgré les prouesses technologiques. L'OPEP a publié son World Perspectives du pétrole 2,015 (WOO) L'OPEP ne voit pas les prix du pétrole redevenir à trois chiffres dans les 25 prochaines années, Le groupe prévoit que les prix du pétrole à la hausse par une moyenne d'environ 5 $ par année au cours de cette décennie, atteignant seulement 80 $ le baril en 2020. De là, il voit le prix du pétrole monte lentement, atteignant 95 $ le baril en 2040. Le monde va consommer un supplément de 6,1 millions de barils de pétrole par jour d'ici à 2020. Mais la demande ralentit la croissance de la suite: 3,5 mb / j entre 2020 et 2025, 3,3 mb / j pour 2025 à 2030; 3 mb / j pour 2030 à 2035; et enfin, 2,5 mb / j pour 2 035 à 2040. Les raisons en sont multiples: ralentissement de la croissance économique, la baisse des taux de la population, et, surtout, l'efficacité et le changement climatique efforts pour ralentir la consommation. Bien sûr, certains pourraient faire valoir que même cette estimation - que le monde consommera 110 mb / j en 2040 » (4)

Dans le même temps, l'OPEP a également émis une mise en garde dans son rapport Elle recommande des investissements massifs dans l'exploration et la production qui seraient encore nécessaires pour répondre à la demande sur le long terme. L’OPEP estime 10 milliards de $ seront nécessaires au cours des 25 prochaines années pour assurer un approvisionnement suffisant de pétrole. Dans une conclusion similaire l'Rystad énergie basé à Oslo a récemment conclu que l'état actuel de l'offre excédentaire pourrait être "bouleversé au cours des prochaines années." Du fait d’une coupe drastique dans les dépenses qui se traduira par une pénurie dans un quelques années ».(4)

Cependant Les analystes prévoient un rebond du prix en 2016, les traders ne sont pas d'accord. L'excédent de pétrole atteint aujourd'hui 2 millions de barils par jour. Si les niveaux de pompage actuels ne bougent pas, il n'y a aucune raison que la situation évolue argumentent les traders. Pour rappel Il y a un an, après la division par deux en six mois du prix du pétrole, les analystes prédisaient une remontée des cours en 2015 alors que de nombreux traders vendaient le baril à découvert. La suite des événements a donné raison aux traders puisque les cours ont encore baissé d'un tiers cette année. Mais aujourd'hui, le scénario se répète: les analystes prévoient un rebond pour 2016 alors que les positions à découvert sur les contrats à terme du pétrole américain ont atteint début décembre un niveau record. La divergence entre analystes et traders tient aux hypothèses choisies en matière de réponse des producteurs à l'excédent de pétrole actuel sur le marché mondial, qui atteint deux millions de barils par jour (bpj) selon certains analystes. Nombre de ces derniers s'attendent à un rebond des cours fin 2016, ce qui permettrait au cours moyen du baril sur l'année de s'afficher en hausse, grâce à la diminution des pompages, notamment aux Etats-Unis, une partie des producteurs baissant les bras face à l'accumulation de leurs dettes et à la baisse de leurs recettes ».(5)

La dernière enquête Reuters, réalisée auprès de 31 analystes, montre qu'ils tablent sur un cours moyen de 57,95 dollars le baril pour le Brent l'an prochain, soit plus de 20 dollars au-dessus du cours actuel. Et la plupart restent convaincus que la baisse de la production finira par favoriser un retournement du marché au cours de l'année qui vient. Dans le même temps, les analystes disent que la deuxième moitié de l'année pourrait rebondir.

Une guerre des prix entre l’Arabie Saoudite et l’Iran

Sur le front pétrolier, écrit Jean Michel Bezat du Monde la République islamique pourrait jouer l’apaisement. Elle sait que pour la concurrencer sur le marché européen, les Saoudiens consentent des rabais sur leur brut. La National Iranian Oil Company (NIOC) a commencé à le faire aussi en prévision de ses livraisons ». (6)

Jean Michel Bezat rapporte les propos d’un responsable iranien à l’agence Reuters « Nous ne voulons pas déclencher une sorte de guerre des prix, a déclaré Mohsen Qa :msari. Nous serons plus subtils dans notre approche et nous pourrions augmenter notre production progressivement », estimant qu’« il n’y a plus de marge pour pousser davantage les prix à la baisse ». Un geste d’apaisement peu coûteux, selon certains experts pétroliers, qui assurent qu’il faudra un an au moins à l’Iran pour retrouver la production de 3,8 millions de barils qu’elle avait avant l’embargo de 2012 ».(6)

Un autre phénomène aurait pu faire remonter les cours : la baisse des stocks commerciaux de brut américain, dont les chiffres ont été publiés mercredi. Lors de la semaine achevée le 1er janvier, ils ont baissé de 5,1 millions de barils pour atteindre482,3 millions de barils. (…) Ces statistiques ont été contrebalancées par celles des réserves d’essence, qui ont bondi de 10,6 millions de barils, bien plus que ne le prévoyaient les experts de Bloomberg (+ 1,8 million) et l’API (+ 7,1 millions (…) Quant au renforcement du dollar par rapport aux autres devises dans un contexte d’incertitudes économiques et géopolitiques planétaires, il pèse sur les cours du brut puisque c’est en billets verts que les investisseurs munis d’autres devises achètent du pétrole » (6).

Que doit faire l’Algérie ?

L’Algérie doit s’attendre à des passages difficiles , on dit même que les Etats Unis vont exporter du gaz en Europe ce qui va impacter les marchés traditionnels de l’Algérie et il est important de comprendre une bonne fois pour toute que l’Algérie de la rente c’est fini ! Même en cas de raffermissement des prix du pétrole, il serait hautement hasardeux de bloquer la dynamique de la mise en route d’un réexamen lucide des subventions en répartissant la charge sur ceux qui peuvent et doivent supporter à savoir les classes à fort pouvoir d’achat pour qui les utilités (électricité, gaz..) ne représentent pas un poste aussi important que pour les classes à faible pouvoir d’achat

Cela ne peut se faire que si la transition énergétique vers le Développement Humain Durable bien expliquée est mise en œuvre. Pour commencer une réduction de 20 %de la consommation est possible. Il faudra aussi faire preuve de patriotisme scientifique pour créer et importer le moins possible créer le plus possible et vivre de sa création de richesse. Amen

1.Gérard Vespierre http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pourquoi-le-prix-du-petrole-devrait-encore-baisser-537991.html#xtor=AL-1323/12/2015

2.http://reseauinternational.net/les-faillites-dans-le-petrole-ont-atteint-leur-plus-haut-niveau-depuis-la-crise/05 janvier 2016

3.Matthieu Auzanneau http://www.reporterre.net/Le-prix-du-petrole-est-bas-C-est-pourtant-sa-fin-Qui-annonce-la-fin-de-la 23 décembre 2015 /

4.Nick Cunningham http://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/10-Trillion-Investment-Needed-To-Avoid-Massive-Oil-Price-Spike-Says-OPEC.html Lun 28 Décembre 2015

5http://www.usinenouvelle.com/article/baisse-hausse-analystes-et-traders-divises-sur-l-evolution-du-petrole-en-2016.N371390#xtor=EPR-419

6.http://www.lemonde.fr/economie-mondiale/article/2016/01/06/petrole-le-brent-a-son-plus-bas-depuis-juillet-2004_4842544_1656941.html#g9TlJMG6KeBu4hyA.99

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/232966-l-algerie-ne-doit-pas-y-compter.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 14:16

«Mon Dieu, gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge.»

Voltaire

Cette année 2016 commence mal pour la condition humaine. L'Arabie saoudite exécute 47 personnes en une seule fois dont le cheikh chiite Al-Nimr, figure de la contestation contre le régime. L'an dernier, l'Arabie saoudite a exécuté au moins 153 personnes - la plupart par décapitation. Est-ce moral? Est-ce licite? Sont-ils des apostats? Et encore, ne peut-on pas être libre de ses idées? «Prononcer la chahada sous la menace du sabre est, dit-on, un péché.»

Qu'ont fait ces Saoudiens pour mériter le châtiment suprême? Ils ont tout simplement clamé plus fort que les autres leur rejet d'un régime vermoulu, pourri, qui nourrit 6000 princes qui se partagent le pouvoir depuis un siècle et qui ont, par la rente pétrolière, tétanisé l'Occident au point de tout lui permettre, de tout lui pardonner. L'essentiel est qu'il brade le pétrole, tienne en respect les rentiers de l'Opep et achète à profusion des armes en dizaines de milliards de dollars, des armes qui serviront, on l'aura compris contre le peuple et contre d'autres pays musulmans, la Syrie, Bahrein où la révolution a été étouffée dans le sang sous l'oeil complice des Occidentaux et de leurs médias, mais aussi le Yémen qui n'en finit pas de mourir.

Les seuls à protester sont les Saoudiens chiites, et les Iraniens ennemis jurés des Saoudiens: «Peu après l'annonce de la sentence, quelques milliers de personnes sont descendues dans les rues d'Awamiyah, en banlieue de Qatif, la capitale de la province orientale du royaume. Téhéran a également réagi samedi dernier, accusant Riyadh de «soutenir les terroristes» tout en «supprimant» les opposants. «Le crime de l'exécution du cheikh Al-Nimr fait partie du fonctionnement criminel de cette famille traîtresse. Le monde islamique va exprimer son indignation et dénoncer ce régime infâme autant que possible, a déclaré l'ayatollah Ahmad Khatami. Je ne doute pas que ce sang pur tachera la maison Al-Saoud et qu'ils seront balayés des pages de l'Histoire», a ajouté le dignitaire iranien.» (1)


Les droits de l'homme inconnus dans les pays arabes du golfe

On est en droit de se demander pourquoi personne ne proteste parmi les donneurs de leçons. La schizophrénie occidentale envers ces meurtres d'un autre âge n'a pas d'explication rationnelle sauf si on emprunte à Bill Clinton sa fameuse expression: «C'est le pétrole idiot!». A bien des égards l'Occident est responsable de cet état de fait. Il faut rappeler que l'essor pétrolier de l'Arabie saoudite a commencé au début des années 1930 du siècle dernier avec la découverte de l'immense gisement de Gahwahr, actuellement sur le déclin. Les Etats-Unis évincés à l'époque des accords Sykes -Picot pour le partage du Moyen-Orient et des provinces pétrolières dont les plus grands gisements se situaient en Irak, firent mieux. Une compagnie américano-saoudienne fut créée: l'Aramco dont la concession recouvre la presque totalité du territoire. Plus tard dans le pacte du Quincy (1945), renouvelé pour 60 ans en 2008, les Etats-Unis garantissent la sécurité de la famille Saoud (et donc son pouvoir). En échange de quoi... les compagnies pétrolières américaines font ce qu'elles veulent en Arabie saoudite. On l'aura compris, les droits de l'homme dans les pays arabes n'ont pas de sens. L' esclavage est encore en vigueur dans les pays du Golfe et la condition des immigrés est des plus déplorables. Pour le moment, les potentats du Golfe intéressent l'Occident tant qu'ils ont encore du pétrole et du gaz. (...) Il est à espérer qu'il ne faille pas attendre la fin du pétrole et du gaz pour voir enfin, la fin de la capacité de nuisance de ces roitelets qui se sont installés définitivement dans les temps morts pour le plus grand malheur de leurs peuples respectifs condamnés de ce fait à renouer définitivement avec la tente et le chameau.» (2)


Un pays de non-droit pour tout ce qui n'est pas occidental


L'Arabie saoudite protégée des Américains ayant fait un hold-up sur les Lieux saints, les exploite à sa façon. Chaque année, dans l'impunité la plus totale, des centaines de pélerins meurent et aucune enquête sérieuse n'est faite. Cette année plus de 1500 morts dont 400 Iraniens du fait d'un prince qui a bloqué le chemin et qui a créé le chaos. Une fois de plus, ce sera l'impunité au nom du fait du prince et du mektoub (la fatalité). Du point de vue architectural et patrimoine, on s'étonne et on est scandalisé par les destructions archéologiques de Daesh. L'exemple vient de la famille saoudienne, qui est à bien des égards édifiant. Tout est fait pour marchandiser La Mecque. La curée n'a pas de limite pour dénaturer La Mecque et lui faire perdre sa dimension transcendante pour les musulmans, le total des flux financiers qui seront générés par le pèlerinage s'élèverait à plus de 34 milliards de dollars, Par ailleurs, il est noté que l'industrie du pèlerinage représenterait 50 milliards de dollars pour le Royaume saoudien, soit le deuxième pôle de recettes financières après le pétrole.» Pour l'histoire, au début du XXe siècle le roi Ibn Saoud se plaignait à la France de la suppression de la «zakat» des Algériens qui n'était plus envoyée aux Lieux saints aux pauvres de La Mecque et de Médine.(3)

Pourquoi l'Occident soutient les régimes qui terrorisent leurs peuples

Dans le même ordre, Mohamed Hassan explique la génèse de ce soutien occidental: «Bras armés en Libye et en Syrie, partenaires politiques en Tunisie et en Egypte, alliés stratégiques en Arabie saoudite et au Qatar... L'Occident n'hésite pas à se servir des courants les plus réactionnaires de l'islamisme radical lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts. (4)
Il a fallu attendre les attentats de novembre en France pour que dit-on en France, les Occidentaux envisagent de repenser les liens qu'ils entretiennent avec l'Arabie saoudite et le Qatar. Nous lisons ainsi ce que le quotidien américain The New York Times par Kamel Daoud, écrit à ce propos: «Daech noir, Daech blanc. Le premier égorge, tue, lapide, coupe les mains, Le second est mieux habillé et plus propre, mais il fait la même chose. L'Etat islamique et l'Arabie saoudite. Dans sa lutte contre le terrorisme, l'Occident mène la guerre contre l'un tout en serrant la main de l'autre. (...) On veut sauver la fameuse alliance stratégique avec l'Arabie saoudite tout en oubliant que ce royaume repose sur une autre alliance, avec un clergé religieux qui produit, rend légitime, répand, prêche et défend le wahhabisme, islamisme ultrapuritain dont se nourrit Daech.» «Le clergé saoudien produit l'islamisme qui menace le pays mais qui assure aussi la légitimité du régime.» (5)
De même, dans une tribune publiée par le Monde les deux historiens Sophie Bessis et Mohammed Harbi affirment, eux aussi, l'existence d'une filiation idéologique entre l'EI et le Royaume saoudien: «Le djihadisme est avant tout l'enfant des Saoud et autres émirs auxquels [la France] se félicite de vendre à tour de bras ses armements sophistiqués, faisant fi des valeurs' qu'elle convoque un peu vite en d'autres occasions.» (6)



L'effondrement de l'Arabie saoudite est inéluctable

Pour Nafeez Ahmed du point de vue économique,: «De profondes réalités structurelles sont le signe que l'Arabie saoudite est effectivement au bord de la déliquescence à long terme, processus qui pourrait débuter dans les années à venir. Le mardi 22 septembre, Middle East Eye a révélé dans un article qu'un éminent membre de la famille royale saoudienne appelait à un changement à sa tête afin d'éviter la chute du royaume. Comme de nombreux pays de la région avant elle,l'Arabie saoudite s'apprête à faire face à un tourbillon d'épreuves qui, si l'on se fie à l'histoire, mèneront la monarchie à sa perte au cours de la prochaine décennie.» (7)
«Au cours des dernières années, le royaume a procédé à des extractions en quantité record afin de maintenir sa production à flot, Mais les réserves ont une durée de vie limitée pour une Arabie saoudite qui pompe à un rythme dément. Une nouvelle étude spécialisée parue dans le Journal of Petroleum Science and Engineering projette que l'Arabie saoudite va constater un pic dans sa production pétrolière, qui sera suivi par un déclin inexorable en 2028 (...) Selon le Modèle des pays exportateurs (MPE) inventé par le géologue pétrolier texan Jeffrey J. Brown et par le Dr Sam Foucher, la question principale ne concerne pas seulement la production de pétrole, mais la capacité à exporter la production face à la croissance des taux de consommation à l'intérieur du pays. En 2008, ils découvraient que les exportations pétrolières nettes de l'Arabie saoudite avaient déjà entamé leur déclin depuis 2006. Selon leurs prévisions, cette tendance allait se poursuivre »(7)

« Et ils avaient raison. Un rapport publié récemment par Citigroup a prévu que les exportations nettes plongeraient jusqu'à zéro dans les quinze prochaines années. Cela signifie que les recettes enregistrées par l'État saoudien, dont 80% proviennent des ventes de pétrole, sont condamnées à la chute perpétuelle. L'Arabie saoudite est le plus gros consommateur d'énergie de la région, la demande des ménages ayant grimpé de 7,5% au cours des cinq dernières années. On estime que la population saoudienne totale va croître des 29 millions actuels à 37 millions aux alentours de 2030. Les considérables réserves de l'Arabie saoudite tombent à des niveaux sans précédent, chutant de leur pic de 737 milliards de dollars atteint en août 2014 à une valeur de 672 milliards de dollars en mai. À ce rythme, à la fin 2018,
les réserves du royaume pourraient atteindre la très basse valeur de 200 milliards de dollars.» (7)

Les subventions supprimées, hausse massive des prix du carburant

Nafeez Ahmed poursuit: «La fortune pétrolière de l'Arabie saoudite, et sa capacité hors du commun à maintenir de généreuses subventions pour le pétrole, le logement, la nourriture et d'autres biens de consommation, jouent un rôle majeur dans la prévention des risques d'instabilité civile. Les subventions énergétiques couvrent à elles seules un cinquième du produit intérieur brut saoudien. À mesure que les recettes subiront une contrainte grandissante, la capacité du royaume à maîtriser les dissidences à l'intérieur du pays faiblira, comme cela a déjà été le cas dans d'autres pays de la région. Le chômage s'élève à environ 12%, et il touche principalement les jeunes - 30% d'entre eux sont sans emploi. On projette que les changements climatiques vont accroître les problèmes économiques du pays, notamment en ce qui concerne l'eau et la nourriture. Vers 2040, on prévoit que les températures moyennes y seront plus élevées que la moyenne mondiale, et qu'elles pourraient augmenter de pas moins de 4° Celsius, tandis que la diminution des pluies pourrait encore s'aggraver. De toute façon, 80% des besoins saoudiens en nourriture sont achetés via une importation largement subventionnée. Le royaume est l'un des pays du monde où l'eau est la plus rare, avec 98 mètres cubes par an et par habitant. (...) Comme pour nombre de ses voisins, de telles réalités structurelles profondément enracinées sont le signe que l'Arabie saoudite est effectivement au bord de la déliquescence à long terme, processus qui pourrait débuter dans les années à venir et devenir parfaitement visible d'ici dix ans.» (7)

Mort virtuelle de l'Opep

On sait que l'Opep, en décembre 2015, a décidé de ne rien décider du fait de l'intransigeance des monarchies du Golfe conduites de main de fer par l'Arabie saoudite. Quelle est la situation actuelle? Une offre largement excédentaire, un dollar plus fort que jamais, une demande déclinante et un baril de Brent autour de 36 dollars «la production de l'Opep ne montre aucun signe de ralentissement». Elle a atteint 31,77 millions de b/j. Les raisons d'une telle dégringolade des prix sont multiples. La récession de l'économie mondiale, l'introduction du gaz/pétrole de schiste américain qui bouleverse toute la carte énergétique mondiale, les rivalités au niveau de l'Opep dont certains ne respectent pas les quotas, le retour sur le marché de la Libye de l'Irak et de l'Iran Enfin, l'efficacité énergétique dans la majorité des pays occidentaux. On peut ajouter le fait que les stocks américains sont au plus haut à près de 490 millions de barils/jour soit plus de 110 millions de barils/jour achetés avec un pétrole bradé. Il faut ajouter le fait qu'en dix ans, les pays du Golfe ont amassé des réserves estimées à 2 450 milliards de dollars. L'Opep de papa, des pionniers qui avaient une haute idée de leur mission, est morte. L'opep de rentiers qui n'a plus d'avenir.» (8)

Dans ces conditions comme le rapporte Rafik Tadjer: «Confrontée à la chute des prix du pétrole, l'Arabie saoudite a pris une série de mesures destinées à équilibrer son budget. Les prix du carburant seront augmentés d'au moins 50%, ont annoncé, ce lundi 28 décembre, les autorités locales. Le prix de l'essence sans plomb 95 augmente ainsi de 50%, passant de 0,60 riyal à 0,90 riyal (0,24 dollar) le litre, et celui de l'essence 91 de 67%, passant de 0,45 riyal à 0,75 riyal (0,20 dollar) le litre. Les subventions du diesel et des produits pétroliers, mais aussi de l'électricité et de l'eau, vont également être révisées. Comme l'Algérie, l'Arabie saoudite est l'un des pays où les carburants sont les moins chers. Le Royaume saoudien a adopté son budget 2016 avec un déficit prévu de 79,3 milliards d'euros. Cette année, ce pays a enregistré un déficit budgétaire record de 89,2 milliards d'euros.» (9)


La déclaration du ministre saoudien du pétrole le 30 décembre a sonné le glas de l’Opep.

« L'augmentation de la production dépend (...) de la demande des clients. Nous répondons à la demande de nos clients, il n'y a plus de limite à la production, tant qu'il y a de la demande, nous avons les moyens de répondre à la demande », a-t-il déclaré » (10).

Voilà qui est clair, il n’ya plus de concertation Les Saoudiens misent sur le volume et non pas sur le prix et dans ces conditions l’Opep ne sert à rien si ce n’est à discipliner pour le compte de l’empire, par, prévôt interposé, les récalcitrants notamment ceux qui à défaut de stratégie hors hydrocarbure, brûlent des cierges pour que les cours remontent.

Sombres jours pour les rentiers arabes, ils vont successivement subir le même sort que la Libye au fur et à mesure de l'épuisement des réserves. L'Arabie saoudite pourra toujours compter sur sa manne de l'industrie du tourisme religieux évaluée à 50 milliards de dollars. Il est fort à parier que le Monde arabe ne représentera plus grand-chose à l'horizon d'une trentaine d'années. Ils retourneront à leur vocation de nomades comme au début du XXe siècle.

L'Algérie, n'a pas d'amis arabes, elle devra s'en protéger. Elle devra plus que jamais réhabiliter l'Islam maghrébin tolérant pour lutter intelligemment contre l'extrémisme. De plus, elle n'a pas su développer des alternatives au tout-pétrole. Le temps encore une fois, nous est compté et les problèmes de l'Algérie doivent faire l'objet, de mon point de vue, d'un consensus car quels que soient ses dirigeants, les faits sont têtus.

Si on ne remet pas tout à plat dès à présent en expliquant aux citoyens les grands enjeux, tarissement de la manne pétrolière, risques climatiques, sécheresse, ils n'adhéreront pas. Naturellement, les réformes indispensables concernant le ciblage intelligent des subventions aux couches sociales à faible pouvoir d'achat, ne peuvent commencer que par l'exemple de la réduction du train de vie de l'Etat. Il n'y a pas de fatalité ni de hiérarchie ni de monopole ni de famille révolutionnaire dans le patriotisme. Seules la connaissance et la compétence permettront à l'Algérie de sortir de cette épreuve.


1. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/01/02/l-arabie-saoudite-execute-47-personnes-dont-le-cheikh-chiite-al-nimr_4840883_3218.html#xO910TGj3iGJRtsg.99


2.Chems Eddine Chitour http://www.legrandsoir.info/les-droits-de-l-homme-dans-les-monarchies-du-golfe-une-utopie-toleree-par-l-occident.html


3. Chems Eddine Chitour http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour /225208-cite-de-dieu-ou-cite-marchande.html


4.Mohamed Hassan http://www.michelcollon.info/Ces-islamistes-que-soutient-l.html


5. http://www.nytimes.com/2015/11/21/opinion/larabie-saoudite-un-daesh-qui-a-reussi.html?_r=1


6. http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2015/11/21/letat-islamique-a-un-pere-larabie-saoudite-et-son-industrie-ideologique/


7. Mathieu Vigouroux http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/l-effondrement-de-l-arabie-saoudite-est-luctable-602186090#sthash.MssIkE9p.sRpwdHXi.dpuf .


8. http://www.mondialisation.ca/mort-virtuelle-de-lopep-pourquoi-lalgerie-lie-t-elle-son-sort-aux-rentiers-du-golfe/5494436


9.Rafik Tadjer www: tsa-algérie 28 décembre 2015

Reem Shamseddine, Hadeel Al Sayegh et Katie Paul Reuters 31 Décembre http://www.usinenouvelle.com/article/l-arabie-saoudite-ne-veut-pas-changer-sa-politique-petroliere-malgre-la-baisse-des-prix.N371354#xtor=EPR-419

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/232755-le-peuple-saoudien-en-otage.html

Professeur Chems eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 12:39

«Les batailles que l'on perd sont celles que l'on n'engage pas.»

Boubaker Belkaïd

L’une des doxas occidentales les lus prégnantes est celle d’imposer un calendrier qualifié justement par l’Occident , d’universel pour imposer une segmentation du temps qui repose un fond rocheux du Christianisme Le passage à la nouvelle année a été vécu par la plupart des pays comme un événement planétaire que d’aucuns dans les pays du Sud attribuent à une hégémonie scientifique, culturelle. Certes le néolibéralisme impose un magister à des victimes consentantes qui développent une véritable addiction pour tout ce qui est occidental devant le vide sidéral de leur condition et devant les injonctions d’un autre siècle ou les morales à l’ancienne qui ne tiennent plus. A titre d’exemple, quand on voit comment les jeunes algériens communient, et fêtent ce veau d’or que l’on pourrait appeler le « money-theisme » sans aucune critique sur la symbolique du passage d’une année à une autre.

On comprend que cette contagion formate, à l’échelle planétaire, l’homme nouveau , qui ne doit pas penser , mais qui doit dépenser selon le juste mot du philosophe Dany Robert Dufour. Il n’y a donc pas lieu de rechercher à tout prix un choc de civilisation là où il y en a pas. la Saint Sylvestre est devenue au fil du temps une religion qui lamine les autres, celle du money-théisme. Ce passage d’une saison à une autre ne doit pas être- après réflexion- l’apanage d’une ère civilisationnelle, encore moins d’une religion mais, devrait se référer à toutes les traditions humaines, avec une égale considération, depuis que l’homme a commencé à mesurer les pulsations du temps.(1)

Comment est mesuré le temps ?

Justement, le temps n’en finit pas de nous interpeller. Les scientifiques pensent que le temps a été créé avec le big bang il y a environ 13,7 milliards d’années. Il reste toujours une énigme celle du temps avant le temps de Planck 10-43 s. Pour les mortels que nous sommes et qui représentons- pour toute notre « civilisation » née quelque part dans une région qui a vu l’enfance de l’humanité en Syrie , Irak, avec toute notre arrogance prométhéenne à peine un clin d’œil à l’image des temps géologiques.

Ainsi, le temps, pour les auteurs bibliques, est une création de Dieu. D’où l’importance accordée dans le récit de la Genèse au temps de la création, émergeant d’un monde chaotique, le tohu bohu. Pour saint Augustin, les événements sont les filins tissés de l’étoffe du temps. « Je le dis néanmoins en toute confiance, je sais qu’il n’y aurait ni, si rien ne passait, temps passé, ni, si rien n’advenait, temps futur, ni, si rien n’existait, temps présent. »

La perception du déroulement temporel est fondée sur l’expérience du vécu. On en retrouve les modalités dans les langues, l’art, les croyances religieuses, les rites et dans bien d’autres domaines de la vie sociale. Dès la plus haute Antiquité, les hommes ont manifesté cette volonté de mesurer le temps. On trouve ainsi le cycle solaire comme premier mouvement régulier auquel les hommes ont manifesté de l’attention eu égard à la mesure du temps Les Babyloniens (ancêtres des Irakiens), par exemple, divisaient l’année en 12 mois de 30 jours auxquels ils ajoutaient un mois supplémentaire tous les six ans afin de se « mettre à jour » avec le calendrier solaire.

Le calendrier chinois est un calendrier lunaire solaire Selon la tradition, le premier système calendaire fut créé par l’Empereur Jaune en 2637 avant notre ère et appliqué à partir de son année de naissance -2697. La légende d’une course entre les animaux permet de mémoriser leur ordre. Nous rentrons dans l’année du singe Le calendrier de l’Égypte antique, était axé sur les fluctuations annuelles du Nil L’année était divisée en trois saisons chaque saison comprenait quatre mois de trente jours chacun. Les Grecs anciens connaissaient tous un calendrier lunaire qui comptait, en principe, 12 mois ; selon les besoins, s’y ajoutait un mois intercalaire.

Le calendrier hébreu est utilisé dans le judaïsme pour l’observance des fêtes religieuses. Il est également le calendrier officiel en Israël. Nous sommes en l’an 5769. Les Romains utilisaient le calendrier julien, instauré par Jules César en 46 avant Jésus-Christ Le calendrier julien, véritable calendrier solaire, comportait donc 365 jours (366 tous les 4 ans.), et fixait le début de l’année au 1er janvier. Denys le Petit, (environ 470 - environ 540) est un moine connu pour avoir calculé l’Anno Domini ou ère vulgaire, utilisée comme ère par le calendrier grégorien. la naissance (25 décembre) de Jésus-Christ, est placée à l’année 753 de Rome (c’est-à -dire l’année -1 du calendrier actuel). Le Christ, en somme, devait avoir déjà quatre ou cinq ans au moment où le moine Denis le Petit situe sa naissance, 2021 après la naissance réelle du Christ. En enlevant 10 jours au mois d’octobre de l’année 1582 (on passa soudainement du 4 au 15 octobre), le pape Grégoire fit coïncider l’année du calendrier avec l’année tropique ou astronomique. Pour les Musulmans, l’an Ier de ce calendrier a débuté le premier jour de l’hégire, le 1er mouharram (le 15 ou le 16 juillet 622 de l’ère commune nous sommes rentrés dans l’an 1437

En définitive, la doxa occidentale du fond rocheux chrétien et le néolibéralisme imposent le rythme au temps du monde. Il est vrai comme l’écrivent Louis Hourmant et Fréderic Louveau que « le phénomène de mondialisation touche progressivement le domaine du calendrier faisant d’un calendrier local - celui de l’empire romain dit calendrier julien légèrement amélioré dans sa version « grégorienne » du nom du pape Grégoire II - le calendrier de référence pour une part toujours plus importante de l’humanité, même si le continent asiatique résiste mieux à la pénétration de cette mesure occidentale du temps que d’autres continents (l’Afrique, l’Amérique latine) où les civilisations anté-coloniales se sont plus profondément disloquées devant la colonisation ». (1) (2)

2015 une année de bouleversements planétaires

Souvenons nous des malheurs de la Reine d’Angleterre : «1992 dit elle, n'est pas une année que je vais me remémorer avec plaisir. Un de mes correspondants l'a qualifiée d'«Annus horribilis». C'est l'expression utilisée par la reine Élisabeth II, à l'occasion du 40e anniversaire de son accession au trône le 24 novembre 1992. Cette année-là, les désordres de la famille royale, l'incendie du château de Windsor avaient traumatisé la reine. Depuis, la Terre a connu d'autres années horribles que nous avons rapportées, notamment l'année 2011 celle de Fukushima et celle des indignés de par le monde. (3)

2015 n'a sûrement pas été la meilleure année que nous ayons connue. Une année de perturbations et traumatismes; conséquences d'une gestion néolibérale du monde: terrorismes, crises migratoires, hold-up des pays pauvres débâcle des pays rentiers de l'Opep, convulsions climatiques. S'agissant justement du climat depuis le début de l'ère industrielle, le réchauffement climatique global a été d'environ 0,8 °C. Selon l'ONU, 90% des catastrophes naturelles sont à présent d'origine climatique. Depuis 1995, cela a coûté la vie à 606.000 personnes et affecté 4,1 milliards d'autres. Pendant les six premiers mois de cette année, quelque 16.000 personnes ont perdu la vie et le coût des catastrophes climatiques a été évalué à près de 40 milliards d'euros. De notre point de vue, la COP21 a été un vaste canular qui a lancé un sortilège sur les participants, leur faisant croire à une réussite alors que rien de tangible n'a été réglé. Aucune limite à la pollution, aucune contrainte, seul le bon vouloir permettra de sauver la Terre et là ce n'est pas acquis.


Les découvertes de l'année 2015: promesses et craintes

«Grâce aux scientifiques, en 2015 les humains peuvent un peu mieux comprendre leur passé, rêver de leur avenir et surtout... avoir un oeil bionique! Trois de ces avancées majeures: la découverte d'une planète, très loin de chez nous, qui ressemble beaucoup à la Terre et qui pourrait abriter la vie, mais aussi d'une nouvelle espèce inconnue du genre humain, avec un cerveau minuscule et donc ce fameux oeil bionique implanté sur la rétine d'un Britannique de 80 ans. En 2015, des découvertes majeures ont été constatées dans de nombreux domaines. Et ce n'est pas tout, puisque nos ordinateurs et smartphones pourraient devenir 3600 fois plus rapides grâce à une particule découverte en laboratoire à Princeton.» (4)

Par ailleurs, la prestigieuse revue Science a décerné son Prix de la découverte scientifique de l'année 2015 à Crispr, une technique d'édition génétique aussi prometteuse qu'inquiétante. Le scalpel de la génétique, c'est l'un des surnoms donnés à la technique Crispr (prononcer krisper) Et pour cause, ce procédé d'édition génétique simple, dont la précision est à ce jour inégalée, devrait donner un coup d'accélérateur aux recherches en thérapie génétique. Avec en ligne de mire, la possibilité de faire disparaître des maladies génétiques héréditaires, voire certains cancers pour lesquels la prédisposition génétique est prépondérante. Concrètement, la technique permet de neutraliser les propriétés de gènes défaillants dans l'ADN d'un individu. Mais la technique est aussi prometteuse qu'inquiétante. Car si elle laisse entrevoir la possibilité de guérir des maladies en s'attaquant directement à leur origine génétique, elle introduirait par-là même une modification du patrimoine héréditaire de l'espèce humaine. Un acte qui fait ressurgir les problèmes éthiques liés à l'eugénisme. Ainsi, les travaux de généticiens chinois publiés en avril 2015 ont-ils rouvert le débat sur la manipulation génétique appliquée aux humains. Ces scientifiques ont testé pour la première fois cet outil d'ingénierie génétique sur des embryons humains afin de faire disparaître une maladie monogénique. (5)

En l'an 2000, les pays de l'ONU définirent au «Sommet du Millénaire» 8 objectifs en matière de développement pour les pays émergents. Extrême pauvreté, malnutrition, éducation primaire, promotion de l'égalité des sexes... Globalement et principalement grâce au libéralisme, beaucoup de ces objectifs ont été atteints, avant même la date butoir. En septembre dernier à New-York, les membres de l'ONU ont pris une nouvelle série d'engagements pour un développement durable de la planète. Date limite fixée: 2030. L'extrême pauvreté devrait pour la première fois en 2015 toucher moins de 10% de la population mondiale, selon un rapport de la Banque mondiale. L'objectif est de faire complètement disparaître l'extrême pauvreté et la faim dans le monde d'ici 2030. Autre bonne nouvelle: selon l'Organisation mondiale de la santé, le nombre des cas de poliomyélite a diminué de plus de 99% depuis 1988, passant de 350.000 à 359 cas notifiés en 2014. Il ne reste plus que deux pays d'endémie (Afghanistan et Pakistan), alors qu'ils étaient plus de 125 en 1988. (6)

Dans le même ordre, l'année 2015 a été marquée par nombre d'événements tristes ou durs à supporter... mais elle a aussi engendré quelques bonnes nouvelles, parfois perdues dans l'actualité sombre ou tout simplement oubliées. En janvier: découverte d'un nouvel antibiotique. Un nouvel antibiotique efficace contre des bactéries difficiles à traiter a été identifié par une équipe de chercheurs américains et allemands. En février: les iPhone s'ouvrent à la diversité. En mars, l'avion Solar Impulse 2 a décollé d'Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, pour un tour du monde sans précédent propulsé par la seule énergie solaire, dans le but de promouvoir les technologies propres. En avril: rencontre officielle entre Barack Obama et Raul Castro. En mai: «On n'a jamais été aussi près de marcher sur Mars.» En juillet: rémission du VIH. En octobre le Canada défend ses malades. L'Etat canadien a décidé de s'opposer à la politique tarifaire d'un laboratoire pharmaceutique américain, Alexion, qui facture son traitement contre deux maladies du sang, plusieurs centaines de milliers de dollars par an.(7)


Poutine classé homme le plus puissant du monde pour la 3e année consécutive


Un homme a marqué l'année 2015 sur tous les plans. Vladimir Poutine, que l'on croyait vulnérable, non seulement a tenu bon, mais il fait bouger les lignes. En Ukraine, en Syrie, où il a pris les rênes de la lutte contre Daesh. L'Europe avec ses rodomontades, n'a pas tenu longtemps devant la détermination de la Russie. «Pour la troisième année consécutive, Vladimir Poutine emporte la palme de l'homme le plus puissant de la planète, selon un classement établi par le magazine Forbes. Le président russe «continue à prouver qu'il est l'une des rares personnes dans le monde qui puisse se permettre de faire ce qu'il veut.» Forbes rappelle la popularité très élevée du dirigeant russe, qui n'a pas pâti des sanctions internationales, qui «ont frappé le rouble et entraîné la Russie dans une récession de plus en plus marquée, sans l'affaiblir le moins du monde». «Son action en Syrie a renforcé son influence internationale, précise le journal. (...) Vladimir Poutine est dans le top 3 de ce classement depuis au moins cinq ans.» (8)


Les prévisions de Jacques Attali pour l'année 2016

Et si 2016 était pire que 2015? Pour Jacques Attali et sa boule de cristal «Le pire du pire est très vraisemblable», l'économiste énumère les raisons pour lesquelles cette nouvelle année n'incite pas vraiment à l'optimisme. Au programme notamment, «de nouveaux attentats terroristes, d'une ampleur défiant l'imagination» y compris en France et une «aggravation» probable des conflits dans le monde. «D'autres affrontements devraient éclater, en particulier en mer de Chine, en Inde et en Afrique, estime aussi Jacques Attali, selon lequel «cela pourrait déraper en une guerre mondiale, religieuse ou laïque, ou encore liée à la circulation de l'énergie», et «de nouveaux Etats vont sans doute s'effondrer». Comme si cela ne suffisait pas, l'économie mondiale sera aussi durement impactée. Des catastrophes naturelles liées aux changements climatiques» mais aussi «une épizootie, ou une épidémie majeure, partant d'une souche nouvelle d'un virus mutant», qui entraînerait «la fermeture des frontières à travers toute la planète». Cela commence à faire beaucoup.» (9)


Les principales escales de l'année 2016 dans le monde

L'année qui s'annonce sera, elle aussi, jalonnée d'escales cruciales et de moments forts pour le monde. L'année 2016 verra la défaite totale des djihadistes de l'Etat islamique (EI) en Irak, a estimé lundi le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, dans une allocution télévisée au cours de laquelle il a salué la reconquête de la ville de Ramadi.


Pour la première fois depuis le début du conflit syrien, le Conseil de sécurité fait preuve d'unité en adoptant une «feuille de route» pour la paix. Les pourparlers débuteront le 25 janvier 2016, à Genève et il espère pouvoir réunir le régime et les rebelles en vue de trouver une issue à cette guerre. Le Sommet humanitaire mondial se tiendra du 23 au 24 mai 2016 à Istanbul (Turquie). Il réunira plusieurs acteurs impliqués dans la gestion des crises humanitaires. Les gouvernements, organisations humanitaires, personnes touchées par les crises humanitaires et nouveaux partenaires, y compris le secteur privé, sont conviés à cette rencontre pour proposer des solutions aux défis et définir un programme pour l'action humanitaire dans le futur. (8)

La ville de Varsovie abritera du 8 au 9 juillet 2016 le sommet de l'Otan où sera tracée une feuille de route pour le processus de modernisation des structures de la plus grande organisation militaire au monde. Les Jeux olympiques de Rio auront lieu du 5 au 21 août 2016 et plus de 10.500 athlètes de 206 comités nationaux olympiques participeront à cet événement. Les jeux comprendront 28 disciplines. Du 26 au 28 septembre 2016 se tiendra le premier Sommet mondial pour la société civile (villes, associations, entreprises, etc.) dédié au changement climatique. L'un des événements les plus importants qui marqueront la fin de l'année 2016 sera l'élection présidentielle américaine qui permettra d'élire le 45e président des États-Unis. (10)

Par ailleurs, en 2016, les experts craignent de plus en plus la cybercriminalité qui peut se traduire par le déclenchement d'une attaque à distance - Multiplication des demandes de rançons, perfectionnement des attaques par e-mail, détournement des objets connectés... 2016 ne devrait pas faire chômer les experts de la cybercriminalité. L'éditeur américain Varonis envisage une variante retentissante, une cyberattaque contre la campagne présidentielle américaine. De quoi provoquer un joyeux désordre. La même méthode peut aussi permettre à une entreprise d'espionner un concurrent.(11)


Et en Algérie: le nécessaire Plan B

L'année 2015 s'est globalement passée dans de bonnes conditions sur le plan sécuritaire. Ainsi, on apprend que l'Armée nationale populaire (ANP) dressant un bilan de la lutte menée par ses différents détachements contre le terrorisme fait état de l'élimination de 109 terroristes et de l'arrestation de 36 autres. Cependant, il en est autrement sur le plan économique. L'Algérie a perdu plus de 50% de ses revenus pétroliers. Ajouter à cela la peur qui s'installe sur les lendemains incertains entretenus d'une façon diabolique notamment par des médias. Avec une rare lucidité, l'urbaniste Abderrahmane Zakad donne quelques leçons à tous ceux qui font dans l'Algerie bashing (le dénigrement de l'Algérie) à longueur de journée oubliant une vertu cardinale, celle de l'humilité.

Il écrit: «(...) Quel Algérien ne sait pas que nous avons des problèmes, que nos institutions boitent, que la justice n'est pas efficace ou sous les ordres et que le doute s'installe? Pourquoi ce tollé sur la corruption sans cesse rabâchée alors qu'il n'existe aucun tollé pour la combattre? Qu'est-ce ces répétitions sur les généraux alors que la plupart sont décédés et que la nouvelle génération de colonels et de généraux sortent tous de l'Enita ou de Cherchell en plus qu'ils sont tous nés après 1970! (...) Quel Algérien également ne sait pas que notre pays est en danger avec ce qui se passe à nos frontières et elles sont immenses? Quel Algérien ne sent-il pas qu'il se concocte quelque chose venant des Américains et des Occidentaux - surtout de la part de la France qui nous connaît bien - pour nous déstabiliser afin que nous rentrions dans le rang pour le «grand projet du Moyen-Orient/Maghreb islamique». (...) Et la prochaine proie ça sera l'Algérie, c'est inscrit dans leurs plans. C'est de cela qu'il convient de parler, toi qui veut monter sur la scène ».(12)

« (...) Voilà de quoi il faudrait parler. Mais ayant trop tété à la mamelle de la littérature coloniale, ton esprit est embué par les métastases de la colonisation dont parle Frantz Fanon. De notre avenir, de notre jeunesse dynamique et entreprenante, de notre beau et immense pays convoité, de nos problèmes économiques tu n'en parles pas. (...) Pour terminer: ras-le-bol de tous ces gens qui résident à l'étranger avec la double nationalité et qui dénigrent l'Algérie qui n'est plus leur pays. Si tu veux parler ou écrire viens ici, petit! Viens vivre avec nous où tu peux dire ce que tu veux, sinon, boucle-la!» (12)

Beaucoup ont cru, en effet, que la contagion arabe allait atteindre l'Algérie. Le peuple las et «ayant eu son printemps en 88,» a payé sa dîme, 200.000 morts plus tôt pendant que tous les peuples arabes contemplaient ce qui se passait dans le laboratoire de l'islamisme en Algérie.

Nous prônons plus que jamais, une feuille de route pour une transition multidimensionnelle sur tous les plans (énergies, agriculture, éducation, économie de la connaissance), qui serait une rupture avec le schéma traditionnel de gestion. Pour cela seul l'exemple des gouvernants, la réduction du train de vie, la pédagogie des actions à ne pas différer pour expliquer que tout le monde est sur le même bateau Algérie que nous devons garder à flot.

Tous unis nous pouvons vaincre et sortir de cette situation délicate, mais désunis la défaite est certaine. Nous retournerons à Dieu ne plaise à la situation de l'ajustement prélude à la somalisation du pays. Le temps presse, il nous est compté, il faut mettre à profit ce sursis pour mettre en place sans délai les réformes en faisant émerger les légitimités scientifiques fascinées par l'avenir à même de permettre à l'Algérie de garder son rang. Dialoguons et agissons sans délai. Les mots du ministre Belkaid sont plus que jamais d'actualité à nous d'en tirer la substantifique moelle


1. C.E. Chitour http://www.legrandsoir.info/Les-civilisations-les-religions-et-la-science-en-face-du-temps-Le-temps-du-monde-et-le-temps-des-hommes.html

2. Louis Hourmant, Frédéric Louveau Quaderni. Vol 42. http//www.perse.fr

3. Chems Eddine Chitour http://www.mondialisation.ca/alors-que-l-ann-ee-2011-a-t-horrible-2012-sera-d-cisive-pour-le-monde/28435


4.Alexis Annaix http://www.huffingtonpost.fr/2015/12/28/video-3-decouvertes-scientifiques-majeures-annee-2015-retrospective-sciences_n_8853068.html?ir=France


5.Hugo Jalinière http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20151228.OBS1982/et-la-decouverte-scientifique-de-l-annee-2015-est.html


6. http://www.atlantico.fr/decryptage/2015-annee-fatale-tendance-que-chaque-nouvelle-annee-soit-meilleure-jamais-vecue-humanite-en-moyenne-est-elle-interrompue-


7. http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/12/21/douze-bonnes-nouvelles-de-2015_4836035_4355770.html


8 http://www.lefigaro.fr/international/2015/11/05/01003-20151105ARTFIG00070-poutine-classe-homme-le-plus-puissant-du-monde-pour-la-3eme-annee-consecutive.php


9 http://www.huffingtonpost.fr/2015/12/22 /previsions-2016-nouvelle-annee-pessimistes-jacques-attali_n_8859326.html


10 http://www.algerie-focus.com/2015/12/ 133205/

11 http://www.rtbf.be/info/medias/detail_piratage-l-annee-2016-sera-t-elle-celle-du-cyber-terrorisme?id=9173676


12.Abderrahamane Zakad, http://www.algeriepatriotique.com/article/viens-vivre-avec-nous-sinon-ferme-la#comment-23074

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/232569-une-feuille-de-route-pour-2016.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 17:26

«Le patriotisme aujourd'hui c'est la démocratie»

Hocine Ait Ahmed (l'un des architectes de la glorieuse Révolution de Novembre)

Voilà un sujet de philosophie au baccalauréat, à proposer aux élèves de terminale qui sont plus âgés que l'âge auquel le jeune lycéen Hocine Ait Ahmed a commencé à militer. Qu'est-ce qu'être patriote au XXIe siècle et pourquoi nous avons besoin de réhabiliter la démocratie qui, comme chacun le sait existait dans nos assemblées du village «Thadjma'ethe»

Pour l'histoire on raconte que même Donat fut offusqué par la désignation des évêques autrement que par le vote pour celui qui est le meilleur pour diriger la communauté. Le donatisme et les circoncellions eurent à se battre il y a deux mille ans contre le pouvoir romain aidé en cela par un autre Berbère Augustin. C'est dire si la démocratie est consubstantielle de l'âme berbère. Qui connaît parmi les jeunes Algériens de ce XXIe siècle de tous les dangers, Ait Ahmed qu'ils découvrent suite à son décès loin de la mère patrie que les vicissitudes d'une histoire que l'on peut résumer en un mot, celle d'un homme debout qui a fait de la devise «+:ΛO+ Σ +[●ЖΣΨ+ » «Annaraz oula nakhnou» «Plutôt se briser que de rester à genoux», un sacerdoce d'une vie au service de la liberté et des droits humains? Ce cri de ces Algériens millénaires qui résument la résilience à huit envahisseurs différents depuis trois mille ans.

Qui connaît ce révolutionnaire de trente ans traqué dès son jeune âge de lycéen (16 ans), vivant dans la clandestinité et qui à vingt ans s'affirmait déjà comme un chef? Les jeunes actuels - non instruits dans l'histoire de leur pays, toute l'histoire rien que l'histoire- donnent l'impression d'une fausse indifférence et ce ne sont pas des documentaires, toujours les mêmes, que la Télévision nationale réchauffe et des déclarations tardives par des personnalités politiques qui pour la plupart n'ont pas vécu la glorieuse révolution.

Une leçon de vie

Pour nous rendre compte de ce feu sacré qui a entretenu la flamme de la vie de Ait Ahmed, ce sacerdoce qui animait les jeunes de ce temps et qui peut traduire la réalité du vécu de la foi en la révolution, en l'inéluctabilité de l'indépendance, je veux porter un témoignage discret anonyme de celles et ceux qui les ont portées. Justement, il m'a été donné d'écouter sur la Chaîne 3, le 26 décembre de 13h-14h le témoignage de cinq Algériennes - nos mères, nos soeurs, nos aînées- et de leur part de lutte pour une patrie fantasmée. Avec simplicité, avec des mots justes, avec conviction ces cinq jeunes filles à l'époque (autour de la vingtaine d'années) ont expliqué pourquoi elles ont décidé de se battre contre le pouvoir colonial, comment fut leur formation à la fois militaire et politique au sein du Malg, et ensuite comment elles ont traversé la frontière après leur formation, leurs marches éreintantes pour rejoindre leurs postes au maquis (jusqu'à 50 km), les rencontres avec des femmes rurales qui montaient la garde et qui ensuite faisaient tout ce qui était en leur possible pour atténuer la fatigue des moudjahidate, notamment en les nourrissant du mieux qu'elles pouvaient.

Ces lignes sont là pour rendre compte du feu sacré qui habitait ces révolutionnaires en herbe. La plupart de ceux qui ont fait la révolution étaient trentenaires. Ait Ahmed avait 30 ans juste lors du congrès de la Soummam. C'est dire si nous sommes des nains juchés sur les épaules de ces géants. Je ne vais pas redire tout ce que l'on sait et ne pas répéter les mêmes témoignages, je vais essayer de décrire pourquoi ce révolutionnaire au plein sens du terme a sacrifié sa jeunesse, une vie paisible en faisant, comme beaucoup, «le minimum syndical» pour la révolution et revendiquer ensuite sa part de butin déclinée d'une façon multiforme.

On peut peut-être ne pas comprendre- sans avoir la prétention de porter un jugement de valeur- certaines positions de l'un de ces pères de la Nation (le dernier des neuf historiques), mais on doit objectivement constater que ses positions de principe dénotent d'un caractère trempé. L'ancien président Liamine Zeroual a raison d'écrire dans un message à la famille du défunt, mais aussi, nous le revendiquons à toutes les Algériennes et tous les Algériens: «L'ancien combattant de l'indépendance est un «symbole d'abnégation, de rigueur, de ténacité et surtout de morale». «L'Algérie vient de perdre aujourd'hui un symbole et un grand patriote. C'est l'un des derniers pères de la nation qui disparaît. Son pays présent à tous les instants dans son coeur.» On comprend de ce fait que pour Ait Ahmed, le pays n'était pas libre, il était encore à libérer et Dieu sait de combien de jougs.


Qui est Ait Ahmed?

Sans aller jusqu'à rapporter l'historiographie officielle, rappelons quelques jalons de soixante-dix ans de combat pour l'indépendance de l'Algérie puis pour une Algérie démocratique.: «Lycéen à Ben Aknoun à l'âge de seize ans, il s'engage dans le Mouvement national, en adhérant au Parti du peuple algérien (PPA). Accusé de connivence avec le groupe des Berbéristes, il quitte la tête de l'OS et gagne l'Egypte où il va constituer avec Ben Bella et Mohamed Khider le premier noyau de la diplomatie de l'Algérie combattante. Son parcours est aussi jalonné d'exploits diplomatiques (conférence de Bandung en 1955), avant son arrestation avec quatre autres dirigeants du FLN dans le célèbre détournement d'avion, en octobre 1956.»(1) Puis ce fut le rapt de la France des six révolutionnaires dont Hocine Ait Ahmed et la prison jusqu'en 1962.

Les velléités autoritaires nées dès l'indépendance acquise ont poussé Hocine Ait Ahmed à choisir la voie de l'opposition politique pour perpétuer l'idéal de Novembre. «L'adoption du projet de Constitution dans une salle de cinéma, Le Majestic (actuelle salle Atlas de Bab El Oued), était une volonté délibérée d'humilier l'Assemblée nationale constituante.» Le président de l'Assemblée nationale, Ferhat Abbas démissionne de son poste pour protester contre la fascisation du pouvoir. «Ou c'est la fascisation morale, la mort pour notre peuple, ou bien la résurrection de notre Révolution.» En juillet 1963 il annonce sa démission de toutes ses activités officielles, alors qu'il était élu à l'Assemblée constituante. Le 29 septembre, il crée le maquis du Front des forces socialistes. Arrêté il fut mis en prison, il s'en évadera au bout de quelques mois pour reprendre définitivement le chemin de l'exil.» (1)

«L'Algérie, perd l'un des derniers pionniers du Mouvement national, mais aussi l'un des opposants les plus farouches et les plus coriaces au pouvoir. Depuis son retour d'exil en 1989, Ait Ahmed a réussi, grâce à son aura d'homme historique, à s'imposer rapidement sur la scène politique et à faire de son parti une force politique incontournable. Connu pour son slogan «Ni Etat policier ni Etat intégriste», son parti, le FFS, s'est toutefois peu à peu aligné sur la thèse favorable au retour du FIS. Son opposition à tous crins va l'amener en 1995 à pactiser avec le FIS et le FLN d'Abdelhamid Mehri autour du contrat de Rome, qui réclamait la réhabilitation du parti dissous, après l'interruption des législatives de 1992.» (1)


Le patriotisme est-il antinomique de l'identité?

L'une des convulsions du mouvement national vers l’indépendance, fut ce que l'on appelle ; la crise berbériste. «Elle a donné lieu à diverses interprétations. En effet, bien que l'élément déclencheur soit réel, la direction du PPA-MTLD saisit cette occasion pour régler ses comptes avec l'aile activiste du parti. Messali Hadj n'a jamais voulu, comme le dit si bien Mohamed Harbi, engager une épreuve de force contre le système colonial. Du coup, pour avoir le contrôle sur le parti, il montait une aile du parti contre une autre afin de rester maître du jeu. (...) Selon Ait Ahmed, la crise a eu pour point de départ l'agitation d'un seul militant, Rachid Ali Yahia. Finalement, au-delà de l'extirpation du germe berbériste, la direction du PPA-MTLD a su neutraliser le courant activiste dans sa globalité.» (2)

Dans le même ordre, l'historien Guy Perville nous apprend que: «(...) A la fin de 1936, Amar Imache se mit à contester l'autoritarisme et le culte de la personnalité de Messali. Dans L'Algérie au carrefour (1937), il mentionnait la vieille tradition républicaine des Berbères, mais il ne posait pas la question de la langue berbère, et il ne fut pas suivi par les nombreux militants kabyles Le premier manifeste de l'identité berbère serait-il donc le célèbre article du poète kabyle Jean Amrouche intitulé «L'éternel Jugurtha, Propositions sur le génie africain?» (3)

«Hocine Ait Ahmed a signalé dans ses Mémoires d'un combattant , poursuit l’auteur, l'existence d'un groupe de jeunes militants kabyles, internes au lycée de Ben Aknoun près d'Alger durant l'année scolaire 1944-1945. Ardents patriotes, ils étaient également soucieux de retrouver leurs racines culturelles et d'agir pour reconquérir l'indépendance de l'Algérie. L'un d'eux, Mohand Idir Aït-Amrane, composa un hymne patriotique en berbère, Aker amis n'mazigh (Lève-toi, fils d'Amazigh), et Hocine Ait Ahmed un autre hymne, qui furent tous les deux traduits en arabe. Leur nationalisme algérien s'exprimait principalement en français et en kabyle, ce qui ne les empêchait pas d'admirer les chants et les discours patriotiques en arabe. Certains, comme Hocine Ait Ahmed, Ali Laïmèche, Amar Ould-Hamouda et Omar Oussedik, interrompirent peu après leurs études pour se consacrer entièrement à la préparation d'un futur soulèvement (...) Entièrement dévoués à la cause nationale algérienne, ils eurent la surprise de constater peu à peu la méfiance de la direction du PPA envers tout ce qui ressemblait à du berbérisme. (..) Le vrai problème était l'autoritarisme de la direction du parti. Démocrates autant que patriotes, les militants de Grande Kabylie exigèrent la réunion d'un congrès après le retour de Messali en Algérie pour participer aux élections de novembre 1946.»(3)


«En juillet 1949, Mabrouk Belhocine, Yahia Hénine et Sadek Hadjérès diffusèrent leur étude à l'intérieur du PPA-MTLD sous la forme d'une brochure intitulée L'Algérie libre vivra, signée du pseudonyme arabo-berbère Idir el Watani (Idir le Patriote). Ses quatre éléments indispensables sont ´´le territoire, l'économie, le caractère national qui se traduit dans le mode de vie, la mentalité et la culture, le culte d'un même passé et le souci d'un même avenir´´. Ils montraient que ´´l'existence en Algérie de deux langues parlées n'empêche pas du tout la compréhension mutuelle des éléments qui les parlent´´, et que ´´la diversité, loin de nuire, est complémentaire et source de richesses´´. Et les Algériens n'en étaient pas moins tous unis dans la ´´ferme volonté d'édifier un Etat algérien UN et INDIVISIBLE où chacun aura sa place au soleil´´.» En effet, le prétendu ´´berbérisme´´ du prétendu complot de 1949 n'était qu'un nationalisme authentiquement algérien. Inspiré en partie de la théorie française de la nation fondée sur une volonté collective de vivre ensemble, il la dépassait en rejetant la tradition jacobine de l'uniformité linguistique imposée, et correspondait beaucoup mieux au modèle helvétique de la nation multilingue et multiconfessionnelle » (3).


Quelques positions de principe de Ait Ahmed

Au hasard des lectures sur Internet, je propose aux lecteurs, cette contribution posté par Anonyme, ce «message de Hocine Ait Ahmed en juillet 2003: «Chers compatriotes! L'histoire, nous ne pouvons pas, nous n'avons pas le droit de l'oublier, nous Algériens, l'histoire est toujours l'histoire des peuples qui la font. Des moments semblables sont déterminants pour chaque être humain, chaque femme, chaque homme est invité à se dépasser lui-même en s'accordant avec son prochain. Certains répondent à l'invitation de l'histoire et se hissent au-dessus de leurs calculs étriqués pour être à la hauteur du moment, d'autres cèdent à la facilité, aux manipulations, aux illusions de l'instant... Mais pour tous, il y a un avant, un pendant et un après ».

« (...) En 1992 poursuit Ait Ahmed, mais quelle aurait été la stratégie du FFS en cas de majorité absolue du FIS après le second tour? Notre souci permanent est le changement radical du régime et cela de manière progressive. Ni par la violence ni par la révolution, mais grâce à un processus ordonné et avec la volonté de préserver la paix civile. Ces élections étaient l'occasion d'amorcer ce changement. Le premier tour a montré la victoire relative du FIS et surtout son recul par rapport aux municipales de juin 1990. Il fallait respecter la suite du processus électoral. (...) Ce qui nous importait, c'était de continuer dans la légalité électorale et constitutionnelle. Je pense que l'interruption du processus électoral constitue une catastrophe pour notre pays et un grand coup pour son renom à travers le monde.»
Quand Ait Ahmed revient le 15 décembre 1989, après vingt-trois ans d'exil. Les Algériens sont venus nombreux, du fin fond de la Kabylie, sa région natale, mais aussi du reste du pays, lui souhaiter la bienvenue.: «Mon sentiment déclare-t-il est un sentiment de joie et de bonheur. J'ai quitté mon pays après m'être enfui de prison au printemps 1966. C'était un réel déchirement. Mais celui que je ressens aujourd'hui est plus grand encore parce que je me demande, à l'âge de soixante-trois ans, qu'est-ce que je peux faire?». «Essayer d'apporter une contribution de sagesse, une certaine expérience, mais d'abord, et avant tout, renforcer la paix civile en posant les problèmes d'une manière claire et nette.»

«Je suis conclut Ait Ahmed, pour tout ce qui tend vers la démocratie, mais la démocratie, c'est votre affaire à vous!» Tous les problèmes de l'heure sont abordés. «L'islam? C'est la religion de tous les musulmans. Nous devons veiller à ce que la politique n'exploite pas la religion. Nous demandons à l'islam d'apporter un plus à la démocratie, pas un moins.» «L'école et les langues? «je refuse que la langue soit assimilée à l'obscurantisme. J'ai toujours engagé mes amis politiques à apprendre l'arabe. J'engage mes compatriotes arabophones à apprendre l'amazighe (le berbère). «Quant au français, c'est une langue que nous connaissons. C'est un acquis que nous devons défendre.». «Je prends votre accueil comme un engagement de votre part à ne pas rester les bras croisés, à vous battre et à ne plus exercer la violence les uns envers les autres», a-t-il conclu.

Qui parlera de l'histoire du pays aux jeunes? Qui leur apprendra que l'histoire n'est pas une grande surface où on ne prend que ce qui nous intéresse, c'est de fait une vente concomitante où on revendique toute notre histoire sans en faire un fonds de commerce. Les Algériennes et les Algériens ont perdu en Ait Ahmed un de ces géants de la dernière période de l'épopée libératrice, une personnalité que l'on aurait pu écouter, nous faire revivre la révolution. Les jeunes sont étonnés de découvrir ce nom mythique d'héros de la Révolution au moment de sa mort- Ces jeunes qui ont soif de connaître l'histoire de l'Algérie, toute l'histoire, rien que l'histoire, et non pas des fragments édulcorés au goût du jour.

On l'aura compris, il ne restera plus que des personnes qui parleront de la Révolution par procuration, selon l'air du temps et nous aurons raté une étape importante dans l'édification de la Nation, celle de son histoire avec ses heurs et ses malheurs, ses zones d'ombre et ses périodes fastes. Les jeunes ne doivent pas continuer à être en apesanteur identitaire en perte de repères et dont l'imaginaire est ouvert à tous les vents mauvais de l'effritement identitaire. Reposez en paix cher maitre. Vous resterez pour nous un repère dans cette nuit de l'intellect.

1.http://www.algeriepatriotique.com/article/disparition-de-hocine-ait-ahmed-un-revolutionnaire-ne-et-un-opposant-irreductible
2.http://lequotidienalgerie.org/2012/07/17/les-verites-dait-ahmed-sur-la-crise-berberiste/
3. http://guy.perville.free.fr/spip/article. php3?id_article=168

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/232368-il-etait-une-fois-la-revolution.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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24 décembre 2015 4 24 /12 /décembre /2015 10:31

«Au moment où l'Histoire nous apparaît déterminée par l'économie de marché, les finances ou les échanges commerciaux, dominés par les puissants, le Dieu de la Nativité est un Dieu qui change les règles du jeu. D'ailleurs, il aime faire cela. Comme le proclame Marie, il est le Seigneur qui détrône les puissants et élève les humbles.»

Homélie du pape François du 20 décembre 2015

Une information récente jette le trouble, voire le désarroi dans le landerneau catholique, celle du vrai visage de Jésus. On sait que Jésus était juif donc sémite, qu'il parlait araméen. La fameuse phrase sur la croix: Ya Ilahi Ya Ilahi lima sabactani» ânonnée depuis deux mille ans par les locuteurs chrétiens du monde occidental a toute sa signification en araméen, en arabe, et en hébreu: «O Mon Dieu, O mon Dieu pourquoi tu m'as laissé tomber» littéralement, pourquoi tu a pris de l'avance sur moi. Parfaitement clair en arabe est pour nous un argument concernant la culture sémite de Jésus.

Mais qu'en-est- il de son visage? On sait que les visages du Christ dans l'art occidental chrétien sont multiples et un consensus qui ne repose sur aucune étude document ou autre veut que le Christ qui est un sémite de la lignée dit-on de David, ait les yeux bleus, les cheveux blonds qui lui tombent sur les épaules, il est svelte, d'une belle taille altière, bref rien à voir avec un juif ou un musulman du Moyen-Orient!

Le visage de Jésus d'après les scientifiques

Il est avéré que le visage de Jésus ne ressemble en aucun cas à l'image du Jésus traditionnel inculquée par l'Occident qui a fait un hold-up symbolique en s'appropriant une image, celle de décrire le visage d'une religion moyen-orientale au même titre que le judaïsme et l'islam, et qui circule sur l'Internet depuis pas mal de temps déjà, mais l'image habituelle de «Jésus». Une publication nous informe que sous l'autorité de l'élite de l'Église catholique, le pape Alexandre VI - pape de la Renaissance- avait décidé que la peinture de son fils César Borgia allait devenir la représentation de Jésus dans tout l'Occident. L'Église catholique a donné à Leonard de Vinci le soin de fabriquer une image de «Jésus» (qui dit-on, était celle de César Borgia) pour qu'elle soit la représentation «canonique» de Jésus-Christ.

Une publication récente, réputée scientifique, pourrait peut être changer la donne... Nous lisons dans la publication suivante qui rapporte cette découverte: «Vous êtes-vous jamais demandé à quoi ressemblait le vrai visage de Jésus? Une réponse peut avoir été trouvée sur le site popularmechanics.com, grâce à un passionnant nouveau champ de recherche de «l'anthropologie médico-légale». Cela fait suite à une découverte par des scientifiques britanniques, assistés par des archéologues israéliens, de ce qu'ils croient être l'image la plus précise du visage le plus célèbre dans l'histoire humaine. Alors que ce domaine de la science, «l'anthropologie médico-légale», est généralement utilisé pour résoudre les crimes, Richard Neave, un artiste médical retraité de l'université de Manchester en Angleterre, a réalisé qu'il pourrait également l'utiliser pour faire la lumière sur l'apparence de Jésus. (1)

On le sait: «Ce n'est pas la première découverte de Neave, puisqu'il s'est déjà aventuré dans d'autres domaines controversés. Au cours des deux dernières décennies, il avait reconstitué des dizaines de visages célèbres, dont Philippe II de Macédoine, le père d'Alexandre le Grand, et le roi Midas de Phrygie. Afin de créer un portrait précis de Jésus, la première étape pour Neave et son équipe de recherche a été d'acquérir des crânes près de Jérusalem, la région où Jésus a vécu et prêché. Une fois en possession de trois spécimens bien conservés de l'époque de Jésus, Neave a utilisé la tomographie par ordinateur pour créer des «coupes» des crânes aux rayons X, révélant ainsi des détails précis sur la structure de chacun»(1).
Des programmes informatiques spéciaux ont ensuite évalué, calculé, à partir des mesures connues de l'épaisseur des tissus mous à des endroits clés des visages humains. Cela a permis de recréer les muscles et la peau recouvrant un crâne sémite avec les caractères sémites» (1) (2).

«N'ayant jamais été décrit de manière précise dans les Evangiles, l'image de Jésus s'est forgée à travers les oeuvres d'art, tant orientales qu'occidentales. Dans ces oeuvres, il apparaît le plus souvent comme un homme nordique, parfois même blond aux yeux bleus délavés, teint pâle, et cheveux toujours longs, ce qui, à l'époque, était l'apanage des femmes dans une communauté où la ligne entre hommes et femmes était bien distincte.»(1)

Le commentaire de l'article est pertinent. on lit: «Si Jésus avait eu cet aspect-là, il n'eût jamais été accepté dans la communauté judéenne de l'époque. Il est plus que probable que Jésus avait les mêmes caractéristiques physiques que tout le monde autour de lui, comme cela semble confirmé dans les Evangiles où, dans le jardin de Gethsémané, Jésus est décrit comme ressemblant à ses disciples. De son côté, saint Paul dit, dans le premier épitre aux Corinthiens: «La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter les cheveux longs, à l'inverse des femmes, pour qui c'est une gloire?». (1)

Beaucoup d'internautes s'insurgent et reprochent aux scientifiques de ne pas tenir compte de l'image donnée par le linceul de Turin. Rappelons que le suaire de Turin qui garderait l'image du Christ a été étudié scientifiquement,? mais là aussi pas de conclusions définitives. Il y a ceux qui affirment que le tissu daterait du XIIIe siècle et il ya les autres qui s'accrochent à l'image du Christ confortés par l'étude de la Nasa. En effet, le visage du Christ d'après les ingénieurs de la Nasa à partir du visage du suaire de Turin en 1978, ressemblerait à celui d'un homme occidental.

Pour d'autres internautes, la mère de Marie, (st Anne d'Auray) serait étrangère à la région et il n'est pas exclu qu'elle soit européenne. Pourtant, comme l'écrit un autre internaute, la question du visage du Christ n'épuise pas le sujet de la croyance: «Cherchez le visage physique de Jésus avec science et insistance c'est autant s'éloigner de son message. Il serait plus vraisemblable de le retrouver dans les signes des temps. Pour d'autres il y a une conspiration: «Très régulièrement, des «chercheurs» prennent plaisir à confectionner des bobards pour décrédibiliser la foi chrétienne, qui sont bien évidemment repris en masse dans la presse à bétail. Le point commun de ces supers scientifiques? Ils ont tous un passeport israélien.» (1)

Un des commentaires suite à l'article et signé le moine obscur mérite aussi d'être rapporté: «Pour moi, le «vrai visage» du christ est dans ses paroles pleines de sagesse. Pourquoi les gens ont-ils besoin de «voir» pour «croire», qu'ils s'apprêtent alors à être aisément séduits. Il faut adorer Dieu en vérité et en esprit! Mais certains ont besoin d'un «visage» ou d'un «objet» auquel se référer. Ils ne peuvent pas se référer à des valeurs et des idées? Mais le visage du Christ n'a guère d'intêret. C'est sa parole qui continue d'éclairer le monde.»(1)
Un autre commentaire de l'internaute Marianne apporte une clé de compréhension sur la multiplicité des visages des croyances des peuples auxquels s'adresse l'Evangile: «Comment pourrait-il, Jésus (ou Joshua), issu d'un milieu d'ethnie sémitique avoir des traits d'un nordique européen? Malgré les acrobaties mentales de quelques théologiens chrétiens (notamment ceux de l'Amérique du Nord) qui parlent d'un «être aux traits supérieurs» (merci pour le rappel d'eugénisme qui nous renvoie à d'autres doctrines moins religieuses que politiques), ou qui avancent (sans la moindre preuve) que Jésus était une «créature de nature divine, peut-être même venue d'ailleurs» (de Stockholm, en serait-il?), l'apparence d'un grand blond aux traits nordiques européens est celle qui convient à l'ethnie de la classe économiquement dominante, c-à-d, les cultures occidentales.»(1)

L’internaute Marianne va plus loin: elle convoque à juste titre le fond rocheux raciste de l'Occident: «Notre racisme le plus ordinaire nous empêcherait de sentir de la dévotion envers un homme à la peau basanée et aux traits sémites, il faut appeler un chat un chat. Et grâce à une campagne de marketing bien rodée, cette image de marketing d'un Jésus blond aux yeux bleus a fait son chemin au cours de toutes ces années et s'est imposé même auprès de populations assez éloignées de l'Europe.» Bref, pour moi, l'apparence physique de Jésus dit le Christ, doit être celle d'un Juif comme on peut encore retrouver jusqu'à aujourd'hui dans cette région du monde qu'on appelle Proche-Orient. Un homme de peau basanée, de cheveux frisés et barbe noire, peut-être maigre (ou svelte) à cause des jeûnes à qui il se soumettrait. Pour moi c'est le vrai Joshua et qui devrait être accepté par tous les chrétiens qui veulent obéir et développer les préceptes de son Messiah, c-à-d, l'altruisme, l'humilité et l'amour du prochain. Mais à l'aube du Troisième millénaire, les chrétiens du monde occidentaux sont encore très loin d'avoir obtenu ou développé de tels préceptes et, enracinés encore dans leur racisme le plus ordinaire, ils hésiteront beaucoup avant de quitter leur Jésus nordique pour un Joshua aux traits sémites.» (1)

Pour réaliser ce portrait-robot, les scientifiques ont étudié le crâne d'un sémite vivant en Galilée au premier siècle après J.-C. C'est probablement l'un des êtres humains les plus représentés autour du monde. Jésus, le prophète des chrétiens, est présent dans toutes les églises, dans d'innombrables films ou bandes dessinées. Des cheveux longs un peu hirsutes, une peau très blanche, un corps très maigre: voilà l'image à laquelle nous sommes habitués. (...) Le Messie aurait été plutôt foncé de peau, assez petit et trapu. Pour réaliser ce portrait-robot, les scientifiques ont étudié le crâne d'un sémite vivant en Galilée au premier siècle après J.C., et ont utilisé des techniques de l'anthropologie médico-légale. Ayant obtenu une forme générale, ils ont ensuite déterminé la couleur de la peau en étudiant des peintures de sémites vivant à la même époque. Alors que l'iconographie le représente mince, Jésus aurait été en réalité trapu. Etant fils de charpentier, il aurait été plus costaud que la moyenne de l'époque, qui était de 1 mètre 55 pour un poids de 49 kilos. Concernant la coiffure, les chercheurs ont rapidement écarté l'hypothèse d'une longue chevelure, se basant sur des extraits de la Bible. La première épître de saint Paul aux Corinthiens 11 indique par exemple: «La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter les cheveux longs tandis que c'est une gloire pour la femme de les porter ainsi?»(4)

Enfin pour l'internaute Vanda, il est important de savoir si Jésus était juif ou hébreu. Car écrit-il: «Juif et hébreu n'ont pas pour moi la même signification: Juif désigne l'appartenance à une religion. Hébreu désigne plutôt une ethnie (les habitants antiques de la Palestine). Les Hébreux sont le plus souvent considérés -à tort- comme étant les ancêtres des juifs.
Schlomo Sand, historien israélien, a démontré que les descendants des Hébreux du temps du Christ sont les Palestiniens qui se sont convertis d'abord au christianisme, puis majoritairement à l'islam. C'est une astuce des sionistes de confondre hébreu et juif pour revendiquer la terre de Palestine au prétexte que leurs ancêtres l'auraient habitée. Alors qu'en fait une infime minorité de juifs descendent des Hébreux (les 5% de Palestiniens qui étaient juifs en 1898 alors que 75% étaient musulmans et 20% chrétiens). Les juifs ont été pour la plupart «convertis» en Afrique du Nord et en Europe centrale d'où ils ont émigré un peu partout. Distinguer juif d'Hébreu a un réel sens pour moi et pour les antisionistes» (1)

«D'où l'intérêt à mon sens d'abandonner le sens propre du mot «visage» concernant Jésus pour son sens figuré, c'est-à-dire sa personnalité, son oeuvre, sa pensée, ses paroles, ses actes comme «Le moine obscur» et moi-même le suggérons. Au final,les miracles rapportés par les Evangiles (ou ce qu'on nous a fait croire comme étant les Evangiles) n'en étaient peut-être pas parce que sans miracles personne n'aurait adhéré au christianisme...Alors pensez si le Christ avait été noir ou magrébin??? Au final on peut se demander si les musulmans n'ont pas raison en interdisant la représentation graphique de leur Dieu?» (1)

Que faut-il en conclure?

Il n'est pas important de connaître le visage du Christ. Il est nécessaire pour les Chrétiens qui s'en réclament de s'en inspirer. Pendant deux mille ans l'Eglise a bâti son magistère sur une fausse date. On sait après les études d'un moine obscur, Denys le Petit que le Christ n'est pas né le 25 août qui correspond en fait à la fête du sol invictus (victoire du soleil) date à partir de laquelle le jour est plus long que la nuit des païens et que l'Eglise s'est approprié pour espérer convertir ces paîens. Le Christ toujours selon Denys le Petit, serait né 5 ou 6 ans avant la date officielle décrétée par le pape Grégoire pour l'avènement du christianisme.

Nous sommes vraisemblablement en l'an de grâce 2022 et si l'on veut fêter l'anniversaire du Christ on serait mieux inspiré du côté de la période des semailles. En ce qui concerne le Père Noël et la fête y afférente. C'est une invention récente comme je l'ai écrit, à la fois de l'Eglise et plus tard du libéralisme sauvage en la personne du saint Nicolas barbu en tenue rouge comme l'a imposé depuis près d'un siècle Coca Cola. Dans le plus pur aspect de la marchandisation du divin. (5)

Que Jésus soit noir ou blanc, basané avec des cheveux crépus, ne devrait rien changer à son sacerdoce pour ceux qui croient en lui dans un mode de plus anomique avec un money-théisme dimensionné à la taille des plus grands et comme le rappelle le pape François, Jésus aurait renversé les tables des marchands du Temple. Bonne fête de Noël aux Chrétiens et par la même, bonne fête du Mouloud Ennabaoui une fête traditionnelle qui est pour les Algériens depuis 1436 ans un évènement cultuel et culturel de l'islam maghrébin fait de tolérance, mais sans les pétards qui sont, là aussi, une invention du grand capital, du money-theisme à l'algérienne...

1. http://reseauinternational.net/le-vrai-visage-de-jesus/21 décembre 2015


2. https://www.naij.com/664840-photo-real-face-jesus-uncovered.html


3. http://www.spiritualite-chretienne.com/christ/Art/Visage-3.html


4. http://www.atlantico.fr/atlantico-light/scientifiques-devoilent-quoi-aurait-ressemble-vrai-visage-jesus-et-cela-va-etonner-2492400.html#6HmaFsR4FDZX8mZc.99


5. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-invention-du-pere-noel-le-hold-128195

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/232153-la-realite-et-le-sacerdoce.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 09:37

«Quand des juifs arrivent dans une ville ils ouvrent d'abord une école.»

Une atmosphère lourde et pleine de menaces se profile pour les musulmans en Occident. Il ne se passe pas de jour où les médias occidentaux dont on sait maintenant qu'ils sont aux ordres - nous définirons ensuite lesquels- ne fassent pas leur miel à la fois du feuilleton des migrants, mais aussi par une corrélation sournoise de l'insécurité dans ces pays, due, on l'aura compris, à ces «pelés, ces galeux d'où viennent tous nos maux».

Justement il faut savoir que la détresse des épaves musulmanes aux abords du supermarché de l'Europe est à la fois le fruit d'une rapine depuis cinq siècles, mais aussi d'indépendance bâclée où le néocolonialisme a trouvé, en la personne de dirigeants locaux le moyen de perpétuer sa domination. «Il faut aider les dictateurs en Afrique, sinon ils ne feraient pas d'élection», disait sans humour Jacques Chirac.

Par voie de conséquence l'inexistence de conditions humaines de vie et surtout de liberté et de démocratie dans leurs pays respectifs. C'est le cas notamment de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Syrie, du Yémen, de la Libye et à un degré moindre, de la Tunisie et des pays d'Afrique centrale, eux aussi en errance, ce qui amène les citoyens à s'enfuir.

Quid aussi des musulmans installés en Occident? Leur sort est peu enviable! Ils sont toujours coupables et insidieusement ils sont rendus responsables des actes répréhensibles commis par des musulmans. Ce qui les amène à se justifier continuellement. «Si ce n'est pas toi c'est donc ton frère», lit-on dans la fable du Loup et de l'agneau. Ajoutons que de 2011 à 2015, les printemps arabes ont coûté 1.34 millions de victimes (morts et blessés), 14.389 millions de réfugiés et 833.7 milliards de dollars. Dans un article courageux et objectif, le professeur Michel Chossudovsky prend la défense du droit humain et liste toutes les brimades à l'encontre des musulmans. Il écrit: «Pourquoi mène-t-on une campagne de haine contre les musulmans? Pourquoi les musulmans sont-ils de plus en plus assimilés à des terroristes? Pourquoi cette campagne de haine fait-elle partie de la campagne présidentielle US? Pourquoi l'Occident est-il en guerre contre des pays musulmans? Pourquoi l'islam est-il perçu comme l'incarnation du mal?» (1)

Nous donnons ci-après une tentative d'explication en faisant notre le point de vue énergétique mais en y ajoutant un deuxième paramètre tout aussi important.


Les fondements de l'intolérance: la stratégie des architectes du chaos

A la base de toutes ces croisades nous pouvons distinguer deux grandes causes que rien ne lie. Celle d'une nouvelle réorganisation mondiale pour s'approprier les richesses pétrolières et gazières des pays musulmans dans le cadre d'un néolibéralisme sans état d'âme qui est prêt à tout pour arriver à ses fins. Celle aussi d'une cause autrement plus sérieuse, le désir d'extermination d'une civilisation qui certes, ne brille plus, au profit d'une idéologie qui est le sionisme conquérant dont le but ultime est l'avènement d'un Israël sur les décombres définitifs de la Palestine est dont le rôle est de s'occuper des Arabes dans le partage des tâches du Nouveau Monde.

Naturellement, il faut nuancer. Tous les musulmans ne sont pas logés à la même enseigne. Il n'y a pas de commune mesure entre l'Islam asiatique qui propulse les pays vers le savoir et la science et ce que les Arabes ont fait de l'Islam. L'intégrisme est-il une singularité de l'Islam? De plus en plus, l'imaginaire des citoyens occidentaux est formaté et overdosé jusqu'à la nausée pour accepter le message en boucle d'un Islam qui ensanglante la planète. Tout est fait pour diaboliser cette religion et les médias dominants ne parlent de l'Islam que quand ça saigne, jamais pour rapporter en honnête courtier ce qui peut être à l'actif de cette religion. Pourtant, les intégrismes ont été le fondement de toutes les religions révélées et autres il n'est que de voir ce que font les bouddhistes pris en exemple de sainteté et de sérénité de ces épaves humaines, les Rohingas.

Les fossoyeurs du vivre -ensemble

Peut on critiquer les intellectuels communautaristes sans s’attirer les foudres des biens pensants qui pour la plupart sont terrorisés par l’infamie d’être traités d’antisémites ? Pourtant, il est pour le moins moral de pointer du doigts tout ce qui font de la démolition du vivre-ensemble au sens de Renan, des scories de l’histoire -Français entièrement à part et dont le Graal serait d’être des Français à part entière-à la fois leur fond de commerce du point de vue des idées nauséabondes mais aussi du point de vue lucratif. Gloser sur l’Arabe le mélanoderme voir le musulmans cela fait vendre et il n’y aucun risque !

Je veux une fois de plus dénoncer les propos sionistes des Finkielkraut et autres Zemmour et BHL qui ont pour cibles les musulmans maghrébins. Alain Finkielkraut combat la communauté musulmane déniant de ce fait à la République d'être une société multiculturelle exception faite, on l'aura compris, de la culture yiddish fondement de son identité originelle. Ce faisant, il ne perd pas une occasion de mettre de l'huile sur le feu en attisant les haines et en désignant du doigt les Arabes, les Noirs et les Antillais. Il explique «le mal-être français par le brunissement des Français».

Souvenons-nous des méfaits de BHL à propos de la lapidation de Sakineh, l’iranienne toutes les informations diffusées par Bernard-Henry Lévy et confirmées par Nicolas Sarkozy sont fausses. Cette dame n'a pas été jugée pour adultère, mais pour meurtre. (...) La lapidation, qui était en vigueur sous le régime du shah, et encore quelques années après son renversement, a été abolie par la Révolution islamique. Le président Nicolas Sarkozy ne peut invoquer quant à lui la négligence. Le service diplomatique français, le plus prestigieux du monde, lui a certainement adressé tous les rapports utiles.

L'affaire Sakineh nous rappelle aussi les techniques de manipulation de l'information occidentale, concernant la diabolisation de Saddam Hussein, celui de la soldate noire soi-disant «délivrée» par les GI selon un scénario à «la chute du Faucon noir». En fait, elle était blessée par des tirs amis et recueillie par un chirurgien irakien qui a sauvé la vie de cette soldate en remuant ciel et terre pour lui trouver du sang «O» mettant à contribution un parent à lui qui avait le même groupe.

On se souvient aussi du tollé entretenu pour avoir déformé les propos du président Ahmadinejad. Nulle part, dans tout le discours d'Ahmadinejad, ne sont prononcés en persan les termes «rayer», «carte», ou «destruction d'Israël». la fausse citation a été propagée partout dans le monde, répétée des milliers de fois dans les médias internationaux, Associated Press et Reuters, se réfèrent à la citation erronée, mot à mot, et quasi quotidiennement. Le président George W. Bush a dit que les commentaires d'Ahmadinejad représentaient une «menace explicite» de détruire Israël.. Il a fallu attendre 2012 pour que Dan Meridor, ministre israélien admette que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad n'avait jamais prononcé la phrase «Israël doit être rayé de la carte». Le mal a duré sept ans (2).

Rappelons d'abord l'illustration la plus cruelle de ce que peut-être l'intégrisme a amené: l'intolérance et les croisades. L'intégrisme juif est le plus ancien. Certains psaumes sont de véritables appels au meurtre. De nos jours ce que font les Israéliens aux Palestiniens de Ghaza est d'après Jimmy Carter abominable. Justement. Dans la Bible, Le Livre de Josué a provoqué l'ire de l'abbé Pierre qui déclara en 1993, dans un entretien avec Bernard Kouchner: «Quand on relit le livre de Josué, c'est épouvantable! C'est une série de génocides, groupe par groupe, pour en prendre possession!»

Les architectes du chaos en France les Finkielkraut, Bruckner, BHL, et autres Zemmour et Houellebecq se font une réputation sonnante et trébuchante en calomniant et dressant les Français contre d'autres Français de confession ou de culture musulmane allant même jusqu'à prédire une France islamisée en 2022 à moins que, comme le suggère fortement Zemmour dans ses écrits, on procède sans tarder à une «Reconquista» à la française pour prémunir les Français du grand remplacement.

Cela rappelle étrangement le sort des juifs du XIXe siècle, qui eurent à faire face à la haine de 2000 ans de christianisme avec le credo de juifs déicides, qui a fini par convaincre les Européens qu'il fallait aller à une solution finale dont les préludes furent les pogromes russes, polonais et autres vilénies espagnoles et françaises où les juifs n'avaient pas le droit d'enterrer leurs morts intra-muros à Paris. Quand ils furent chassés d'Espagne, c'est le Maghreb et l'Empire ottoman qui les accueillirent.

Pour ces multiples incartades qui lui font plus de publicité que de mal, on apprend que le 17 décembre 2015, qu’Eric Zemmour a été condamné à 3 000 euros d'amende pour provocation à la haine envers les musulmans, pour des propos au journal italien Corriere della sera en octobre 2014. Il y déclarait notamment que les musulmans «ont leur code civil, c'est le Coran», qu'ils «vivent entre eux, dans les banlieues. Les Français ont été obligés de s'en aller». Le parquet avait requis 10 000 euros d'amende. Dans son réquisitoire, la procureure Annabelle Philippe a estimé que ces propos «stigmatisants visaient l'ensemble de la communauté musulmane». «Récidiviste très écouté, très entendu», a souligné la magistrate, ont «pour objet principal d'opposer les musulmans et les Français». «On peut se demander» s'il n'a pas «pour but de la mettre en place, cette guerre civile»qu'il prophétise, «de mettre en place tout ce qu'il faut pour y arriver.» (3)

Il récidivera parce qu'il y a une impunité médiatique jointe à un fonds de commerce qui fait vendre. Dans le même ordre toujours, on se souvient du feuilleton Marie L. qui s'est dite victime d'un acte antisémite commis par des beurs. Depuis les années 2000, une dizaine de cas ont été recensés. En juillet 2004, la prétendue attaque contre Marie Leblanc avait mobilisé les plus hautes autorités pendant trois jours jusqu'à la découverte de la supercherie. En 2002, Christophe Bentboha, un chauffeur de bus marseillais avait prétendu avoir été pris pour cible par des jeunes qui souhaitaient le brûler vif. Il en fut ainsi du rabbin parisien Gabriel Fahri. En 2003, il rapportait avoir été victime d'une agression à caractère antisémite au sein de sa synagogue. S'en sont suivies la saisine d'un juge antiterroriste et une protection policière «jusqu'à ce que des rumeurs viennent mettre en doute la véracité même de l'attaque à l'arme blanche». Le dernier cas en date est celui de l'instituteur lui aussi fausse victime des musulmans pour aller soutenir l’agressé qui n’en était pas un. Ne lâchant rien et au lieu de s’indigner de ces farces dangereuses parce qu’elles pointent à dessein des Français musulmans, ces mêmes médias, invoquent pour ces coupables, des circonstances atténuantes la malvie, le désir d’être reconnu socialement.

La banalisation de la diabolisation des musulmans

Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner que dans pratiquement chaque pays, il se trouvera des personnalités politiques qui exploiteront ce filon sans danger . Les déclarations contre les musulmans se multiplient après les attentats de Paris et San Bernardino. En son tems Berlusconi vantait la supériorité du christianisme sur l’Islam. Récemment aussi, dans la droite lignée d'une série de récentes sorties islamophobes de responsables politiques du monde entier Donald Trump en Amérique a prononcé une violente charge contre les musulmans, proposant de leur interdire d'accéder au territoire américain, Marion Maréchal Le Pen en France, qui demande aux musulmans de rentrer dans le moule religieux chrétien, l'ex-Premier ministre Tony Abbott qui affirme la supériorité de la civilisation occidentale,

Dans ce bruit de bottes en France qui veut se donner un destin planétaire au point de mettre en oeuvre un Patriotic act, il se trouve des hommes politiques pour dénoncer cela. D. de Villepin a dénoncé les risques et l'inefficacité des interventions militaires françaises «contre le terrorisme. Sa lucidité sur les enjeux du Moyen-Orient n'a d'égale que l'aveuglement des va-t-en-guerre, de la France et qui jettent de l'huile sur le feu du terrorisme et de la barbarie, en désignant par ailleurs la France comme cible prioritaire. Une vidéo du 26 septembre 2014 témoigne bien du fossé qui sépare son approche concrète et intelligente de la situation et la stratégie de ces matamores de droite ou de gauche qui, surtout lorsqu'ils sont en échec total sur le plan intérieur, se cherchent une légitimité en montrant qu'en politique étrangère «ils en ont», situant ainsi leur intelligence sous la ceinture. La France est en guerre. Mais ce n'est pas notre guerre.» (4)


Les humanistes objectifs et tolérants

A l'autre bout du curseur , il se trouve des juifs humanistes, Edgar Morin est l'un d'eux. Philosophe d'origine juive, il a été pourtant condamné pour son écrit à propos d'Israël: «On a peine à imaginer qu'une nation de fugitifs issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l'histoire de l'humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui et, à l'exception d'une admirable minorité en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier (...) Les juifs victimes de l'inhumanité montrent une terrible inhumanité.»

Dans le même ordre, l'historien Schlomo Sand expliquait , après les attentats, la dérive du journal Charlie qui n'ose pas s'attaquer aux autres mais que le filon musulman est sans danger jusqu'à ce jour fatidique du 7 janvier qui fut la somme de toutes les exaspérations et de toutes les frustrations. Il écrit: «(...) Suis-je Charlie, non seulement parce que je suis un laïc athée, mais aussi du fait de mon antipathie fondamentale envers les bases oppressives des trois grandes religions monothéistes occidentales? Certaines caricatures publiées dans Charlie Hebdo, que j'avais vues bien antérieurement, m'étaient apparues de mauvais goût (...) Déjà, en 2006, j'avais perçu comme une pure provocation, le dessin de Mahomet coiffé d'un turban flanqué d'une grenade. Ce n'était pas tant une caricature contre les islamistes qu'une assimilation stupide de l'islam à la terreur; c'est comme si l'on identifiait le judaïsme avec l'argent!» (5)


Le malheur des musulmans: le refus du savoir

Pourquoi les musulmans sont devenue à la fois les souffre douleurs et la risée du monde ? Est-ce qu’ils ont tous démérité ? Est-ce qu’à titre personnel les musulmans ne sont pas plus intelligents ou pas moins bêtes que les autres ? Pourquoi cette panne dans l’action , notamment des musulmans dans les pays arabes ? Il est peut être utiles de faire le distinguo entre les musulmans installés dans les temps morts et cexu qui se battent scientifiquement . Nous avons eu à rapporter en honnête courtier toutes les avancées scientifiques technologiques et culturelles des musulmans de l’Asien notamment ceux de la Malaisie, de l’Iran, de l’Indonésie.

Cependant, globalement si des efforts louables sont faits, il est indéniable que les musulmans ont pris du retard Le Dr Saleem Farrukh, le directeur du Centre pour la recherche sur la sécurité au Pakistan, comparant l'Occident et l'Orient du point de vue de la science écrit à ce propos : «Il y a seulement 14 à 15 millions de juifs dans le monde; dont 5,8 millions en Israël; 5,5 millions aux Etats-Unis d'Amérique; trois millions en Asie, deux millions en Europe et 100 000 en Afrique. Pour chaque juif dans le monde, il y a 100 musulmans. Pourtant, les juifs sont cent fois plus puissants que tous les musulmans réunis. Vous êtes-vous demandé pourquoi? » (6)

« Pourquoi les musulmans si impuissants? On estime à 1 476 233,470 musulmans sur la surface du globe. Un cinquième du genre humain est musulman. pour chaque juif il y a cent musulmans. (...): Il y a 57 pays musulmans et tous ont mis en place près de 500 universités; une université pour 3 millions de musulmans. Les États-Unis ont 5758 universités (1 pour 57 000 Américains). En 2004, dans le classement Shanghai Jiao Tong University pas une université d'un pays musulman ne se trouve dans le top 500. l'alphabétisation dans le monde chrétien se situe à près de 90 pour cent. Un Etat à majorité musulmane, a en moyenne un taux d'alphabétisation d'environ 40 pour cent. Les pays à majorité musulmane ont 230 scientifiques par million de musulmans. Les États-Unis ont 4000 scientifiques par million et le Japon a 5000 par million d'habitants ». (6)

Le monde musulman ne parvient pas à la diffusion du savoir(...) Et, l'avenir appartient aux sociétés du savoir. Fait intéressant, le PIB combiné annuel de 57 pays de l'OCI est de moins de 2000 milliards de dollars. L'Amérique, juste à elle-seule, produit des biens et services d'une valeur de 12.000 milliards de $, la Chine 8000 milliards de dollars, Les pays riches en pétrole [du Golfe] produisent des biens et services (surtout en pétrole) pour une valeur de 500 milliards de dollars, alors que l'Espagne produit des biens et services d'une valeur de plus de 1000 milliards (..) Le manque d'éducation. Tout ce que nous faisons c'est prier Dieu toute la journée et blâmer tout le monde pour nos défaillances multiples.» (6)

Tout est dit, Il n'y a rien à ajouter sauf si à l’instar des juifs, les musulmans s’imprègnent de la symbolique de la nécessité de l’Ecole avant le lieu de culte ; N’est ce pas en effet, l’Islam dans un de ses versets qui appelle au savoir : Iqra : Lis ?


1. http://www.mondialisation.ca/pourquoi-mene%e2%80%91t%e2%80%91on-une-campagne-de-haine-contre-les-musulmans/5495984

2.Armin Arefi http://www.lepoint.fr/monde/iran-ahmadinejad-n-a-jamais-appele-a-rayer-israel-de-la-carte-26-04-2012-1455392_24.php

3. http://www.lemonde.fr/actualite-medias/ article/2015/12/17/eric-zemmour-condamne-a-3-000-euros-d-amende-pour-provocation-a-la-haine-envers-les-musulmans_4834063_ 3236.html

4. http://alternatives-economiques.fr/blogs/ gadrey/2015/11/16/d-de-villepin-avait-vu-juste-sur-ce-que-jean-francois-bayard-appelle-%C2%AB-le-retour-du-boomerang- more-1169

5. http://blogs.mediapart.fr/blog/abdoulayembaye/150115/schlomo-sand-je-ne-suis-pas-charlie


6. Dr Saleem Farrukh, Source: http://discipline-idf.over-blog.com/

Article de référence http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/231959-haro-sur-les-musulmans-ignares.html

Professeur Chems Eddine Chitour

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Chems Eddine Chitour - dans anomie du Monde
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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 19:09

«Il n'y a pas de limite à ce que peut la volonté de l'homme»

Ferdinand de Lesseps (Fondateur du canal de Suez)


Cette boutade de Ferdinand de Lesseps est à méditer par les Algériens confrontés à une conjoncture difficile d'assèchement durable de la rente pétrolière, d'une situation internationale délétère du fait d'un partage du monde qui accouche dans la douleur, et ce qui ajoute à la difficulté des changements climatiques qui impacteront certainement notre pays, notamment en aggravant le stress hydrique. C'est peut-être le moment de faire une introspection et nous remettre fondamentalement en question pour évaluer dans le calme et la sérénité ce qui ne va pas proposer des solutions de court terme et se pencher sur le temps long, c'est-à-dire 2030 qui est à nos portes et plus loin encore 2040, 2050.


Justement dans ce cadre, le ministère de l'Aménagement du Territoire a pris l'initiative d'organiser les Assises du Schéma national du développement durable. Lundi et mardi ont été tenues, les Assises du Schéma national de l'aménagement du territoire» Nous sommes dans une étape d'évaluation et la tenue de ces assises constitue une opportunité pour évaluer le Schéma national de l'aménagement du territoire (Snat) sur la période 2010-2015», a déclaré dans son intervention M.Ghoul qui a indiqué que l'objectif que se fixent les autorités du pays consiste «à parvenir à un développement durable de nature à permettre au pays de ne plus compter sur les hydrocarbures». Les conclusions sont à saluer. Notamment la création d'un Observatoire de l'aménagement du territoire et l'importance de l'économie de la connaissance.


<strong>Qu'est-ce que le Snat?</strong>


Nous empruntons au préambule du document rédigé en 2010, les missions suivantes: «Le Schéma national d'aménagement du territoire (Snat) est un acte par lequel l'État affiche son projet territorial. Le Snat montre comment l'État compte assurer, dans un cadre de développement durable(...)Le Snat intègre dans un contexte de globalisation et de compétitivité au niveau mondial, l'insertion et le rayonnement de l'Algérie dans ses espaces naturels d'appartenance et d'évolution (Maghreb, Euro-Méditerranée, Afrique). Le Snat s'intéresse à une autre échelle du temps: le temps long (20 ans) c'est-à-dire la profondeur temporelle d'une génération. Le Snat repose sur trois fondamentaux avec trois échéances: l'échéance démographique (...) l'échéance économique avec comme corollaire la compétitivité et la mise à niveau des territoires. Elle correspond à la création de la zone de libre échange et l'entrée à l'OMC. L'échéance écologique qui exige la préservation du capital naturel et culturel dans une situation de stress hydrique et de rareté des sols et où la concurrence est de plus en plus forte entre usages et durabilité.


Le Snat intervient dans un environnement international caractérisé par: - l'émergence de nouveaux acteurs, - l'émergence d'une civilisation planétaire et polycentrique, - l'insécurité croissante, - le rôle-clé des nouvelles technologies, - le contexte énergétique à l'horizon 2030, - les grands enjeux de l'environnement planétaire et l'enjeu des changements climatiques.» (1) Dans le Snat 2025 on lit aussi: «L'élaboration du Schéma national d'aménagement du Territoire -Snat- est un enjeu national. (..) Il nous appartient désormais de préparer notre pays à affronter dans son organisation territoriale les grandes échéances de demain. Le monde autour de nous continue de changer. L'émergence de nouveaux acteurs économiques, le nouveau contexte énergétique, le rôle toujours croissant des nouvelles technologies, l'insécurité mondiale, l'enjeu des nouvelles émigrations sub-sahariennes, sont autant de défis auxquels nous devons nous adapter.


Le Snat 2025 est mis en oeuvre selon deux phases: Une première phase 2007-2015: durant laquelle la politique d'aménagement du territoire restera au cours de cette période principalement marquée par l'action volontaire de l'Etat. C'est la phase de mise en oeuvre immédiate du Snat 2025 à travers les 19 Schémas directeurs des grandes infrastructures et services collectifs d'intérêt national qui a déjà commencé. Une deuxième phase 2015-2025: c'est la phase partenariale, durant laquelle, l'Etat ayant mis en place les investissements structurants de sa politique d'aménagement du territoire, jouera de plus en plus un rôle de régulateur et d'arbitre laissant les opportunités d'actions importantes à une gamme plus large d'acteurs.» (2) Pour rappel et par la suite le 3 avril 2011 s'est tenue une conférence et le ministre de l'Environnement de l'époque déclarait que le schéma du Snat repose sur trois fondamentaux avec trois échéances, à savoir l'échéance démographique, l'échéance économique et enfin l'échéance écologique. Le Snat s'articule sur la proximité, place la réparation des multiples agressions subies par les territoires au coeur de la stratégie d'aménagement et d'occupation des espaces, précisant que 21 schémas sectoriels sont adoptés et 17 autres sont en cours.
<strong>
Le manque de coordination intersectorielle</strong>


Le Snat (2010-2030) a été bien rédigé, il contient une mine d'informations, qu'il faut naturellement actualiser. Cependant, y a-t-il un bilan chiffré sans complaisance des réalisations et des problèmes rencontrés dans l'exécution de ce Snat? La question est de savoir ce qui a été fait et est-ce que les 210.000 milliards du plan de développement ont été utilisés en tout ou partie? Durant ces assises caractérisées de l'avis des participants par une totale franchise l'accent a été mis sur les dysfonctionnements. Par ailleurs, pour la première fois dans ces assises a été pointée du doigt la cacophonie inter-département ministériel entravant la mise en oeuvre du Schéma national de l'aménagement du territoire. En effet, si le bilan n'est pas à la hauteur des espérances, la première cause serait due à l'absence de coordination entre les différents secteurs est l'une des contraintes qui entravent la mise en oeuvre du Schéma national de l'aménagement du territoire (Snat), ont relevé les experts qui recommandent d'accompagner ces plans d'outils d'application au niveau local.


«Le Snat (2010-2030) a été bien fait, mais il n'a pas été accompagné d'outils d'application de ses schémas directeurs au niveau local pour pouvoir assurer l'intersectorialité», estime Rachid Boukhechem, chercheur à l'Institut national de recherche agronomique d'Algérie (Inraa). L'absence d'intersectorialité a été à l'origine de stagnation et de retards de plusieurs projets de développement ainsi que de l'émergence de certaines problématiques territoriales, selon ces experts.


Le professeur Noureddine Messahel, de l'université de Sétif, a cité l'exemple de la réalisation de grands périmètres irrigués (GPI) de 80 000 ha dans l'est des Hauts-Plateaux, prévue par le schéma directeur 2010-2014 et dont les études n'ont pas été élaborées à ce jour, et ce, malgré la mise en service des transferts d'eau. Le morcellement du foncier agricole est l'autre problématique soulevée par les experts qui plaident pour la «sanctuarisation» des terres agricoles notamment celles situées aux alentours des grands centres urbains.


Le directeur général de l'Inraa, Foued Chehat, a précisé que le foncier agricole était «sacralisé» par la loi d'orientation agricole, «mais cela n'empêche pas l'existence de beaucoup de passe-droits, y compris dans des zones à haut potentiel», a-t-il dit. Pourtant, dans le même temps les lenteurs qui caractérisent la décision du secteur de l'agriculture par rapport à la distraction de terres agricoles constitue une contrainte sérieuse à l'avancement du programme de développement des énergies renouvelables», estime Baya Belarbi, responsable de l'engineering à Sktm.Concernant les énergies renouvelables, les intervenants étaient unanimes à souligner la nécessité de coordonner entre les différents secteurs.


Dans le précédent Snat il n'y avait pas la moindre allusion à l'économie de la connaissance. Dans ces assises, pour la première fois, il faut s'en féliciter; on parlera dans le thème: «Développement humain durable» de la valorisation des ressources humaines, et la nécessité de les placer au centre de tout projet de développement de l'élément humain, et l'acteur primordial. Pour les participants, «l'heure est à la dynamisation des activités des cinq secteurs locomotives de l'économie nationale que sont l'agriculture, l'industrie, le tourisme, les services et l'économie du savoir», relevant la nécessité de «redéfinir les fonctions des différents espaces nationaux dans le cadre d'une compétitivité territoriale et d'une économie diversifiée et durable».C'est à l'Ecole que devra être éduqué l'éco-citoyen de demain. C'est au lycée que l'on mettra en oeuvre le baccalauréat du Développement durable. C'est à l'université que devront être formés les cadres techniques sur les métiers du Développement durable avec aussi sa dimension humaine


<strong>Les villes nouvelles intelligentes </strong>


Pour se faire une idée des mutations à l'échelle mondiale nous citons l'exemple à suivre de l'ambition de l'Union européenne pour les villes intelligentes: «Les villes du futur seront différentes des schémas actuels et, qu'apparemment, le Snat va prolonger. A titre d'exemple, la Commission européenne a annoncé un nouveau programme de partenariat pour l'innovation de 365 millions d'euros par an. Ce programme vise à encourager le développement des technologies «intelligentes». Le partenariat européen pour l'innovation (EIP) permettra aux entreprises privées et à l'Exécutif européen de combiner leurs recherches sur l'énergie, les transports et les TIC dans le but de développer un nombre limité de projets approuvés. Les projets pourraient inclure des bus urbains électriques et silencieux qui utiliseraient la technologie numérique, la technologie satellite visant à améliorer le trafic routier, une application smartphone pour réserver des véhicules de location au biocarburant et des points de recharge rapides pour les voitures électriques (3). »


« La communication de l'UE sur ce programme a qualifié l'amélioration de l'efficacité et du développement durable dans les villes européennes d'engagement essentiel pour les objectifs à l'horizon 2020. Il a été des «capteurs minuscules qui récoltent l'énergie de l'environnement et agissent sur les vêtements, les voitures, les rues et le monde qui nous entoure». «Une ville intelligente, c'est une ville verte.» L'introduction de nouvelles technologies dans les villes pourrait prendre du temps en raison de «la lutte entre les intérêts particuliers et la difficulté de faire tomber les obstacles» dans des secteurs comme les TIC, les transports, l'énergie, la santé la gestion des déchets.» (3)


<strong>Les villes nouvelles en Algérie</strong>


Il n'est pas dans mon propos de minimiser le travail remarquable de tous ceux qui ont contribué depuis une vingtaine d'années à donner une visibilité au devenir de l'Algérie. Le bilan à faire et dont il faudra tenir compte notamment en matière de nécessité absolue de coordination qui dépasse les logiques sectorielles devra de mon point de vue être complété en tenant compte de la nouvelle donne à la fois interne (manque de ressources pour le financement d'où la nécessité du compter sur soi et de l'imagination pour chercher l'optimum) mais aussi externe pour s'approprier et faire sienne les tendances du futur, notamment en ce qui concerne l'urbanisme, le transport, l'énergie et les contraintes alimentaires dans un contexte marqué par la récurrence des changements climatiques qui devront faire partie de l'équation à résoudre.


Les participants aux assises ont pointé les dysfonctionnements qui pourront être en partie réglés justement par l'Observatoire du Snat qui va jouer, espérons-le, rôle de coordonnateur dans une vision du futur qui intègre le plan d'action de différents ministères, notamment l'Habitat, les Travaux publics, l'Intérieur, les Transports, l'Energie et les Ressources en eau.. Concomitamment, les villes nouvelles devraient être dotées des espaces culturels et éducatifs. On sait que l'importance des pressions sur les ressources naturelles, à l'horizon 2030, au sein des espaces densément peuplés, notamment au nord qui représente 4% du territoire où vivent 63% des Algériens. La concentration de la population et des activités sur le littoral produit des déséquilibres dans l'usage des ressources en eau, les sols et l'ensemble des espaces sont sensibles aux risques majeurs.


De ce fait, il était prévu dans ce Snat 2010 la création de Villes nouvelles qui auront trois missions: un levier de desserrement des pressions autour des grandes villes du Nord, un levier de redéploiement du peuplement et des activités vers les Hauts-Plateaux et le Sud et enfin un levier de rééquilibrage de l'armature urbaine et de son organisation spatiale. Il est dit que Les grandes villes vont tripler en 2030 et 30 nouvelles grandes villes moyennes passeront de huit actuellement à 87. Nous notons qu'une période supplémentaire de vingt ans a été proposée en souhaitant que cela ne soit pas une tentation pour différer le plus loin possible des décisions qui se doivent d'être prises actuellement.


<strong>Intelligence et innovation</strong>


Curieusement, le Sud n'a pas, de notre point de vue, été apprécié à sa juste valeur. Le Sud dans le document Snat n'accueillera selon les prévisions des experts du Snat qu'une seule grande ville! Pourtant, «Le développement du Sud constitue un enjeu spécifique lit-on sur le document du Snat de 2010. Il s'agit plutôt d'une conquête que d'une reconquête car ces espaces n'ont pas bénéficié de programme de développement économique et humain à la mesure des potentiels importants qu'ils recèlent. Le Sud, dont les principaux handicaps sont la dureté du climat et l'accessibilité, possède des potentiels importants à valoriser.»
N'est-il pas possible, alors, d'imaginer que les futurs programmes de logements soient inscrits en priorité pour le Sud?


Si seulement 200.000 logements sont construits dans le Sud; c'est au moins une dizaine de villes de 60 à 80.000 habitants à terme qui seront implantés en fonction des périmètres agricoles, du développement du rail, de la transsaharienne, des points d'eau et des centrales d'énergie renouvelable. Nous devons aller vers une transition énergétique, vers le Développement durable qui sera basée sur des états généraux qui doivent aboutir à un modèle énergétique flexible un bouquet énergétique qui mise d'abord sur les économies d'énergie. Chaque calorie exportée devrait correspondre aussi à l'acquisition d'un savoir-faire. «Il est nécessaire de développer à marche forcée les énergies renouvelables, solaire, éolien, géothermie avec 200 sources qui peuvent valablement être valorisées dans les stations thermales.


La création de villes nouvelles adossées à des périmètres agricoles irrigués dégorgeront le Nord sur la dorsale In Salah-Tamanrasset longue de 700 km avec la disponibilité de l'eau et de l'électricité renouvelable. C'est donc vers un nouveau schéma d'aménagement du territoire pour les années à venir que nous pourrions envisager en complémentarité avec ce qui a été retenu..


Les changements climatiques sont là. L'avancée du désert peut et doit être freinée. Le Barrage vert devrait être réhabilité avec la nouvelle vision du développement durable. La politique de grands travaux structurants à l'instar pourrait permettre la conquête intelligente du Sud. La richesse du Sahara, ce n'est pas seulement les énergies fossiles, la disponibilité d'une nappe phréatique de 45.000 milliards de m3, c'est aussi et surtout ce que l'on pourrait faire pour développer l'agriculture. La richesse du Sahara c'est aussi l'écotourisme, l'archéologie, les sources géothermiques à vocation multiples. Le système éducatif aura à jouer son rôle dans ce challenge.


1.Snat JO de la Radp n° 61 du 21 octobre 2010
2. Snat 2025
3.Bruxelles dévoile son programme d'innovation des «villes intelligentes» Euractiv 12 07 2012


Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/231747-intelligence-et-innovation.html


Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

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Chems Eddine Chitour - dans Algérie
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